F COMME FRANQUISME.

Le silence des autres, Robert Bahar et Almudena Carracedo, Espagne, 2018, 95 minutes.

Une vieille dame tout de noir vêtue et qui va quotidiennement, malgré ses difficultés pour marcher, porter un bouquet de fleurs sur le bord de la route où sa mère a été assassinée. Des statues à la mémoire des victimes du franquisme mitraillées. Deux images fortes qui devraient inciter les Espagnols, et les autres, à ne plus si facilement faire silence sur le passé.

Peut-on oublier une dictature, sa pratique de la torture, ses arrestations arbitraires et ses assassinats ? Quand on en a été la victime, certainement pas. Et il en est de même lorsque ce sont ses proches, sa famille, ses parents et grands-parents qui en ont été les victimes. Alors il est tout à fait normal qu’ils réclament justice. Et qu’ils luttent contre l’oubli.

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Après le retour à la démocratie, n’est-il pas dans l’ordre des choses que l’ensemble de la société tourne la page et regarde vers l’avenir plutôt que de revenir sans cesse vers un passé révolu. C’est ce qu’a tenté de faire l’Espagne postfranquiste et cet argument revient souvent dans le film, surtout dans la bouche des plus jeunes. Peu après la mort du Caudillo une loi d’amnistie est votée. Elle libère les prisonniers et interdit de poursuivre les crimes de la dictature. Beaucoup d’Espagnols sont favorables à cette loi. Surtout ceux qui de prêt ou de loin ont soutenu Franco et ont trempé dans les exactions du régime. Mais les victimes ?

Pour beaucoup d’Espagnols d’aujourd’hui il n’est pas possible de faire comme si rien ne s’était passé pendant les 40 ans de pouvoir du franquisme. L’exemple de Pinochet, le dictateur chilien, poursuivi par la justice espagnole est un exemple qui donne des idées. Les parents des victimes et les survivants de ces années noires décident alors de s’organiser, de sensibiliser la population et tenter par tous les moyens de briser le silence.

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Pour eux, les crimes contre l’humanité ne sont pas prescriptibles. Et la torture et les assassinats massifs de la dictature franquiste sont des crimes contre l’humanité. Ils doivent être condamnés au nom d’une justice universelle qui ne connait pas de frontière et se situe au-delà des lois nationales.

Mais les poursuites juridiques sont longues et sinueuses. En Espagne, la majorité des hommes politiques est opposée à toute action devant les tribunaux. Le juge Baltasar Garzon, qui avait inculpé Pinochet est dessaisi du dossier. Une action en justice en Espagne est impossible en vertu de la loi d’amnistie de 1977. Mais les victimes ne baissent pas les bras. Ils iront jusqu’e, Argentine, où une juge prend en main l’affaire, lance des poursuites contre les tortionnaires identifiés et formellement désignés par les victimes.

Le film suit les 6 ans d’actions juridiques menées en Espagne et en Argentine. Du côté des victimes, à qui il donne la parole, soit dans des entretiens personnels, toujours très émouvants, soit dans des interventions publiques  devant la justice en tant que témoins. L’ensemble est entrecoupé d’images d’archives, des images de la guerre civile espagnole, des déclarations de Franco, sa rencontre avec Hitler, l’annonce de sa mort, les manifestations populaires en sa faveur, pendant la dictature et après le rétablissement de la démocratie. Les cinéastes ne rentrent pas dans les différents aspects de la politique espagnole actuelle. Ils se contentent des déclarations brèves et sans appel d’anciens premier ministres refusant la révision de la loi de 77.  Ils adoptent plutôt un point de vue universaliste, évoquant la dictature chilienne, les génocides rwandais ou cambodgiens.

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De la lutte contre le silence en Espagne, rien ne semble acquis définitivement à la fin du film. Mais ce qu’il montre avec force, c’est que les victimes de la dictature, ceux qui ont subi la torture ou les mères célibataires des enfants volés, toutes ceux qui ont eu à souffrir d’un pouvoir tout puissant et inhumain, ne sont pas prêt de se taire tant que justice ne leur sera pas rendu.

M COMME MIYAZAKI.

NeverEnding Man : Hayao Miyazaki, Kaku Arakawa, Japon, 2018, 70 minutes.

Verrons-nous un jour sur nos écrans l’ultime film de Miyazaki ? Une histoire de chenille peut-être…

Le maître de l’animation japonaise va-t-il prendre sa retraite ? Il l’a annoncé à plusieurs reprises, mais il est toujours là, à sa table de dessin, à inventer des histoires. Pourrait-il renoncer à ce travail, lui qui est reconnu comme le maître incontesté de l’animation japonaise, ce qui n’est pas loin de signifier de l’animation mondiale. Il n’a plus rien à prouver bien sûr, mais nous espérons bien avoir encore l’occasion de découvrir un de ses films qui ravissent petits et grands et qui tous sont le fruit d’une imagination débordante.

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Le film qui lui est consacré par un réalisateur de ses amis est bien sûr un hommage. Mais surtout pas un hommage post mortem. A 78 ans Miyazaki est bien vivant, toujours acharné au travail. Même les week end et jours fériés il se retrouve dans son studio, le célèbre studio Ghibi qui a vu naître tant de chef-d’œuvre. Un studio qui pourtant, au début du film, est désert, puisque Miyazaki en a décrété la fermeture.

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Mais Miyazaki se sent vieux. Il dit qu’il a de plus en plus de mal à se concentrer. Et effectivement il a souvent l’air fatigué. Il parle souvent de la mort. Mais il est bien le seul à dire qu’il n’est pas loin de la fin. Car il a visiblement gardé toute sa force de conviction, dans la pertinence de ses choix esthétiques, la nécessité de maintenir le dessin à la main dans le cinéma d’animation, face aux images de synthèse.

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Le grand intérêt du film c’est de montrer ce grand créateur s’interroger sur le sens de son art et sur les évolutions introduites dans l’animation par l’ordinateur et l’intelligence artificiel. La machine pourra-t-elle bientôt (dans quelques années quand même) dessiner comme un être humain. Face aux jeunes promoteurs de cette révolution, Miyazaki est septique. Certes les images de synthèse peuvent atteindre une certaine beauté et il ne les rejette pas à priori. Mais dans le fond il reste fondamentalement attaché à ce qui a toujours été son travail, le dessin. Et c’est bien pourquoi le film répète, sans fin a-t-on parfois l’impression, les gros plans de son crayon sur le papier. Nous le retrouvons sans cesse, pendant les deux années durant lesquelles se déroulent le film (le changement des saisons est clairement inscrit à l’écran) dans son studio, à sa table de travail qu’il ne quitte semble-t-il que pour boire un café ou manger un bol de pâtes instantanées, toujours vêtu de son tablier de jardinier et répétant son geste d’énervement de se passer la main dans les cheveux. Miyazaki apparaît ainsi comme un créateur tourmenté, prêt à abandonner mille fois le projet de ce nouveau long métrage. Mais il trouve toujours en lui l’énergie nécessaire pour poursuivre. Et soyons sûr (même si le film laisse un peu planer le doute) que l’échéance fixée – les jeux olympique de Tokyo – sera tenue.

