B COMME BOXE

Boxing Gym. Frederick Wiseman, Etats Unis, 2010, 91 minutes.

         Boxing Gym est une immersion dans une salle de boxe à Austin au Texas. La boxe, il ne s’agit certes pas d’une des grandes institutions américaines, de l’hôpital à la justice en passant par l’éducation, dont Wiseman a su montrer le fonctionnement rien qu’en plaçant sa caméra au cœur de leurs activités. Pourtant, si ce nouveau projet n’a pas à priori une dimension universelle, il se situe quand même dans la ligne du cinéma de son auteur en abordant la vie de tous les jours et les questions qui en découlent pour tout un chacun : que faire de ses loisirs ; quelle est l’importance du corps et du physique dans la vie ; quel sens donner aux relations sociales.

         La salle de boxe que filme Wiseman, le Lord’s gym, est un petit club que fréquente in bon nombre d’américains moyens dont les différences sautent immédiatement aux yeux. Qui sont-ils dans leur vie personnelle, familiale, professionnelle ? Quelle est leur motivation vis-à-vis de cette pratique qui est pour certains un sport, pour d’autre une activité physique comme une autre, pour d’autres encore un simple passe temps. Comme d’habitude, Wiseman ne nous en dit rien. Il laisse le spectateur découvrir petit à petit les éléments constitutifs de cette diversité, caractéristique de la société américaine. Des hommes, des femmes ; des jeunes et des moins jeunes ; des enfants et des adolescents ; des blancs, des noirs ; des sportifs et d’autres qui le sont visiblement beaucoup moins. Wiseman nous les montre tous de la même façon, sans privilégier aucun trait, aucun particularisme, mais en les filmant chacun dans leur spécificité, dans leur unicité pourrait-on dire. En ne sachant rien d’eux au départ, le spectateur va pouvoir appréhender lui-même leur dimension personnelle, non pas uniquement leur épaisseur psychologique comme on dit, mais plus fondamentalement leur réalité humaine.

         Il y a quand même dans le film un personnage central, Richard Lord, le patron du club, ancien boxeur qui a trouvé là un bon moyen de reconversion. Il constitue le fil rouge du film, par la façon dont il accueille les membres du club, entretenant avec la plupart des relations amicales qui dépassent nettement le seul rôle d’entraineur ou d’éducateur physique. Une longue séquence nous le montre inscrivant un nouveau membre, Sans que Wiseman intervienne en quoi que ce soit, il mène un entretien comme beaucoup de cinéastes voudraient bien en inclure un dans leurs films. Par ses questions simples, ses silences, ses relances qui n’en ont pas l’air, il permet peu à peu à la personne en face de lui de dévoiler quelques fragments de son intimité abordés par la caméra sans aucun voyeurisme. Une telle séquence peut à elle seule caractériser le cinéma de Wiseman.

         Dans le film il y a aussi la boxe et toutes les activités physiques qu’elle permet, du ring au sac de sable dans lequel il frapper et frapper encore, en passant par la corde à sauter. Wiseman filme tout aussi patiemment, sans effets spectaculaires, la dimension répétitive de tout cela. Il ne cherche pas à créer une symphonie des corps. Simplement sa caméra enregistre tous ces mouvements qui souvent se répètent à l’identique, de façon quasi mécanique, mais que l’art du cinéaste transforme en expression personnelle.

B COMME BERGER – Pays-Bas

No way. Ton van Zantvoort, Pays-Bas, 2018, 81 minutes.

Un berger aux Pays-Bas. Surprenant à première vue. Un pays sans montagne ; sans pâturage d’altitude. Où donc les moutons peuvent-ils brouter ? En fait, les troupeaux vivent dans la lande. Ou à proximité des villes. Une vie – une survie plutôt – qui n’est pas toujours facile.

Berger, un métier qui n’a rien de facile, malgré les images de quiétude qui lui sont souvent accrochées. Un métier qui demande beaucoup de patience et de savoir-faire, ce qui ne s’improvise pas. Le film nous montre la tonte (toute une technique), l’apprentissage de la tétée pour les agneaux et la nourriture au biberon. Et puis aux Pays-Bas, il faut sans cesse déplacer le troupeau pour trouver des espaces où les moutons pourront brouter. Ce qui occasionne quelques conflits avec les habitants des bourgs traversés. Devenir berger citadin, vraiment cela ne va pas de soi.

Un berger héros de cinéma ? Pourquoi pas. Le film de Ton van Zantvoort nous propose un portrait d’un des derniers bergers des Pays-Bas, Stijn. Un homme calme, posé, filmé souvent dans la lande, avec son troupeau en arrière-plan, travaillant en parfaite bonne entente avec ses chiens.  Ou bien dans sa famille, avec femme et enfants, dans une intimité qui n’a rien que de très banale. Et pourtant. Un portrait tout en sympathie bien sûr. Mais qui prend du sens bien au-delà du cas particulier d’un berger vivant aux Pays-Bas.

No Way est d’abord un film hommage à un mode de vie particulier, une vie dans la nature, en contact avec la nature, en relation étroite avec la nature. Une vie parfaitement libre. Mais un mode de vie qui devient de plus en plus opposé au monde contemporain, de plus en plus contradictoire avec la vie citadine. Et qui donc tend à disparaître.

Le film devient ainsi très vite un film de combat. Un film de soutien à Stijn aux prises avec les contraintes et les difficultés qui l’assaillent de toute part. Mais plus largement, un film de défense des traditions anciennes et des métiers du passé qui devraient garder une place dans le monde moderne. Un combat contre les lois du marché et la recherche effrénée du profit maximum. Contre le système, tout simplement.

N’est-ce pas un combat perdu d’avance, tant les forces en présence sont disproportionnées ? Ce que demande Stijn, c’est de pouvoir continuer à exercer son métier, avoir les moyens de pouvoir nourrir son troupeau. Pouvait-il réussir ? La fin du film ne nous laisse pas croire au miracle.

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – Jean-Michel CARRÉ.

1967 / 70    Etudes de Médecine abandonnées pour le cinéma

1969 / 72    Etudes à l’IDHEC / Diplômes de réalisation et de prise de vue

1975           Création de la société de production Films Grain De Sable

RÉALISATIONS CINÉMATOGRAPHIQUES ET AUDIOVISUELLES

2020           TIBET, QUELLE VÉRITÉ ? (Doc 90′ et 2X52′, Arte – RTBF…)

2019           ROYAL DE LUXE  (Doc 52′ – France 5  – Radio Canada…)

2018           2°, LES DESSOUS DE LA GUERRE CLIMATIQUE (Doc 70′ – Films du Siècle – France 5…)

2017           CHINE, UN MILLION D’ARTISTES (Doc 52′ – Arte – VRT)

2016           POUTINE, LE NOUVEL EMPIRE  (Doc 90’ –France 2 – RTBF – TSR – SVT) Nominé au   FIGRA (Festival International du grand reportage et du documentaire)…et version actualisée en  2018.

2014                    POUTINE… POUR TOUJOURS ? (Doc 90’ – France 2 – RTBF – TSR – Al Jazeera…)

                   Sélectionné au FIGRA 2014, à L’IDFA 2014, au GÖTEBORG Film Festival 2015, au

                   THESSALONIKI DocumentaryFestival 2015…

2013           CHINE, LE NOUVEL EMPIRE (Doc 3×60’ et 2h50  – Arte / RTBF / MDR…)

                   – Sélection documentaire international FIPA 2013

                   – Nominé du Grand Prix du documentaire de la Télévision française 2013, Prix du Sénat

                   – Sélection Festival International d’Histoire de Pessac 2013

2012           UKRAINE,  DE LA DÉMOCRATIE AU CHAOS (Doc 80’ – Planète / MDR /Al Jazeera         English) coréalisé avec Jill Emery

Prix du Jury, Figra 2013,

– Grand Prix Focals Awards de Londres 2013Cuba

2011                     GRANDIR À PETITS PAS (Doc 52’ – France 5) La Maison verte

2010           SEXE, AMOUR ET HANDICAP (Doc 80’ – France 2 / TSR)

                   Grand Prix du Festival International de la santé de Liège 2011

2009           LES TRAVAILLEU®SES DU SEXE (Doc-85’ –co-production France 2 / RTBF / Simple production) Sortie salles octobre 2009

Film ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE : LES ALTERNATIFS

MAI 68 ET LE PSU

2007            LE SYSTÈME POUTINE (Doc-90’ – co-production France 2 / NDR (Allemagne) / RTBF (Belgique) / TSR (Suisse) / SVT (Suède) / RADIO Canada / SBS (Australie) / STB (Ukraine) / Planète).

                            – Grand Prix 2008 du Festival Italia des Télévisions Internationales

                   – Grand Prix 2008 du meilleur programme télévisuel 2007 CBNewMedias

Prix Spécial du jury, Festival International de Berlin – Europa 2007

Prix du public et Prix du montage, Festival International Figra 2008.

Sélectionné pour les Emmy Awards, New-York 2008.

Sortie Cinéma en Grande-Bretagne 2008 en association avec le Festival de Sheffield

2006            J’AI très MAL AU TRAVAIL (Doc-90’ – CANAL + / INA/ RTBF)

Sortie en salles le 31 octobre 2007.

