C COMME CAMPAGNE ELECTORALE – Corbeil-Essonnes.

La Cause et l’usage. Dorine Brun et Julien Meunier. France, 2012, 62 minutes.

         En 2009, les électeurs de Corbeil-Essonnes sont rappelés aux urnes, l’élection de Serge Dassault ayant été invalidée par le Conseil D’État. Déclaré inéligible, l’ancien maire, toujours réélu depuis 1995, ne peut donc pas être candidat, mais il fait quand même campagne, pas tellement dans l’ombre d’ailleurs, pour faire élire celui qu’il a choisi pour le remplacer. C’est cette campagne électorale, dont le résultat ne sera pas une surprise, que le film suit dans ses moindres détails. Une plongée au cœur d’un certain exercice de la démocratie où l’argent est roi.

         Dans cette campagne dont l’existence même dépasse largement le cadre local, Dassault est omniprésent. Sur les affiches du candidat qui le remplace et donc sur tous les murs de la ville, dans les propos des militants, ceux qui le soutiennent comme des opposants, sur les marchés, dans les bistros, le milliardaire est le seul enjeu de l’élection. Mettant sa fortune personnelle au service de sa politique, il est accusé de clientélisme, ce que réfutent bien sûr ceux qui bénéficient de son système. Dans ces conditions, les débats ne peuvent qu’être enflammés, les pro et les anti Dassault s’affrontant avec passion. Rarement la vie politique locale aura mobilisé autant d’énergie.

         Le film plonge au cœur de la tourmente et saisit sur le vif le déroulement de ce qui prend très vite une allure d’affaire d’état. C’est sur le terrain qu’il nous conduit, plutôt que dans les conciliabules des officines politiques, à l’écoute des citoyens de toute tendance. Il ne vise pas à faire un portrait de Dassault, ni même à démonter son système. Les mécanismes d’influence, le rôle de l’argent, notamment dans les quartiers populaires, sont parfaitement visibles par eux-mêmes. Peu importe alors les arguments politiques qui s’affrontent. Ce que le film met en évidence, c’est le vécu politique des habitants de Corbeil-Essonnes, dans toutes les couches de sa population, un vécu bien peu idéologique en l’occurrence, tourné vers les aspects matériels les plus immédiats de la vie quotidienne. La politique apparaît ainsi comme système de séduction où l’aura des personnages est primordiale, surtout si elle est accompagnée de matière sonnante et trébuchante. On peut penser à cette autre campagne électorale, celle de George Frèche filmée par Yves Jeuland dans Le Président. Mais les réalisateurs ici ne cherchent pas à pénétrer dans l’intimité de Dassault et sans doute celui-ci n’a pas la faconde de l’ancien maire de Montpellier ni sa capacité de provocation. Le nom de Dassault pourrait certainement être remplacé par celui de n’importe quel autre richissime chef d’entreprise qui se lancerait dans la politique. A Corbeil-Essonnes, c’est la politique financière qui est à l’œuvre, beaucoup plus que la politique spectacle. Même si les réalisateurs semblent ne pas vouloir faire de théorie, le constat qu’ils dressent ne peut qu’être inquiétant pour la démocratie.

C COMME COLLEGE -Belge.

L’école de l’impossible (fragments de vie). Thierry Michel et Christine Pireaux, Belgique, 2020, 104 minutes.

La vie d’un établissement scolaire secondaire belge filmé pendant une année scolaire, depuis la rentrée des enseignants et le discours d’accueil de leur directeur, jusqu’aux examens finaux et l’annonce de leurs résultats. Une vie que nous suivons dans le moindre détail, une immersion centrée surtout sur les élèves, mais qui n’ignore nullement les enseignants et le personnel de surveillance et de direction. Les parents eux sont peu présents. Ils ne sont physiquement dans l’établissement que lors des rencontres parents-profs. Et le film ne sort guère du périmètre du collège que pour des plans de coupe sur son environnement urbain.

Un environnement très nettement industriel, même si on sait par ailleurs que la ville est plutôt sinistrée depuis la fermeture des hauts-fourneaux et la disparition de la sidérurgie. Les images, souvent aériennes, du quartier font immanquablement penser aux difficultés sociales et économiques liées au développement du chômage. Des difficultés qui imprègnent les récits de vie des élèves recueillis par les cinéastes. Des récits (« fragments de vie » dit le titre complet du film) marqués par une grande sincérité. Ces élèves, qui ont entre 14 et 18 ans, parlent d’eux sans fausse pudeur, sans rien cacher de leurs difficultés et de leurs défauts. Un garçon évoque par exemple, sans chercher la moindre excuse, le braquage qui l’a conduit pour 10 mois en prison. Un autre évoque aussi directement son addiction à la drogue. Bref, si nous sommes en Belgique, il est très vite évident dans le film qu’il n’y a dans ces récits aucun particularisme – ou régionalisme. Ces adolescents pourraient très bien avoir été filmés dans les banlieues parisiennes ou marseillaises. Et si le film ne nous donne aucune précision sur le fonctionnement institutionnel de l’école en Belgique, nous n’en avons au fond par besoin.

Les élèves sont filmés en cours, dans des comportements collectifs donc et en entretiens individuels -seuls face à la caméra – où c’est leur intimité qui est en jeux, en réponse parfois à des questions du cinéaste. Sont abordés ainsi successivement les grandes questions que pose la scolarité des adolescents et la construction de leur identité personnelle.

Que pensent-ils de l’école. Le film ici n’y va pas par quatre chemins. « L’école c’est chiant » dit la première fille interrogée. Le ton est donné. Aller à l’école ne va pas vraiment de soi. Les retards sont systématiques – il est si dur de se lever le matin. Et l’absentéisme atteint des proportions proprement sidérantes. Pourtant le film se clos sur une note d’optimisme réconfortant. « J’adore apprendre ; j’adore l’école » dit avec un large sourire une autre élève qui vient d’apprendre qu’elle a réussi ses examens. Pourtant nous savons qu’elle avait interrompu ses études pendant deux ans. Même s’il reste unique, ce succès peu presque nous faire oublier la litanie des difficultés scolaires qui se sont accumulées tout au long du film.

Côté enseignants, ce sont d’abord les difficultés du métier qui sont mises en évidence. Difficile en effet de faire respecter le silence et le calme dans la classe. Les exclusions du cours sont fréquentes et les confiscations de portables régulières. Pourtant le travail en petits groupes se déroule dans une ambiance studieuse et les débats sur des questions d’actualité mobilisent la réflexion de tous. Il est vrai que les sujets choisis (« balance ton porc » par exemple et le harcèlement dont beaucoup de filles sont victimes) sont on ne peut plus proches de leurs préoccupations.

Le directeur reçoit souvent les élèves en infraction avec la discipline de l’établissement (l’absentéisme systématique ou des actes de violences). Toujours bienveillant envers les élèves, il ne pratique pas la sanction systématique. La plupart des enseignants que nous suivons se montrent aussi attentifs aux problèmes personnels des élèves. Pour eux, il est clair que leur tâche éducative est prioritaire par rapport à l’enseignement proprement dit. Au fond, cette attitude d’écoute est de soutien a non seulement un effet positif sur le climat général de l’établissement, mais permet aussi à un certain nombre d’élèves – pas tous néanmoins – de réussir leur scolarité et d’envisager un avenir – notamment professionnel – correspondant à leurs rêves.

A l’image de cette élève pratiquant avec passion la boxe et qui triomphe dans un combat difficile, on en vient à penser que ce qui est souvent donné à priori comme impossible ne l’est au fond jamais définitivement.

C COMME CAPITAL

Le capital du XXI° siècle. Justin Pemberton, Thomas Piketty, France-Nouvelle Zélande, 2020, 103 minutes.

Un flot d’images, ininterrompu, désordonné, tumultueux. Un torrent qui dévale la montagne. Une tempête, mais pas vraiment comme l’entendait Johan van der Keuken. Un rythme frénétique. Allant jusqu’à utiliser le filmage image par image. Incontestablement on en prend plein les yeux.

Le montage ? Pas vraiment de montage. Plutôt une succession, une juxtaposition, une accumulation. On serait bien en peine de les dénombrer, ces images. D’ailleurs ici les chiffres n’ont pas d’intérêt. On passe si rapidement des unes aux autres qu’on n’en garde guère de souvenir.

 Mémoire visuelle encombrée, saturée, déclare forfait.

Des images de toute nature. Beaucoup d’extraits de films. Américains de préférence. En noir et blanc selon les époques. Ou numériques pour la contemporanéité. Déjà vues ou inédites (peut-être). Nous sommes bien dans la civilisation de l’image.

Sont-elles en phase avec le commentaire off ? Parfois oui. Par exemple nous voyons Thatcher ou Reagan quand on nous parle de Thatcher et de Reagan. Mais le plus souvent nous avons plutôt affaire à une simple illustration. Puisque nous sommes au cinéma, il faut des images. A ce niveau, nous ne sommes pas en manque !

Heureusement, on souffle un peu lors des interventions des « spécialistes ». Surtout celles de Piketty lui-même, calme, plutôt posé. Les autres sont plus vifs, surtout les femmes.

En sortant de la salle, on en vient à se dire qu’on aurait mieux fait de lire le livre. On aurait au moins eu le temps de réfléchir.

C COMME COUPLE – heureux.

Tous nos vœux de bonheur. Céline Dréan, 2019, 52 minutes.

C’est un film sur l’amour. L’amour d’un couple. Un couple qui a dû se battre pour pouvoir s’aimer. Pour pouvoir se marier. Un mariage d’ailleurs qui eut lieu presque dans la clandestinité. Il y a 50 ans. A voir ce couple aujourd’hui – un couple qui s’aime toujours autant – on se dit que, malgré la difficulté, ils ont triomphé de l’adversité, surmonté tous les obstacles. Pour vivre heureux. Toute une vie de couple heureux.

