P COMME PERCHE DU NIL.

Le Cauchemar de Darwin. Hubert Sauper, France-Autriche-Belgique, 2003, 107 minutes.

         Le Cauchemar de Darwin est un film événement à bien des égards. Il connut à sa sortie un succès public et critique important. Il fut couronné par de nombreux prix, dont le César du meilleur premier film en 2004 et toujours en 2004 le prix du meilleur film documentaire européen. D’un autre côté, il suscita une violente polémique qui déboucha sur un procès en diffamation que d’ailleurs le cinéaste gagna. Un film choc donc, qui n’hésite pas à utiliser des images provocantes. Un film dérangeant parce que dénonciateur. Un film qui ne peut pas laisser indifférent.

         Le point de départ de l’enquête menée par Hubert Sauper est la perche du Nil, ce poisson carnivore introduit artificiellement dans les années 60, dans le lac Victoria, ce qui aboutit à la disparition de la majorité des poissons présents antérieurement dans le lac. Les filets de perche, eux, ont inondé les poissonneries de tous les supermarchés d’Europe. En Tanzanie, dans la petite ville de Mwanza où nous conduit le cinéaste, deux avions atterrissent chaque jour et repartent avec des tonnes de poissons.

         Ce commerce est significatif de la mondialisation contre laquelle le film part en guerre. Sauper montre d’abord qu’il ne profite nullement aux habitants de Mwanza, bien au contraire. L’Afrique qu’il filme est l’Afrique pauvre, exploitée, pillée même, en proie à toutes les calamités du monde moderne, misère, sida, prostitution, corruption, violence généralisée. Les images qu’il réalise ne font pas dans la dentelle et ne peuvent que soulever l’indignation du spectateur. Le visage d’une femme borgne travaillant au séchage du poisson, par exemple, ou l’accumulation des carcasses où prolifère la pourriture et servant de nourriture à la population la plus pauvre du village qui n’a pas d’autres moyens d’échapper à la famine. A la catastrophe écologique concernant le lac, s’ajoute un ensemble de drames humains auxquels aucun habitant ne semble pouvoir échapper. Le film présente une série de portraits plus terrifiants les uns que les autres, du veilleur de nuit à la prostituée, du pécheur à l’industriel, des enfants des rues aux pilotes russes qui essaient de fuir le plus possible la caméra.

         Mais le film va plus loin dans la dénonciation. S’insurgeant contre les effets de la mondialisation, il prétend en dévoiler les dessous les plus scandaleux. Le trafic d’armes en particulier. Car les avions qui viennent chercher le poisson n’arrivent jamais vide…

        L ’existence d’un tel trafic fut au cœur de la polémique que suscita le film. L’historien François Garçon en particulier partit en guerre contre le cinéaste, dénonçant son film comme n’étant qu’une supercherie, pratiquant l’amalgame et ne mettant l’accent que sur les aspects négatifs du commerce de la perche du Nil. Rien ne prouverait dans le film l’existence du trafic d’armes, ni que les carcasses de poisson réduites en farine serviraient à la nourriture humaine plutôt qu’à celle des animaux, dont il existerait une industrie florissante contribuant à la richesse du pays. Au-delà de ses éléments concrets, une telle polémique n’oppose-t-elle pas au fond ceux qui ne voient dans les effets de la mondialisation que des épiphénomènes négligeables à ceux qui la condamnent en bloc. Le film de Sauper est révélateur des enjeux du débat.

         Le Cauchemar de Darwin a été réalisé clandestinement, le cinéaste et son équipe se faisant passer pour de simples touristes, ou se déguisant en pilotes russes. Le résultat est un film engagé, qui n’hésite pas à utiliser des images choquantes, parfois à la limite du supportable, pour provoquer la réaction du spectateur. Ce n’est pas un film historique, ni une simple enquête journalistique. C’est un film d’auteur, qui témoigne et qui alerte, et qui utilise les ressources du cinéma pour le faire de façon percutante et efficace. Le cauchemar, un jour, ne risque-t-il pas de se transformer en réalité ?


A COMME ABECEDAIRE – Hubert Sauper.

Des films qui dénoncent, au risque de faire scandale.

Afrique

Nous venons en amis

Le Cauchemar de Darwin

Catastrophe écologique

Le Cauchemar de Darwin

Cinéma

Epicentro

Colonialisme

Epicentro

Nous venons en amis

Congo Kinshasa

Kisangani Diary

Cuba

Epicentro

Développement

Le Cauchemar de Darwin

Enfance

Epicentro

Esclave

Nous venons en amis

Famille

Seules avec nos histoires

Femme

Seules avec nos histoires

Génocide

Kisangani Diary

Guerre

Nous venons en amis

Kisangani Diary

Lac Victoria

Le Cauchemar de Darwin

La Havane

Epicentro

Mondialisation

Le Cauchemar de Darwin

Pauvreté

Le Cauchemar de Darwin

Pêche

Le Cauchemar de Darwin

Perche du Nil

Le Cauchemar de Darwin

Le cauchemar de Darwin, affiche

Réfugiés

Kisangani Diary

Rwanda

Kisangani Diary

Soudan

Nous venons en amis

Tanzanie                 

Le Cauchemar de Darwin

Trafic d’armes

Le Cauchemar de Darwin

Violence conjugale

Seules avec nos histoires

Lire A COMME AFRIQUE

M COMME MIL

L’éloge des milsHéritage africain. Idriss Diabaté, 2017, 71 minutes.

Le mil, sauvage ou cultivé, la céréale emblématique de l’Afrique, comme le blé l’est pour les Européens, le riz pour les asiatiques ou le maïs pour les Américains. Une céréale nourricière, qui a tout pour combattre la sécheresse et le risque de famine. Mais comment résiste-t-elle devant la mondialisation et sa recherche incessante de l’augmentation des rendements qui conduit bien des africains à se tourner vers le maïs, ou même le coton ? Le mil, une céréale à défendre.

