A COMME ARCTIQUE

Anerca, le souffle de la vie. Johannes Lehmuskallio, Markku Lehmuskallio, Finland, 2020, 87 minutes.

Ce film est une grande fresque en hommage aux cultures des peuples de l’Arctique. De tous ces peuples des régions froides du nord qui ne connaissaient pas les frontières actuelles, les Chuchki, les Inuits, les Samis principalement.

Le film nous conduit donc de la Russie à l’Alaska, du Canada à la Finlande, à la rencontre, à la découverte, de ces peuples.

Nous rencontrons des hommes et des femmes qui évoquent devant la caméra leur culture, leurs origines et leurs problèmes actuels, la préservation de leur langue en particulier.

A partir d’archives souvent anciennes, ce sont les conditions de vie ancestrales qui sont évoquées. Et aussi les premiers contacts avec les hommes blancs, venus de Russie ou du Canada. Des hommes qui croyaient leur apporter la civilisation et le progrès. Mais qui n’ont fait que mettre en péril leur culture.

Cette culture est essentiellement composée de chants et de danse, qui sont interprétées soit par des femmes et des hommes dans leur appartement soit par des groupes, tous vêtus de leurs costumes traditionnels toujours très colorés. Des performances collectives s’adressant à un public contemporain. Nulle trace ici de folklore destiné à des touristes. A travers danses et chants, on ressent fortement « le souffle de la vie »

Les images renvoient à la vie actuelle, aux activités quotidiennes, la pèche en particulier. Des paysages dans des vues très esthétiques, mais surtout beaucoup d’animaux dans leur milieu naturel, des morses, des ours, des troupeaux de rennes. Même lorsqu’un renne est égorgé, on sent que c’est avec un profond respect de l’animal.

Un film à portée ethnologique, qui sait allier la connaissance et le plaisir visuel.

Visions du réel 2020

A COMME ABECEDAIRE – Matthieu Chatellier

Art

Voir ce que devient l’ombre

Le Gâteau sous la cerise – Naissance d’un festival

Autobiographie

Doux amer

Cinéma

Le Gâteau sous la cerise – Naissance d’un festival

Communauté

Sauf ici, peut-être

Emmaüs

Sauf ici, peut-être.

Engagement

(G)rève général(e)

Etudiants

(G)rève général(e)

Grève

(G)rève général(e)

Handicap

La mécanique des corps

Italie

Doux amer

Manifestation

(G)rève général(e)

Marginalité

Sauf ici, peut-être.

Pauvreté

Sauf ici, peut-être.

Peinture

Voir ce que devient l’ombre

Portrait

Doux amer

Voir ce que devient l’ombre

Prothèse

La mécanique des corps

Rééducation

La mécanique des corps

Santé

La mécanique des corps

Doux amer

Technologie

La mécanique des corps

Vieillesse

Voir ce que devient l’ombre

A COMME AMÉRINDIEN – Vancouver

La balade de Oppenheimer Parc. Juan Manuel Sepúlveda. Mexique, 2016, 71 minutes

« Cette terre est indienne…Cette terre est notre ».

En plein centre de Vancouver, Canada, un ancien cimetière indien, devenu un parc. L’océan n’est pas loin. Les oiseaux marins sont omniprésents dans l’image. Comme s’ils observaient la vie du parc. Mais la caméra ne s’attarde pas sur eux. Il y a d’autres présences dans le parc, d’autres habitants avec qui le cinéaste va tisser des liens, s’entretenir avec eux. Les filmer.

Filmer ce petit groupe d’amérindiens d’aujourd’hui. Une dizaine, une douzaine tout au plus. Les filmer pour témoigner de ce qu’ils sont, de leur vie. Pour proclamer leur existence, leur droit à l’existence. Sur cette terre qui est leur.

De tout le film ils ne partiront pas du parc, leur lieu de vie en continu. Une prison à ciel ouvert au centre de la ville. Une ville qui les ignore et qu’ils ignorent. Ils s’occupent simplement parce qu’ils sont là. Dans ce lieu délimité par les rues qui le bordent et où commence cet extérieur, la vie de la ville avec ses voitures. Ils sont libres de partir. Et pourtant ils restent là, jour et nuit, couchés sur l’herbe ou assis sur un blanc à deux, ou en groupe autour d’une table de pic-nic.  Ils discutent, s’embrassent, se disputent et boivent.

La bouteille qui passe de mains en mains est omniprésente. Le film ne dénonce pas le cliché « civilisé » concernant les indiens « primitifs », alcooliques, oisifs, quelque peu dépravés et surtout totalement inadapté au mode de vie contemporain. Une décadence maintes fois montrée et condamnée. Mais ici, nul jugement, pas de pitié ou de compassion. Il ne s’agit pas de créer artificiellement une sorte de sympathie envers eux. D’ailleurs ils peuvent très bien être violents entre eux ou vis-à-vis de la caméra que l’un d’eux bouscule sans ménagement. Pourtant les quelques interventions du cinéaste, en off en réponse à des sollicitations, montrent qu’il n’est pas un intrus, ou un voyeur. Sans faire partie pour autant de leur groupe.

Pour eux, le monde moderne n’existe pas. Mais leurs traditions sont bien lointaines. Presque oubliées. Lorsqu’ils veulent enterrer le cercueil de l’un des leurs, une femme « canadienne » est là pour leur rappeler qu’il ne faut pas creuser dans le gazon. Ils repartiront comme ils sont venus, venant de nulle part et allant on ne sait où. Un simple passage dans le film. Un simple passage dans la vie.

Sous son apparence de quiétude ensoleillée et de fausse sérénité de beaucoup de plans, le film contient une forte charge émotive. Une charge qui peut bien exploser la nuit, au son des tambours. On comprend alors l’image du chariot en feu dans l’incipit. Les restes d’une culture qui partent en fumée. Mais qui créent une bien belle lumière.

A COMME ABECEDAIRE – Jean-Stéphane Bron

Un cinéaste Suisse qui a aussi filmé en France et aux États-Unis.