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Qui n’a jamais vu un film de Miyazaki découvrira ici les titres de ses œuvres avec quelques images dans une sorte de pot-pourri particulièrement rapide. Mais le film s’adresse à ceux qui ont reconnu depuis longtemps la richesse des œuvres du studio Ghibi et d’une grande part de l’animation japonaise. Voir Miyazaki au travail, avec son exigence de perfection, fait alors comprendre pourquoi il est possible d’y prendre autant de plaisir.

R COMME RENCONTRE – Brigitte Chevet

De formation journalistique, Brigitte Chevet est réalisatrice de documentaires produits et diffusés par la télévision. Pourtant son œuvre, déjà importante, n’a rien à envier à bien des films qui se parent de l’étiquette cinéma du seul fait de leur sortie en salle. Mais, Télévision et cinéma, où réside la différence ?

Les documentaires qu’a réalisés Brigitte Chevet sont avant tout des films d’auteur, et s’ils sont diffusés sur les chaînes de la télévision publique (nationale et régionale). Ce sont à n’en pas douter de véritables œuvre de cinéma. Brigitte Chevet ne nie pas les différences qui existent entre télévision et cinéma (elles sont de plus en plus évidentes: durées, financements, etc…). Mais elle s’en accommode parfaitement. Et elle sait faire de ce qu’on aurait tendance à considérer comme un handicap un point fort de son travail.

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Rencontre.

Sa formation de journaliste comportait une spécialisation de « reporter d’images ». C’est donc tout naturellement qu’elle s’oriente vers le reportage télévisé. Mais cela ne la satisfait guère: trop rapide, trop court, trop superficiel. Et c’est tout aussi naturellement qu’elle entreprend de réaliser des magazines, puis des documentaires sur des sujets qui lui tiennent à cœur, en développant son savoir-faire d’autrice et réalisatrice. Dans ce travail, elle n’a pas la prétention de faire œuvre artistique. Elle préfère plutôt le considérer comme de l’artisanat. Pourtant ses films ont une dimension toute personnelle. Elle y prend position sur des enjeux de notre époque, le démantèlement nucléaire par exemple à propos du cas de la centrale Brennilis. Elle ne renie nullement cette dimension engagée de son cinéma. Voilà une prise de position qui, dans sa bouche, n’a rien de la langue de bois. Il s’agit de faire bouger les choses autant que faire se peut, avoir un coup d’avance sur la réflexion des spectateurs. Sa caméra traite  de thèmes aussi variés que l’énergie solaire, les relations garçons-filles à l’adolescence, le parcours d’un poète à la rencontre d’habitants de HLM, ou de la désertification médicale en milieu rural.

Mais à la télé, peut-on librement développer ses idées sans avoir des comptes à rendre aux producteurs ou aux diffuseurs ? Certes la télé a ses contraintes. Si un film doit faire 52 minutes, ce n’est pas 53 ! Et elle ajoute même la durée du générique est imposée. Il ne s’agit pas de dire alors (de façon purement formelle) que l’on peut transformer ces contraintes en liberté. Non. Il n’est pas possible de faire comme si ces contraintes n’existaient pas. Seulement elles donnent un cadre et c’est dans ce cadre qu’il importe au cinéaste de développer son travail personnel.

S’il y a une liberté dans le travail de Brigitte Chevet, c’est celle de trouver une forme adaptée au sujet qu’elle veut traiter. Et effectivement ses films apparaissent tous très différents les uns des autres. Films d’immersion, film-enquête, film-portrait, films d’archives, film d’interviews…Au fil des films elle s’affirme comme exploratrice de formes. Mais cette recherche n’a rien de formelle. Visiblement pour elle, il importe avant tout de ne pas tomber dans la monotonie, ou les stéréotypes. Raconter une histoire au mieux, et pour le plus grand nombre.

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Elle a envie de progresser, d’apprendre toujours, prendre des risques. Pour elle, le meilleur de ses films est celui qu’elle n’a pas encore fait. Mais de tous, celui dont elle parle avec le plus d’enthousiasme, c’est L’Espionne aux tableaux. Avec ce portrait d’une résistante injustement oubliée (parce qu’il s’agit d’une femme) après la guerre, elle a le sentiment d’avoir fait œuvre utile d’historienne. Rose Valland, historienne d’art, travaillait au musée du Jeu de Paume – haut lieu du pillage systématique des œuvres d’art appartenant à des juifs par les nazis – pendant l’occupation. C’est là qu’elle a tenu un registre extrêmement précis des œuvres expédiées en Allemagne, ce qui permit à la libération de pouvoir en rapatrier un grand nombre et de les rendre à leur propriétaire. Mais pourquoi ces actes d’héroïsme ont-ils été si facilement oubliés ? Le film est donc à la fois un hommage à cette femme, à son action, et en même temps une réflexion sur les « lacunes » de l’histoire.

 

Brigitte Chevet vit et travaille à Rennes. Elle donne des cours parfois à l’université, ou accompagne des auteurs, une activité de formatrice qu’elle voudrait bien développer. En même temps elle est administratrice à la Scam, où elle travaille à une meilleure prise en compte des auteurs en région. Et puis surtout, elle poursuit son travail de documentariste. Et elle ne manque pas d’idées. Son dernier film est bientôt en montage, il s’agit cette fois d’un travail d’interviews : elle y questionne d’anciens jurés d’assises sur l’expérience citoyenne ultime, celle de juge d’un jour.  Elle poursuit l’écriture de deux ou trois autres projets, dont une enquête sur les représentations de la ménopause, un thème « tabou », un autre sur les violences conjugales, et un portrait de Jean Jouzel, le spécialiste du réchauffement climatique en France. Nous les attendons avec impatience.

Brigitte Chevet, une cinéaste documentariste heureuse !

 Sur L’Espionne au tableau (2015) : https://dicodoc.blog/2017/11/07/e-comme-espionne/

Et sur Brennilis, une centrale qui ne voulait pas s’éteindre (2004) : https://dicodoc.blog/2016/11/05/e-comme-ecologie/

Y COMME YIDDISHLAND.

Les Yatzkan, Anna-Cécilia Kendall-Yatzkan 2014, 73 minutes.

