A COMME ALEP

Pour Sama de Waad Al-Kateab et Edward Watts, Syrie, 2019, 95 minutes.

Sama est née pendant à la guerre, à Alep, ville où la révolution contre le régime de Bachar el-Assad a  connu ses heures de gloire avant d’être assiégée – un très long siège – et en grande partie détruite par l’armée du dictateur. Sama a passé la première année de sa vie à Alep, pendant la guerre, sous les bombes, au milieu de la souffrance des blessés et de la douleur de tous ceux qui ont perdu un des leurs. Sera-t-elle à jamais marquée par ces images d’horreur ?

La mère de Sama, Waad, est journaliste. Elle devient cinéaste pour rendre compte de cette guerre, de cette horreur. Elle ne quitte jamais sa caméra et filme quasi en continu, depuis les débuts de la révolution syrienne, jusqu’à sa répression, grandissant sans cesse, allant jusqu’à la destruction de la ville. Des images qu’elle envoie le plus souvent possible à l’étranger, pour alerter, pour crier au secours aussi, demander de l’aide, briser l’indifférence générale. Son film en sera le condensé, la quintessence.

Le père de Sama, Hamza, est médecin, Il travaille dans un hôpital. Lorsque les lieux de secours aux blessés seront détruits par les bombes, il créera son propre hôpital, où jour et nuit il essaiera de sauver des vies. Le film de sa femme suit ce travail, sans rien en négliger, sans minimiser l’horreur de cette guerre, la mort omniprésente.

Pour que son film ne soit pas un simple reportage de type télévisé, Waad – avec l’aide de Edward Watts – va lui donner la forme d’une lettre, une lettre adressée à cette fille tant aimée, Sama, née dans cette guerre. Elle s’adresse à elle en voix off, pour dire l’horreur de la guerre et sa douleur, mais aussi pour proclamer haut et fort la nécessité de la résistance, la beauté de la lutte pour la liberté et son espoir d’une vie heureuse dans un pays sans dictature. Une vie qui devrait être celle de sa fille.

Aux images tournées dans l’hôpital de Hamza – des images qui ne peuvent être que des images de sang et de mort – le film ajoute des images d’archives qui nous permettent de revoir le soulèvement de la jeunesse d’Alep, les manifestations du début de la révolution. Des images d’espoir même si très vite la répression se met en place.

Il y a aussi des images de bonheur, comme celles du mariage de Waad et Hamza ou de la naissance de Sama. Mais ce qui domine ce sont des images qui peuvent être parfaitement insoutenables, comme cette longue séquence où arrive à l’hôpital une femme blessée. Elle est enceinte de 9 mois. Il faut pratiquer une césarienne pour tenter de sauver l’enfant. Mis au monde, il ne respire pas. Alors le médecin le frotte, le secoue, le frotte encore et encore, sans arrêt, sans renoncer une seconde. Longtemps, très longtemps. Et le miracle se produit. L’enfant ouvre les yeux et pousse son premier cri. La mère aussi sera sauvée. Ce dénouement heureux condense toute la force du film. Et comment il faut être confronté à l’horreur pour pouvoir donner vie à l’espoir d’un autre monde.

Parmi les films de guerre, et en particulier, ceux tournés en Syrie, Pour Sama est sans doute un des plus durs, celui qui secouera le plus les spectateurs. Mais c’est aussi qui affirme le plus la nécessité du cinéma documentaire. Au-delà de l’hommage qu’il rend aux combattants de la révolution et aux médecins et secouristes qui affrontent quotidiennement la souffrance et la mort, c’est aussi un hommage aux cinéastes, ceux qui risquent leur vie pour filmer la guerre, sous les bombes. Grâce aux images de Waad, Alep détruite restera quand même vivante.

Ce film a obtenu l’œil d’or au festival de Cannes 2019.    

A COMME AUTISME – Folie

Quelle folie, Diego Governatori, 2018, 87 minutes.

Quelle folie, tout simplement. Sans ponctuation. Sans point, d’exclamation ou d’interrogation. Un titre sec, qui pourrait se comprendre comme étant simplement descriptif.

Quelle folie ? demanderait qui est fou, et partirait à la recherche de ses manifestations, de ses traces. Chez les autiste par exemple, ou dans la foule passablement éméchée poursuivit pat des taureaux.

Quelle folie ! Pas vraiment admiratif. Plutôt désabusé. Chacun étant renvoyé à la part de déraison en soi.

La folie ne serait donc pas là où l’on croit. Pas chez les autiste en tout cas.

Filmer un autiste est particulièrement risqué. Ici à l’évidence, la présence de la caméra – et du micro, que l’on voit au moins une fois dans un plan – délie la parole, ouvre ce flot de mots, de phrases, qui semble ne pas devoir s’arrêter. Qu’en retenir ? Une définition de l’autisme ? Le personnage –Aurélien, mais son nom n’est jamais prononcé – se déclare autiste, se revendique autiste. Il parle de lui, avec sincérité. Du moins, il ne se pose pas en comédien. Bien que dans la rue, le fait d’être filmé, d’être suivi – poursuivit  – par une caméra, peut le faire passer pour une célébrité (comme deux jeunes filles admiratives le lui disent). Mais l’autisme – le vécu d’Aurélien – est bien difficile à cerner, à faire entrer dans une phrase. Alors, au fil du film, il y a des mots qui surgissent, qui reviennent parfois, sans insistance explicite, mais qui s’imposent.

Le mot différence, en premier lieu. Cette différence qu’Aurélien affirme, revendique. Et puis, solitude, souffrance, handicap, « aberration absolue ». La violence été l’exclusion du monde des hommes.

L’autiste est « un humain qui n’est pas un être humain ».

Des formules, des citations. Lacan (« les autistes se comprennent eux-mêmes »), Nietzsche (« la folie est chose rare chez les individus, mais chez les groupes, les partis, les peuples, l’époque, c’est la règle »). Et Flaubert comme exemple type de cette difficulté de s’exprimer, de communiquer, de rencontrer les autres.

Pourtant, Aurélien dialogue avec le cinéaste. Il répond à ses questions. Il reprend ses propositions. Ou les contourne. Il partage quelque chose avec lui. La différence d’avec les autres ? Le projet du film en tout cas, vécue comme une sorte de thérapie sauvage, peut-être. Un film qui ne peut lui qu’affirmer sa différence, son originalité, au risque d’être marginalisé, laissé sur la touche, ne pas dépasser le succès d’estime critique ou l’enthousiasme éphémère des festivals.

Le film pourtant ne se contente pas de filmer la parole d’Aurélien. Il offre un véritable travail sur les images. Les lieux où la parole d’Aurélien est recueillie, le sol, aride, nu, dans la première partie du film surtout. Et puis les éoliennes, et les ombres mouvantes des grandes pâles. Mais c’est surtout dans le filmage de la « San Fermin » à Pampelune, que la virtuosité du cinéaste est le plus sensible.

Pampelune et ses taureaux. Cette foule, compacte mais aussi très mouvante, où la chemise noire d’Aurélien contraste fortement avec la tenue « officielle », blanche avec un foulard et une ceinture rouge. Il fait chaud. Le vin, le coca, la bière, coulent à flot. Et l’on en vient à s’asperger avec tous les liquides disponibles. Une fille montre ses seins avec un grand sourire. Un vacarme assourdissant, qu’Aurélien tente de fuir lorsqu’il lui devient insupportable. Alors le cinéaste filme les façades des bâtiments. Des contre-plongées verticales où la portion de ciel qui reste visible est particulièrement réduite. Il n’est pas possible, pour Aurélien, de briser le mur qui le sépare des autres.

« Il faut que je me calme » répète plusieurs fois Aurélien. Est-ce possible à Pampelune, lors de la San Fermin, où il le jeu consiste à éviter les cornes du taureau (tous ne réussissent pas) ou à se montrer plus fort que lui en l’immobilisant quelques secondes.

Oui, la folie existe.

A COMME ADOLESCENT – Louis

Louis dans la vie, Marion Gervais, 2019, 75 minutes.

En soufflant les bougies de son gâteau d’anniversaire de ses 18 ans, Louis fais un vœu : ne pas aller en prison ! Surprenant…D’où vient cette hantise ? Sa vie adolescent l’aurait-elle poussé hors du droit chemin. Arrivé à sa majorité, aurait-il pris la résolution de vivre dorénavant dans la plus stricte légalité ?

En tout cas, un incipit qui réussit parfaitement à susciter la curiosité du spectateur.

Le film de Marion Gervais est un portrait d’adolescent comme il en existe bien d’autres, un adolescent filmé au moment où il va franchir une étape importante dans sa vie, s’engager peut-être dans la vie adulte, en quittant en particulier le toit familiale pour s’installer dans un appartement où il devra assumer son autonomie.

Un adolescent donc qui ressemble à ceux de son âge, par son langage, par ses goûts musicaux, par son refus systématique de l’autorité, surtout parentale, qui s’incarne ici dans sa relation à sa mère, une mère qui fait ce qu’elle peut pour aider son fils, mais qui donne aussi l’impression d’être parfois un peu dépassée.

Louis est souvent en colère et la violence intérieure qu’il ressent, il l’exprime dans des éclats qui restent quand même verbaux. Mais il sait aussi être sentimental, et il manifeste souvent beaucoup de douceur dans ses relations avec sa petite amie.