Apprentissage

La Bonne Conduite

Automobile

La Bonne Conduite

Danse

L’Opéra

Economie

Cleveland contre Wall Street

Elections

L’Expérience Blocher

Etats-Unis

Cleveland contre Wall Street

Génie génétique

Le Génie helvétique

Justice

Cleveland contre Wall Street

En cavale

Militantisme

Connu de nos services

Musique

Vers le silence

L’Opéra

Paris

L’Opéra

Police

Connu de nos services

Politique

L’Expérience Blocher

Cleveland contre Wall Street

Connu de nos services

Portrait

Vers le silence

L’Expérience Blocher

Connu de nos services

Pouvoir

L’Expérience Blocher

Le Génie helvétique

Prison

En cavale

Procès

Cleveland contre Wall Street

A COMME ABECEDAIRE – Laetitia Carton

Amitié

La Visite

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

Edmond, un portrait de Baudoin

Art moderne

La Visite

Bande dessinée

Edmond, un portrait de Baudoin

Consommation

D’un chagrin, j’ai fait un repos

Danse

Le Grand Bal

A COMME ABECEDAIRE – Laetitia Carton

Amitié

La Visite

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

Edmond, un portrait de Baudoin

Art moderne

La Visite

Bande dessinée

Edmond, un portrait de Baudoin

Consommation

D’un chagrin, j’ai fait un repos

Danse

Le Grand Bal

Famille

La Pieuvre

Fête

Le Grand Bal

Handicap

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

La Visite

 Hérédité

La Pieuvre

Langage des signes

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

Maladie

La Pieuvre

Portrait

Edmond, un portrait de Baudoin

Surdité

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

Famille

La Pieuvre

Fête

Le Grand Bal

Handicap

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

La Visite

 Hérédité

La Pieuvre

Langage des signes

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

Maladie

La Pieuvre

Portrait

Edmond, un portrait de Baudoin

Surdité

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

A COMME AMERINDIENS – Etats-Unis.

Seekers. Aurore Vullierme, France, 2019, 77 minutes.

Qu’une cinéaste française se penche sur les problèmes des amérindiens aux Etats-Unis, voila qui est significatif de la volonté des cinéastes de l’hexagonal, et en particulier des femmes documentaristes, de prendre position en faveur, et de défendre les droits des minorités partout dans le monde. Un souci qui n’est peut-être pas si présent dans le cinéma outre-Atlantique…

Dans Seekers, Aurore Vullierme fait le portrait d’un amérindien, Léon K. Reval, vivant dans la réserve des Apaches Jicarillas au Nouveau Mexique. Un portrait très intimiste, qui sonde les profondeurs de l’âme de Léon, et qui pénètre dans l’intimité de sa vie, familiale et public. Un portrait plein de sympathie. Mais avec un ton quelque peu désabusé, teinté de tristesse et de regret.

C’est que le film commence à un moment particulier de la vie de Léon : le soir des résultats des élections tribales. Léon n’est pas réélu. Il ne siègera plus au Conseil, auquel il avait consacré tant d’années de sa vie. Il se sent comme dépouillé de son être, de ce qui constituait le sens de sa vie. 

« La vie continue » dira-t-il plusieurs fois à ses amis. Mais on sent bien que ce sera difficile. D’autant plus qu’il n’a plus d’emploi et sa vie de famille ne l’occupera certainement pas à plein temps. Même si en bon père il donne beaucoup de soin – et d’amour – à ses trois enfants, dont un est handicapé – qu’il élève seul. Une longue séance le montre discuter au petit déjeuné avec sa fille ainée et lui donner des conseils pour pouvoir affronter l’avenir. Comme pour tous les membres de la communauté Jicarillas, rien ne semble assuré pour elle. L’intégration, quasiment forcée, dont ces enfants ont fait l’objet, est-elle une réussite ?

Au-delà de la situation de Léon et de sa famille, le film est une plongée au cœur de cette communauté Apache. Le rodéo, la chasse, la course de chevaux, le carnaval, la fête locale, des moments de vie traditionnels où la politique semble mise de côté. Pourtant, le discours de la « Miss Jicarillas » est un vibrant appel à la solidarité et à la mobilisation. Et ce n’est pas un hasard bien sûr si le film commence et finit par des images d’archives résumant parfaitement la situation des amérindiens. Au début, des enfants en blouse d’écoliers chantent une comptine en anglais. A la fin, une manifestation tourne à l’affrontement violent avec la police. Face à l’incertitude de l’avenir, le recours aux valeurs de la culture ancestrale n’est-il pas la seule possibilité de survie ?

A COMME AGRICULTURE – Récolte du lin.

L’Avenir le dira. Pierre Creton, 2020, 26 minutes.

De jour comme de nuit, l’été, il est indispensable de travailler en continu. Le lin n’attend pas. Quand il est arrivé à maturité, il faut le faucher, le mettre en meules. Un travail heureusement mécanisé.

Que beaucoup d’agriculteurs normands se soient mis à la culture du lin, nous le savions depuis le film d’Ariane Doublet, La pluie et le beau temps. Un film qui montrait tout particulièrement les relations des paysans normands avec les acheteurs chinois. Ici, rien de tel. Nous sommes dans un champ de lin et Pierre Creton va nous montrer le travail des agriculteurs, et les machines qu’ils utilisent. Et nous ne sortirons pratiquement pas du champ. Les plans de coupe sont particulièrement restreints : un cheval dans un pré, un crucifix filmé en contre plongé sur fond d’arbre. Pour le reste, c’est le balai des machines, les faucheuses et celles qui fabriquent les meules que nous suivons. Nous les voyons passer devant nous, elles traversent l’écran en tous sens. Ou bien nous sommes à bord, derrière le conducteur dont nous ne voyons que la nuque  et une partie du volant. Des cadrages serrés, particulièrement rigoureux. Qui s’attardent aussi sur une partie de la mécanique. Parfois les machines s’arrêtent. Elles sont alors filmées en plans plus larges. Et le cinéaste nous offre quand même quelques plans d’ensemble, pour apprécier l’étendue des champs.

Le film débute de nuit. Dans le noir donc. Presque complet, sauf des lumières dans le lointain. Ces lumières s’approchent de la caméra et nous finissons par distinguer la machine qui passe près de nous. La suite nous permettra d’apprécier la tâche qu’elle effectue.

Le film de Pierre Creton est un court métrage de 26 minutes, entièrement centré sur le réel qu’il se propose de filmer. L’alternance du jour et de la nuit (avec son plan sur une lune particulièrement lumineuse au milieu des nuages), les mouvements incessants des machines, lui donne un rythme très dynamique. Le travail, ici, est filmé comme s’il ne s’arrêtait jamais.

