A COMME ANTHROPOCENE.

L’anthropocène, l’époque humaine. Jennifer Baichwal , Edward  Burtynsky , Nicholas « Nick » de Pencier, Canada, 2018, 87 minutes.

Des images choc. Tout au long du film. Dès le premier plan. L’écran s’embrase. Nous sommes plongés au cœur d’un immense brasier. Sans connaître son origine. Qu’est-ce qui brule ? La planète ? Nous le découvrirons petit à petit dans le film. Un film qui ainsi prend la défense des éléphants. Même si ce n’est pas le seul objectif qu’il poursuit.

Anthropocène est un terme géologique qui définit une période de l’évolution de la planète caractérisé par le fait que les modifications, les transformations, causées par l’activité humaine sont plus importantes que toutes celles d’origine naturelle réunies. L’activité humaine, l’industrialisation en premier lieu, mais aussi l’agriculture intensive ou la surconsommation et les montagnes de déchets qu’elle produit. En détruisant quasi systématiquement la planète, l’humanité court à sa perte. La sixième extinction de masse est en cours. Est-il déjà trop tard pour inverser la tendance ?

Les cinéastes Jennifer Baichwal,  Nicholas de Pencier, et le photographe Edward  Burtynsky semblent ne pas le croire. Du moins entendent-ils pousser un cri d’alarme, faire prendre conscience de la gravité de la situation. Pour cela ils font confiance au pouvoir des images. Ils vont sillonner le monde, et ramener les marques indélébiles de l’action destructrice de l’activité humaine. Dans 20 pays et pendant 3 années. Un travail de titan. Le résultat est particulièrement impressionnant.

Que nous montrent-ils ? Des vues aériennes- merci les drones – d’un immense complexe sidérurgique en Sibérie, Des gros plans des mâchoires d’une gigantesque machine qui creuse la terre dans la plus grande mine de charbon à ciel ouvert d’Allemagne. Ils filment aussi la déforestation au Canada ou au Nigéria, la construction de digues en béton le long des côtes chinoises, les émanations de lithium dans le désert chilien. Et la montée des eaux à Venise. Partout les conséquences sur les populations sont catastrophiques. Les paysages sont ravagés. Et les hommes vivent, ou tentent de survivre au milieu de la pollution. Ou en essayant de récupérer un peu de plastique dans la plus grande décharge d’Afrique à Nairobi. Une tragédie dans laquelle l’homme, par sa démesure, s’autodétruit.

Le cinéma peut-il changer la face du monde ? Posée de cette manière, la réponse  ne peut qu’être négative. Mais il n’en reste pas moins que l’utilisation raisonnée des technologies de l’image – jusqu’aux plus récentes, réalité virtuelle en tête – peut contribuer à promouvoir des actions individuelles non négligeables, de la lutte contre le gaspillage et pour le tri. Une petite goutte d’eau n’éteindra pas l’incendie. Mais il n’est plus possible de se déclarer non concerné.

A COMME AMIES.

Je ne suis pas malheureuse, Laïs Decaster, 2018, 45 minutes.

De quoi parlent les jeunes filles lorsqu’elles se rencontrent entre amies  et passent des moments de détente, des moments d’oisiveté, à ne rien faire, à n’avoir rien à faire, des moments consacrés à l’amitié, la vraie amitié, celle qui donne du sens à la vie ? Elles parlent beaucoup. Elles se racontent. Et ce n’est pas triste.

Elles parlent beaucoup et elles rient aussi beaucoup. Pas seulement parce qu’elles sont gaies et joyeuses, mais surtout parce que ces moments passées entre amies sont des moments de plaisir, de bonheur. Et ça doit se voir de l’extérieur.

Laïs Decaster a fait des études de cinéma et c’est donc tout à fait normal qu’elle possède une caméra et qu’elle s’en serve. Elle se filme donc elle-même. Elle filme sa vie, et ce qui est le plus proche d’elle c’est-à-dire ses amies, ce petit groupe de quatre filles (elle en est la quatrième qui n’apparaîtra pas à l’image mais que l’on entendra souvent), de quatre amies lancées dans des études post-bac, un petit groupe particulièrement uni. Ainsi, lorsque Laïs filme, elle filme ses amis, leurs discours, leurs rires, leurs délires et même un peu leurs pleurs. Elle filme cette exubérance de la jeunesse, cette inconscience qui par moment fait place à de l’inquiétude, des interrogations sur l’avenir. Le sien et celui des autres. De tous.

Il n’y a pas de garçon dans ce groupe, mais les filles en parlent presque continuellement. Parce qu’ils représentent leur présent et leur avenir. Et parce qu’entre amies, on n’a rien à se cacher. La sexualité est ainsi un sujet de discussion qui revient souvent sur le tapis, mais ce n’est pas sûr qu’elles lui accordent une importance démesurée. Le sexe fait partie de la vie, voilà tout.

Le film auquel aboutit ce filmage régulier des rencontres entre amies est donc un film où l’on parle beaucoup, souvent toutes ensemble, mais toujours avec une grande spontanéité. Il est rare de pouvoir ainsi capter à la fois l’intimité et les rôles sociaux. Car bien sûr, si l’on peut parler de sincérité dans tous ces propos, il n’en reste pas moins que ces filles s’adressent à la caméra et qu’elles n’échappent pas tout à fait à leur posture sociale d’étudiantes dynamiques en route vers un avenir incertain mais qu’elles ont encore le sentiment (l’illusion ?) de pouvoir maîtriser.

Je ne suis pas malheureuse est un film de parole, mais c’est aussi un film d’image. Des images de la jeunesse de notre époque, une jeunesse qui se montre sans fard. Et si la cinéaste prend un plaisir évident à faire des images – de belles images comme celles des corps féminins flottant sur l’eau d’une piscine – les trois autres amies n’en éprouvent pas moins un grand plaisir à être filmées.

Ce film peut être considéré comme un bon exemple d’un certain cinéma actuel qu’on pourrait dire « facile à faire ». Facile parce qu’il donne l’impression qu’il suffit de déclencher la caméra pour faire des images qui deviendront un film. Oui, mais il n’en reste pas moins que ce devenir film réside tout entier dans le montage et que cela ne s’improvise pas. Facile aussi par ce qu’on penser qu’il est tout simple de filmer le quotidien d’un groupe d’amies qui ne demandent que ça. Sauf que le quotidien – la vie de tous les jours – n’est pas dans le film. Les études, la fac, non plus d’ailleurs. Ni les garçons dont on parle tant. Ni la famille. Bref, le film de Laïs Decaster ne nous propose pas des portraits au sens habituel du terme. Il se contente – et il ne propose aucune interprétation et surtout il ne juge pas – de donner à voir des images de jeunes filles d’aujourd’hui. Des filles qui sont bien dans leur peau dans leur corps, quel que soit sa taille. Des filles qui ne baignent pas vraiment dans un bonheur béat, mais qui vivent dans l’instant présent et, lorsqu’elles sont ensemble, qui savent savourer les plaisirs de l’amitié.

A COMME APOLLON.

L’Apollon de Gaza, Nicolas Wadimoff, 2018, 78 minutes.

Le Dieu de la beauté. L’incarnation de la beauté masculine. Avec sa flûte, il est aussi le dieu des arts et des lettres, de la poésie et de la musique. Les flèches de son arc symbolisent les rayons du soleil. Dieu de la lumière, Apollon est toujours du côté de la raison. Peut-il avoir sa place à Gaza ?

Gaza, cette ville qui a bien besoin de lumière. Et de Paix.

Mais que peut la mythologie grecque à Gaza ? Peut-elle intervenir dans la guerre ? Peut-elle soulager les habitants de Gaza des effets du blocus qui est imposé à leur ville par Israël ? La mythologie a-t-elle un sens dans le contexte de l’occupation de la Palestine ?

L’Apollon de Gaza n’est pas un film de guerre. Son auteur, Nicolas Wadimoff, avait déjà filmé la guerre à Gaza, les destructions, les maisons éventrées par les bombes, les blessés et les morts. Il avait consacré un film à Gaza au lendemain de l’opération Plomb Durci en 2009. Son film, Aisheen (still Alive in Gaza), était un cri de révoltes de ces civils qui sont totalement démunis devant la puissance militaire qui les détruits, malgré les dénégations officielles du côté israélien.

A voir L’Apollon de Gaza, on a presque l’impression que la paix est enfin établie à Gaza. Que les effets de la guerre ne sont plus qu’un lointain et mauvais souvenir. La résilience aurai-elle fait son œuvre ?

Le film propose une intrigue et une enquête.

L’intrigue est presque fictionnelle. Du moins elle a une dimension fictionnelle évidente, même si le film ne la revendique pas en tant que telle. Bien au contraire, il affirme son ancrage dans le réel et ne renie pas l’appellation de documentaire.

