R COMME RETIRADA

Bartoli, Le dessin pour mémoire,  Vincent Marie, 2019, 52 minutes.

En janvier 1939, la République espagnole est vaincue. Les troupes de Franco entrent dans Barcelone. Quelques 500 000 républicains catalans vont fuir les représailles annoncées. A pied, avec un maigre bagage, des hommes, des femmes, des enfants, vont essayer de gagner la France. Parfois sous les bombardements de l’aviation franquiste. Cet épisode historique est connu sous le nom de Retirada.

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La France, pour respecter le droit d’asile ne ferme pas la frontière. Mais l’accueil n’est pas vraiment chaleureux. C’est le moins que l’on puisse dire. Les combattants républicains sont désarmés, pour leur ôter tout espoir de retour pour reprendre la lutte contre la dictature. Puis tous ces arrivants sont parqués dans des camps que l’administration française appelle camp de concentration. Ces réfugiés seront déplacés systématiquement de camp en camp dans tout le sud de la France. Argelès, Saint Cyprien, Barcarès, Rivesaltes, Bram, et d’autres encore. Les conditions de survie y sont particulièrement difficiles, froid glacial et hiver, chaleur étouffante en été, et toujours beaucoup de vent. Sans parler de la nourriture, ou plutôt de l’absence de nourriture.

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 L’histoire de ces camps a d’ailleurs donné lieu à plusieurs films, en particulier le camp de Rivesaltes dont les diverses utilisations ne sont pas vraiment à l’honneur de la France. Dès 1940, la police de Vichy y regroupera les étrangers « indésirables », puis les juifs qui seront ensuite systématiquement envoyés dans les camps d’extermination nazis. Après la guerre d’Algérie, il sera utilisé pour « accueillir » les Harkis. Et jusqu’à sa fermeture, en 2007, il deviendra camp de rétention administrative pour les réfugiés sans papier et déboutés de leur demande d’asile en attente d’expulsion. Un mémorial construit sur le lieu du camp et respectant ses baraques retrace cette histoire avec une mine de documents, images fixes et animées et textes.

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Comme dans ses deux précédents films – Bulles d’exil et Là où poussent les coquelicots – Vincent  Maris fait œuvre de mémoire à partir d’images, ici les dessins de Josep Bartoli, un républicain catalan qui a vécu la Retirada. Il donne la parole au neveu de Bartoli qui commente les dessins avec une précision étonnante et retrace les étapes de la vie mouvementée de son oncle. Il utilise aussi les rares images photographiques ou cinématographiques de la vie dans les camps. Il retrouve la veuve américaine de Bartoli qui a immigré au Mexique puis aux Etats Unis. Elle montre au cinéaste son trésor secret : des originaux de dessins ou collages de son mari, puisement conservés dans une cave.

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Mais la grande force du film vient du filmage des dessins de Bartoli, véritable précurseur des photojournalistes actuels. Avec cette différence essentielle : il. Il réalise ses dessins n’est pas un simple observateur. Ses images  il les vit, il a vécu toutes les situations qu’il représente. Et c’est pour cela qu’ils sont œuvre de mémoire.

Le film de Vincent Marie est un hommage très sensible à un artiste qui mérite d’être redécouvert. Mais c’est aussi un film d’histoire, qui ne gomme rien de l’émotion que peuvent susciter les images – les dessins – d’une période que beaucoup auraient tendance à oublier.

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Sur la Retirada on pourra voir le film de Henri-François Imbert, No pasaram, album souvenir.

Et sur le camp de rivesaltes, Journal de Rivesaltes de Jacqueline Veuve

R COMME ROUGE.

Je vois rouge, Bojina Panayotova, 2019, 83 minutes.

Rouge, la couleur du communisme –en Bulgarie, pays satellite de l’URSS stalinienne –  la couleur du sang – le sang versé par les communistes ? – la couleur de la colère – contre une dictature liberticide et la main mise d’une mafia sur le pays.

Je vois rouge, l’expression de cette colère, mais aussi l’idée obsessionnelle du communisme – du foulard rouge de la jeunesse communiste – et aussi la crainte, ou l’angoisse, ou le soupçon, d’avoir du sang sur les mains. Comme tous ceux qui ont soutenu le régime, qui l’ont fait exister, qui en ont profité. Dans chaque famille ? Jusqu’au cœur de sa propre famille.

Le film est un retour au pays natal. Bojina – puisque le film est écrit à la première personne, dès le titre – la réalisatrice, a quitté la Bulgarie avec ses parents dès la chute du mur. Pour venir en France – voir l’occident et gouter à la liberté. Elle avait 8 ans. 25 ans après, elle revient dans ce pays pour savoir, pour découvrir la vérité sur sa famille. Poussée par un fort soupçon : et si ses parents avaient été impliqués dans le régime communiste au point d’avoir fait partie de sa police secrète. Une police honnie, qui entretenait une terreur généralisée, où chacun pouvait accuser son voisin, ou un parent.