Le prétexte du film – un film familial, réalisé par une des filles du couple – c’est un album de photos, où sont soigneusement rangées les clichés, en noir et blanc, de l’époque de leur rencontre et de leur mariage. Et de leur vie de jeunes mariés. Une vie de travail en usine, engagée auprès des travailleurs. Un album qu’ils n’ont pas regardé depuis longtemps. Qu’ils n’ont jamais montré à leurs filles. C’est que cet album dit tout de leur vie, de leur jeunesse, de leur mariage. Un album qui renferme le secret de leur vie. Un secret qu’ils n’ont pas révélé jusqu’à présent – même pas, surtout pas, à leurs filles. Mais ce secret n’est plus aujourd’hui quelque chose de dangereux. Il est devenu anodin. Comme leur vie de couple. Un couple tout ce qu’il y a de plus « normal » en somme. Même si cela n’a pas toujours été le cas.

L’album révèle donc ce qui a été caché pendant si longtemps. Les photos les montrent, lui en soutane et elle en robe de religieuse. Ils sont en effet rentrés dans les ordres, confiant leur vie à leur religion. Une vie qui se devait d’être une vie de célibataires.

Mais l’amour a été le plus fort. Même s’il leur a fallu se battre, lutter pour imposer leur rupture d’avec la religion, s’opposer à la hiérarchie religieuse, aux quant dira-t-on de leur entourage. Et s’opposer – ce fut le plus dur – à leurs propres parents.

Le film opère un incessant va et vient entre le présent apaisé et ce passé de lutte, d’opposition, de révolte. Devant les photos de l’album, le couple évoque ce passé. Il le fait sereinement, sans agressivité aucune, sans colère, sans critique. Ils ont renoncé à la religion, perdu la foi. Et ils n’on aucun remord. Et la cinéaste de proposer, en écho au récit de leur vie, des images d’époque, qui complètent les images familiales contenues dans l’album. Une construction simple, limpide, dans fausse route.

Un film familial donc, intimiste. Mais dont la portée universelle est tout à fait évidente.

C COMME CHEVRES.

Les Chèvres de ma mère. Sophie Audier. France, 2013, 97 minutes.

         La mère de la cinéaste, Maguy, va prendre sa retraite. Toute sa vie, elle a élevé des chèvres et fait des fromages, « en dehors des normes » précise-t-elle. Prendre sa retraite, cela signifie pour elle trouver repreneur à son exploitation et surtout se séparer de ses chèvres, de ses chères chèvres qu’elle aime tant.

         Le film montre toutes les difficultés de cette cessation d’activité. Les chèvres, pour Maguy, c’est toute sa vie. Il lui a fallu une bonne dizaine d’années pour constituer un troupeau à son idée. Maintenant elle connaît parfaitement chaque animal. Elle s’en occupe toute la journée, elle les soigne, les aide à mettre bas, elle leur donne du foin en hiver et les conduit à la prairie dès le printemps. Elle nourrit au biberon les jeunes chevreaux et c’est la mort dans l’âme qu’elle en vend certains destinés à la boucherie. Une vie simple, naturelle. La technique de fabrication des fromages qu’elle utilise ne pose pas de problème. Mais le travail est dur et si la cinéaste n’interroge pas vraiment sa mère sur les raisons qui la pousse à arrêter son activité on sent bien qu’il arrive nécessairement un moment où il faut bien le faire. Son petit-fils, dit Maguy n’aura peut-être pas la possibilité lui de prendre une retraite. Alors, pour elle, c’est dans l’ordre des choses d’en profiter. Même si le montant de sa pension est un peu ridicule, « pour une vie de travail ».

Maguy a de la chance, elle a trouvé une repreneuse pour acheter ses chèvres et reprendre l’exploitation, Anne-Sophie, jeune diplômée en agriculture, passionnée par le métier, ou du moins par l’idée qu’elle se fait d’un métier qu’elle ne connaît pas vraiment. Elle va le découvrir avec Maguy, apprendre à faire du fromage, aider à la naissance des chevreaux. Mais le film ne se limite pas à cette « initiation ». Il rend compte surtout des difficultés de la transmission Difficultés affectives pour Maguy ; difficultés financières et administratives pour Anne-Sophie. Le film montre cette dernière aux prises avec tous les rouages du monde agricole. Elle découvre pas à pas les contraintes qu’elle doit affronter, l’obtention de l’aide à l’installation, d’un permis de construire pour sa nouvelle laiterie, et ainsi de suite. Rien n’est facile pour elle. Mais il ne lui faut pas se décourager, même si par moment elle doute quand même un peu. Est-elle vraiment faite pour ce métier.

         Les chèvres de ma mère, dès son titre, indique sa dimension personnelle. C’est le récit de la vie d’une femme, filmé avec amour, qui vise à nous la rendre sympathique et attachante. Un film intimiste donc, même s’il nous montre l’évolution des paysages au fil des saisons et les interventions de multiples conseillers. Cette vie est sans doute simplifiée. Le film ne vise pas à rentrer vraiment dans tous ses détails. Après tout, il est réalisé par la fille de l’intéressée et cette fille ne cherche pas à mettre en avant sa propre vie. Elle ne traite pas de sa relation avec sa mère. Comment devient-on cinéaste lorsque l’on a une mère qui élève des chèvres ? A la fin du film, elle consacre quelques plans à son propre fils, un enfant qui commence à marcher et à parler et à qui sa grand-mère présente ses chèvres. Lui ne vivra sans doute pas dans les mêmes conditions. A moins que…plus tard.

C COMME CORRESPONDANCE AMOUREUSE.

Rêveurs rêvés. Ruth Beckermann, Autriche, 2016, 89 minutes

D’où vient que ce film dégage une telle émotion ?

Du texte qui nous est présenté, la correspondance entre Paul Celan et Ingeborg Bachmann. Des lettres d’amour entre ces deux écrivains, le poète juif autrichien et la femme de lettres. Des lettres de passion. Mais aussi des lettres de séparation, d’éloignement. Séparation dans l’espace, lui à Paris, elle à Vienne, pour la majeure partie de cette correspondance. Mais aussi éloignement de leur vie, qui chacune suit son cours particulier. Vont-ils se retrouver ? peuvent-ils se retrouver ? Toute la tension qui émane de ces lettres tient dans la distance qu’il y a entre eux. Et il faut bien sûr entendre le mot distance dans tous ses sens. Une distance qui ne pourra que s’accroître au fil du temps. De longues années, plus de vingt ans. Mais une distance qui ne pourra les séparer complètement. Jusqu’à leur mort.

Mais il y a plus. Il y a les acteurs. L’actrice et l’acteur. Qui lisent les lettres de Ingeborg et de Paul, devant les micros d’un studio d’enregistrement sonore. Chacun à tour de rôle nous donne à entendre ces lettres qui se répondent et qui tissent le film d’une vie. Une vie d’amour et de séparation.

Et par le jeu de leur diction – la perfection de la diction – nous entrons dans cette vie, dans cet amour, dans le désir de la rencontre, dans la souffrance de la séparation et les incompréhensions qu’elle suscite.

Mais il y a plus. Car nous sentons que peu à peu les acteurs entrent de plus en plus dans les deux personnages dont ils sont en train d’oraliser, d’exprimer -mais de jouer -les sentiments, l’amour et la souffrance. Peu à peu ils deviennent Paul et Ingeborg. Et cela bien sûr est dû à leur qualité de comédiens qui se concentrent au maximum sur leur texte, sur son sens. Mais pas seulement.

Car nous sommes dans un film et non dans le studio d’enregistrement (ou sur une scène de théâtre). Et donc cette présence du poète et de l’écrivaine – la présence de leur séparation – qui s’incarne dans la proximité entre l’actrice et l’acteur, est due à la qualité du filmage – à la perfection du filmage. Ces gros plans – des très gros plan même parfois – sur les visages, leur voix qui est comme matérialisée dans l’image et ces moments de silence où la concentration est visible, palpable.

La comédienne te le comédien sont rarement filmés ensemble dans le même plan. Car bien sûr quand les auteurs des lettres écrivent ils sont séparés. Mais le travail de la comédienne et du comédien n’est si pertinent que parce que l’autre à qui ils s’adressent est là, présent dans le studio, tout près devant son propre micro. Une présence que concrétise à chaque plan, leur regard. Pas une fois ils ne regardent la caméra. Leur regard est toujours dirigé vers l’autre, celle et celui à qui la lettre est adressée.

Rarement nous quittons cette situation d’enregistrement. Une seule fois un homme – technicien, ingénieur du son, producteur ? – intervient pour régler les micros. Dans un autre plan, il y a quelques personnes présentes dans la cafétéria où les deux acteurs se rendent. Mais pour tout le reste – pour pratiquement tout le film donc – nous ne sortons pas de leur face à face dans le studio. Un studio que nous ne quittons que pour de brefs moments de pose, où – souvent assis côte à côte – ils fument une cigarette, se détendent. Rarement ils commentent la relation de Paul et Ingeborg, leurs sentiments. Ces sentiments, les ressentent-ils l’un pour l’autre ? Ils ne le disent pas. Mais leur proximité tout au long du film, et la façon dont ils sont filmés, ne peut que nous le suggérer.

Au fond, ce film sur une correspondance amoureuse est surtout un film sur le travail des acteurs. Sur leur technicité dans le travail de diction bien sûr. Mais surtout sur ce que c’est qu’être acteur. Sur l’inévitable interférence entre leur propre vie et celle des personnages qu’ils incarnent, et qu’ils rendent présents seulement par les textes qu’ils lisent. Si leur lecture est si expressive, si chargée d’émotion, c’est bien parce qu’ils vivent dans ce travail en commun quelque chose de commun, de l’ordre de l’émotion. Et c’est bien cela le sujet du film.

C COMME CV – Niki Velissaropoulou

Née en 1980 à Thessalonique, Niki Velissaropoulou vit en France depuis 2005. À 19 ans, elle prend part à une mission de Médecins du Monde en Serbie, juste après la fin de la guerre. Elle a également été animatrice auprès d’enfants immigrés et d’enfants handicapés au sein de différentes associations. Elle a étudié les sciences de l’éducation en Crète puis a poursuivi des études de Lettres Modernes à Paris IV (M2) et de Cinéma à Paris VIII (Licence Arts du Spectacle-Cinéma et M2 professionnel en Réalisation et Création Cinématographique). Depuis 2015 elle est membre d’Addoc, l’Association des cinéastes documentaristes. Elle est réalisatrice depuis 11 ans, et auteure de documentaires et reportages diffusés sur les chaînes télévisées nationales et grecques, ainsi que des web tv. Elle a écrit et réalisé le court métrage de fiction Jardins secrets qui a remporté le Prix du public au Festival des à-côtés, à Lyons-la-Forêt en 2015. Son documentaire Nous ne vendrons pas notre avenir a remporté le Prix Coup de Pouce au FIGRA en 2017, le Prix du public au Festival des à côtés en 2018 et le Prix du Jury auFestival de films pour l’Environnement en 2019.