Le film n’est certes pas muet, avec le bruit incessant des moteurs. Mais il ne comporte pratiquement pas de paroles. Seules quelques phrases, off, mettent l’accent sur le réchauffement climatique. Le manque d’eau mettra-t-il en danger la culture du lin ? « L’avenir le dira ». Conclusion on ne peut plus ouverte.

Cinéma du réel 2020.

A COMME ABECEDAIRE – Didier Cros.

Adolescence

Ado d’ailleurs

La Première Fois

Automobile

Crash

Clandestinité

Ado d’ailleurs

Enfin Français !

Corps

La Disgrâce

Un ticket de bains-douches

Emploi

La gueule de l’emploi

Famille

Parloirs

Parle avec moi

Handicap

Parle avec moi

Immigration

Ado d’ailleurs

Enfin Français !

Intégration

Enfin Français !

Nationalité

Enfin Français !

Laideur

La Disgrâce

Permis de conduire

Crash

Prison

Parloirs

Sous surveillance

Rapport sexuel

La Première Fois

Travail

La Gueule de l’emploi

Sous surveillance

A COMME ABECEDAIRE – Ariane Doublet

Accueil

Les Réfugiés de Saint-Jouin

Agriculture

La terre en morceaux

La pluie et le beau temps

La maison neuve

Amitié

Green boys

Chine

La pluie et le beau temps

Eclipse

Les Terriens

Enfance

Green boys

Lin

La pluie et le beau temps

Médecine

Fièvres

Normandie

La pluie et le beau temps

Les Réfugiés de Saint-Jouin

Green boys

Les sucriers de Colleville

Les Terriens

Photographie

Tous Européens ! Ana (Espagne)

Portrait

La maison neuve

Réfugiés

Les Réfugiés de Saint-Jouin

Usine

Les sucriers de Colleville

Vaches

Les bêtes

Vétérinaire

Les bêtes

A COMME ABECEDAIRE – Brigitte Chevet.

Une œuvre surtout diffusée à la télévision, mais qui a tout à fait sa place au cinéma, tant la différence ici est simple convention.

Adolescence

Jupe ou Pantalon ?

Automobile

Femmes au volant

Banlieue

Les Rumeurs de Babel

Bretagne

Les Rumeurs de Babel

Odette du Puigaudeau – De la Bretagne au désert

Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre

L’Affaire Plogoff

Le Menhir et la Rose

La Guerre des truies aura-t-elle lieu ?

Baraques Blues

Energie

Les Voleurs de feu

Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre

Espionne

L’Espionne aux tableaux, Rose Valland face au pillage nazi

Femmes

Femmes au volant

L’Espionne aux tableaux, Rose Valland face au pillage nazi

Jupe ou Pantalon ?

Odette du Puigaudeau – De la Bretagne au désert

Guerre

L’Espionne aux tableaux, Rose Valland face au pillage nazi

Handicap

Planète Zanzan

Immigration

Docteur Yoyo

Jury

A vous de juger

Justice

A vous de juger

Mauritanie

Odette du Puigaudeau – De la Bretagne au désert

Nazisme

L’Espionne aux tableaux, Rose Valland face au pillage nazi

Nucléaire

Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre

L’Affaire Plogoff

Poésie

Les Rumeurs de Babel

Politique

Le Menhir et la Rose

Pollution

Mourir d’amiante

La Guerre des truies aura-t-elle lieu ?

Portrait

L’Espionne aux tableaux, Rose Valland face au pillage nazi

Le Menhir et la Rose

Docteur Yoyo

Odette du Puigaudeau – De la Bretagne au désert

Planète Zanzan

Solaire

Les Voleurs de feu

Spoliation

L’Espionne aux tableaux, Rose Valland face au pillage nazi

Vieillesse

Avec mes quelques rides

Ville

Baraques Blues

A COMME ABECEDAIRE – Alice DIOP.

Une constante : sa propre vie, ses origines (le Sénégal par ses parents), l’immigration, la banlieue,

Accueil

La Permanence

Acteur

La Mort de Danton

Amour

Vers la tendresse

Banlieue

Clichy pour l’exemple

La Mort de Danton

La Tour du monde

Immigration

Les Sénégalaises et la Sénégauloise

La Permanence

La Tour du monde

Intégration

Clichy pour l’exemple

La Mort de Danton

Famille

Les Sénégalaises et la Sénégauloise

LGBT+

Océan

Machisme

Vers la tendresse

Préjugés

La Mort de Danton

Vers la tendresse

Prostitution

Vers la tendresse

Révolte

Clichy pour l’exemple

Sénégal

Les Sénégalaises et la Sénégauloise

Théâtre

La Mort de Danton

A COMME ABECEDAIRE – Frédéric Goldbronn.

Anarchisme

Diégo

Enfants

La maternité d’Elne

Espagne

Diégo

Famille

Visages d’une absente

La Toison d’or

Guerre

La maternité d’Elne

Diégo

Juifs

La maternité d’Elne

Mémoire

Diégo

Maternité

La maternité d’Elne

Mère

Visages d’une absente

Naissance

La maternité d’Elne

Nazisme

La maternité d’Elne

Photographie

Diégo

Portrait

Visages d’une absente

Diégo

Georges Courtois – Visages d’un réfractaire

La Toison d’or

Prison

Georges Courtois – Visages d’un réfractaire.

A COMME ABECEDAIRE – Yolande Zauberman

Une cinéaste « rare », parce qu’elle n’a fait que six films jusqu’à présent. Mais des films qui peuvent être bouleversants. Des films  en tout cas qui bousculent le spectateur dans ses préjugés et ses idées reçues. Réalisés parfois dans la clandestinité, comme en Afrique du sud. Ou dans la nuit comme à Tel Aviv. Un cinéma dénonciateur.

Afrique du sud

Classified people

Amour

Paradise now

Would You Have Sex With An Arab?

Apartheid

Classified people

Caste

Caste criminelle

Enfance

M

Inde

Caste criminelle

Israël

Would You Have Sex With An Arab?

M

Palestine

Would You Have Sex With An Arab?

Pédophilie

M

Portrait

Un juif à la mer

M

Racisme

Un juif à la mer

Would You Have Sex With An Arab?

Sexualité

Would You Have Sex With An Arab?

Tel Aviv

Would You Have Sex With An Arab?

M

A COMME ABECEDAIRE – Nurith Aviv.

