G COMME GITAÏ Amos

Cinéaste israélien (né en 1950)

            Les éléments de sa biographie peuvent se retrouver éparpillés dans ses films, en particulier dans ses documentaires où, très souvent présent à l’image, il n’hésite pas à s’impliquer personnellement, même lorsque les sujets abordés ont une portée bien plus globale, sociale ou historique. Amos Gitai est le fils d’un architecte d’origine polonaise, formé au célèbre Bauhaus, chassé d’Allemagne par les nazis et immigré en Palestine avant même la création d’Israël où il deviendra un architecte célèbre, quasi officiel. Amos est né à Haïfa en 1950. Il entreprendra lui-aussi des études d’architecte. En 1973, il participe à la guerre du Kippour. Son hélicoptère est abattu au dessus du Golan le jour anniversaire de ses 23 ans. Suite d’événements dont on retrouvera la trace dans ses films et qui influenceront profondément sa vie. Il quitte l’architecture pour s’orienter vers le cinéma et deviendra le premier cinéaste israélien à obtenir une reconnaissance internationale, au point d’être considéré comme le phare du cinéma du Moyen Orient dans son ensemble.

            Il est vrai que son œuvre est quantitativement très importance et qualitativement particulièrement diversifiée. Plus de 80 films au total dont bon nombre de documentaires, allant de quelques minutes à des longs métrages plus classiques. Gitai tourne beaucoup et beaucoup de ses réalisations, surtout les plus courtes, ne se présentent pas comme des œuvres achevées. Ce ne sont pourtant pas de simples brouillons. Disons plutôt des expérimentations. Il multiplie d’ailleurs les formats utilisés, passant du 35 mm au 16 et même au super 8, sans écarter non plus la vidéo. En Israël, dans l’ensemble de la Palestine, puis à partir de moment où il se voit contraint à l’exil, dans le monde entier, Gitai se veut un observateur curieux, mais aucunement dogmatique, ne cherchant pas l’originalité pour l’originalité mais ne restant jamais prisonnier des idées reçues ou des thèses officielles.

Regards sur Israël et la Palestine.

Dans ses longs métrages documentaires, Gitai aborde de front la situation politique d’Israël et de l’ensemble de la Palestine. Un regard engagé qui lui valut les foudres de la censure : la télévision israélienne par exemple refusa de diffuser son premier film La Maison, malgré le fait qu’elle en soit la productrice. Gitai le signale dans un panneau apparaissant au début de son film. Cela se renouvellera à propos de l’Arène du meurtre réalisé à propos de l’assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin en 1996. Il y a des sujets tabous en Israël. La réalité de la vie dans les « territoires occupés », le sort réservé aux arabes, leur exploitation économique. Plus encore les spoliations dont ils sont victimes, expropriations de leur terre, de leurs champs, de leurs oliviers, souvent seuls moyens de subsistance. Des thèmes que l’on retrouvera dans des films réalisés par des cinéastes palestiniens (Ana Falastine ou Cinq caméras brisées par exemple), mais que Gitai est le premier israélien à aborder ouvertement.

            Filmer son pays, avec tous les problèmes que son existence et la politique menée par ses dirigeants soulèvent, devient un véritable combat pour Gitai, combat face aux autorités bien sûr, mais aussi face à la tentation de fermer les yeux de tant de ses compatriotes ou même du monde entier. Filmer quelque soit la difficulté, les obstacles, le danger. Filmer même lorsque les soldats viennent sans arrêt bousculer le caméraman et mettre la main devant l’objectif, comme on le voit dans de multiples plans de Journal de campagne (1982). Filmer même lorsque la violence la plus aveugle semble triompher à travers l’assassinat par un jeune juif extrémiste du premier ministre Ytzhak Rabin. Le film que Gitai réalise alors, L’Arène du meurtre (1996) dit dans sa construction même le sentiment de chaos que cet événement a pu engendrer chez tous ceux qui voulaient croire à la possibilité de la paix.

            Les relations entre juifs et palestiniens, c’est dans la durée, au niveau de l’évolution historique, que Gitai essaie aussi de la saisir. A la recherche des marques que le temps imprime sur les hommes et leurs habitations, il reviendra en 1998 (Une maison à Jérusalem) sur les lieux de son premier film, retrouvant les descendants du premier propriétaire. Le fait qu’ils aient émigré au Canada. Ce retour sur les lieux d’un film devient le centre du projet cinématographique avec la trilogie de Wadi. Le premier film, Wadi 1981 – 1991, permet déjà de mesurer les transformations que subit la vie des habitants de cette sorte d’enclave à Haïfa, pratiquement coupée du reste de la ville. En 1981, Gitaï centrait son film sur trois couples, un couple arabe (Yussuf et Isha), deux frères juifs venus de Roumanie et un couple mixte Skander le pécheur et Myriam). En 1991, Yussuf a une nouvelle femme plus jeune dont il a un petit garçon. Sa vie est toujours marquée par la misère, surtout matérielle. Les deux frères sont morts et le couple de Myriam et Skander a volé en éclats sous la pression des « amis » pour qui la mixité du couple se réduit à une trahison. En 2001, Gitai revient à Wadi (Wadi Grand Canyon). Il retrouve Yussuf, plus vieux et plus usé, et Myriam qui a quitté son ancienne maison et Wadi. Partage-t-elle encore ses anciennes visions quasi mystiques sur la nature électrique de l’amour ? Le temps laisse son empreinte sur toute chose. A Wadi, il semble surtout détruire tout espoir.

Mais Gitai est aussi un cinéaste qui aborde des problèmes tout autant économiques, qu’historiques et politiques. Avec une vision planétaire anticipant sur la mondialisation actuelle. Dans Ananas (1983) il part de la découverte du fruit pas Christophe Colomb pour montrer comment il a envahit le monde entier à partir de sa mise en boite. Le film suit l’ananas d’Hawaï aux Philippines. Il donne la parole aux dirigeants des grandes entreprises multinationales américaines, mais aussi aux ouvriers agricoles qui plantent des dizaines de milliers de pieds par jour ou aux femmes qui travaillent en usine pour gagner de quoi survivre. Opposant la richesse des uns et la misère des autres, Gitai prend ouvertement parti pour les plus démunis. Le film comporte des plans saisissants sur la récolte des fruits et les gestes répétitifs dans la chaîne de mise en boite. De longs travellings dans les usines, en plan général ou en gros plan sur les mains des femmes triant les fruits qui défilent sur un tapis devant elles, montrent la réalité du travail à la chaîne comme le cinéma l’a si rarement montré. Le film de Gitai est à ce niveau un modèle du genre. Cette vision de la mondialisation est aussi au cœur du film qu’il consacre en 1984 au commerce du sexe en Thaïlande (Bankok Barheim), commerce qui se double d’un commerce de travailleurs et travailleuses expédiés comme de quasi esclaves dans les pays riches du golfe persique.