C’est l’histoire d’une famille. Une histoire riche, complexe, unique. Surtout pour la cinéaste puisqu’elle en fait partie. Mais il lui faudra attendre la disparition de sa mère pour qu’elle entreprenne d’en rechercher les documents les plus significatifs  – mais aussi les plus anodins – et d’en faire un film. Un film qui retrace donc une histoire familiale, racontée en première personne. Mais à cause, ou grâce à la personnalité du grand-père et à l’ensemble des activités qui ont constitué sa vie publique, cette histoire personnelle rejoint la grande Histoire – celle des peuples et des civilisations.

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Dans la famille Yatzkan, la figure prépondérante, c’est donc le grand-père, Samuel Yacov. Sa vie s’inscrit dans cette période qui va de la fin du XIX° siècle à la montée du nazisme en Allemagne et son arrivée au pouvoir. De la Lituanie, puis en Pologne, jusqu’à sa dispersion par la Shoah. Une vie passablement tourmentée donc. Il est journaliste, ou plus exactement éditeur de presse. Sa grande œuvre, c’est la création d’un journal « Haynt » phare de la  presse populaire du « Yiddishland » du début du XXe siècle. Un journal rédigé en Yiddish et qui incarne parfaitement cette culture que les nazis voudront faire disparaître définitivement. L’histoire de la famille Yatzkan est donc un excellent indicateur de la montée de l’antisémitisme en Europe. Et lorsqu’une partie de ses membres se résoudront à l’exil, elle montre comment sa survie a été difficile, problématique et pour tout dire miraculeuse.

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Le film repose donc sur les rencontres organisées avec les membres survivants de la famille, qu’il faut aller chercher jusqu’en Amérique. Mais la mère de la cinéaste est peu disposée à lui faciliter le travail et rechigne à évoquer ses souvenirs. Alors il faut bien se retourner vers les archives qui, concernant le grand-père et son journal, sont heureusement nombreuses.

Le film de Anna-Cécilia Kendall-Yatzkan est ainsi un bon exemple de la façon dont une histoire familiale peut avoir du sens au niveau de l’Histoire tout court. La première personne, qui en est l’expression initiale, devient tout naturellement un nous collectif. Il est vrai que l’activité journalistique du grand-père favorise grandement le changement d’échelle. D’autant plus que la culture Yiddish reste à découvrir pour ceux qui lui sont étrangers. Ce à quoi le film contribue avec une force de conviction intérieure tout à fait remarquable.

R COMME RÉALISATRICES – filmographie

Les femmes réalisatrices de films documentaires sont nombreuses. Les esprits chagrins diront que c’est parce que les hommes se réservent le domaine de la fiction…Nous répondrons simplement que nombre de documentaires d’origine féminine sont parmi les plus créatifs de tout le cinéma !

Voici un inventaire, bien incomplet bien sûr,  une sélection personnelle mais qui montre la diversité et la richesse du cinéma documentaire des réalisatrices.

La filmographie de chaque réalisatrice ne cherche pas à être exhaustive. Elle sera complétée au fil du temps.

Photo : Carole Roussopoulos.

 

Abitbot Judith :

Vivere (2016)

Abramovich Fabienne :

Dieu sait quoi (2004) ; Liens de sang (2006) ; Un peu, beaucoup, passionnément (2016)

Adi Yasmina :

Ici on noie les algériens (2010)

Aellig- Régnier Raphaëlle :

Alexandre Tharaud, le temps dérobé (2013) ; Ostinato (2018)

Aghion Sabrina :

Mon voisin, mon tueur (2009)

Akerman Chantal :

News from home (1977) ; D’Est (1993) ; Sud (1999) ; De l’autre côté (2002) ; Là-bas (2006) ; No movie home (2015)

Albert Fleur :

Ecchymoses (2008) ; Vincent Dieutre, la chambre et le monde (2013)

Aldighieri Marion :

Le serment de Malicounda (2002) ; Emmanuelle Laborit, le chant des signes (2011) ;  Avec nos yeux ( 2013)

Allegra Cécile :

Haïti, la blessure de l’âme (2010) ; La Brigade (2011) ; Une enfance au travail (2013) ; Voyage en barbarie (2014) ; Black-out (2015) ; Etat-mafia : un pacte sanglant (2016) ; Anatomie d’un crime (2017)

Ancelin Clémence :

Habiter / Construire (2011)

André Yael :

Bureau des Inventaires systématiques de la mémoire résiduelle (2002) : Chats errants (2007) ; Quand je serai dictateur (2013)

Andriamonta-Paes Marie-Clémence :

Fahavalo, Madagascar 1947 (2018)

Angelini Claire :

Le retour au pays de l’enfance (2009) ;  La guerre est proche (2011) ; Et tu es dehors (2012) ; Ce gigantesque retournement de la terre (2015) ; Chronique du tiers-exclu (2017) ;

Arbid Danielle :

Seule avec la guerre (1999)

Aubry Noémi :

Et nous jetterons la mer derrière vous ( 2015) ; Une Autre Montagne (2017)

Audier Sophie :

Les chèvres de ma mère (2013)

Audouze Maïlys :

Le saint des voyous

Aviv Nurith :

D’une langue à l’autre (2004) ; Langue sacrée, langue parlée (2008) ; Traduire (2011) ; Annonces (2013) ; Poétique du cerveau (2015) ; Signer (2018)

Avouac Anne-Marie :

Agnès à tout prix (1999) ; Le mari de la femme du banquier ( 2000) ; Les caprices du Chef  (2001) ; Miami Vice  (2002) ; Le petit Charles (2003) ; America America (2004) ; A la poursuite de Madame Li (2005) ; Tiens–toi droite tu es une reine (2006) ; Evelyn, reine d’Afrique (2008) ; La salle à Marek (2009) ; Alors, ça baigne ! (2010) ; America America,  La suite (2012) ; Ma mère, mon poison (2017) ; Pornographie : un jeu d’enfant (2019)

Baichwal Jennifer :

Paysages manufacturés (2006)

Barbé Anne :

Ceux de Primo Lévy (2010)

Beckermann Ruth :

Retour à Vienne (1983) ; Homemad(e) (2000) ; American Passages (2011) ; Those Who Go Those Who Stay (2013) ; Rêveurs rêvés (2016) ; La valse de Waldheim (2018)

Benguigui Yamina :

Femmes d’Islam (1994) ; Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin (1997) ; Le jardin parfumé (2000) ; 9-3, mémoire d’un territoire (2008)

Berda Virginie :

Les colombes du Bengale ; Père François Laborde : une vie au cœur des bidonvilles indiens.

