A COMME ABÉCÉDAIRE – Jean Rouch

Un Abécédaire rappelant les grands moments de son œuvre et de sa vie.

Afrique

Jean Rouch, «  l’Africain blanc », ce surnom dit tout de l’homme, de sa passion pour le continent. Rouch cinéaste est né en Afrique. Il y réalisa la presque totalité de son œuvre. Il restera toute sa vie l’amoureux fou du fleuve Niger. La « boucle du Niger », il y repose pour l’éternité.

Bonheur

« Etes-vous heureux ? » C’est la question que pose Marceline, micro en main,  aux parisiens croisés dans la rue, dans cette séquence de Chronique d’un été qui inaugure la pratique du micro-trottoir. Peu importe les réponses. D’ailleurs certains ne répondent pas. Ce qui compte c’est de les filmer tels qu’ils sont, sur le vif, parisiens plus ou moins pressés, ne serait-ce qu’un court, très court, instant.

Camp de concentration

Dans une séquence célèbre de Chronique d’un été, Marceline Loridan, filmée place de la Concorde à paris au milieu de la circulation, puis seule dans un  bâtiment des halles, évoque son séjour à Auschwitz

Chasse

Lion ou hippopotame, les chasseurs africains respectent toujours les animaux qu’ils chassent. Et s’il leur faut les tuer, ils leur demande pardon. Une chasse donc qui n’a rien à voir avec ce qui se pratique en Europe, ou celle que les Européens vont pratiquer en Afrique.

Cinéma vérité

Inventé par Rouch et Morin dans Chronique d’un été, le « cinéma vérité » se propose de rencontrer les gens, tels qu’ils sont, tels qu’ils vivent. Une expression particulièrement équivoque, que Rouch lui-même abandonnera au profit de « cinéma direct ».

Cinémathèque française

Il en sera le président de 1986 à 1991.

CNRS

Rouch a toujours été un chercheur, dans le domaine scientifique – comme dans le domaine du cinéma !

Direct

Rouch n’est pas « l’inventeur » du cinéma direct (l’expression est due à Mario Ruspoli), mais il en a partagé l’esprit au point d’être celui qui popularisa sans doute le plus les techniques (caméra légère portée à l’épaule et son synchrone) et la méthode (immersion et filmage en parfaite harmonie avec le sujet filmé). Par exemple, Rouch filme Abidjan dans Moi un noir avec une posture qui évoque le cinéma direct, par sa façon de suivre les personnages, caméra à l’épaule, par les gros plans qu’il insère aussi pour rendre compte de la ville, le nom des bateaux, les affiches de cinéma, des plans qui sont bien plus qu’un simple décor. Rappelons aussi que c’est lui qui fit venir en France Michel Brault qui travailla comme « preneur d’images » sur Chronique d’un été.

Esprits

L’Afrique ne serait pas l’Afrique sans la croyance aux esprits qui animent toutes choses. Bénéfiques ou maléfiques, rien ne peux s’entreprendre sans les évoquer, sans tout faire pour les avoir à son côté. Rien ne peut réussir sans leur aide.

Ethnologie

Titulaire d’un doctorat en ethnologie, sous la direction de Marcel Griaule, Rouch aurait pu faire une brillante carrière universitaire. Mais aurait-il pu alors faire le cinéma qu’il aimait ?

Fiction

Même si Rouch est généralement considéré comme un documentariste, la fiction n’est jamais absente de son œuvre. D’ailleurs il réalisa quelques films ouvertement non-documentaires, en particulier l’épisode Gare du Nord du film collectif Paris vu par…Mais c’est surtout parce que la distinction classique entre fiction et documentaire n’a pas vraiment de sens pour lui. Une distinction qu’il a d’ailleurs systématiquement remise en cause, car s’il filme le réel de l’Afrique, il nous raconte aussi des histoires d’Africains, ses amis, à qui il demande de jouer un rôle, fait essentiellement d’improvisations, mais défini au préalable par le cinéaste. Ainsi, La Pyramide humaine (1961), raconte les relations, en particulier amoureuses, entre lycéens blancs et noirs à Abidjan.  Jaguar (1954-1967)  suit les aventures de trois Nigériens, Damouré, Lam et Illo, immigrants en Côte d’Or (le Ghana actuel). Ce trio infernal se retrouvera dans Petit à petit (1969) où venus en hommes d’affaire à Paris, ils observent ces drôles d’individus que sont les Parisiens dans une sorte d’inversion du regard ethnologique qui ne manque pas d’humour. Avec Rouch, il ne saurait être question de dire qu’il traite un contenu documentaire sous forme de fiction, ou l’inverse. La seule chose quoi compte, c’est qu’il s’agisse de cinéma