            Ayant quitté Israël, Gitai sillonne le monde, de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe. En Europe il s’intéresse aux manifestations d’un néo-nazisme en plein développement. Dans la vallée de la Wupper (1993), enquête sur le meurtre d’un vieil homme par deux skinheads d’extrême droite. La victime s’était prétendue d’origine juive. En Italie, il suit les élections municipales à Naples où une petite fille de Mussolini est candidate (In the name of the Duce, 1994). Dans les deux cas, il confronte les déclarations des communautés juives locales avec les positions exprimées par les sympathisants ou même les militants néo-nazis. Aux Etats Unis, Gitai part sur les traces de la diaspora juive, In Search of Identity (1980), dont il nous donne une vision pluraliste et contrastée, entre ceux qui rêvent d’aller s’installer en Israël, ceux qui collectent des fonds pour soutenir l’Etat juif, et ceux qui préfèrent s’affirmer comme américains avant tout.

            Tout au long de cette très riche carrière de cinéaste documentariste, Amos Gitaï s’est toujours montré attentif aux réalités humaines, telles que l’Histoire les façonne et les modifie sans cesse. Et ce n’est pas un hasard s’il apparaît si souvent directement dans ses films, au point d’être souvent pris à parti par ceux que sa caméra dérange, surtout les représentants de l’autorité, policière ou militaire. Quant au dialogue avec ses interlocuteurs, il s’y implique toujours explicitement. « Et toi Amos, qu’est-ce que tu penses de tout ça » S’il ne répond pas directement, l’ensemble de son cinéma ne laisse pas de doute sur ses convictions.

P COMME PÈRE et fils

Lullaby to my father. Amos Gitaï. France-Israel-Suisse, 2012, 82 minutes.

            Amos Gitaï, comme beaucoup de cinéastes documentaristes, s’implique personnellement dans ses documentaires, par sa présence à l’écran notamment. Dans Lullaby to my father, qui est comme son titre l’indique un film basé sur des données autobiographiques, il n’apparaît cependant pas à l’image et l’ensemble du film donne l’impression de pouvoir être fait par tout autre cinéaste que le fils du père dont il est question. Cette distanciation extrême est sans doute due au fait que le père disparu depuis quelques années au moment de la réalisation du film, ne peut qu’être absent des images – à moins d’utiliser des archives, ce que Gitai a explicitement refusé de faire ici. Père absent, Fils absent ? La mère, elle, sera « jouée » une actrice et les textes du père seront aussi lus par le cinéaste lui-même.

            Le père est absent visuellement, mais il occupe tout le film, ce qui donne aussi à lire, en creux, le rapport père-fils. Ce rapport n’est cependant pas abordé dans sa dimension familiale. Il s’inscrit clairement dans une dimension qui dépasse le cadre de la famille, une dimension à la fois professionnelle et historique.

            C’est là la grande originalité du film. Sa difficulté d’approche aussi. Le père du cinéaste, Munio, est présenté à travers un parcours qui n’a de sens que parce qu’il s’inscrit dans l’histoire de l’Europe du XX° siècle. De la Pologne natale avant guerre, jusqu’à Israël avant même la création de L’État juif, en passant par l’expulsion de l’Allemagne et l’exil en Suisse, c’est le sort de juifs qui ont échappé à l’holocauste qui est ici retracé. Le deuxième volet du personnage de Munio concerne l’architecture. Élève du Bauhaus avant guerre, toute son activité professionnelle et artistique se déroulera dans le cadre de cette formation. La référence au Bauhaus est d’ailleurs omniprésente dans le film.

            Lullaby to my father utilise des photos comme images d’époque. Il filme Dessau aujourd’hui pour y retrouver la trace du Bauhaus. Il met en scène, avec des acteurs, des scènes théâtrales qui, par leur côté non documentaire au sens habituel du terme, et même extrêmement fictionnelle, vont au-delà de la fiction pour atteindre à une valeur de document. La séquence du jugement de Munio est à cet égard exemplaire. Elle a bien une dimension documentaire à travers la lecture du texte des chefs d’accusation : trahison envers le peuple. Mais le jeu du juge, sa diction outrancière, les coups de marteau dont il jalonne son discours n’ont rien de réalistes. On pourrait même dire qu’ils sont du mauvais théâtre, trop caricatural pour être crédible. Mais c’est justement dans ce trop que se déploie la dimension spécifiquement cinématographique du film. Nous ne sommes pas au théâtre, mais au cinéma. Nous ne sommes pas dans une représentation du réel, nous sommes dans une interprétation artistique de l’Histoire.

            Hommage à son père, le film de Gitai est aussi un hommage au Bauhaus, dont il fait revivre en images les valeurs, ces valeurs humanistes que le nazisme a essayé de détruire. Dans le cinéma de Gitai elles sont bien vivantes.

A COMME ABECEDAIRE – Thomas Riera

Amour

Ce sera bien

Pêche, mon petit poney

Couple

Ce sera bien

Enfance

Pêche, mon petit poney

Famille

Pêche, mon petit poney

Genre

Pêche, mon petit poney

Homosexualité

Ce sera bien

Pêche, mon petit poney

Jouet

Pêche, mon petit poney

Psychologie

Ce sera bien

Ruralité

Ma première enquête à Primarette

Stéréotype

Pêche, mon petit poney

Usine

Ma première enquête à Primarette

Village

Ma première enquête à Primarette

J COMME JOUET.

Pêche Mon Petit Poney. Thomas Riera. France 2012, 40 minutes.

         Comment un enfant de six ans peut-il réagir lorsqu’il reçoit en cadeau d’anniversaire un petit poney ? Et surtout, quelles réactions peut-il avoir lorsque, devenu un jeune adulte, il découvre, ce qui ne lui était jamais venu à l’esprit, que ce jouet a toujours été considéré comme un jouet de fille ? Devenu cinéaste, il entreprend alors une enquête très personnelle pour comprendre, ou essayer d’expliquer, la place particulière que ce jouet de fille a tenu dans son enfance et même son adolescence de garçon. Un film entièrement autobiographique donc, où l’auteur se met lui-même en scène devant la caméra, une enquête intime en même temps qu’une réflexion sur la question du genre, une quête d’identité qui débouchera sur l’affirmation, ou la prise de conscience de son homosexualité. Un film complexe donc, mais dominé de bout en bout par un humour bon enfant, qui ne fait pas rire aux éclats, mais qui est toujours attendrissant.

