T COMME TCHERNOBYL

White horse, Maryann De Leo et Christophe Bisson, USA, 2007, 20 minutes

Maxime revient chez lui pour la première fois. Depuis bien longtemps. Depuis la catastrophe. Chez lui, c’est un appartement dans un immeuble situé à 3 kilomètres de Tchernobyl, un immeuble abandonné depuis le 26 avril 1986. Maxime retrouve sa chambre. Il n’y a plus de lit. Dans les autres pièces, plus rien, ou presque. Pourtant quand ils sont partis, lui et sa famille, il ne leur a pas été permis d’emporter quoi que ce soit. Il ne reste que les barres d’exercice accrochées au mur que les pilleurs n’ont pas pu emporter. Il retrouve quand même sa balle préférée, celle qu’il préférait lorsqu’il était enfant. Et au mur de sa chambre, le poster, presque intact, la photo du cheval blanc dont la tête s’avance au-dessus de la petite porte en bois de son enclos.

Le film commence dans la banlieue de Kiev, dans la voiture qui conduit Maxime au plus près de la centrale. Le véhicule franchira deux barrages, une simple barrière en fait soulevée à la main par un garde. Le paysage est enneigé. Il faut montrer patte blanche pour s’approcher du centre de la catastrophe, ce réacteur bien connu mais qu’ici on ne verra pas.

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Le film de Maryann De Leo et Christophe Bisson est un pèlerinage. Bref, émouvant, inutile sans doute. Après avoir beaucoup tourné dans les pièces vides, Maxime demande aux cinéastes de lui accorder quelques minutes sans filmer, pour rester seul, dans ce qui fut son foyer, un lieu de vie qui est devenu un lieu de mort. Tout au long du film, il exprimera à voix haute ses pensées, ses sentiments. Un monologue lent, sans grande phrase. Le signe de l’impuissance. Mais il n’y a pas de désespoir dans  sa voix. Comme bien des victimes de la catastrophe, il est résigné puisqu’il a survécu. L’obligation de partir ne soulève plus aujourd’hui de révolte. S’il n’y avait pas ce film, ces cinéastes, peut-être ne serait-il jamais revenu dans son appartement.

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Après s’être recueilli devant l’immeuble où il  a passé sa jeunesse, Maxime remontera dans la voiture et fera le chemin du retour. Reviendra-t-il un jour «chez lui » ?

Un film qui dénonce bien plus fortement le nucléaire que bien de longs discours.

Ce film est visible sur le site de Triptyque film http://triptyquefilms.chez.com/christophe_bisson.html

 

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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