Bernstein Catherine :

Assassinat d’une modiste (2005) ; T4 Un médecin sous le nazisme (2014)

Bertuccelli Julie :

La fabrique des juges (1998) ; La cour de Babel (2013) ; Dernières nouvelles du cosmos (2016)

Beugnies Pauline :

Rester vivants (2017)

Bitton Simone :

Palestine, histoire d’une terre (1993) ; Mur (2004) ; Rachel (2015)

Blanc Manuelle :

Persona, le film qui a sauvé Bergman (2018)

Bodet Pascale :

L’Abondance (2013)

Boni-Claverie Isabelle :

Trop noire pour être française (2016)

Bonnaire Sandrine :

Elle s’appelle Sabine (2007) ; Ce que le temps a donné à l’homme (2015)

Bookchin Natalie :

Long Story short (2016) ; Now he’s out in public (2017)

Borgmann Monika :

Tadmor (2017)

Bories Claudine :

Monsieur contre Madame (2008) ; Les arrivants (2008) ; Les règles du jeu (2014)

Boudalika Litsa :

Photo de classe (1992) ;  Ma cousine lointaine (1999) ; Les Iles se rejoignent sous la mer (2009)

Bouffartigue Clara  :

 Tempête sous un crane (2011)

Bouley Barbara :

Et maintenant la quatrième partie de la trilogie commence (2009)

Bredier Sophie :

Nos traces silencieuses (1998) ; Séparées (2000) ; Corps étranger (2004) ; Femmes asiatiques, femmes fantasmes (2007) ; Elie et nous (2009) ; La Tête de mes parents (2011) ; Mon beau miroir (2012) ; Orphelins de la patrie (2014) ; Maternité secrète (2017)

Briet Chantal :

Hassina et Kamel (1992) ; Parlez-moi d’amour (1998) ;  Un enfant tout de suite (2001) ; Printemps à la source (2001) ; Alimentation générale (2005) ; J’ai quelque chose à vous dire (2007) ; J’habite le français (2008) ; L’année des lucioles (2013) ; Des huitres et du champagne (2018)

Brisavoine Emilie :

Pauline s’arrache (2015)

Broué Isabelle :

Lutine (2016)

Brun Dorine :

La cause et l’usage (2012) ; Projections (2017)

Brun Mélanie :

Il n’y aura pas de révolution sans chanson (2013)

Bruneau Sophie :

Par devant notaire (2004) ; Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (2006) ; Terre d’usage (2010) ; Le prince Miiaou (2013) ; Rêver sous le capitalisme (2018) ;

Bruni Tedeschi Valérie :

Une jeune fille de 90 ans (2017)

Cabrera Dominique :

Chronique d’une banlieue ordinaire (1992) ; Une poste à La Courneuve (1994) ; Demain et encore demain (1997) ; Grandir (2013)

 Calle Sylvia

Ma vie dans une valise (2004) ; Entre deux (2010)

Capelle Caroline :

Dans la terrible jungle (2018)

Carton Lætitia :

La pieuvre (2009), Edmond un portait de Baudouin (2014) ; J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd (2015) ; La visite (2015) Le grand bal (2018)

Catella Catherine :

Un paese di Calabria (2016)

Castillo Carmen :

La Flanca Alejandra (1994) ; Rue Santa Fe (2007) ; On est vivant (2015)

Celesia Alessandra :

Le libraire de Belfast (2011) ; Mirage à l’italienne (2013)

Chardak Henriette

Jean Huss, désobéir pour la vérité.

Chaufour Lucile :

Violent Days (2009) ; East Punk Memories (2012) ; Léone, mère & fils (2014)

Chevalier-Beaumel Aude :

Rio, année zéro (2011) ; Sexe, prêche et politique (2016)

Chevet Brigitte :

Mourir d’amiante (2005) ; Jupe ou pantalon (2007) ; Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre (2008) ; Au fil de l’eau (2010) ; Docteur Yoyo (2010) ; Le menhir et la rose (2013) ; L’espionne aux tableaux (2015) ; Les voleurs de feu (2016) ; Les rumeurs de Babel (2017)

Choukri Dalila :

L’horizon ne s’arrête pas à la Courneuve (2016)

Chouraqui Margaux :

Exilés (2018)

Chupin Suzanne :

De l’encre sous la peau (2016)

Clarke Shirley :

Portrait of Jason (1967)

Compan Inès :

La vie devant toi (1999) ; A ciel ouvert (2009)

Coulon Jill :

Tu seras sumo (2013) ; Voyage en occident (2015) ; Grandir (2018)

Courtès Marie-Christine :

Mille jours à Saïgon (2013)

Crepel Marion :

Ecrire le mouvement (2013)

Crouzillat Hélène :

Les messagers (2015)

Dampierre Sylvaine :

Pouvons-nous vivre ici (2002) ; D’un jardin l’autre (2005) ; Le pays à l’envers ( 2009) ; Piazza mora (2013).

Deak Marina :

Si on te donne un château, tu le prends? (2015)

De Felice Daniela :

(G)rève général(e) (2007 ; Casa (2013)

 De Latour Eliane :

Little go girls (2015)

De Sousa Dias Susana :

48 (2009)

Deloget Delphine :

No London today (2008) ; Voyage en barbarie (2014)

Delumeau Martine :

Dassler contre Dassler (2013)

Demoris Emmanuelle :

Mafrouza (2007-2011)

Denis Claire :

Vers Mathilde (2005)

Détrie Delphine :

Jeune Bergère (2018)

Deyres Martine :

Le sous-bois des insensés, une traversée avec Jean Oury (2016)

Diaman Anca :

Le voyage de monsieur Crulic (2011)

Diaz Elvira :

Y Volveré (2013) ; Victor Jara N°2547 (2013) ; El patio (2016)

Diop Alice :

Clichy pour l’exemple (2006) ; Les Sénégalaises et la Sénégauloise (2007) ; La mort de Danton (2001) ; Vers la tendresse (2015) ; La permanence (2016)

Dols Alexandra :

Moudjahidate (2007) ; Derrière les fronts: résistances et résiliences en Palestine (2017) ;

Dorr Anne :

Fest Napuan (2015) ; Osons le bonheur (2018) ; Fraternité, les pistes en outre-mer (2018)

Doublet Ariane :

Les terriens (1999) ; Les bêtes (2001) ; Les sucriers de Colleville (2003) ; La maison neuve (2005) : Fièvres (2009) ; La pluie et le beau temps (2013) : Les réfugiés de Saint Jouin (2017)

Dréan Céline :

Le Veilleur (2010), Pascaline et Klara (2013), L’Hippodrome (206)

Driver Sara :

Basquiat, un adolescent à New York(2018)

Duchemin Eve :

En bataille, portrait d’une directrice de prison (2016)

Dumitrescu Ana :

Khaos, les visages humains de la crise grecque (2012) ; Même pas peur (2015) ; Licu, une histoire roumaine (2017)

Dumora Marie :

Le square Burq est impec (1997) ; Avec ou sans toi (2002) ; Emmenez-moi (2004) ; Je voudrais aimer personne (2008) ; La place (2011) ; Belinda (2016)