De quoi s’agit-il ? Une statue en bronze d’Apollon a été découverte en mer par un pécheur, au large de Gaza. Elle serait vieille de plus de 2000 ans. Et représenterait un trésor archéologique et une véritable fortune. Mais sa dimension mystérieuse est considérable. D’où vient-elle ? Pourquoi et comment a-t-elle abouti à Gaza ? Des questions sans réponses. Et le mystère ne fait que s’accroitre lorsque la statue en question disparaît, sans laisser de trace. A-t-elle était volée ? Par qui ? Qui la cache ?  Mystère…Mystère.

Le cinéaste va alors entreprendre une enquête pour essayer de percer le mystère, ou du moins de voir un peu plus clair dans cette affaire. Il va interroger successivement tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent être concernés ou avoir quelque rapport avec le statue : le pécheur qui déclare l’avoir découverte en mer, les archéologues qui l’ont vu et examinée, les officiels représentant le patrimoine gazaoui et sa conservation. Et ainsi de suite. Tous sont passionnés par l’aventure de cet Apollon. Mais aucun ne peut fournir le moindre élément de réponse précis qui ferait avancer l’enquête.

A la fin du film, puisqu’on n’est pas plus avancé qu’au début, on en vient à se demander si la statue a vraiment existé. Ne s’agirait-il pas simplement d’une légende. Et Apollon ne devrait-il pas revenir dans la mythologie dont il n’est en fait jamais sorti ?

Le film de Nicolas Wadimoff est une magnifique illustration du pouvoir de résilience de la mythologie. Apollon, un mythe qui embellit la réalité et en cache l’horreur lorsqu’il s’agit de la guerre. Mais n’est-ce pas en partie grâce à lui qu’il est possible, à Gaza comme dans tous les pays en guerre, de continuer à vivre.

A COMME Amérique – États-Unis.

American Passages, Ruth Beckermann, Autriche, 2011, 121 minutes.

Un voyage à travers les Etats-Unis, sans itinéraire décidé à l’avance, sans but particulier non plus, si ce n’est que de recueillir des images, de faire des rencontres et d’écouter ceux qui veulent bien parler d’eux, de leur vie, de ce pays qu’ils peuvent adorer ou haïr, des américains qui n’ont pas grand-chose de commun en dehors de cette identité nationale. Une Amérique particulièrement diversifiée donc.

Un film fait d’une multitude de visions, qui pourraient tout aussi bien  être multipliées à l’infini. Mais chaque fois des découvertes suffisamment surprenantes, étranges même, pour nous dire que décidément ce pays, ce continent, nous ne le connaissions pas vraiment. Et qu’il nous offrira encore longtemps des surprises, des étonnements, des émerveillements peut-être, mais aussi un sentiment d’incompréhension, de révolte aussi.

Le film débute à l’heure de l’annonce de la victoire d’Obama aux élections présidentielles et nous montre la joie, les manifestations de triomphe, des afro-américains descendus dans les rues pour suivre l’événement. Il se termine à Las Vegas, dans un casino, le royaume du jeu, de l’étalage du luxe et du clinquant, et de l’argent que l’on gagne ou perd, peu importe, ce qui compte c’est simplement d’être là.

Entre ces deux séquences nous aurons séjourné dans une banlieue noire au milieu des bâtiments HLM (un ghetto ?) où les femmes peuvent avoir eu des enfants dès 15 ans. Nous aurons rencontré un couple gay qui vient d’adopter un garçon d’une dizaine d’années. Nous aurons fréquenté les statues des signataires de la constitution. Et nous aurons écouté une magistrate noire ou un vétéran d’Irak. Et bien d’autres, parfois juste croisés, car le plus souvent le film ne nous donne pas le temps de nous arrêter. Son propos n’est pas d’approfondir. Dans cette fuite en avant qui pourrait presque donner le vertige, il nous entraine toujours plus loin. Et nous ne risquons pas d’être abandonnés en route tant nous sommes captés par le rythme du film. Une succession de portraits suffisamment contrastés pour que nous en gardions plus qu’une simple impression, un souvenir brulant.

L’Amérique du XXI ° siècle, c’est donc ça. C’est ça aussi. Indéniablement.

A COMME ABECEDAIRE – Mariana Otero

Autisme

Des enfants qui ne sont surtout pas « fous ».

Autogestion

Une tentative, montrée avec toutes ses difficultés mais aussi les espoirs qu’elle soulève. Un échec en fin de compte.

Avortement

Avant sa légalisation, combien de femmes y laissèrent leur vie…Comme la mère de la cinéaste.

Caméra

Une drôle de machine qui regarde les enfants et qui est regardée en retour. Une véritable interaction.

Collège

Longtemps considéré comme le maillon faible du système éducatif français. Est-ce les élèves qui y imposent leur loi ?

Comédie musicale

Une séquence finale surprenante.

Enfants

Les filmer tout simplement, au plus près.

Exposition

Celle que l’artiste n’a pas pu mener à son terme avant sa disparition.

Famille

Une enquête pour révéler un secret bien gardé.

Lacan

La référence à propos de l’autisme.

Licenciement

Pour les éviter, le personnel se lance dans un projet de reprise de l’usine.

Lingerie

De la dentelle, des ciseaux, des machines à coudre…

Manifestation

Devant l’Assemblée Nationale, contre la loi travail

Mère

Un souvenir, lointain. Une image. Des tableaux.

Mort

Celle de la mère. Longtemps incompréhensible pour sa fille.

Nuit debout

Réinventer la démocratie.

Ouvrières

Fabriquer de la lingerie féminine. Tous les jours.

Patron

Peut-on s’en passer dans une entreprise ?

Photographie

Le photojournalisme. Gilles Caron.

Psychanalyse

La pensée de Lacan, du stade du miroir à « l’objet petit a »

Psychiatrie

Un travail d’équipe surtout.

Psychose

« L’inconscient à ciel ouvert ».

Scop

Echapper au schéma habituel de l’entreprise capitaliste.

Thérapie

Au Courtil, des ateliers de musique, de théâtre. Un potager aussi.

A COMME ABECEDAIRE. -Nicolas Philibert

Ecole

Dans la montagne auvergnate, une classe unique. La vie scolaire au jour le jour, jusque dans les familles.

Infirmières, infirmiers

L’apprentissage de leur métier.

Jardin des plantes.

La modernisation. Faire comprendre l’évolution.

La Borde

La clinique fondée par Jean Oury, filmée lors de la préparation de la pièce de Théâtre que donneront les résidents lors de la fête de fin d’année.

Louvre

Une ville…Tout ce qui est mis en œuvre pour contempler La Joconde (S’il n’y avait pas tant de monde).

Normandie

Un retour sur les lieux de tournage de Moi Pierre Rivière…, le film de René Allio, pour y retrouver les acteurs, amateurs et professionnels.

Procès

Intenté par l’enseignant maître de la  classe filmée dans Etre et Avoir, demandant d’être considéré, et rémunéré, comme un acteur. Les parents des élèves lui emboitèrent le pas. Aucun n’obtiendra gain de cause. Le cinéma documentaire était sauvé.

Radio

Une maison dont pas un recoin ne nous sera caché, des studios aux couloirs et aux escaliers. Le plus Wisemanien de ses films.

Singe

Nénette pour les intimes, dans sa cage, faisant face aux visiteurs du Zoo.

Sourds

Un pays dont la communication est loin d’être absente

Succès

Etre et Avoir, un film plébiscité par le public.

A COMME ABECEDAIRE – Claire Simon.

Adolescents

Ils sont tous habillés sur le même modèle (Jeans et baskets), ils ont tous des écouteurs dans les oreilles et leur smartphone à la main, ils écoutent sans doute la même musique et aime la danse. Ils ont les mêmes interrogations, les mêmes inquiétudes, les mêmes envies, les mêmes désirs.

Amour

L’été dans le sud de la France, le temps des vacances, une rencontre et les premiers émois amoureux, qui seront interrompus par la rentrée.

Bois

Tout près de Paris, à Vincennes, pour oublier la fureur de la ville.

Ecole

Dans la cour de récréation, en l’absence des adultes, les enfants de maternelle expriment dans leurs jeux leur créativité, et leur violence.

Entreprise

Tout faire pour sauver son entreprise, coûte que coûte.

Fémis

Y entrer est une véritable course d’obstacle, une épreuve particulièrement éprouvante pour les candidats et qui n’est pas vraiment une partie de plaisir pour le jury.

Fiction

Toute une partie de son œuvre.

Gare

En dehors des voyageurs qui ne font qu’y passer, il y a les habitués, ceux qui y travaillent et ceux qui n’ont pas d’autre lieux pour passer leurs journées ou leurs nuits.

Lussas

Un village en Ardèche, devenu capitale mondiale du cinéma documentaire.

Médecine

Prendre sa retraite, pour un médecin de campagne, pas si facile. Il faut trouver un remplaçant et le faire accepter par ses patients.

Planning familial

Un lieu d’écoute, de confidence, pour soulager l’inquiétude, l’angoisse même.

Portrait

Une femme qui sait se faire respecter par les hommes. Un portrait intimiste.

Solitude

Celle des adolescents, dans leur lycée, mais surtout dans leur famille.

Transmédia

La gare du nord à paris, une fiction, un documentaire et un webdocumentaire.

Websérie

Les Etats généraux du documentaire, la plateforme de VOD Tënk, La vie du village, en 18 épisodes.