Fleuve

LE fleuve, c’est le Niger. Un des grands événements de sa vie fut sans doute la descente du fleuve Niger, en 1942, de la source à l’embouchure, avec ses amis Jean Sauvy et Pierre Ponty. Une aventure périlleuse à l’époque qui l’ancrera profondément dans la réalité africaine.

Hippopotame

Bataille sur le grand fleuve, un itinéraire aléatoire, à la poursuite de l’animal, qui s’échappe toujours, même blessé. Rouch fait le récit d’une entreprise humaine vécue par des hommes dont il s’agit de montrer le courage et la détermination d’abord, la tristesse et le découragement qui suivront ensuite leur échec. La succession des phases préparatoires s’enchaîne rigoureusement, fabrication des harpons, de la grande pirogue qui devra résister aux charges de l’hippopotame, sans oublier les rites pour demander au génie du fleuve l’autorisation de tuer les animaux et les danses où des femmes sont possédées par ce même génie.

Immigration

Moi un noir pourrait être vu comme une enquête sociologique sur l’immigration interne à l’Afrique à travers le portrait d’un immigré, Edouard G Robinson, nigérien d’origine, qui essaie de survivre grâce à un travail pénible et bien sûr mal payé. Un portrait qui renvoie inévitablement à la « maladie » de l’Afrique, le manque de travail et l’absence de perspective d’avenir.

Lion

Les bergers peuls vivent traditionnellement en bonne entente avec les lions qui mangent les animaux malades et préservent ainsi la santé du reste du troupeau. Seulement voilà, un lion ne respecte plus ce contrat tacite. Un lion méchant, qui tue pour le plaisir. Alors, les bergers, qui n’ont pas le droit de tuer des lions, font appel aux chasseurs. Ce lion, tous le connaissent bien, c’est l’Américain, un mâle redoutable accompagné de deux lionnes.

Maîtres fous.

Le film le plus caractéristique de l’œuvre de Rouch. Un film dur, difficile d’accès, tant nous sommes placés au cœur de l’action, les rites de possession de la secte des Haoukas, immigrés nigériens venus trouver du travail à Accra. Tous les dimanches, dans une banlieue de la ville, ils pratiquent les rites ancestraux de leur religion. Les possédés vont tour à tour incarner les fonctions essentielles du monde des Blancs, les colonisateurs. Le Général, le Gouverneur, le Soldat le Chauffeur de camion, la Locomotive. Ils reproduisent cette hiérarchie qui leur est imposée et à laquelle ils doivent se plier. Les images sont impressionnantes, les yeux sont révulsés, les bouches remplies de bave blanche, les corps sont secoués de convulsions. Des images extrêmement fortes qui restent encore aujourd’hui difficiles à regarder. D’autant plus que la cérémonie se clôt par le sacrifice d’un chien dont la chair sera consommée par les participants. Le film s’achève par une séquence tournée le lendemain matin. Nous retrouvons ces hommes, méconnaissables lors de la possession, redevenus eux-mêmes, reposés et détendus, prêts à reprendre leur travail quotidien, comme si la cérémonie dans son ensemble leur en avait donné la force nécessaire.

Morin Edgar

Co-auteur de Chronique d’un été.

Niger

Avec le Mali, le pays où il découvrit l’Afrique, où il reviendra sans cesse pour faire du cinéma.

Nouvelle Vague

Rouch n’est pas seulement un des compagnons de route de la Nouvelle Vague, il en est incontestablement un des inspirateurs.