Après un incipit en dessin animé qui retrace rapidement l’origine des mils, le film nous conduit dans un voyage au Sénégal et au Mali, dans ce Sahel toujours guetté par la sécheresse. Nous y rencontrons les différents acteurs concernés par les problèmes actuels de l’agriculture en Afrique. Des chercheurs qui font état de leurs travaux, mais surtout de simples paysans pour qui la culture du mil est toute une tradition et surtout une question de survie. On est frappé par le bon sens de ces agriculteurs qui subissent la concurrence du maïs et du coton qui sont sans doute plus rentables sur le moment. Mais, l’un d’eux insiste avec force sur les risques encourus par l’utilisation des engrais, obligatoires pour faire pousser le maïs, alors que le mil n’en a pas besoin.

Les images proposées par Idriss Diabaté nous immergent dans les champs de mil. Nous assistons à la récolte, manuelle ou avec des machines. Dans les villages les femmes pilent les grains de façon traditionnelle et cuisinent pour les hommes. Nous allons sur les marchés et même dans une boulangerie qui propose des utilisations nouvelles du mil. Des images toujours pleines de vie.

Du réalisateur, Idriss Diabaté, nous connaissions jusqu’à présent son film sur Jean Rouch, Jean Rouch, cinéaste africain, accessible sur le dvd d’hommage au cinéaste ethnographe (Il était une fois Jean Rouch) publié par les éditions Montparnasse. Il a d’autre part fait l’image du film de Constance Ryder, portrait de Monique Peytral, l’auteure des peintures du facsimilé de la grotte de Lascaux (Monique Peytral : peindre Lascaux, peindre la vie). Avec cet éloge des mils, il nous propose de nous pencher sur les problèmes concrets de la vie quotidienne au Sahel concernant l’agriculture et la nourriture, des problèmes que le réchauffement climatique rend sans doute beaucoup plus aigus ici que partout ailleurs.

E COMME ETRETAT.

La saison des tourteaux. Martin Benoist, 2020, 52 minutes.

Etretat, les falaises, comme on ne les a jamais vues. Sous l’Arche, tout près de l’Aiguille. Les pieds dans l’eau, sur les rochers. Des images magnifiques. Et le cinéaste ne se prive pas de nous éblouir. Qui s’en plaindrait ?

Pourtant, il ne s’agit pas de réaliser un dépliant touristique, mais de nous proposer un portrait. Le portrait d’un « non-voyant profond » comme il se présente lui-même. Mais cela au fond n’est pas sa caractéristique essentielle. Il préfère se définir comme pêcheur. Un pécheur de crabes, et de homards. Une pêche à la main, dans les rochers, sous les falaises. Une pêche qui est tout un art.

Si nous voyons beaucoup les falaises dans le film, c’est que nous suivons notre pêcheur, sur la plage, sur les rochers, dans l’eau à marée basse. Nous le voyons pêcher, patiemment, filmé au plus près. Une technique impeccable : il plonge la main sous l’eau après avoir repéré un trou et au toucher, il sait s’il y a une étrille, un tourteau ou un homard, qu’il suffit alors de sortir de sa cachette sans se faire pincer. Une pêche assez dangereuse en somme. Dont la simplicité n’est qu’apparente. Sans compter les risques de chute sur les rochers glissants.

Un film sur la mer et la beauté du paysage, certes. Mais surtout un film sur le handicap, ou plutôt sur le dépassement du handicap. Un film qui montre comment un handicap peut ne plus être une limitation de son activité, mais bien une force. Pêchant les tourteaux depuis l’âge de 14 ans, Christophe, notre pêcheur mal-voyant a tiré profit de l’acuité de son sens du toucher. Dans la mer il est dans son élément, au point où il en vient à affirmer pouvoir admirer la beauté du paysage. Unr bien belle leçon d’optimisme et d’amour de la vie.

A COMME ALLEMAGNE – loisirs

Hinterland. Marie Voignier. 2009, 49 minutes.

         Un énorme dôme d’acier s’élève sur l’immensité plate et vide de la campagne à 70 kilomètres de Berlin. Il abrite une île tropicale, avec sa mer, sa plage, des cocotiers et les petites cabanes pour héberger les touristes. Des touristes de tous les pays, mais surtout des allemands et des polonais. Le triomphe du tourisme moderne. Des vacances au soleil et dans la chaleur d’un été éternel pour ceux qui vivent dans le froid et le brouillard.

         Marie Voignier filme ce projet titanesque de façon très simple, sans effet grandiloquent, comme s’il s’agissait d’un village de vacances comme il peut en exister un peu partout dans le monde. Des panoramiques très lents sur la végétation, des travellings avant dans les allées comme si on effectuait une simple promenade à pied ou des plans fixes sur l’étendue d’eau d’un bleu uniforme se confondant avec celui du ciel où les nuages sont immobiles, toujours à la même place. Pas de bruit, pas de cris ou d’éclats de voix, tout est fait pour le repos et la détente, ce que ces images si banales évoquent parfaitement. Elle retrace l’historique du projet grâce à des interviews des principaux responsables actuels. Du temps de la RDA, il y avait là un immense terrain d’aviation. Puis, après la chute du mur, une entreprise transforma les entrepôts en usine de fabrication de zeppelins. Un projet déjà de grande ampleur mais qui ne résista pas à une forte tempête destructrice. Puis vinrent les promoteurs touristiques et leur réalisation semble maintenant parfaitement viable économiquement. Ce dont se réjouissent les membres de la direction interrogés, ajoutant au passage l’évocation d’une philosophie d’entreprise pacifiste et d’un hédonisme quelque peu naïf.

         En contre-point de la douceur acidulée de Tropical Island, la cinéaste filme le village tout proche avec ses rues et son épicerie bureau de tabac qui sont restées identiques à ce qu’elles étaient avant. Deux vieilles dames, qui parlent parfois en même temps, évoquent ce changement dans leur paysage quotidien. L’île, elles y sont allées quelques fois avec leurs petits-enfants, mais pas question de s’y baigner.

         Hinterland montre sur cet exemple concret les évolutions de l’Allemagne réunifiée. En dehors de l’arrivée des cars de touristes rien ne semble avoir vraiment changé pour la population. Le rêve et l’illusion d’un côté, mais de l’autre la réalité n’est pas toujours aussi réjouissante, comme le prouve l’évocation par le pasteur du village du passage à tabac de son fils par des jeunes se réclamant de l’extrême droite. L’Allemagne a encore ses vieux démons.