Echard Aminatou :

Djamilia (2018)

El Fani Nadia :

Laïcité Inch’Allah ! (2011) ; Même pas mal (2012) ; Nos seins, nos armes (2013)

El-Tahri Jihan :

L’Afrique en morceaux (2000) ; The House of Saud (2004) ; Cuba! Africa! Revolution! (2007) Behind the Rainbow (2009) ; Egypt’s Modern Pharaohs (2015)

Escriva Amalia :

Il naît de sources (1999) ; Le chant perdu de Grégoire (2005) ; 1,2,3…sommeil (2007) ; Le miroir aux alouettes (2010) ; Vierge et la cité (2014) ; Colonie (2016)

Feillou Anna :

Un exil espagnol (2007) ; Jacques, Jean-Bernard et Jean (2011) ; Effacée (2013) ; Aux Capucins (2015) ; Encore un été (208)

Férault-Lévy Leila :

Bon papa (2007) ; Gao Xingjian, celui qui marche seul (2012) ; Les ombres, un conte familial (2013) ; Luce, à propos de Jean Vigo (2016)

Feltin Mariette :

Raconte-moi ta langue (2008) ; Les enfants du dehors (2017)

Frésil Manuela :

Pour de vrai (2003) ; Entrée du personnel (2011) ; Le bon grain et l’ivraie (2018)

Gambart Marie-Christine :

Daria Marx, la vie en gros (2019) ; Emmanuelle Haïm, la femme-orchestre (2019) ; Drôles pour toujours, Maillan – Poiret – Serrault (2018) ; La Maison des Hommes Violents (2017) ; Michèle Bernier, l’Irrésistible (2017) ;  Charles le Catholique, 1958-1969 (2017)  ; Dietrich/Garbo – L’Ange et la Divine (2016)

Gay Amandine :

Ouvrir la voie (2017)

Gervais Marion :

Anaïs s’en va en guerre (2014) ; La belle vie (2016)

Georget Anne :

Cholestérol, le grand bluff (2016) ; Adoption, le choix des nations, (2015) ; Festins imaginaires (2015) ; Quand un homme demande à mourir (2013) ; Maladies à vendre (2012) ; Questions d’éthique (2011) ; Une télé dans le biberon (2010) ; Maudit gène (2007) ; Les recettes de Mina, Terezin 1944 (2007) ; Éclats de fugue (2005) ; Louise, Amandine et les autres (2004) ; En quête d’asile (2003) ; Formules magique (2001); Histoires d’autisme (2000)

Gilbert Eléonore :

Hôtel Echo (2018)

Gillard Stéphanie :

The ride (2017)

Glanddier Sophie :

Le canapé de Mohamed (2014) ; Jess, vent de face (2018)

De Grave Marie-Eve :

Belle de nuit. Grisélidis Real. Autoportraits (2016)

Grando Coline :

La place de l’homme (2017)

Guzman Urzua Camila :

Le rideau de sucre (2006)

Guzzanti Sabina :

Draquila : l’Italie qui tremble (2010)

Gueoguiva Elitza :

Chaque mur est une porte (2017)

Hahn Clarisse :

Ovidie (2000) ; Karima (2003) ; Les protestants (2005) ; Kurdish lover (2010)

Hannon Mireille :

Vers un retour des paysans (2000) ; Parlez-moi d’amour (2000) ; Dernier hommage (2004) ; L’écrire pour le dire (2005) ; L’affaire Montcharmont (2007) ; 43 tirailleurs (2011) ; Décrochage(s) (2012)  ; Le village métamorphosé (2016)

Hebert Clémence

Le bateau du père (2010) ; La porte ouverte (2014) ; Drôle de pays (2014) ; Kev (2018)

Hirte Anca :

Au nom du maire (2013) ; Ancasa (2015) ; Il respire encore (2016)

 Hoffenberg Esther :

Comme si c’était hier (1980) ; Les deux vies d’Eva (2005) ; Discorama, Signé Glaser (2007) ; Au pays du nucléaire (2009) ; Récits de Sam (2009)

Horovitz Pauline :

Pleure ma fille, tu pisseras moins (2011) ; Des Châteaux en Espagne (2013) ; Freaks ou Nouvelles Histoires comme ça (2016)

Ingold Isabelle :

Au nom du maire (2004) ; Une petite maison dans la cité (2009) ; Des jours et des nuits sur l’aire (2016) ; le monde indivisible (2018)

Issartel Fabienne :

Chacun cherche son train (2016)

Jaeggi Danielle :

L’homme que nous aimions le plus (2018)

Jäger Sabrina :

Mise à prix (2014)

Jannelle Bérangère :

Les Lucioles(2018)

Julliand Anne-dauphine :

Et les mistrals gagnants (2016)

Ka Marie :

La plume du peintre (2017)

Kamerlin Ingrid :

Vivian Vivian (2017)

Kaplan de Macedo Naruna :

Depuis Tel-Aviv (2009) ; Cité hôpital ( 2011) ; Depuis Médiapart (2018)

Kapnist Elisabeth :

La vie en vrac, le quotidien d’un hôpital psychiatrique de jour (2011) ; Solovki, la bibliothèque disparue (2013) ; Orson Welles, autopsie d’une légende (2014) ;

Kawase Naomi :

Genpin (2010) ; Trace (2012)

Kemff Frida :

Un refuge pour l’hiver (2014)

Kendall-Yatzkan Anna-Célia :

Les Yatzkan

De Kermadec Liliane :

La Route de la soie chinoise (2000) ;  La Très chère indépendance du Haut Karabakh (2005) ; L’histoire naturelle d’Armand David (2006) ; He Film (2011)

Kilani Leila :

Nos lieux interdits (2008)

Klaman Alison :

Ai Wei Wei : never sorry (2012)

Kolmel Anja :

Chris the Swiss (2018)

Kourkouta Maria :

Des spectres hantent l’Europe (2016)

Kronlund Sonia :

Nothingwood (2017)

Kunvari Anne :

Bénéfice humain (2001) ; Consultations (2003) ; Nos jours à venir (2004) ; Le moment et la manière (2014)

 Lafay-Delhautal Anelyse :

Consule à Katmandou (2014) ; Lyon ville de lumière (2014) ; Insulare ((2015) ; Merci Marie (2016) ; Prostitution le prix des larmes (2016) ; Pasta Cultura a Bologna (2017) ; Quand le patrimoine monte en station (2018) ; Mes parents sont homophobes (2018) ;   Arletty et Coco Chanel, la liberté absolue (2017) ; La table, le chef et le designer (2019).