Parisiens

Dans Chronique d’un été, il s’agira de les rencontrer, tel qu’ils vivent. Dans Petit à Petit, ils sont observés par un trio d’Africains venus faire des affaires dans la capitale française.

Possession

Les africains peuvent-ils trouver dans leurs rites de possession des moyens de faire face à l’irruption de la modernité occidentale dans leur univers et les préparer à construire leur autonomie, notamment politique, nécessaire pour réussir l’indépendance de leur pays ?

Transe

Le ciné-transe, l’invention de Rouch. Une façon particulière de filmer, en étroite communion avec ces africains possédés par les esprits. Et lorsque les esprits tardent à se manifester, l’intervention de la caméra (Rouch filmant) peut très bien déclencher la transe, comme dans le plan-séquence du film de 1971 Tourou et Bitti, les tambours d’avant.

Treichville

Le quartier d’Abidjan où vit Edward G. Robinson, le « héros » de Moi un noir. Tout le film s’y déroule. Un quartier particulièrement vivant. La circulation et les va et viens incessants des piétons y créent une agitation particulièrement intense. Le film nous montre aussi l’activité des petits commerçants et, la nuit, les bars et les lieux de distraction.

Vérité.

Rouch est un des cinéastes qui a le mieux compris, et le mieux fait comprendre, la vérité du cinéma (Gilles Deleuze)

A COMME APPRENDRE – la France.

Je veux apprendre la France, Daniel Bouy, 2008, 65 minutes.

Ils viennent d’Afghanistan, de Tchétchénie, de Turquie, du Pakistan, d’Afrique ou d’Asie, chassés par la guerre, les persécutions, la peur, pour fuir aussi la misère, la faim et le désespoir d’un monde sans lendemain. Ils ont choisi la France comme terre d’accueil et se retrouve à Paris, démunis, souvent seuls, parfois sans papier, ignorant tout de notre langue et de notre culture. La première urgence, au-delà des moyens de subsistance immédiate est d’apprendre le français, pour pouvoir se repérer dans ce monde nouveau, pour acquérir une première autonomie absolument indispensable. Tâche difficile, qui demande du temps, de l’énergie et de l’argent. Et qui demande surtout un contexte rassurant et stimulant, avec des méthodes adaptées à ce qu’ils sont, basées sur leur investissement actif et sur la cohésion d’un groupe où la nécessité de réussir est plus fortes que les différences indépassables qui existent entre les uns et les autres.

            La chance du groupe que le film va suivre pendant les six mois que dure ce premier apprentissage du français, c’est d’avoir rencontré dans un centre social du XVIII° arrondissement, une enseignante absolument extraordinaire, Marion, qui sait, par son dynamisme, les pousser à toujours progresser, les aidant par la confiance qu’elle leur manifeste à surmonter les difficultés et les moments inévitables de découragement. Et l’on en vient à se dire en la voyant à l’œuvre, que décidément, aucune machine, aucun laboratoire, aucune technologie, si sophistiquée soit-elle, ne pourront remplacer la chaleur de ce contact humain, important évidemment dans toute situation d’apprentissage, mais vraiment irremplaçable lorsqu’il s’agit du langage et de la communication dont dépend l’identité sociale nouvelle que ces jeunes ont à construire dans ce nouveau pays où ils doivent réapprendre à vivre.

            Le premier intérêt du film est de nous montrer concrètement les méthodes employées et de nous permettre d’apprécier leur efficacité. La mise en place de situations de communication au sein du groupe par exemple, à partir du vécu de chacun. Ou l’utilisation de chansons. Pas facile de comprendre le texte de Louise Attaque ! Pas facile non plus de chanter devant les autres. Les relations garçons-filles ne sont d’ailleurs pas toujours évidentes, étant donné les différences culturelles. C’est aussi le rôle de Marion d’aplanir les petits conflits qui surgissent dans le groupe, de les utiliser même comme moteur dans la vie collective, de les mettre au profit des buts communs. Et puis, il y a les situations de communication authentiques, insérées dans la vie quotidienne : prendre un rendez-vous au téléphone, demander un plan du métro au guichet. On comprend les hésitations, mes angoisses même, que peuvent ressentir ces jeunes étrangers devant ces tâches si faciles en apparence mais qui demandent un effort considérable pour faire le saut dans la vraie vie. Là, à l’évidence, c’est le soutien de tout le groupe qui est porteur. Et c’est bien parce que l’enseignante utilise au maximum cette cohésion de groupe qu’elle peut atteindre cet objectif qui, au départ, pouvait paraître insensé : faire apprendre le français en six mois à des non-francophones d’origines multiples et qui n’ont pratiquement pas de références culturelles communes.