2004            KOURSK, UN SOUS-MARIN EN EAUX TROUBLES (Doc- 90’ – France 2 /  RTBF Belgique / Radio Canada / Sundance Channel (USA)

                   – Prix spécial du Jury, Festival International de Grenade 2007

                   – Grand Prix du Festival FIGRA 2005

2003                    DRÔLE DE GENRE (fiction tv -90’ – La Sept ARTE)

                            J’AI MAL AU TRAVAIL (Doc-90’)- INRS

                            LES COULISSES DU FAR WEST (Doc-52’- Equidia)

2002                    ALICE LA MALICE (film cinéma – fiction co-production franco-russe -90’– )

– Prix du public Festival International Bulgaria 2003

2001                    TOWER OPERA (Doc – 52’)

– Nomination au 7 d’Or 2003

2000                    SUR LE FIL DU REFUGE  (Doc-90’-La Sept ARTE)

                            LES BATISSEURS D’ESPOIR (Doc-3×26’- la Cinquième)

  1. CHARBONS ARDENTS  (Doc -90’- La Sept ARTE – Grand Format/ Sortie cinéma)

– Grand Prix du Festival International Del Populi Florence 2000

SOUS LE CHARBON LES BRAISES (Doc – 52’ – La Cinquième)

                  BEAUCOUP, PASSIONNEMENT, A LA FOLIE  (Doc -70’- A2)

                   QUESTION DE CLASSE(S)  (Doc -85’- Théma La Sept ARTE)

                            PORTRAIT D’UNE GÉNÉRATION POUR L’AN 2000  (45 x 13’ – La Cinquième)

                            – Nomination aux 7 d’Or 99

1998           HISTOIRE D’ENFANCE  (Doc –52’- La Cinquième)

                   RECITS DE LA JEUNESSE : LES VALEURS  (Doc –52’- La Cinquième) 

                   LA SAISON DU COBAYE (Doc –52’- ACT 4 / FR2)

                   LES AGRÉGÉS DE PHILOSOPHIE DANS LES ENTREPRISES (10×8’)

1996 / 97    RÉCITS DE LA JEUNESSE: Travail, Famille, etc…  (Doc  -3×52’- FR2)

                   HONG-KONG / HANOÏ : Retour de camps  (Doc -52’- Planète)

                   VIETNAM : LES  ENFANTS  DE LA PAIX  (Doc -52’- FR3)

1996           UN COUPLE PEU ORDINAIRE  (Doc-52’ – FR2)

                   LA NOUVELLE VIE DE BÉNÉDICTE  (Doc – 52’-TF1)             

                   L’étrange Noêl d’Antonio (Fiction -26’- La 5ème )

1995           LES CLIENTS  DES  PROSTITUÉES (Doc -52’- FR2)

– Sélectionné au Prix Futura 1995 – Berlin

                   VISIBLEMENT, JE VOUS AIME  (Canal +/Fiction-Long métrage / Sortie 01/96)

                   avec Denis LAVANT

                   – Prix Coup de Cœur – Festival de Cannes SACD 1995

                   – Sélection Cannes 1995 « Cinéma en France »

                   – Grand Prix du Jury – Festival International du film d’Amiens

                   LES MATONNES  (Les surveillantes) (Doc -52’- Planète)

                   LES ENFANTS DES  PROSTITUÉES  (Doc -52’- TF1)

1994           LES TROTTOIRS DE PARIS (Doc-55’-TF1)

                   – Prix du Comité Français pour l’Audiovisuel – Sénat 1995

                   L’ENFER D’UNE MERE  (Doc -52’- TF1)

1993           DON’T DISTURB (Court métrage de fiction -13’)

                   Avec Jean-Claude DREYFUS

                   GALERES DE FEMMES  (Doc – long métrage cinéma-90’)

                   LA MÉDECINE EN MILIEU CARCÉRAL (3X10’)

1992           PRIERE DE RÉINSÉRER (Doc -58’- TF1)

                   – Nomination aux 7 d’Or 1993

– Nomination aux Emmy Awards de New York 1992

                   LES ENFANTS DES PRISONS  (Doc -52’- FR2)

                   – Festival Input 1993

                   LES POUSSINS DE LA GOUTTE D’OR  (Doc -52’- La Sept)

                   – Prix de la Fondation pour l’Enfance 1994

1991           FEMMES de FLEURY (Doc -58’- TF1)

                   – Prix du Festival International des Télévisions ONDAS 1991 Barcelone

                   VIVE LA LIBERTÉ (Doc -26’-)

                   CITE SWING  (Court métrage-13’-) pour les CEMEA

                   ÉCRIRE CONTRE L’OUBLI  produit et diffusé

                   pour le 30ème anniversaire d’Amnesty International

1990           L’ILE ROUGE (Doc -52’- La Sept)

                   – Prix du Jury du Festival de la Fête – Nice 1991

                   LAURENCE (Film -26’-)

                  – Nominé au FIPA d’Or 1991

1989           LES PETITS CHAPERONS ROUGES (Court métrage -13’-)avec Edith Scob, Pierre Rafus

                   ECLATS DE NUIT (Court métrage) la Coupole

                   LA MAISON DES ENFANTS (Court métrage à Louveciennes)

                   SOUFFLER N’EST PAS JOUER (Doc -18’-)

1988           FAUTEURS D’EAUX TROUBLES (Doc -26’-)

                   Avec le Musée des Sciences et des Techniques de la Villette

                   FILM DE PRESENTATION DU MUSEE DES SCIENCES DE LA VILLETTE

1987           LES DOSSIERS DU BISTROT (émissions en direct-6 x 2h10-)

1984           ON N’EST PAS DES MINUS (Doc -50’-)

1981           VOTRE ENFANT M’INTÉRESSE (Long métrage -90’- Sortie octobre 1981)

1978          ALERTEZ LES BÉBÉS ! (Long métrage -90’- Sortie octobre 1978)

                   – Prix du Festival du Cinéma du Réel, Beaubourg 1978

                   – Prix du Public, Festival International de Trouville 1978

1975 / 77    L’ENFANT PRISONNIER (Court métrage -26’-)

                   – Grand Prix du Festival du Film Francophone, New Orléans1977

                   – Prix de l’Office de la Création Cinématographique 1976

                   – Nominé aux Césars du court-métrage 1977

1973           LIBERTÉ JEAN (Film de promotion IDHEC)

                   – Grand Prix du Festival International de Belfort 1973

                   – Grand Prix de la Cinémathèque Française 1973

1971 / 72    LE GHETTO EXPÉRIMENTAL (Doc -90’- Sortie fév 1995))

                   – Prix du Jeune Cinéma, Festival de Bruxelles 1974

                   – Prix Spécial du Jury, Festival International, Thonon-les-Bains 1974

1968           Lauréat de la bourse FEU VERT POUR L’AVENTURE

                   Réalisation d’un documentaire sur Cuba. Interdit d’antenne en Octobre 1968

1966           LIBÉREZ LE VIETNAM ! (Court métrage collectif réalisé au Lycée Paul Lapie de Courbevoie)

Bibliographie

1999  CHARBONS ARDENTS, CONSTRUCTION D’UNE UTOPIE / Ed. Serpent à plumes-Arte

  • POUTINE, LE PARRAIN DE TOUTES LES RUSSIES /Ed. Saint-Simon

2009  LA GUERRE DU GAZ / Ed. du Rocher, avec Roumiana Ougartchinska

2010  LES TRAVAILLEU(R)SES DU SEXE et fières de l’être / Editions du Seuil  

B COMME BONHEUR – des pauvres.

L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres. Manuela Frésil, 2020, 59 minutes.

 Connaissez-vous Bessèges ? Une petite ville du Gard, comme il y en a sans doute beaucoup dans le sud de la France. On dirait un village plutôt, même si c’est quand même un gros village. Mais c’est surtout une ville qui se meurt. On ne compte plus dans le film de Manuela Frésil les plans sur les magasins fermés, les boutiques au rideau de fer baissé, définitivement sans doute. Des plans fixes. Parfois une ou deux personnes traversent le champ. Sans un regard vers la boutique. Sans regarder non plus la cinéaste qui filme. Une image de la solitude.

A Bassèges, il n’y a guère de distraction. Le passage du Tour de France quand même, que la cinéaste expédie en deux plans (un pour la caravane publicitaire, l’autre sur la file des coureurs). Elle s’attarde plus pour filmer le carnaval, le défilé des chars, les Miss qui saluent le public (un geste bien mécanique, sans entrain). Il y a quand même du monde aux terrasses des bistrots. Et le soir les villageois (plutôt âgés) dansent en faisant comme s’ils s’amusaient. Mais en dehors de ces événements exceptionnels, n’est-ce pas l’ennui qui domine. Un ennui bien réel chez cette vieille femme, assise à proximité d’un carrefour (le seul peut-être de la ville) et qui compte les voitures à l’aide d’un petit compteur à main sur lequel elle appuie méticuleusement. Ainsi elle peut dire si la circulation augmente …

De quoi vivent les habitants de Bessèges ?