A COMME ABECEDAIRE – Marie Voignier

Afrique

NA China

Tinselwood

L’Hypothèse du Mokélé-Mbembé

Agriculture

Le Bruit du canon

Allemagne

Hinterland

Art

Au travail

Bretagne

Au travail

Le Bruit du canon

Chine

NA China

Commerce

NA China

Censure

Tourisme international

Corée du nord

Tourisme international

Dictature

Tourisme international

Expédition

L’Hypothèse du Mokélé-Mbembé

Exposition

Au travail

Entreprise

Au travail

Femme

NA China

Forêt

Tinselwood

Histoire

Hinterland

Légende

L’Hypothèse du Mokélé-Mbembé

Loisirs

Hinterland

Mondialisation

NA China

Mythe

L’Hypothèse du Mokélé-Mbembé

Nature

Tinselwood

Oiseaux

Le Bruit du canon

Parc tropical

Hinterland

Rennes

Le Bruit du canon

Travail

Tinselwood

Au travail

Tourisme

Tourisme international

Lire M COMME MOKELE-MBEMBE

et C COMME CHINE – commerce

F COMME FAMILLE – Filmographie

Une institution, la plus ancienne sans doute. Aujourd’hui en pleine mutation. Décomposition et recomposition. Et aussi les nouvelles formes de procréation. Mais les liens familiaux ne sont-ils pas toujours aussi déterminants pour les enfants, les adolescents et même les adultes ?

800 km de différence. Claire Simon

A Bastard Child. Knutte Wester

Adieu l’hiver. Helke Misselwitz

A côté. Stéphane Mercurio

Adolescentes. Sébastien Lifshitz

Album de famille. Fernand Melgar

Amal. Mohamed Siam

Amore carne, Pippo Delbono

Les Arrivants. Claudine Bories et Patrice Chagnard

Au tribunal de l’enfance. Adrien Rivollier.

Backyard, Ross McElwee

Bélinda. Marie Dumora

Le bon grain et l’ivraie. Manuela Frésil

Borinage. Joris Ivens et Henry Storck

Braguino. Clément Cogitore

Brothers. A Family Film. Valentin Mez Tanören

Les carpes remontent les fleuves avec courage et persévérance.  Florence Mary

Carré 35. Eric Caravaca

Celle qui manque. Rares Lenasoaie

Champ de batailles. Edi Laconi

Le Chili de mon père. Carmen Castillo

The Choice, Gu Xue

Cinq caméras brisées. Emad Burnat et Guy Davidi

Cœur de pierre. Claire Billet et Olivier Jobard

Le dernier train. Lixin Fan

Dormir, dormir dans les pierres. Alexe Poukine

Doux amer. Matthieu Chatellier

Du train où vont les mômes. Bernard Mangiante

Elle s’appelle Sabine.  Sandrine Bonnaire

Les enfants du 209 rue Saint Maur Paris X°. Ruth Sylberman

Un enfant tout de suite. Chantal Briet

Être et avoir. Nicolas Philibert

La famille. Marie-Christine Gambart

Une famille française. Jérémie Bole du Chaumont

Farrebique. Georges Rouquier

Le fils. Alexander Abaturov

Genpin. Naomie Kawase

Grandir. Dominique Cabrera

Histoire d’un secret. Mariana Otéro

L’Inconnue du Maghreb. Pascal Thirode

L’homme que nous aimions le plus. Danielle Jaeggi

Les Invisibles. Sébastien Lifshitz

J.A. Gaëlle Boucand

Jeux criminels. Adrien Rivollier

Je vois rouge. Bojina Panayotova

Les larmes de l’émigration. Alassane Diago

Louis dans la vie. Marion Gervais

Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs. Stéphane Mercurio

Madame, Stéphane Riethauser

La Maison des mères. Philippe Constantini

Mères filles, pour la vie. Paule Zajdermann

Mes parents sont homophobes. Anelyse Lafay-Delhautal

Mes voix. Sonia Franco

Mille Jours à Saigon. Marie-Christine Courtès

Mirror of the bride. Yuki Kawamura

Mon père, notre histoire. Richard Dindo

Mrs Fang. Wang Bing

Ne m’oublie pas. David Sieveking

Nos traces silencieuses. Sophie Brédier et Myriam Aziza

Nous, Princesse de Clèves. Régis Sauder

La nuit appartient aux enfants. François Zabaleta

Pauline s’arrache. Emilie Brisavoine

La Pieuvre. Laetitia Carton

PMA, GPA, les enfants ont la parole. Laure Granjon

Puisque nous sommes nés. Jean-Pierre Duret.

Punta Sacra. Francesca Mazzoleni

Sablé sur Sarthe, Sarthe. Paul Otchakovsky-Laurens

Le saint des voyous. Maïlys Audouze

Les Sénégalaises et la Sénégauloise. Alice Diop

La sociologue et l’ourson. Etienne Chaillou et Mathias Théry

Spartacus et Cassandra. Ioanis Nuguet

La terre du milieu. Juliette Guignard

Toto et ses sœurs. Alexander Nanau

Travail, famille, etc. Récits de la jeunesse 2 – Famille. Jean-Michel Carré

Les Trois sœurs du Yunnan. Wang Bing

Tous nos vœux de bonheur. Céline Dréan

Valentina. Maximilian Feldmann

Vienne avant la nuit. Robert Bober

Visages d’une absente. Frédérick Goldbronn

Les Yatzkan. Anna-Cécilia Kendall-Yatzkan

C COMME COUPLE – heureux.

Tous nos vœux de bonheur. Céline Dréan, 2019, 52 minutes.

C’est un film sur l’amour. L’amour d’un couple. Un couple qui a dû se battre pour pouvoir s’aimer. Pour pouvoir se marier. Un mariage d’ailleurs qui eut lieu presque dans la clandestinité. Il y a 50 ans. A voir ce couple aujourd’hui – un couple qui s’aime toujours autant – on se dit que, malgré la difficulté, ils ont triomphé de l’adversité, surmonté tous les obstacles. Pour vivre heureux. Toute une vie de couple heureux.