REALISATIONS

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2019-2020

EMC, École supérieure des métiers de l’image du son et de la création 2D-3D

Formatrice en réalisation de documentaires et fictions.

– Tournages de courts métrages documentaires en anglais avec les directeurs de la photographie de 2e année (1er semestre).

– Tournages de courts métrages de fiction sur les droits de l’homme avec les directeurs de la photographie et les monteurs de 2e année (2e semestre).

Atelier d’éducation à l’image :

– Notre ville, Bobigny, (documentaire 11’)    Dispositif: La culture et l’art au collège.

Atelier d’éducation à l’image et réalisation d’un film collectif avec la classe de 4ème du collège Auguste Delaune à Bobigny, encadrée par les professeurs Fazia Bensaadi, Elodie Julliot, Constance Latourte et Samir Ouidja et l’association Addoc, l’association des cinéastes documentaristes.

Atelier d’éducation à l’image :

– Balade au Vert Galant, (documentaire 11’)    Dispositif: La culture et l’art au collège.

Atelier d’éducation à l’image et réalisation d’un film collectif avec la classe de 3ème du collège Romain Rolland à Tremblay en France, encadrée par les professeurs Manuel George et Isabelle Feugnet-Naves et l’association Addoc, l’association des cinéastes documentaristes.

2019

Atelier d’éducation à l’image :

– Les décodeurs du lycée Louise Michel, (reportage 4’)

Atelier d’éducation à l’image et réalisation d’un film collectif avec la classe de 1ère ES1 du lycée Louise Michel de Bobigny, encadré par les professeurs Nicolas MICHELOT et Rémy PAWIN.

Atelier d’éducation à l’image :

Ce qu’on a dans le cœur, (documentaire 5’35)

Atelier d’éducation à l’image et réalisation d’un film collectif au cours de l’année scolaire 2018-2019, avec la classe ENSA (classe d’accueil pour élèves non scolarisés antérieurement) du collège Sonia Delaunay, encadré par Niki VELISSAROPOULOU et l’association de prévention du site de la villette (APSV).

2018

Atelier d’éducation à l’image :

– Un jour à Paris, (documentaire 7’) Primé par le CLEMI

Atelier d’éducation à l’image et réalisation d’un film collectif avec la classe de 1ère ES1 du lycée Louise Michel de Bobigny, encadré par Niki VELISSAROPOULOU et les professeurs Nicolas MICHELOT et Rémy PAWIN.

Documentaire :

Nous ne vendrons pas notre avenir, (documentaire 53’), Scénario, réalisation, image, montage.

Synopsis : Deux adolescentes, vivent au nord de la Grèce où un projet de mine d’or à ciel ouvert, menace leur région d’un désastre environnemental sans précédent. Plongées au cœur du combat et de la crise, propulsées dans la vie d’adulte, elles s’engagent pour revendiquer leur avenir qu’elles ne comptent pas vendre.

Diffusé sur FRANCE 3 régionaleet ERT (chaîne Nationale grecque).

Nominé pour le prix « IRIS 2019 » à Hellenic Film Academy (présélection).

Prix Coup de Pouce au FIGRA 2017.

Prix du public au FESTIVAL DES A COTES 2018.

Prix du Jury au FESTIVAL DE FILMS POUR L’ENVIRONNEMENT – Saint-Casimir, Canada 2019.

Sélection officielle au FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’EDUCATION 2018.

Sélectionné et diffusé trois fois pendant le MOIS DU FILM DOCUMENTAIRE 2018.

Sélection au COOPENAIR FESTIVAL – Grèce 2018.

Sélection hors compétitionauFESTIVAL FIGRA 2019.

Sélection hors compétition au FESTIVAL INTERNATIONAL du film DOCUMENTAIRE DE THESSALONIQUE 2019.

Sélection officielle au FESTIVAL du Cinéma MEDITERRANEEN DE TETOUAN – Maroc 2019.

Sélection officielle au FESTIVAL INTERNATIONAL du film DOCUMENTAIRE D’IERAPETRA 2019.

Sélection au BOZCAADA INTERNATIONAL FESTIVAL OF ECOLOGICAL DOCUMENTARY (BIFED), Turquie 2019.

Sélection officielle à la 13e édition du ECOZINE FILM FESTIVAL, Zaragoza, Espagne 2020.

Sélection officielle au FESTIVAL GRECDOC, Paris, France, septembre 2020.

Sélection officielle au 10e CAMBODIA INTERNATIONAL FILM FESTIVAL (CIFF) 2020, annulé à cause de la pandémie, Cambodge

Sélection au 17e SEOUL ECO FILM FESTIVAL, (2-15 juillet 2020), Séoul, Corée du Sud

2017-2016

Divers reportages, émissions et débats pour la WebTV Chaîne commune-Recherche, organisation de tournage, caméra, montage:

Reportages :

– Un dispensaire social en Grèce                                                                     

– Journal des Bonnes Nouvelles – La Conquête du Pain                                                    

– Nuit Debout, un vent de fraîcheur                                                                                              Paris

– Abeille Machine                                                                                                              Fontenay-sous-Bois

– Journal des bonnes nouvelles – Scop-Ti                                                               Gémenos, Marseille

– Bonus humoristique – Yassine Belattar                                                                          Saint-Ouen

– Débat : Urgence et déchéance : le prix de notre sécurité                                               Saint-Ouen

– L’abolition de la prison                                                                                                           Paris

– Interview avec deux prisonnières politiques                                                                                        Paris

2015-2014

Fiction :

Jardins secrets, (fiction, 14’, HD), Scénario et réalisation.

Prix du public au FESTIVAL DES A COTES, à Lyons-la-Forêt 2015.

Sélection officielle au FESTIVAL DE CINE DEL QOSQO 2016.

Sélection officielle, ARTE COURT-CIRCUIT, concours : SPECIAL FILMS DE FICTION 2014.

Synopsis : Vicky, une jeune femme, vit loin de sa famille. Pendant ses vacances d’été elle rend visite à ses grands-parents qui habitent une petite maison au bord de mer.

2010-2008

Documentaire :

Rebels with a cause, (documentaire, 11’, Mini DV). Scénario et réalisation. Projection du film à la bourse de travail de Gennevilliers.

Fictions :

– La vie en Rho, (fiction, Mini DV). Réalisation, cadrage, éclairage, prise de vue et montage.

– Journal Intime : L’appartement de la rue Jubin,(fiction, Mini DV). Image.

   Projection du film à l’Écran Saint-Denis.

– Mémoires de femmes, (fiction, Mini DV) Image. Projection du film à l’Écran Saint-Denis.

– Les pensées peuvent tuer, (fiction 4’, Mini DV). Réalisation, cadrage, éclairage, comédienne.

   Projection du film à l’Écran Saint-Denis.

– Cher Paris et No way out, (fictions 18’et 3’, Mini DV). Scénario, réalisation, cadrage, éclairage, montage.

– El descanso, (fiction 3’, super 8, Noir et blanc). Image.

FORMATION

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-UNIVERSITÉ PARIS VIII – VINCENNES – SAINT-DENIS                                         93200 Saint-Denis

Master 2 (professionnel), Réalisation et Création Cinématographiques, fiction, mention Bien (2012)

Licence Cinéma, Arts Spectacle Cinématographique,mention Bien. (2009)

-UNIVERSITÉ PARIS – SORBONNE PARIS IV                                                                      75005 Paris

Master 2 (Recherche), Lettres Modernes, L’adaptation littéraire au cinéma, mention Bien. (2009)

-UNIVERSITÉ DE CRÈTE                                                                                            Réthymnon, Grèce

Licence et Master 1, Sciences de l’éducation, Éducation à l’image, mention Très bien. (2006)

-UNIVERSITÉ PIERRE MENDÈS FRANCE (Programme d’échange, Erasmus)                              38100, Grenoble

Faculté de Sociologie. (Premier semestre 2005/2006)

-LYCÉE – 16o LYCÉE, GRÈCE                                                                                              Thessalonique, Grèce

Baccalauréat littéraire. (1998)

Très bonne maîtrise de langues vivantes : Grec (langue maternelle), français, anglais.

Très bonne maîtrise de logiciels de traitement de la vidéo : Adobe premier, Final Cut, Avid, Torticoli, Hathor.

Bonne maîtrise de logiciels bureautiques : Word, Excel, Powerpoint, Photoshop.

Permis de Conduire (B) depuis 2004.

EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE et STAGES

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2010

Warm up production                                                                                               92150Suresnes France

Stage à temps complet dansl’équipe vidéo. Montage et tournage vidéo.

Théâtre National de l’Odéon                                                                                                 75006 Paris

Stage à temps complet dans l’équipe lumière sous la direction d’Éric ARGIS et Jaufré THUMEREL.

Participation à la création lumières du Spectacle « La Ronde du carré » de Dimitris Dimitriadis, mise en scène par Giorgio Barberio Corsetti. Montage et apprentissage de maniement de la console lumière-logiciel Hathor.

2009

Théâtre National de l’Odéon (Grande salle des Ateliers Berthier)                                                   75017 Paris

CDD pour assurer la traduction et la diffusion des surtitres durant le spectacle« Je meurs comme un pays » de Dimitris Dimitriadis, mise en scène par Michael Marmarinos.

TV100,Société Municipale d’information, de Spectacle et de Communication         Thessalonique, Grèce

Stage à temps plein à la chaîne de télévision TV100, en tant que régisseur lumières.

KG PRODUCTIONS                                                                                                        93100 Montreuil

Stage sur le tournage du Film « Éden à l’Ouest », réalisé par Costa-Gavras.