A COMME AFRIQUE – Filmographie.

Des films réalisés par des cinéastes africains ; des films tournés en Afrique, du nord au sud ; des films des femmes et des hommes immigrés depuis l’Afrique et vivant en Europe.

Sélection classée par pays.

Le continent Africain.

Afrique, comment ça va avec la douleur ? Raymond Depardon

Les Statues meurent aussi, Alain Resnais, Chris Marker

Algérie

À Mansourah, tu nous as séparés, Dorothée-Myriam Kellou

La Bataille d’Alger, un film dans l’histoire, Malek Bensmaïl

Bienvenue à Madagascar, Franssou Prenant

Le grand jeu, MaleK Bensmaïl

La Chine est encore loin,  MaleK Bensmaïl

Contre-pouvoirs, Malek Bensmaïl

Guerre secrète du FLN en France, Malek Bensmaïl

Ulysse le brûleur de frontières et la mer blanche au milieu, Malek Bensmaïl

Vote off, Fayçal Hammoun

Afrique du sud

 Come back, Africa, Lionel Rogosin

Le procès de Mandala et les autres, Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Burkina Faso

Les Orphelins de Sankara, Géraldine Berger

Ouaga girls, Traore Dahlberg Thérésa

Cameroun

Les Deux Visages d’une femme bamiléké, Rosine Mbakam

Côte d’Ivoire

Moi, un Noir, Jean Rouch

Vivre riche, Joël Akafou 

Egypte

Amal, Mohamed Siam

Je suis le peuple, Anna Roussillon

Mafrouza, Emmanuelle Demoris

Tahrir, place de la libération, Stéphano Savona

Madagascar

Fahavalo, Madagascar 1947, Andriamonta-Paes Marie-Clémence

Mali

Bilakoro, Johanna Bedeau, Laurent Benaïm

Doulaye, une saison des pluies, Henri-François Imbert

Maroc

Le chant des tortues, Jawad Rhalib

Mozambique

Terra pesada, Leslie Bronstein

Niger

Afrique 50, René Vautier

Bataille sur le grand fleuve, Jean Rouch

La Chasse au lion à l’arc, Jean Rouch

Les Maîtres fous,  Jean Rouch

Ouganda

Abc Africa, Abbas Kiarostami

Général Idi Amin Dada : autoportrait, Barbet Schroeder

République Démocratique du Congo – Zaïre

Atalaku , Dieudo Hamadi

Congo River Thierry Michel

Examen d’État, Dieudo Hamadi

L’homme qui répare les femmes Thierry Michel

L’Irrésistible Ascension de Moïse Katumbi, Thierry Michel

Kinshasa Macumbo , Dieudo Hamadi

Maman colonelle, Dieudo Hamadi

Mobotu roi du Zaïre, Thierry Michel

Rwanda

Après, un voyage au Rwanda, Denis Gheerbrant

Sénégal

Barcelone ou la mort, Idrissa Guiro

Les Larmes de l’immigration, Alassane Diago

Mille soleils, Mati Diop

Rencontrer mon père, Alassane Diago

La Vie n’est pas immobile, Alassane Diago

Soudan

Au loin des villages, Olivier Zuchuat

Nous venons en ami, Hubert Sauper

Tanzanie

Le Cauchemar de Darwin, Hubert Sauper

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Les Africaines et les Africains immigrés en France et en Europe.

Chez jolie coiffure, Rosine Mbakam

Enfants d’Hampâté Bâ, Emmanuelle Villard

Enfants valises, Xavier de Lauzanne

Mallé en son exil, Denis Gheerbrant

Les Sénégalaises et la Sénégauloise, Alice Diop.

A COMME ARGENTINE – Buenos Aires

Avenue Rivadavia, Christine Seghezzi. France, 2012, 67 minutes.

         C’est parait-il la plus longue avenue du monde. C’est du moins ce que disent les habitants de Buenos Aires. Pour un cinéaste, le problème c’est d’arriver à la filmer, dans sa totalité, dans sa diversité, et de donner une vision de sa place et de son importance dans la ville. La première solution, c’est alors de la parcourir à bord d’un véhicule. La caméra placée à l’avant, contre le pare-brise, donne alors de longs travellings avant, au milieu de la circulation, de jour comme de nuit, même si alors les véhicules ont tendance à se raréfier. Filmer l’avenue, c’est aussi réaliser des travellings latéraux, comme nous en montre la première séquence. Le long de l’eau, avec sur la rive en premier plan des arbres et de la végétation et en arrière plan des immeubles qui eux semblent immobiles. Entre ces deux niveaux de l’image, on distingue des véhicules qui circulent sur une voie que l’on devine à peine. Au bout de plus de deux minutes, le cadrage change. Le même travelling filme alors des bateaux, des grues, des bâtiments en béton, mais en gros plan cette fois, ce qui rend impossible toute identification de lieu en dehors de l’évocation d’une zone portuaire. Enfin, le troisième mode de présentation filmée de l’avenue consiste en des plans fixes, soit dans l’enfilade de la chaussée, soit avec un léger retrait, à l’occasion de petites places ou fragments de parcs, les trottoirs avec la circulation des véhicules et des piétons en arrière plan. Chacun de ces plans contient un personnage, assis en premier plan, vu de face ou de profil, quasiment immobile en dehors d’un léger mouvement de la tête. L’avenue par là perd de son anonymat de grande ville. Le film nous propose de rencontrer quelques habitants et surtout d’appréhender une partie de son histoire.

         Les habitants de l’avenue Rivadavia que rencontre Christine Seghezzi sont essentiellement des enfants d’immigrés d’Europe de l’est dans les années 20 ou 30, comme cet horloger dont le père est venu de Hongrie, ou ce juif polonais rencontré dans un premier temps alors qu’il lit le journal sur un banc en bordure de l’avenue. La cinéaste filme aussi un cours de langue destiné à de jeunes chinois où, en traitant des temps du passé, la formatrice en vient à parler du Vatican, de Rome, des rois européens tous catholiques et donc de Dieu, de Jésus et de la Vierge, dont l’évocation fait bien rire les asiatiques. Petite touche d’humour vite effacée par la dimension bien plus noire de l’histoire récente de la ville.

         Cette histoire de Buenos Aires, c’est d’abord la place de Mai, et ces mères qui y manifestent tous les jeudis. Portant sur des pancartes les photos de leurs fils et filles disparus, elles appellent leurs noms et répondent « présent » pour souligner que leur revendication d’une plus grande justice sociale était une lutte juste. Le souvenir de la dictature, c’est aussi le récit que fait une mère de l’enlèvement de son fils et de sa belle-fille parce qu’ils étaient des militants. C’est enfin, l’évocation du camp de torture implanté en plein centre ville et de la terreur qui en découlait pour tous les habitants du quartier. Les images plutôt toute empreinte de calme et d’une certaine douceur dans la première partie du film, deviennent plus sombres, filmées de nuit dans une lumière qui se fait rare. Les déplacements en véhicule dans l’avenue laissent la place à de longues marches à pied. Nous suivons un temps deux hommes poussant une petite charrette sur laquelle ils empilent papiers et plastiques récupérés. Toute la fin du film est marquée par une sorte d’errance, sur les trottoirs devant les vitrines des boutiques ou dans les transports en commun. Ces déplacements ont-ils un but ? Le film n’en dit rien.

         La plus grande avenue du monde ne nous a livré qu’une partie de ses secrets. Les habitants de Buenos Aires continueront de la fréquenter.

A COMME ABECEDAIRE – Film d’histoire (documentaire)

Un abécédaire assez particulier, non conventionnel, hors normes presque. De par la multiplicité de ses référents principalement. Il suppose d’ailleurs qu’on ne remette pas en question la notion de genre. Mais quelles sont ses limites ? Qu’est-ce qui fait que la dénomination « film d’histoire » soit dans un cas incontestable, alors que dans un autre elle sera fortement contestée ? Doit-on parler du degré d’historicité du film ? Qui serait d’autant plus grand qu’il s’agirait d’aborder un passé plus lointain ? Et qu’en est-il alors de l’histoire immédiate ? N’a-t-elle pas toujours un petit côté reportage ou magazine télévisé ? Des questions qui ne peuvent qu’agiter les historiens. Mais concernent-elles les cinéastes ? Autrement dit, un cinéaste peut-il faire un film d’histoire sans être un tant soit peu historien.

Acteurs.

Au sens de celui qui agit, qui a agi. Celui qui était donc au cœur des événements. Mais rencontré après coup, au moment où il peut prendre une distance indispensable, une hauteur de vue peut-être, une lucidité nécessaire.

Analyses

Beaucoup de commentaires, dans les films documentaires d’histoire, prétendent analyser, faire comprendre, expliquer, en évitant les interprétations personnelles. Est-ce possible, et jusqu’à quel point ?

Archives

Les faire parler ou les laisser parler ? Le choix fondamental. Mais peut-on renoncer à les utiliser ? On sait que Lanzman, dans Shoah, les a systématiquement écartées, au profit d’entretiens avec les survivants.