Lamour Mariane :

La ruée vers l’art (2012)

Lapiower  Hélène :

Petite conversation familiale (1999)

Lazar Florence :

Les Bosquets (2010) ; Kamen les pierres (2014)

Leibovitz Barbara :

Annie Leibovitz : life through a lens (2007)

Lefevre Quennell Carine :

Alzheimer mon amour (1998) ; Corps et Âme (2002) ; Pas de repos pour Granny (2003) ; Nuits blanches à l’hôpital (2003) ; Dans la peau d’un éducateur (2007) ; Mère Térésa, la folie de Dieu (2010) ; La boucherie est à vendre (2012) ; Green school, l’école sans murs (2017).

Lemoine Lisette

Amnesthésie (2014) ; La voie de l’hospitalité (2015)

Leonil Chloé :

La femme couchée (2016) ; Plaza de la independacia (2018)

Leuvrey Elisabeth :

La traversée (2012) ; At(h)ome (2013) ; Oh, tu tires ou tu pointes ? (2013)

Lévy-Morelle Anne :

Casus belli, sur les sentiers de la paix (2014)

Ley Ombline :

Dans la terrible jungle (2018)

Linhart Virginie :

Simone de Beauvoir, On ne naît pas femme… (2007) ; 68, mes parents et moi (2008) ; Après les camps, la vie (2009) ; Juin 1940 : le piège du Massilia (2010) ; Ce qu’ils savaient . Les Alliés face à la Shoah (2012);  Jacques Derrida : le courage de la pensée (2014) ; Sarajevo, des enfants dans la guerre (2014) ; Vincennes, l’université perdue (2016) ; Jeanne Moreau l’affranchie (2017) ; Brigitte Macron, un roman français (2018)

Loizeau Manon

La Malédiction de naître fille (2006) ; Carnets de route en Géorgie (2008) ; Meurtres en série au pays de Poutine (2009) ; Chronique d’un Iran interdit (2010) ; L’immigration, aux frontières du droit (2011) ;Tchétchénie, une guerre sans traces (2014) ;Syrie : le cri étouffé (2017)

Loridan-Ivens Marceline :

Le 17° parallèle (1968) ; Comment Yukong déplaça les montagnes (1976)

Losier Marie :

The ballad of Genesis et lady Jaye (2011) ; Alan Vega, Just a Million Dreams (2013) Cassandro el exotico (2018)

Loubeyre Nathalie :

No Comment (2009) ; A contre-courant (2013) ; La petite dette qui monte qui monte (2014) ;  La mécanique des flux (2016)

Lynch Shola :

Free Angela Davis and all political prisoners (2011)

Maffre Marie :

Ainsi squattent-ils (2013)

Malek-Madani Fery :

Les filles (2017)

Mangeat Anouck :

Et nous jetterons la mer derrière vous ( 2015) ; Une Autre Montagne (2017)

Marcos Norma :

Freud, Lacan : comment écrire leurs biographies ? (2011) ; Un long été brulant en Palestine (2018)

Marlin Lydie :

Barbès batailles (2019)

Mathieu Séverine :

Filles de nos mères (2001); L’écume des mères (2008) ; Les Rêveurs (2013)

Mèawaï Florence.

Les carpes remontent le fleuve avec patience et persévérance (2011)

Mercurio Stéphane :

Le bout du bout du monde (2000) ; Hôpital au bord de la crise de nerf (2003) ; A côté (2007) ; Mourir ? Plutôt crever ! (2010) ; A l’ombre de la République (2011), Après l’ombre (2017)

Mesa Catalina :

Jerico, l’envol infini des jours (2018)

Mikles Laetitia :

Kijima stories (2014)

Milano Hélène :

Nos amours de vieillesse (2005) ; Les roses noires (2012)

Minder Véronika :

My generation (2012)

Mitteaux Valérie :

Caravane 55 (2003) ; Kings of the world (2007) ; Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre (2011) ; Des poules et des grosses voitures (2013) ; 8 Avenue Lénine (2018)

Moreau Lætitia :

Histoire d’une désinformation toxique (2016) ; Djihad, les contre-feux (2016)

Moreau Marie :

Une partie de nous s’est endormie (2014) ; Soleil sombre (2017)

Mréjen Valérie :

Valvert (2008)

Négroni Magali :

Adelita, sevilla y flamenco (1995) ; L’enfant torero (1996) ; Federico García Lorca (1998) ;

Osouf Valérie :

L’Identité Nationale (2012) ; Par delà les territoires (2017) ; Colonial remix (2018)

Otero Mariana :

La loi du collège (1994) ; Histoire d’un secret (2013), Entre nos mains (2010) ; A ciel ouvert (2013) ; L’assemblée (2017)

Ott Manon :

Narmada (2012) ; De cendres et de braises (2018)

Özdemir Tulin :

Au-delà de l’Ararat (2013)

Pagnot Bénédicte :

Islam pour mémoire, un voyage avec Abdelwahab Meddeb (2015)

 Panayotova Bojina

Je vois rouge (2018) ; L’immeuble des braves (2019)

Perceval  Elisabeth :

L’héroïque lande, la frontière brule (2018)

Perelmuter Viviane :

Ours (2005) ; Le vertige des possibles (2011)

Pernoud Fanny :

Appellation d’origine immigrée (2012) ; Les vies dansent (2017)

Philippe Nora :

Les Ensortilèges de James Ensor (2010) ; Samtavro (2011) ; Pôle emploi, ne quittez pas (2013) ; Like dolls, I’ll Rise (2018).

Pinatel Flavie :

Ramallah Tirana (2013) ; Les chants de la Maladrerie (2017)

Pitoun Anna :

Caravane 55 (2003) ; Kings of the world (2007) ; Smaïn, cité Picasso (2011) ; Des poules et des grosses voitures (2013) ;  8 avenue Lénine (2018)

Plumet Béatrice :

Routes Perdues (2007) ;  Capture Mode (2010) ; Les Immobiles (2014) ; Les Images Parfaites (2016) ; Chroniques Impatientes (2016)

Porte Isabelle :

 Smoking no Smoking, le smoking au féminin (2013) ; Qu’importe le flacon, l’autrement du parfum (2013) ; MP 2013, un héritage pour Marseille (2014) ; Quand l’habit fait le moine (2016) ; Guerriers du silence  (2017) ; Filippo Sorcinelli, croire et voir (2017) ; Frédéric Poggi, una manera d’esse un omu (2018)

Pouch Charlotte :

Des bobines et des hommes (2017)

Pradal Laure :

Deux Saisons pour grandir (2000) ; Chemin de femmes (2004) ; Le Miroir (2006) ; Grandir (2006) ; À ton tour Mireille (2008) ; Le Village vertical (2009) ; 1968 : journal d’une inconnue (2010) ; Parasols et Crustacés (2011) ; Âmes vagabondes (2012) ; En quête de justice (2014) ; La Vie sur l’eau (2015) ; Hors les murs (2016) ; Mimi, à fond la vie !(2017) ; Avoir 20 ans à Lunel (2018)