Au-delà de son rapport au travail (il entreprend un apprentissage), c’est son rapport à l’argent qui domine sa vie. Louis a une obsession : faire des économies et avoir le plus d’euros possible sur son compte en banque. Difficile quand il faut assurer les dépenses incontournables de la vie. C’est par le biais de ce rapport à l’argent que la cinéaste va, par petites touches, aborder le rapport de Louis à la justice.

Louis n’est pas un délinquant. Il n’est pas présenté comme tel. Mais il a fait « une connerie » qui aurait pu le faire sombrer dans la délinquance. S’il a pu s’offrir une moto avec de l’argent « propre », la tentation de l’argent « facile » reste bien réelle dans son esprit. Le film ne nous assure pas qu’il saura éviter tout faux pas. Mais il montre que son avenir dépend entièrement de lui. Dans une vision très existentialiste, Louis est seul responsable de sa vie.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Jean Rouch

Un Abécédaire rappelant les grands moments de son œuvre et de sa vie.

Afrique

Jean Rouch, «  l’Africain blanc », ce surnom dit tout de l’homme, de sa passion pour le continent. Rouch cinéaste est né en Afrique. Il y réalisa la presque totalité de son œuvre. Il restera toute sa vie l’amoureux fou du fleuve Niger. La « boucle du Niger », il y repose pour l’éternité.

Bonheur

« Etes-vous heureux ? » C’est la question que pose Marceline, micro en main,  aux parisiens croisés dans la rue, dans cette séquence de Chronique d’un été qui inaugure la pratique du micro-trottoir. Peu importe les réponses. D’ailleurs certains ne répondent pas. Ce qui compte c’est de les filmer tels qu’ils sont, sur le vif, parisiens plus ou moins pressés, ne serait-ce qu’un court, très court, instant.

Camp de concentration

Dans une séquence célèbre de Chronique d’un été, Marceline Loridan, filmée place de la Concorde à paris au milieu de la circulation, puis seule dans un  bâtiment des halles, évoque son séjour à Auschwitz

Chasse

Lion ou hippopotame, les chasseurs africains respectent toujours les animaux qu’ils chassent. Et s’il leur faut les tuer, ils leur demande pardon. Une chasse donc qui n’a rien à voir avec ce qui se pratique en Europe, ou celle que les Européens vont pratiquer en Afrique.

Cinéma vérité

Inventé par Rouch et Morin dans Chronique d’un été, le « cinéma vérité » se propose de rencontrer les gens, tels qu’ils sont, tels qu’ils vivent. Une expression particulièrement équivoque, que Rouch lui-même abandonnera au profit de « cinéma direct ».

Cinémathèque française

Il en sera le président de 1986 à 1991.

CNRS

Rouch a toujours été un chercheur, dans le domaine scientifique – comme dans le domaine du cinéma !

Direct

Rouch n’est pas « l’inventeur » du cinéma direct (l’expression est due à Mario Ruspoli), mais il en a partagé l’esprit au point d’être celui qui popularisa sans doute le plus les techniques (caméra légère portée à l’épaule et son synchrone) et la méthode (immersion et filmage en parfaite harmonie avec le sujet filmé). Par exemple, Rouch filme Abidjan dans Moi un noir avec une posture qui évoque le cinéma direct, par sa façon de suivre les personnages, caméra à l’épaule, par les gros plans qu’il insère aussi pour rendre compte de la ville, le nom des bateaux, les affiches de cinéma, des plans qui sont bien plus qu’un simple décor. Rappelons aussi que c’est lui qui fit venir en France Michel Brault qui travailla comme « preneur d’images » sur Chronique d’un été.

Esprits

L’Afrique ne serait pas l’Afrique sans la croyance aux esprits qui animent toutes choses. Bénéfiques ou maléfiques, rien ne peux s’entreprendre sans les évoquer, sans tout faire pour les avoir à son côté. Rien ne peut réussir sans leur aide.

Ethnologie

Titulaire d’un doctorat en ethnologie, sous la direction de Marcel Griaule, Rouch aurait pu faire une brillante carrière universitaire. Mais aurait-il pu alors faire le cinéma qu’il aimait ?

Fiction

Même si Rouch est généralement considéré comme un documentariste, la fiction n’est jamais absente de son œuvre. D’ailleurs il réalisa quelques films ouvertement non-documentaires, en particulier l’épisode Gare du Nord du film collectif Paris vu par…Mais c’est surtout parce que la distinction classique entre fiction et documentaire n’a pas vraiment de sens pour lui. Une distinction qu’il a d’ailleurs systématiquement remise en cause, car s’il filme le réel de l’Afrique, il nous raconte aussi des histoires d’Africains, ses amis, à qui il demande de jouer un rôle, fait essentiellement d’improvisations, mais défini au préalable par le cinéaste. Ainsi, La Pyramide humaine (1961), raconte les relations, en particulier amoureuses, entre lycéens blancs et noirs à Abidjan.  Jaguar (1954-1967)  suit les aventures de trois Nigériens, Damouré, Lam et Illo, immigrants en Côte d’Or (le Ghana actuel). Ce trio infernal se retrouvera dans Petit à petit (1969) où venus en hommes d’affaire à Paris, ils observent ces drôles d’individus que sont les Parisiens dans une sorte d’inversion du regard ethnologique qui ne manque pas d’humour. Avec Rouch, il ne saurait être question de dire qu’il traite un contenu documentaire sous forme de fiction, ou l’inverse. La seule chose quoi compte, c’est qu’il s’agisse de cinéma

Fleuve

LE fleuve, c’est le Niger. Un des grands événements de sa vie fut sans doute la descente du fleuve Niger, en 1942, de la source à l’embouchure, avec ses amis Jean Sauvy et Pierre Ponty. Une aventure périlleuse à l’époque qui l’ancrera profondément dans la réalité africaine.

Hippopotame

Bataille sur le grand fleuve, un itinéraire aléatoire, à la poursuite de l’animal, qui s’échappe toujours, même blessé. Rouch fait le récit d’une entreprise humaine vécue par des hommes dont il s’agit de montrer le courage et la détermination d’abord, la tristesse et le découragement qui suivront ensuite leur échec. La succession des phases préparatoires s’enchaîne rigoureusement, fabrication des harpons, de la grande pirogue qui devra résister aux charges de l’hippopotame, sans oublier les rites pour demander au génie du fleuve l’autorisation de tuer les animaux et les danses où des femmes sont possédées par ce même génie.

Immigration

Moi un noir pourrait être vu comme une enquête sociologique sur l’immigration interne à l’Afrique à travers le portrait d’un immigré, Edouard G Robinson, nigérien d’origine, qui essaie de survivre grâce à un travail pénible et bien sûr mal payé. Un portrait qui renvoie inévitablement à la « maladie » de l’Afrique, le manque de travail et l’absence de perspective d’avenir.

Lion

Les bergers peuls vivent traditionnellement en bonne entente avec les lions qui mangent les animaux malades et préservent ainsi la santé du reste du troupeau. Seulement voilà, un lion ne respecte plus ce contrat tacite. Un lion méchant, qui tue pour le plaisir. Alors, les bergers, qui n’ont pas le droit de tuer des lions, font appel aux chasseurs. Ce lion, tous le connaissent bien, c’est l’Américain, un mâle redoutable accompagné de deux lionnes.

Maîtres fous.

Le film le plus caractéristique de l’œuvre de Rouch. Un film dur, difficile d’accès, tant nous sommes placés au cœur de l’action, les rites de possession de la secte des Haoukas, immigrés nigériens venus trouver du travail à Accra. Tous les dimanches, dans une banlieue de la ville, ils pratiquent les rites ancestraux de leur religion. Les possédés vont tour à tour incarner les fonctions essentielles du monde des Blancs, les colonisateurs. Le Général, le Gouverneur, le Soldat le Chauffeur de camion, la Locomotive. Ils reproduisent cette hiérarchie qui leur est imposée et à laquelle ils doivent se plier. Les images sont impressionnantes, les yeux sont révulsés, les bouches remplies de bave blanche, les corps sont secoués de convulsions. Des images extrêmement fortes qui restent encore aujourd’hui difficiles à regarder. D’autant plus que la cérémonie se clôt par le sacrifice d’un chien dont la chair sera consommée par les participants. Le film s’achève par une séquence tournée le lendemain matin. Nous retrouvons ces hommes, méconnaissables lors de la possession, redevenus eux-mêmes, reposés et détendus, prêts à reprendre leur travail quotidien, comme si la cérémonie dans son ensemble leur en avait donné la force nécessaire.

Morin Edgar

Co-auteur de Chronique d’un été.

Niger

Avec le Mali, le pays où il découvrit l’Afrique, où il reviendra sans cesse pour faire du cinéma.

Nouvelle Vague

Rouch n’est pas seulement un des compagnons de route de la Nouvelle Vague, il en est incontestablement un des inspirateurs.

Parisiens

Dans Chronique d’un été, il s’agira de les rencontrer, tel qu’ils vivent. Dans Petit à Petit, ils sont observés par un trio d’Africains venus faire des affaires dans la capitale française.

Possession

Les africains peuvent-ils trouver dans leurs rites de possession des moyens de faire face à l’irruption de la modernité occidentale dans leur univers et les préparer à construire leur autonomie, notamment politique, nécessaire pour réussir l’indépendance de leur pays ?