Commentaire

De moins en moins utilisé dans le documentaire d’auteur, il est souvent nécessaire quand il s’agit de donner des précisions historiques que les images ont du mal à prendre à leur compte.

Conseiller historique

Leur présence (dument mentionnée au générique) serait indispensable dans le cas de la fiction, pour éviter les erreurs, les approximations, les anachronismes. Mais dans le cas du documentaire, sont-ils réduits à servir de caution « scientifique ».

Enquête

Le travail de l’historien s’apparente clairement au travail d’investigation. Pas étonnant alors que le cinéma d’histoire privilégie ce type de dispositif. Ce qui contribue alors à créer du suspens, et contribuer à susciter, ou maintenir l’intérêt du spectateur.

Evènement

Il est des événements dont le destin cinématographique est tout tracé et qui n’en finissent pas de hanter la mémoire des cinéastes. Le coup d’état du 13 septembre 1973 an Chili est sans doute de ceux-là, pour les cinéastes chiliens évidemment en tout premier lieu. Et les guerres, de façon générale, sont toujours un très bon sujet pour tous les cinéastes.

Experts

Habitués des plateaux de télévision, toujours les mêmes. Le cinéma offre plus de diversité. Mais la renommée de l’intéressé a toujours la même fonction, gagner en valeur de vérité.

Festival

Le Festival International du Film d’Histoire a lieu tous les ans à Pessac en Gironde. Il en est à sa 30° édition.

Film historique.

Cette désignation correspondrait plutôt à la fiction. Le documentaire lui serait « film d’histoire ». Une distinction toute théorique bien sûr.

Idées reçues

Il s’agit le plus souvent de les combattre, de les dénoncer, d’en révéler la nocivité. De montrer leur origine et au profit de qui, ou de quoi, elles roulent.

Lieux

Filmer les lieux d’événements du passé, le plus souvent une inévitable nostalgie, sauf s’il s’agit de lieux de massacres ou autres situations d’horreur.

Mémoire

Faire œuvre de mémoire. Lutter contre l’oubli, des dictature, des génocides, des crimes contre l’humanité

Politique

Tout film d’histoire est nécessairement un film politique.

Portrait

Faire le portrait d’un personnage du passé –nécessairement disparu – est-ce nécessairement réaliser un film d’histoire ?

Prendre position

Un documentaire d’auteur, par définition, ne se situe pas dans la perspective de l’objectivité. Le domaine de l’histoire, comme tout regard posé sur le monde,  implique de prendre position. Ce n’est pas pour autant que le cinéma d’histoire doive devenir militant, au sens de prendre parti  et de défendre une cause identifiée comme telle et trouvant son champ d’application en dehors du cinéma.

Présent

La connaissance du passé peut-elle éclairer le présent ? Eternelle question. Une chose est sûr néanmoins, c’est qu’un film d’histoire est nécessairement un film au présent, qui concerne le présent ne serait-ce que parce qu’il est réalisé dans le présent.

Preuve

Une image est-elle une preuve ? Dans le domaine de l’histoire, comme partout d’ailleurs, la réponse est immédiatement négative.

Public

Qu’est-ce qui peut séduire le public dans un film d’histoire ?

Récit

Les films d’histoire ne sont-ils pas tout simplement des films qui racontent des histoires du passé, qu’ils soient des fictions ou des documentaires.

Reportage

Réalisé dans le feu des événements – l’actualité –  il ne deviendrait historique que lorsque, plus tard, un historien (un cinéaste) s’en empare et lui donne une autre dimension. Pour servir de preuve par exemple, ou du moins d’argument.

Témoins

Bien sûr il n’y en a pas toujours. Mais lorsqu’ils existent, ils sont une aubaine. Et le cinéma ne s’en prive pas. Est-ce pour autant que leur parole est toujours digne de foi ?

Vérité

Le cinéma documentaire a-t-il pour objectif ultime la recherche de la vérité ? Mais de quelle vérité peut-il s’agir? Celle attestée par les livres, les recherches « scientifiques », le plus souvent estampillées universitaires ? Celle du cinéaste ou de l’historien ?

A COMME ABECEDAIRE – Patricio Guzman

Le cinéaste chilien le plus connu, à travers son œuvre documentaire étroitement imbriqué dans l’histoire de son pays, de l’expérience d’un socialisme démocratique sous la présidence de Salvador Allende au coup d’état de Pinochet et à la répression qui le conduisit à l’exil.

Allende

Démocratiquement élu, il met en route un train de réformes considérables. Jusqu’au coup d’état de 1973

Amérindiens

De tout temps massacrés, il ne reste que quelques rares survivants en Patagonie.

Archives

Celles de l’Unité populaire, du soutien du peuple à Allende sous sa présidence. Celles aussi du coup d’état et de la répression.

Armée

Elle mit en action tous les moyens dont elle pouvait disposer dans le putsch de 1973.

Assassinat

                La dictature élimine systématiquement les opposants.

Archéologie et Astronomie

Dans le désert d’Atacama l’exploration des étoiles et la recherche des restes des civilisations passées.

Bourgeoisie

 « L’insurrection bourgeoise » titre la première partie de la Bataille du Chili

Bouton

De la nacre au fond de l’océan.

Camionneurs

Une grève, dirigée ouvertement contre le gouvernement d’Unité populaire, tentant de bloquer l’économie du pays.

Chili

Son pays, auquel se réfère toute son œuvre.

CIA

Le rôle actif des américains dans le coup d’état de Pinochet n’est plus à prouver.

Cosmos

Des images d’étoiles de toute beauté

Cordillère

Si importante dans la géographie du Chili et pourtant elle reste inconnue, donc mystérieuse.

Coup d’Etat

Celui du 11 septembre 1973 restera gravé dans les mémoires comme un des plus sanglants de l’histoire du continent.

Démocratie

Le premier pays en Amérique latine à instaurer le socialisme démocratiquement.

Désert

Celui d’Atacama,  au nord du Chili, réputé pour la pureté de son air. Ce qui favorise l’observation du ciel et des étoiles.

Dictature

Celle de Pinochet fut sanglante, d’un autoritarisme féroce, écrasant par tous les moyens toute tentative de résistance.

Elections

Celle de mars 73 conforte la base électorale de l’Unité populaire. La droite qui a cru les gagner se dirigera alors presque ouvertement vers la solution du coup d’Etat pour reprendre le pouvoir.

Exil

En Espagne et en France, comme beaucoup de ceux qui avaient soutenu Allende.

Histoire

L’Histoire du Chili toujours au cœur de son cinéma.

Justice sociale

Un rêve incarné par Salvador Allende

Lumière

L’obscurantisme de la dictature peut-il être vaincu ? Premier temps du triptyque de la mémoire

Mémoire

Un devoir : lutter contre l’oubli. Le cinéma doit être mis à son service

MIR

Mouvement de la Gauche révolutionnaire. L’extrême gauche chilienne.

Montagne

                La Cordillère bien sûr. Troisième temps du triptyque de la mémoire

Océan

En Patagonie, l’évocation du rapport qu’entretiennent les Chiliens avec l’eau. Deuxième temps du triptyque de la mémoire.

Peuple

Filmé avec beaucoup d’empathie pendant la présidence d’Allende, dans d’immenses manifestations de soutien

Pinochet

Poursuivi par la justice après la chute de la dictature. Mais il ne sera jamais jugé.

Politique

Au Chili plus qu’ailleurs, le cinéma ne peut être que politique.

Répression

Pendant la dictature, et même après, toutes les manifestations sont systématiquement réprimées.

Révolution

                Avec Allende, elle prend un visage démocratique

Stade

Celui de Santiago, où furent parqués ceux que l’armée arrêtait après le coup d’état.

Télescope

                Le plus grand du monde, installé dans le désert d’Atacama, pour observer le ciel.

Torture

                Systématique dans les prisons de la dictature.

Triptyque

La lumière, l’océan, la montagne. Les trois temps successifs d’un cinéma de la mémoire particulièrement poétique

Unité Populaire

                La réunion de toutes les forces de gauche qui portèrent Allende au pouvoir en 1970.

Valparaiso

La ville natale d’Allende.

A COMME AMÉRIQUE LATINE – Filmographie.

La 30° édition du festival international du film d’histoire de Pessac est consacrée à l’Amérique Latine « Terre de feu ». Un continent où s’affronte révolution et dictature, du Chili à l’Argentine, sans oublier l’influence de Cuba. Un cinéma donc essentiellement politique, prenant position du côté des pauvres et des démunis, mettant souvent en exergue la figure du « Che » ou de Salvador Allende. Un cinéma de la violence, des gangs des favelas de Rio au cartel de la drogue en Colombie. Une dénonciation de la misère du peuple et de la répression sanglantes des oppositions. Et un événement qui hante tant de films : le coup d’état militaire de 1973 au Chili

À ciel ouvert, Inès Compan

         La lutte des Kollas contre une multinationale canadienne venue exploiter une des plus grosses mines d’argent à ciel ouvert du monde

À Valparaiso, Joris Ivens

Une ville mythique, par son nom (“la vallée paradis”), par son port, par ses collines. Commentaire de Chris Marker

Alma, une enfant de la violence, Miquel Dewever-Plana & Isabelle Fougère.

