R COMME ROCK AU FEMININ.

Haut les filles. François Armanet, 2018, 79 minutes.

Il y a celles qui ont droit aux interviews – pour raconter leur vie et comment elles sont devenues ce qu’elles sont : Jeanne Added, Jehnny Beth, Lou Doillon, Brigitte Fontaine, Charlotte Gainsbourg, Françoise hardy, Imany, Camélia Jordana, Elli Mederos, Vanessa Paradis. Par ordre alphabétique comme sur l’affiche du film. Un choix somme toute assez cohérent, même si Françoise Hardy ne semble pas vraiment à sa place parmi ces jeunes rockeuses. Un choix peut-être lié aux opportunités du moment. Un choix qui doit refléter aussi les gouts du cinéaste. Bref, on pourrait ajouter tellement d’autres chanteuses, crier haut et fort qu’il est scandaleux de les avoir oubliées, qu’on finit par se dire : pourquoi pas, ce choix en vaut bien un autre.

Et puis il y a quand même celles qu’on ne peut pas ne pas citer, qu’on mettra à l’honneur par un commentaire off, avec quelques extraits de clips ou de concerts et des images d’archive.  Edith Piaf et Barbara pour les grandes figures historiques ;  Sylvie Vartan et France Gall évoquées en passant ; Catherine Ranger à qui est rendu un hommage appuyé et qu’on regrette de ne pas voir plus. Le film qui au départ ne se donne pas comme une anthologie ou une exploration exhaustive de la chanson française au féminin, finit quand même par avoir un petit côté d’inventaire de connaisseur ou même de tableau d’honneur ! Mais c’est pas grave, on a toujours un grand plaisir à voir et revoir toutes ces images qui pour la plupart évoquent de merveilleux souvenirs.

Le rock, c’est live qu’on l’apprécie le mieux, et François Armanet ne dira pas le contraire. Son film est riche d’extraits de concert, ces grandes salles où la chanteuse – Vanessa Paradis par exemple – communie véritablement avec une foule déchainée. Rien que pour savourer ces moments de folie collective, il faut voir et revoir ce film.

A COMME ABECEDAIRE – Nurith Aviv.

Une œuvre qui mêle souvent la science et la poésie, l’autobiographie et les références culturelles universelles. Une œuvre où le thème de la langue, ou plutôt des langues, et donc de la communication, est mis au premier plan. Sans oublier la littérature et la poésie. Et dans le domaine scientifique, la linguistique, la psychologie ou la biologie. Bref une œuvre placée sous le signe de la connaissance et de l’intelligence.

Biologie

Poétique du cerveau

Christianisme

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Europe

La Tribu européenne

Femme

Annonces

Hebreu

Langue sacrée, langue parlée

D’une langue à l’autre

Image

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Islam

Annonces

Israël

Signer

Kafr Qar’a, Israël

Makom, avoda

Judaisme

Yiddish

Annonces

Langue

Signer

Traduire

Langue sacrée, langue parlée

Langue des signes

Signer

Littérature

Yiddish

Traduire

Mémoire

Poétique du cerveau

Mythes

Annonces

Palestine

Makom, avoda

Poésie

Yiddish

Religion

Annonces

Langue sacrée, langue parlée

 Circoncision

Sciences

Poétique du cerveau

Surdité

Signer

Traduction

Traduire

Yiddish

G COMME GILETS JAUNES – Filmographie.

Filmer le mouvement des Gilets Jaunes, leur donner la parole, recueillir leurs revendications, implique pour les documentaristes d’être présents avec eux sur les ronds-points, et d’y rester suffisamment pour s’imprégner de l’ambiance si particulière qui a pu y régner. Il était aussi nécessaire de suivre les manifestations, même si ce n’est pas l’angle de vue adopté par la majorité des films actuels. Mais bien sûr des travaux sont en cours, ou d’autres seront mis prochainement en chantier, pour prendre plus de recul, et pouvoir rendre compte alors de l’impact que le mouvement a pu avoir sur la société dans son ensemble – et pas seulement sur les mouvements politiques. Mais pour l’instant, c’est le vécu qui prime, avec les thèmes récurrents de la colère et de la révolte, mais aussi de la convivialité, voire de la fraternité, dans les rassemblements, les assemblées et les actions menées en commun.