         L’enquête que mène le cinéaste permet quelques découvertes, ménage de petites surprises mais au fond n’apporte pas de véritable révélation. En ce qui concerne le problème du genre, la question est réglée très vite. Dans un magasin de jouet, la vendeuse, spécialiste de la question, est catégorique. Il n’existe pas de petit poney destiné aux garçons. Pour le cinéaste, l’enjeu de sa recherche devient subitement clair : qui donc a bien pu lui faire ce cadeau qui reste surprenant. Le film apportera une réponse dans une séquence qui est apparait comme la raison d’être du film. Ce sont bien les parents de Thomas qui ont fait le cadeau, la preuve en étant apportée par la mention du prix et de la date de l’achat dans le livre de compte du père. Leur motivation ? La révolte, dit la mère, la non-acceptation des stéréotypes culturels concernant le genre. Pourquoi un garçon n’aurait-il pas le droit de jouer au petit poney ? Certes, ce garçon gardera ce jouet féminin pour lui tout seul, ne l’incluant pas dans ses relations avec ses camarades. Mais la déclaration de la mère doit être comprise dans toute sa portée éducative : puisque ce jouet est essentiellement féminin dans les représentations courantes, il est important de l’offrir à un garçon.

         Pour le reste, l’enquête connait quelques épisodes savoureux. Le cinéaste découvre une version animée pour la télévision de Petit Poney. Il ne doit pas être très difficile de retrouver le petit garçon qui interprète la chanson du générique. Et en effet la chorale dont il faisait partie existe encore. Sauf, oh surprise, que l’interprète en question n’est pas un garçon, mais une fille ! Le cinéaste a été abusé par les cheveux courts et surtout par son identification symbolique avec la vedette télévisée de son idole. Nous découvrons ensuite une collectionneuse possédant dans ses placards bien rangés un nombre impressionnant de petit poney de tous formats, de toutes couleurs et de toutes origines. Qui aurait pu imaginer une telle passion pour un jouet en plastique aussi banal ? Dernière étape de l’enquête, la recherche de la petite boite en métal que le cinéaste a enterré jadis avec un marron devenu aujourd’hui un arbre. La boite en question demeurera introuvable. Elle contenant de petits messages qui pourraient révéler l’intimité entre le garçon et son jouet devenu son confident. Cette intimité restera enfouie dans le passé.

A COMME ABECEDAIRE – Christian Rouaud

Accident

L’Homme dévisagé

Agriculture

Tous au Larzac

L’Eau, la terre et le paysan

Histoire de paysans

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Amitié

L’Homme dévisagé

Architecture

Dans la Maison radieuse

Armée

Tous au Larzac

Autisme

La Bonne Longueur pour les jambes

Autogestion

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Aveyron

Tous au Larzac

Banlieue

Retour au quartier nord

Besançon

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Bretagne

Avec Dédé

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Le Grand Dédé

L’Eau, la terre et le paysan

Bretana

Histoire de paysans

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Bagad

Christianisme

Edvige et Benoît

Cinéma

Histoire de paysans

Communication

L’Écriture

Contestation

Tous au Larzac

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Ecologie

L’Eau, la terre et le paysan

Enfance

Allez les petits

Engagement

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Enseignement

Retour au quartier nord

Famille

Retour au quartier nord

Feu

L’Homme dévisagé

Fleuve

Le Fleuve

Grève

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Handicap

La Bonne Longueur pour les jambes

Histoire

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Hôpital

Edvige et Benoît

Île

L’Île

Imaginaire

Le Plaisir du désordre

Information

Edvige et Benoît

Instrument de musique

La Cornemuse

Le Corbusier

Dans la Maison radieuse

Linguistique

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Logement

Dans la Maison radieuse

Manifestation

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Marine

Les Sonneurs de la Royale

Marseille

Retour au quartier nord

Musique

Avec Dédé

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Le Grand Dédé

Bretana

Les Sonneurs de la Royale

La Cornemuse

Bagad

Paysan

L’Eau, la terre et le paysan

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Pédagogie

Allez les petits

Politique

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Pompier

L’Homme dévisagé

Portrait

Avec Dédé

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Le Grand Dédé

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

La Cornemuse

Rugby

Allez les petits

Ruralité

L’Eau, la terre et le paysan

Spectacle

Le Plaisir du désordre

Solidarité

Les LIP, l’imagination au pouvoir

La Bonne Longueur pour les jambes

Théâtre

Le Plaisir du désordre

Tradition

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Bretana

Travail

L’Eau, la terre et le paysan

L COMME LARZAC

Tous au Larzac. Christian Rouaud. France, 2011, 118 minutes.

         Le mouvement de protestation contre l’extension du camp militaire du Larzac reste quelques trente ans après son épilogue un mouvement exemplaire. D’abord parce qu’il fut enfin, après des années et des années de lutte, plus d’une dizaine en fait, couronné de succès, en grande partie grâce à la persévérance de ses acteurs initiaux, les habitants du Larzac eux-mêmes. Mais aussi parce qu’il a su, sur cette durée au fond anormale – ou du moins atypique – se renouveler au fil des difficultés et des obstacles rencontrés, pour devenir un creuset particulièrement inventif dans le domaine de la pensée et de l’action contestatrice ainsi qu’une expérimentation constante de nouvelles formes de vie en société.

         Rappeler l’histoire de ce mouvement à la fin de la première décennie du XXI° siècle ne peut guère être perçu comme un acte de courage politique. Ce n’est pas non plus en soi le signe d’une audace cinématographique. Pourtant un tel projet ne va pas immédiatement de soi. Certes il peut se réclamer d’une visée historique dans laquelle le cinéma, par son travail sur les archives, a depuis longtemps gagné sa légitimité. Mais peut-on considérer un tel film uniquement comme un film historique ? N’a-t-il pas aussi une dimension politique et sociale actuelle ? Du coup, un tel film, comme beaucoup de ceux qui abordent les luttes sociales récentes, ne peut échapper au difficile problème des rapports entre histoire et actualité. Y a-t-il des leçons à tirer de l’histoire Le passé peut-il éclairer le présent ? Le mouvement concernant le Larzac peut-il servir de référence, éclairer voire orienter, un mouvement comme celui qui s’est développé à Notre Dame des Landes ?

         Le Larzac, qu’est-ce que c’est ? Un vaste plateau situé en Aveyron, aride et en voie de désertification, mais encore peuplé par quelques paysans éleveurs de brebis. En 1971, le ministre de la Défense de l’époque, décide d’exproprier une bonne partie de ces paysans pour étendre la superficie d’un camp militaire existant. Ces paysans particulièrement attachés à leur terre, surtout ceux qui y ont toujours vécu, mais aussi ceux qui étaient alors plus récemment installé n’acceptent pas une telle décision venue d’en haut sans aucune concertation et entrent en « résistance ». Ils seront très vite rejoints par tous les contestataires de l’époque, maoïstes ou appartenant à d’autres groupuscules vivant encore dans l’esprit de mai 68. Ce qui pouvant alors apparaître comme une alliance contre nature déboucha en fait très vite sur un consensus fondé sur l’action non violente. Les manifestations se succédèrent, A Millau, Rodez, puis Paris où les brebis occupant le Champ de Mars firent grande impression ! Des comités Larzac furent créés un peu partout en France et le slogan Gardarem lo Larzac réussit à fédérer tout ce que la France de l’époque pouvait compter d’opposant au pouvoir, bien au-delà des contestataires ou « révolutionnaires » post-68. Et cela dura dix bonnes années, jusqu’à ce que l’élection de Mitterrand et l’arrivée au pouvoir de la gauche annonce l’annulation des textes créant le nouveau camp militaire et permit la fin des hostilités.

