A COMME ARMEE

Le fils, Alexander Abaturov, France-Russie, 2019, 71 minutes.

L’armée, la guerre. La préparation à la guerre. Un entrainement dur, exigent, basé sur la force physique, mais aussi sur des valeurs d’ordre, d’obéissance, de résistance physique et morale, de sens de l’honneur, de dévouement à la patrie. L’entrainement d’un corps d’élite, que nous suivons comme si nous en faisions partie. Caméra placée au cœur du groupe, au plus près des visages, des respirations, des cris. Il s’agit de l’armée russe. Mais ce pourrait être l’armée de n’importe quel pays.

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Mais la guerre c’est aussi la mort. La mort d’un fils, d’un cousin, tué en opération. Le film nous plonge, dès son ouverture, au cœur du deuil. Le deuil des parents. La mère en pleurs. Le père digne, qui retient ses pleurs. Et les amis. Les compagnons de l’armée, ceux qui eux aussi risquent leur vie, qui pourraient très bien avoir été tués aussi dans la même opération, ou une autre, n’importe quelle opération de guerre.

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Le film d’Alexander Abaturov est un hommage au soldat disparu, membre de sa famille. Un soutien aussi aux parents, très éprouvés par le drame. Mais est-il aussi un hommage à l’armée ? Les soldats sont conditionnés à ne pas se poser de questions. La mort est toujours présente dans la guerre. Il faut l’accepter. Même si c’est très dur lorsqu’elle touche un proche, un compagnon, un ami.

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Le film ne montre pas la guerre. Mais bien sûr, elle est omniprésente. Comme la mort. Filmant l’armée – la préparation à la guerre – le cinéaste ne la critique pas. Il ne fait pas non plus son éloge. Son point de vue s’efforce toujours d’être neutre. S’il montre les jeunes soldats dans des situations difficiles – rampant dans la boue ou le visage ensanglanté dans un exercice de boxe – ce n’est pas pour en faire des héros. La guerre est donnée comme une réalité comme une autre. Banalisée en quelque sorte.

Et pourtant, la douleur du père et de la mère du soldat tué n’est-elle pas une aspiration à la paix ?

A COMME AGRICULTURE

Le Temps des grâces, Dominique Marchais, 2009, 123 minutes

Comment l’agriculture française se porte-t-elle ? Pas très bien, répondra le pessimiste, s’appuyant sur les signes bien réels d’une crise profonde et la nécessité d’une mutation en profondeur rendant l’avenir incertain. Pas si mal, pourra rétorquer l’optimiste, affirmant qu’après tout elle a encore bien des atouts dans sa manche et qu’elle pourra faire mieux que survivre à condition de mettre en œuvre les réformes qui s’imposent. C’est cette situation contrastée que le film de Dominique Marchais met en évidence. Parcourant les campagnes françaises, de la Beauce au plateau de Millevaches, il va à la rencontre des paysans, actifs et retraités, mais aussi des chercheurs, des agronomes, des économistes. Et même d’un écrivain entouré de livres dans son bureau. Des rencontres riches d’enseignements.

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Une bonne partie du film se passe dans une voiture, un agriculteur au volant, le cinéaste à ses côtés posant des questions. Un bon moyen d’appréhender de visu le paysage de nos campagnes. C’est d’abord les grandes exploitations céréalières qui sont traversées et survolées par de magnifiques plans d’ensemble. Ici, le bocage a disparu, les parcelles dispersées d’un même propriétaire ont été regroupées. L’élevage a laissé la place à la culture des céréales, moins demandeuse de temps et permettant une vie plus conforme aux modes du moment, la possibilité de partir en vacances, d’avoir du temps libre et des loisirs. Il n’est plus possible de passer tous les jours de l’année à nourrir ses bêtes pour un revenu qui, rapporté au temps de travail, peut paraître dérisoire.

Et pourtant, les haies le long des petites routes de campagne avaient leur utilité, et pas seulement au niveau du paysage Seulement voilà, ici comme ailleurs, la recherche du profit a débouché sur l’augmentation des rendements, laissant de côté la nécessité de la qualité qui devrait être la marque de l’agriculture à la française.