On remarquera que les films faits par des femmes et portant sur l’implication des femmes dans le mouvement sont particulièrement nombreux.

Cléo Bertet, Matthieu Bidan, Mathieu Molard : Une répression d’Etat (2019)

Anouck Burel : Les combattantes (2019)

Dominique Cabrera : Notes sur l’appel de Commercy (2019)

Pierre Carles, Laure Pradal, Olivier Guérin, Bérénice Meinsohn, Clara Menais, Ludovic Reynaud : Le rond-point de la colère (2019)

Doc du réel : GILETS JAUNES : Expressions historiques (2019)

Doc du réel : GILETS JAUNES : Indécence des procédés (2019)

Anne Gintburger : Des femmes en colères (2019) 

Anne Gintburger : La marche des femmes (2019) 

Anne Gintburger : Les femmes du rond-point (2019) 

Anne Gintburger : Toutes solidaires (2019)

Horstmeier Kai et Luis Carballo : Parole(s) de gilet jaune (2019)

Jean-Paul Juilliand : Graines de ronds-points (2019)

Valério Maggi, Aurélien Blondeau : Il suffit d’un gilet (2019)

Claire Perdrix : Les gardiennes de l’île (2019)

Gilles Perret, François Rufin : J’veux du soleil (2018)

Ludivine Tomasi : Cette France qui n’attendait pas Macron (2019)

TRTWorld : Off the Grid – The Yellow Vests, Driven by despair.

Anita Volker et Laura Flint : Les Couleurs du peuple (2018)

A lire : S COMME SOLEIL à propos de J’veux du soleil

Et  G COMME GILETS JAUNES à propos de Graines de ronds-points.

A COMME ABECEDAIRE – Carole Roussopoulos.

Réalisatrice de plus de cent cinquante documentaires, une œuvre marquée par le soutien aux luttes féministes, toutes les luttes concernant les femmes.

Agricultrices

Dans la série Profession, elle réalise Profession agricultrice (1982),  revendiquant un véritable statut professionnel pour les femmes travaillant dans les fermes de leur mari.

Beauvoir Simone de

Celle qu’elle a toujours admirée, l’inspiratrice des luttes féministes.

Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Créé en 1982, avec Delphine Seyrig et Iona Wieder, pour produire et archiver les réalisations audiovisuelles consacrées aux femmes.

Documentaire

Elle a su en faire non seulement un outil de propagande, mais aussi un instrument efficace d’intervention et de changement social. Avec comme ligne directrice de donner la parole aux femmes, aux « sans voix » selon son expression.

Enseignement

De 1973 à1976 elle enseigne la vidéo à l’université de Vincennes

Féminisme

L’engagement fondamental.

Genet Jean

Il lui fit découvrir la vidéo portable.

Insoumuses

Groupe de militantes, avec Delphine Seyrig, Iona Wieder, Nadja Ringard. Suivi par Les Muses s’amusent.

Lip

Un conflit exemplaire auquel elle consacre six documentaires de 1973 (Lip ; Monique) à 1976 (Lip : Monique et Christiane)

Luttes

Des dénonciations : le viol, les violences faites aux femmes, les violences conjugales, les mariages forcés, l’excision, l’inceste (L’Inceste, la conspiration des oreilles bouchées, 1988)

Des soutiens : les femmes d’Espagne sous le franquisme, les résistances anti-impérialistes (en Palestine et les Black Panthers  en particulier), les grèves ouvrières (comme Lip), le mouvement homosexuel (FHAR), l’avortement libre (Y’a qu’à pas baiser, 1973)

Seyrig Delphine.