         Le film de Christian Rouaud reprend la formule qu’il avait déjà exploitée à propos du conflit Lip : l’alternance et le savant montage des images d’archives issues des actualités de l’époque et des entretiens réalisés plus de trente ans après les événements avec leurs protagonistes directs, du moins ceux qui ont survécu au temps, puisque Guy Tarlier, un des principaux meneurs de la lutte, est décédé au moment de la réalisation du film. Ceux-ci sont filmés sur les lieux même où les principales actions se sont déroulées ce qui confère un surcroit de crédibilité à leurs souvenirs.

L COMME LIP

Les Lip, l’imagination au pouvoir Christian Rouhaud. France, 2007, 118 minutes.

         Lip, le nom de l’entreprise horlogère de Besançon reste ancré dans la mémoire des luttes ouvrières comme un conflit exemplaire. Une grève pour faire face à une restructuration entrainant une cascade de licenciements et une occupation d’usine, classique. Mais il y a bien plus, la prise en main par les ouvriers eux-mêmes et l’organisation d’une gestion coopérative montrant que l’entreprise était viable. Lip c’est le « trésor de guerre », la vente sauvage des montres pour payer les salaires et une grande marche qui revêt une ampleur nationale. Lip c’est une des premières expériences d’autogestion ouvrière, menée par un Comité d’action dépassant les clivages syndicaux et les appartenances politiques. Lip fut un rêve. Un rêve qui est devenu un temps réalité, mais qu’une autre réalité, celle du pouvoir politique incarné par un gouvernement de droite n’a pas accepté. Pour le capitalisme, il fallait impérativement mettre fin à l’expérience Lip et montrer que les travailleurs n’avaient rien à gagner à vouloir entreprendre de telles luttes où ils ne seraient jamais les plus forts.

         L’histoire de Lip, avec ses répercussions sociales et politiques, c’est ce que retrace le film de Christian Rouhaud en mêlant savamment des images d’archives extraites des actualités de l’époque et des entretiens menés avec les principaux protagonistes, essentiellement ceux qui étaient le plus engagés dans la lutte, les leaders ouvriers, tous issus de l’entreprise et non des cadres syndicaux ou politiques. On retrouve donc plus de trente ans après ceux qui étaient mis en avant par l’action et par les médias, de Charles Piaget, le plus connu, à Jean Raguenez, les prêtre-ouvrier, en passant par Raymond Burgy, Rolland Vitto ou Fatima Demougeot parmi beaucoup d’autres. Tous très différents les uns des autres maisn unis dans la lutte. En contre-point, on a aussi le point de vue de Claude Neuschwander, qui prend la direction de Lip de 1974 à 1976, et Jean Charbonnel, le ministre de l’économie de l’époque qui, accusé par son propre camp de vouloir sauver Lip à tout prix perdra son portefeuille ministériel dans l’affaire.

         La confrontation entre les traces audiovisuelles de l’époque et les souvenirs des acteurs est intéressante à plus d’un titre. D’abord, c’est un véritable dispositif cinématographique dans lequel c’est le montage qui donne tout son sens au propos du film. Il ne s’agit pas d’essayer de repérer de possibles défaillances de la mémoire ou des contradictions entre les souvenirs. La prise de recul évidente permet bien plutôt de mesurer les différences dans les personnalités des intervenants, dans leurs parcours avant et après la grève et dans leur place au cœur de l’action. Ce que le film construit, ce n’est pas l’histoire objective de Lip, c’est la vision personnalisée que les acteurs de cette histoire ont de leur action.

         Film de 2007, Les Lip, l’imagination au pouvoir s’adresse essentiellement à la génération de la fin du XX° siècle qui n’a pas connu Lip et pour qui ce genre de lutte ne fait pratiquement pas partie de l’actualité. Le dispositif mis en place par le réalisateur permet ainsi une réflexion sur l’évolution du climat social et de la société dans son ensemble. Lip serait-il encore possible dans la première décennie du XXI° siècle ? Qui serait prêt à mener ce genre d’action et quelle serait ses chances de victoire ?

         L’action des Lip était-elle utopique ? Vu d’aujourd’hui certainement, puisqu’elle n’a pas entrainé de transformation radicale des modalités de travail dans l’entreprise. Du coup, on peut dire que le film de Rouhaud pêche sans doute par son optimisme quelque peu naïf. Mais le cinéma, même engagé, peut-il renoncer à faire rêver ? Les Lip, l’imagination au pouvoir reste un spectacle, le spectacle d’un conflit social quoi finit mal mais qui a pris une valeur réellement exemplaire dans le récit à plusieurs voix qui en est fait.

G COMME GROUPE

Les Groupes Medvedkine

         En 1968, les cinéastes français n’ont pas attendu le mois de mai pour se mobiliser. En février, ils descendent dans la rue pour soutenir Henri Langlois qui vient d’être limogé de la cinémathèque française dont il était le fondateur et le directeur. Un abus de pouvoir du gouvernement gaulliste, et de son ministre de la culture, André Malraux, jugé inadmissible. Lorsque éclatent en mai les manifestations étudiantes suivies d’une vague de grève générale dans les entreprises et les services publiques, beaucoup de cinéastes et professionnels de l’audio-visuel vont immédiatement répondre présents. Leur action spécifique se traduira par le lancement des Etats généraux du cinéma français, l’occupation des écoles de la rue de Vaugirard  (Ecole nationale de la photographie et de la cinématographie) et de l’IDEC (ancêtre de la Fémis) par leurs étudiants, la contestation du festival de Cannes qui obtiendra son arrêt et le lancement de la grève dans les studios et les laboratoires. En 68, le cinéma français est en lutte.

         Pour des cinéastes comme Chris Marker et Jean-Luc Godard, le cinéma doit être une arme au service de la lutte révolutionnaire. Ils décident alors de prendre contact avec les ouvriers dans les usines en grève et les incitent à filmer leurs luttes pour les populariser. Pour cela, ils mettent à leur disposition des caméras et autres matériels, les initient à leur maniement technique et participent aux phases de tournage. C’est cette perspective qui est à l’origine de la création des groupes Medvedkine, d’abord à Besançon, à Sochaux ensuite.