Le prétexte du film – un film familial, réalisé par une des filles du couple – c’est un album de photos, où sont soigneusement rangées les clichés, en noir et blanc, de l’époque de leur rencontre et de leur mariage. Et de leur vie de jeunes mariés. Une vie de travail en usine, engagée auprès des travailleurs. Un album qu’ils n’ont pas regardé depuis longtemps. Qu’ils n’ont jamais montré à leurs filles. C’est que cet album dit tout de leur vie, de leur jeunesse, de leur mariage. Un album qui renferme le secret de leur vie. Un secret qu’ils n’ont pas révélé jusqu’à présent – même pas, surtout pas, à leurs filles. Mais ce secret n’est plus aujourd’hui quelque chose de dangereux. Il est devenu anodin. Comme leur vie de couple. Un couple tout ce qu’il y a de plus « normal » en somme. Même si cela n’a pas toujours été le cas.

L’album révèle donc ce qui a été caché pendant si longtemps. Les photos les montrent, lui en soutane et elle en robe de religieuse. Ils sont en effet rentrés dans les ordres, confiant leur vie à leur religion. Une vie qui se devait d’être une vie de célibataires.

Mais l’amour a été le plus fort. Même s’il leur a fallu se battre, lutter pour imposer leur rupture d’avec la religion, s’opposer à la hiérarchie religieuse, aux quant dira-t-on de leur entourage. Et s’opposer – ce fut le plus dur – à leurs propres parents.

Le film opère un incessant va et vient entre le présent apaisé et ce passé de lutte, d’opposition, de révolte. Devant les photos de l’album, le couple évoque ce passé. Il le fait sereinement, sans agressivité aucune, sans colère, sans critique. Ils ont renoncé à la religion, perdu la foi. Et ils n’on aucun remord. Et la cinéaste de proposer, en écho au récit de leur vie, des images d’époque, qui complètent les images familiales contenues dans l’album. Une construction simple, limpide, dans fausse route.

Un film familial donc, intimiste. Mais dont la portée universelle est tout à fait évidente.

A COMME ABECEDAIRE – Richard Copans

Co-fondateur des films d’ici, il produit de nombreux documentaristes importants, dont Robert Kramer, Richard Dindo ou Denis Gheerbrant.

A la télévision il crée avec Stan Neumann la série Architecture dont il réalise de nombreux épisodes.

Son œuvre personnelle a une dimension souvent autobiographique.

Algérie

Les Frères des frères

Amour

Un amour (roman)

Architecte

Alvaro Siza

Herzog et de Meuron

Dominique Perrault

Architecture

L’École en bambou de Bali

Itimad Ud Daula – Le Mausolée moghol

La Bibliothèque d’Exeter de Louis I. Kahn

Le Vaisseau de verre

La Maison pour tous de Rikuzentakata – Fujimoto & Inui & Hirata

La Maison du Parti Communiste Français

L’Utopie du désastre – La Maison pour tous de Rikuzentakata

La Cathédrale de Cologne

La Citadelle du loisir – Le Centre social Pompeia de Sao Paulo

Les Hôtels de Soubise et de Rohan – Delamair & Boffrand

Vitra Haus

L’Université cachée de Séoul

Hôtel Royal SAS

La Mosquée royale d’Ispahan

La Maison Sugimoto

Phaeno, le bâtiment paysage

La Philharmonie de Luxembourg

Les Gymnases olympiques de Yoyogi

Le Palais des réceptions et des congrès de Rome

La Médiathèque de Sendai

La Maison de Jean Prouvé

La Maison de verre

La Saline d’Arc-et-Senans (1775-1779)

Le Centre municipal de Säynätsalo

Le Couvent de la Tourette

Les Thermes de pierre

L’École de Siza

La Gare de Saint-Pancras – Scott et Barlow

La Philharmonie de Luxembourg

Le Centre Georges Pompidou

Maison à Bordeaux

Villa D’all’Ava

Nemausus 1 – Une HLM des années 80

Pierrefonds – Le Château de l’architecte

L’Irrésistible Construction du musée de Picardie

Art

Au Louvre avec les maîtres

Arts premiers

Quai Branly, naissance d’un musée

Autisme

Monsieur Deligny, vagabond efficace

Autobiographie

Un amour (roman)

Automobile

Paris périph

Cévennes

Monsieur Deligny, vagabond efficace

Cinéma

Monsieur Deligny, vagabond efficace

En vérité, je vous le dis – Conversation avec Robert Guédiguian

Le Disque de Rivka – Racines, une trilogie lituanienne

Norman Mailer : histoires d’Amérique – 1 – Le Rebelle : 1945-1961 2 – Les Années Mailer : 1961-1974 3 – Le Désenchanté : 1977-1998

Création

Une saison d’opéra

Alvaro Siza

Ecosse

Festival d’Edimbourg : mille et un théâtres

Engagement

Les Frères des frères

Etats Unis

Un amour (roman)

Chicago

Norman Mailer : histoires d’Amérique – 1 – Le Rebelle : 1945-1961 2 – Les Années Mailer : 1961-1974 3 – Le Désenchanté : 1977-1998

Famille

Racines – Racines, une trilogie lituanienne

Vilnius – Racines, une trilogie lituanienne

François Truffaut

Monsieur Deligny, vagabond efficace

Grève

Paroles ouvrières, paroles de Wonder

Guerre d’Algérie

Les Frères des frères

Holocaurte

Racines – Racines, une trilogie lituanienne

Hôpital psychiatrique

Monsieur Deligny, vagabond efficace

Islam

La Main tendue – Les Arts de l’Islam au Louvre

Judaïsme

Le Disque de Rivka – Racines, une trilogie lituanienne

Vilnius – Racines, une trilogie lituanienne

Littérature

Norman Mailer : histoires d’Amérique – 1 – Le Rebelle : 1945-1961 2 – Les Années Mailer : 1961-1974 3 – Le Désenchanté : 1977-1998