L’amie, la camarade des luttes féministes, avec qui elle coréalise  plusieurs films dont Maso et Miso vont en bateau (1976). Dan son film Sois belle et tais-toi (1976) elle interroge des actrices connues, de Juliet Berto à Jane Fonda, qui dénoncent toutes la domination masculine dans leur métier. En 2009 Carole lui consacre un portrait, constitué d’archives, retraçant son parcours.

Vidéa.

Première coopérative de réalisation et de production fondée en 1974

Vidéo (Portapack  de Sony)

Outil militant par excellence, par sa facilité d’emploi, sa légèreté, son coût restreint, elle permit l’émergence de nouvelles formes d’expression. Supprimant les contraintes, tant au niveau du filmage que du montage et de la diffusion, il allait dorénavant être possible de filmer toutes les luttes des femmes et d’échapper à la mainmise masculine sur l’information.

Vidéo out

Coopérative de vidéo militante fondée avec son mari, Paul, qui produira la plus grande partie de ses films.

A COMME ABECEDAIRE – Stéphane Mercurio.

Un cinéma qui prend position, qui dénonce. Un cinéma souvent grinçant, insolent même parfois, en tout cas jamais conventionnel. Un cinéma qui vibre, qui brille. Un cinéma du cœur.

Des mots-clés, comme toujours, avec les films où ils sont plus particulièrement mis en œuvre.

Amitiés

Mourir ? Plutôt crever !

Camping

Quand la caravane reste

Caricature

Mourir ? Plutôt crever !

Charlie Hebdo

Mourir ? Plutôt crever !

Chirurgie

Hôpital au bord de la crise de nerf

Cimetière

Mourir ? Plutôt crever !

Dessin humoristique

Mourir ? Plutôt crever !

Détenus

A côté

Après l’ombre

Enfermement

A côté

Après l’ombre

Facebook

Les Parisiens d’août

Famille

Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs

Vivre sans toit – Chronique d’une expulsion ordinaire

A côté

Mourir ? Plutôt crever !

Filiation

Quelque chose des hommes

Hôpital

Hôpital au bord de la crise de nerf

Petits arrangements avec la vie

Infirmières

Hôpital au bord de la crise de nerf

Justice

A l’ombre de la République

Liberté

A l’ombre de la République

Logement

Cherche avenir avec toit

Vivre sans toit – Chronique d’une expulsion ordinaire

Malades

Hôpital au bord de la crise de nerf

Médecins

Hôpital au bord de la crise de nerf

Mort

Mourir ? Plutôt crever !

Parloir

A côté

Patagonie

Le bout du bout du monde

Paternité

Quelque chose des hommes

Patron

Scènes de ménages avec Clémentine

Pédagogie

Un jour, je serai secrétaire

Photographie

Quelque chose des hommes

Prison

A côté

A l’ombre de la République

Après l’ombre

Procès

Mourir ? Plutôt crever !

Santé

Hôpital au bord de la crise de nerf

Sans principe ni précaution : le distilbène

Sexualité

L’un vers l’autre

Siné

Mourir ? Plutôt crever !

Théâtre

L’Un vers l’Autre

Une si longue peine

Après l’ombre

Travail

Scènes de ménages avec Clémentine

Un jour, je serai secrétaire

Urgences

Hôpital au bord de la crise de nerf

Vacances

Quand la caravane reste

Violence

Intime violence

R COMME RACISME.

Sud. Chantal Akerman. Belgique – France, 1999, 70 minutes.

         Voyageant dans le sud des Etats Unis, Chantal Akerman va consacrer le film qu’elle tourne au Texas au crime raciste particulièrement odieux qui vient d’être commis à Jasper. James Byrd jr, un noir connu de tous, a été battu par trois blancs qui l’on ensuite attaché derrière leur camionnette et trainé sur la route pendant plusieurs kilomètres. La cinéaste se situe clairement du côté de ceux qui condamnent sans appel de tels actes. Mais son film, s’il dénonce le racisme, n’est pas un réquisitoire en bonne et due forme. Il ne cherche pas non plus à expliquer. Il rend simplement compte des faits. Ils sont suffisamment parlants en eux-mêmes.