Une œuvre qui mêle souvent la science et la poésie, l’autobiographie et les références culturelles universelles. Une œuvre où le thème de la langue, ou plutôt des langues, et donc de la communication, est mis au premier plan. Sans oublier la littérature et la poésie. Et dans le domaine scientifique, la linguistique, la psychologie ou la biologie. Bref une œuvre placée sous le signe de la connaissance et de l’intelligence.

Biologie

Poétique du cerveau

Christianisme

Annonces

Europe

La Tribu européenne

Femme

Annonces

Hebreu

Langue sacrée, langue parlée

D’une langue à l’autre

Image

Annonces

Islam

Annonces

Israël

Signer

Kafr Qar’a, Israël

Makom, avoda

Judaisme

Yiddish

Annonces

Langue

Signer

Traduire

Langue sacrée, langue parlée

Langue des signes

Signer

Littérature

Yiddish

Traduire

Mémoire

Poétique du cerveau

Mythes

Annonces

Palestine

Makom, avoda

Poésie

Yiddish

Religion

Annonces

Langue sacrée, langue parlée

 Circoncision

Sciences

Poétique du cerveau

Surdité

Signer

Traduction

Traduire

Yiddish

A COMME ABECEDAIRE – Carole Roussopoulos.

Réalisatrice de plus de cent cinquante documentaires, une œuvre marquée par le soutien aux luttes féministes, toutes les luttes concernant les femmes.

Agricultrices

Dans la série Profession, elle réalise Profession agricultrice (1982),  revendiquant un véritable statut professionnel pour les femmes travaillant dans les fermes de leur mari.

Beauvoir Simone de

Celle qu’elle a toujours admirée, l’inspiratrice des luttes féministes.

Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Créé en 1982, avec Delphine Seyrig et Iona Wieder, pour produire et archiver les réalisations audiovisuelles consacrées aux femmes.

Documentaire

Elle a su en faire non seulement un outil de propagande, mais aussi un instrument efficace d’intervention et de changement social. Avec comme ligne directrice de donner la parole aux femmes, aux « sans voix » selon son expression.

Enseignement

De 1973 à1976 elle enseigne la vidéo à l’université de Vincennes

Féminisme

L’engagement fondamental.

Genet Jean

Il lui fit découvrir la vidéo portable.

Insoumuses

Groupe de militantes, avec Delphine Seyrig, Iona Wieder, Nadja Ringard. Suivi par Les Muses s’amusent.

Lip

Un conflit exemplaire auquel elle consacre six documentaires de 1973 (Lip ; Monique) à 1976 (Lip : Monique et Christiane)

Luttes

Des dénonciations : le viol, les violences faites aux femmes, les violences conjugales, les mariages forcés, l’excision, l’inceste (L’Inceste, la conspiration des oreilles bouchées, 1988)

Des soutiens : les femmes d’Espagne sous le franquisme, les résistances anti-impérialistes (en Palestine et les Black Panthers  en particulier), les grèves ouvrières (comme Lip), le mouvement homosexuel (FHAR), l’avortement libre (Y’a qu’à pas baiser, 1973)

Seyrig Delphine.

L’amie, la camarade des luttes féministes, avec qui elle coréalise  plusieurs films dont Maso et Miso vont en bateau (1976). Dan son film Sois belle et tais-toi (1976) elle interroge des actrices connues, de Juliet Berto à Jane Fonda, qui dénoncent toutes la domination masculine dans leur métier. En 2009 Carole lui consacre un portrait, constitué d’archives, retraçant son parcours.

Vidéa.

Première coopérative de réalisation et de production fondée en 1974

Vidéo (Portapack  de Sony)

Outil militant par excellence, par sa facilité d’emploi, sa légèreté, son coût restreint, elle permit l’émergence de nouvelles formes d’expression. Supprimant les contraintes, tant au niveau du filmage que du montage et de la diffusion, il allait dorénavant être possible de filmer toutes les luttes des femmes et d’échapper à la mainmise masculine sur l’information.

Vidéo out

Coopérative de vidéo militante fondée avec son mari, Paul, qui produira la plus grande partie de ses films.

A COMME ABECEDAIRE – Stéphane Mercurio.

Un cinéma qui prend position, qui dénonce. Un cinéma souvent grinçant, insolent même parfois, en tout cas jamais conventionnel. Un cinéma qui vibre, qui brille. Un cinéma du cœur.

Des mots-clés, comme toujours, avec les films où ils sont plus particulièrement mis en œuvre.

Amitiés

Mourir ? Plutôt crever !

Camping

Quand la caravane reste

Caricature

Mourir ? Plutôt crever !

Charlie Hebdo

Mourir ? Plutôt crever !

Chirurgie

Hôpital au bord de la crise de nerf

Cimetière

Mourir ? Plutôt crever !

Dessin humoristique

Mourir ? Plutôt crever !

Détenus

A côté

Après l’ombre

Enfermement

A côté

Après l’ombre

Facebook

Les Parisiens d’août

Famille

Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs

Vivre sans toit – Chronique d’une expulsion ordinaire

A côté

Mourir ? Plutôt crever !

Filiation

Quelque chose des hommes

Hôpital

Hôpital au bord de la crise de nerf

Petits arrangements avec la vie

Infirmières

Hôpital au bord de la crise de nerf

Justice

A l’ombre de la République

Liberté

A l’ombre de la République

Logement

Cherche avenir avec toit

Vivre sans toit – Chronique d’une expulsion ordinaire

Malades

Hôpital au bord de la crise de nerf

Médecins

Hôpital au bord de la crise de nerf

Mort

Mourir ? Plutôt crever !

Parloir

A côté

Patagonie

Le bout du bout du monde

Paternité

Quelque chose des hommes

Patron

Scènes de ménages avec Clémentine

Pédagogie

Un jour, je serai secrétaire

Photographie

Quelque chose des hommes

Prison

A côté

A l’ombre de la République

Après l’ombre

Procès

Mourir ? Plutôt crever !

Santé

Hôpital au bord de la crise de nerf

Sans principe ni précaution : le distilbène

Sexualité

L’un vers l’autre

Siné

Mourir ? Plutôt crever !

Théâtre

L’Un vers l’Autre

Une si longue peine

Après l’ombre

Travail

Scènes de ménages avec Clémentine

Un jour, je serai secrétaire

Urgences

Hôpital au bord de la crise de nerf

Vacances

Quand la caravane reste

Violence

Intime violence

A COMME ABECEDAIRE – Chantal Akerman

Même si elle est surtout connue pour ses films de fiction, son œuvre documentaire est loin d’être négligeable.