Accueil des acteurs, Doublage et Observation de la post -synchronisation.

AVANT 2008

Stage pendant trois ans (une fois par semaine) dans des écoles.                                             Crète 2002-2005

Enseignement de grec à des enfants immigrés, Centre d’Immigration de Réthymnon.            Crète 2001-2003

Animatrice dans l’institution Agios Dimitrios, ainsi que dans des colonies de vacances organisées par l’institution Agios Dimitrios pour des enfants et adultes handicapés.                    Thessalonique 1999-2001

Animatrice du programme d’enseignement de musique auprès des enfants orphelins à l’organisme Paidopoli.                                                                                                                                  Thessalonique 1999-2000

Photoreporter sur une Mission humanitaire en Serbie avec les « Médecins du Monde ».                     1999

C COMME CANCER – JVDK.

Vacances prolongées. Johan Van der Keuken, Pays Bas, 2000, 142 minutes

         Un film de maladie et de mort. Le cinéaste vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer de la prostate. L’issue ne fait pas de doute. La seule incertitude concerne le temps qu’il lui reste à vivre. Un an ? Deux ans ? Plus ? Comment réagir à cette annonce ? Pour Johan van der Keuken et sa femme, il n’y a pas d’hésitation à avoir. Ils vont partir en voyage. Comme ils l’ont toujours fait, avec une caméra. Partir filmer à l’autre bout du monde. Filmer, c’est la vie de van der Keuken, toute sa vie. S’il ne filme pas il ne peut plus vivre. Le jour où il ne filmera plus, c’est qu’il sera mort. Seul problème, technique, la lourde caméra traditionnelle risque d’être bien lourde pour le cinéaste au fur et à mesure de l’avancée de la maladie. Van der Keuken décide alors d’expérimenter une petite caméra DV. Toute situation, aussi dramatique soit-elle, a toujours son côté positif. De toute façon, au début du film, Johan Van der Keuken se sent en pleine forme. De bonnes conditions pour réaliser un film. Un film que sera peut-être le dernier. Mais jusqu’à la fin de sa vie, il filmera.

         Vacances prolongées va donc être constitué du matériau accumulé par le cinéaste tout au long de cette fin de vie. Ce sera ainsi un film autobiographique, où Van der Keuken n’hésitera pas à se mettre lui-même en scène. Il intervient d’ailleurs en voie off dès la première séquence pour présenter la situation, sa situation et son projet de film de voyage. Ces interventions jalonneront tout le cours du film où alternent les séquences de voyage et les consultations médicales. D’un côté un Van der Keuken traditionnel, celui qui porte un regard personnel original sur le monde qu’il filme et qui sait faire partager cette vision tout en laissant une entière liberté de pensée au spectateur. De un cinéaste qui s’engage personnellement dans son film, face à la maladie et à la mort et surtout face à son activité de cinéaste. Vacances prolongées, comme son titre nous y invite, peut être considéré comme la suite des Vacances du cinéaste où Van der Keuken avait inauguré un examen réflexif de son travail de faiseur d’images, photographiques et cinématographiques. D’ailleurs une séquence du premier film (celle où Van der Keuken filme sont plus jeune fils descendant un escalier de pierre, précédée d’un extrait du générique accompagné de la chanson Douce France de Charles Trenet) figure dans Vacances prolongées. Certains des voyages qu’il proposera sont occasionnés par des festivals, à Rotterdam ou San Francisco, proposant une rétrospective de son œuvre et auxquels Van der Keuken assistera en tant qu’invité. Une occasion pour lui de recevoir un award et pour nous de participer en tant que spectateur du film à cet hommage devenu posthume.

         Les consultations médicales de van der Keuken nous conduisent d’abord à Utrecht, chez le professeur qui assure son suivi. Le film comportera plusieurs visites, occasion de longs entretiens où le médecin est filmé face à la caméra et à son patient qui dialogue avec lui. C’est l’occasion d’apporter quelques éléments techniques sur la maladie, mais l’essentiel réside surtout dans la question de la durée du délai de vie qu’elle peut laisser au cinéaste. Van der Keuken ne rejetant a priori aucune possibilité de guérison se rend ensuite dans l’Himalaya chez une praticienne des méthodes de médecine tibétaine et filme la longue séance de transe qui doit pouvoir le guérir. Van der Keuken ne prend pas parti sur l’efficacité de cette pratique. Il constate simplement qu’elle est suivie d’un certain soulagement. Il en est de même d’une dernière consultation, à New York, avec un professeur qui propose de nouvelles modalités de thérapie. Les différents aspects de cette partie médicale du film restent relativement neutres, sans effusion d’aucune sorte, comme si le cinéaste n’était pas celui que la maladie concerne au premier chef. 

         Dans les voyages, nous retrouvons le van der Keuken que nous connaissons déjà dans l’ensemble de son œuvre. La personnalisation de son travail de cinéaste est seulement plus accentuée que dans les films précédents. Dans des séquences de coupe, Van der Keuken filme les objets familiers de son appartement, sur un fond neutre qui les transforme en nature morte. Chaque voyage est introduit par un filmage de l’installation dans l’avion, des repas qui y sont pris et nous pouvons jeter un œil par le hublot sur le premier paysage du pays visité. Après le Bhutan, van der Keuken se rend au Burkina Faso où il appréhende avec une grande précision le problème de l’eau dans le sahel. La séquence des enfants qui disent leur nom devant la caméra, avec leurs mimiques et leurs expressions personnelles, procure une grande émotion, dans sa simplicité même.

         Le film s’achève sur l’eau, thème si fréquent dans les films de Van der Keuken. Des bateaux dans un port ou sur les canaux. Il n’est pas dit s’il s’agit d’Amsterdam. Peu importe au fond. Les images proposées sont en effet de plus en plus floues. De plus en plus abstraites en somme. Dans un dernier plan, Van der Keuken filme l’eau elle-même dans une sorte de luminosité terne qui s’accorde sans doute avec son état d’esprit. Un dernier geste cinématographique : la création d’un oxymore visuel.

C COMME CINEASTE – Démiurge.

El Father Plays Himself. Mo Scarpelli, Venezuela, United Kingdom, Italy, United States, 2020, 105 minutes

El Father, c’est le petit nom (affectueux ?) que le fils donne à son père.

Le fils est cinéaste. Il veut faire un film sur son père. S’appuyer sur la vie de son père, qu’il juge suffisamment romanesque pour alimenter le scénario. Un film où le père va jouer son propre rôle, s’improviser acteur donc, lui qui n’a jamais mis les pieds sur une scène de théâtre ni devant une caméra.

Le film que va tourner le fils pourrait être un documentaire, avec une dimension biographique et historique. Le cinéaste prend une autre direction. Il veut réaliser une fiction – La Fortaleza, Jorge Thielen Armand – où son père serait acteur, dans des scènes scénarisées par le fils qui ne seront pas des improvisations, même si le vécu du père, et surtout son caractère, sa manière d’être, doivent avoir la plus grande authenticité possible. Une perspective assez ambiguë au fond.

Ambiguïté que l’on retrouve tout autant dans le film El father plays himself. Certes la dimension documentaire est affirmée. Avec sa dimension film dans le film qui permet de documenter la fabrication du film et donc un des aspects le plus concret du cinéma. Sans oublier le devenir acteur d’une personne qui doit jouer en respectant les intentions du réalisateur, même s’il joue son propre rôle. Avec la dimension aussi de la relation père-fils, relation faite d’affection sans doute, mais marquée aussi par tout le vécu familial antérieur, leur éloignement dans la vie en particulier.

Mais n’y a-t-il pas dans le projet lui-même une dimension qui déborde largement cette visée documentaire. Car si le film que tourne le fils sur son père est une fiction, le film fait sur ce film-là prend lui-même une dimension fictionnelle. El father plays himself, film de Mo Scarpelli, est en effet tourné (et monté) comme s’il était réalisé par le même cinéaste que celui qui réalise le film sur son père. Une sorte d’autofiction en somme. Et du coup la réalisatrice effective de El father plays himself s’effaçant totalement, on peut dire que le fils est en train de réaliser deux films d’un seul coup.

Exploit peu commun en somme. Qui concrétiserait en somme une sorte de rêve secret de tout cinéaste : être à la fois l’auteur de son propre film et du film fait sur ce premier film. Le cinéaste devenu ainsi le démiurge universel.

Visions du réel 2020

C COMME COURSE AUTOMOBILE – Tout-terrain.

Off the road. José Permar, Mexique-Etats-Unis, 2020, 76 minutes.

Le désert mexicain de la « Basse Californie », des cactus à perte de vue, quelques arbustes rabougris et pas mal de sable. Une région désolée, abandonnée.

 Et en effet, il n’y a plus que quelques habitants et beaucoup de ruines. Tous sont nostalgiques du temps de la richesse qu’apportait le coton, cet « or blanc », hélas supplanté par les tissus synthétiques. Que faire d’autre maintenant qu’évoquer les souvenirs. Et écouter, et faire, de la musique.

Tout au long du film nous entendons un trio (deux guitares et un tuba) fort sympathique et plein d’entrain. A chacune de leur apparition, un costume différent, dans un nouveau décor – mais toujours désertique – et une nouvelle chanson.

Mais la région a une autre passion, qui la sauve de l’oisiveté : la course automobile, tout-terrain. Des bolides 4/4 lancé à toute allure dans des nuages de poussière cachant la vue. Et le public aime ça.

Le village dans lequel le cinéaste a planté sa caméra est traversé par la plus grande course du monde de ce style, la Baja 1000. C’est un événement qu’on attend pendant une année, en regardant des photos et des vidéos.

Une autre course sert en quelques sortes de hors-d’œuvre, la Coyote 300. Nous suivons Rigo qui retape la vieille voiture familiale, la « Toyotin » qui a parfois du mal à démarrer. Le jour de la course nous restons avec sa famille sur la ligne d’arrivée à l’attendre. En vain. Elle n’arrive pas. Angoisse. Il faut partir à sa recherche dans le désert. On la découvre enfin, accidentée. Un désastre. N’empêche. Rigo rêve toujours de participer à la Baja 1000.