Le film n’est pas une enquête sociologique. Plutôt de chercher à rencontrer un panel des habitants, la cinéaste va se concentrer sur un petit groupe de marginaux, qu’on pourrait dire déclassés. En tout cas ils ne travaillent pas. Ils habitent dans des lieux quelque peu délabrés. Seraient-ils ces pauvres dont parle le titre du film ?

Tout au long du film, on va suivre leurs occupations. Jouer aux échecs ; cueillir des fleurs d’acacia pour faire des beignets, ramasser des châtaignes pour les vendre. Faire un barbecue au bord de la rivière. Et ainsi de suite. Il ne se passe pas grand-chose de plus dans le film. Un film lent. Presque vide. Rempli de rien.

Sauf que ce petit groupe de personnage a une âme. Et donne une âme à la vie du village.

D’abord la cinéaste prend comme personnage central un homme particulièrement attachant, Alec. Dans les premiers plans du film on l’écoute chanter devant le supermarché du coin en s’accompagnant à la guitare. Un artiste ! Dont les chansons (on en découvrira d’autres dans la suite du film) sont originales.  Un artiste doublé d’un ingénieur qui s’ignore, un créateur capable de construire des mécanismes étonnants avec une roue de bicyclette et quelques tuyaux. C’est qu’il s’est mis dans la tête de construire une fontaine. Il dessine les plans. Fait des essais. Ne réussit pas du premier coup. Mais persévère jusqu’à ce qu’il puisse installer son « œuvre » près de la rivière. Une rivière où d’ailleurs ses amis, les membres de sa « tribu » comme il dit, font eux aussi œuvre artistique en accumulant des rochers, en érigeant des statues ou des sculptures avec et en les peignant de couleurs vives. On n’est pas loin de Tinguely et de Niki de Saint Phalle.

Les membres de cette tribu sont-ils heureux ? Aucune plainte, aucune revendication dans leurs propos. Ils ne parlent jamais d’argent. Comme s’ils n’en avaient pas besoin. Ils vivent en parfaite harmonie avec eux-mêmes. Mais il serait trop facile de dire qu’ils ont trouvé le vrai bonheur. En fait, le film ne répond pas à la question. Il ne s’agit surtout pas pour la cinéaste de proposer une théorie. Le bonheur, sans doute chacun peut le trouver en lui-même, ce qui est une idée bien banale. Mais dans le film il paraît évident qu’Alec en a trouver un petit brin.

B COMME BREL Jacques

Que l’amour. Laetitia Mikles, 2019, 79 minutes.

Un film sur Brel ? Non. Un film sur les chansons de Brel ? Pas exactement non plus. Même s’il y a là une excellente occasion de découvrir – pour les plus jeunes – quelques-unes des chansons parmi les plus célèbres du chanteur belge, du Plat pays à Ne me quitte pas en passant par Madeleine ou Jeff.

Ces chansons, elles sont interprétées par Abdel, un immigré algérien qui découvre un jour les chansons de Brel et qui tombe sous le charme. Il n’a alors de cesse de chanter Brel, si possible devant un public, même peu nombreux (il raconte comment il a un jour chanté devant quatre personnes, dont deux étaient des amis).  Alors il répète sans cesse, avec trois musiciens (pas d’accordéon, et son Vesoul trouve quand même le moyen de « chauffer », grâce à la guitare), parcourt une bonne partie de la France, du Pays Basque jusqu’en Bretagne en passant par le Périgord, de petites salles communales en restaurants et jusque dans les salons privés.

Le film de Laetitia Mikles est le récit de cette passion, une aventure qui tient du rêve – ou de la folie. Et c’est bien sûr le portrait de cet homme hors du commun, même s’il reste toujours étonnamment modeste. Abdel ne joue pas les vedettes. Il n’est pas une star de la chanson, et il le sait. Il se contente de vivre sa passion. Et ça remplit parfaitement sa vie.

Nous le suivons dans sa vie professionnelle. Il évoque sa vie personnelle, sa femme par exemple (mais elle est absente du film), son père et sa mère qu’il retrouve en Algérie, où comme Brel, il va chanter. L’occasion pour la cinéaste de nous offrir de belle vue d’Alger, et d’évoquer la situation d’immigré d’Abdel.

Mais l’essentiel du film concerne le rapport d’Abdel avec Brel, avec le personnage de Brel, par chansons interposées.

Abdel ne cherche pas à imiter Brel, même si la cinéaste se plait à souligner un certain mimétisme, par exemple dans des gros plans des mains du chanteur devant son micro. Mais il ne renonce jamais à sa propre personnalité. Et si l’on peut dire qu’il s’approprie Brel, le chanteur et le poète, c’est uniquement dans l’interprétation des chansons. On est loin de cette mode des sosies qui essaient de redonner vie à des chanteurs disparus en jouant tout sur le physique.

De Brel lui-même on ne verra dans le film que quelques images, muettes parfois, un court extrait d’interview où le journaliste ne laisse pas parler le chanteur, et on l’entendra enfin, dans la clôture du film, dans l’interprétation de Quand on n’a que l’amour, qui a inspiré le titre du film.

Abdel ne chante pas Amsterdam, et la cinéaste ne filme pas de port. Par contre il évoque à plusieurs reprises une des premières chansons de Brel, Les Fenêtres, et Mikles nous offre de magnifiques plans de façades d’immeubles de nuit. Il y a dans ces choix la marque de l’authenticité du film et de son personnage.

B COMME BANLIEUE – Musique.

93 la belle rebelle. Jean-Pierre Thorn, 2010, 73 minutes.

         Connaissez-vous la musique des banlieues ? La musique qui vibre au cœur des banlieues, une banlieue qui se sait créative, ne faisant qu’un avec sa musique, une musique vivante, constituant la raison de vivre de tous ces jeunes qui la pratiquent ? Une musique qui donne une image de la banlieue qui échappe aux clichés.

         93 La belle rebelle est l’histoire de la vie musicale de Seine-Saint-Denis, depuis le premier déferlement du rock chez les yé-yés des années 60 jusqu’à la vague rap des années 2000. En même temps, le film montre l’évolution de ce département qui deviendra le symbole de la banlieue française et de ses échecs. Un département qui pourtant pouvait offrir des raisons d’espérer une vie meilleure à ses habitants. Ceux qui trouvaient justement dans la musique le moyen de se construire un avenir, une vie à leur dimension.

         Thorn rencontre donc les figures de proue de ces jeunes musiciens qui vont participer à la révolution de la scène musicale française qui marquera la seconde moitié du XX° siècle. Il nous fait d’abord écouter leur musique, par des extraits d’émissions de télévision, ou de concert, des moments de répétition aussi et des prestations privées, rien que pour le film. Nous pouvons ainsi voir et entendre NTM, dès le pré-générique et que nous retrouvons dans la seconde partie du film consacrée au Hip Hop, au rap et au Slam, avec entre autres Dee Nasty, Casey, B-James, Abdel Haq, bams et Grand Corps malade. Les années 60 étaient celles du rock. Puis vint la radicalisation contestatrice très politisée du Punk qu’évoque longuement Bérurier noir. Et même, en dehors de ces tendances électriques, un accordéoniste comme Marc Perrone.

Toutes ces musiques issues de la banlieue chantent ses difficultés, sa misère, mais aussi ce qui en fait la grandeur, l’amitié et l’entraide. Les entretiens qui accompagnent les séquences musicales la force du lien qui relie ces banlieusards à ce territoire qu’ils savent déshérité et laissé pour compte de la société française, mais qui fait partie d’eux-mêmes et pour lequel ils manifestent un profond attachement. Si la violence conduisant aux émeutes de 2005 est toujours présente sous forme larvée, on sent bien que c’est le chômage, les rapports plus que tendus avec la police (et donc toute forme d’ordre et l’Etat en général) et les images négatives que véhiculent les médias qui vont l’exacerber jusqu’à l’explosion.

         Côté histoire de la banlieue, le film montre, à partir d’extraits de journaux télévisés, de reportages et de films, les différentes étapes de la longue mais régulière dégradations des conditions de vie des habitants du 93. Nous suivons le rythme effréné des premières constructions d’immeubles pour pouvoir supprimer les bidons villes. Puis c’est l’édification des barres dans les cités et leur destruction lorsqu’elles sont devenues invivables. « Ici, rien ne peut faire patrimoine », belle formule d’un ouvrier de banlieue ! Vu avec un peu de recul et en plongée, le paysage révèle immédiatement le désordre, l’accumulation des usines, des hangars et des immeubles sans aucune logique. Pourtant, la cité des 4000 à La Courneuve, « c’était Hollywood » en comparaison aux conditions de logement antérieures. Mais ne sont restés là que ceux qui n’avaient pas les moyens d’aller vivre ailleurs. Ceux qui ne disposent d’ailleurs d’aucun moyen pour envisager quelque changement que ce soit.