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Par contraste, le film nous conduit dans ces régions du centre et du sud de la France, en Creuse ou en Corrèze, là où l’on parle de plus en plus de « désert agricole ». Marchais y rencontre surtout des retraités qui, de façon assez banale, évoquent la valeur du travail qui a marqué toute leur activité professionnelle et la fierté qu’ils en éprouvaient alors. Ici, le paysage est tout autre. On peut même retrouver des chemins creux. La tentation est grande de se replier sur soi-même, de mettre en place des circuits courts de distribution, en allant par exemple vendre soi-même ses fromages sur le marché. La solution résiderait-elle dans un retour au passé ?

Ce n’est pas vraiment la direction que propose le film, malgré les interventions de l’écrivain, Pierre Bergougnoux, lui-même originaire de Corrèze, qui cite Rabelais et dont les propos sentent bon la nostalgie. Les chercheurs et les spécialistes en agronomie et en économie ont des idées beaucoup plus porteuses d’avenir. Il s’agit bien sûr d’abord de renoncer, comme tout militant écologiste de base le dit, à l’emploi intensif des pesticides, fongicides et autres engrais chimiques. Il faut impérativement  assurer la survie des sols qui sont en train de mourir, leur redonner la vitalité nécessaire à une agriculture raisonnée misant avant tout sur la qualité des produits. C’est, nous dit-on, scientifiquement possible. Mais il faut mettre en place un plan d’ensemble. Les pouvoirs publics sauront-ils le faire alors que les lobbys industriels sont tout puissants ?

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Le film ne cache pas de quel côté penche le cœur et la raison du cinéaste. Mais il prend soin de ne pas se présenter comme un propos strictement militant. Les intervenants ne sont pas présentés comme faisant partie de mouvements écologistes. Mais les agronomes ne sont pas désespérés. Leur propos n’est pas de conclure qu’il faut purement et simplement revenir au passé. Comment d’ailleurs serait-ce possible ?

Le premier plan du film prend alors tout son sens. Un avion gros porteur en phase d’atterrissage survole un champ de blé. Il disparaît de notre vue au moment où il aborde sans doute les pistes de l’aéroport. Le champ de blé peut retrouver son calme immuable.

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A COMME ARETHA FRANKLIN

Amazing Grace – Aretha Franklin, Alan Elliott, Sydney Pollack, 2019, 87 minutes.

 Ce n’est pas un concert. Nous ne sommes pas dans une salle de concert avec sa foule surexcitée, ses spots de lumière plus ou moins aveuglants et sa sono assourdissante.

Le film n’est donc pas une captation, avec sa continuité  et sa multitude de caméras qui veulent tout voir, être partout à la fois, sur scène et dans la salle.

Et pourtant. Nous sommes bien au cœur de l’évènement musical, aux côtés de la chanteuse, avec les personnes présentes, toutes les personnes présentes, réunies ici dans la même ferveur, musicale et religieuse.

Nous sommes dans une église, dans le quartier de Watts à Los Angeles en 1972. Un lieu de culte, un lieu de cérémonie religieuse. On peut presque dire qu’il s’agit effectivement d’un office, d’une célébration, une manifestation de foi collective. Et une sanctification de la musique, de cette musique, le Gospel, qui constitue le lien, le ciment, de toute la communauté des afro-américains.

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Le film est réalisé à l’occasion de deux sessions, deux soirées consécutives, consacrées à la réalisation d’un disque. Un enregistrement live, que la chanteuse a décidé de réaliser justement dans ce lieu de culte, au milieu d’une communauté religieuse, de sa communauté religieuse. Il en sortira un disque aujourd’hui devenu culte, Amazing Grace, dont on dit qu’il est le plus vendu de ce genre musical, dans le monde. Un disque dont nous allons suivre l’enregistrement en nous plongeant dans sa musique, en nous faisant partager chacune des chansons mais aussi en suivant ses péripéties techniques. Le travail des techniciens n’est aucunement occulté, bien au contraire et le film devient presque un film sur un film, celui qui aurait pu être réalisé avec les rushes que l’on nous montre aujourd’hui, presque à l’état brut. Et ce n’est pas le moindre intérêt de cette réalisation, effectuée par Alan Elliott, qui n’était certes pas présent au moment du filmage mais qui a su au mieux respecter les images « live » réalisées par Sydney Pollack.