Une autre figure du village devient peu à peu le personnage central du film, Paco, jeune journaliste et photographe. Nous le rencontrons dans sa vie personnelle, devant son ordinateur avec son bébé sur les genoux. La nuit il parcourt le désert pour prendre des photos. Et il se donne pour tâche de sécuriser le plus possible le parcours de la Baja 1000, en distribuant des affiches énonçant des consignes de sécurité. Il y en a bien besoin. La poussière aveuglante au passage de chaque voiture renforce les dangers. Et le public est plutôt insouciant.

Et le grand jour arrive, la course. C’est jour de fête. Le cinéaste multiplie les cadrages surprenants pour accentuer l’effet de vitesse et de danger. Du grand spectacle.

Une fois la course passée, il ne reste plus qu’à attendre l’édition de l’année suivante.

En attendant, le désert peut retourner à sa léthargie.

C COMME CHINE -Commerce.

Na China.  Marie Voignier, France, China, Cameroon, 2020, 71 minutes

Le commerce entre la Chine et l’Afrique. Il est bien connu que la Chine est en train d’envahir l’Afrique. Pour écouler son énorme production. Des produits pas toujours de grande qualité. Surtout du textile, des vêtements. Des objets de marque sans marque. La mode à bas prix.

Mais ce commerce est-il toujours à sens unique ? C’est tout l’intérêt, et l’originalité, du film de Marie Voignier de nous montrer l’arrivée et l’activité commerciale de l’Afrique en Chine. Une activité qui n’a pas la même échelle. Ni les mêmes méthodes.

Nous suivons dans le film quatre Africaines originaires du Cameron. Elles sont installées à Canton et travaillant dans le textile, elles sont venues ici pour acheter de quoi alimenter leurs boutiques là-bas.  Ou bien elles viennent s’installer en créant un salon de coiffure par exemple. Et essayer de lancer la mode des tresses.

La presque totalité du film se passe dans des boutiques chinoises de vêtement ou dans des entrepôts où l’on conditionne les achats en gros pour les expédier. Les boutiques sont de véritables cavernes d’Ali Baba. On s’y perdrait facilement au milieu de tant de tissus, de robes et autres pantalons. Le tout bien sûr particulièrement coloré. Nos Africaines explorent, commentent, jugent de la qualité (pas toujours satisfaisante). Et elles discutent les prix. La vendeuse chinoise consent parfois des rabais. Mais le marchandage aboutit le plus souvent à un accord. Au Cameron une partie de la clientèle – la plus fortunée – attend des produits de bonne qualité, alors que les chinois importent surtout du bas de gamme, bon marchais.

Nos Africaines sont particulièrement à l’aise dans leurs négociations. Bien sûr elles ont à subir – et à contourner – les tracasseries administratives. Surtout pour ouvrir une boutique. L’obtention des visas est aussi une préoccupation. Mais elles manient l’argent avec une grand habileté. Il n’y a pas que les chinois qui ont le sens du commerce.

Le monde du textile en Chine avait déjà été filmé par des documentaristes, mais plutôt au niveau de la fabrication, les petits ateliers où les ouvriers passent la journée à la machine à coudre, ou les grandes structures où le travail est à la chaine. Des travailleurs souvent venus de campagnes lointaines en espérant gagner le plus d’argent possible par ce travail aliénant. Dans cette perspective, on reverra avec intérêt Argent amer de Wang Bing ou Le dernier train de Lixin Fan, parmi bien d’autres.

Na China a pour lui d’être tourné en Chine par une cinéaste française, avec pour personnages principaux des Africaines.

Visions du réel 2020.

C COMME CUBA – Enfants.

Baracoa. Pablo Briones, Suisse, Espagne, États-Unis, 2019, 89 minutes.

Gosses de Cuba. Deux garçons, Antuan et Lionel. D’une dizaine d’années. Un peu moins pour le plus petits, un peu plus pour le plus grand. Deux amis désœuvrés, totalement oisifs. Qui ne savent pas quoi faire de leurs journées. Qui n’ont rien à faire. Sans doute s’agit-il d’une période de vacances scolaires. De l’école, de toute façon, il n’en sera jamais question.

Ils n’ont rien à faire, alors ils trainent ici ou là, dès le matin et jusqu’à tard dans la nuit. Au village semble-t-il ils vivent l’un et l’autre chez une grand-mère. Mais il n’est pas vraiment question de la famille, des parents. Sauf pour Antuan, le plus grand, qui parle de son père, qui vit à Baracoa, cette ville au bord de la mer où il rêve d’aller. Et d’y inviter son copain, Leonel.

Les différences entre les deux amis vont apparaître de plus en plus criantes au fur et à mesure du déroulement du film. Différence d’âge d’abord. Le grand peut sembler par moment protéger le petit (leur différence de taille est aussi importante). Mais le plus souvent il affirme son pouvoir, un ascendant sur lui qui se manifeste dans toutes les situations, tous les jeux, où la force intervient, ce qui est loin d’être rare dans leurs relations. Et puis la différence sociale devient de plus en plus manifeste. Antuan, lui qui se décolore les cheveux et qui se rase les jambes, se plait à étaler le « luxe » dont il peut jouir chez son père, plusieurs postes de télé et des ordinateurs. Pour ne pas révéler qu’il crève d’envie, Leonel n’a pas d’autre solution que de traiter son copain de menteur.

Les relations entre les deux garçons sont caractéristiques de la dimension sociale de cette période de préadolescence. Que l’on soit à Cuba ou dans bien d’autres régions du monde d’ailleurs. L’amitié entre garçon se doit d’être virile et surtout ne pas s’afficher. Les insultes ou autres formes de brimades sont monnaie courante. Pas questions d’une quelconque admiration pour son ainé, bien qu’il apparaisse souvent comme un modèle. Et le plus grand n’hésite pas à se moquer de son compagnon, de le rabrouer et de le dévaloriser, parce qu’il ne sait pas nager et qu’il a peur de l’eau. Pourtant, lorsqu’à la fin du film, ils se baignent ensemble dans la mer, c’est bien la présence, et l’aide d’Antuan qui permet à Leonel de surmonter son appréhension.

Tout au long du film le filmage, très intimiste, est à hauteur d’enfants. Et si la caméra tend à se faire oublier, dans beaucoup de situations on sent qu’elle est toujours là. Dans beaucoup de cas nous ne sommes pas loin d’une dimension fictionnelle. C’est le cas en particulier de la longue séquence où les deux garçons s’enfoncent dans l’étroit boyau d’une grotte. Les torches qu’ils ont confectionnées pour s’éclaire finissent par s’éteindre. Comment regagnent-ils la sortie dans le noir ? Le film ne se penche pas sur des problèmes de sécurité, mais on sent bien que filmer des enfants dans une telle situation n’est possible que si au moins un adulte, en l’occurrence le cinéaste, les dirige (comme des acteurs) et les guide.

L’errance des deux garçons autour de leur village nous permet d’appréhender un aspect de la campagne cubaine plutôt négatif. Pas de culture. Des vaches errent au hasard comme les garçons. Le paysage est constitué de vastes hangars désaffectés. Une carcasse de voiture (sans roues, sans sièges, sans volant) et une grande piscine vide sont des terrains de jeux misérables et qui ne peuvent guère enthousiasmer les garçons. Le contraste avec la dernière partie du film, tournée au bord de la mer, est saisissant, comme si le cinéaste voulait montrer une évolution entre deux Cuba bien différents. Leonel peut alors être émerveillé par la foule, les lumières, et la baignade devient un plaisir.

Un film sur l’enfance d’une rare authenticité.

Cinelatino 2020, Toulouse.

C COMME CORBIÈRES.

L’âge d’or. Jean-Baptiste Alazard, France, 2020, 68 minutes.

Les Corbières, un pays de vigne. Un pays de vin. De vent aussi.

Une terre aride, difficile à cultiver. Peut-être que la vigne est seule à pouvoir y pousser.

Une région où l’on peut vivre loin de tout, de l’agitation du monde, de la folie des villes.

C’est le choix qu’ont fait Titou et Soledad. Vivre là, en cultivant la vigne, en faisant du vin et de la musique. Une vie qui semble ne connaître aucune contrainte, sauf les éoliennes.

Et pourtant…N’est-il pas inévitable de mettre en doute la pertinence de ce choix…Au moins dans une longue soirée consacrée à gouter le vin avec un ami. Un long monologue. Une confession. Qui se termine par un aveu : « je suis un peu perdu quand même ».

Le film se déroule sur une année, au fil des saisons, cinq chapitres d’un été à l’été suivant. Des saisons où reviennent les mêmes activités, les mêmes moments, les mêmes rencontres, la même solitude. En hiver on taille la vigne. L’été la terre est tellement sèche qu’il faut arroser les cèpes à l’arrosoir. Puis viennent les vendanges, la vinification, et la dégustation. Tout cela jalonné par quelques rencontres sociales, autour du vin bien sûr, ou du fromage. Les richesses du pays.

Un film lent, calme, silencieux. Lorsque les personnages parlent, on a l’impression qu’ils murmurent. Il y a bien des moments de musique, lui à l’accordéon et elle à la clarinette. Mais le plus souvent nous le suivons dans ses balades, seul avec son chien, dans la montagne. Une petite montagne. Mais le paysage offre des aperçus sur les sommets enneigés au loin. Ou bien les longues veillées près de la cheminée, éclairées par quelques bougies. L’image alors n’a aucune luminosité. De toute façon, même l’été on n’a pas l’impression d’être dans une région réputée pour son soleil.

On ne connait pas l’histoire du couple qui vit là. Le film ne donne aucune indication sur leur passé et sur leur identité. Il se contente de les regarder vivre. De les laisser vivre. Mais on se doute bien qu’ils ne sont pas originaires du pays. Comment y ont-ils trouvé leur place ? Peu importe. Aujourd’hui, ils aiment le vin. Le faire et le boire. Et cela est bien suffisant pour remplir une vie.

Cinéma du réel 2020

C COMME CAMPAGNE.

Paradisio, Hendrik Hegray, France, 2019, 54 minutes.

Bugeat en Corrèze. Une petite ville. Ou plutôt un village. Nous n’en verrons que quelques maisons. Mais il ne doit pas y en avoir beaucoup plus.