         Existe-t-il encore des images de cette banlieue d’avant son délabrement. Oui nous dit le chanteur accordéoniste, dans quelques films dont celui que Jean-Luc Godard réalisa en 1967, Deux ou trois choses que je sais d’elle. Sans le cinéma, la banlieue n’existerait que dans les images de la télévision qui n’en montre que les aspects les plus spectaculairement négatifs. Le film de Jean-Pierre Thorn contribue lui à lui donner des lettres de noblesse.

B COMME BANLIEUE – Clichy

Clichy pour l’exemple. Alice Diop. France, 2006, 50 minutes.

         Il y a un avant et un après 2005 à propos des banlieues. La télévision, bien sûr s’est mobilisée pendant les émeutes et immédiatement après. Reportages, enquêtes, il s’agissait de rendre compte des événements, rarement de les analyser en profondeur. Il est banal de dire que la télévision est condamnée à l’immédiateté. Le cinéma documentaire, lui, prétend prendre le temps de la réflexion, avec le recul nécessaire pour ne pas être influencé par l’air du temps, les discours officiels et les stéréotypes de tout poil. Les documentaires sur la banlieue sont alors un bon indicateur de l’état de la société et de la pertinence des analyses qu’elle est capable de développer sur elle-même.

         Le film d’Alice Diop trouve son origine, comme d’autres de la même époque, dans les émeutes de 2005. Il est d’ailleurs dédié à Bouma Traoré et Zyed Benna, les deux adolescents dont la mort, à Clichy-sous-Bois, fut leur point de départ. Automne 2005, « les banlieues se rappellent à la République ». Il s’agit alors, presque un an après, de comprendre la révolte des jeunes de ces cités, ce ras le bol qui dégénéra en tant de violence. Les problèmes que connaissaient alors les habitants de ces quartiers défavorisés ont-ils disparu? La cinéaste ne cherche pas à dresser un bilan des actions qui ont été entreprises et de ce qui reste à faire. Elle filme certains aspects de la vie quotidienne. Et surtout, elle donne la parole aux habitants, les jeunes en particulier, ceux qui au sortir de l’école ne trouvent pas de travail, même s’ils ont décroché un diplôme, un BTS par exemple. Ce qui s’exprime alors c’est « la souffrance du quotidien ».

         Le film s’ouvre sur l’évocation de l’action d’association comme « Assez le feu » dont le bus effectue un tour de France des quartiers pour constituer un cahier de doléance. Il se termine sur l’intervention du maire de Clichy, dont les propos ont un certain goût d’impuissance. Entre les deux, les problèmes du logement, de l’école, du travail et des transports seront abordés à travers des cas concrets ayant valeur d’exemples parmi tant d’autres. Le logement, ce sont ces grands immeubles regroupés en cités dont des vues d’ensemble nous donnent une idée de leur concentration. Des plans sur Les cages d’escalier recouvertes de tags suffisent à montrer la détérioration, sans parler de cet appartement où il faut enlever la moquette à en cause d’infiltration d’eau. Pour l’éducation, nous assistons à un conseil de classe de fin de troisième en collège. Certains élèves, ceux qui ont les meilleurs résultats, sont orientés vers une seconde générale, les autres en BEP. Il est clair qu’ils n’auront pas tous les mêmes chances dans la vie. Mais de toute façon, trouver du travail à Clichy, quand on est de Clichy, même si l’on fréquente assidument la mission locale, est quasiment mission impossible, comme nous le montre le cas de ce jeune quoi n’a jamais « le profil » pour tous les emplois auxquels il postule. Le problème du transport est enfin évoqué dans une réunion des élus du département. Le maire de Clichy plaide pour que sa ville soit enfin désenclavée. Mais visiblement les élus des autres communes n’ont pas l’air particulièrement prêt à le soutenir.

         L’avenir de Clichy peut-il s’éclairer ? Certes, le film offre une note optimiste à travers ces jeunes qui repeignent des cages d’escaliers et ces enfants qui les décorent. Mais cela suffira-t-il à éviter un nouvel embrasement des cités ?

B COMME BANLIEUE – Val Fourré.

Chroniques d’une banlieue ordinaire. Dominique Cabréra, 1992, 55 minutes.

         Cette banlieue, c’est le Val Fourré. Une banlieue idéale. Du moins si l’on en croit les images d’archive que la cinéaste place en pré-générique de son film. Des images qui devaient faire rêver. Le commentaire, grandiloquent, vante la modernité de ce nouveau quartier où tout a été pensé, les espaces verts à l’extérieur, les jeux pour enfants, les parkings. Les immeubles HLM, les tours, les appartements flambant neufs, vont permettre de vivre dans le plus grand confort. La cité représente alors la promesse d’une vie meilleure. Des images qui surprennent aujourd’hui, mais qui nous replacent dans le contexte d’une époque que l’histoire récente des banlieues rend bien difficile à imaginer et à comprendre.

         Qui étaient ceux qui sont venus vivre dans cet eldorado si bien vanté par la publicité promotionnelle ? Et comment y ont-ils vécus ? Au moment de la réalisation du film, 1992, les tours du Val Fourré viennent d’être fermées, abandonnées, vidées de leurs habitants en dehors de quelques squatters. Et le film s’achèvera sur les images de leur destruction.

         Dominique Cabréra retrouve ces anciens locataires, des hommes, des femmes, des enfants, de tout âge, de toute origine. Des arabes, des africaines, des travailleurs français. Tous ont vécus de longues années dans ces tours. Tous y ont leurs souvenirs, qu’ils évoquent avec beaucoup d’émotion. Ils nous montrent les différentes pièces de leurs anciens appartements, la cuisine, les chambres, la place de la télé dans le salon, les papiers peints qu’ils avaient remplacés, la vue par les fenêtres ou le balcon, plongeant sur le quartier. Se replonger dans son passé, c’est revenir vingt ans en arrière, une autre époque, une autre vie. Pour beaucoup, c’était l’époque de leur jeunesse. Cela ne s’oublie pas.

         En vingt ans, la vie a changé, le quartier a changé, et eux aussi ont changé. Au début, la vie dans les tours, c’était vraiment bien. Il y avait un esprit de communauté Tous se connaissaient et les voisins étaient des amis. Il y avait beaucoup de français, et même des riches. Et puis, peu à peu, cette mixité sociale a disparu. Les plus aisés sont partis les premiers. A la fin il n’est resté là que ceux qui ne pouvaient pas aller ailleurs. Les tours se sont dégradés. Plus rien ne fonctionnait. Même les ampoules des paliers étaient volées. Comme le dit le médecin qui avait là son cabinet, c’était devenu invivable. Et le seul couple de français (c’est comme cela qu’ils se présentent) qui habite encore dans le quartier se sent bien isolé.

         A travers ces rencontres, c’est toute l’histoire des banlieues qui est retracée. La lente dégradation des conditions de vie. La naissance des ghettos. Dans une des dernières séquences, Cabréra filme une enseignante et ses élèves réunis sur une terrasse. Un de leur camarade est mort au poste de police par manque de soin. Un des garçons présents évoque les émeutes qui suivirent : tout casser pour se venger. Une séquence prémonitoire.

B COMME BICENTENAIRE – Révolution Française.

Le Masque. Johan Van der Keuken. 1989, 52 minutes.

         Eté 1989 à Paris, célébration du bicentenaire de la Révolution française, avec ses feux d’artifice à la tout Eiffel, son défilé militaire aux champs Élysées, sa fête populaire à la bastille et les publicités télévisées qui s’engouffrent dans ce contexte. Il y a aussi du tennis à la télé et des images des massacres de Tien An Men. Dans les rues de Paris, ou dans les gares la nuit, il y a des « sans domiciles fixes » selon la terminologie en vigueur. C’est tout cela que filme van der Keuken dans ce film jouant systématiquement sur l’opposition entre l’affirmation réitérée des droits de l’homme et du citoyen et l’exclusion des plus démunis et de ceux qui sont sans travail ce qui, trop souvent hélas, les pousse à des réaction racistes et xénophobes.

         Le film de van der Keuken se centre sur un personnage principal, Philippe, qui se présente lui-même comme étant particulièrement instable. « J’ai fait quelques bêtises » dit-il sans préciser davantage. A la mort de sa mère chez qui il vivait, il se retrouve seul, désemparé, et ne peut garder ses emplois successifs. Il a pourtant un métier, serveur de café et peut travailler dans la restauration. Lorsque van der Keuken le rencontre, il est à la rue, dormant le plus souvent dans la gare de Lyon ou, pendant quinze jours seulement, dans le foyer de l’armée du salut. Il le suit dans le métro, sur les escalators, dans les rues aussi où il se promène parce qu’il n’a rien d’autre à faire. Dans l’oisiveté, le temps passe si lentement, surtout la nuit, dans le froid. « La solitude, c’est très dur ». Le cinéaste l’écoute, lui pose des questions. Quel est son plus grand désir ? Philippe répond costume et souliers anglais, pour pouvoir faire bonne impression. Et la politique de la France ? Philippe se sent menacé par les immigrés. Il veut que la France reste française. En réponse van der Keuken filme un concert où se rassemble des jeunes « de toutes les couleurs ». La caméra s’attarde longuement sur le chanteur arabe et l’africain qui lui succède. De la même façon le montage fait alterner un discours contre le racisme et l’antisémitisme et des images de Le Pen à la télévision.