Le récit d’un itinéraire au sein d’un gang au Guatemala et la difficulté pour le quitter.

La Arrancada, Aldemar Matias

Une mère avec sa fille et son fils. La vie d’une famille cubaine

Avenue Rivadavia, Christine Seghezzi

A Buenos Aires, la plus longue avenue du monde

La Bataille du Chili, Patricio Guzman

Une grande fresque historique, depuis l’élection de Salvador Allende à la présidence jusqu’au coup d’état de Pinochet.

Bienvenue en Colombie, Catalina Villar

         La réalité colombienne vue pendant la période électorale de 2002.

Bixa Travesty de Claudia Priscilla et Kiko Goifman

Le portrait de Linn Da Quebrada, la star queer qui combat le machisme sous toutes ses formes, au Brésil.

Bolivie Brésil, la frontière de tous les trafics, Patrick Fléouter

         Deux pays, deux villes, face à face.

Le Bouton de nacre, Patricio Guzman

Deuxième volet de la trilogie du travail de mémoire à travers une approche de l’océan.

Claves,  Atahualpa Lichy.

Le cinéma latino-américain des années 1960-70 et ses relations avec la critique européenne.

Le Cas Pinochet, Patricio Guzman

Le dictateur sera-t-il enfin jugé ou échappera-t-il aux poursuites engagées contre lui en Espagne et au Chili ?

Chili 1973, une ambassade face au coup d’Etat, Carmen Castillo

L’ambassade de France ouvre ses portes aux militants pourchassés par l’armée après le coup d’état.

Chili, la mémoire obstinée, Patricio Guzmán

Retour au Chili, après 22 ans d’exil, pour comprendre l’oubli.

La Cordillère des songes, Patricio Guzman.

Le troisième et dernier volet du triptyque : le survol des cimes enneigées de la montagne

Cortázar y Antín: Cartas iluminadas, Cinthia Rajschmir

La rencontre dans les années 60 du jeune cinéaste Manuel Antin et de Julio Cortazar

Después de la revolucíon, Vincent Dieutre

Buenos-Aires. Un carrefour, en bas de l’hôtel, le croisement de deux rues. Et faire un plan fixe.

La Dignité du peuple, Fernando Solanas.

         Défense de la cause des pauvres et des déshérités.

Edificio Master, Eduardo Coutinho

Les habitants de l’immeuble « Edifício Master » à Copacabana, Rio de Janeiro. Douze étages de 23 appartements chacun.

Etat de guerre, Nicaragua,  Carmen Castillo & Sylvie Blum.

La Contre-Révolution selon trois points de vue médiatiques : États-Unis, pays étrangers et Nicaragua.

 Les Enfants des mille jours, Claudia Soto Mandilla et Jaco Biderman .

         Inventaire des 1000 jours de la présidence de Savador Allende.

Ernesto Che Guevara. Le journal de Bolivie, Richard Dindo

         La dernière campagne et la mort du « CHE »

La Flaca Alejandra, Carmen Castillo et Guy Girard,

Une militante du MIR, puis membre (repenti) de la police politique de Pinochet.

Femmes du chaos venezuelien, Margarita Cadenas.

Portrait de cinq vénézuéliennes confrontées à un quotidien de plus en plus difficile.

La Fin et le Début, Eduardo Coutinho

         Dans le Nordeste du Brésil, des rencontres avec des paysans.

Le Grain et l’Ivraie, Fernando Solanas

Voyage à travers le Brésil à la rencontre des agriculteurs. L’utilisation intensive des pesticides a provoqué l’exode rural, la déforestation, la destruction des sols mais aussi la multiplication des cas de cancers et de malformations à la naissance.

Los Herederos, Eugenio Polgovsky.

La journée d’enfants dans un village du Mexique. Leur travail dans les grandes exploitations agricoles.

L’Heure des brasiers, Fernando Solanas.

Tourné clandestinement, en 16 mm et noir et blanc, une dénonciation du néocolonialisme. Seule issue possible : la révolution.

Histoire de la plaine, Christine Seghezzi

En Argentine, les ravages de la culture intensive du soja et de l’emploi massif des pesticides.

Homo Botanicus, Guillermo Quintero.

La passion pour les plantes  du botaniste Julio Betancur dans la forêt colombienne. Biarritz 2019

El  Impenetrable , Daniela Incalcaterra et Fausta Quattrini.

L’héritage d’un terrain perdu dans la forêt amazonienne et transformé en « réserve naturelle ».

Jericó. Le Vol infini des jours, Catalina Mesa.

         Des femmes évoquent les joies et les peines de leur existence.

Jeu de scène, Eduardo Coutinho.

         Une mise en abime mélangeant documentaire et fiction.

Mémoires d’un saccage. Argentine, le hod-up de siècle, Fernando Solanas.

         Le destin de l’Argentine, pays en faillite, où la colère du peuple explose.

Le mystère des lagunes, fragments andains, Atahualpa Lichy

Les « villages du sud », dans les Andes vénézuéliennes, la tradition orale, la musique, les légendes.

Noël en Colombie, Lizette Lemoine, Aubin Hellot

         De village en village, des rencontres avec des paysans et des artisans.

Nostalgie de la lumière, Patricio Guzman

Le désert d’Atacama, au nord du Chili, l’exploration des étoiles, et la recherche des « disparus de Pinochet ».

La Nueva Medellin, Catalina Villar

         Les transformations de la ville la plus violente du monde.

Patricio Guzmán, une histoire chilienne, Catalina Villar

         Un film sur le cinéaste de la mémoire des années sombres du Chili.

Puisque nous sommes nés, Jean-Pierre Duret et Andréas Santana

Deux adolescents passent leurs nuits dans une station-service pour essayer de gagner quelques sous ou trouver quelques restes à manger

Rescapé des Andes, ARIJON Gonzalo

         Un exemple type de l’usage de la reconstitution.

Le Rêve de São Paulo, Jean-Pierre Duret et Andréas Santana

Ils ont quitté le Nordeste pour Sao Paulo. Le rêve de la grande ville.

Le Rideau de sucre, Camila Guzman Urzua.

Des premières années de la Révolution cubaine aux années de crise de la « période spéciale » des années 1990

Romance de terre et d’eau, Jean-Pierre Duret et Andréas Santana

         La pauvreté et la misère des paysans sans terre du Nordeste brésilien.

Rue Santa Fé, Carmen Castillo.

Le récit autobiographique d’une vie de militantisme et d’exil après le coup d’état de Pinochet

Sangre de Mi Sangre, Jérémie Reichenbach.

Un abattoir autogéré en Argentine. La vie quotidienne d’une famille qui y travaille.

Salvador Allende, Patricio Guzman

         Hommage au président élu en 1970.

Santiago Italia, Nanni Moretti

L’Italie terre d’asile pour les chiliens après le coup d’état.

Septembre chilien, Bruno Muel, Théodore Robichet, Valérie Mayoux.

         Le coup d’état au Chili et les victimes de la répression. 

El sicario. Chambre 164, Gianfranco Rosi.

Dans une chambre de motel, un homme cagoulé de noir raconte 20 ans de sa vie passés au service du cartel mexicain des narcotrafiquants.

Últimas Conversas, Eduardo Coutinho

         Des entretiens avec des élèves des écoles secondaires publiques de Rio de Janeiro.

Zona Franca, Georgi Lazarevski.

En Patagonie, une grève bloque les touristes.

Zona Oest, Olivier Zabat.

La violence des favelas de Rio, du côté des gangs et de celui de la police.

A COMME ABECEDAIRE – Frederick Wiseman.

Chacun de ses films pourrait bien sûr être caractérisé par un mot-clé. Les inventorier reviendrait alors à élaborer une bibliographie. Il est plus intéressant de tenter des regroupements voire des synthèses. Au risque – assumé – de ne pas être exhaustif.

Administration

Chaque institution a sa direction qui a la responsabilité du bon fonctionnement et qui doit affronter tous les problèmes, en particulier financiers, qui ne manquent pas de se poser.

Animaux

Le bétail pour la viande, les chevaux pour les paris aux courses et les animaux sauvages mis en cage dans les zoos.

Armée

La base de Fort Polk en Louisiane et celle de Vandenberg en Californie où est situé le siège de commandement de l’armée de l’air et le fameux « bouton rouge » qui peut déclencher l’arme nucléaire.

Bovins

Depuis les pâturages jusqu’à l’abattoir, l’itinéraire de la vie des vaches suivi pas à pas.

Boxe

Le seul sport qu’il ait filmé. Mais il ne s’agit nullement de compétition. Plutôt d’un passe-temps, ou d’une activité pour entretenir son corps et sa forme.

Consommation

Les magasins Neiman-Marcus à Dallas, temple du luxe et de l’argent.

Danse

L’American Ballet Theater, d’abord. Puis le Ballet de l’Opéra de Paris. Les répétitions beaucoup, mais aussi les réunions de direction, sans oublier les couloirs, les escaliers et les toits.