            Apprendre la langue française, au-delà de sa fonction utilitaire, c’est aussi rentrer dans une culture différente de la sienne. D’où l’importance donnée dans le film aux visites de Paris, ses lieux mythiques, de la Tour Effel au Louvre. Des clichés peut-être pour les Parisiens, mais pour le groupe de jeunes du film, il y a dans ce contact  direct avec ce qui n’était jusqu’alors qu’un rêve une prise de conscience qu’il est possible de vivre en France, comme les Français.

            Quelle qu’en  soit l’importance, le film ne se limite pas à cette perspective pédagogique. Son propos est plus fondamentalement politique. Depuis la révolution française, la France a la réputation mondiale d’être une terre d’asile. Est-ce bien toujours le cas aujourd’hui ? Les Français savent-ils accueillir les étrangers ? Tous les étrangers ? D’où qu’ils viennent ? Savent-ils s’ouvrir aux différences, s’enrichir de la diversité ? Le film ne propose pas une critique des politiques actuelles concernant l’immigration. Il montre, simplement pourrait-on dire, ce qu’est la réalité de ces jeunes qui arrivent en France avec l’espoir, le dernier espoir, d’une vie meilleure, d’une vie tout court. Par là il suscite la réflexion. Il ne délivre pas à proprement parler un message. Il met le spectateur en face d’une réalité présente dans notre pays. Il met le spectateur en face de sa propre réalité !

A COMME ARMEE – Israélienne

Z32, Avi Mograbi, France-Israël, 2008, 81 minutes.

Z32 est le matricule d’un soldat de l’armée israélienne. Ce soldat, dont nous ne connaîtrons que le matricule, vient témoigner devant la caméra d’Avi Mograbi. Il y a là pour le cinéaste une remarquable occasion de poursuivre son investigation sur la vision qu’a la société israélienne du conflit avec les Palestiniens. Et cette fois-ci c’est l’armée qui est en quelque sorte mise en examen, de l’intérieur.

Le tourment de Z32 trouve son origine dans sa participation à une opération de représailles de l’armée israélienne suite à un attentat qui a coûté la vie à six des siens. Il s’agit donc « d’exécuter » des policiers palestiniens, les premiers que le commando rencontrera. Peut-on accepter de faire cela, simplement parce que ce sont les ordres ? Telle est la question que pose le film. Et au-delà du cas individuel de Z32, du plaisir qu’il avoue avoir pris à tuer, c’est la responsabilité de l’armée tout entière qui est en cause.

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C’est cette double exigence éthique qui conduit ce militaire à venir témoigner devant les caméras du cinéaste. Cette démarche ne va cependant pas de soi. Ce que souligne fortement le fait qu’elle soit faite dans l’anonymat. Sa position ne semble en tout cas pas majoritaire dans la société israélienne. Dans ce contexte, et alors que la droite nationaliste gagne de plus en plus de voix aux élections israéliennes, le film est un acte politique. De France, il est pourtant bien difficile d’évaluer sa réelle portée dans la société. Ce qui n’enlève rien à la dimension novatrice du film.

Z32, le film, n’est pas un simple documentaire qui se contenterait de rendre compte d’un phénomène de société. C’est un film qui invente des formes nouvelles. D’abord par la mise en scène de l’anonymat. Il ne s’agit plus simplement de flouter les visages du soldat et de sa compagne. Les effets spéciaux numériques permettent de créer des masques d’une grande force visuelle. En même temps, c’est une réflexion fondamentale sur l’implication personnelle dans le récit cinématographique qui est développée.