         Van der Keuken est venu à Paris pour la commémoration de la Révolution française, un acte de mémoire. Son film lutte pour qu’aucun homme ne tombe dans l’oubli.

B COMME BLACK – Power.

What You Gonna Do When The World’s On Fire ? Roberto Minervini, Italie, États-Unis, France, 2018, 123 minutes.

Un titre énigmatique, atypique. Qui ne dit pas grand-chose du film qu’il annonce. Du moins pas ouvertement. Un titre long. Trop long. Et qui plus est, sous forme interrogative. A qui s’adresse la question posée ? Qui peut y répondre ? Les protagonistes du film ? Les spectateurs ? Ou le film dans sa totalité. Après visionnage. Parce que ce film veut nous interroger. Nous mettre mal à l’aise. En nous adressant une mise en garde. Presque un ultimatum. Lorsque le monde brulera, il sera trop tard. De toute façon, il est peut-être déjà trop tard.

Nous sommes dans le sud des États-Unis. Quelque part en Louisiane ou au Texas. Peu importe la localisation exacte. Ce qui compte c’est que nous sommes dans une région habitée par des noirs et où la loi est du côté des blancs.

Le film nous présente plusieurs portraits, développés successivement, s’enchainant sans transition. Une façon de plonger dans des vies qui ne se croisent pas vraiment, mais qui qui révèlent les mêmes difficultés, les mêmes incertitudes, les mêmes oppressions.

Une femme, Judy, qui chante et danse remarquablement. Elle possède un bar, mais elle a de plus en plus de mal à payer un loyer en constante augmentation. Elle se sent contrainte à s’en séparer. Son avenir est des plus incertainS.

Deux gamins. Deux frères, Ronaldo et Titus. Ils sont souvent laissés à eux-mêmes et tuent le temps comme ils peuvent. Ronaldo, l’ainé, subit plusieurs fois les leçons de morale de sa mère, inquiète qu’il ne suive le mauvais exemple de son père qui est en prison.

Un chef indien qui prépare le costume tout en plumes et en perles qu’il portera pour la fête du mardi-gras.

Et puis un groupe de militants du New Black Panther Party, qui demande justice pour les meurtres de noirs commis par des blancs. Leurs slogans proclament le Black Power. Une séquence les montre distribuant de l’eau et des sandwichs à des SDF. Lors de la dernière manifestation, plusieurs d’entre eux sont arrêtés sans ménagement par la police.

Au total, on peut dire qu’il s’agit d’un film noir, et pas seulement parce qu’il a renoncé à la couleur. Un film sur la vie des noirs au royaume des blancs. Les images sont noires. La musique est noire. Les danses sont noires. L’avenir est noir. Le cinéaste ne propose pas la moindre lueur d’espoir. Il montre tout au plus comment ses personnages peuvent supporter le présent.

B COMME BRESIL – Nordeste.

Romances de terre et d’eau. Jean-Pierre Duret et Andréa Santana. Brésil-France, 2001, 78 minutes.

            Une rencontre improbable. Et pourtant. Il est français, elle est brésilienne. Elle est née sous la dictature militaire et est devenue architecte. Par vraiment la voie royale pour faire du cinéma. Lui est ingénieur du son ayant travaillé avec des cinéastes de renom, des frères Dardenne aux Straub. Rien dans tout cela qui pouvait le conduire au Brésil, dans le Nordeste. Et pourtant. Ils s’y sont trouvés pour y réaliser trois films, une trilogie qui commence avec Romances de terre et d’eau pour se poursuivre en 2004 avec Le Rêve de Sao Paulo et se conclure en 2008 par Puisque nous sommes nés.

            Le Nordeste du Brésil, la sécheresse et la pauvreté de ces paysans sans terre qui n’ont même pas un petit lopin de terre aride et ingrate pour essayer d’y faire pousser de quoi survivre. Romances de terre et d’eau leur donne la parole. Ou plus exactement, enregistre leur parole, le récit de leur vie, de leurs souffrances, de leurs humiliations, de leurs derniers espoirs. Des récits sans effet rhétorique, filmés sans effet cinématographique, presque sans mise en scène. Des hommes et des femmes plongés dans le plus grand dénuement mais qui pourtant ne renonce pas à vivre. Des couples qui sont fiers d’avoir élevés leurs nombreux enfants, souvent plus de dix ! Cet amour de la vie, il éclate dans leurs sourires révélant des bouches édentées, mais illuminant ces visages ridés, burinés par le soleil. Des visages sans âge, comme ils sont eux-mêmes hors du temps.

            Les romances, ce sont des chansons populaires traditionnelles évoquant l’amour et la joie de vivre mêlée à la tristesse et à la souffrance. La musique est omniprésente ici, comme dans tout le Brésil. Une culture elle aussi bien vivante, avec ses danses rituelles où les masques dissimulent l’identité. Ave ses créations de petites figurines en argile séchée au soleil. La poésie aussi, comme ces textes d’une beauté limpide du vieux Patativa d’Assaré, rencontré avant sa mort à 91 ans :

« Si Dieu créa la terre,

Si elle est vraiment son œuvre,

Chaque paysan doit avoir

Son morceau de terre »

Il y a dans le film de très belles images de paysages. Elles n’ont pourtant aucune fonction touristique. Elles disent plutôt l’attachement de ces paysans à cette terre sans eau, une terre qu’ils ne veulent pas quitter. A moins que la faim devienne trop insupportable. Alors, peut-être, seront-ils obligés de partir pour la ville.

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – Christophe Pellet.

Né à Toulon en 1963, Christophe Pellet est un auteur français. Il est diplômé de la FEMIS en 1991. En tant que réalisateur, il a réalisé plusieurs courts métrages et un premier long métrage « Aujourd’hui, rien » sorti en salle en 2019, distribué par Sedna films. « Léthé » est son dernier court métrage.  Il écrit aussi pour le théâtre, ses textes sont publiés chez L’Arche éditeur et ont été mis en scène notamment par Stanislas Nordey, Jacques Lassalle ou Madeleine Louarn..

Léthé (2019)

Aujourd’hui rien (2017)

Burning Bridges (2016)

B COMME BIBLIOTHEQUE – Montreuil.

Chut ! Alain Guillon, Philippe Worms, 2019, 105 minutes.

Un lieu de silence. De concentration. De recueillement presque. Un lieu où il ne faut surtout pas faire de bruit, au risque de se faire rappeler à l’ordre (surtout les plus jeunes) par le personnel qui veille. L’image traditionnelle de la bibliothèque. Le temple du livre. De tous les livres, mais rien que des livres (quelques journaux quand même puisque aussi bien c’est de l’écrit). Cette image n’est plus d’actualité. Les bibliothèques ont bien changé ces dernières années. Et d’abord, elles n’ont plus peur du bruit.

Le film de consacré à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil commence par de la musique et finit en musique. Des fêtes où l’on boit du jus d’orange ou des sodas ; où l’on chante et où l’on danse sur de la musique proposée par un DJ. De quoi attirer les jeunes bien sûr. Mais les moins jeunes ne se font pas prier non plus. Il y a tous les âges à la bibliothèque de Montreuil. Les bébés de quelques mois à qui l’on montre des livres d’images et des enfants de moins de trois ans qui viennent accompagnés de leur mère ou de leur gardienne. Les enfants scolarisés dès la maternelle viennent en groupe avec leur maitresse (le monde de la bibliothèque est majoritairement féminin). Les séniors viennent lire la presse quotidienne et magazine et suivent des ateliers d’initiation à l’informatique. Et entre les deux, les ados, collégiens ou lycéens, qui viennent seuls faire leurs devoirs ou lire manga et bd, ou en groupe avec leurs professeurs pour des projets pédagogiques qui font appel au livre mais aussi aux ordinateurs, très présents à l’écran.

Nous suivons d’ailleurs longuement un de ces ateliers où les ados vont apprendre à faire du journalisme (présenter un invité et mener un entretien) et à réaliser un document vidéo qui sera la mémoire de leur travail. Beaucoup de conseils, surtout on suscite la réflexion et on leur laisse prendre des initiatives. L’implication de tous est importante.

Pour le reste, on suit quand même par petits fragments disséminés dans le film les activités traditionnelles des bibliothécaires : recevoir et conseiller le public, inscrire les nouveaux, leur décrire les lieux et expliquer le fonctionnement du prêt, ranger les livres et se réunir pour organiser tout cela et régler les problèmes qui peuvent surgir comme celui posé par la SDF qui dort dans un recoin du bâtiment et qui voudrait bien vendre ses dessins aux usagers. Tout cela se fait toujours dans la bonne humeur. Chacun peut s’exprimer et ne s’en prive pas. Il y a beaucoup de rires et de sourires et pas l’ombre d’un conflit. Un personnel qui visiblement aime par-dessus tout son travail et qui n’hésite pas à mettre la main à la pâte pour des tâches qui sont bien éloignées de la lecture, comme installer une exposition et pour cela peindre des cloisons. Bref, tout est fait pour attirer le public et faire qu’il se sente chez lui dans cette bibliothèque bien éloignée d’une représentation des banlieues pauvres et incultes. Les ados en particulier pourront dire qu’ils ont eu la chance d’y travailler et de s’éveiller à la culture. Une culture vivante, à leur dimension.