Durée

Le plus souvent ses films durent plus de trois heures, voire quatre, pour aller jusqu’à huit. C’est qu’il faut du temps pour montrer tous les aspects de la réalité filmée. Et surtout ne pas donner l’impression d’un simple survol.

Ecole

En 1968, dans High School, il filme à Philadelphie un lycée à la pédagogie plutôt traditionnelle. En 1994, High School II montre les évolutions fondamentales du système remplaçant une discipline autoritaire par une responsabilisation de plus en plus grande des élèves

Folie

Son premier film lui est consacré. Dans un asile internant des criminels déclarés irresponsables.

Handicap

Cécité, surdité, mais aussi les polyhandicaps.

Institution

Filmer les institutions américaines, sa grande spécialité. Vues de l’intérieur, dans le plus possible tous leurs aspects.

Livre

Des livres et des lecteurs, dans le silence de ce temple de la lecture qu’est une bibliothèque.

Méthode.

Tout au long d’une carrière cinématographique de plus de quarante ans il n’a jamais varié sur les grands principes  qui fonde son cinéma : pas d’entretien ni d’interview, pas de commentaire surajouté, aucun ajout de données explicatives, ni musique ou texte en surimpression ou en insert,  un filmage long ,sans plan préétabli, le rythme du film émergeant peu à peu au montage, une attention au détails presque maniaque, et surtout une durée qui respecte les personnes filmées, leurs actions et les lieux dans lesquels elles se déroulent.

Mort

Un hôpital. Des patients en fin de vie.

Musée

National Gallery, à Londres. Les tableaux bien sûr filmés en gros plan, souvent plein cadre, mais aussi les visiteurs, les gardiens et les autres membres du personnel.

New York

Central parc, un havre de pays dans la frénésie de la grande ville, qu’on arrive à oublier. Mais aussi Jackson Heights, ce quartier exemplaire du brassage culturel des grandes villes de l’est.

Paris

Essentiellement vu depuis les toits de l’Opéra Garnier. Les Boulevards et les avenues. Mais surtout les toits. Le tout filmé sous une grande lumière, un soleil éclatant.

Police

Un commissariat à Kansas City. La violence quotidienne mais aussi celle des policiers blancs sur les Noirs

Théâtre.

Il a été lui-même metteur en scène. Et il a filmé la Comédie Française à Paris.

Université

Berkeley, le modèle américain de l’université publique donc gratuite, mais menacée par le libéralisme ambiant.

Ville

Paris, Londres, New York,  mais aussi Dallas et  Austin au Texas  et même dans l’Amérique profonde, des villes plus petites, Monrovia dans l’Indiana par exemple.

S COMME SAINT-ALBAN

Les heures heureuses, Martine Deyres, 2019, 77 minutes.

Saint-Alban-sur-Limagnole, un petit village perdu en Lozère, ce département longtemps déshérité. C’est là qu’a été fondé en 1936 – sous le Front Populaire, ce qui n’est certainement pas une coïncidence – un hôpital psychiatrique qui va devenir, par l’action des médecins psychiatres qui vont y travailler, le haut lieu d’une nouvelle pratique psychiatrique, connue sous le nom de psychothérapie institutionnelle. A Saint-Alban, pas de camisole, pas de chambre d’isolement. On n’attache pas les malades. Ils sont libres d’aller travailler dans les ateliers où se développe l’ergothérapie. A Saint-Alban, il y a une imprimerie, une bibliothèque, une salle de projection. Les malades, qu’on préfère appeler des soignés, partent en vacances en groupe. Bref, ils ne sont pas considérés comme des fous qu’il faut enfermer. Saint-Alban, le laboratoire des nouvelles thérapies qui vont révolutionner la psychiatrie et remettre en cause les conceptions anciennes de la folie et de l’asile.

Martine Deyres avait réalisé en 2015, un long entretien avec Jean Oury, le fondateur de la clinique de Laborde où l’on retrouve les principes déjà formulée à Saint-Alban, Le Sous-bois des insensés, une traversée avec Jean Oury. Ce nouveau film – où son intérêt pour la psychiatrie ne se dément pas – est le résultat d’une découverte quasi miraculeuse. Il s’agit d’une caisse contenant des bobines de films. De petits films, les plus anciens en noir et blanc bien sûr, tournés par ceux qui travaillent à Saint-Alban, infirmiers et médecins. Des films montrant le quotidien de cet asile qui devient peu à peu un lieu de vie. Une vie filmée sur le vif, avec une grande simplicité et donc une authenticité extrême. Aucun effet superflu. Aucune volonté d’impressionner le spectateur. D’ailleurs, ils n’étaient pas destinés à être diffusés en public, mais plutôt d’être présentés aux  pensionnaires de Saint-Alban dans une visée thérapeutique. Aujourd’hui, ils sont devenus des archives irremplaçables. Les montrer  est un témoignage inestimable sur cette véritable aventure intellectuelle et médicale. Mais Les heures heureuses c’est aussi, grâce à un montage particulièrement efficace, un véritable film de cinéma, source d’un véritable plaisir, par exemple au moment des fêtes du village, ou en tendant la lecture des articles écrits par « les soignés » dans leur  journal interne, « Le Trait d’union ».

Dans les extraits choisis, nous  voyons et entendons les grands noms de la psychiatrie française. François Tosquelles d’abord. Réfugié catalan en France, membre du Poum (Parti ouvrier d’unification marxiste),  il est condamné à mort par le régime franquiste. Il est considéré comme l’inventeur de l’ergothérapie. Lucien Bonnafé, qui sera directeur de Saint-Alban. Et bien sûr Jean Oury.

Mais Saint-Alban n’attire pas que les médecins. Pendant la guerre c’est un lieu de refuge pour les juifs et les résistants, en particulier l’écrivain Georges Sadoul, le philosophe Georges Canguilhem  et le poète Paul Eluard. Plus tard on pourra y croisé Frantz Fanon qui forme les infirmiers ou Jean Dubuffet qui, impressionné par les créations artistiques des « malades » y trouvera cette inspiration qui le conduira à ce qu’il va alors appeler « l’art brut ».

En 1962, Mario Ruspoli avait consacré un film à Saint-Alban, Regard sur la folie, qui peut être considéré comme un premier pas dans la transformation de la vision sociale de la folie. Le film de Martine Deyres s’inscrit parfaitement dans cette perspective. Certes depuis les années 60, des progrès important pour l’acceptation des différences ont été réalisés. Mais qui peut dire qu’il ne reste pas encore beaucoup à faire pour que ceux qui sont encore désignés comme fous ne soient pas mis à l’écart de la société.

A COMME ARTS PLASTIQUES – Filmographie.

A COMME ARTS PLASTIQUES  – Filmographie.

La peinture et les arts plastiques en général, sans oublier le Street art. La création artistique sous toutes ses formes. Des portraits d’artistes, des rencontres  et des découvertes de leur œuvre, achevée ou en cours de réalisation. L’art dans les musées, et dans les rues. L’art dans la vie.

  • 36 000 ans d’art moderne, Manuelle Blanc

Comment l’art préhistorique a inspiré́ les plus grands artistes du XXe et continue d’influencer les artistes d’art contemporain.

  • À quoi pense madame Manet sur son canapé bleu, Hervé Le Roux

Partir de l’image d’une femme, et essayer de s’approcher un peu de son secret, tout en traversant l’œuvre et la vie du peintre.

  • Agnès de ci de là Varda, Agnès Varda

                  Des rencontres avec des peintres comme Soulage

  • Ai Weiwei, never sorry, Alison Klayman

L’artiste chinois contemporain le plus connu en Occident, ce qu’il il est tout cela à la fois.doit en grande partie à son engagement dans la contestation du régime autoritaire de Pékin. Quant à son œuvre elle est particulièrement protéiforme et diversifié. Architecte, sculpteur, photographe, auteur de performances et d’installation, artiste numérique,

  • Basquiat un adolescent à New York, Sara Driver

         «  Same old Shit » ( « toujours la même merde ») Samo.

  • Botero, Don Millar

Peintre et sculpteur colombien, Fernando Botero, né en 1932, est célèbre pour ses personnages aux formes rondes et voluptueuses,

  • Chine, un million d’artistes, Jean-Michel Carré

À la mort de Mao, l’art chinois contemporain peut enfin prendre son essor.

  • Georges Didi-Huberman – Douze Images pour le meilleur et pour le pire,  Pascale Bouhénic

Une visite chez l’historien de l’art

  • Faites le mur ! Banksi

Le graffiti élevé au rang de beaux-arts

  • Frida Kahlo, sa maison bleue, Nathalie Plicot

Une femme libre envers et contre toutes les adversités de la vie au creux des murs bleus de sa Casa Azul

  • Gauguin, je suis un sauvage Marie-Christine Courtès.

Un film riche d’une création en animation qui donne corps aux émotions et aux obsessions esthétiques de l’artiste,

  • Hans Hartung, la fureur de peindre, Romain Goupil.