Prenant Franssou :

Paris, mon petit corps est bien las de ce grand monde (2000) ; Sous le ciel lumineux de son pays natal (2001) ; Le Jeu de l’oie du professeur Poilibus (2007) ; Bienvenue à Madagascar (2017)

 Pressman Frédérique :

Le monde en un jardin (2014)

Rad Mina :

Pour moi le soleil ne se couche jamais (2012) ; Jean Rouch Regards Persan (2017) ; Contes Persan, Jean Rouch en Iran (2018) ; L’avenir du passé, Pierre et yolande Perrault (2019)

Rainer Yvonne :

Privilège (1990)

Régnier Isabelle :

La rue est à eux (2010)  ; Pièce montée (2012)

Régnier Stéphanie :

La loutre et le mobil home (2011) ; Kelly (2013) ; Eaux noires (2018)

Richard Chantal :

La vie en chantier (1996) ; Un jour je repaerirai (2002) ; Au nom des trois couleurs (2009) ; Mes parents n’avaient pas d’appareil photo  (2013) ; Ce dont mon coeur a besoin (2014)

Rios Palma Ketty :

Itinéraire d’un enfant placé (2017)

Robin Marie-Monique :

Le monde selon Monsanto (2008) ; Torture made in USA (2009) ; Notre poison quotidien (2011) ; Les moissons du futur (2012) ; Sacrée croissance !(2014)

Romand Françoise :

Mix-Up ou Méli-Mélo (1985) ; Appelez-moi Madame (1986) ; La règle du je tu elle il (2002) ; Ciné Romand (2009) ; Thème Je (2011)

Roucaut Magali :

Derrière les pierres (2016)

Roussillon Anna :

Je suis le peuple (2014)

Roussopoulos Carole :

Jean Genet parle d’Angela Davis (1970) ; Le Fhar (1971), Y’a qu’à pas baiser (1973) ; La marche des femmes à Handaye (1975) ; Les mères espagnoles (1975) ; Lip : Monique et Christiane (1976) ; Profession agricultrice (1982)

Sara Bouzgarrou Diane :

Je ne me souviens de rien (2017)

Seghezzi Christine :

Chair de ta chair (2004) ; Minimal land (2007) ; Stéphane Hessel, une histoire d’engagement (2008) ; Avenue Rivadavia (2012) ; Histoires de la plaine (2016)

Sénéchal Rébecca :

Les filles (2016)

Serreau Coline :

Solutions locales pour un désordre global (2009) ; Tout est permis (2014) ;

Seyrig Delphine :

Maso et Miso vont en bateau (1976) ; Sois belle et tais-toi (1976)

Simard Liane :

Il était six fois (2017)

Simon Claire :

Les patients (1989) ; Récréations (1993) ; Coûte que coûte (1994) ; 800 kilomètres de différence (2001) ; Mimi (2002) ; Géographie humaine (2013) ; Le bois dont les rêves sont faits (2015) ; Le concours (2016) ; Premières solitudes (2018)

Sissani Fatima :

La langue de Zahra (2011) ; Les gracieuses (2014) ; Tes cheveux démélés cachent une guerre de sept ans (2017)

Teles Leonor :

Terra Franca (2018)

Thiaw Rama :

Boul Fallé, la voie de la lutte (2009) ; The Revolution Won’t be Televised (2016)

Tissier Catherine :

Laïla (1997)

Traore Dahlberg Thérésa :

Ouaga girls (2017)

Trebal Nadège :

Casse (2014)

Treilhou Marie-Claude :

Paroisses, paroissiens, paroissiennes (1995) ; En cours de musique (2000) ; Les Métamorphoses du chœur (2005) ; Couleurs d’orchestre (2007)

Tura Laetitia :

Les messagers (2015)

Turco Lydie :

La voix de l’écolier (2010) ; Culture en scarabée (2016)

Varda Agnès :

Ô saisons Ô châteaux (1957) – L’Opéra-Mouffe (1958) – Du côté de la côte (1958) – Salut les Cubains (1963) – Elsa la rose (1966) – Oncle Yanco (1967) –  Black Panthers (1968) – Daguerréotypes (1975) – Réponses de femmes (1977) – Mur, murs (1980) – Ulysse (1982) – Les dites Cariatides (1984) – T’as de beaux escaliers, tu sais (1986) – Jane B par Agnès V (1987) – Les demoiselles ont eu 25 ans (1992) – Les cent et une nuit de Simon Cinéma (1994) – L’univers de Jacques Demy (1995) Les glaneurs et la glaneuses (1999) – Deux ans après (2002) – Ydessa, les ours et etc. (2004) – Les plages d’Agnès (2008)Agnès de-ci de-là Varda (2011) – Visages Villages (2017)

Velissaropoulou Niki :

Nous ne vendrons pas notre avenir (2018)

Vermeersch Laure.

Alcyons (2015)

Vignal Vanina :

Après le silence (2012)

Villar Catalina :

Les parrains de la drogue (1995) ; Toto la Monposina (1998) : Cahiers de Medelin (1997-1998) ; Patricio Guzman, une histoire chilienne (2001) ; Bienvenidos a Colombia (2002) ; Invente moi un pays (2005) ; La Nueva Medellin (2016) ; Camino (2018)

Voignier Marie :

Hinterland (2008) – L’hypothèse du Mokélé M’Bembé (2011) – Tourisme international (2014)

Von Trotta Margarethe :

A la recherche d’Ingmar Bergman (2018)

Wartena Katharina :

Tenir la distance (2016)

Weira Amina :

La colère dans le vent (2016)

Wisshaupt-Claudel Lydie :

 Il y a encore de la lumière (2006) ;  Sideroads, (2012) ;  Killing Time, entre deux fronts (2015)

Zajdermann Paule  :

Mères filles pour la vie (2005)

Zauberman Yolande :

Classified people (1988) ; Caste criminelle (1990) ; Would you have sex with an Arab ? (2011) ; M (2018)

Zoutat Yamina :

Les Lessiveuses (2010) ; Retour au Palais (2017)

Zylberman Ruth :

Maurice Nadeau, le chemin de la vie (2011) ;  Une présidente pour l’amérique, mode d’emploi (2012) ; Héritiers (2015) ; Les enfants du 209 rue Saint-Maur – Paris Xème (2017)

 

B COMME BRÉSIL 2 .

Puisque nous sommes nés, Jean-Pierre Duret et Andrea Santana, France-Brésil, 2008, 90 minutes.