         Alexandre Medvedkine était un cinéaste soviétique, dont le film le plus célèbre est Le Bonheur (1932), une comédie grinçante sur les paysans russes d’après 17. Il est aussi l’instigateur du Ciné-train, une action originale mettant le cinéma au service de la révolution bolchevick. Medvedkine parcourt les campagnes à bord d’un train dont un compartiment est transformé en laboratoire de cinéma. Le jour, il filme les actions des ouvriers et des paysans au service de la révolution, développe la nuit et projette le film le lendemain aux intéressés. C’est cette opération qui est à l’origine du choix par Chris Marker de la dénomination des groupes d’ouvriers-cinéastes en France. Marker consacrera d’ailleurs plus tard un film à son ami Medvedkine, Le Tombeau d’Alexandre (1992).

 Marker est bien plus qu’un conseiller des groupes Medvedkine, il en est la véritable cheville ouvrière. En 1967, il avait participé à la réalisation collective d’un film au titre prémonitoire, A bientôt, j’espère, avec les ouvriers de la Rhodiaceta, filiale textile de Rhône-Poulenc en grève « sauvage » avec occupation de l’usine. Il participe début 68 à la création de la coopérative de diffusion SLON (acronyme de Service de Lancement des Œuvres Nouvelles qui signifie « éléphant » en russe) qui produira et distribuera le film.

Le sous-titre de A bientôt, j’espère précise sa visée : «  La condition de l’ouvrier français en 1968 ». Des entretiens avec des syndicalistes sont entrecoupés par des images de meeting et de manifestations. Les militants interrogés dénoncent les conditions de travail, les cadences, la répression patronale qui opère des licenciements. Les propos qui concluent le film seront jugés subversifs par la commission de censure qui n’accordera au film qu’un droit d’exploitation non-commerciale. «  Je veux dire aussi aux patrons qu’on les aura, c’est sûr (…) on vous aura, c’est la force des choses, c’est la nature…Et à bientôt, j’espère. »

         Les principaux films produits par Slon pour le groupe Medvedkine de Besançon et celui de Sochaux sont les suivants :

  • Besançon. 1968. Tourné devant l’usine d’horlogerie Yema où une jeune déléguée syndicale CGT s’adresse aux ouvriers en grève pour dénoncer les manœuvres de la direction.
  • Classe de lutte. 1968-1969, dont le slogan inaugural résume bien l’orientation du groupe : « Le cinéma n’est pas une magie. C’est une technique et une science, une technique née d’une science mise au service d’une volonté : la volonté qu’ont les travailleurs de se libérer. »
  • Pour le groupe de Sochaux, on peut citer:
  • Sochaux, 11 Juin 1968 (1970),relatant la mort de deux ouvriers de l’usine Peugeot lors d’affrontement avec les CRS.
  • Week-End A Sochaux (1971-1972)
  • Septembre Chilien (1973)
  • Avec Le Sang Des Autres (1975).

A COMME ABECEDAIRE – Joris Ivens (Deuxième partie)

Agriculture

L’Électrification et la Terre

Amour

Les Brisants

Amsterdam

Pilotis

La Pluie

Architecture

Caissons armés de Rotterdam

Journée de la jeunesse à Vierhouten

Nous bâtissons

Congrès du N.V.V.

Nouvelle Architecture

Bulgarie

Les Premières Années

Canada

Alarme ! ou Branle-bas de combat

Chine

Les 400 Millions

Chômage

Les Brisants

Circulation

Le Pont

Études des mouvements à Paris

Communisme

Komsomol ou le chant des héros

Démocratie

Les Premières Années

Développement

Nouvelle Terre

Nous bâtissons

Zuiderzee

Energie

L’Électrification et la Terre

Espagne

Terre d’Espagne

Etats-Unis

L’Électrification et la Terre

Famille

La Maison du soleil

Guerre

Sachez reconnaître votre ennemi : le Japon

Alarme ! ou Branle-bas de combat

Notre front russe

Les 400 Millions

Terre d’Espagne

Indonésie

L’Indonésie appelle

Industrie

La Lampe d’Aladin

Nous bâtissons

Symphonie industrielle

Japon

Sachez reconnaître votre ennemi : le Japon

Les 400 Millions

Jeunesse

Journée de la jeunesse à Vierhouten

Marine

Alarme ! ou Branle-bas de combat

Mer

Nouvelle Terre

Zuiderzee

Militarisme

Sachez reconnaître votre ennemi : le Japon

Mine

Komsomol ou le chant des héros

Paris

Études des mouvements à Paris

Pauvreté

Les Brisants

Pays-Bas

Nouvelle Terre

Caissons armés de Rotterdam

Journée de la jeunesse à Vierhouten

Nous bâtissons

Zuiderzee

Congrès du N.V.V.

Nouvelle Architecture

La Maison du soleil

Poésie

La Pluie

Pologne

Les Premières Années

Progrès

Symphonie industrielle

Tchécoslovaquie

Les Premières Années

Travail

Symphonie industrielle

Pilotis

URSS

Notre front russe

Komsomol ou le chant des héros

Ville

Pilotis

Le Pont

Études des mouvements à Paris

A COMME ABECEDAIRE – Jean-Denis Bonan

Une œuvre considérable !

Afrique

Il était une fois les colonies : l’Afrique noire

Agriculture

Paysans, le mal de terre

Algérie

Portrait du photographe – Le Bourreau d’Alger

Il était une fois les colonies : l’Algérie

Allemagne

Herbert Zangs

Amour

Cent ans d’amour

Les Aléas de Liberté

Antisémitisme

Creux de mémoire

Architecture

Le Temps des usines

Archive

Cent ans d’amour

De Gaulle, une certaine idée de la France

Artiste

Henri Rousseau, le secret du douanier

Paul Gauguin, un goût barbare

Les Guerres de César

Jean Tinguely

Assassinat

Ravaillac, l’assassin effacé

Bande dessinée

Bécassine, l’enfant blessée

Bourreau

Portrait du photographe – Le Bourreau d’Alger

Boxe

Contrepoings

Bretagne

Bécassine, l’enfant blessée

Paul Gauguin, un goût barbare

Bruxelles

Les Derniers Jours de Baudelaire

Chanson

Vladimir Vyssotsky

Cinéma

Kino Cinéma – Woody Allen

Carné, vous avez dit Carné ?

Marcel Carné, ma vie à l’écran

Colonialisme

Il était une fois les colonies : l’Afrique noire

Il était une fois les colonies : l’Algérie

Communication

L’Épopée postale

Cotentin

Week-end dans le Cotentin

Creuse

Creux de mémoire

Dessin

Le Dessin de Robert Chapsal

Doyle Conan

Wanted Sherlock Holmes

Eluard Paul

Les Aléas de Liberté

Engagement

Le Joli Mois de mai

Enseignement

Chaud chaud chaud !