Le destin du peintre (1904-1989), né à Leipzig, amputé d’une jambe alors qu’il combat le nazisme, et qui devint un des maîtres de l’art abstrait

  • L’Image mouvementée, Sylvain Roumette

Dans les années 1950-1960, Alexandre Calder, Victor Vasarely et Jean Tinguely font le succès de l’art cinétique, courant qui puise ses origines au début du XXe siècle et explore les rapports du mouvement et de la lumière à la peinture et à la sculpture, abolissant la distinction entre les deux, dans un esprit spectaculaire et ludique

  • Marcel Duchamp, l’art de l’impossible,  Matthew A. Taylor

Inventeur des ready-made, Marcel Duchamp (1887-1968) débute sa carrière par des dessins humoristiques dans la presse locale avant de réaliser ses premières œuvres en s’inspirant des peintres cubistes Picasso et Braque.

  • Marina Abramovic, the artist is present, Matthew Akers.

« La grand-mère » de la performance. Des performances dans lesquelles elle met toujours en jeu son propre corps, souvent de façon violente.

  • Mur murs, Agnès Varda

Les « murals » de Los Angeles

  • Le Mystère Picasso, Henri-George Clouzot

« Pour savoir ce qui se passe dans la tête d’un peintre, il suffit de suivre sa main »

  • National Gallery, Fredeick Wiseman

Le musée londonien avec ses chefs d’œuvre

  • Parce que j’étais peintre. L’art rescapé des camps nazis, Christophe Cognet.

         Les œuvres réalisées clandestinement dans les camps nazis.

  • Un Peintre en son pays, Camille Decossy 1904-1980, Guy Lochard.

La trajectoire de Camille Descossy, artiste et professeur puis directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier.

  • Rouge ! L’Art au pays des soviets, Pierre-Henri Gibert, Adrien Minard.

Les peintres de l’avant-garde russe qui ont annoncé et accompagné la révolution bolchévique.

  • Le Saphir de Saint Louis, José Luis Guerín

C’est dans la cathédrale de La Rochelle que l’on peut voir le tableau ex-voto qui témoigne de la tragédie du Saphir, en 1741. Cette goélette, transportait 271 esclaves.

  • La Ville Louvre, Nicolas Philibert

Le plus grand musée du monde vu depuis les coulisses.

  • Waste land, Joao Henrique Vieira Da Silva Jardin, Lucy Walker.

Dans la plus vaste décharge du monde en banlieue de Rio de Janeiro, l’artiste brésilien Vik Muniz de Brooklyn photographie les « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scènes composées à partir d’objets et matériaux rescapés des poubelles.

***

D’autres filmographies sur l’art :

Musique

Photographie

A COMME ABECEDAIRE – Johan Van der Keuken.

Une œuvre qu’on n’en fini pas de découvrir et redécouvrir, une œuvre inépuisable.

Afrique

Le Ghana par exemple, dans Cuivres débridés.

Amérique latine

La Bolivie plus exactement, où il suivra Roberto, rencontré à Amsterdam, pour un voyage dans son village, perdu dans les montagnes, où la vie est particulièrement dure.

Amsterdam

Sa ville. Celle où il est né. Celle où il repose pour l’éternité. Celle où il revient toujours. Pour repartir explorer le monde. Sa ville c’est LA ville. Le « village global », image de l’universel, du cosmopolitisme, de la diversité, de la richesse de ses différences.

Argent

L’argent roi, c’est le thème de I love $, la monnaie universelle. Une dénonciation du pouvoir des banques.

Art

La peinture, la poésie, la musique…et bien sûr le cinéma

Canaux

Ceux d’Amsterdam, bien sûr, particulièrement encombrés les jours de fête.

Cancer

Il en fut la victime.

Cécité

Deux enfants, aveugles de naissance, personnages de  deux de ses premiers films.

Enfants

Il filma toujours les enfants avec beaucoup d’affection, Beppie ou son propre fils dans Les Vacances du cinéaste, film où il évoque aussi sa propre enfance.

Engagement

Au côté des Palestiniens, auxquels il consacre un film en 1975.

Famille

La sienne filmée en vacances dans le sud de la France, mais celles aussi qu’il rencontre par exemple en Bolivie ou en Tchétchénie (Amsterdam, Global Village)

Inde

Un de ses buts de voyage favori. Il  réalisa  en particulier un film dans le Karala, L’œil au-dessus du puits.

Lecture

Une leçon, l’occasion de filmer l’école et les enfants.

Maladie

Celle de sa sœur, ou celle qui lui sera fatale et contre laquelle il combattra par tous les moyens (Vacances prolongées)

Mer

Et cette terre conquise sur la mer, le Waden, au nord-est des Pays-Bas, dont il filme bien des aspects dans La jungle plate.

Mort

Son cinéma, jusqu’à la fin, restera résolument optimiste.

Musique

Le swing, grâce aux cuivres.

Peinture

Hommage à son ami, Lucebert, peintre et poète néerlandais, mort en 1994.

Photographie

Il fut et resta photographe.

Poésie

« Si tu sais où je suis, cherche moi » ; « Sans me chercher tu me trouveras » Lucebert.

Révolution Française.

Lors de la célébration du bicentenaire, à Paris, le portrait d’un SDF.

Squatters

Une manifestation à Amsterdam

Sud

Du nord au sud, on peut avoir l’impression de changer d’univers.

Tchétchénie.

Un voyage avec Borz-Ali, rencontré à Amsterdam, dans ce pays où les traces de la guerre sont encore bien visibles.

Vacances

Dans le sud de la France, en famille. Le repos, le calme, l’oisiveté, le soleil et le plaisir des bains dans la rivière.

Villes.

Amsterdam bien sûr, mais aussi Paris, Le Caire, Rome  et même New York. Son cinéma n’est pas qu’urbain, mais les villes y tiennent une bonne place.

Voyages

Toujours, filmer l’autre, l’étranger, le différent. Et aller à sa rencontre.

A COMME ABECEDAIRE – Agnès Varda

Agnès

         Son prénom, devenu le signe de l’intimité autobiographique.

Autobiographie

Elle fut une des premières – et des premiers – à faire le récit de sa vie, depuis sa naissance, dans un film. Les étapes d’une vie qui se retrouvent tout au long de son travail de cinéaste.

Black Panthers

         La défense des droits civiques aux États-Unis. Et pour la beauté de la couleur noir

Boni

Le pluriel de Bonus. Elle en réalisa plusieurs  pour les éditions  DVD de ses films.

Court

Film court plutôt que court-métrage. Un format qu’elle ne négligea jamais.

Cubains

         Un film en images fixes (photographiques).

Daguerre

L’inventeur de la photographie. Et une rue à Paris où se trouve sa maison.

Demoiselles

         Celles de Rochefort bien sûr, fêtées à l’occasion de leur 25° anniversaire.

Demy Jacques

         Son compagnon, à qui elle consacra plusieurs films.

Documenteur

         Jouer avec les mots, un de ses grands plaisirs.

Elsa

         Elsa Triolet racontée par Louis Aragon

Féminisme

Un de ses engagements.

Fiction

         Pas du tout l’opposé du documentaire. Non seulement elle navigua de l’un à l’autre mais elle mélangea souvent dans ses films les pratiques traditionnellement réputées spécifiques d’un seul des deux genres.

Glanage

         La définition qu’elle donne de son travail de documentariste.

Installation

         Devenue artiste plasticienne, elle fut invitée à la 50° Biennale de Venise.

JR

L’artiste devenu son ami et coréalisateur d’un de ses derniers films, où ils se mettent en scène, parallèlement.

Los Angelès

         Lors d’un séjour en Amérique, elle y réalisa plusieurs films.

Mur

Lorsqu’ils sont peints, ils deviennent des œuvres d’art. En Californie en particulier.

Oncle.

L’oncle américain, artiste peintre, vivant sur un bateau, avec ses amis hippies.  Le retrouver  fut une belle occasion de film.

Patate

         Elle rendit célèbres celles en forme de cœur.

Photographie.

Son premier métier, à Avignon avec Jean Vilar  Une pratique artistique à laquelle elle ne renonça jamais.

Tamaris.

Ciné-tamaris, la société, domiciliée rue Daguerre, de promotion, de production et de diffusion des œuvres d’Agnès et de Jacques Demy.

Veuve.

Elle filme à Noirmoutier celles dont la mer a pris le mari. Elle, c’est le sida qui a pris son compagnon.

Voyages

         Où elle rencontre beaucoup de cinéastes et d’artistes, ses amis.

A COMME AMOUR – Filmographie

On pourrait penser que l’amour au cinéma soit le domaine exclusif de la fiction. Et bien sûr les films d’amour, les romances, drame ou comédie, sont légion,  qu’ils traitent du sentiment lui-même, du coup de foudre, de la séparation ou de la trahison et des conflits qu’elle suscite. Et pourtant, le cinéma documentaire lui aussi traite tous ces thèmes, même si c’est sous des formes particulières.

L’autobiographie principalement. Le récit de son propre vécu amoureux, évoqué, raconté, avec beaucoup d’authenticité, sans fausse pudeur, souvent sur le mode du souvenir.