Nous verrons beaucoup plus les bois, sans doute à proximité du bourg. Des plans de sentiers, d’arbres, de troncs, de souches, de fougères. Une canette de bière jetée là ou même une vieille tondeuse rouillée. Quelques animaux, un taureau dans un pré. Et dans un plan particulièrement long, un tas de cailloux.

Sur une route, le passage d’un ou deux véhicules, comme sur la place du village. Des vues de quelques bâtiments nous serons aussi proposées. Parfois on aperçoit des silhouettes humaines, de loin. On ne s’approche jamais. Il y a quelques commerces, une banque et plusieurs pancartes portant la mention à vendre. Nous ne rentrons qu’une fois dans une maison. C’est pour cadrer une chaine Hifi. Dehors un cigare allumé, posé sur une pierre, constitue un des rares signes de vie.

Le principe du film est simple. Des plans, le plus souvent fixes, cadrant une portion d’espace, de paysage ou du village. Des plans photographiques. Comme des cartes postales. Mais des vues qui sont sans intérêt. Qui ne susciteraient l’attention d’aucun touriste. Un inventaire de la banalité ambiante. Sans aucune surprise. Sans aucune action. Des plans qui ne sont même pas descriptifs. Qui se contentent de montrer. Des plans qui renvoient au vide, au rien.

La succession de ces images ne semblent correspondre à aucune logique, aucune intention. Le film a-t-il fait l’objet d’un montage ? Il semble qu’il s’agisse simplement d’un tourné-monté. D’ailleurs beaucoup d’éléments de ce que nous voyons évoquent immanquablement l’amateurisme. Les images qui bougent, la caméra n’étant pas sur un pied. On entend les déclics du lancement ou de l’arrêt de la prise de vue. On entend la respiration du cinéaste et même dans un plan sa toux. Quelques décadrages aussi. La caméra comme échappée et qui continue de tournée. Un amateurisme assumé certes. Presque recherché. Mais justement, un peu trop systématiquement. Et si le titre peut être une référence à Alain Cavalier, auteur d’un Paradis, le film dans son ensemble n’a pas la dimension d’un hommage au cinéaste.

Et puis, sans prévenir, nous nous retrouvons brusquement dans des images télé, le clip d’une chanteuse, des images clinquantes, factices, du bruit, tout le contraire des images qui nous avaient été présentées jusque-là. Mais avait-on besoin d’un tel contraste pour comprendre que la campagne était du côté du calme, un calme nous permettant d’apprécier les chants des oiseaux.

Une des dernières séquences du film – un plan séquence en fait – nous montre la marche du cinéaste dans les bois, filmant le sol à ses pieds et le sentier devant lui, face au soleil. Une promenade solitaire dans une campagne bien triste.

C COMME CINÉMA – Filmographie

C COMME CINEMA – Filmographie.

Le cinéma parle du cinéma.

Une sélection restreinte parmi tant de films.

Les actrices – les acteurs. La fascination des stars. Des portraits, des biographies, des rencontres.

Ennemis intimes de Werner Herzog

Conversation avec Romy, de Patrick Jeudy

John Wayne, l’Amérique à tout prix, de Jean-Baptiste Pérétié.

Mylène Demongeot, la milady du cinéma. Dominique Besnehard

Les cinéastes

A.K. Chris Marker

Une journée d’Andreï Arsenevitch. Chris Marker

Andrey Tarkovsky. A Cinema Prayer.  Andrey A. Tarkovsky

L’univers de Jacques Demy d’Agnès Varda

Tokyo-ga de Wim Wanders

A la recherche d’Ingmar Bergman, de  Margarethe Von Trotta

Persona, le film qui a sauvé Ingmar Bergman, de Manuelle Blanc.

Bergman, une année dans une vie, de  Jane Magnusson

Buñuel après l’âge d’or, de Salvador Simó

David Lynch the art life de Jon Nguyen

Frère Alain. Exercice d’admiration 5,  de Vincent Dieutre

La vie Balagan de Marceline Loridan-Ivens de Yves Jeuland

Carné-Prévert, drole de duo,  de Nicolas Billon et Nicolas Chopin-Despres.

FBI, le dossier Chaplin, de Patrick Cabouat.

John Ford, l’homme qui inventa l’Amérique, de Jean-Christophe Klotz.

Les trésors de Marcel Pagnol, de Fabien Béziat.

Un américain nommé Kasan, de Claire Duguet.

My Name is Elia Kazan. André S. Labarthe, Danielle Anezin

Kawase NoamieAndré S. Labarthe

Kiyoshi Kurosawa, au dos des images. Alain Bergala, Jean-Pierre Limosin

La Parallèle Mocky. Hugues Baudoin

Hitchcock, un drôle d’oiseau du cinéma. Mei-Chen Chalais, Nicolas Henry

Les films. Les tournages surtout. Sur le mode making off.

Autour de l’Argent. Jean Dréville

Les demoiselles ont eu 25 ans. Agnès Varda

Les genres. Avec leur histoire.

Le cinéma expérimental 

 Free radicals, une histoire du cinéma expérimental de Pip Chodorov.

Le cinéma documentaire

 Fragments d’une histoire du cinéma documentaire de Jean Louis Comolli.

Praxis du cinéma documentaire. Masterclass opus 1 et 2. Didier Mauro

Le cinéma d’animation

Des studios et des écoles. Alexandre Hilaire, Romain Delerps

Les cinématographies nationales.

L’utopie des images de la révolution russe de Emmanuel Hamon.

En attendant le troisième prophète de Mustapha Saitque

 Le Sommeil d’or deDavy Chou.

Cinema Komunisto. Il était une fois en Yougoslavie deMila Turajlic

Nous filmons le peuple de Ania Szczepanska

Voyages à travers le cinéma français. Bertrand Tavernier

Cinema Novo. Eryk Rocha

La diffusion

Ceux qui nous restent – Chronique d’un cinéma en lutte. Abraham Cohen

C COMME CHINE – Filmographie

Des films réalisés en Chine par les cinéastes Chinois bien sûr, mais aussi par des Français ou des Européens qui proposent souvent une vision originale du pays et de sa culture. Mais ce sont les transformations, économiques surtout, qui attirent le plus les documentaristes. D’un côté les usines abandonnées réduites à l’état de ruine ; de l’autre les immenses buildings des grandes villes et le trafic automobile incessant. Sans oublier les problèmes d’environnement et les projets « pharaoniques » détruisant les paysages. Reste le peuple chinois, bien souvent laissé pour compte de la « croissance ». Les images de la misère sont alors particulièrement révoltantes.

Comme pour toutes les filmographies proposées dans le blog, il n’y a rien ici d’exhaustif !

 24 City, Jia Zhang-Ke.

Le film est réalisé à Chengdu. Il prend comme objet l’histoire d’une usine « modèle », l’usine 420, une usine d’armement qui a donc joué un rôle stratégique dans la politique militaire et internationale du pays. Cette usine est appelée à disparaître pour être remplacée par un complexe immobilier de luxe dénommé 24 City.

Ai Weiwei, never sorry, Alison Klayman.

Ai Weiwei est sans doute l’artiste chinois contemporain le plus connu en Occident, certainement le plus médiatisé, ce qui est dû, en grande partie, à ses positions politiques et à son engagement dans la contestation du régime autoritaire de Pékin qui essaiera par tous les moyens de le faire taire. Son travail artistique est indissociable de sa lutte pour la liberté d’expression, et pour la liberté tout court.

 À l’ouest des rails, Wang Bing.

Un long voyage au cœur d’une tragédie industrielle. Un voyage en train, comme l’annonce le titre. Des trains qui circulent lentement, ce qui impose au film de ne pas avoir peur de la lenteur et de la durée. La caméra est le plus souvent placée à l’avant de la machine et avale littéralement les rails qui défilent devant elle. De longs travellings, interminables. Il s’agit de faire appréhender au spectateur l’absurdité de ce voyage sans fin, et l’angoisse qu’il peut susciter. Beaucoup de ces séquences sont filmées de nuit, en hiver. Le sombre domine. La désolation est générale.

Les âmes mortes, Wang Bing.

Les « camps de travail » visant la rééducation des « droitiers » c’est-à-dire tous les opposants, de près ou de loin, au régime maoïste, et cela bien avant la révolution culturelle, même si celle-ci fut le somment de cette pratique. Des camps de travail qui étaient vite devenus des camps de la mort.

 L’Argent du charbon, Wang Bing.

Wang Bing ne filme pas les mines de charbon réputées comme étant les plus dangereuses du monde, le travail des mineurs, les risques qu’ils courent et l’exploitation dont ils sont l’objet. Il prend en compte une autre dimension de la politique énergétique chinoise, le transport du charbon depuis les mines du Shanxi jusqu’au port de Tianjin. Une route du charbon tout aussi meurtrière que les mines elles-mêmes. Une route de tous les trafics imaginables.

La bonne éducation, Gu Yu.

Le portrait d’une adolescente chinoise. Une écolière, comme il doit y en avoir une multitude en Chine. En Chine et ailleurs. Mais la dimension portrait du film s’efface très vite au profit de l’appréhension de la réalité chinoise. D’une certaine réalité chinoise. Le lycée surpeuplé. Les séances de lecture collective à haute voix dans une cacophonie totale. Et puis, surtout, dans les quelques plans où Peipei, l’adolescente, revient chez sa grand-mère, la Chine de la campagne. Bien loin des buildings de Shanghai. Bien loin du développement de la richesse qui profite à certains. Loin de tout en fait. Une plongée dans cette Chine ancestrale, que rien décidément n’a pu faire bouger, ni la révolution maoïste, ni le boum capitaliste.

Changjiang. A yangtze landscape,  Xu Xin.

Un long voyage en Chine. Une traversée du pays en remontant le cours du Yangtsé depuis le port de Shanghai jusqu’au Tibet, aux sources du fleuve. Des milliers de kilomètres.

La Chine, Chung Kuo,  Michelanchelo Antonioni.