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Une première réponse se trouve dans la présence à l’écran de la compagne de Z32. Elle n’est pas là simplement pour l’aider à parler, pour ne pas le laisser seul devant la caméra. Elle est là parce que c’est à elle que le récit de l’opération militaire a été fait une première fois. Le film n’est pas la mise en image d’une confession où le « coupable » viendrait implorer le pardon. Il est la mise en scène d’un récit médiatisé. Non pour le rendre acceptable. Mais pour le donner à la réflexion collective.

Cette médiation du récit se redouble par la présence du cinéaste à l’écran. Dans beaucoup de ses films, Mograbi se filme lui-même. Mais ici sa présence a un sens encore plus fort. La première séquence où il apparaît est pourtant tout à fait « classique » dans son œuvre cinématographique. Elle correspond à l’interrogation du réalisateur sur la possibilité même de réaliser son film. Cela était déjà le thème central d’Août (avant l’explosion). Apparaissant cagoulé dans son salon, Mograbi s’interroge sur la possibilité de filmer l’anonymat, non pas compris comme un réel indistinct ou indifférencié, mais comme un réel qui se cache, ou se retranche, derrière une barrière, un paravent. La solution du problème sera trouvée dans la réalisation de masques virtuels, qui donne en fin de compte une nouvelle identité, bien réelle, à ceux qui les portent.

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Enfin, dernière forme de la présence de Mograbi dans son film, la plus surprenante, la plus innovante : les séquences de chant. Accompagné d’un orchestre, comme s’il était en studio pour enregistrer un album, il met en musique et en paroles le sujet de son film. Quel est le sens de ces séquences qui reviennent régulièrement en contre-point du dialogue entre Z32 et sa compagne ? On pourrait penser que Mograbi se donne en spectacle. Je crois plutôt qu’il vise au contraire à introduire une rupture radicale par rapport à la perspective du voyeurisme et de la confession. On peut dire aussi que ce recours au chant et à la musique introduit une distance par rapport au moralisme facile, à l’apitoiement et à la sensiblerie. Le film est fait pour faire réfléchir le spectateur.

Tout cela fait de Z32 un film comme on n’en a jamais vu. En espérant qu’il ne restera pas une exception dans le cinéma mondial.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Wang Bing

Les admirateurs – nombreux – de cette œuvre protéiforme (et encore inachevée) reconnaitront les films qui sont, à chaque mot, évoqués.

Camions

Des rotations incessantes pour transporter le charbon.

 

Camp de travail

Très vite devenus des camps de la mort.

 

Censure

Ses films contestataires sont bien évidemment interdits par le régime chinois.

 

Cheminots

Que l’on rencontre aux arrêts du train.

 

Chine

Le pays de la démesure. Dont il faut inlassablement dénoncer les dérives et les crimes.

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Enfants

Trois sœurs quasiment abandonnées à elles-mêmes, dans une région si peu hospitalière.

 

Exil

Lorsqu’il n’y a pas d’autre solution que fuir la guerre. Fuir, sans savoir où aller, en emportant le minimum.

 

Fiction

Une seule fiction jusqu’à ce jour : Le Fossé.

 

Folie

Pour se débarrasser des opposants, les accuser de folie.

 

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Guerre

Les fusillades et les obus tout proches constituent une bande son angoissante.

 

Industrie

La plus traditionnelle est sinistrée. Comme dans bien d’autres régions du monde. Laissant derrière elle des carcasses d’usines abandonnées. Et des ouvriers sans travail.

 

Jeunesse

Ils quittent leur village pour aller travailler à la ville, la tête pleine de rêves. Pourront-ils les réaliser ?

 

Mines de charbon

Les plus dangereuses du monde. Mais l’exploitation doit continuer. Économie oblige.

 

Mort

Vécue sereinement, puisqu’elle est inéluctable.

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Neige

Plus grise que blanche. Elle recouvre tout, les rails et les bas-côtés. Jusque sur la caméra.

 

Nom

Existe-t-on lorsqu’on n’a pas de nom ? Anonymat absolu. Le cinéaste et sa caméra n’existent pas.