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Aretha Franklin est filmée le plus souvent en gros plan, en très gros plan même parfois. Elle est debout devant les micros installés sur la chair, mais aussi assise au piano pour au moins deux chansons. Il y a bien sûr des musiciens qui l’accompagnent, mais ils ne font que très peu l’objet de plans spécifiques. Par contre nous voyons beaucoup le chœur, et son directeur, véritable « show man ».

Les deux soirées sont ouvertes par le révérend Cleveland, qui présente le projet de disque et qui annonce la chanteuse. Il a visiblement un lien très étroit avec elle. Il dialogue aussi avec la salle, invitant chacun à participer le plus possible. Il n’y a que 200 personnes présentes, mais tout doit se passer comme si elles étaient 2000. Et effectivement, ce public constitué presque uniquement d’afro-américains membres de la communauté habituelle de l’église – mais on reconnait parmi eux Mick Jagger en personne – n’a rien de passif. Il intervient sans cesse,  dansant, tapant dans les mains mais aussi approuvant verbalement les paroles des chansons. Il n’est pas excessif de parler de véritable communion, rendant la prestation de la chanteuse encore plus chargée de conviction religieuse, une voix qui proclame sa foi et qui sait la faire partager.

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Il y a dans le film des moments d’émotion intense, comme le discours du père d’Aretha et ce geste paternel si affectueux où il tamponne d’un mouchoir blanc le front ruisselant de sueur de sa fille. Il y a aussi des images particulièrement évocatrices de la ferveur religieuse de tous ces amoureux de la musique. Je pense par exemple à ces plans où les membres du chœur se « soulèvent » littéralement de leur chaise, bras tendu vers le ciel, dans une clameur de joie. Des images de soulèvement qui pourraient très bien figurer dans le dernier livre de Georges Didi-Huberman : Ce qui nous soulève 1 (Éditions de minuit 2019). Comme quoi les soulèvements ne sont pas toujours des mouvements de protestation et de révolte, des manifestations de colère. Ils peuvent aussi être l’expression de la joie procurée par la musique.

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A COMME ADOLESCENCE- Filmographie.

L’adolescence, un âge idéal pour le cinéma documentaire ? Un âge difficile à appréhender, parce que si changeant. Un âge difficile à comprendre, parce si complexe et qui sait être déroutant. Un âge surtout difficile à accepter dans ses multiples facettes, tant il s’évertue souvent à remettre en cause l’ordre établi par les parents et les adultes. Mais un âge idéal pour un cinéma qui ne veut pas en rester aux clichés et aux stéréotypes. Un certain nombre de films savent se montrer à la hauteur de la difficulté en nous proposant des portraits d’adolescentes et d’adolescents plus attachants les uns que les autres, en explorant avec eux leur contexte de vie, dans la famille, à l’école, avec leur.e.s ami.e.s. L’authenticité en est la marque la plus frappante.

17 ans de Didier Nion

18 ans de Frédérique Pollet Rouyer

68 raisons de penser aujourd’hui de Valérie Cibot

800 kilomètres de différence de Claire Simon

L’accord du pluriel de Oliviers Smolders

L’âge adulte de Eve Duchemin

L’année des lucioles de Chantal Briet

Arman ? 15 ans, l’été de Blaise Harrison

Bélinda de Marie Dumora

Bleu, blanc, rouge de mes cheveux de Josza Anjembe

La chasse au Snark de François-Xavier Drouet

City Lights. Portrait d’une génération perdue de Dorothée Lorang et David Beautru

La Cour des murmures de Grégory Cohen

Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley

Les enfants de la jungle de Stéphane Dandois

Enfants du terril de Frédéric Brunnquell, Anne Gintzburger

Examen d’Etat de Dieudo Hamadi

Garçon boucher de Florian Geyer

Grands comme le monde de Denis Gheerbrant

Hikikomori, à l’écoute du silence de Diorothée Lange et David Beautru

Jeux criminels d’Adrien Rivollier

Le Printemps d’Hana de Sophie Zarifian et Simon Desjobert

Mes parents sont homophobes de Anelyse Lafay-Delhautal

Nos Fiançailles de Chloé Mahieu et Lila Pinel

Nous ne vendrons pas notre avenir de Niki Velissaropoulou

Nous, Princesse de Clèves de Régis Sauder

Pauline s’arrache d’Emilie Brisavoine

Question d’identité de Denis Gheerbrant

Récits de la jeunesse de Jean-Michel Carré

Les rêves dansant, sur les pas de Pina Bausch de Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Roméo et christina de Nicolas Hans Martin