En 1972, nous sommes en plein cœur de la révolution culturelle maoïste. Le projet du film semble avoir été initié par Chou En-lai qui devait y voir une occasion de développer les relations avec l’Occident. Il entre en contact avec la RAI, la télévision italienne, qui sollicite Antonioni alors sans projet et l’envoie en Chine. Le problème pour le cinéaste est alors de ne pas se limiter à filmer ce que les autorités chinoises veulent bien lui montrer comme devant faire partie du film. Il doit donc résister pour gagner une certaine liberté, filmant beaucoup, ce qui à l’arrivée donnera un film de plus de trois heures.

Chine, le nouvel empire, Jean-Michel Carré.

La Chine s’est réveillée. Jamais dans l’histoire économique, une nation n’avait connu une telle croissance sur une période aussi longue.

Comment Yukong déplaça les montagnes, Joris Ivens et Marceline Loridan.

Joris Ivens et Marceline Loridan résident en Chine de1971 à 1975. Ils  y réalisent une série de 12 films d’inégales longueurs et situés dans différentes régions du pays, de Pékin à la campagne chinoise. 12 films pour montrer la Chine d’après la révolution culturelle, ou plus exactement, pour montrer la vie des chinois, du peuple chinois. En quoi cette vie est-elle nouvelle ? En quoi elle a changée ?

Crime et chatiment, Zhao Liang.

La vie quotidienne de la police en Chine ? Pas dans les grandes métropoles en pleine expansion. Ce serait un tout autre film. Mais dans une région rurale, montagneuse, un poste frontière avec la Corée. Une région défavorisée, très pauvre, où il semble que la neige ne fond jamais. C’est là que Zhao Liang place sa caméra et film au jour le jour la vie et les activités professionnelles de ces jeunes soldats qui ont tous l’air de débutants. Ils doivent vite apprendre le métier, la discipline et le respect de la loi, qu’il faut appliquer en toutes circonstances. Les relations de camaraderie, voire d’amitié qu’ils peuvent avoir entre eux, et même avec les officiers, les aident à supporter la solitude, l’éloignement de leur famille, la routine aussi. Ici, les affaires qu’il faut régler sont plutôt terre à terre. Il y a bien un meurtre annoncé, mais leur tâche se limite à placarder un peu partout des avis de recherche. Pour le reste ils ont affaire à une population qui pour survivre est parfois obligée de franchir les limites de la stricte légalité

Derniers jours à Shibati, Hendrick Dusollier.

La disparition d’un vieux quartier pauvre d’une grande ville chinoise (Chongqing), quartier voué à la destruction prochaine. Le cinéaste circule dans ce labyrinthe de ruelles étroites au risque de s’y perdre et filme les personnes qu’il y croise.

 Le dernier train, Lixin Fan.

Chaque année, au nouvel an chinois, des millions de paysans qui ont quitté leur campagne pour aller travailler dans des usines, dans des villes souvent éloignées de plus de 2000 km, retournent pour une semaine chez eux, pour revoir leur famille. Ces voyages sont une sorte de course d’obstacles des plus harassantes. Une succession de galères à affronter avec persévérance. Car il n’est pas question de renoncer. Cette semaine du nouvel an est la seule où les ouvriers des usines ont des congés. La seule occasion de revoir ceux qu’ils ont quitté, pour certains, depuis bien longtemps.

 Dimanche à Pékin, Chris Marker

Marker filme Pékin un dimanche et entièrement en extérieur. Il parcourt les rues, les places, les différents quartiers de la ville, des plus populaires aux plus modernes. Il organise son film comme le déroulement d’une journée, débutant dans les brumes du petit matin, le commentaire énonçant ensuite les différents moments filmés. Un dimanche comme les autres sans doute, où le cinéaste ne rencontre pas d’ouvriers au travail, mais plutôt des chinoises et des chinois dans des activités de loisirs, des activités physiques surtout, comme la gymnastique.

Enfants bananes, Cheng Xiaoxing.

Jaunes à l’extérieur et blancs à l’intérieur ! Ils ont entre 10 et 20 ans, ils sont Français, d’origine chinoise.

Existence isolée (Du zi cun zai ; lone existence),  Sha Qing.

Une ville quelque part en Chine. Peu importe où. Des messages en première personne qui s’inscrivent sur l’écran. Il y est question de la vie, du sens de la vie, pratiquement vide en dehors des quelques occupations quotidiennes qui tiennent de la routine. Une Chambre plusieurs fois montrée, vide ou avec la présence furtive de la silhouette d’un homme. Des images de la ville, des rues, des gens, les immeubles d’en face avec des fenêtres éclairées la nuit.

Fengming. Chronique d’une femme chinoise, Wang Bing.

         Une femme qui se retrouve épouse d’un « droitier », donc « droitière » elle-même et pour cela est envoyée comme lui dans un camp. Elle en reviendra, mais lui non. Devant la caméra de Wang Bing, elle décrit avec force détails, l’humiliation de l’accusation,  la faim dans le camp, la mort de son mari et ses souffrances interminables

Une histoire de vent, Joris Ivens et Marceline Loridan.

Agé de 90 ans, c’est en Chine que le « Hollandais volant » ira réaliser son dernier film.

L’Homme sans nom, Wang Bing

Nous pouvons énumérer les actions que l’homme sans nom accomplit : il marche beaucoup, cuisine, mange, dort, bèche la terre, cultive des légumes, ramasse du crottin sur la route. Nous pouvons repérer l’écoulement des saisons : l’hiver enneigé, le printemps verdissant, l’été orageux et l’automne venteux. Nous pouvons déterminer le degré de misère dans laquelle il vit à partir des objets qu’il manipule, des vêtements dont il se couvre, du trou qui lui sert d’habitation. Nous pouvons repérer le nombre important de plans où la caméra suit l’homme vu de dos dans ses déplacements et les opposer aux plans fixes où nous le voyons de face, dans sa « grotte », pendant ses repas. Mais nous ne pouvons traduire en mots l’intensité qui se dégage des images de cet homme, seul à l’écran pendant tout un film, dont la vie n’est accompagnée que par les bruits de sa respiration et de sa toux ou celui de ses pas sur les chemins.

 Mrs Fang, Wang Bing.

Elle est allongée sur son lit. Elle ne parle pas. Elle bouge très peu. Sa bouche reste ouverte. Reconnaît-elle ceux qui l’entourent ? Sait-elle où elle est ? Une fois on essaie de l’assoir. Mais le plus souvent elle reste allongée. En off on entend les commentaires de ceux qui sont présents dans la pièce. Sur sa posture, sur l’évolution de la maladie, les signes visibles. On s’interroge : « dort-elle ? »

Ombres chinoises, Yi Cui

Un art traditionnel qui fait la joie des habitants des campagnes et des montagnes. En ville de grands festivals offrent des spectacles grandioses d’une tout autre teneur.

Paysages manufacturés, Jennifer Baichwal

Ce film nous montre le travail entrepris par le photographe canadien Edward Burtynsky pour nous faire prendre conscience des effets de l’industrialisation sur les paysages naturels. Que l’homme déforme la nature n’est pas une idée nouvelle. Cependant, le regard porté par Burtynsky sur la chine contemporaine et son développement à outrance a une résonance particulièrement angoissante. Jusqu’où irons-nous ? Comment vivrons les générations futures ? Au milieu des déchets industriels qu’on n’arrive plus à éliminer ? Dans d’immenses mégalopoles où le seul espace subsistant entre des tours toujours plus hautes ne semble occupé que par les échangeurs autoroutiers ?

 Paper Airplane , Zhao Liang

Un avion en papier, ça peut voler très haut, mais il ne vole jamais longtemps. Il finit toujours par tomber. Et il ne vole qu’une seule fois. « Quel prix il paie pour cette seule chance de voler ». Sur son lit d’hôpital, un des jeunes drogués que suit Zhao Liang propose ce titre pour le film. Une métaphore particulièrement parlante de l’expérience de la drogue.

 Pétition, la cour des plaignants, Zhao Liang

La Chine pauvre, la Chine des déshérités, des chinois qui souffrent, qui n’ont plus rien, suite à des démêlés avec l’administration ou la police. Plus rien sauf leur dignité, leur honneur et leurs droits. Ils sont persuadés d’avoir la loi pour eux. Alors ils ne se laissent pas faire, ils se révoltent. Ils se mettent à pétitionner.

Plastic China, Jiu-Liang Wang.

Du plastique. Des torrents de plastique. Des montagnes de plastique. Les déchets plastiques du monde entier affluent en Chine. Par bateaux entiers. Et d’énormes camions les acheminent dans les campagnes. Dans de petits villages, où des familles essaient de gagner un peu d’argent en les recyclant.

 La Pluie et le beau temps, Ariane Doublet

La mondialisation, le mot n’est pas prononcé dans le film. Pourtant, il ne s’agit que de cela. La Normandie et la Chine réunis par un fil de lin. Les normands le font pousser. Les chinois l’achètent pour le transformer. Une situation commerciale à première vue surprenante, complexe, qui valait bien un film.

Ta’ang, un peuple en exil entre Chine et Birmanie, Wang Bing

         La guerre, nous ne la voyons pas dans le film, mais nous l’entendons, plus ou moins lointaine. Nous en sentons la présence constante dans la longue fuite en avant, dans la question de la nourriture sans cesse posée (les sacs de riz qu’il faut porter), dans l’inquiétude et l’angoisse, qui ressort souvent des longues discussions la nuit autour d’un feu de bois, ou à la lueur d’une simple bougie, lorsqu’il est difficile de dormir. Ces fuyards que montre le film, ce sont surtout des femmes et des enfants, beaucoup d’enfants. Les plus grands portent les plus petits sur leur dos et les femmes ont aussi visiblement une grande habitude d’être ainsi chargées. Il y a peu de pleurs, peu de cris, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de souffrances. Mais ici, la guerre on n’y peut rien. Alors tout autant être résigné

Les Trois sœurs du Yunnan, Wang Bing.

Le film est tourné dans un village situé à 3 200 mètres sur les hauts plateaux du Yunnan, dans les contreforts de l’Himalaya. Un village pauvre, très pauvre, subsistant essentiellement de l’élevage de quelques moutons ou autres cochons. C’est dans une de ces habitations que nous allons faire connaissance de trois enfants, trois filles de 10, 6 et 4 ans. Nous allons suivre pendant tout le film leur vie quotidienne et surtout celle de l’aînée, Yinging, qui doit jouer le rôle de mère de famille, puisqu’au début du film elles sont seules, livrées à elles-mêmes, le père étant parti travailler à la ville.