Lituanie

Le Disque de Rivka – Racines, une trilogie lituanienne

Racines – Racines, une trilogie lituanienne

Vilnius – Racines, une trilogie lituanienne

Musée

La Main tendue – Les Arts de l’Islam au Louvre

Quai Branly, naissance d’un musée

Au Louvre avec les maîtres

Musique

Le Disque de Rivka – Racines, une trilogie lituanienne

Festival d’Edimbourg : mille et un théâtres

Lubat musique, père et fils

Nazisme

Le Disque de Rivka – Racines, une trilogie lituanienne

Opéra

Une saison d’opéra

Parents

Un amour (roman)

Paris

La Main tendue – Les Arts de l’Islam au Louvre

Une saison d’opéra

Quai Branly, naissance d’un musée

Paris périph

Au Louvre avec les maîtres

Patrimoine

La Main tendue – Les Arts de l’Islam au Louvre

Pédagogie

Monsieur Deligny, vagabond efficace

Poésie

Faire du chemin avec René Char

Portrait

Monsieur Deligny, vagabond efficace

En vérité, je vous le dis – Conversation avec Robert Guédiguian

Le Disque de Rivka – Racines, une trilogie lituanienne

Norman Mailer : histoires d’Amérique – 1 – Le Rebelle : 1945-1961 2 – Les Années Mailer : 1961-1974 3 – Le Désenchanté : 1977-1998

Faire du chemin avec René Char

Psychiatrie

Monsieur Deligny, vagabond efficace

Syndicat

Paroles ouvrières, paroles de Wonder

Théâtre

Festival d’Edimbourg : mille et un théâtres

Urbanisme

Chicago

Usine

Paroles ouvrières, paroles de Wonder

Ville

Paris périph

Chicago

Vilnius – Racines, une trilogie lituanienne

Voyages

Racines – Racines, une trilogie lituanienne

V COMME VISITE – Versailles

La Visite – Le Château de Versailles. Pippo Delbono, 2015, 22 minutes.

En hommage à Michael Lonsdale

Deux personnages silencieux : Michael Lonsdale et Bobo, l’ami du réalisateur Pippo Delbono qui en a fait un acteur de ses films et de ses pièces de théâtre, alors qu’il était enfermé « à vie » dans un hôpital psychiatrique.

Une longue errance dans le châteaux de Versailles.

Lonsdale, qui ne joue pas un rôle – ou alors c’est le sien même – y est littéralement majestueux.

A COMME ABECEDAIRE – Adrien Rivollier

La justice, surtout pour mineurs, enfants et adolescents, en danger ou délinquants. Que se passe-t-il dans le cabinet du juge pour enfants.

Adolescents

Jeux criminels

Point de chute

Arménie

Tigran

Autisme

Les Notes au-delà des maux

Avocat

Avocats des étrangers

Création

Tigran

Délinquance

Point de chute

Ecologie

L’Égout et les Valeurs

Enfance

Enfances difficiles, affaire d’État

Dans le cabinet du juge

L’Enfance à la barre

Au tribunal de l’enfance

Famille

Enfances difficiles, affaire d’État

Dans le cabinet du juge

Au tribunal de l’enfance

Foi

Imam, celui qui est devant

Football

Dans la peau d’un supporter

Handicap

Les Notes au-delà des maux

Histoire

Enfances difficiles, affaire d’État

Immigration

Avocats des étrangers

Islam

Imam, celui qui est devant

Jazz

Tigran

Les Notes au-delà des maux

Jugement

L’Enfance à la barre

Justice

Avocats des étrangers

Jeux criminels

Enfances difficiles, affaire d’État

Dans le cabinet du juge

L’Enfance à la barre

Au tribunal de l’enfance

Point de chute

Justice des mineurs

Dans le cabinet du juge

Au tribunal de l’enfance

Lyon

Imam, celui qui est devant

Dans la peau d’un supporter

L’Égout et les Valeurs

Mineurs délinquants

Enfances difficiles, affaire d’État

Musique

Tigran

Les Notes au-delà des maux

Passion

Dans la peau d’un supporter

Piano

Tigran

Protection des mineurs

Au tribunal de l’enfance

Psychiatrie

Jeux criminels

Portrait

Imam, celui qui est devant

Tigran

Dans la peau d’un supporter

Prison

Point de chute

Religion

Imam, celui qui est devant

Sport

Dans la peau d’un supporter

Thérapie

Jeux criminels

Les Notes au-delà des maux

Ville

L’Égout et les Valeurs

Violence sexuelle

Jeux criminels

D COMME DOCUMENTARISTES – Filmographie

Des films sur des documentaristes. Des portraits. Des hommages. Des analyses.

Alain Cavalier, 7 chapitres, 5 jours, 2 pièces-cuisine. Jean-Pierre Limosin, 1995

Chris Marker – (Never Explain, Never Complain). Jean-Marie Barbe et Arnaud Lambert, 2015

Copains et Coquins – La Bande à Rouch au Niger. Anne Mette Jørgensen, Berit Madsen, 2007.

Danièle Huillet, Jean-Marie Straub, cinéastes. Pedro Costa, 2001

Face aux fantômes, Jean-Louis Comolli et Sylvie Lindeperg

Il était une fois André S. Labarthe. Estelle Fredet 2009.

Jean-Louis Comolli, filmer pour voir ! Ginette Lavigne, 2013

Jean Rouch, cinéaste africain. Idriss Diabaté, 2017.

Jean Rouch, cinéaste aventurier. Laurent Vedrine et Laurent Pellé, 2017.

Jean Rouch et Germaine Dieterlen – L’Avenir du souvenir. Philippe Constantini, 2004.

Jean Rouch et sa caméra. Philo Bregstein, 1977.

Je suis un Africain blanc – L’Adieu à Jean Rouch. Bernd Mosblech, 2007.

Johan van der Keuken. Thierry Nouel, 2000

Jonas Mekas, I Am Not a Filmmaker. Pierre-Paul Puljiz, Jérôme Sans, 2012

Mario Ruspoli, prince des baleines et autres raretés. Florence Dauman, 2012.

Mosso, Mosso (Jean Rouch comme si…). Jean-André Fieschi, 1998.

Nicolas Philibert, Hasard et Nécessité. Jean-Louis Comolli, 2019

Pierre Perrault, l’action parlée. Jean-Louis Comolli et André S. Labarthe, 1968

Le Programme Marker. Louise Traon, 2018

Réminiscences of Jonas Mekas. Jackie Raynal, 2015.