         Akerman plante d’abord le décor. Des plans fixes, lents comme ce train de marchandises interminable vu depuis le passage à niveau avec un lac en arrière-plan .Ou ses travellings le long des maisons en bois, ou des arbres et de la végétation environnante. Tout semble calme, paisible. On n’entend que des bruits d’insectes et quelques véhicules hors-champ.

         La première rencontre, c’est une femme noire, assise chez elle, avec un bébé dans les bras, entourée d’un garçon et de deux fillettes. Elle parle du rapport entre les blancs et les noirs, du temps de l’esclavage où ils n’avaient rien. Maintenant les choses ont bien changées, répète-t-elle à plusieurs reprises. « On a des maisons à nous ». Ce sont ces quartiers où vivent les noirs que la cinéaste filme, avec cette succession de travellings le long des rues et de plans fixes, sur un homme assis devant sa maison par exemple. Elle pose quelques indices qui anticipent peu à peu sur la suite du film, la sortie du temple, le récit d’un homme qui, alerté par le bruit, a vu dans la nuit un camion qui zigzaguait sur la route. Le lendemain, il y avait des policiers partout.

Le lendemain, c’était le 7 juin, et le journal local titre sur le crime. Un homme blanc donne les détails. Il n’y a aucun doute sur sa nature raciste. Un des suspects appréhendé déclare seulement qu’ils voulaient faire peur aux noirs. Le film va alterner les plans fixes sur la nature comme figée (un long plan cadre un arbre mort dans un pré), les travellings sur les maisons et les récits des violences faites aux noirs, les lynchages et les assassinats. Les arbres portent encore la trace des pendaisons. Lors d’un concert de Nat King Cole, à Buckingham en 1956, des blancs sont montés sur la scène et l’ont frappé avec des chaînes. Le chanteur a nettoyé le sang en coulisse et est revenu sur scène terminer son concert. Cette affirmation sereine de la dignité humaine, nous la retrouvons tout au long de la séquence consacrée à l’hommage rendu par la communauté noire à la victime, dans le temple, en présence de sa famille. Nulle haine ne marque les prises de parole affirmant toutes que James Byrd jr restera à jamais vivant dans les cœurs et que c’est pour cela que sa mort ne sera pas inutile. Les prières collectives et les chants sont filmés avec une grande simplicité pour laisser s’exprimer l’émotion.

La fin du film apporte deux éclairages opposés sur l’existence du racisme dans la région. Le shérif d’abord, dans une sorte de discours officiel (il est assis à son bureau devant le drapeau américain), minimise les problèmes raciaux. Pour lui, s’il y a des problèmes dans le comté, ils sont de nature économique, comme partout. Par contre un autre homme, blanc lui aussi, constate l’augmentation du nombre d’organisations style Ku Klux Klan qui développent des thèses sur la suprématie de la race blanche et demandent l’expulsion du pays de tous les hommes de couleur. C’est de manière cinématographique que Chantal Akerman prend position. Elle termine son film par un long travelling sur la route où a été assassiné James Byrd jr, la caméra faisant défiler sous nos yeux le bitume sur lequel il est mort.

I COMME ISRAEL – Akerman

Là-bas. Chantal Akerman, Belgique – France, 2006, 78 minutes.

            Ce n’est pas un film sur Israël. C’est un film tourné en Israël. Dans une ville au bord de la mer. Dans un appartement proche de la mer. Un film sur un bref séjour dans cette ville, dans cet appartement, quelques jours, une ou deux semaines tout au plus, on ne sait pas très bien. Un séjour dont une voix féminine, en off, fait le récit, en première personne. Cette femme, la cinéaste, Chantal Akerman, est d’origine juive. Et c’est bien pour cela que ce séjour, pour elle, n’a rien d’anodin.