Transe

Le ciné-transe, l’invention de Rouch. Une façon particulière de filmer, en étroite communion avec ces africains possédés par les esprits. Et lorsque les esprits tardent à se manifester, l’intervention de la caméra (Rouch filmant) peut très bien déclencher la transe, comme dans le plan-séquence du film de 1971 Tourou et Bitti, les tambours d’avant.

Treichville

Le quartier d’Abidjan où vit Edward G. Robinson, le « héros » de Moi un noir. Tout le film s’y déroule. Un quartier particulièrement vivant. La circulation et les va et viens incessants des piétons y créent une agitation particulièrement intense. Le film nous montre aussi l’activité des petits commerçants et, la nuit, les bars et les lieux de distraction.

Vérité.

Rouch est un des cinéastes qui a le mieux compris, et le mieux fait comprendre, la vérité du cinéma (Gilles Deleuze)

A COMME APPRENDRE – la France.

Je veux apprendre la France, Daniel Bouy, 2008, 65 minutes.

Ils viennent d’Afghanistan, de Tchétchénie, de Turquie, du Pakistan, d’Afrique ou d’Asie, chassés par la guerre, les persécutions, la peur, pour fuir aussi la misère, la faim et le désespoir d’un monde sans lendemain. Ils ont choisi la France comme terre d’accueil et se retrouve à Paris, démunis, souvent seuls, parfois sans papier, ignorant tout de notre langue et de notre culture. La première urgence, au-delà des moyens de subsistance immédiate est d’apprendre le français, pour pouvoir se repérer dans ce monde nouveau, pour acquérir une première autonomie absolument indispensable. Tâche difficile, qui demande du temps, de l’énergie et de l’argent. Et qui demande surtout un contexte rassurant et stimulant, avec des méthodes adaptées à ce qu’ils sont, basées sur leur investissement actif et sur la cohésion d’un groupe où la nécessité de réussir est plus fortes que les différences indépassables qui existent entre les uns et les autres.

            La chance du groupe que le film va suivre pendant les six mois que dure ce premier apprentissage du français, c’est d’avoir rencontré dans un centre social du XVIII° arrondissement, une enseignante absolument extraordinaire, Marion, qui sait, par son dynamisme, les pousser à toujours progresser, les aidant par la confiance qu’elle leur manifeste à surmonter les difficultés et les moments inévitables de découragement. Et l’on en vient à se dire en la voyant à l’œuvre, que décidément, aucune machine, aucun laboratoire, aucune technologie, si sophistiquée soit-elle, ne pourront remplacer la chaleur de ce contact humain, important évidemment dans toute situation d’apprentissage, mais vraiment irremplaçable lorsqu’il s’agit du langage et de la communication dont dépend l’identité sociale nouvelle que ces jeunes ont à construire dans ce nouveau pays où ils doivent réapprendre à vivre.

            Le premier intérêt du film est de nous montrer concrètement les méthodes employées et de nous permettre d’apprécier leur efficacité. La mise en place de situations de communication au sein du groupe par exemple, à partir du vécu de chacun. Ou l’utilisation de chansons. Pas facile de comprendre le texte de Louise Attaque ! Pas facile non plus de chanter devant les autres. Les relations garçons-filles ne sont d’ailleurs pas toujours évidentes, étant donné les différences culturelles. C’est aussi le rôle de Marion d’aplanir les petits conflits qui surgissent dans le groupe, de les utiliser même comme moteur dans la vie collective, de les mettre au profit des buts communs. Et puis, il y a les situations de communication authentiques, insérées dans la vie quotidienne : prendre un rendez-vous au téléphone, demander un plan du métro au guichet. On comprend les hésitations, mes angoisses même, que peuvent ressentir ces jeunes étrangers devant ces tâches si faciles en apparence mais qui demandent un effort considérable pour faire le saut dans la vraie vie. Là, à l’évidence, c’est le soutien de tout le groupe qui est porteur. Et c’est bien parce que l’enseignante utilise au maximum cette cohésion de groupe qu’elle peut atteindre cet objectif qui, au départ, pouvait paraître insensé : faire apprendre le français en six mois à des non-francophones d’origines multiples et qui n’ont pratiquement pas de références culturelles communes.

            Apprendre la langue française, au-delà de sa fonction utilitaire, c’est aussi rentrer dans une culture différente de la sienne. D’où l’importance donnée dans le film aux visites de Paris, ses lieux mythiques, de la Tour Effel au Louvre. Des clichés peut-être pour les Parisiens, mais pour le groupe de jeunes du film, il y a dans ce contact  direct avec ce qui n’était jusqu’alors qu’un rêve une prise de conscience qu’il est possible de vivre en France, comme les Français.

            Quelle qu’en  soit l’importance, le film ne se limite pas à cette perspective pédagogique. Son propos est plus fondamentalement politique. Depuis la révolution française, la France a la réputation mondiale d’être une terre d’asile. Est-ce bien toujours le cas aujourd’hui ? Les Français savent-ils accueillir les étrangers ? Tous les étrangers ? D’où qu’ils viennent ? Savent-ils s’ouvrir aux différences, s’enrichir de la diversité ? Le film ne propose pas une critique des politiques actuelles concernant l’immigration. Il montre, simplement pourrait-on dire, ce qu’est la réalité de ces jeunes qui arrivent en France avec l’espoir, le dernier espoir, d’une vie meilleure, d’une vie tout court. Par là il suscite la réflexion. Il ne délivre pas à proprement parler un message. Il met le spectateur en face d’une réalité présente dans notre pays. Il met le spectateur en face de sa propre réalité !

A COMME ARMEE – Israélienne

Z32, Avi Mograbi, France-Israël, 2008, 81 minutes.

Z32 est le matricule d’un soldat de l’armée israélienne. Ce soldat, dont nous ne connaîtrons que le matricule, vient témoigner devant la caméra d’Avi Mograbi. Il y a là pour le cinéaste une remarquable occasion de poursuivre son investigation sur la vision qu’a la société israélienne du conflit avec les Palestiniens. Et cette fois-ci c’est l’armée qui est en quelque sorte mise en examen, de l’intérieur.

Le tourment de Z32 trouve son origine dans sa participation à une opération de représailles de l’armée israélienne suite à un attentat qui a coûté la vie à six des siens. Il s’agit donc « d’exécuter » des policiers palestiniens, les premiers que le commando rencontrera. Peut-on accepter de faire cela, simplement parce que ce sont les ordres ? Telle est la question que pose le film. Et au-delà du cas individuel de Z32, du plaisir qu’il avoue avoir pris à tuer, c’est la responsabilité de l’armée tout entière qui est en cause.

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C’est cette double exigence éthique qui conduit ce militaire à venir témoigner devant les caméras du cinéaste. Cette démarche ne va cependant pas de soi. Ce que souligne fortement le fait qu’elle soit faite dans l’anonymat. Sa position ne semble en tout cas pas majoritaire dans la société israélienne. Dans ce contexte, et alors que la droite nationaliste gagne de plus en plus de voix aux élections israéliennes, le film est un acte politique. De France, il est pourtant bien difficile d’évaluer sa réelle portée dans la société. Ce qui n’enlève rien à la dimension novatrice du film.

Z32, le film, n’est pas un simple documentaire qui se contenterait de rendre compte d’un phénomène de société. C’est un film qui invente des formes nouvelles. D’abord par la mise en scène de l’anonymat. Il ne s’agit plus simplement de flouter les visages du soldat et de sa compagne. Les effets spéciaux numériques permettent de créer des masques d’une grande force visuelle. En même temps, c’est une réflexion fondamentale sur l’implication personnelle dans le récit cinématographique qui est développée.

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Une première réponse se trouve dans la présence à l’écran de la compagne de Z32. Elle n’est pas là simplement pour l’aider à parler, pour ne pas le laisser seul devant la caméra. Elle est là parce que c’est à elle que le récit de l’opération militaire a été fait une première fois. Le film n’est pas la mise en image d’une confession où le « coupable » viendrait implorer le pardon. Il est la mise en scène d’un récit médiatisé. Non pour le rendre acceptable. Mais pour le donner à la réflexion collective.

Cette médiation du récit se redouble par la présence du cinéaste à l’écran. Dans beaucoup de ses films, Mograbi se filme lui-même. Mais ici sa présence a un sens encore plus fort. La première séquence où il apparaît est pourtant tout à fait « classique » dans son œuvre cinématographique. Elle correspond à l’interrogation du réalisateur sur la possibilité même de réaliser son film. Cela était déjà le thème central d’Août (avant l’explosion). Apparaissant cagoulé dans son salon, Mograbi s’interroge sur la possibilité de filmer l’anonymat, non pas compris comme un réel indistinct ou indifférencié, mais comme un réel qui se cache, ou se retranche, derrière une barrière, un paravent. La solution du problème sera trouvée dans la réalisation de masques virtuels, qui donne en fin de compte une nouvelle identité, bien réelle, à ceux qui les portent.

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Enfin, dernière forme de la présence de Mograbi dans son film, la plus surprenante, la plus innovante : les séquences de chant. Accompagné d’un orchestre, comme s’il était en studio pour enregistrer un album, il met en musique et en paroles le sujet de son film. Quel est le sens de ces séquences qui reviennent régulièrement en contre-point du dialogue entre Z32 et sa compagne ? On pourrait penser que Mograbi se donne en spectacle. Je crois plutôt qu’il vise au contraire à introduire une rupture radicale par rapport à la perspective du voyeurisme et de la confession. On peut dire aussi que ce recours au chant et à la musique introduit une distance par rapport au moralisme facile, à l’apitoiement et à la sensiblerie. Le film est fait pour faire réfléchir le spectateur.