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Révolution culturelle

Ils s’y sont engagés avec ferveur avant d’en devenir les victimes.

 

Textile

Il a envahi le monde, mais à quel prix pour ceux qui travaillent dans ces petits ateliers où aucune sécurité ne leur est assurée.

 

Train

Il continue sa route, rectiligne, s’enfonçant interminablement dans la profondeur de champ. Venant de nulle part, on ne saura jamais où il va.

 

Usines

Désaffectées ou en voie de l’être. Le feu des hauts-fourneaux. Le désespoir des ouvriers. Les licenciements.

 

Villages.

Perdus dans la montagne. Les conditions de vie y sont particulièrement difficiles.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Alain Cavalier

Autobiographie

Se filmer tous les jours pour réaliser le film d’une vie

 

Cheval

Celui De Bartabas, au nom de peintre. Caravage

 

Commentaire

« C’est ça tout le problème, parler et filmer en même temps »

 

Deuil

Repeindre une pièce en noir, même les fenêtres, surtout les fenêtres

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Filmeur

Seul avec une caméra numérique, filmer les petits bonheurs quotidiens.

 

Françoise

La compagne du filmeur qui partage toujours avec bonne grâce ses facéties et ses taquineries.

 

Irène

La compagne victime d’un accident de la route. Un vide qui qui ne sera jamais comblé.

 

Mort

Une compagne, les parents, une amie…Une vie.

 

Obsession

« Avant, je notais tout. Maintenant, je filme ».

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Paradis

Il existe ici-bas. Tout simplement.

 

Parents

Les accompagner jusqu’à leurs derniers moments.

 

Portrait

24 courts consacrés à des femmes exerçant de petits métiers en voie de disparition, 3 moyens consacrés à des auteurs d’actes d’héroïsme pendant une guerre (la seconde et celle d’Algérie), 6 Xl consacrés à des ami.e.s

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Renoncement

Aux grosses équipes techniques, aux budgets plus ou moins conséquents, aux acteurs, aux actrices et aux figurants, bref à la fiction.

 

Vie quotidienne

Faite de petits riens mais qui sont tellement importants.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Vincent Dieutre

Des mots clés pour rendre compte de son œuvre, la résumer un peu, la caractériser peut-être, la faire connaître en tout cas et surtout la faire aimer.

Des entrées qui ouvrent des voyages dans ses films, qui peuvent nous guider, qui nous suggèrent des itinéraires, qui nous donnent des rendez-vous pour des rencontres souvent étonnantes, mais toujours stimulantes.

Des souvenirs de séquences, d’images, de voix, de musique. A travers mon filtre personnel.

Admiration

         Des exercices pour rendre hommage à des cinéastes admirés, reconnaître une dette, faire un bout de chemin ensemble. Une petite sœur (Naomie Kawase) et frère Alain (Cavalier), une scène culte d’un film culte (La Maman et la putain d’Eustache), Jean Cocteau et Roberto Rossellini.

Allemagne

L’autre pays, après l’Italie, celui des voyages aussi nombreux, ou presque. Le pays des musées, de la musique romantique. Le pays des brumes, du froid, de l’hiver. Le pays du nord, si loin du sud. Mais le pays de la littérature et de la poésie. Et surtout de la musique.

Amants

Il y a les amants d’une rencontre, une rencontre brève, que l’on fait dans un lieu où l’on va pour faire des rencontres, des rencontres sans lendemain donc, parfois décevantes, mais qui peuvent aussi se révéler exaltante. Il y a aussi des rencontres dues au hasard, le hasard de la vie, la vie tout simplement.

Et puis il y a les amants qui ne sont pas qu’une simple aventure, des amants avec qui on s’installe, dans la vie, dans un appartement, avec qui se mettent en place des habitudes, presque des routines. Des amants pour lesquels le terme amour a du sens. Simon, bien sûr.

Amour

         Indispensable à la vie, le sentiment amoureux lui donne tout son sens. L’exaltation de la rencontre, les affres de la séparation et l’intensité de chaque instant vécu avec l’être aimé. L’amour n’est jamais désincarné.

Attentat.

           A la gare de Bologne le 2 août 1980, 85 morts.