            Il ne se passe pas grand-chose durant ce séjour. La cinéaste a été malade. Une sorte de gastro-quelque chose, comme elle dit, d’avoir mangé des salades. Maintenant elle en est réduite aux carottes et au riz. Elle ne sort pratiquement pas de l’appartement. Ou bien pour aller chercher des cigarettes, un matin. Une mauvaise idée. Au tournant d’une rue, il vient d’y avoir un attentat, des morts des blessés. La réalité extérieure s’inscrit un instant dans le film. Elle restera portant hors-champ.

            Dans l’appartement, Chantal reçoit des coups de téléphone. On lui demande comment elle va. Elle rassure ses interlocuteurs. Elle reçoit aussi la visite d’un universitaire local. Le reste du temps, elle lit, des livres « difficiles » sur les juifs, elle prend des notes, elle essaie d’écrire. Elle fait le récit de son arrivée en Israël, le policier qui lui demande à l’aéroport si elle veut bien qu’il tamponne son passeport. Oui, elle ne veut pas cacher son séjour dans le pays. « Ce n’est pas l’étoile jaune dit-elle. L’étoile jaune, je la porte en moi. » Elle évoque le souvenir de ses deux tantes qui se sont suicidées. L’une à Jérusalem, l’autre à Bruxelles. Elle raconte comment son père avait voulu partir en Palestine pendant la guerre, mais en avait été dissuadé par un ami qui en revenait. « Il n’y a que du sable ; du sable qui s’infiltre partout ». C’est comme cela qu’elle a passé son enfance en Belgique.

            « Je regarde par la fenêtre, et je me replis sur moi. » Cette fenêtre nous la verrons pendant presque tout le film. De longs plans fixes, sur les immeubles en face, à travers le cadre de la fenêtre et les stores qui sont le plus souvent baisés. Akerman a renoncé à utiliser les travellings qu’elle mêlait aux plans fixes dans ses précédents documentaires. Ici la caméra reste sur son pied, sauf pour une très courte séquence, plusieurs plans brefs où la caméra essaie de cadrer en bougeant un avion dans le ciel noir de la nuit. Quand elle s’immobilise, c’est pour panoter vers le bas et retrouver le cadre habituel de l’immeuble d’en face au travers du cadre de la fenêtre.

            Il a pourtant des variations dans ce surcadrage de l’extérieur vu depuis l’appartement. D’abord ce n’est pas toujours le même immeuble qui nous est donné à voir. Mais nous finissons par reconnaitre quelques-uns de leurs habitants sur leur terrasse, l’homme qui s’occupe de ses plantes, le couple qui boit du café. Les immeubles sont cadrés de façon plus ou moins serrée ; parfois des plongées nous font découvrir la rue, en bas, avec ses voitures en stationnement et ses quelques passants. La lumière change aussi en fonction des moments de la journée, à la tombée du jour où au petit matin. Il y a quelques plans de nuit. En dehors des appels téléphoniques et du récit en voix off, la bande son capte les bruits quotidiens, des pas dans la pièce ou des bruits de vaisselle, des véhicule dans la ville, quelques chants d’oiseau. En dehors des plongées sur la rue, l’extérieur c’est la mer, filmée elle aussi en plans fixes, depuis la plage. Quelques promeneurs traversent le champ. Quelques enfants jouent. Mais ces plans restent l’exception. La fin du film montrera l’intérieur de l’appartement. Un plan plus large, toujours en direction de la fenêtre qui laisse entrevoir l’immeuble d’en face mais qui permet de découvrir plus précisément le lieu où le film s’est déroulé. Sur la fenêtre de droite, le store est fermé et nous pouvons apercevoir le reflet de la cinéaste qui se brosse les dents. « Je suis à tel Aviv » seront ses derniers mots. Le téléphone sonne encore une fois, mais la conversation est inaudible, couverte par les bruits de la ville.

            Là-bas n’est pas un film sur Israël. Là-bas c’est bien pourtant Israël, ce pays où la cinéaste aurait pu vivre. Un pays qui vit en elle, mais dont elle est aussi fondamentalement éloignée.