Famille

Le Dessin de Robert Chapsal

Femme

Le Voyage de Laure

Fête

La Fête foraine

Funambule

La mariée était au ciel

Glissant Edouard

Carthage Édouard Glissant

Graffiti

Traces sur un mur

Grèce

La Villa Kerylos

Guerre

Creux de mémoire

Guillotine

Dernière Veuve à Angoulême

Histoire

Sur les traces du lion

Ravaillac, l’assassin effacé

De Gaulle, une certaine idée de la France

Il était une fois les colonies : l’Afrique noire

Il était une fois les colonies : l’Algérie

Le Joli Mois de mai

Hôpital

9 Jours ailleurs

Île

Tahiti, voyage aux îles

Industrie

Le Temps des usines

Infographie

Picasso, genèse des demoiselles

La Rochelle

Traces sur un mur

Linguistique

Abécédaire de la langue tahitienne

Littérature

Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor

Wanted Sherlock Holmes

Saint-John Perse

Les Derniers Jours de Baudelaire

Malraux

Les Visages d’Alice

Alberto Moravia

Levy Bernard-Henri

Les Derniers Jours de Baudelaire

Mai 68

Le Joli Mois de mai

Manifestation

Chaud chaud chaud !

Le Joli Mois de mai

Marche

Marche et rêve

Mariage

La mariée était au ciel

Méditerranée

Méditerranée, miroir du monde

Carte postale de Saint-Tropez

Mer

Méditerranée, miroir du monde

Paul Gauguin, un goût barbare

Mondialisation

Paysans, le mal de terre

Monothéisme

La Revanche de Dieu

Mort

Sur les traces du lion

L’homme qui va mourir

Le Dessin de Robert Chapsal

Mythe

Bécassine, l’enfant blessée

Wanted Sherlock Holmes

La Villa Kerylos

Nantes

L’homme qui va mourir

Nazisme

Creux de mémoire

Paix

Les Aléas de Liberté

Paris

La Fête foraine

Paysage

Les Chemins du Limousin

L’Express du soleil de minuit

Week-end dans le Cotentin

Peine de mort

Dernière Veuve à Angoulême

Portrait du photographe – Le Bourreau d’Alger

Peinture

Henri Rousseau, le secret du douanier

Paul Gauguin, un goût barbare

Herbert Zangs

À propos de Bonnard

Picasso, genèse des demoiselles

Les Visages d’Alice

Autour de Manet

Deux ou trois scènes inspirées de Balthus

Photographie

La mariée était au ciel

Jean Dieuzaide, photographe – Un dialogue avec la lumière

Poésie

Carthage Édouard Glissant

Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor

Aïgui – Poète Tchouvache

Saint-John Perse

Les Aléas de Liberté

Les Derniers Jours de Baudelaire

Contrepoings

Police

Wanted Sherlock Holmes

Politique

Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor

Une saison chez les hommes

Polynésie

Paul Gauguin, un goût barbare

Portrait

Carthage Édouard Glissant

Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor

Henri Rousseau, le secret du douanier

Aïgui – Poète Tchouvache

Les Guerres de César

Herbert Zangs

Saint-John Perse

Carné, vous avez dit Carné ?

Marcel Carné, ma vie à l’écran

Jean Dieuzaide, photographe – Un dialogue avec la lumière

De Gaulle, une certaine idée de la France

Malraux

Carl Gustav Jung

Le Voyage de Laure

Alberto Moravia

Autour de Manet

Psychanalyse

Carl Gustav Jung

Jean Tinguely

Le Voyage de Laure

À propos de Bonnard

Psychiatrie

9 Jours ailleurs

Religion

Ravaillac, l’assassin effacé

Tahiti, voyage aux îles

La Revanche de Dieu

Une saison chez les hommes

Résistance

Creux de mémoire

Ruralité

Les Chemins du Limousin

Russie

Aïgui – Poète Tchouvache

Vladimir Vyssotsky

Scandinavie

L’Express du soleil de minuit

Sculpture

Les Guerres de César

Tahiti, voyage aux îles

Jean Tinguely

Sénégal

Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor

Senghor Léopold Sédar

Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor

Sociologie

Cent ans d’amour

Sport

Marche et rêve

Tableau

Picasso, genèse des demoiselles

Tahiti

Abécédaire de la langue tahitienne

Tahiti, voyage aux îles

Télévision

Zapping sur l’Europe

Terrorisme

Ravaillac, l’assassin effacé

Toulouse

La mariée était au ciel

Jean Dieuzaide, photographe – Un dialogue avec la lumière

Train

L’Express du soleil de minuit

Travail

Le Temps des usines

Tunisie

Carthage Édouard Glissant

Ville

Méditerranée, miroir du monde

Carte postale de Saint-Tropez

Voyage

Méditerranée, miroir du monde

L’Express du soleil de minuit

A COMME ABECEDAIRE – Comment Yukong déplaça les montagnes. Joris Ivens et Marceline Loridan.

Une série de 14 films réalisés en Chine entre 1975 et 1977.

La révolution culturelle chinoise dans tous les domaines d’activité (industrie, agriculture, commerce, enseignement, art…) et la mise en œuvre des principes du communisme (égalité, solidarité…) par le peuple, au service du peuple.

C’est la vie quotidienne qui domine, le travail et l’engagement de tous dans les projets collectifs

Bien sûr, nous ne voyons ici que des aspects positifs.

Un cinéma militant qui reste aujourd’hui un témoignage unique.

Acuponcture

La Pharmacie (Shanghaï)

Amour

Une femme, une famille (Pékin)

Armée

Une caserne à Nankin

Art

Répétition à l’Opéra de Pékin

Artisanat

Les Artisans

Chant

Répétition à l’Opéra de Pékin

Cirque

Entraînement au Cirque de Pékin

Commerce

La Pharmacie (Shanghaï)

Contestation

L’Usine des générateurs (Shanghaï)

Danse

Répétition à l’Opéra de Pékin

Education

Histoire d’un ballon – Le Lycéen n° 31 : Pékin 1975

Enseignants

Histoire d’un ballon – Le Lycéen n° 31 : Pékin 1975

Le Professeur Tsien

Famille

Une femme, une famille (Pékin)

Femme

Une femme, une famille (Pékin)

Le Village de pêcheurs (Da Yu Dao)

Industrie

Autour du pétrole : Taking

L’Usine des générateurs (Shanghaï)

Jeunesse

Histoire d’un ballon – Le Lycéen n° 31 : Pékin 1975

Mariage

Une femme, une famille (Pékin)

Mer

Le Village de pêcheurs (Da Yu Dao)