Les Roses noires d’Hélène Milano

Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet

Swagger d’Olivier Babinet

Tant la vie demande à aimer de Damien Fritsch

Toto et ses sœurs de Alexander Nanau

Tu seras sumo de Jill Coulon

Un peu, beaucoup, passionnément de Fabienne Abramovich,

Une année d’espoir de Mikala Krogh

Une jeunesse amoureuse de François Caillat

Les Voraces de Jean Rousselot

Y.O.L.O de Karim Bey

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A COMME ABÉCÉDAIRE DU CINÉMA DOCUMENTAIRE 5

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

Partie 5   R-V

R

Racisme

Le refus de la différence, l’intolérance et la haine…

Film : Sud de Chantal Akerman

Religion

La ferveur ou l’exhaltation, parfois aussi le fanatisme des extrémistes.

Film : God’s country de Louis Malle

Rêve

Nos rêves, reflets de notre vie quotidienne, professionnelle en particulier

Film : Rêver sous le capitalisme de Sophie Bruneau

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Révolution

Mai 68 en France, le « printemps arabe » de grandes espérances mais bien des désillusions aussi

Film : Tahrir, place de la libération de Stéfano Savona

Roms

Toujours marginalisés, rejetés et accusés de tous les maux

Film : Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet

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S

Sexualité

L’amour et le désir, mais aussi les interdits, les préjugés et le commerce.

Film : Would you have sex with an Arab de Yolade zauberman.

Sport

Les stars, bien sûr, de la boxe, du foot ou du tennis…

Film : Mohammad Ali, the greatest de William Klein

Suicide

Un tel acte peut-il être compréhensible par la famille et les proches ?

Film : Vivian Vivian de Ingrid Kamerling

vivian vivian 2

T

Télévision

Fenêtre ouverte sur le monde ou formatage des pensées ?

Film : Pas vu pas pris de Pierre Carles.

Théâtre

Souvent vu des coulisses, ou dans les répétitions. Souvent aussi des acteurs non professionnels, des handicapés ou des prisonniers.

Film : César doit mourir de Paoli et Vittorio Taviani

Tourisme

De masse ou culturel, aujourd’hui de plus en plus de japonais et même de chinois.

Film : Voyage en occident de Jill Coulon

Travail

Libérateur ou aliénant ?

Film : Entrée du personnel de Manuela Frésil

4 Manuela Frésil - Entrée du personnel

U

Usine

Des régions entières où elles sont désaffectées, abandonnées, laissant derrière elles le chômage et le désespoir.

Film : A l’ouest des rails de Wang Bing

V

Vacances

Le repos, l’oisiveté, la détente, la mer et les plages, le sud et le soleil de l’été.

Film : Le voyage à la mer de Denis Gheerbrant

Vieillesse

La déchéance des corps et souvent des esprits ; la nostalgie du passé et l’absence d’avenir.

Film : Dieu sait quoi de Fabienne Abramovich

Village

Lorsqu’ils ne sont pas désertés par leurs habitants, ils peuvent devenir des laboratoires du futur.

Film : Un Village dans le vent de Jean-Louis Gonterre.

Ville

Les grandes et les petites, les très grandes surtout, parcourues de long en large, tout au long du jour et jusqu’au cœur de la nuit, pour rencontrer leurs habitants.

Film : Amsterdam, global village de Johan van der Keuken

Violence

Est-elle toujours l’accoucheuse de l’histoire ?

Film : L’Acte de tuer de Joshua Oppenheimer

Voyage

Tous les moyens sont bons, train ou voiture et même à pied, mais pas pour faire du tourisme, plutôt pour découvrir des mondes et des populations inconnues.

Film : Quelques jours ensemble de Stéphane Breton.