Le film a un petit côté wisemanien. Comment ne pas penser à Ex Libris. Mais Chut ! ne pâtit pas de la comparaison. Il n’y a pas de commentaire, comme chez Wiseman, et pas d’entretien (tout juste 2 ou 3 passages où les bibliothécaires s’adressent directement à la caméra pour donner rapidement une explication). Il y a des plans de coupe en plans fixes, comme chez Wiseman, pour respirer un peu après l’excitation de la journée. Le bâtiment tout en verre est filmé la nuit et brille de tous ses feux. On a même droit à la séquence devenue depuis Wiseman un passage obligé du filmage de la réalité vivante d’une institution : le ménage (on le retrouve par exemple à la Maison de la radio filmée par Nicolas Philibert ou à la BPI dans le film consacré aux ateliers de conversation, ateliers que l’on retrouve d’ailleurs ici). Mais il y a quand même une différence importante avec Wiseman, le rythme du film. Là où Wiseman prend son temps, et du coup bat tous les records de durée des films, ici les séquences sont plutôt courtes et surtout on passe toujours rapidement et sans transition de l’une à l’autre. Du coup le film déborde de vitalité et d’entrain. Ce qui n’exclut pas de porter un regard quasi sociologique sur la vie du quartier et sa diversité. Ici les femmes voilées sont nombreuses et leur permettre d’apprendre le français et surtout de pouvoir évoquer leur vécu est une étape importante en vue de leur intégration. Et puis Montreuil n’est pas Manhattan…

Chut ! devrait pouvoir contribuer à attirer de plus en plus de monde dans les bibliothèques dont les évolutions sont sans doute irréversibles. Qui s’en plaindrait ?

A Lire sur Ex Libris de Frederick Wiseman : B comme bibliothèque

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – Pascale Thirode.

Après des études  de Lettres Modernes à l’Université Paris 3, Pascale Thirode bénéficie d’une Bourse d’étude lui permettant de partir à New York Université dans le département Cinéma du Picker Institute de City College of New York. A son retour,  tout en commençant son parcours professionnel dans le cinéma, à l’assistanat réalisation avec Sébastien Japrisot, Claude Zidi, Roger Coggio, Gérard Mordillat, André.S.Labarthe, elle suit la formation au cinéma  documentaire des Ateliers Varan. Elle réalise des films documentaires depuis.Pascale Thirode a écrit et réalisé des documentaires, des portraits, films de société, des films qui mêlent histoires particulières et histoire avec un grand H… Et des films plus personnels autour de son histoire liée au secret de famille. Dans ses documentaires, souvent subjectifs, voire scénarisés, elle travaille sur le romanesque des parcours de vie parfois par sa présence comme témoin et passeur du récit et elle joue de la dialectique réel / imaginaire. Ses films ont été diffusés par France 3, France 5, Arte ou sont sortis en salle comme « Acqua in Bocca » prix Ulysse du documentaire Cinémed, sélection Cinéma du Réel Centre Pompidou, sélection Visions du Réel à Nyons.

Parallèlement, elle a été lectrice de scénarii de fiction pour le CNC, le GREC (Groupe de Recherche des Études Cinématographiques), fiction et documentaire, court métrage, lectrice pour la commission d’attribution de l’aide écriture documentaire au Pôle Image Normandie. Elle a effectué la sélection pour les films francophones aux ÉTATS GÉNÉRAUX du DOCUMENTAIRE de Lussas avec Catherine Zins. En 2012, elle est reçue à la FEMIS, Fondation Européenne des Métiers de l’Image et du son dans la section scénario Écriture fiction.

 Principale filmographie

L’INCONNUE DU MAGHREB

 53 mn / 2019 – documentaire. Réalisation Pascale Thirode. Auteur Pascale Thirode avec la participation de  Pierre Bordes. Pour France 3, L’heure D,  France 3 Occitanie et Vià Occitania avec la Région Normandie, la Région Occitanie, la Ville de Montpellier, le soutien du CNC et la Bourse Brouillon d’un rêve de la SCAM  (Société Civile des Auteurs Multimédia).

 BENNY LEVY, TRACES D’UN ENSEIGNEMENT

 60 mn / 2015 documentaire Réalisation Pascale Thirode, auteurs Pascale Thirode et Jackie Berroyer  avec la collaboration de Gilles Hanus – Editions  FREMEAUX et Coffret Benny Lévy ( Editions  Fremeaux)  sortie  mai  2016  comprenant le documentaire  et 15 H  du séminaire de 1996 à Jussieu  L’Alcibiade de Platon par Benny Lévy.

 ACQUA IN BOCCA.

85 mn Auteure et Réalisation Pascale Thirode. Long métrage documentaire avec le soutien du CNC, de la Collectivité Territoriale Corse CTC, de la Région Franche Comté, de la Région PACA, de France 3, France 3 Corse et TV PAESE, Production ATOPIC, 504 productions, Les Films du Soleil oct.2009   Sortie salles  juin 2011, sortie DVD octobre 2014  . Prix Ulysse du film documentaire au Festival International du Cinéma Méditerranéen (CINEMED, Montpellier, France)  octobre 2009. Sélection Mois du Documentaire Belfort  novembre 2009. Sélection Songes d’une nuit DV  Paris 2010. Festival International du Cinéma Documentaire CINÉMA DU RÉEL Panorama français PARIS Centre Georges  Pompidou  France  mars 2010. Festival Cinéma ITINÉRANCES Alès 2010. Festival International du Film Méditerranéen de TÉTOUAN  Maroc 2010. Festival International du Film de  GRENADE  Espagne 2010. Festival International du Film Documentaire VISION DU RÉEL section Tendance NYON Suisse  avril 2010. Festival international du Film Insulaire de GROIX août 2010. REGARD SUR LE MONDE ROUEN octobre  2010/  février 2014. Festival Cinéma ARTE MARE BASTIA Novembre  2010 . Festival du film Policier de LIÈGE Belgique avril 2011. Rencontre Cinéma et Histoire AJACCIO  avril 2011. Mois du film Documentaire Besançon région Bourgogne Franche-Comté novembre 2011

UNE FEMME DE PAPIER.

 70 mn Long métrage documentaire, auteur, narratrice et le personnage. Un film de Claude Ventura et Pascale Thirode. Réal Claude Ventura. Grand format pour ARTE – La correspondance de Josette Clotis, compagne de André Malraux de 1934 à 1944. Sélection FIPA Biarritz 2004 / diffusion ARTE avril 2004. Sélection Festival  Cinéma / Écriture Tour 2005

PEINTURE FRAîCHE.

Film documentaire, 57 mn Production AGAT FILMS. Auteur et Réalisation Pascale Thirode. Diffusion France 5, juin 2002 et novembre 2003 Sélection Festival du Film d’Art de Montréal mars 2003.

EN QUÊTE DES SŒURS PAPIN.

 Film documentaire 90 mn auteur, narratrice et le personnage. Un film de Claude Ventura et Pascale Thirode. Réal Claude Ventura. Production ARP. Sortie salles nov 2000. Sélection Festival de BERLIN (Panorama) 2001. Sélection Festival de Montreal 2001. Diffusion Canal+ en 2001 et  France 3 en 2005

NOS RENDEZ-VOUS.

Film documentaire 70 mn. Réalisation Pascale Thirode et Angelo Caperna. Production Fenêtres sur Cour 2001 et Maison du Geste et de l’Image. Échange vidéo sur une année scolaire entre des collégiens et des détenus de la Maison d’arrêt de la Santé. Sélection forum des Images 2001. Rencontres urbaines de la Villette, Salons des Refusés 2003 Forum des Images.

TU ÉPOUSERAS LA TERRE MON FILS.

Film documentaire 26 mn – Production Les films du Bief Vincent Roget avec la région Bourgogne Franche-Comté – Auteur et  Réalisation Pascale Thirode. Sélection Les Conviviales de Nannay août 2005.Sélection Festival du Film Ethnographique 1999. Sélection Festival Ciné Vidéo Psy 1999. Sélection Festival Caméra des champs 1999. Diffusion  France3, France 3  Bourgogne Franche-Comté

LE DERNIER VOYAGE.

 Film documentaire 26 mn pour le Musée de la Poste. Auteur et Réalisation Pascale Thirode. Le dernier train des ambulants postaux. Rosebud  Production. Diffusion France 3  et Planète.

ÉCLATS.

 Film documentaire 26 mn  (film de fin de stage) Auteur et Réalisation Pascale Thirode.  1996 Les Ateliers Varan  Sélection Festival de la Création à la Vidéothèque de Paris 1996. Sélection Les États Généraux du Film documentaire de LUSSAS 1996.

ÎLE FLOTTANTE

 Film fiction court-métrage 10 mn 1987  Production GREC, Auteur et Réalisation Pascale Thirode avec le GREC (Groupe Recherche d’étude cinématographique) le CFC (Centre Franc-comtois de cinéma) 1988. Sélection Festival de BESANÇON, Prix du public 1989. Sélection Festival du FILM de femmes de Créteil 1989. Sélection Festival de PARIS 1989. Sélection Festival de BRUXELLES 1989. Sélection Festival de Montréal 1989.