Rémond Depardon, Sylvain Bergère, 2005

Richard Dindo. Jean-Louis Comolli, 2015

Un été + 50. Florence Dauman, 2011.

Vincent Dieutre, la chambre et le monde. Fleur Albert, 2013.

Wang Bing, tendre cinéaste du chaos chinois. Dominique Auvray, 2019

Wiseman USA. Michel Gayraud, 1985

A COMME ABECEDAIRE – Antarès Bassis

Il a réalisé des moyens métrages (L’emploi vide, Porteurs d’homme), une série télévisée (Trépalium 2016). Il a obtenu le Fipa d’Or national pour En équilibre

Amour

En équilibre

Architecture

La Ville monde

Camp

La Ville monde

Cinéma

Les Gamins de Ménilmontant

Cirque

En équilibre

Couple

En équilibre

Déportation

Les Gamins de Ménilmontant

Enfance

Les Gamins de Ménilmontant

Enseignement

Les Gamins de Ménilmontant

Grande-Synthe

La Ville monde

Guerre

Les Gamins de Ménilmontant

Histoire

Les Gamins de Ménilmontant

Immigration

La Ville monde

Juifs

Les Gamins de Ménilmontant

Naissance

En équilibre

Nazisme

Les Gamins de Ménilmontant

Paris

Les Gamins de Ménilmontant

Rafle

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Un cinéma centré sur la différence, la marginalité, l’exclusion.

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V COMME VIOLON

Trio. Ana Dumitrescu,  2019, 82 minutes. 

Tout commence dans un tunnel, un passage souterrain pour piétons, sous une voie de circulation sans doute, une avenue ou peut-être même une voie ferrée. Il y a là des passant bien sûr, pressés. Quelques mendiants ou clochards ou SDF. Et un musicien, ou plutôt deux musiciens, un violon accompagné par un accordéon. C’est le violon qui attire l’attention de la cinéaste. Sa musique (la deuxième valse de Chostakovitch ou le boléro de Ravel) qui la fascine dès cette première rencontre, comme le dit le texte qui s’imprime sur l’écran, se confondant presque avec le générique de fin. Car cette séquence du tunnel est la séquence finale du film, sa fermeture paradoxale puisque c’est là que le projet du film prend naissance. Ce film qui va raconter la vie de ce joueur de violon, qui n’a pas toujours joué dans ce tunnel. Comment en est-il arrivé là ?

Trio est donc le récit d’une vie, celle d’un musicien roumain. Ou plutôt le récit de deux vies, car la vie du musicien ne peut se raconter qu’à l’intérieur de la vie d’un couple, de son couple, le couple de Gheorghe et Sorina. Une vie de deux amoureux, qui se rencontrèrent jeunes, qui tombèrent amoureux l’un de l’autre, qui se marièrent, qui eurent deux enfants. Ils vécurent (heureux ?) dans cette Roumanie marquée par la dictature de Ceausescu et de la révolution qui le chassa du pouvoir. Un contexte que le film ne peut pas ne pas évoquer.  Est-il un nostalgique de Ceausescu et du communisme, cette époque où le chômage n’existait pas ? Il s’en défend (peut-on l’avouer dans la Roumanie actuelle devant une caméra ?), mais il tient à souligner les « qualités » du dictateur.

La nostalgie, de toute façon, le film en est chargé du début à la fin. D’abord parce que la forme du récit, en voix off, l’inscrit nécessairement dans le passé, un passé nécessairement revalorisé – ou même survaloriser – puisque c’était celui de la jeunesse et de la vie plus vivante qu’aujourd’hui. Et puis le film est en noir et blanc – un noir et blanc d’une éclatante beauté – ce qui renforce, il faut bien le dire, la dimension passéiste de ce récit de vie, présenté comme un grand feed back par la dernière séquence, celle du tunnel.

Une vie donc vécue à deux, et racontée à deux voix. Deux voix qui se répondent, se complètent, font écho l’une à l’autre. Il ne s’agit pourtant pas d’un dialogue, mais d’une connivence, une fusion, où chacun est indispensable l’un à l’autre. Une vie avec ses joies et ses peines, ses moments de bonheur (le voyage à la mer) et ses désillusions (la fin du travail musical à la radio).

Le récit de la vie d’un couple racontée par lui-même. Mais pourquoi donc trio ? Y a-t-il un troisième personnage, un personnage central qui serait le véritable héros du film ? On le comprend très vite dans le film. Son titre n’est donc pas une énigme. La dévoiler avant de voir le film ne détruit pas le plaisir de la découverte. Car Trio est bien un film musical – même si l’on voit très peu Gheorghe jouer avant la séquence finale- un film sur l’amour de la musique. Mais alors, c’est bien son instrument qui est filmé.

A COMME ABECEDAIRE – Robin Hunzinger.

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F COMME FEMMES EN LUTTE.

Les femmes cinéastes sont de plus en plus en première ligne dans le domaine du documentaire. Au-delà des luttes féministes pour la conquête de leurs droits et de l’égalité avec les hommes, elles prennent position sur tous les problèmes fondamentaux de notre monde : dénonciation du racisme et de la pédophilie, soutien aux mouvements de résistance comme en Palestine, rejet de l’emploi des pesticides dans l’agriculture, entre autres. Les femmes documentaristes ne peuvent qu’être des femmes en lutte.

Comme leurs confrères masculins, mais peut-être avec encore plus d’acuité et de détermination, les cinéastes documentaristes ne peut rester insensibles à la misère du monde. Il s’agit alors pour elles de dénoncer l’injustice, l’oppression, la dictature, la maltraitance, les violences de toutes sortes faites aux femmes et aux hommes, à des groupes particuliers et même à des peuples. Mais il s’agit aussi par leurs films de soutenir les luttes, les revendications, les révoltes. Essayer donc de sensibiliser, de populariser, d’appeler à l’aide et à l’action. Beaucoup de documentaristes donnent la parole à celles – et à ceux – que l’on n’entend jamais, les oubliées de l’histoire, les faibles, les pauvres, les plus démunies. Et à tous celles qui sont différentes, qui ne vivent pas comme la majorité, celles que l’on montre du doigt et qui sont mis au ban de la société.