 

 

 

 

A COMME ABECEDAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE 4

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

Partie 4 – M-P

M

Manifestation

Celles de Mai 68 restent les plus filmées

Film : Les Révoltés de Michel Andrieu

Mariage

Depuis qu’il est devenu « pour tous », il a incontestablement regagné la faveur de bien des jeunes.

Film : La sociologue et l’ourson de Etienne Chaillou et Mathias Théry

Marginalité

Des clochards d’antan aux SDF d’aujourd’hui, la rue est toujours une galère.

Film : Au bord du monde de Claus Drexel

Médecine

Qu’elle soit douce ou venue de Chine, elle renvoie toujours plus ou moins à la souffrance et à la mort.

Film : Hôpital au bord de la crise de nerf de Stéphane Mercurio

Médias

La télévision, mais aussi la presse écrite, souvent sous le feu de la critique.

Film : Les nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre.

Mémoire

Un devoir pour que les crimes contre l’humanité ne soient pas oubliés ou banalisés.

Film : Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman.

 

Mer

Les vagues, les bateaux, les plages, les tempêtes… le bleu.

Film : L’Homme d’Aran de Robert Flaherty.

Migration

Partir, fuir la guerre et la misère, braver tous les dangers, se heurter à tous les ospectres 1bstacles, à toutes les incompréhensions, mais passer « quoi qu’il en coûte ».

Film : Des Spectres hantent l’Europe de Maria Kourkouta et Niki Giannari

Misère.

Dans le milieu ouvrier surtout, mais aussi les ravages du chômage, depuis la fermeture des mines, des aciéries ou des usines de construction automobile.

Film : Borinage de Henry Storck et Joris Ivens.

Mode

La Haute Couture et le prêt-à-porter, les stylistes et les mannequins, un monde à part.

Film : McQueen de Ian Bonhôte

Mort

Un fait naturel, non dramatique, comme en Chine.

Film : Mrs Fang de Wang Bing

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Musée

New-York, Londres, Paris…des visiteurs de plus en plus nombreux, et tant de travailleurs dans l’ombre.

Film : La ville Louvre de Nicolas Philibert.

Musique

Des concerts, ou des portraits de musiciens et de chanteurs, retraçant souvent l’ensemble de leur carrière.

Film : Eric Clapton : life in 12 bars de Lili Fini Zanuck

N

Nucléaire.

Des catastrophes de Tchernobyl à Fukushima, en dehors même de la bombe, le nucléaire représente toujours une menace.

Film : Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre de Brigitte Chevet.

P

Palestine

Un peuple sous le joug de l’occupation

Film : 5 caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi

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Patrimoine

Naturel ou culturel, des trésors à préserver.

Film : National Gallery de Frederic Wiseman

Paysans

Une vie de dur labeur et la difficulté des successions.

Film : Profil paysan de Raymond Depardon

Peine de mort

Un combat pour son abolition.

Film : Into the abyss de Werner Herzog.

Peuple

Au cœur des révoltes et des révolutions.

Film : La Dignité du peuple de Fernando Solanas.

Philosophie

La création de concepts

Film : L’abécédaire de Gilles Deleuze de Pierre-André Boutang.

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Photographie

Un art de l’image et son influence sur le cinéma.

Film : Annie Leibovitz, life through a lens de Barbara Leibovitz.

Poésie

La beauté et la force du langage.

Film : Les poètes sont encore vivants de Xavier Gayan.

Politique

Un documentaire n’est-il pas avant tout un geste politique ?

Film : L’expérience Blocher de Jean-Stéphane Bron.

Pouvoir

Son usure, mais aussi sa griserie, au point de ne pas accepter de le quitter.

Film : Le Système Poutine de Jean-Michel Carré

Prison

Les systèmes d’enfermement, le plus souvent vus de l’intérieur, mais aussi de nouveaux modèles de détention.

Film : La Liberté de Guillaume Massart

Prolétariat

Le plus souvent ce sont des anonymes, sans nom, sans personnalité.

Film : Reprise d’Hervé Le Roux

Prostitution

La misère, la déchéance, les souffrances des prostituées

Film : Le Papier ne peut pas envelopper la braise de Rithy Panh

Psychiatrie

Ecouter la souffrance humaine, peut-être la soulager.