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – AUBIN HELLOT

Aubin Hellot est né en 1967 à Toulon.  Parti à l’aventure à 18 ans à Los Angeles, il y découvre le cinéma et se passionne pour le documentaire, grâce à un professeur de Los Angeles City College, qu’il intègre avec de faux papiers. Revenu en France, après quelques jobs d’assistanat, il se lance dans la réalisation de documentaires grâce à l’explosion des chaînes cablées au milieu des années 1990.  Eclectique dans ses passions, tout ce qui est « autre » l’intéresse, mais il a une prédilection pour les portraits historiques ou politiques, ainsi que pour les arts et les spiritualités.  Egalement titulaire d’un master d’auteur réalisateur de la FEMIS,  Il a à son actif  une quarantaine de films.

Filmographie sélective

Un chez soi d’abord (52’)

Suivi d’un programme de réinsertion pour des SDF ayant des troubles psychiatriques

La Huit Production/France 3 HDF/ Images de la diversité/Pictanovo

Gaudi, le dernier bâtisseur (54’)

Portrait de l’immense architecte catalan

Les Films du Large,/La Huit Production,/KTO,/Barcelona Turismo /France3 Corse

René Cassin, une vie au service de l’homme (56’)

Portrait du principal rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Prix Nobel de la Paix 1968, artisan des accords De Gaulle-Churchill

Les Films du Large/In Fine Films/ECPAD/ Public Sénat/TV5/UNESCO/

Fondation Charles de Gaulle/Villes de Nice et Bayonne

Bourse brouillon d’un rêve SCAM

Paul-Emile Victor, Voyage(s) d’un humaniste  (52′) 

Portrait de l’explorateur. BCI/ France 3 /Voyages

La Voie de L’hospitalité  (52’)

Le dialogue interreligieux  engagé par des moines.

La Huit Production, Les Films du large/KTO/RTS Suisse

Notre Dame de l’Atlas ou la joie retrouvée (52’)

L’histoire au Maroc des héritiers des moines de Tibhirine.

La Huit Production/KTO /RTS Suisse

Le Monde Selon Todd (52’)

Portrait du célèbre historien/démographe

La Huit Production, Groupe Galactica, TLSP

Le Génie et le Voile (54’)

Peintre, graveur et vitrier, un portrait  de l’artiste bénédictine Geneviève Gallois.

Les Films du Large,/La Huit Production/Antoine Martin production/KTO/Région Normandie

A la recherche du nouvel homme des casernes  (2 X 26’)

Enquête sur  la professionnalisation de l’armée. BCI/France 5

Mille et une Merveilles ( 19 X 26’)

Collection documentaire  sur les artisans des monastères.

La Huit/5 Continents/5ème planète/KTO TV

Edition DVD Fnac, La Procure, réseau  SILOE etc.

Mer Elémentaire (52’)

  Portrait d’un moine pêcheur et poète

La Huit/Les Films du Large/KTO

Lames de Thiers  (52’)

l’industrie coutelière thiernoise face à la mondialisation

Ares films/Clermont 1ERE

Paroles de Mousses (52’)

La banlieue débarque dans la Royale…

Films du Village/France 3 Ouest

Jeu de miroir ou jeu de massacre ? (26′)

Enquête sur l’impact des Guignols de l’Info. Point du Jour/ARTE

Visages de la Forêt  (52’)

Culture et gestuelle des indiens de l’Amazonie colombienne. Ares Films

Pacifico  (52’)

Carnet de voyage musical sur la côte pacifique colombienne.

5 Continents/TV 10Angers  

Antanas Mockus, civisme contre cynisme  (26′)

Portrait du maire de Bogota, un philosophe mathématicien, au pouvoir dans une des villes les plus chaotiques du monde.

 INA/Les Films du Village/Planète

Alain Krivine, profession militant  (52′)

Portrait du leader de la LCR, au moment de la crise des sans papiers à Saint Bernard.    Cinq Continents/Image+   et émission BRUT (ARTE)

B COMME BIOFILMOGRAPHIE – Jean-Denis Bonan

B COMME BIOFILMOGRAPHIE – Jean-Denis BONAN


Né en l’été 42 sous le soleil de Tunisie. Bercé de poésie contre le système scolaireet l’injustice du protectorat français. Enfance secouée par la mer, baignée de blanc, de bleu, des ruines de Carthage…


1961-62 : Paris, six mois d’une école de cinéma qui n’existe plus.
1962 : LA VIE BRÈVE DE MONSIEUR MEUCIEU (12’) 1er essai cinématographique.
1962-64 : travail aux laboratoires Éclair.
1966 : TRISTESSE DES ANTHROPOPHAGES (23’) fiction, interdit à tout public.
1967 : MATHIEU FOU (17’) fiction
1967 : UNE SAISON CHEZ LES HOMMES (20’) essai
1967 : membre fondateur du Groupe Arc, association de cinéastes engagés.
1968 : LE JOLI MOIS DE MAI (35’) documentaire
1968 : LA FEMME BOURREAU (66’) fiction
1969… 1975 : enseignant à L’Idhec1970… 1975 : enseignant à Paris 31973 : créateur du Groupe Cinélutte, association de cinéastes engagés.
1973 : JUSQU’AU BOUT (24’) documentaire
1974 : BONNE CHANCE LA FRANCE (92’) documentaire
1979 : 1ères réalisations pour les télévisions. (+ de 60 films et émissions)
1982 : LE SÉDUCTEUR (28’) fiction
1983 : PIERROT LE LOUP (60’) fiction
1983 : 9 JOURS AILLEURS (52’) documentaire
1984 : À PROPOS DE BONNARD (26’) essai fictionnel
1988 : PICASSO, GENÈSE DES DEMOISELLES (26’) essai documentaire
1988 : VYSSOTSKI (52’) documentaire
1990…2000 – soirées thématiques pour Arte : LE RIRE — CLANDESTINS EN CHINE —
PAYSANS LE MAL DE TERRE — ANDRÉ MALRAUX — MARCEL CARNÉ — MÉDITERRANÉE
MIROIR DU MONDE, — SHERLOCK HOLMES — LA MARCHE.
1994 : création avec Pierre-André Boutang du magazine MÉTROPOLIS Arte
1995 : SAINT-JOHN PERSE (50’) documentaire
1997 : PAUL GAUGUIN UN GOÛT BARBARE (52’) essai documentaire
2001 : HENRI ROUSSEAU LE SECRET DU DOUANIER (30’) essai documentaire
2001 : reprise de la direction du Magazine ALÉAS sur France 3
à partir de 2004 : expos peintures et sculptures à La Mairie de Paris, Le Musée de la Halle Saint-Pierre, La Galerie Vendôme etc. en France, Belgique, Allemagne, Tunisie…
2006 : UN CHANT NÈGRE LÉOPLOLD SÉDAR SENGHOR (60’) documentaire
2007 : CARTHAGE ÉDOUARD GLISSANT (54’) documentaire
à partir de 2006 : essais cinématographiques et vidéo-performances
2012 : publication de l’album écrit et dessiné VIE ET MORT DE BALLAO
2013…2020 : nouvelles et romans
2018 : avec Andréas Becker LA SOIF ET LE PARFUM (65’) fiction.
2019 : BLEU PÂLEBOURG (55’) fiction
1967… 2019 : L’ÉCOLE DES FOUS (32’) fiction
1977…2020 : MADAME LA FRANCE (26’) fiction en finition
2020 : LES TUEURS D’ORDINAIRE (104’) fiction en finition
2020 : 13 RUE PAUL CAHIER (98’) fiction en finition


Les films cités sont écrits et réalisés par JD Bonan.

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE- Marina Déak.

Marina Déak a étudié la philosophie, le chinois et les sciences politiques, elle écrit, réalise et joue. Elle travaille, en documentaire et en fiction, sur des formes qui excèdent les conventions, pour défaire les préconçus, ouvrir des espaces inédits, interroger notre place au monde. Ou, pour le dire autrement : pour construire des histoires actuelles où le spectateur pense, et voyage, et s’amuse.

Filmographie

·  2015 – SI ON TE DONNE UN CHATEAU, TU LE PRENDS ? – LM – Documentaire 

·  2010 – POURSUITE – LM – Fiction 

·  2008 – FEMME FEMME – CM 

·  2005 – LES PROFONDEURS – CM 

·  2001 – LE CHEMIN DE TRAVERSE – CM

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – Claire Billet.

 Auteure réalisatrice de films documentaires

Après avoir vécu en Afghanistan et au Pakistan des années, je raconte des histoires de femmes, d’hommes ou d’enfants en migration. Où la route n’est pas que physique, les fantasmes et le temps s’étirent.

Afghanistan, the 40-year war.

Co-auteure.Sériedocumentaire de 4  x 52 min racontant la guerre afghane à travers des récits intimes.

LooksFilm. Diffusion 2020, Arte.