LORSQU’UNE FEMME CINEASTE S’ENGAGE CE N’EST JAMAIS FORTUIT. C’EST TOUJOURS LE FAIT D’UNE NECESSITE

LORQU’UNE FEMME CINESATE SOUTIENT UNE CAUSE, C’EST TOUJOURS DE FACON SINCERE ET AUTHENTIQUE

LORSQU’UNE FEMME CINEASTE PREND POSITION, C’EST TOUJOURS D’UNE FACON REFLECHIE, PARCE QU’IL Y A URGENCE DE FAIRE BOUGER LES CHOSES.

***

Pour évoquer les femmes documentaristes en lutte, deux noms viennent immédiatement à l’esprit : Agnès Varda et Carole Roussopoulos.

Agnès Varda, une cinéaste qui s’est elle-même définie comme « contestataire », et dont l’engagement est celui d’une femme, qui se situe à côté des femmes dans leur lutte pour la cause des femmes.

Son engagement cinématographique n’est bien sûr pas étranger à celle de la femme qui signe en 1971 le manifeste des 343.

En 1975, « année de la femme », elle répond à la demande d’Antenne 2 qui pose, à 7 femmes, la question devant être traitée en 7 minutes : « Qu’est-ce qu’une femme ? » Toujours impertinente, Varda le fera en 8 minutes (Réponses de femmes, 1975).

A cette occasion, elle invente le « cinétract », genre qui aurait pu avoir une descendance plus importante.

Varda filme donc des femmes, jeunes ou vieilles, nues ou habillées, des bébés, des enfants, seules ou en groupe, enceintes ou portant un enfant dans les bras, de face, de profil, en gros plan ou en pied….

S’adressant directement à la caméra, elles parlent de maternité, de désir, de sexe, de leur place dans la société, la société des hommes, dominée par les hommes. Elles évoquent aussi l’image, exemples à l’appui, que renvoie d’elles la publicité. « Ça va changer » dit plusieurs fois une adolescente.

Lors de sa diffusion à la télévision, le film suscita des protestations de téléspectateurs, preuve de son côté dérangeant à l’époque.

Carole Roussopoulos, une figure centrale, une cinéaste auteur de plus de 150 films, dont l’action reste aujourd’hui encore exemplaire.

C’est jean Genet qui lui fit découvrir la vidéo légère, un outil qui lui parut immédiatement correspondre parfaitement à ses besoins et à ses projets.

Carole Roussopoulos devint ainsi dès le début des années 70 une pionnière d’un cinéma d’intervention, engagé dans toutes les luttes que vont mener les femmes dans la décennie,

de la revendication au droit à une contraception libre et gratuite à la lutte pour la libéralisation de l’avortement,

en passant par l’affirmation du droit des femmes contre toutes les formes d’exploitation dont elles sont victimes, dans le travail et dans le milieu familial.

Un ensemble de luttes essentiellement politiques, prolongeant les visions de mai 68, mais prenant à travers les thèses féministes une orientation spécifique qui contribua incontestablement à changer la société.

 Le cinéma occupa une place importante dans ce mouvement, filmant les luttes au cœur même de leur déroulement, les popularisant en dehors des circuits médiatiques habituels tenus essentiellement par des hommes, comme le cinéma dans son ensemble, y compris le cinéma militant. Les femmes vont alors inventer de nouvelles formes de revendication, comme elles vont inventer de nouvelles formes d’expression. La vidéo en fut l’outil par excellence.

         La vidéo (le Portapack de Sony filmant en noir et blanc en ½ pouce), c’est la liberté. C’est pouvoir être partout où les femmes luttent. C’est supprimer les contraintes, tout aussi bien au niveau du filmage que du montage et de la diffusion. C’est échapper à la main mise masculine sur l’information. C’est pouvoir enfin donner réellement la parole aux femmes. Une parole enfin libérée des stéréotypes imposés par la société masculine.

         Les femmes cinéastes vont alors créer les organes de leur lutte. Des coopératives d’abord, assurant la réalisation et la production.

La première de ces coopératives voit le jour en 1974 : Vidéa.

Carole Roussopoulos, de son côté après avoir créé le groupe Les insoumuses avec Delphine Seyrig, Iona Wieder et Nadja Ringart, suivi des Muses s’amusent, fonde avec son mari Vidéo Out qui produira la plus grande partie de ses films.

Elle participe d’autre part à la création en 1982 du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, dont la mission est faire connaître les réalisations des femmes et soutenir leurs projets.

Le premier festival de films de femmes voit aussi le jour, festival dont le rayonnement ira grandissant jusqu’à son implantation actuelle à Créteil.

         Le cinéma féministe c’est donc d’abord filmer les luttes des femmes tout en y participant. Puis c’est organiser en dehors des circuits de distribution habituels, des projections publiques suivies de débat, le plus souvent particulièrement animés, voire houleux.

 Dans tout ce travail, c’est une nouvelle manière de faire de la politique qui voit le jour, en dehors de tout parti et de toute organisation. Mais c’est aussi une nouvelle forme de parole, affranchie des modèles dominants dans la presse écrite et à la télévision. La vidéo permet d’enregistrer la parole de femmes qui ne l’avaient jamais eue, à qui on ne l’avait jamais donnée. Elle permet aussi de filmer sans limite, sans restriction ; filmer la vie dans son jaillissement même.

         Les premières réalisations de Carole Roussopoulos concernent le mouvement des noirs américains, Jean Genet parle d’Angéla Davis,

le mouvement homosexuel en France (Le FHAR 1971) et les luttes autour de l’avortement, Y’a q’à pas baiser (1971) où elle montre un avortement illégal pratiqué selon la méthode par aspiration.

Elle initie alors Delphine Seyrig à la vidéo et réalisera avec elle Maso et Miso vont en bateau (1976) qui peut être considéré comme le manifeste cinématographique féministe.

Delphine Seyrig réalisera de son côté un film particulièrement original sur le métier d’actrice, Sois belle et tais-toi (1976) où elle interroge une bonne vingtaine d’actrices connues, de Juliet Bertho à Shirley Mc Laine en passant par Jane Fonda. Toutes montrent comment elles sont victimes dans leur métier de la domination des hommes.