Autobiographie

         Parler de soi, encore et toujours, raconter des épisodes de sa vie, être présent à l’image quelque fois et dans la bande son, en off, toujours.

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Berlin

         Mais pourquoi donc aller vivre à Berlin quand on est Français ?

Didi-Huberman

         Pour l’évocation de la Survivance des Lucioles.

Drogue

       Un shoot qui aurait pu finir mal, très mal…mais qui finit quand même bien.

Érudition.

         La connaissance de la peinture. Celle du Caravage en particulier. La philosophie. De pascal à Didi-Huberman.

Homosexualité

         Des corps d’hommes, souvent barbus, nus, enlacés, se caressant, dans des images faiblement éclairées. Des rencontres furtives. Des liaisons suivies. La drague. La tendresse aussi.

Immigrés

         Un campement sous un pont de Paris, vu depuis la fenêtre de l’appartement tout proche. L’évocation de la vie du monde.

Italie

         L’émerveillement des premiers voyages, des premiers amours. Puis le passage du temps. Trop de changements. Le pays aimé devient haï.

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Jansénisme

         Une aventure religieuse et philosophique qui finit mal.

Musique

         Pour voyager dans le temps. Du XVII° sicle de Couperin au romantisme allemand.

Palerme

         Pour y rencontrer des marionnettes.

Paris

      Un quartier surtout, qui sonne comme une annonce, Bonne Nouvelle.

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Peinture

Des musées. Des tableaux filmés en gros plans. Des corps nus d’hommes. Caravage.

 

Rome.

         La ville du premier film. Une ville comme nous ne l’avons jamais vue. Une ville sale, délabrée, aux murs de vieilles maisons décrépis. Une ville nocturne, sombre, pluvieuse. Une ville filmée en longs plans fixes et presque sans mouvement. Des images sans aucune beauté, sans aucune recherche esthétisante

Schubert

         Un voyage en hiver. Du piano. Des sonates, celle en la majeur en particulier.

Ténèbres.

         Les trois leçons de Couperin. « Aux XVIIe  et XVIIIe siècles, les musiciens composèrent des “leçons de ténèbres” d’après le texte des lamentations de Jérémie. Ces leçons étaient chantées les Mercredi, Jeudi et Vendredi saints. Durant ces “ offices des Ténèbres”, on éteignait un à un les cierges d’un chandelier jusqu’à l’obscurité ultime de l’ignorance du monde. »

Villes

         En Allemagne et en Italie, de Rome à Berlin. Mais aussi Buenos Aires. Et bien sûr Paris. Des plans fixes de carrefours ou des travelings le long des rues, longs, lents. Des images le plus souvent nocturnes. Des ruelles étroites, peu éclairées. Et souvent, la pluie.

Voix off

         De film en film, le récit d’une vie intérieure riche en sentiments.

Voyages

        Partir, pour des raisons professionnelles ou sans raison. Quitter un lieu. L’incertitude du retour. Mais la découverte de la route. Et un travail de mémoire aussi.

A COMME AVANCA

Du 24 au 28 juillet 2019

23° édition du festival international du film d’AVANCA – Portugal

Voici la sélection officielle section documentaire

  • “Juan Brito: Tamia” de/by Alfonso Palazon (Espanha)
  • “Desvio” de/by Tiago Afonso (Portugal)
  • “Tahiti” de/by Latifa Said (Argélia)
  • “Raiz Ancestral” de/by Marcia Paraiso (Brasil)
  • “Little America” de/by Marc Weymuller (França)
  • “Standardized Synchronized” de/by Kaisu Koski (EUA)
  • “8 Poems of Emigration” de/by Kurtulus Ozgen (Turquia)
  • “The traffic separating device” de/by Johan Palmgren (Suécia)
  • “We waited until nightfall” de/by Wendy V. Muñiz e/and Guillermo Zouain (República Dominicana)
  • “Unexpected” de/by Mateusz Buława (Polónia)
  • “I believe. I wait. I pray” de/by Katerina Strelchenko (Ucrânia)
  • “Stuka” de/by Ricardo Machado (Portugal)