Une station-service, sur le bord d’une grande route, c’est tout un monde. Le soir surtout, elle déborde d’activités. Les gros camions, imposants avec leurs remorques, s’y arrêtent pour faire un brin de nettoyage, surtout des pare-brise. Bien alignés sur les parkings, ils sont prêts à repartir à la première heure le lendemain. Les cars déversent leur cohorte de touristes qui se précipitent sur les boutiques, choisissent quelques souvenirs et se rendent au restaurant. Dans le film de Duret et Santana, deux adolescents du coin s’y rendent tous les soirs et y passent une bonne partie de la nuit, essayant de gagner quelques sous ou de trouver quelques restes mangeables sur les tables abandonnées. Ils évoquent leur vie, leurs souffrances, leurs rêves, quand ils en ont encore.

Puisque nous sommes nés 10

Le film est placé sous le signe du trafic routier, intense, rapide, bruyant. L’ouverture montre des enfants jouant sur un muret en bordure de la route. Les rafales de vent provoquées par les camions lancés à toute vitesse sont tellement violentes qu’on a l’impression qu’ils ont du mal à rester debout. Mais c’est cela leur jeu. Une façon encore innocente de côtoyer la mort.

« Que fais-tu pour oublier ta faim quand tu n’as rien à manger ? », demande l’un des adolescents à son copain. Cocada, le plus grand, ne rêve que d’une chose, devenir chauffeur routier. Il passe déjà la nuit endormi dans la cabine de son ami chauffeur qui le considère presque comme son fils. Il a vu son père assassiné mourir dans ses bras. Une blessure qui reste indélébile en lui. Son copain, Nego, n’a plus de rêve d’avenir. Il parle de chercher un poison pour en finir rapidement. Sa mère a dix enfants, ce qui fait beaucoup à nourrir. Son père est parti, ou il est mort, on ne sait pas très bien. En tout cas, il n’a pas de père. Nego passe sa journée en petits travaux domestiques, égrène le maïs, garde les chèvres. Parfois il gagne un peu d’argent en portant sur une brouette les achats d’une vieille dame. Sa mère insiste pour qu’il aille à l’école et fasse ses devoirs. Mais le film ne montre pas l’école. Existe-elle seulement ?

Puisque nous sommes nés

 

Puisque nous sommes nés est réalisé pendant la campagne électorale qui conduira à la réélection de Lula, le « président des pauvres », comme il le dit dans un fragment de discours qui nous est donné à voir. Tout au long du film, des haut-parleurs appellent à voter pour les élections législatives. Mais cette agitation politique ne semble pas préoccuper en quoi que ce soit les adolescents. Les adultes non plus d’ailleurs. Les contraintes de la vie quotidienne, avec ses incertitudes, ne leur en laisse guère le temps… Le vieux fabricant de tuile, par exemple, a du faire bruler le cadavre de sa vache morte. Il en achète une autre mais devra faire un nombre impressionnant de tuiles supplémentaires pour payer ses dettes.

Comme les deux précédents films du tandem Duret-Santana (Romances de terre et d’eau ; Le Rêve de São Paulo) Puisque nous sommes nés est un film qui montre la difficile survie d’une partie de la population brésilienne. Lors de la distribution d’eau effectuée par un camion-citerne, certains repartent sans avoir pu remplir leur bassine de la moindre goutte. La route elle, est toujours animée. Le trafic ne s’arrête jamais. Cocada réussira-t-il à l’emprunter un jour au volant d’un camion ? Pour l’heure, il fait partie de ceux qui regardent passer la circulation et restent sur le bord de la route.

O COMME OGM.

Tous cobayes ? Jean-Paul Jaud, 2012, 115 minutes.

Ce film peut être considéré comme exemplaire du cinéma écologiste engagé, défendant une grande cause, dénonçant avec force les dangers que font courir à la planète les OGM et le nucléaire, visant à éveiller les consciences, à provoquer un sursaut de la raison pour s’opposer, refuser, exiger qu’on arrête enfin cette course absurde au profit qui ne peut que conduire à la catastrophe.

tous cobayes 4

            Quelle efficacité peut-il avoir ? Les militants y trouveront de quoi argumenter des débats et sentiront l’urgence d’entreprendre des actions percutantes. Les autres reprocheront peut-être au film d’être sans nuance et en fin de compte de ne prêcher que pour sa propre chapelle.

            Le film débute par une attaque en règle contre les OGM en s’appuyant sur les données de la seule recherche scientifique à long terme, réalisée par l’équipe du professeur Gilles-Éric Séralini, très présent dans le film. Cette recherche porte sur les effets des pesticides associés au maïs transgénique présents dans l’alimentation des rats. Les images des pauvres bêtes recouverts de tumeurs énormes sont accablantes. Le film donne aussi la parole à Corinne Lepage, députée européenne très engagée dans la lutte contre les OGM, à des agriculteurs et aux « faucheurs volontaires », dont José Bové. Tous dénoncent le manque de transparence et les pressions des multinationales pour imposer le silence et cacher la vérité. D’ailleurs, ce sont ces mêmes sociétés industrielles qui conduisent les expérimentations sur leurs propres produits et les font en outre classer « confidentielles ». Les moyens, notamment financiers, dont peut disposer un cinéaste sont bien dérisoire face à ceux que mobilisent ces multinationales. Mais même si un tel combat peut paraître à beaucoup perdu d’avance, pour un cinéaste engagé, il y a là plutôt une raison de plus de ne pas baisser les bras.

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La catastrophe de Fukushima ne pouvait évidemment qu’accroitre les craintes – et les angoisses – concernant les dangers du nucléaire. C’est sans doute pour cette raison que le film s’oriente dans sa deuxième partie sur les menaces du nucléaire, présentées comme participant de la même logique que le problème des OGM. Jean-Paul Jaud se défend de proposer une vision apocalyptique de l’avenir. Mais les infographies montrant les conséquences d’éventuelles explosions des centrales françaises sur l’environnement et la population s’apparentent bien à un scénario catastrophe. Quelles solutions proposer ? Pour le film, l’arrêt le plus rapidement possible des réacteurs nucléaires est la seule solution. Est-elle réaliste ? Le film ne dit rien sur les conséquences d’une telle décision.

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Un tel film veut dresser un constat irréfutable. Mais peut-il être vraiment perçu comme donnant des informations objectives dans la mesure où il tient pour acquis dès le départ ce qu’il est censé avoir démontré à son terme ? C’est là tout le problème du cinéma militant. Concernant l’écologie, il ne peut certes pas être assimilé aux films de propagande qu’on a pu connaître sous les régimes totalitaires. Mais sa place réelle dans les débats de société actuels n’en apparaît pas moins comme problématique. À se situer uniquement dans le registre du militantisme, ce cinéma ne court-il pas le risque d’être marginalisé ? Augmenter son audience, trouver un public au-delà des seuls militants des causes défendues, est le problème le plus urgent qu’il a à résoudre.