Carole est sur tous les fronts. Elle filme avec Iona Wieder, les manifestations contre les exécutions de militants basques par le régime franquiste, La marche des Femmes à Hendaye et Les Mères espagnoles (1975).

Elle suit les luttes des ouvrières de Lip de 1973 (Monique Lip I) à 1976 (Christine et Monique Lip V). Cet intérêt pour la condition des femmes dans le travail se retrouvera dans la série Profession, pour laquelle elle réalise Profession : agricultrice (1982) revendiquant un véritable statut professionnel pour les femmes travaillant dans les fermes de leur mari et Profession : conchylicultrice (1984) montrant tous les aspects de ce travail particulièrement difficile.

         Carole Roussopoulos restera dans l’histoire du féminisme une figure centrale. Ses films sont aujourd’hui non seulement des documents irremplaçables sur la portée du mouvement, mais constituent aussi une véritable œuvre cinématographique privilégiant le documentaire et montrant comment celui-ci peut être, non pas simplement un outil de propagande, mais un instrument efficace d’intervention et de changement social.

P COMME PEREC Georges.

Tentative d’épuisement d’un lieu parisien. Jean-Christian Riff, 2007, 73 minutes.

Un film d’après un livre de Georges Perec. De quoi s’agit-il ? Une adaptation. Une transposition. Un démarquage. Une référence (une simple référence). Une citation. Un hommage. Un canular. Un plagiat. Une imitation. Une tentative. Tentative de quoi ?

Le film porte le même titre que le livre de Perec. Sa bande son comporte, en voix off, la lecture du livre. En totalité ou seulement des extraits ? Pour répondre à cette question il faut avoir le livre entre les mains. Le feuilleter tout en regardant le film peut-être, au risque de manquer des images.

Le film nous propose des images de ce lieu que Georges Perec a décrit dans son livre, la place Saint-Sulpice dans le 6° arrondissement de Paris. On dira alors que le film met en images les mots et les phrases de Perec. Pour cela le cinéaste a commencé par choisir les lieux – sur la place, ou dans un café ou une boutique donnant sur la place – où poser sa caméra. Des lieux où George Pérec a posé son regard (puisqu’alors il n’avait pas de caméra) et dont il a donné une « vision » par des mots et des phrases dans son livre.

Dans le film, et dans le livre, nous voyons donc les mêmes lieux, la même place, les mêmes fragments de la place. Du moins dans ce qu’il y a dans cet espace d’intemporel, la fontaine, les trottoirs, les rues, etc. Mais les bus sont-ils les mêmes, à part les numéros qu’ils portent ? Et les passants, nombreux ici, qui passent sans s’arrêter ?

Le film est réalisé trente ans après l’écriture du livre.  Donne-t-il alors à voir la même place ? Ce projet de réaliser en film ce que Perec a réalisé en livre – décrire la place jusqu’à épuisement – ne devient-il pas alors une approche du temps qui passe, la comparaison entre le livre et le film pouvant nous montrer ce qui a changé en trente ans. Mais bien sûr, le spectateur « normal » – c’est-à-dire celui qui est dans une salle de cinéma, une salle obscure comme on sait- du film n’a pas le livre entre les mains.

La question « de quoi s’agit-il » ne peut avoir au fond qu’une seule réponse : il s’agit de faire au cinéma ce qu’un écrivain a fait en littérature. Le texte tentait de décrire ce que l’écrivain voyait place Saint-Sulpice. Le film lui nous montre les images qui peuvent être réalisées sur cette même place. Des images qui peuvent alors correspondre (donner à voir) à l’écrit, ce que concrétise la présence du texte en voix off. Lorsque Perec écrit « bus 86 », Jean-Christian Riff, filmera le bus 86, mais pas forcément au moment où le texte en parle. Et ainsi de tout ce nous voyons dans le film, qui ne cherche pas à correspondre strictement au texte. Car les 2CV verte sont plutôt rare à l’époque de la réalisation du film. Ce qui signifie clairement que le travail, le filmage, du cinéaste n’a rien à voir avec une caméra de surveillance.

 Jusqu’à épuisement…du spectateur, du cinéaste, comme cela a pu être le cas de l’écrivain et de son lecteur. Ou alors jusqu’à épuisement du visible. Ou dans le cas du film, jusqu’à épuisement du livre, jusqu’à sa dernière ligne, son dernier mot.  Ce que nous voyons dans le seul plan du film où le livre est physiquement présent à l’image, ouvert à sa dernière page.

Pourtant, le film a bien une spécificité par rapport au texte écrit. La différence entre les deux tient dans le cadrage des images. Car Pérec ne dit pas s’il voit le bas 86 en gros plan, il joue simplement avec son degré de remplissement ou de vide. Dans la première séquence du film, une sorte de présentation des bus parisien passant place Saint Sulpice, Il dit seulement que le bus 86 va à Saint Germain des prés. Regardant le film nous pouvons le savoir – si le son ne le dit pas – si nous avons le temps d’apercevoir cette annonce inscrite sur le fronton du bus. Mais quand dans l’image le bus 86 tourne devant nous, si près de nous que nous pourrions très bien avoir le même type de réaction que les spectateurs du train entrant en gare de La Ciotat (non pas fuir bien sûr, mais avoir quand même un petit sursaut de recul…), c’est bien la « magie » première du cinéma qui est à l’œuvre.

Ce que le cinéaste opère, c’est bien en fin de compte, une confrontation entre le film et le livre, une mise en perspective du visible et du lisible. Sans qu’on puisse affirmer une quelconque supériorité de l’un par rapport à l’autre.

Le film se termine par trois photographies de Perec dans son café de la place Saint Sulpice et quelques vues d’époque, en noir et blanc de la place. Puis c’est le cinéaste qui prend la parole, pour évoquer son rapport personnel à cette place

 On se plait à penser que Georges Perec n’aurait pas désavoué cette chute.

A COMME ABECEDAIRE – Julien Meunier

Des coréalisations, avec Dorine Brun, Sébastien Magnier ou Guillaume Massart.

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