Minorités

The Kazakhs – National Minority, Xinjiang

Les Ouigours – Minorité Nationale – Sinkiang

Nomades

The Kazakhs – National Minority, Xinjiang

Opéra

Répétition à l’Opéra de Pékin

Ouvriers

Le Professeur Tsien

L’Usine des générateurs (Shanghaï)

Pauvreté

Impression d’une ville (Shanghaï)

Pédagogie

Le Professeur Tsien

Pêche

Le Village de pêcheurs (Da Yu Dao)

Pékin

Entraînement au Cirque de Pékin

Histoire d’un ballon – Le Lycéen n° 31 : Pékin 1975

Pétrole

Autour du pétrole : Taking

Population

Impression d’une ville (Shanghaï)

Portrait

Une femme, une famille (Pékin)

Rééducation

Le Professeur Tsien

Ruralité

The Kazakhs – National Minority, Xinjiang

Les Ouigours – Minorité Nationale – Sinkiang

Santé

La Pharmacie (Shanghaï)

Soldats

Une caserne à Nankin

Spectacle

Entraînement au Cirque de Pékin

Sport

Histoire d’un ballon – Le Lycéen n° 31 : Pékin 1975

Travail

Autour du pétrole : Taking

Impression d’une ville (Shanghaï)

Les Artisans

Une femme, une famille (Pékin)

L’Usine des générateurs (Shanghaï)

Le Village de pêcheurs (Da Yu Dao)

Université

Le Professeur Tsien

Ville

Impression d’une ville (Shanghaï)

I COMME IVENS Joris – Premiers films

         Joris Ivens n’a pas réalisé que des films politiques. Ses premiers films peuvent être qualifiés de poétique et se caractérisent avant tout par le travail sur la qualité des images, que ce soit dans le choix des cadrages ou dans la beauté esthétique du noir et blanc.

Quelques exemples de ces premières œuvres.

Etude de mouvements à Paris. 1927.

Des bus et des voitures qui foncent sur nous. Devant l’Opéra ou sur les boulevards. Vus de dessus, ou de côté, avec déjà la fumée des pots d’échappement. Les agents à cheval qui essaient de régler tout ça. Et sur les trottoirs ou sur le bord des rues, les passants, pressés, ou qui essaient de traverser sans trop prendre de risques. C’est qu’il y a beaucoup de circulation, et même des embouteillages ! Tout au long du film, la variété des cadrages est saisissante. Depuis les plans fixes au bord du trottoir jusqu’aux panoramiques suivant les véhicules devant les arcades de la rue de Rivoli, en passant par les caméras embarquées dans les taxis, qui préfigurent en quelque sorte les caméras subjectives. En 4 minutes, on comprend ce qu’une ville comme Paris a d’éternel : le mouvement, on dirait même mieux, l’agitation ou la trépidation de la vie. Comme s’il n’y avait jamais eu de Paris sans automobiles !

La pluie. 1929

Au commencement les nuages dans le ciel, et le vent qui pourrait les disperser mais qui au contraire les accumule. Les gouttes d’eau se multiplient sur l’asphalte et les canaux. Les parapluies font leur apparition, jusqu’à occuper tout le cadre comme dans ce magnifique plan d’une rue, en plongée, où les passants abrités sous leur toile ne semblent être là que pour l’harmonie du tableau. Tout au long du film on pense au poème d’André Breton : « la pluie seule est divine ». Un film qui peut vous réconcilier avec le mauvais temps.

Le pont 1929. Symphonie industrielle 1931.

Il y a dans tous ces premiers films une fascination pour la vie moderne. Les moyens de transport sont omniprésents, des automobiles aux trains à vapeur, sans oublier les bateaux. De même les constructions où l’acier domine, ou les engrenages et autres mécanismes sophistiqués, détaillés avec minutie comme ceux qui permettent au pont de s’élever dans les airs. Cet éloge de la mécanisation et au-delà de la vie industrielle culmine dans le film consacré aux usines Philips. Toutes ses activités sont approchées et décrites avec toujours autant de précision, de la fabrication d’une simple ampoule au montage des appareils radio ou autres électrophones. Mais dans cet univers mécanique, la présence humaine n’est pas oubliée. Filmer l’entreprise c’est aussi s’arrêter sur le travail des ouvriers. Le Joris Ivens cinéaste engagé et militant n’est pas loin.

La Seine rencontre Paris.1934

Un cinéaste sans inspiration aurait fait un documentaire banal : en suivant le parcours du fleuve, en s’arrêtant sur ses usagers, des pécheurs aux péniches, en filmant en travelling et en contre-plongée les immeubles des quais et les monuments, avec les inévitables plans sur la Tour Effel et Notre Dame. Il y a bien tout ça dans le film d’Ivens. Sauf que la banalité et le convenu est ici magnifié par la poésie des images et un montage qui semble toujours aller de soi mais qui justement tire sa force de cette simplicité apparente. La Seine d’Ivens, c’est la confrontation du dur labeur des ouvriers et des déambulations des amoureux.

En 1934, le cinéma n’est plus muet. Ici le commentaire est signé Jacques Prévert et il est dit par Serge Reggiani. La dimension poétique de cette première partie de l’œuvre du cinéaste trouve ici sa consécration.

A COMME ABECEDAIRE – Joris Ivens (Première partie)

Le «Hollandais volant », un surnom, affectueux, qui lui va comme un gant.

Et comment ne pas mentionner Marceline (Loridan), sa compagne, avec qui il a réalisé tant de films.

Afrique

Demain à Nanguila

Allende

Le Train de la victoire

Amsterdam

La Pluie

Architecture

Nouvelle Architecture

Congrès du N.V.V.

Berlin

L’amitié vaincra

Bombardement

Le 17e Parallèle

Le Ciel, la Terre

Borinage

Misère au Borinage

Chili

Le Train de la victoire

Valparaiso

Chine

Une histoire de vent

Commémoration à Paris de la mort de Mao Ze Dong

Comment Yukong déplaça les montagnes

Lettres de Chine

600 millions avec vous

Les 400 millions

Climat

Pour le mistral

Colonialisme

Rencontre avec le Président Hô Chi Minh

Demain à Nanguila

Communisme

Ho Chi Minh

Rencontre avec le Président Hô Chi Minh

Comment Yukong déplaça les montagnes

Cuba

Carnet de voyage

Peuple armé

Election

Le Train de la victoire

Espagne

Terre d’Espagne

Etats-Unis

Italie n’est pas un pays pauvre

Femme

Comment Yukong déplaça les montagnes

Fleuve

La Seine a rencontré Paris

Le Chant des fleuves

Festival

L’amitié vaincra

Guerre

Rencontre avec le Président Hô Chi Minh

Le 17e Parallèle

Le Ciel, la Terre

Histoire

Une histoire de vent

Mao Ze-Dong

Commémoration à Paris de la mort de Mao Ze Dong

Indépendance

Demain à Nanguila

Indonésie

Indonesia Calling

Industrie

Italie n’est pas un pays pauvre

Le Chant des fleuves

Symphonie industrielle

Italie

Italie n’est pas un pays pauvre

Jeunesse

L’amitié vaincra

Mali

Demain à Nanguila

Manifestation

600 millions avec vous

Mer

Valparaiso

Zuiderzee

Minorités

Comment Yukong déplaça les montagnes

Misère

Misère au Borinage

Mort

Commémoration à Paris de la mort de Mao Ze Dong

Mythe

Une histoire de vent

Pacifisme

Course de la paix Varsovie-Berlin-Prague

La paix vaincra

Paris

La Seine a rencontré Paris

Études des mouvements à Paris

Pays-Bas

Rotterdam – Europort

Le Pont

Congrès du N.V.V.