Autobiographie

La vie, une source d’inspiration.

Attentat

Au tournant de la rue, des morts, des blessés, lors du voyage en Israël. L’actualité restera pourtant hors-champ.

 Concert

Un solo de violoncelle

Conflit israélo-palestinien

La toile de fond d’un voyage en Israël.

Désert.

Un arbre secoué par un vent violent avec, en fond, un désert rocailleux où l’on distingue une route sinueuse dans la profondeur de champ. Un désert où il n’y a rien, rien d’important, rien de remarquable, simplement de la terre et quelques herbes éparses.

Émotion

Des films où domine la recherche formelle, mais dont l’émotion n’est jamais absente.

États-Unis

De New York à la Californie, des séjours, des voyages.

Europe de l’Est

En Russie, en Pologne, des rues et des routes enneigées, des façades d’immeubles ou de magasins, des passants plus ou moins pressés et des files d’attente.

Fenêtre

« Je regarde par la fenêtre et je me replie sur moi. »

Frontières.

De plus en plus infranchissables. Pour dissuader les clandestins.

Gare

Le va-et-vient des voyageurs et les salles d’attente.

 Immigration.

L’immigration clandestine vue des deux côté de la frontière entre la Californie et le Mexique.

Israël

Un bref séjour, dans une ville au bord de la mer, Tel Aviv.

Jardin

 Le gazon verdoyant avec la chaise longue bleue qui semble abandonnée.

Judaïté

Ses racines. Un passé ineffaçable. Auschwitz. « L’étoile jaune, je la porte en moi. »

Lettres

D’une mère à sa fille, partie loin, dans le Nouveau Monde.

Mer

Filmée en plans fixes, depuis la plage. Quelques promeneurs, quelques enfants.

Mère.

Un lien, indestructible. Malgré la séparation.

Mexique.

La frontière avec les États-Unis. Une barrière. Un mur. Des barbelés.

New York

Les rues et les avenues, avec les voitures. Au début du film il y a peu de personnes dans le cadre, en dehors des voitures. Plus tard, nous aurons des plans avec une foule dense sur les trottoirs, ou qui traverse la rue. Et puis il y a des plans de métro. Pas dans une station, dans une rame. Enfin sur une embarcation qui s’éloigne lentement de la rive. Nous pouvons alors voir la ligne des gratte-ciel du sud de Manhattan, reconnaissable en particulier aux tours jumelles du World Trade Center.

Plan fixe

Nombreux. Longs. Presque toujours vides. Il ne s’y passe rien. Le plus souvent ils sont mis en opposition avec des travellings.

Racisme

Dénonciation du crime raciste commis à Jasper dans le sud des États-Unis : James Byrd Jr. a été battu par trois blancs qui l’ont attaché derrière leur camionnette et trainé sur la route pendant plusieurs kilomètres.

Solitude

Même dans la foule. L’absence de communication.

Ville

Bruxelles, New York, Tel Aviv. Le triangle géographique.

Voyage

Partir. Aux États-Unis. En Israël. Vers l’est. Dans le sud. Mais toujours revenir à Bruxelles.

A COMME ABECEDAIRE – Denis Gheerbrant.

Adolescence

Un mythe ? Sans doute. Mais qui pose des questions fondamentales.

Amour

Le vécu amoureux évoqué en toute simplicité, de l’émoi du premier baiser à la complicité du couple de vieux mariés.

Banlieue

Trois jeunes d’origine algérienne en banlieue parisienne filmés avant les émeutes des années 2000.

Bled

Un voyage de jeunes immigrés dans leur pays d’origine. L’appel des racines mais en même temps le sentiment d’être des étrangers. Le retour est bien impossible.

Bistrot

L’amitié, la chaleur humaine, le réconfort après une journée de travail.

Camping

La vie de vacances, entre habitués qu‘on retrouve chaque année. Pour ceux dont le budget est restreint.

Collège

Le quotidien d’un collège de Gennevilliers. Les cours, la violence presque quotidienne, le conseil de classe en fin d’année ui décide de l’avenir.

 Enfance

Même malade, un enfant reste un enfant. Toujours émouvant.

Exil

Une vie dans un foyer, loin de sa femme et de ses enfants.

France

Du nord au sud et de l’est à l’ouest, la France profonde faite le plus souvent de rêves déçus et d’horizon bouché pour les plus jeunes, filmée 10 ans avant l’an 2000.

Génocide

Celui du Rwanda, incompréhensible. Un voyage pour essayer de le comprendre. Et comment le pays a pu y survivre.

Grève

Celle de femmes de ménage d’un Hôtel de la région parisienne. Une grève victorieuse.

Homosexuels.

Un couple d’hommes qui ont lu dans les cartes du tarot la solidité de leurs sentiments amoureux.

Immigré

Dans quelle mesure est-il possible de conserver sa culture d’origine ?

Johan van der Keuken

Un hommage à la disparition du cinéaste néerlandais.

Maladie

Le plus grand scandale : des enfants atteints d’une maladie incurable. Mais quel courage, quelle volonté de vivre, ils manifestent

Marseille

Une série de sept épisodes tournés dans différents quartier (la cité Saint-Louis par exemple). Le Marseille populaire… Une ville cosmopolite. La mer, le port, les dockers. Des rencontres avec les Marseillais

Mer

La méditerranée, toujours aussi attractive.

Méthode.

Le plus souvent il filme seul, privilégiant le contact direct, et souvent chaleureux, avec ceux qu’il filme. Un cinéma de la quotidienneté.

Paris

Le Paris populaire d’une rue typique près de la Bastille. Un quartier où tout le monde se connaît. Une vie de village. Le Paris en voie de disparition ?

Portraits

Etablir d’abord une proximité. Presque une connivence. Savoir écouter sans jamais juger. Un cinéma de rencontre, de contact qui rend souvent hommage aux « gens simples ».

Rencontre

Le fondement même de son cinéma.

Rwanda

Le pays aux mille collines et des sources du Nil. Les chants, les danses, des femmes et des enfants.

Sud

Le soleil des vacances, opposé à la grisaille du nord. Les vacances versus le travail. Une parenthèse trop courte.

Travail

Dans le nord de la France, dans l’est, que reste-t-il de la puissance industrielle ? Les mines ont fermé. Il ne reste plus que les terrils.

Usine

 Les hauts fourneaux à l’arrêt ne laissent que des carcasses vides.