Tout cela fait de Z32 un film comme on n’en a jamais vu. En espérant qu’il ne restera pas une exception dans le cinéma mondial.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Wang Bing

Les admirateurs – nombreux – de cette œuvre protéiforme (et encore inachevée) reconnaitront les films qui sont, à chaque mot, évoqués.

Camions

Des rotations incessantes pour transporter le charbon.

 

Camp de travail

Très vite devenus des camps de la mort.

 

Censure

Ses films contestataires sont bien évidemment interdits par le régime chinois.

 

Cheminots

Que l’on rencontre aux arrêts du train.

 

Chine

Le pays de la démesure. Dont il faut inlassablement dénoncer les dérives et les crimes.

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Enfants

Trois sœurs quasiment abandonnées à elles-mêmes, dans une région si peu hospitalière.

 

Exil

Lorsqu’il n’y a pas d’autre solution que fuir la guerre. Fuir, sans savoir où aller, en emportant le minimum.

 

Fiction

Une seule fiction jusqu’à ce jour : Le Fossé.

 

Folie

Pour se débarrasser des opposants, les accuser de folie.

 

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Guerre

Les fusillades et les obus tout proches constituent une bande son angoissante.

 

Industrie

La plus traditionnelle est sinistrée. Comme dans bien d’autres régions du monde. Laissant derrière elle des carcasses d’usines abandonnées. Et des ouvriers sans travail.

 

Jeunesse

Ils quittent leur village pour aller travailler à la ville, la tête pleine de rêves. Pourront-ils les réaliser ?

 

Mines de charbon

Les plus dangereuses du monde. Mais l’exploitation doit continuer. Économie oblige.

 

Mort

Vécue sereinement, puisqu’elle est inéluctable.

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Neige

Plus grise que blanche. Elle recouvre tout, les rails et les bas-côtés. Jusque sur la caméra.

 

Nom

Existe-t-on lorsqu’on n’a pas de nom ? Anonymat absolu. Le cinéaste et sa caméra n’existent pas.

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Révolution culturelle

Ils s’y sont engagés avec ferveur avant d’en devenir les victimes.

 

Textile

Il a envahi le monde, mais à quel prix pour ceux qui travaillent dans ces petits ateliers où aucune sécurité ne leur est assurée.

 

Train

Il continue sa route, rectiligne, s’enfonçant interminablement dans la profondeur de champ. Venant de nulle part, on ne saura jamais où il va.

 

Usines

Désaffectées ou en voie de l’être. Le feu des hauts-fourneaux. Le désespoir des ouvriers. Les licenciements.

 

Villages.

Perdus dans la montagne. Les conditions de vie y sont particulièrement difficiles.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Alain Cavalier

Autobiographie

Se filmer tous les jours pour réaliser le film d’une vie

 

Cheval

Celui De Bartabas, au nom de peintre. Caravage

 

Commentaire

« C’est ça tout le problème, parler et filmer en même temps »

 

Deuil

Repeindre une pièce en noir, même les fenêtres, surtout les fenêtres

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Filmeur

Seul avec une caméra numérique, filmer les petits bonheurs quotidiens.

 

Françoise

La compagne du filmeur qui partage toujours avec bonne grâce ses facéties et ses taquineries.

 

Irène

La compagne victime d’un accident de la route. Un vide qui qui ne sera jamais comblé.

 

Mort

Une compagne, les parents, une amie…Une vie.

 

Obsession

« Avant, je notais tout. Maintenant, je filme ».

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Paradis

Il existe ici-bas. Tout simplement.

 

Parents

Les accompagner jusqu’à leurs derniers moments.

 

Portrait

24 courts consacrés à des femmes exerçant de petits métiers en voie de disparition, 3 moyens consacrés à des auteurs d’actes d’héroïsme pendant une guerre (la seconde et celle d’Algérie), 6 Xl consacrés à des ami.e.s

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Renoncement

Aux grosses équipes techniques, aux budgets plus ou moins conséquents, aux acteurs, aux actrices et aux figurants, bref à la fiction.

 

Vie quotidienne

Faite de petits riens mais qui sont tellement importants.

A COMME ABÉCÉDAIRE – Vincent Dieutre

Des mots clés pour rendre compte de son œuvre, la résumer un peu, la caractériser peut-être, la faire connaître en tout cas et surtout la faire aimer.

Des entrées qui ouvrent des voyages dans ses films, qui peuvent nous guider, qui nous suggèrent des itinéraires, qui nous donnent des rendez-vous pour des rencontres souvent étonnantes, mais toujours stimulantes.

Des souvenirs de séquences, d’images, de voix, de musique. A travers mon filtre personnel.

Admiration

         Des exercices pour rendre hommage à des cinéastes admirés, reconnaître une dette, faire un bout de chemin ensemble. Une petite sœur (Naomie Kawase) et frère Alain (Cavalier), une scène culte d’un film culte (La Maman et la putain d’Eustache), Jean Cocteau et Roberto Rossellini.

Allemagne

L’autre pays, après l’Italie, celui des voyages aussi nombreux, ou presque. Le pays des musées, de la musique romantique. Le pays des brumes, du froid, de l’hiver. Le pays du nord, si loin du sud. Mais le pays de la littérature et de la poésie. Et surtout de la musique.

Amants

Il y a les amants d’une rencontre, une rencontre brève, que l’on fait dans un lieu où l’on va pour faire des rencontres, des rencontres sans lendemain donc, parfois décevantes, mais qui peuvent aussi se révéler exaltante. Il y a aussi des rencontres dues au hasard, le hasard de la vie, la vie tout simplement.

Et puis il y a les amants qui ne sont pas qu’une simple aventure, des amants avec qui on s’installe, dans la vie, dans un appartement, avec qui se mettent en place des habitudes, presque des routines. Des amants pour lesquels le terme amour a du sens. Simon, bien sûr.

Amour

         Indispensable à la vie, le sentiment amoureux lui donne tout son sens. L’exaltation de la rencontre, les affres de la séparation et l’intensité de chaque instant vécu avec l’être aimé. L’amour n’est jamais désincarné.

Attentat.

           A la gare de Bologne le 2 août 1980, 85 morts.

Autobiographie

         Parler de soi, encore et toujours, raconter des épisodes de sa vie, être présent à l’image quelque fois et dans la bande son, en off, toujours.

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Berlin

         Mais pourquoi donc aller vivre à Berlin quand on est Français ?

Didi-Huberman

         Pour l’évocation de la Survivance des Lucioles.

Drogue

       Un shoot qui aurait pu finir mal, très mal…mais qui finit quand même bien.

Érudition.

         La connaissance de la peinture. Celle du Caravage en particulier. La philosophie. De Pascal à Didi-Huberman.

Homosexualité

         Des corps d’hommes, souvent barbus, nus, enlacés, se caressant, dans des images faiblement éclairées. Des rencontres furtives. Des liaisons suivies. La drague. La tendresse aussi.

Immigrés

         Un campement sous un pont de Paris, vu depuis la fenêtre de l’appartement tout proche. L’évocation de la vie du monde.

Italie

         L’émerveillement des premiers voyages, des premiers amours. Puis le passage du temps. Trop de changements. Le pays aimé devient haï.

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Jansénisme

         Une aventure religieuse et philosophique qui finit mal.

Musique

         Pour voyager dans le temps. Du XVII° sicle de Couperin au romantisme allemand.

Palerme

         Pour y rencontrer des marionnettes.

Paris

      Un quartier surtout, qui sonne comme une annonce, Bonne Nouvelle.

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Peinture

Des musées. Des tableaux filmés en gros plans. Des corps nus d’hommes. Caravage.

Rome.

         La ville du premier film. Une ville comme nous ne l’avons jamais vue. Une ville sale, délabrée, aux murs de vieilles maisons décrépis. Une ville nocturne, sombre, pluvieuse. Une ville filmée en longs plans fixes et presque sans mouvement. Des images sans aucune beauté, sans aucune recherche esthétisante

Schubert

         Un voyage en hiver. Du piano. Des sonates, celle en la majeur en particulier.

Ténèbres.

         Les trois leçons de Couperin. « Aux XVIIe  et XVIIIe siècles, les musiciens composèrent des “leçons de ténèbres” d’après le texte des lamentations de Jérémie. Ces leçons étaient chantées les Mercredi, Jeudi et Vendredi saints. Durant ces “ offices des Ténèbres”, on éteignait un à un les cierges d’un chandelier jusqu’à l’obscurité ultime de l’ignorance du monde. »

Villes

         En Allemagne et en Italie, de Rome à Berlin. Mais aussi Buenos Aires. Et bien sûr Paris. Des plans fixes de carrefours ou des travelings le long des rues, longs, lents. Des images le plus souvent nocturnes. Des ruelles étroites, peu éclairées. Et souvent, la pluie.

Voix off

         De film en film, le récit d’une vie intérieure riche en sentiments.

Voyages

        Partir, pour des raisons professionnelles ou sans raison. Quitter un lieu. L’incertitude du retour. Mais la découverte de la route. Et un travail de mémoire aussi.