Cœur de pierre. Long-métrage documentaire de 89 min réalisé avec O. Jobard.

Ghorban a parcouru 8000 km seul, petit clandestin de 12 ans, avant d’arriver en France. Nous l’avons filmé 8 ans pour raconter son parcours d’intégration.

Quark Productions. 2019

Tu seras suédoise, ma fille. Film documentaire de 58 min. réalisé avec O. Jobard.

Ahmad et Jihane, deux parents syriens, racontent l’histoire de leur exil familial à leur enfant né en Suède. Ils s’opposent sur le récit de la mémoire.

Squaw Productions, France Télévisions. 25 nuances de Doc, 2018.

Comme une pluie de parfum. Film documentaire de 55 min. réalisé avec O. Jobard.

Cinq amis afghans font le périple migratoire d’Afghanistan en Europe. Face aux épreuves, leurs fantasmes et leurs désillusions se révèlent.

Hikari Films. Arte Thema. Sélection Prix Albert Londres 16.

Le métronome fou de la migration.

Installation audiovisuelle donnant à voir une confrontation de la temporalité des routes migratoires.

Exposition L’Odyssée de l’errance, avec O. Jobard. Arsenal de Metz.

#JusticeforFarkhonda. Film de 23 min. réalisé avec S. Calligaro.

Trois militantes afghanes révèlent les raisons sociales de la lapidation d’une femme en public.

Hikari Films. Arte.

Haya, rebelle de Raqqa. Film de 29 min. réalisé avec L. Saleh.

Haya, Syrienne anti-Bashar exilée en France est happée par les souffrances de son passé alors qu’elle reconstruit sa vie.                                             

France Media Monde. Arte.

Grand Prix du Figra 2015. Prix Court Méditerranéen, PriMed 15. Sélection – Paris Courts Devant 2016.

Le dernier calife d’Afghanistan. Film de 62 min. réalisé avec B. Dam.

Dans cette biographie poil-à-gratter, les auteures recherchent le Mollah Omar pour découvrir l’Afghanistan des Taliban.                                                      Hikari Films. Arte Théma.

Lauréate du Prix de la Fondation Lagardère, auteur de documentaire. 2011

Peace unveiled. Première caméra, film de 52 min. réalisé A. Disney et G. Reticker, PBS. 2010

Le jardin des femmes. Film de 27 min. réalisé avec L. de Matos.

Rencontre avec les femmes du Bagh-e-zanana, un lieu réservé aux femmes dans Kaboul, la capitale afghane.                                                          

VM Prod. Arte. 2005

2005-2011    Correspondante indépendante, Afghanistan et Pakistan.

Livre

Kotchok, sur la route avec les migrants. Editions R. Laffont, 2015. Photographie Olivier Jobard.

Diplômes

2005 : Master II Journalisme, Spécialité audiovisuel. Celsa, Paris IV-Sorbonne.

2002 : Maîtrise d’histoire ancienne. Spécialité Irak ancien. Paris I-Panthéon-Sorbonne.

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE -Laurent Hasse

         Né en 1970 en Lorraine, Laurent Hasse quitte la région à 18 ans pour aller étudier le cinéma à l’Université du Futuroscope de Poitiers. Titulaire d’un D.U.E.S de réalisation documentaire, il débute sa carrière professionnelle à Paris où il travaille en tant qu’opérateur de prise de vue pour la télévision. Il deviendra par la suite assistant réalisateur sur les films de Jean Schmidt, avant de signer son premier documentaire primé dans différents festivals. Lauréat de la Fondation Pour la Vocation, il poursuit dans la voie qu’il s’est choisi et explore de film en film le cinéma du réel.

         En 2000, Laurent ajoute une autre corde à son arc en s’intéressant à la mise en images de spectacles vivants. Il se spécialise dans la captation de concerts sans pour autant abandonner sa passion première pour l’écriture et la réalisation de films documentaires.

         Il mène aujourd’hui de front ces deux activités et continue, par ailleurs, à travailler en tant qu’opérateur de prise de vue avec d’autres réalisateurs et d’encadrer des stages de réalisation.

         En 2015, Laurent Hasse a également publié un essai chez Payot « J’IRAI JUSQU’A LA MER », réédité en poche l’année suivante.

DOCUMENTAIRES DE CREATION

_ « LE BONHEUR … TERRE PROMISE » (2011 – 94 mn)

Prod: La Bascule, Laurent Hasse, Sombrero&Co / Dist : Docks66

Sorti en salle en 2012

_ « AIMÉ CÉSAIRE, UN NÈGRE FONDAMENTAL » (2007 – 52 mn)

Écrit avec François Fèvre et coréalisé avec Laurent Chevallier

Prod : 2F productions

Diffusé sur France 5, RTBF, France Ô, LCP, CFI

_ « SUR LES CENDRES DU VIEUX MONDE » (2001 – 75 mn)

Prod: Iskra, Sombrero Prod., Tarantula, C.V.B., ARTE, RTBF / Dist: Iskra

Diffusé sur Arte, RTBF

_ « L’HEURE H » (1998 – 52 mn)

Prod: Sombrero Prod

Diffusé sur Paris Première, Image Plus, Télé Québec

_ « L’ÂGE D’OR ? » (1996 – 52mn)

Prod: Sombrero Prod., Image Plus / Dist: Films du Village

Diffusé sur Image Plus, Canal Vie, Planète, TSR

_ « EN ROUTE POUR LA JOIE » (1996 – 20mn)

Prod: Sombrero Prod., France3. / Dist: Films du Village

Diffusé sur France 3, Canal Vie, RAI SAT, RFO

_ « FRIGOS, ÉTAT DES LIEUX AVANT TRAVAUX » (1992 – 52mn)

Coprod: Synapse, Fovéa Film, Vidéothèque de Paris        

Diffusé sur Planète

_ « PROPOS DE VOISINS » (1991 – 33mn)

Prod: Synapse Productions / Dist: Heure Exquise!

REALISATIONS SUR ET AUTOUR DE LA MUSIQUE

_ Depuis 2000,plusieurs centaines de concerts réalisés en multicaméra en direct ou post produits pour la télévision, le web et l’édition DVD.

_ « KASSAV’ PACIFIC TOUR » (2019 – 52mn)

Prod: Caméra one TV

Diffusé sur France Ô, Wallis la 1ère, Nouméa la 1ère, Polynésie la 1ère, Martinique la 1ère

_ « DU JAZZ QUI EXAGERE UN PEU » (2016 – 52 mn)

Prod. : La Huit

Diffusé sur Mezzo

_ « BBK LIVE BILBAO » (2013 – 70 mn)

Prod : Sombrero and co

Diffusé sur Arte

_ « LOVE IS EVERWHERE » (2012 – 47 mn)

Prod : La Huit

Diffusé sur Mezzo

_ « LES VIEILLES CHARRUES » (2011 – 90 mn)

coréalisé avec Samuel Petit, Alexandre Besson, Thierry Villeneuve.

Prod : Sombrero and Co

Diffusé sur Arte

_ « SZIGET, UNE ÎLE DE MUSIQUE AU CŒUR DE L’EUROPE » (2010 – 90 mn)

coréalisé avec Thierry Villeneuve.

Prod : Sombrero and co

Diffusé sur Arte

_ « ZANDOLIVE » (de 2007 à 2009 – 60 mn)

Série d’émissions musicales mensuelles, coréalisées avec Thierry Villeneuve.

Prod : Sombrero and co

Diffusé sur France Ô

_ « À LA POURSUITE DE LA FILLE EN ROUGE » (2000 – 56 mn)

Prod: Sombrero Prod.

Diffusé sur TV BREIZH

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE. Ana Dumitrescu

Anciennement photojournaliste, Ana Dumitrescu a travaillé en France et en Roumanie pour de nombreux médias comme National Geographic, Mediafax et l’agence Gamma-Rapho. Elle traite de sujets de société tels que l’Holocauste Rom durant la Seconde Guerre Mondiale, l’homophobie en Roumanie ou les travailleurs sans-papiers en France. Artiste photographe, elle multiplie les expositions à travers le monde racontant la vie des autres.

A ce jour, elle a à son actif quatre long-métrages. Sortant du champ journalistique dans lequel se trouvent ses deux premiers films (Khaos et Même pas Peur !), elle se tourne vers une écriture visuelle plus artistique avec le court-métrage La Chaise Verte, un chat sur un trapèze et autres histoires ordinaires, distribué par l’Agence du Court-Métrage.

Son précédent film, Licu, une histoire roumaine, produit en Roumanie, a remporté le Golden Dove à DOK Leipzig en 2017 et a été sélectionné dans de nombreux festivals à travers le monde. Il a été nommé en 2019 dans la catégorie « Meilleur documentaire de l’année » aux prix Gopo et au gala de l’union des cinéastes roumains.

Trio est son quatrième long-métrage.

Filmographie sélective

2019Trio – 82 min

2017Licu, une histoire roumaine (Licu, o poveste românească) – 83 min – Golden Dove, DOK Leipzig 2017

2015Même pas Peur ! –  107 min

2012Khaos, les Visages humains de la Crise Grecque –  97 min