Vacances

A la mer, en camping, les vagues, le ciel bleu du midi, les corps allongés sur le sable. Mais on parle quand même du travail. La coupure de l’été aura vite une fin.

A COMME ABECEDAIRE – Olivier Smolders.

Une œuvre si diverse, si contrastée, que tous ces mots clés semblent ne pas avoir beaucoup de rapport entre eux.

Anatomie

Celle des corps et des images.

Cannibalisme.

Un étudiant japonais tue, dépèce et mange sa petite amie. Un simple fait divers ?

Couleurs

Parfois. Mais les films en noir et blanc sont très nettement majoritaires.

Déshabillage

Des femmes ôtent leurs vêtements, tous meurs vêtement, devant la caméra. Ont-elles les mêmes gestes. La façon de déboutonner leur chemisier, de faire tomber leur robe à leurs pieds ou de la faire passer par-dessus leur tête, de dégrafer leur soutien-gorge – si elles en ont un – dans leur dos ? Ont-elles toutes un petit sourire aux lèvres ? Un sourire espiègle, amusé, crispé, séducteur…

Elèves

Parce qu’ils veulent bien se confier à la caméra de leur enseignant.

Enfants

Filmés en gros plans. Peut-on soutenir leur regard ? Une émotion dévastatrice.

Enseignement

En le quittant, après une longue carrière, il filme ces adolescents qui furent ses élèves et cette relation, complexe, qu’il a eue avec eux.

Erotisme

Un corps nu de femme morte, baignant dans une mare de sang, est-ce érotique ?

Exercices spirituels

Pour gagner quel paradis ? Certainement pas celui du christianisme.

Fiction

Un seul long métrage dit de fiction dans sa filmographie. On pourrait dire aussi un film expérimental. Mais tous ses courts ne sont-ils pas aussi expérimentaux ?

Ignace de Loyola

La référence des exercices spirituels. Un clin d’œil ironique.

Pédagogie

Dans une classe, un canular ? Une bonne farce ?  Un piège dans lequel tombe l’enseignante ?

Photographe

Dans la rue, il propose à des femmes anonymes de les photographier nues. Beaucoup acceptent. De tout âge. Des corps si différents les uns des autres.

Porc

Le cochon égorgé et le porcelet dans les bras d’une fillette nue.

Production

Créer sa propre maison de production, Les Films du Scarabée, assure une indépendance indispensable.

 Nudité

Toujours des femmes. Une enseignante dans sa classe. Ou celles rencontrées dans la rue et qui acceptent de se déshabiller devant la caméra.

Mort

Faire parler les archives familiales

Religion

Jamais explicite, sa référence est pourtant constante. Pour mieux la contester.

Sade

Un texte tiré de la Philosophie dans le boudoir : un appel à une jouissance sans entrave et sans limite.

Sous-titres

Pour chaque film. Pour compléter le titre ? Plutôt pour prendre un peu de distance, introduire de l’ironie, voire de la dérision. Un jeu à décrypter.

Exemple 1 : « Film pour amuser les chaises ». Mais lorsqu’il y a des spectateurs sur les chaises, c’est à eux que le cinéma s’adresse.

Exemple 2 : « Film en forme de poire ». Sans doute parce qu’on y voit beaucoup de seins de femmes nues.

Exemple 3 : « Film immobile ». Il s’agit d’une façon de voyager.

Thérèse d’Avila

Le ravissement de la foi. En écho à Sade.

Venise

Une île-cimetière dans la lagune

Voix off

La présence du cinéaste

Voyage

Faire le tour du monde sans quitter sa chambre.

Wiertz Antoine

Auteur de tableaux monumentaux, d’une taille démesurée. Ce que souligne encore plus la présence dans la salle du musée de personnes de petite taille.

A COMME ABECEDAIRE – François Zabaleta par lui-même

A comme anorexie mentale

LA NUIT APPARTIENT AUX ENFANTS (court métrage) 2016

Aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais eu faim. Ainsi commence le récit autobiographique d’un homme, (le cinéaste lui-même) qui raconte, tout à la fois l’anorexie mentale dont il a souffert enfant puis adolescent, et le rapport souvent difficile qu’il continue, devenu adulte, d’entretenir avec la nourriture, avec l’acte même d’ingérer des aliments solides.

C comme castration

PAPA (court métrage) 2018

Un fils vient pour régler ses comptes avec son père mourant. Une veillée funèbre acide en forme de pied de nez au destin.

C comme cinéma

MOUVEMENT D’HUMEUR (court métrage) 2018

le cinéma aujourd’hui de gré ou de force tend à devenir un produit

une marchandise parmi d’autres

globalisée

mondialisée

paramétrée

code-barrée

nivelée

standardisée

labellisée

codifiée

conformisée

abâtardie

dévitalisée

une denrée fade

impersonnelle

corsetée

inoffensive

évidée de sa substance

de sa charge de subversion

vandalisée par le terrorisme du court terme

de l’immédiateté

le cinéma

ou ce qu’il en reste

est devenue la grande surface de l’émotion low cost

D comme Documentaire.

Je n’avais jamais envisagé d’écrire et de réaliser des films documentaires. J’avais l’idée, simpliste j’en conviens, que le documentaire traitait nécessairement, par essence, de sujets politiques ou sociétaux. Et puis très vite j’ai compris qu’il n’en était rien. En réalisant mon premier film j’ai constaté que l’intime, l’intimité, ma matière première, pouvait être aussi, à sa façon, politique. Le documentaire me permettait aussi, comme j’essaie de le faire dans les films de fictions, d’être, à la fois, un raconteur d’histoires et un explorateur de formes. C’est dans cet esprit que j’ai voulu tenter de réaliser, sans très bien savoir où j’allais, des films documentaires très courts, (que j’ai appelé haïkus cinématographiques). Le documentaire est un genre qui réclame du temps (en général au moins une demi-heure) et qui est, de ce fait, rarement associé au court métrage. Le succès de mon film FUCK L’AMOUR (primé à Clermont Ferrand) (et qui se présente comme un faux documentaire) et qui dure 5 minutes m’a fait réfléchir. C’est alors que j’ai commencé à entrevoir la possibilité de réaliser des films documentaires de moins de 10 minutes où j’exposerai, sans la développer, une situation, une prise de conscience, un moment où la vie bascule brusquement, irréversiblement. C’est ce que j’entendais par haïku cinématographique : saisir la quintessence d’un être ou d’une situation dégraissée de tout ce qui l’entoure pour que la brièveté, loin d’être un exercice de style, donne au hors champ (sociétal…) toute sa densité. Exister, en quelque sorte, dans son absence même. Comme l’écrit si justement Roland Barthes dans L’empire des signes*) : Dans le haïku, la limitation du langage est l’objet d’un soin qui nous est inconcevable, car il ne s’agit pas d’être concis (c’est-à-dire de raccourcir le signifiant sans diminuer la densité du signifié) mais au contraire d’agir sur la racine même du sens, pour obtenir que ce sens ne fuse pas, ne se décroche pas, ne divague pas dans l’infini des métaphores, dans les sphères du symbole. La brièveté du haïku n’est pas formelle ; le haïku n’est pas une pensée riche réduite à une forme brève, mais un événement bref qui trouve d’un coup sa forme juste.