A COMME AVANCA

Du 24 au 28 juillet 2019

23° édition du festival international du film d’AVANCA – Portugal

Voici la sélection officielle section documentaire

  • “Juan Brito: Tamia” de/by Alfonso Palazon (Espanha)
  • “Desvio” de/by Tiago Afonso (Portugal)
  • “Tahiti” de/by Latifa Said (Argélia)
  • “Raiz Ancestral” de/by Marcia Paraiso (Brasil)
  • “Little America” de/by Marc Weymuller (França)
  • “Standardized Synchronized” de/by Kaisu Koski (EUA)
  • “8 Poems of Emigration” de/by Kurtulus Ozgen (Turquia)
  • “The traffic separating device” de/by Johan Palmgren (Suécia)
  • “We waited until nightfall” de/by Wendy V. Muñiz e/and Guillermo Zouain (República Dominicana)
  • “Unexpected” de/by Mateusz Buława (Polónia)
  • “I believe. I wait. I pray” de/by Katerina Strelchenko (Ucrânia)
  • “Stuka” de/by Ricardo Machado (Portugal)

 

A COMME ARMEE

Le fils, Alexander Abaturov, France-Russie, 2019, 71 minutes.

L’armée, la guerre. La préparation à la guerre. Un entrainement dur, exigent, basé sur la force physique, mais aussi sur des valeurs d’ordre, d’obéissance, de résistance physique et morale, de sens de l’honneur, de dévouement à la patrie. L’entrainement d’un corps d’élite, que nous suivons comme si nous en faisions partie. Caméra placée au cœur du groupe, au plus près des visages, des respirations, des cris. Il s’agit de l’armée russe. Mais ce pourrait être l’armée de n’importe quel pays.

Le fils

Mais la guerre c’est aussi la mort. La mort d’un fils, d’un cousin, tué en opération. Le film nous plonge, dès son ouverture, au cœur du deuil. Le deuil des parents. La mère en pleurs. Le père digne, qui retient ses pleurs. Et les amis. Les compagnons de l’armée, ceux qui eux aussi risquent leur vie, qui pourraient très bien avoir été tués aussi dans la même opération, ou une autre, n’importe quelle opération de guerre.

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Le film d’Alexander Abaturov est un hommage au soldat disparu, membre de sa famille. Un soutien aussi aux parents, très éprouvés par le drame. Mais est-il aussi un hommage à l’armée ? Les soldats sont conditionnés à ne pas se poser de questions. La mort est toujours présente dans la guerre. Il faut l’accepter. Même si c’est très dur lorsqu’elle touche un proche, un compagnon, un ami.

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Le film ne montre pas la guerre. Mais bien sûr, elle est omniprésente. Comme la mort. Filmant l’armée – la préparation à la guerre – le cinéaste ne la critique pas. Il ne fait pas non plus son éloge. Son point de vue s’efforce toujours d’être neutre. S’il montre les jeunes soldats dans des situations difficiles – rampant dans la boue ou le visage ensanglanté dans un exercice de boxe – ce n’est pas pour en faire des héros. La guerre est donnée comme une réalité comme une autre. Banalisée en quelque sorte.

Et pourtant, la douleur du père et de la mère du soldat tué n’est-elle pas une aspiration à la paix ?

A COMME AGRICULTURE

Le Temps des grâces, Dominique Marchais, 2009, 123 minutes

Comment l’agriculture française se porte-t-elle ? Pas très bien, répondra le pessimiste, s’appuyant sur les signes bien réels d’une crise profonde et la nécessité d’une mutation en profondeur rendant l’avenir incertain. Pas si mal, pourra rétorquer l’optimiste, affirmant qu’après tout elle a encore bien des atouts dans sa manche et qu’elle pourra faire mieux que survivre à condition de mettre en œuvre les réformes qui s’imposent. C’est cette situation contrastée que le film de Dominique Marchais met en évidence. Parcourant les campagnes françaises, de la Beauce au plateau de Millevaches, il va à la rencontre des paysans, actifs et retraités, mais aussi des chercheurs, des agronomes, des économistes. Et même d’un écrivain entouré de livres dans son bureau. Des rencontres riches d’enseignements.

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Une bonne partie du film se passe dans une voiture, un agriculteur au volant, le cinéaste à ses côtés posant des questions. Un bon moyen d’appréhender de visu le paysage de nos campagnes. C’est d’abord les grandes exploitations céréalières qui sont traversées et survolées par de magnifiques plans d’ensemble. Ici, le bocage a disparu, les parcelles dispersées d’un même propriétaire ont été regroupées. L’élevage a laissé la place à la culture des céréales, moins demandeuse de temps et permettant une vie plus conforme aux modes du moment, la possibilité de partir en vacances, d’avoir du temps libre et des loisirs. Il n’est plus possible de passer tous les jours de l’année à nourrir ses bêtes pour un revenu qui, rapporté au temps de travail, peut paraître dérisoire.

Et pourtant, les haies le long des petites routes de campagne avaient leur utilité, et pas seulement au niveau du paysage Seulement voilà, ici comme ailleurs, la recherche du profit a débouché sur l’augmentation des rendements, laissant de côté la nécessité de la qualité qui devrait être la marque de l’agriculture à la française.

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Par contraste, le film nous conduit dans ces régions du centre et du sud de la France, en Creuse ou en Corrèze, là où l’on parle de plus en plus de « désert agricole ». Marchais y rencontre surtout des retraités qui, de façon assez banale, évoquent la valeur du travail qui a marqué toute leur activité professionnelle et la fierté qu’ils en éprouvaient alors. Ici, le paysage est tout autre. On peut même retrouver des chemins creux. La tentation est grande de se replier sur soi-même, de mettre en place des circuits courts de distribution, en allant par exemple vendre soi-même ses fromages sur le marché. La solution résiderait-elle dans un retour au passé ?

Ce n’est pas vraiment la direction que propose le film, malgré les interventions de l’écrivain, Pierre Bergougnoux, lui-même originaire de Corrèze, qui cite Rabelais et dont les propos sentent bon la nostalgie. Les chercheurs et les spécialistes en agronomie et en économie ont des idées beaucoup plus porteuses d’avenir. Il s’agit bien sûr d’abord de renoncer, comme tout militant écologiste de base le dit, à l’emploi intensif des pesticides, fongicides et autres engrais chimiques. Il faut impérativement  assurer la survie des sols qui sont en train de mourir, leur redonner la vitalité nécessaire à une agriculture raisonnée misant avant tout sur la qualité des produits. C’est, nous dit-on, scientifiquement possible. Mais il faut mettre en place un plan d’ensemble. Les pouvoirs publics sauront-ils le faire alors que les lobbys industriels sont tout puissants ?

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Le film ne cache pas de quel côté penche le cœur et la raison du cinéaste. Mais il prend soin de ne pas se présenter comme un propos strictement militant. Les intervenants ne sont pas présentés comme faisant partie de mouvements écologistes. Mais les agronomes ne sont pas désespérés. Leur propos n’est pas de conclure qu’il faut purement et simplement revenir au passé. Comment d’ailleurs serait-ce possible ?

Le premier plan du film prend alors tout son sens. Un avion gros porteur en phase d’atterrissage survole un champ de blé. Il disparaît de notre vue au moment où il aborde sans doute les pistes de l’aéroport. Le champ de blé peut retrouver son calme immuable.

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A COMME ARETHA FRANKLIN

Amazing Grace – Aretha Franklin, Alan Elliott, Sydney Pollack, 2019, 87 minutes.

 Ce n’est pas un concert. Nous ne sommes pas dans une salle de concert avec sa foule surexcitée, ses spots de lumière plus ou moins aveuglants et sa sono assourdissante.

Le film n’est donc pas une captation, avec sa continuité  et sa multitude de caméras qui veulent tout voir, être partout à la fois, sur scène et dans la salle.

Et pourtant. Nous sommes bien au cœur de l’évènement musical, aux côtés de la chanteuse, avec les personnes présentes, toutes les personnes présentes, réunies ici dans la même ferveur, musicale et religieuse.

Nous sommes dans une église, dans le quartier de Watts à Los Angeles en 1972. Un lieu de culte, un lieu de cérémonie religieuse. On peut presque dire qu’il s’agit effectivement d’un office, d’une célébration, une manifestation de foi collective. Et une sanctification de la musique, de cette musique, le Gospel, qui constitue le lien, le ciment, de toute la communauté des afro-américains.

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Le film est réalisé à l’occasion de deux sessions, deux soirées consécutives, consacrées à la réalisation d’un disque. Un enregistrement live, que la chanteuse a décidé de réaliser justement dans ce lieu de culte, au milieu d’une communauté religieuse, de sa communauté religieuse. Il en sortira un disque aujourd’hui devenu culte, Amazing Grace, dont on dit qu’il est le plus vendu de ce genre musical, dans le monde. Un disque dont nous allons suivre l’enregistrement en nous plongeant dans sa musique, en nous faisant partager chacune des chansons mais aussi en suivant ses péripéties techniques. Le travail des techniciens n’est aucunement occulté, bien au contraire et le film devient presque un film sur un film, celui qui aurait pu être réalisé avec les rushes que l’on nous montre aujourd’hui, presque à l’état brut. Et ce n’est pas le moindre intérêt de cette réalisation, effectuée par Alan Elliott, qui n’était certes pas présent au moment du filmage mais qui a su au mieux respecter les images « live » réalisées par Sydney Pollack.

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Aretha Franklin est filmée le plus souvent en gros plan, en très gros plan même parfois. Elle est debout devant les micros installés sur la chair, mais aussi assise au piano pour au moins deux chansons. Il y a bien sûr des musiciens qui l’accompagnent, mais ils ne font que très peu l’objet de plans spécifiques. Par contre nous voyons beaucoup le chœur, et son directeur, véritable « show man ».