Et puis le retour sur le passé conduit inévitablement à l’adolescence, le temps des premiers émois, des premières aventures, des premiers enthousiasmes, des premières déceptions. Un portrait d’adolescents ne peut pas passer sous silence le vécu amoureux.

Le quotidien aussi quand même. L’amour au jour le jour, dans le couple ou la relation de toute une vie. L’amour n’est pas toujours fulgurance. Mais évoquer le sentiment  ne peut se faire sans émotion.

Image : Vers la tendresse de Alice Diop.

800 kilomètres de différence de Claire Simon

L’Acre parfum des immortelles de Jean-Pierre Thorn

Adolescentes de Sébastien Lifshitz

Amore carne de Pippo Delbono

L’amour rue de Lappe de Denis Gheerbandt

Un amour (Roman) De Richard Copans

Un amour d’été de Jean-François Le sage

The balad of Genesis and Lady Jaye de Marie Losier

Bélinda de Marie Dumora

Burn in Love – Nos amours combustibles de Mathieu Zeitindjioglou

Coups de foudre de Christophe Reyners

Les invisibles de Sébastien Lifshitz

Jaurès de Vincent Dieutre

Une jeunesse amoureuse de François Caillat

Monsieur et Madame Piccioli de Fabio Falzone

Nos fiançailles de Chloé Mahieu et Lila Pinell

Nous princesse de Clèves de Régis Sauder

Où sont nos amoureuses ? de Robin Hunzinger

La rencontre d’Alain Cavalier

Un peu, beaucoup, passionnément de Fabienne Abramovich

Vers la tendresse de Alice Diop

A COMME ABECEDAIRE – Raymond Depardon

Afrique

         Le continent de la douleur. Du sud au nord. Un itinéraire à travers des pays qui souffrent.

Autobiographie

         Aucun de ses films n’est ouvertement et entièrement autobiographique. Pourtant il parle souvent de sa vie, de ses origines paysannes, de sa carrière de photographe, de ses voyages, en Afrique surtout. Profils paysans est ainsi un travail très personnel, et personnalisé, dans lequel la personne du cinéaste est omniprésente, et pas seulement comme celui qui réalise des interviews.

Censure.

         Giscard-D’Estaing, après son élection, s’opposa à la diffusion du film réalisé au cours de sa campagne. Une censure non-officielle. Mais une censure quand même.

Central Park

10 minutes de silence, pour John Lennon, dans le centre de New-york

Election

         Celle de Giscard-D’ Estaing, en 1974. La campagne du candidat suivi pas à pas, dans la foule, avec ses conseillers et amis politiques, dans la solitude de son bureau.

Direct

         Beaucoup de ses films, les premiers surtout, peuvent être considérés comme des prolongements du cinéma direct.

Folie

         Dénoncer l’enfermement et l’asile par la seule force des images.

France

         Parcourir inlassablement la France profonde et photographier, à la chambre (cet appareil si particulier), les villages, les petites villes, des rues et des devantures de magasins à l’ancienne, la substance d’un pays.

Hôpital

         En particulier l’Hôtel-Dieu à Paris, pour son service d’urgences psychiatriques.

Internement

         Des malades psychiques devant un juge. Un juge qui a le pouvoir de les renvoyer chez eux (de les « libérer ») ou de les maintenir internés, contre leur volonté le plus souvent, à l’hôpital. Pour leur propre bien, et selon l’avis des psychiatres, ce qui en soi n’a rien à voir avec la condamnation (la punition) que la justice est appelée à prononcer en sanction d’un crime ou d’un délit, et en application de la loi.

Justice

Entrer dans un tribunal. Suivre les audiences jusqu’au verdict.

Lennon John

         Dix minutes de silence absolu dans Central Park à New York en l’honneur du chanteur assassiné.

Mandela Nelson

         Une minute de silence…pour la souffrance des Africains.

New York

         Un aller-retour, en noir et blanc et de nuit, en métro aérien

Palach Jan

         Il s’immole par le feu pour protester contre l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée soviétique. Pour lui rendre hommage, Depardon filme son enterrement, cette foule énorme, triste et recueillie dans les rues de Prague.

Paparazzi

         Des pratiques souvent décriées. Mais Depardon ne leur jette pas la pierre. Parce qu’il connaît, de l’intérieur, les difficultés du métier.

Paris

         La foule déferle sur les quais de la gare Saint Lazare.

Paysans

         Ses amis, ses frères. La ferme natale et les problèmes de reprise des exploitations lors des départs à la retraite.

Photographie

         Le photojournalisme  bien sûr, dans le monde entier, pour rendre compte des événements qui secouent la planète. Mais aussi une œuvre plus personnelle, dans le désert, en Amérique ou à Paris.

Police

         Dans le V° arrondissement de Paris, au jour le jour, le travail des policiers, dans le commissariat, lors des dépôts de plaintes ou lors des interrogatoires, mais aussi sur le terrain, avec Police Secours, pour essayer de régler les problèmes de la vie quotidienne.

Presse

La naissance d’un journal, événement si rare, mérite bien un film.

Psychiatrie

         Comment filmer la folie, l’enfermement, l’asile psychiatrique, la souffrance, la déshumanisation. Une véritable expérience métaphysique : la confrontation de la raison avec ce qui lui échappe.

Ruralité

         Un monde en train de disparaître. Filmé avec une grande lucidité.

A COMME ADOLESCENTES.

Adolescentes, Sébastien Lifshitz,  2019, 135 minutes.

Adolescentes présente un panorama quasi exhaustif de ce qu’est l’adolescence aujourd’hui, à travers deux adolescentes, Anaïs et Emma,  filmées sur cinq années, depuis le collège jusqu’à la fin de leur scolarité secondaire, sanctionnée par l’obtention du bac. Elles quittent alors Brive, ville où elles ont vécu jusque-là et où se passe donc l’ensemble du film. Elles quittent leur famille, elles quittent leurs ami.e.s. Elles commencent une nouvelle vie. Et nous pouvons avoir l’impression, au bout de ces deux heures 15 passées en leur compagnie, que nous pouvons comprendre dans quel état d’esprit elles abordent leur avenir respectif.

Leur vie pendant ces cinq années d’adolescence, nous l’avons suivie pas à pas. Nous l’avons suivie dans leur famille, où c’est surtout la relation avec la mère qui compte. Des mères omniprésentes, accaparantes, au point qu’elles en deviennent insupportables. Des relations souvent tendues donc, et les affrontements verbaux ne sont pas rares. A l’évidence, il est grand temps, à la fin du film, de rompre le lien qui les relient à leur mère, même si cette rupture ne sera bien évidemment pas total.

Nous suivons aussi les relations sociales d’Anaïs et Emma, ce qui veut dire surtout la relation d’amitié très forte qui existe entre Anaïs et Emma. Mais il y a aussi les camarades de classe, ceux qu’on retrouve après les cours et avec qui on communique avec son portable.

De l’école, le collège puis le lycée (le lycée d’enseignement général pour Emma, le Lycée professionnel pour Anaïs),  nous en suivons quelques fragments de cours, l’accueil en début d’année en particulier avec sa formule récurrente (Il faut travailler), les  séances de maths où Anaïs est des plus dissipée et un éclair philosophique sur la vérité. Le tout dominé par l’angoisse des examens – brevet et bac – avec  l’explosion de joie à l’annonce des résultats, séquence inévitable dans tout film sur les ados.

Et puis les adolescentes parlent des garçons, surtout de ceux qu’elles trouvent beaux. Anaïs fera une dépression après sa rupture avec son petit ami (on les aura près peu vus ensembles, son premier amour. Mais l’essentiel, la question fondamentale, concerne la première expérience sexuelle. Le faire ou pas ? A quel âge ? Mais on en parle plus avant qu’après, car une fois fait, comme il fallait le faire, c’est fait.

Ce film est un documentaire, dont on peut dire qu’il est filmé comme un teen-movie, mais sans les « tics » du genre, les effets spectaculaires ou les petites provocations qui sont censées, surtout dans les productions américaines, donner du sel au spectacle. Ici sincérité, authenticité, simplicité, une certaine pudeur même, sont les caractéristiques d’un filmage qui ne refuse pourtant aucunement la qualité, et même la beauté, des images. Ici rien n’est excessif. Tout semble couler de source. Et chaque événement, grand ou petit, dont le film fourmille trouve un écho chez chaque spectateur, quel que soit son âge.

C’est aussi un film sur le temps qui passe, lentement mais inexorablement. Tout le film prend le temps de suivre cette traversée des années d’adolescence, faite aussi de petits riens souvent presque imperceptibles, mais qui tous nous font vibrer, sourire et rire, pleurer presque, nous émeuvent  sûrement. Le temps de l’adolescence est là tout proche, si commun et en même temps toujours surprenant. Un temps que personne ne voudrait quitter.

Comment ne s’attacherait-on pas à ces deux adolescentes, filmées avec tant d’empathie, un regard presque paternel de la part du cinéaste, mais aucunement paternaliste.

Un film qui sait parfaitement tourner la page d’une vision romantique de l’adolescence. Ce qui ne veut pas dire qu’il renonce à l’émotion. Loin de là.