* Roland Barthes, L’empire des signes (1970, éditions Albert Skira)

E comme enfances

LE BÂTARD IMAGINAIRE (long métrage) 2013

J’ai toujours eu la sensation qu’il y avait en moi un être assassiné. Assassiné avant ma naissance. Il me fallait retrouver cet être assassiné. Tenter de lui redonner vie…

Samuel Beckett, dans Rencontres avec Samuel Beckett de Charles Juliet.

LE BÂTARD IMAGINAIREest l’histoire d’une destruction. Celle, quotidienne, irréversible, d’un enfant de huit ans muré dans un désespoir qui n’a pas de mot pour se dire. Un désespoir froid et blanc comme une banquise dans laquelle il s’égare en prenant soin d’effacer ses propres traces. L’enfant dont il est question, et qui est bien entendu le cinéaste lui-même, ou l’enfant qu’il a été, ne participe pas au monde qui l’entoure. Il ne comprend ni ses règles ni le rôle qu’il est censé y jouer. S’il est l’histoire d’une destruction, Le Bâtard Imaginaire est aussi celle d’un apprentissage âpre et cruel. Celui du sentiment de la différence chez un enfant aussi peu préparé que possible à la recevoir pour destin.

E comme envoûtement

SISTER BLOOD (court métrage) 2012

SISTER BLOOD est l’histoire d’un envoûtement. L’histoire d’un homme d’une trentaine d’années possédé par une statuette funéraire Toraja dérobée par son compagnon dans un cimetière indonésien. Ce film, digne d’un conte d’Edgar Allan Poe, est le récit incroyable mais authentique d’un homme qui, bien que ne croyant ni aux esprits ni à l’au-delà, fut, pendant plus de dix ans, victime de acharnement vengeur d’un objet cultuel.

E comme être ou ne pas être

UN JEUDI SUR DEUX (court métrage) 2019

Un jeudi sur deux il y a ce que le juge des enfants appellent le droit de visite.
À cette époque-là le jeudi est le jour des enfants.
Un jour sans école.
Le jour des copains et des activités sportives ou culturelles.
Un jour que tu n’aimes pas. Un jour que tu redoutes.
Parce que toi tu n’as de copains et que tu n’as pas non plus d’activités sportives ou culturelles.
Parce que toi tu ne sais jamais quoi faire de toi.

E comme euthanasie.

FIN DE SEJOUR SUR TERRE 2012 (court métrage)

Le narrateur de ce film, ayant décidé de mettre fin à ses séjours, décide de se rendre à Zurich pour mettre son projet à exécution à l’aide d’un moyen devenu légal le suicide assisté. Cette expérience bouleversera à jamais sa perception de l’existence.

F comme fils

OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE (court métrage) 2019

Un fils. Une mère malade. Une promenade au bord de la mer. 

H comme haine

COUTEAU SUISSE (moyen métrage) 2018

L’histoire se passe en province, dans les années soixante-dix. Le narrateur, Gaspard, un adolescent de 17 ans, tient dans son journal le compte rendu quotidien du harcèlement homophobe dont il est la victime. Son bourreau est une élève de son lycée, Georgia. C’est une jeune fille émancipée qui vit en communauté avec son frère Francis et ses amis motards. Au lycée Georgia ne fait rien. Elle est jugée par l’administration scolaire comme de la graine de délinquante, une sorte d’amazone néo-nazie, une brebis irrécupérable qui passe ses récréations à fumer des Craven A., à boire au goulot sa flaque en argent au contenu suspect et à lire exclusivement les romans de son écrivain préféré : Louis Ferdinand Céline. COUTEAU SUISSE est film sur la haine, le mal, la peur, dont le dénouement est, d’avance, pleinement accepté par la victime et son bourreau qui se conduisent comme les personnages d’une tragédie antique écrasés par un destin contre lequel ils se débattent tout en sachant, dès leur première rencontre, qu’ils ne pourront pas échapper à son couperet.

I comme icône

PETIT POUCET (court métrage) 2019

Au début des années quatre-vingt, un jeune homme est assis dans un square des Champs-Élysées. Il voit s’approcher une vieille dame qui s’assoit presque en face de lui. Au bout de quelques minutes, il la reconnaît soudain.

I comme installation

CANCER MON AMOUR 2007 (moyen métrage)

Voulez-vous en savoir plus. Je suis une encyclopédie à l’agonie, chaque mot est un caillot de sang. Vous n’avez pas besoin de me dire, Marquise, que le vin était empoisonné. Je voudrais assister à votre mort comme j’assiste maintenant à la mienne. D’ailleurs je me plais encore à moi-même. La masturbation continue avec les vers. J’espère que mon jeu ne vous a pas ennuyée. Ce serait à vrai dire impardonnable. MERTEUIL : Mort d’une putain. A présent nous sommes seuls cancer mon amour.

Heiner Müller, Quartett

Il s’appelle Olivier. Nous nous connaissons depuis longtemps.

Nous sommes amis.

De lui au fond je ne sais pas grand-chose. Je sais ce qu’il me dit. Je devine parfois ce qu’il ne me dit pas.

Nous ne nous voyons pas souvent. Nous nous croisons. Nous sommes toujours contents de nous revoir. De parler du point où nous en sommes. Nous sommes des amis au long cours.

Il y a peu il me fait cette demande.

Il veut un film sur lui. Il veut de moi un film dont il serait le sujet exclusif.