Les deux soirées sont ouvertes par le révérend Cleveland, qui présente le projet de disque et qui annonce la chanteuse. Il a visiblement un lien très étroit avec elle. Il dialogue aussi avec la salle, invitant chacun à participer le plus possible. Il n’y a que 200 personnes présentes, mais tout doit se passer comme si elles étaient 2000. Et effectivement, ce public constitué presque uniquement d’afro-américains membres de la communauté habituelle de l’église – mais on reconnait parmi eux Mick Jagger en personne – n’a rien de passif. Il intervient sans cesse,  dansant, tapant dans les mains mais aussi approuvant verbalement les paroles des chansons. Il n’est pas excessif de parler de véritable communion, rendant la prestation de la chanteuse encore plus chargée de conviction religieuse, une voix qui proclame sa foi et qui sait la faire partager.

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Il y a dans le film des moments d’émotion intense, comme le discours du père d’Aretha et ce geste paternel si affectueux où il tamponne d’un mouchoir blanc le front ruisselant de sueur de sa fille. Il y a aussi des images particulièrement évocatrices de la ferveur religieuse de tous ces amoureux de la musique. Je pense par exemple à ces plans où les membres du chœur se « soulèvent » littéralement de leur chaise, bras tendu vers le ciel, dans une clameur de joie. Des images de soulèvement qui pourraient très bien figurer dans le dernier livre de Georges Didi-Huberman : Ce qui nous soulève 1 (Éditions de minuit 2019). Comme quoi les soulèvements ne sont pas toujours des mouvements de protestation et de révolte, des manifestations de colère. Ils peuvent aussi être l’expression de la joie procurée par la musique.

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A COMME ADOLESCENCE- Filmographie.

L’adolescence, un âge idéal pour le cinéma documentaire ? Un âge difficile à appréhender, parce que si changeant. Un âge difficile à comprendre, parce si complexe et qui sait être déroutant. Un âge surtout difficile à accepter dans ses multiples facettes, tant il s’évertue souvent à remettre en cause l’ordre établi par les parents et les adultes. Mais un âge idéal pour un cinéma qui ne veut pas en rester aux clichés et aux stéréotypes. Un certain nombre de films savent se montrer à la hauteur de la difficulté en nous proposant des portraits d’adolescentes et d’adolescents plus attachants les uns que les autres, en explorant avec eux leur contexte de vie, dans la famille, à l’école, avec leur.e.s ami.e.s. L’authenticité en est la marque la plus frappante.

17 ans de Didier Nion

18 ans de Frédérique Pollet Rouyer

68 raisons de penser aujourd’hui de Valérie Cibot

800 kilomètres de différence de Claire Simon

L’accord du pluriel de Oliviers Smolders

L’âge adulte de Eve Duchemin

L’année des lucioles de Chantal Briet

Arman ? 15 ans, l’été de Blaise Harrison

Bélinda de Marie Dumora

Bleu, blanc, rouge de mes cheveux de Josza Anjembe

La chasse au Snark de François-Xavier Drouet

City Lights. Portrait d’une génération perdue de Dorothée Lorang et David Beautru

La Cour des murmures de Grégory Cohen

Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley

Les enfants de la jungle de Stéphane Dandois

Enfants du terril de Frédéric Brunnquell, Anne Gintzburger

Examen d’Etat de Dieudo Hamadi

Garçon boucher de Florian Geyer

Grands comme le monde de Denis Gheerbrant

Hikikomori, à l’écoute du silence de Diorothée Lange et David Beautru

Jeux criminels d’Adrien Rivollier

Le Printemps d’Hana de Sophie Zarifian et Simon Desjobert

Mes parents sont homophobes de Anelyse Lafay-Delhautal

Nos Fiançailles de Chloé Mahieu et Lila Pinel

Nous ne vendrons pas notre avenir de Niki Velissaropoulou

Nous, Princesse de Clèves de Régis Sauder

Pauline s’arrache d’Emilie Brisavoine

Question d’identité de Denis Gheerbrant

Récits de la jeunesse de Jean-Michel Carré

Les rêves dansant, sur les pas de Pina Bausch de Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Roméo et christina de Nicolas Hans Martin

Les Roses noires d’Hélène Milano

Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet

Swagger d’Olivier Babinet

Tant la vie demande à aimer de Damien Fritsch

Toto et ses sœurs de Alexander Nanau

Tu seras sumo de Jill Coulon

Un peu, beaucoup, passionnément de Fabienne Abramovich,

Une année d’espoir de Mikala Krogh

Une jeunesse amoureuse de François Caillat

Les Voraces de Jean Rousselot

Y.O.L.O de Karim Bey

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A COMME ABÉCÉDAIRE DU CINÉMA DOCUMENTAIRE 5

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

Partie 5   R-V

R

Racisme

Le refus de la différence, l’intolérance et la haine…

Film : Sud de Chantal Akerman

Religion

La ferveur ou l’exhaltation, parfois aussi le fanatisme des extrémistes.

Film : God’s country de Louis Malle

Rêve

Nos rêves, reflets de notre vie quotidienne, professionnelle en particulier

Film : Rêver sous le capitalisme de Sophie Bruneau

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Révolution

Mai 68 en France, le « printemps arabe » de grandes espérances mais bien des désillusions aussi

Film : Tahrir, place de la libération de Stéfano Savona

Roms

Toujours marginalisés, rejetés et accusés de tous les maux

Film : Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet

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S

Sexualité

L’amour et le désir, mais aussi les interdits, les préjugés et le commerce.

Film : Would you have sex with an Arab de Yolade zauberman.

Sport

Les stars, bien sûr, de la boxe, du foot ou du tennis…

Film : Mohammad Ali, the greatest de William Klein

Suicide

Un tel acte peut-il être compréhensible par la famille et les proches ?

Film : Vivian Vivian de Ingrid Kamerling

vivian vivian 2

T

Télévision

Fenêtre ouverte sur le monde ou formatage des pensées ?

Film : Pas vu pas pris de Pierre Carles.

Théâtre

Souvent vu des coulisses, ou dans les répétitions. Souvent aussi des acteurs non professionnels, des handicapés ou des prisonniers.

Film : César doit mourir de Paoli et Vittorio Taviani

Tourisme

De masse ou culturel, aujourd’hui de plus en plus de japonais et même de chinois.

Film : Voyage en occident de Jill Coulon

Travail

Libérateur ou aliénant ?

Film : Entrée du personnel de Manuela Frésil

4 Manuela Frésil - Entrée du personnel

U

Usine

Des régions entières où elles sont désaffectées, abandonnées, laissant derrière elles le chômage et le désespoir.

Film : A l’ouest des rails de Wang Bing

V

Vacances

Le repos, l’oisiveté, la détente, la mer et les plages, le sud et le soleil de l’été.

Film : Le voyage à la mer de Denis Gheerbrant

Vieillesse

La déchéance des corps et souvent des esprits ; la nostalgie du passé et l’absence d’avenir.

Film : Dieu sait quoi de Fabienne Abramovich

Village

Lorsqu’ils ne sont pas désertés par leurs habitants, ils peuvent devenir des laboratoires du futur.

Film : Un Village dans le vent de Jean-Louis Gonterre.

Ville

Les grandes et les petites, les très grandes surtout, parcourues de long en large, tout au long du jour et jusqu’au cœur de la nuit, pour rencontrer leurs habitants.

Film : Amsterdam, global village de Johan van der Keuken

Violence

Est-elle toujours l’accoucheuse de l’histoire ?

Film : L’Acte de tuer de Joshua Oppenheimer

Voyage

Tous les moyens sont bons, train ou voiture et même à pied, mais pas pour faire du tourisme, plutôt pour découvrir des mondes et des populations inconnues.

Film : Quelques jours ensemble de Stéphane Breton.

 

 

 

 

A COMME ABECEDAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE 4

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

Partie 4 – M-P

M

Manifestation

Celles de Mai 68 restent les plus filmées

Film : Les Révoltés de Michel Andrieu

Mariage

Depuis qu’il est devenu « pour tous », il a incontestablement regagné la faveur de bien des jeunes.

Film : La sociologue et l’ourson de Etienne Chaillou et Mathias Théry

Marginalité

Des clochards d’antan aux SDF d’aujourd’hui, la rue est toujours une galère.

Film : Au bord du monde de Claus Drexel

Médecine

Qu’elle soit douce ou venue de Chine, elle renvoie toujours plus ou moins à la souffrance et à la mort.

Film : Hôpital au bord de la crise de nerf de Stéphane Mercurio

Médias

La télévision, mais aussi la presse écrite, souvent sous le feu de la critique.

Film : Les nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre.

Mémoire

Un devoir pour que les crimes contre l’humanité ne soient pas oubliés ou banalisés.

Film : Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman.

 

Mer

Les vagues, les bateaux, les plages, les tempêtes… le bleu.

Film : L’Homme d’Aran de Robert Flaherty.

Migration

Partir, fuir la guerre et la misère, braver tous les dangers, se heurter à tous les ospectres 1bstacles, à toutes les incompréhensions, mais passer « quoi qu’il en coûte ».

Film : Des Spectres hantent l’Europe de Maria Kourkouta et Niki Giannari

Misère.

Dans le milieu ouvrier surtout, mais aussi les ravages du chômage, depuis la fermeture des mines, des aciéries ou des usines de construction automobile.