Film : Le sous-bois des insensés, une traversée avec Jean Oury de Martine Deyres

Psychanalyse

L’héritage de Freud, dans de multiples directions

Film : Sur le quai de Stefan Mihalachi.

 

 

A COMME ABÉCÉDAIRE DU CINÉMA DOCUMENTAIRE 3

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

Partie 3 F-L

F

Famille

Les conflits parents /enfants, le plus souvent

Film : Pauline s’arrache de Emilie Brisavoine

Féminisme

Si la femme est l’avenir de l’homme, le cinéma documentaire a bien souvent combattu pour la reconnaissance de ses droits.

Film : Maso et Miso vont en bateau de Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig

Fleuve

Au Brésil ou en Afrique, ils surprennent toujours par la vie dont ils sont porteurs.

Film : Congo river de Thierry Michel

5 Thierry Michel - Congo River

Folie

Redonner avant tout leur dignité à ceux que la société a si souvent exclus.

Film : Regards sur la folie, la fête printanière de Mario Ruspoli.

Frontière

Des Murs, de plus en plus de murs, les rendent infranchissables, surtout aux migrants et réfugiés.

Film : Entre les frontières d’Avi Mograbi

G

Génocide

L’extermination des juifs d’Europe par les nazis bien sûr, mais aussi l’Arménie, le Cambodge, Le Rwanda, l’Indonésie…

Film : Shoah de Claude lanzman

Grève

Les soulèvements des ouvriers contre l’exploitation.

Film : On a grèvé de Denis Gheerbrant

Guerre

Ce n’est plus l’affrontement de deux armées, mais la destruction systématique des populations civiles par bombes interposées.

Film : 17° parallèle de Joris Ivens et Marceline Loridan.

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H

Handicap

Moteur ou psychique, sensoriel ou mental, il s’agit toujours d’une limitation de l’activité, mais une grande force vitale permet souvent d’y faire face, à condition que la société soit tant soit peu aidante.

Film : Tant la vie demande à aimer de Damien Fritsch.

Histoire

L’exposer, la raconter, la comprendre, parfois l’interpréter, sans jamais perdre de vue le présent.

Film : Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls

Homosexualité

Est-elle vraiment acceptée par la société, et par les familles ?

Film : Mes parents sont homophobes d’Anelyse Lafay-Delhautal

I

Image

De la caricature à la publicité, elles sont omniprésentes dans notre société.

Film : Sem le caricaturiste incisif de Marc Faye.

Industrie

Des villes et des régions entières qui sombrent dans la misère lorsque les usines ferment et que le chômage s’installe.

Film : Braddock America de Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

Islam

La richesse de sa culture, mais aussi l’extrémisme et la radicalisation de trop de jeunes.

Film : La chambre vide de Jasna Krajinovic

J

 Japon

La bombe atomique, les tsunamis, les mangas, les appareils photos et le numérique, mais aussi les kimonos, les sushis et le saké

Film : Tokyo-Ga de Wim Wenders

Jeu

Des jouets pour enfants au monde des casinos et des hippodromes.

Film : Pêche, mon petit poney de Thomas Riera

Jungle

Conquise sur la mer au nord des Pays-Bas, mais à Calais…

Film : L’Héroïque Lande (La frontière brûle) de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

Justice

Rentrer dans les tribunaux pour voir quels sont ses rouages, ou rencontrer ceux qui la rendent et ceux qui lui sont soumis.

Film : 10° Chambre, instants d’audience de Raymond Depardon

7 Depardon Raymond - 10° Chambre

L

Laïcité

Contre les religions d’État et les État religieux

Film : Laïcité Inch’Allah ! de Nadia El Fani

Larmes

Le moment où l’émotion est trop forte, où il n’est pas possible de parler.

Film : Les Larmes de l’immigration de Alassane Diago

Lettre

Le documentaire épistolaire, un genre initié par Chris Marker et repris par bien d’autres.

Film : Sans Soleil de Chris Marker

Littérature

Des portraits d’écrivains, le plus souvent en les resituant dans leur époque, ou en insistant sur le rayonnement de leur œuvre.

Film : Qui était Kafka de Richard Dindo.