 Useless, Jia Zhang-Ke.

Les vêtements bon marché « made in China » ont envahi le monde. Grâce notamment aux délocalisations d’entreprise européennes qui ont trouvé en chine une main d’œuvre moins couteuse. Du coup, le textile haut de gamme a suivi. L’empire du milieu s’est ouvert à la mode en même temps qu’à l’économie de marché.

Voyage en occident, Jill Coulon.

         Des touristes chinois en voyage en France et en Europe. Le choc de deux regards. Notre regard à nous, Français et Européens, sur les touristes chinois qui visitent notre pays ; celui que ces mêmes chinois portent sur nous, Européens et Français. Une confrontation toujours riche de sens, mêlant stéréotypes et vérités éternelles, non sans humour.

We the workers,  Huang Wenhai.

Un film sur les ouvriers en Chine, leur vie, leur travail, leurs difficultés, leurs luttes. Un film qui montre leur situation dans ce pays « communiste » qui s’est converti à l’économie de marché. Une situation qui n’a pas l’air d’être très différente de celle des ouvriers du monde capitaliste.

C COMME CONSTRUCTION – Mur

Le jardin de Jad, Géorgi Lazarevski, 2007, 61 minutes.

Jad est un vieil homme qui vit, au milieu de femmes en fauteuil roulant ou grabataires dans leur lit, dans une maison de retraite, plutôt un hospice, dénommé Notre Dame de la Douleur. Lui, comme il peut marcher, sans canne, il déambule dans les longs couloirs déserts ou dans les rues avoisinantes. Passe-t-il une vieillesse heureuse ? Il pourrait, si…

Si son pays n’était pas occupé ! Une occupation qui prend une tournure de plus en plus dure, modifiant considérablement les conditions de vie. Car à l’omniprésence de son armée, l’État d’Israël ajoute un mur, une « barrière de sécurité » comme il l’appelle. Une expression qui ne trompe personne en fait, et surtout pas les Palestiniens. Il s’agit bien purement et simplement d’un mur de séparation, reléguant les occupés de l’autre côté, leur interdisant le passage d’un côté à l’autre.

Le mur passe tout près de la résidence de Jad. Il ne peut pas l’ignorer. Même s’il reste quelque peu incrédule, étonné devant la monstruosité du projet. « Est-il haut » demande-t-il ? 9 mètres, effectivement, c’est haut. « Il passe où ?» poursuit-il. Partout lui est-il répondu. « Il sert à quoi ? » « A rien ». Tout est dit dans cet échange.

Le jardin de Jad ne montre pas à proprement parler les ouvriers construisant le mur. D’où cette impression qu’il s’érige tout seul, qu’il sort de la terre poussé par une puissance maléfique que rien ne peut arrêter. Le cinéaste s’arrête juste sur un incident qui pourrait être comique dans un autre contexte. Dans une de ses petites promenades aux abords de sa résidence, Jad  croise un immense camion qui transporte les blocs de béton du mur. Bloqué dans un tournant étroit de la rue, il tombe en panne. Impossible de repartir. Problème de moteur. Mais on pourrait tout aussi bien y voir un signe…

Le film s’ouvre sur une séquence qui résume à elle seule l’histoire de l’occupation de la Palestine. Une échelle en bois posée sur un mur. Des femmes qui, l’une après l’autres, franchissent grâce à elle, l’obstacle. Tout au long du film nous retrouverons ces échelles et ceux qui les escaladent pour passer, passer coute que coute, de l’autre côté. Car bien sûr ce franchissement est dangereux. L’un d’eux n’a pas la chance de passer inaperçu.  Arrivé de l’autre côté il stoppe, comme pétrifié. La caméra panote vers la droite et nous découvrons trois soldats en armes. Sans doute leur intiment-ils d’ordre, que nous n’entendons pas,  de les rejoindre, ce qu’il fait. Et il est emmené, on ne sait où, visiblement prisonnier.

L’occupation, en Palestine, c’est d’abord la suppression de la liberté de mouvement, de déplacement. Ce que concrétise de façon définitive, le mur. Dans l’hospice, un fils rend visite à sa mère, clouée dans son lit. Il raconte les difficultés qu’il a eues pour venir. Et exprime sa crainte : avec le mur il ne pourra sans doute plus venir du tout.

Le jardin de Jad est un film où la guerre est laissée hors champ. Pas de fusillade, pas d’éclatement de bombe, pas d’avion dans le ciel. Mais ce calme n’est bien sûr qu’apparent. Le mur, dans sa présence envahissante, est une violence silencieuse, tout aussi oppressante. Qui ne laisse personne en paix. Même pas la vieillesse.

C COMME CV – Grino Yerko

                                                                                                                                  

video.grino@gmail.com https://www.facebook.com/docgrino    https://www.youtube.com/user/MsParieur

                    Cadreur / Monteur / Réalisateur

                                                                                            COMPETENCES

Caméraman d’extérieur- Reportage 

Montage sur Adobe Première Pro CS6 et Final  Cut X

Camera Sony  HDV HVR-Z1

                                     EXPERIENCES PROFESSIONNELLES

2019                                 Eco-gestes 52′

2018                                 Jeter ? Pas question ! 52′

2017                              Réalisateur webdoc repaircafe-wedoc.com

                                       (sélectionné au festival du film d’éducation à Evreux, Normandie )

2016                                                       Réalisateur Film documentaire    Handi-voyages  52′    

2015                                                        Animateur / Réalisateur Atelier vidéo MJC Saint ramait Lyon                                                                                               

2015                                                       Réalisateur Film documentaire          Tennis, loin de Paillettes 52′

2014                                                       Réalisateur Film documentaire          Youtuber 52′

2013                                                       Réalisateur Film documentaire           Cyberpartage 52′

2012                                                       Réalisateur Film documentaire            Le Parieur ’26

Juin 2012                                              Caméraman                                            Video Danse Montpellier

Mars 2012                           Monteur                              HDCI Productions Paris

juin 2008 au janvier 2012   Caméraman et monteur                    Pages Jaunes..fr (reportages vidéo) Lyon

Juin 2005   au 2008                            Caméraman et  monteur                     Studio Albert Dayan Lyon

Mars à octobre 2003                          Caméraman                                           Chaîne de télévision Chilevision ( Chili  )

                                                          FORMATION

2017                     Formation   Web Documentaire, initiation longue , Vidéo Design, Paris

2011                     Formation   Réalisation et  écriture documentaire ,  CIFAP, Paris

2010                     Formation  Techniques et pratiques de prise de vues HD approndies,  Vidéo Design, Paris

2006                      Obtention du Master cinéma humanités et sciences humaines, mention  Arts,  Université, Lyon. 2

2003                       Licence de communication audiovisuelle,  mention cinéma   Ecole Arcos, Chili

         COMPETENCES  LINGUISTIQUES 

                                                         Espagnol: Langue maternelle

                                                         Français:   Courant

                                                         Anglais, Italien: intermédiaires

C COMME CV – François Zabaleta.

François Zabaleta est cinéaste, photographe et auteur dramatique.

Il a réalisé une quarantaine de films, fictions ou documentaires, tous formats confondus.

Parmi ses œuvres de fictions, LA VIE INTERMEDIAIRE (ACID, Cannes 2009), FUCK L’AMOUR (mention spéciale du jury au festival de Clermont Ferrand 2016)

 Une dizaine de ses films sont édités en DVD par les éditions L’HARMATTAN.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Zabaleta

Œuvres documentaires :

Fin de séjour sur terre (court métrage) 2012

Sister Blood (court métrage) 2012

Mon objet préféré (long métrage) 2013

Le bâtard imaginaire (long métrage) 2013

Dernière danse, lettre à Pina B. (court métrage) 2016

La nuit appartient aux enfants (court métrage) 2016 Grand prix du festival DOC EN COURT

Travelling alone 2017 (moyen métrage)

Zéro figure (moyen métrage) 2017 prix du jury étudiant du festival INTERFERENCES

Couteau suisse (moyen métrage)

Le Magasin de Solitude (long métrage) 2019

Obsolescence programmée (court métrage) 2019

C COMME CV- Marion Gervais

Marion Gervais est autodidacte.


Ce sont les livres, la route et les voyages à travers le monde qui l’ont construite.


Elle a travaillé à 18 ans à Canal plus pour Michel Denisot et l‘émission « la Grande famille ». Elle a mis en forme les premiers zapping, avec Fabrice Eckerlé.


Pendant longtemps elle a alterné voyages et casting: elle a été directrice de casting pour de nombreux réalisateurs (J. Doillon, B. Podalydès, C. Denis, C. Ackerman…).


Son premier film, La bougie n’est pas faite de cires mais de flammes (26’, 2009) est réalisé dans le cadre des Ateliers Varan. Il suit une petite fille rom dans son quotidien entre les squats, l’école et la rue. Pour la revue documentaire d’Arte Cut Up, elle réalise également Cassandra (6’).


Anaïs s’en va-t-en guerre (52’, Quark – TV Rennes35, 2013) son premier film
documentaire long, est sélectionné dans de nombreux festivals, a reçu une étoile à la SCAM 2014 et a été vu plus de 800.000 fois sur internet.


Elle réalise en 2015 La bande du skatepark, une websérie documentaire pour
FranceTV Nouvelles Ecritures qui a eu le prix de la meilleure web série de l’année au Web Liège Festival 2016 ainsi que le prix du public au Web program festival de Paris 2016 et La Belle Vie ( 52’ Quark- TV Rennes, France 3 Bretagne en association avec France 3 et l’heure D) qui a eu le prix du jury au festival de Luchon 2017, le prix spécial du jury pour le meilleur documentaire régional européen CIRCOM 2017 ainsi qu’une étoile à la SCAM 2017.


Louis dans la vie ( 75’, Squaw productions, France 3 Bretagne en association avec France 3 et l’heure D) son dernier film, a été diffusé en juillet 2019.