Film : Borinage de Henry Storck et Joris Ivens.

Mode

La Haute Couture et le prêt-à-porter, les stylistes et les mannequins, un monde à part.

Film : McQueen de Ian Bonhôte

Mort

Un fait naturel, non dramatique, comme en Chine.

Film : Mrs Fang de Wang Bing

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Musée

New-York, Londres, Paris…des visiteurs de plus en plus nombreux, et tant de travailleurs dans l’ombre.

Film : La ville Louvre de Nicolas Philibert.

Musique

Des concerts, ou des portraits de musiciens et de chanteurs, retraçant souvent l’ensemble de leur carrière.

Film : Eric Clapton : life in 12 bars de Lili Fini Zanuck

N

Nucléaire.

Des catastrophes de Tchernobyl à Fukushima, en dehors même de la bombe, le nucléaire représente toujours une menace.

Film : Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre de Brigitte Chevet.

P

Palestine

Un peuple sous le joug de l’occupation

Film : 5 caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi

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Patrimoine

Naturel ou culturel, des trésors à préserver.

Film : National Gallery de Frederic Wiseman

Paysans

Une vie de dur labeur et la difficulté des successions.

Film : Profil paysan de Raymond Depardon

Peine de mort

Un combat pour son abolition.

Film : Into the abyss de Werner Herzog.

Peuple

Au cœur des révoltes et des révolutions.

Film : La Dignité du peuple de Fernando Solanas.

Philosophie

La création de concepts

Film : L’abécédaire de Gilles Deleuze de Pierre-André Boutang.

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Photographie

Un art de l’image et son influence sur le cinéma.

Film : Annie Leibovitz, life through a lens de Barbara Leibovitz.

Poésie

La beauté et la force du langage.

Film : Les poètes sont encore vivants de Xavier Gayan.

Politique

Un documentaire n’est-il pas avant tout un geste politique ?

Film : L’expérience Blocher de Jean-Stéphane Bron.

Pouvoir

Son usure, mais aussi sa griserie, au point de ne pas accepter de le quitter.

Film : Le Système Poutine de Jean-Michel Carré

Prison

Les systèmes d’enfermement, le plus souvent vus de l’intérieur, mais aussi de nouveaux modèles de détention.

Film : La Liberté de Guillaume Massart

Prolétariat

Le plus souvent ce sont des anonymes, sans nom, sans personnalité.

Film : Reprise d’Hervé Le Roux

Prostitution

La misère, la déchéance, les souffrances des prostituées

Film : Le Papier ne peut pas envelopper la braise de Rithy Panh

Psychiatrie

Ecouter la souffrance humaine, peut-être la soulager.

Film : Le sous-bois des insensés, une traversée avec Jean Oury de Martine Deyres

Psychanalyse

L’héritage de Freud, dans de multiples directions

Film : Sur le quai de Stefan Mihalachi.

 

 

A COMME ABÉCÉDAIRE DU CINÉMA DOCUMENTAIRE 3

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

Partie 3 F-L

F

Famille

Les conflits parents /enfants, le plus souvent

Film : Pauline s’arrache de Emilie Brisavoine

Féminisme

Si la femme est l’avenir de l’homme, le cinéma documentaire a bien souvent combattu pour la reconnaissance de ses droits.

Film : Maso et Miso vont en bateau de Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig

Fleuve

Au Brésil ou en Afrique, ils surprennent toujours par la vie dont ils sont porteurs.

Film : Congo river de Thierry Michel

5 Thierry Michel - Congo River

Folie

Redonner avant tout leur dignité à ceux que la société a si souvent exclus.

Film : Regards sur la folie, la fête printanière de Mario Ruspoli.

Frontière

Des Murs, de plus en plus de murs, les rendent infranchissables, surtout aux migrants et réfugiés.

Film : Entre les frontières d’Avi Mograbi

G

Génocide

L’extermination des juifs d’Europe par les nazis bien sûr, mais aussi l’Arménie, le Cambodge, Le Rwanda, l’Indonésie…

Film : Shoah de Claude lanzman

Grève

Les soulèvements des ouvriers contre l’exploitation.

Film : On a grèvé de Denis Gheerbrant

Guerre

Ce n’est plus l’affrontement de deux armées, mais la destruction systématique des populations civiles par bombes interposées.

Film : 17° parallèle de Joris Ivens et Marceline Loridan.

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H

Handicap

Moteur ou psychique, sensoriel ou mental, il s’agit toujours d’une limitation de l’activité, mais une grande force vitale permet souvent d’y faire face, à condition que la société soit tant soit peu aidante.

Film : Tant la vie demande à aimer de Damien Fritsch.

Histoire

L’exposer, la raconter, la comprendre, parfois l’interpréter, sans jamais perdre de vue le présent.

Film : Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls

Homosexualité

Est-elle vraiment acceptée par la société, et par les familles ?

Film : Mes parents sont homophobes d’Anelyse Lafay-Delhautal

I

Image

De la caricature à la publicité, elles sont omniprésentes dans notre société.

Film : Sem le caricaturiste incisif de Marc Faye.

Industrie

Des villes et des régions entières qui sombrent dans la misère lorsque les usines ferment et que le chômage s’installe.

Film : Braddock America de Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

Islam

La richesse de sa culture, mais aussi l’extrémisme et la radicalisation de trop de jeunes.

Film : La chambre vide de Jasna Krajinovic

J

 Japon

La bombe atomique, les tsunamis, les mangas, les appareils photos et le numérique, mais aussi les kimonos, les sushis et le saké

Film : Tokyo-Ga de Wim Wenders

Jeu

Des jouets pour enfants au monde des casinos et des hippodromes.

Film : Pêche, mon petit poney de Thomas Riera

Jungle

Conquise sur la mer au nord des Pays-Bas, mais à Calais…

Film : L’Héroïque Lande (La frontière brûle) de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

Justice

Rentrer dans les tribunaux pour voir quels sont ses rouages, ou rencontrer ceux qui la rendent et ceux qui lui sont soumis.

Film : 10° Chambre, instants d’audience de Raymond Depardon

7 Depardon Raymond - 10° Chambre

L

Laïcité

Contre les religions d’État et les État religieux

Film : Laïcité Inch’Allah ! de Nadia El Fani

Larmes

Le moment où l’émotion est trop forte, où il n’est pas possible de parler.

Film : Les Larmes de l’immigration de Alassane Diago

Lettre

Le documentaire épistolaire, un genre initié par Chris Marker et repris par bien d’autres.

Film : Sans Soleil de Chris Marker

Littérature

Des portraits d’écrivains, le plus souvent en les resituant dans leur époque, ou en insistant sur le rayonnement de leur œuvre.

Film : Qui était Kafka de Richard Dindo.

 

A COMME AMOUREUSES

Où sont nos amoureuses ? Robin Hunzinger, 2006, 52 minutes.

Le destin de deux femmes. Retracer le destin de deux femmes nées dans les premières années du XX° siècle. Raconter leur rencontre, leurs études, leur amour, leur séparation. Rechercher des documents, lettres et journaux intimes, des photos et films familiaux, des archives historiques aussi. Retrouver les faits, les commenter, les mettre en perspective, avec la grande Histoire.

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Deux jeunes femmes libres, modernes, cultivées, passionnées et passionnantes. Leur vie, pendant l’entre-deux guerres, auraient pu être une réussite exemplaire, exemplaire de liberté et de bonheur. Mais les difficultés professionnelles (enseignantes elles ne sont pas nommées dans la même ville et doivent attendre les vacances pour se retrouver). Mais les désirs aussi, différents (Emma a un amant, ce que Thérèse accepte tout à fait, mais lorsqu’elle se marie, c’est la rupture).

Pendant la guerre, la seconde, l’une s’engage, l’autre pas. Le film devient alors un hommage à Thérèse, cheffe d’un réseau de résistants en Bretagne. Arrêtée par la Gestapo, elle mourra sous la torture. Sans avoir parlé.

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Une grande partie du film, pourtant, faisait la plus grande place à Emma, le récit étant plutôt rédigé de son point de vue (puisque les lettres qui ont été retrouvées sont les siennes, et de même pour ses deux journaux intimes). Le récit, en voix off, est écrit en première personne (c’est celui de la propre fille d’Emma). Il comporte de longs extraits des lettres et des journaux où Emma parle de sa vie mais aussi de sa relation avec Thérèse. Une relation qui deviendra difficile. Mais qui restera comme illuminé par leur amour. Le film ne prononce pas le mot homosexualité, volonté sans doute de respecter le voile de pudeur que l’époque mettait sur cette relation. Mais tant de choses sont dites avec franchise, avec poésie aussi. Emma écrivait très bien.

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Les photos, les extraits de films de l’époque, en noir et blanc bien sûr, et souvent non restaurés (les striures sont bien présentes), contrastent avec les images en couleur montant les lieux actuels de cette histoire d’amour, la montagne, la mer, les champs, les petites villes où elles ont travaillé. Le tout est monté avec une grande rigueur, ce qui n’exclut pas une élégance très raffinée. On en oublierait presque le côté parfois un peu trop « commentaire de documentaire » de la voix off.

Un film où dominent les sentiments, mais sans effusion sentimentale.

Un film sur une banale histoire d’amour (quoique, resituée dans son époque, la banalité soit toute relative).

Un film sur la vie, des vies, souvent malmenées par l’Histoire. Mais des destins que le réalisateur rend exemplaires.