Péking

Comment Yukong déplaça les montagnes

Poésie

La Seine a rencontré Paris

Pologne

La paix vaincra

Prévert

La Seine a rencontré Paris

Provence

Pour le mistral

Révolution culturelle

Comment Yukong déplaça les montagnes

Solidarité

Le Chant des fleuves

Sport

Course de la paix Varsovie-Berlin-Prague

Travail

Le Chant des fleuves

Pilotis

Ville

Valparaiso

Zuiderzee

Pilotis

Zuiderzee

A COMME ABECEDAIRE – Rithy Panh

Animation

L’Image manquante

Autoportrait

Irradiés

Archive

L’Image manquante

Bourreau

Duch, le maître des forges de l’enfer

Cambodge

Les Tombeaux sans noms

L’Image manquante

Le papier ne peut pas envelopper la braise

Les Artistes du théâtre brûlé

S 21, la machine de mort khmère rouge

La Terre des âmes errantes

Bophana – Une tragédie cambodgienne

The Tan’s Family

Cambodge, entre guerre et paix

Camp

Site 2 – Aux abords des frontières

Cinéma

Souleymane Cissé

Colonialisme

La France est notre patrie

Enfance

Les Tombeaux sans noms

Exil

Exil

The Tan’s Family

Famille

Les Tombeaux sans noms

The Tan’s Family

Femme

Le papier ne peut pas envelopper la braise

Site 2 – Aux abords des frontières

France

La France est notre patrie

Frontière

Site 2 – Aux abords des frontières

Génocide

S 21, la machine de mort khmère rouge

La Terre des âmes errantes

Bophana – Une tragédie cambodgienne

Histoire

Irradiés

La France est notre patrie

Cambodge, entre guerre et paix

Idéologie

Exil

Image

L’Image manquante

Justice

Duch, le maître des forges de l’enfer

Khmers rouges

Duch, le maître des forges de l’enfer

S 21, la machine de mort khmère rouge

Bophana – Une tragédie cambodgienne

Cambodge, entre guerre et paix

Site 2 – Aux abords des frontières

Mal

Irradiés

Mali

Souleymane Cissé

Mémoire

Les Tombeaux sans noms

Duch, le maître des forges de l’enfer

Les Artistes du théâtre brûlé

Exil

Mort

Les Tombeaux sans noms

Duch, le maître des forges de l’enfer

S 21, la machine de mort khmère rouge

Politique

Exil

Portrait

Souleymane Cissé

Site 2 – Aux abords des frontières

Prison

Duch, le maître des forges de l’enfer

S 21, la machine de mort khmère rouge

Prostitution

Le papier ne peut pas envelopper la braise

Restauration

Les Gens d’Angkor

Survivant

Irradiés

Temple

Les Gens d’Angkor

Théâtre

Les Artistes du théâtre brûlé

Torture

S 21, la machine de mort khmère rouge

Bophana – Une tragédie cambodgienne

Travail

La Terre des âmes errantes

Vietnam

La France est notre patrie

A COMME ABECEDAIRE – Mario Ruspoli.

Il fut le premier, dit-on, à employer l’expression « Cinéma direct », en remplacement du « Cinéma vérité » de Rouch et Morin.

Il fut aussi le premier, incontestablement, à filmer la vie des patients à l’intérieur d’un hôpital psychiatrique.

Son hommage aux baleines – et sa critique impitoyable de la chasse – en collaboration avec Chris Marker, est resté justement célèbre.

Açores

Les Hommes de la baleine

Agriculture

Les Inconnus de la terre

Alcoolisme

In vino veritas

Le Dernier Verre

Archéologie

L’Art au monde des ténèbres

Art

Corpus Lascaux

L’Art au monde des ténèbres

Cro-Magnon, premier artiste

Animal

L’Art au monde des ténèbres

Vive la baleine

Les Loups et des Faucons

Les Hommes de la baleine

Bordeaux

In vino veritas

Le Dernier Verre

Chasse

L’Art au monde des ténèbres

Vive la baleine

Les Hommes de la baleine

Cinéma direct

Méthode 1

Désintoxication

Le Dernier Verre

Dessin

Chaval

Portrait d’un humoriste : Chaval

Docker

In vino veritas

Ecole

Les Apprentis

Ecologie

Vive la baleine

Folie

Regard sur la folie

Gravure

Corpus Lascaux

Grotte

Corpus Lascaux

Rendez-vous avec Michel Bouillon

Hôpital

La Rencontre

In vino veritas

Le Dernier Verre

La Fête prisonnière – Les Portes de la raison

Regard sur la folie

 Humour

Chavalanthrope

Chaval

Portrait d’un humoriste : Chaval

Industrie

Vive la baleine

Jazz

Un Noir américain

Lozère

Petite Ville

La Fête prisonnière – Les Portes de la raison

Regard sur la folie

Les Inconnus de la terre

Marvejols

Petite Ville

Médecine

La Rencontre

Mer

Vive la baleine

Les Hommes de la baleine

Musique

Un Noir américain

Nature

Les Loups et des Faucons

Pèche

Vive la baleine

Peinture

Corpus Lascaux

L’Art au monde des ténèbres

Cro-Magnon, premier artiste

Portrait

Rendez-vous avec Michel Bouillon

Chavalanthrope

Chaval

Les Loups et des Faucons

Portrait d’un humoriste : Chaval

Un Noir américain

Préhistoire

Corpus Lascaux

L’Art au monde des ténèbres

Cro-Magnon, premier artiste

Psychiatrie

La Rencontre

Le Vif Mariage

La Fête prisonnière – Les Portes de la raison

Regard sur la folie

Psychodrame

La rencontre

Le Vif Mariage

Radio

Méthode 1

Religion

L’Art au monde des ténèbres

Ruralité

Les Inconnus de la terre

Spéléologie

Rendez-vous avec Michel Bouillon

Technologie

L’Art au monde des ténèbres

Télévision

Méthode 1

Travail

Les Apprentis