Comme beaucoup de collectionneurs, comme beaucoup de nantis convertis au vertige de l’art de leur temps, il veut être l’instigateur d’une œuvre unique. Il ne veut plus seulement acheter de l’art. Il veut, à son tour, devenir œuvre d’art. Il veut se rêver modèle et mécène d’une œuvre célébrant sa propre gloire. Ou plutôt, le sachant trop retors, d’une œuvre mettant en scène sa propre auto-profanation.   

Il m’écrit la chose suivante :

J’aimerais que tu réfléchisses à un travail dont je serais le commanditaire, comprenant la réalisation d’une vidéo en boucle, mettant en scène toutes les techniques de ton art: photo, vidéo et performance le cas échéant. Ce travail pourrait s’articuler autour de MOI, dans un environnement, incluant les notions de VANITE (vanitas dans la tradition humaniste des Cabinets de curiosité), d’identité génétique imposée à la naissance et re-créée par le travail analytique, et puis bien sûr, tout ce que ce travail peut t’inspirer de fantasmes ou de dégoût aussi. Donne-moi ton avis sur ce projet commun.

Un collectionneur d’art contemporain me commande une œuvre sur lui-même.

O comme objets

MON OBJET PRÉFÉRÉ (long métrage) 2013

« C’est en rentrant dans l’objet qu’on rentre dans sa propre peau » Henri Matisse

Je suis allé filmer chez eux, sur leur lieu de travail ou, à défaut, dans la rue une centaine de personnes de tout âge et de toute condition sociale en leur demandant de poser silencieusement avec leur objet préféré. En quoi l’objet parle-t-il de nous ? Quelle est la nature du lien qui nous unit ? Les choses ne nous servent-elles qu’à projeter nos espoirs et notre nostalgie ou bien y a-t’il une vraie réciprocité dans nos rapports? Existe-il un dialogue secret entre les choses et nous ? Les choses nous répondent-elles? Et si oui, dans quelle langue? MON OBJET PRÉFÉRÉ est l’histoire de ce questionnement.

P comme Pina

DERNIÈRE DANSE, lettre à Pina B. (court métrage) 2016

À la fin des années soixante-dix, à l’âge de dix-huit ans, je me suis retrouvé par hasard dans une salle de spectacle parisienne programmant l’œuvre, tout à la fois théâtrale et chorégraphique, d’une artiste dont je n’avais jamais entendu parler : Pina Bausch. En sortant je n’étais plus le même. Pina Bausch a été, selon la formule consacrée, l’artiste qui a changé ma vie. Jusqu’à sa mort en 2009 j’ai vu et revu, en France et à l’étranger, chaque fois que j’en avais l’occasion, tous les spectacles de cette grande artiste. Cette brève lettre filmée raconte le rapport poétique et mystérieux que j’ai entretenu à distance, pendant quarante ans, avec cette femme étrange et inoubliable qui a infléchi le cours de l’existence de nombre de ses spectateurs.

S comme sédentarité

LE MAGASIN DE SOLITUDE (long métrage) 2019

Pendant quelques mois j’ai enquêté. Je suis allé voir des gens sédentaires. Je leur ai demandé de me parler de leur vie, de l’emploi du temps de leurs journées. Ce sont des gens qui passent leur vie chez eux. Qu’ils y soient obligés ou non n’est pas important. Ce qui compte ici c’est la façon dont ils s’accommodent de leur sort ce qu’ils en font, n’en font pas. Comment ils trouvent ou ne trouvent pas leur salut loin de leurs prochains. Je les ai écoutés inlassablement me parler de leur condition. J’ai récolté leurs paroles. Je les ai accouchés. Je n’ai eu aucun mal. Je n’ai eu besoin d’aucun subterfuge. Tous ils étaient à vif. Tous ils avaient la confidence à fleur de peau. La parole coulait d’elle-même. Leur vérité généreusement se dévidait avec une rage lasse et poignante. Ce n’était pas de l’hygiène mentale. C’était au-delà. On pouvait presque parler de liturgie.

S comme sexualité masculine

TRAVELLING ALONE (moyen métrage) 2017

L’église dit : le corps est un péché.

La science dit : le corps est une machine.

La publicité dit : le corps est un business.

Le corps dit : je suis une fête.

Edouardo Galeano

TRAVELLING ALONE est un film sur les hommes. Ou, plus exactement, sur un non-dit social et artistique quasi absolu, la sexualité masculine. TRAVELLING ALONE n’est pas réellement un documentaire. C’est une méditation cinématographique sur les hommes et leur libido. Ce film raconte l’histoire d’un homme qui se trouve brutalement confronté aux vicissitudes de son propre désir. Aucun petit garçon n’est éduqué dans l’idée que sa virilité, son aptitude à la turgescence, peut, du jour au lendemain, déposer son bilan. Qu’en est-il alors ? Que se passe-t-il quand un homme jeune encore découvre que le meilleur est derrière lui ? Qu’il n’a plus devant lui qu’un long, qu’un interminable travail de deuil à effectuer sur sa propre aptitude au plaisir sexuel ? Tel est le sujet de TRAVELLING ALONE. Un homme qui cherche dans son passé les prémices de ce qui allait devenir son destin d’homme adulte. Un homme patiemment qui cherche dans son passé les signes avant-coureurs d’une débâcle organique qui le déchoit de sa condition d’homme pour, à jamais, l’exiler dans la patrie des fantômes.

T comme transgression

JUSQU’A LA LIE (court métrage) 2017

Les ingrédients de cette histoire d’enfance sont : Un garçon de cinq ans. Une grand-mère. Une bouteille mystérieuse et démoniaque. Une tentation à laquelle, pour mieux s’en débarrasser, il s’empresse de céder.

V comme visage

ZÉRO FIGURE (moyen métrage) 2017

Quand le désastre devient une figure imposée du destin, deux voies s’ouvrent à vous : l’amertume ou la grâce.   

François Zabaleta

ZÉRO FIGURE est la plus petite taille de tableau commercialisée par les marchands de couleurs (18 sur 14 centimètres). Il existe aussi une taille inférieure appelée Zéro zéro (16 sur 12 centimètres).

ZÉRO FIGURE est une méditation sur le visage, la peau, l’apparence et ses mutations, transformations, malformations, détériorations et autres opérations chirurgicales, nécessaires ou non, qui en corrigent les aspérités de l’âge ou de la maladie. Mêlant histoires personnelles, faits divers, citations, digressions, l’auteur nous offre un collage cinématographique autour de la figure humaine et de son propre imaginaire.