Un film centré sur la réflexion, mais particulièrement riche en émotions.

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A COMME ABECEDAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE 2

Partie 2  C-E

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

C

 Camp de concentration

Pas seulement ceux de l’Allemagne nazie mais aussi en France, comme à Rivesaltes, où furent rassemblés les Républicains espagnols fuyant le franquisme, les harkis ou plus récemment, les déboutés du droit d’asile.

Film : Images du monde et inscription de la guerre de Harun Farocki

Chine

De la Révolution culturelle à l’ouverture à l’économie de marché, les chantiers battant tous les records du monde.

Film : Sud Eau Nord Déplacer de Antoine Boutet

Cinéma

Le documentaire peut-il parler du cinéma, l’analyser, le critiquer, par des moyens cinématographiques.

Film : Le Sommeil d’or de Davy Chou

Colonialisme

En Afrique, en Algérie, la face sombre du colonialisme français, et les guerres de libération.

Film : Afrique 50 de René Vautier.

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Communisme

Des films croyant sincèrement au progrès représenté par le communisme, mais aussi les films de propagande jusqu’aux désillusions des ex pays du bloc soviétique après la chute du mur de Berlin.

Film : Je vois rouge de Bojina Panayotova

Crime

Filmer des criminels n’est-ce pas le comble du voyeurisme ? Mais si c’est pour comprendre leur acte, n’est-ce pas continuer à les considérer comme des êtres humains.

Film : Caniba de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor

D

Danse

Les spectacles, les répétitions, la vie des chorégraphes et des commentaires sur leurs œuvres et aussi leur propre vision de la danse

Film : Maguy Marin, l’urgence d’agir de David Mambouch

Délinquance

La petite délinquance surtout, celle des jeunes dans les banlieues et ailleurs, et les institutions répressives à défaut d’être éducatives.

Film : Le Saint des voyous de Maïlys Audouze

Démocratie

Le moins mauvais des régimes politiques diront certain, mais un régime de plus en plus contesté de l’intérieur. Existe-t-il des alternatives ?

Film : L’Assemblée de Mariana Otero

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Dictature

Du Chili à la Grèce, du nazisme au communisme, une liste longue, trop longue…

Film : Général Idi Amin Dada, autoportrait de Barbet Schroeder

Direct

Une référence indispensable, tant le « cinéma direct », au Québec ou en France, a eu une influence décisive sur le cinéma documentaire.

Film : Pour la suite du monde de Pierre Perrault et Michel Brault

Drogue

Les paradis artificiels ou la descente aux enfers…

Film : Bonne nouvelle de Vincent Dieutre.

E

Ecole

La vie de la classe, de la maternelle au lycée, au plus près des élèves et de leurs apprentissages, dans une pédagogie traditionnelle, mais aussi, le plus souvent, dans des pratiques nouvelles, innovantes, et des méthodes actives.

Film : A kind of Magic de Naesa Ni Chianain et David Rane.

Ecologie

Des films engagés, dénonciateurs, mais proposant aussi des solutions d’avenir.

Film : Tous cobayes? De Jean-Paul Jaud.

Economie

Peut-on expliquer la marche du monde par les lois du marché ?

Film : Le Bonheur économique de Patric Jean.

Education

Pas seulement dans l’institution scolaire, mais aussi dans la famille, ou toutes sortes d’association, sans oublier les groupes de pairs.

Film : Mélinda de Marie Dumora.

Elections

Les campagnes électorales sur les pas des candidats, les discours, les poignées de main et les bains de foule, les réunions avec les conseillers et l’incertitude des résultats (pas toujours en fait).

Film : Primary de Robert Drew.

Enfant

Un être innocent, insouciant, peut-être, mais surtout un être à protéger et dont il faut sans cesse affirmer les droits.

Film : Los Herederos, les enfants héritiers de Eugenio Polgovsky

Engagement

Défendre une cause, prendre parti, entrer dans un parti, devenir militant ; mais aussi prendre position, refuser l’inacceptable, proposer des solutions.

Film : Le fond de l’air est rouge de Chris Marker.

fond de l'air est rouge2

Enseignement

Un métier difficile, un peu délaissé d’ailleurs tant il paraît de plus en plus comme usant, nerveusement et physiquement.

Film : Tempête sous un crâne de Clara Bouffartigue.

Etats-Unis

Au pays de la fiction cinématographique triomphante, le documentaire a-t-il du mal à faire sa place au soleil ? Pas vraiment, tant les documentaristes ont su rendre compte de la complexité de cet immense pays, mettant l’accent sur des aspects souvent contradictoire entre eux.

Film : Route one, USA de Robert Kramer

A COMME ABECEDAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE

PARTIE 1 : A-B

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

A

Acteur

N’étant pas par principe engagés dans les documentaires, ils peuvent devenir des personnages de portraits asseyant de mettre à jour une personnalité qui se cache souvent derrière les rôles qu’ils jouent.

Film : Mon meilleur ennemi de Werner Herzog.

Actualité.

C’est par définition le domaine du reportage, mais il n’en est pas moins évident qu’elle influence bon nombre de documentaristes dans le choix des thèmes traités.

Film : Paris est une fête de Sylvain George

paris est une fete2

Adolescence

Souvent montrée comme l’âge de tous les possibles, de tous les espoirs, de toutes les révoltes, c’est aussi pour bien des cinéastes, l’occasion d’un regard nostalgique sur leur propre vie.

Film : Arman, 15 ans, l’été de Blaise Harrison.

Afrique

Le continent de la douleur et tant de richesses gaspillées ou accaparées par quelques-uns ou pillées par les pays riches.

Film : Moi un noir de Jean Rouch

Agriculture

La dénonciation de l’agriculture intensive, industrielle sur le modèle américain, avec son usage abusif des pesticides et en contre-point, la présentation des alternatives écologiques, de l’agroécologie à la permaculture.

Film : Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin

 Algérie.

L’ancienne colonie française a connu bien des vicissitudes depuis son indépendance, mais Alger restera pour toujours la Ville Blanche.

Film : La Chine est encore loin de Malek Bensmaïl.

 Amérique latine.

Le continent des crises économiques comme en Argentine, des coups d’états sanglants comme au Chili, de l’avenir incertain de la forêt amazonienne et des peuples qui y vivent.

Film : La Bataille du Chili de Patricio Guzman

 Amour.

Dans le documentaire, amour peut rimer avec toujours, mais ce sont plutôt les amours déçus ou impossibles qui sont en première ligne.

Film : Une jeunesse amoureuse de François Caillat

Animation

Avoir recours au dessin, aux images de synthèse, aux effets numériques, peut souvent suppléer au manque d’images « live », mais aussi être un choix esthétique significatif.

Film : Valse avec Bachir de Ari Folman

Animaux.

Les films animaliers bien sûr, avec leur côté souvent spectaculaire et quelque peu racoleur, mais aussi de véritables créations loin, très loin, de tout anthropomorphisme.

Film : Bestiaire de Denis Côté.

Apartheid

Le régime le plus injuste, le plus haïssable, dont on a du mal à imaginer comment il a pu maintenir si longtemps en Afrique du sud.

Film : Sugar man de Malik Bendjelloul

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 Archives.

Familiales ou télévisuelles, évoquer le passé ne peut guère se faire sans elles.

Film : Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel Périot

 Armes.

Des plus simples aux plus sophistiquées, du couteau à la bombe atomique, du meurtre personnel à l’assassinat de masse pratiqué par le terrorisme, elles sont faites pour blesser, mutiler, tuer, détruire et toujours sont associées à la souffrance.

Film : Miguel et les mines d’Olivier Zabat

Art.

La vie et l’œuvre des artistes, marginaux ou universellement connus, des portraits soulignant souvent leur excentricité et l’inaccessibilité du génie.

Film : Le mystère Picasso de G-H Clouzot.

Asile.

L’exclusion, l’enfermement des « fous », dans des conditions souvent inacceptables, mais aussi les mouvements de contestation, en Italie, l’antipsychiatrie en Angleterre ou la clinique de La Borde en France, qui mirent à bas les murs de l’asile.

Film : La moindre des choses de Nicolas Philibert.

Autisme

Des enfants, ou des adolescents, mutiques parfois, coupés du monde et des autres, aux comportements souvent imprévisibles, mais que le cinéma sait rendre si attachants dans leurs souffrances.

Film : Elle s’appelle Sabine de Sandrine Bonnaire

Autobiographie.

Un.e cinéaste qui met en images sa vie, dans le moindre détail, et pas seulement sa carrière cinématographique, une entreprise rare, mais oh ! combien exaltante.

Film : Les plages d’Agnès d’Agnès Varda

Avortement.

Les luttes des femmes pour sortir de la clandestinité, pour faire qu’avoir des enfants soit un choix libre, pour disposer de son corps en toute responsabilité.

Film : Histoire d’A de Charles Belmont et Mariette Issartel

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B

Banlieue

Des cités où personne n’a vraiment choisi de vivre, mais qui ne sont pas toutes vouées à la violence.

Film : Chronique d’une banlieue ordinaire de Dominique Cabrera

Bibliothèque.

Les livres, les revues, les journaux et magazines, les lecteurs, le silence, le recueillement, mais aussi la musique et le cinéma quand les bibliothèques deviennent médiathèques

Film : Ex libris. The New York Public Library de Frederick Wiseman

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Bonheur

Partir à sa recherche ou espérer le trouver tout près de soi.

Film : A la poursuite du bonheur de Louis Malle