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Le film s’ouvre sur des images d’archive qui en disent long sur le point de vue adopté par la réalisatrice. D’une part la cérémonie de remise du foulard rouge aux jeunes pionniers – cérémonie sacralisée par le régime. De l’autre les manifestations  récentes contre « les ordures rouges », les apparatchiks de l’ancien régime encore au pouvoir. Les Bulgares en finiront-ils jamais avec le communisme ? La réalisatrice  pourra-elle voir son pays d’une autre couleur que le rouge ? Et sa Famille ?

 

Son film aura donc tout de l’enquête familiale. La réalisatrice retrouve sa mère à Sofia et sera en contact avec son père resté à Paris via internet. Elle va les interroger, avec insistance, au point de donner l’impression qu’elle essaie de les confondre par tous les moyens (elle en vient à continuer à enregistrer le son alors que sa mère lui a demandé d’arrêter de filmer), comme si elle ne pouvait se sortir de l’esprit que décidément il y a anguille sous roche, que ses parents – comme bien d’autres dans le pays – ne peuvent pas être totalement innocents. L’enquête prend par moment une tournure inquisitoire – proche des pratiques bien connues des procès staliniens ? Les relations entre la fille et ses parents en sont bien sûr affectées – la rupture est proche, inévitable.

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Finalement les parents accepteront que le film se termine et sois montré. C’est du moins ce que précise un carton final. Il est vrai que les résultats de l’enquête sont plutôt maigres. Le père n’a rien avoué, et si la mère a en quelque sorte participé à la police secrète, c’était à son insu, manipulée qu’elle était par un de ses membres. Le lien familial est sauf. Ce qui n’est pas le cas du communisme, et pas seulement du régime bulgare.

La dimension enquête familiale du film montre de façon pertinente la distance pouvant exister entre deux générations en fonction de leur vécu politique et social. Mais ce n’est pas son intérêt principal. Car ce qu’il montre surtout c’est le déni d’une société de son passé historique, surtout quand il s’agit d’une dictature. Faut-il à tout prix faire la lumière, toute la lumière, sur un passé que tout le monde sait pas très reluisant ? Au risque de bousculer les personnes. Celles-ci ont-elles droit à l’oubli ? Dans la mesure où elles n’ont pas participé activement à des crimes. Je vois rouge ne vise pas à instaurer un devoir de mémoire. Le film ne se situe pas dans la mouvance d’une œuvre comme celle de Rithy Panh à propos du génocide Khmer au Cambodge ou de Patricio Guzman sur la dictature de Pinochet au Chili. Mais il nous questionne sur le rôle de la connaissance du passé, ce qui est une question fondamentale du travail des historiens. Mais le cinéma ne se situe pas au même niveau. Et c’est bien pour cela que le film de Bojina Panayotova se situe au niveau familial. Il interroge un vécu personnel (celui des parents de la cinéaste) qui n’est pas un cas unique dans la société bulgare d’aujourd’hui – et la question ne peut pas ne pas se poser dans tous les pays de l’ex-bloc soviétique. Aucun citoyen n’est sans doute indemne du passé dictatorial de son pays. A moins d’être entré en résistance. Ce qui n’est certes pas le cas de la majorité !

S COMME SOLEIL.

J’veux du soleil, Gilles Perret et François Ruffin, 2019, 76 minutes.

Le soleil c’est la lumière, le jour, la victoire sur la nuit et les ténèbres.

Le soleil c’est le feu, la chaleur. Le risque de se bruler –on ne regarde pas le soleil en face – mais aussi le réconfort. S’exposer au soleil, avec les précautions nécessaire, c’est se revigorer, faire le plein d’énergie.

Le soleil c’est la connaissance –le monde des idées platoniciennes – la victoire sur l’ignorance, au risque d’être ébloui. Mais si l’éblouissement c’est l’impossibilité – passagère – de voir, c’est aussi l’émerveillement, la fascination de la beauté.

Le soleil c’est le centre du monde, de notre monde. Le point de référence de notre système cosmologique. Mais aussi l’illusion visuelle qu’il se lève tous les matins. Et nous suivons sans plus y penser sa course quotidienne d’est en ouest.

Le soleil c’est la vie, la croissance, l’épanouissement, la force vitale.

Le soleil c’est l’été, l’oubli de l’hiver et de ses frimas. Les vacances aussi.

Le soleil, c’est le jaune. Aujourd’hui la couleur des gilets.

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En décembre 2018, Gilles Perret et François Ruffin décident de partir à la rencontre des gilets jaunes, ceux qui occupent les ronds-points. Du nord au sud dans la grande tradition du road trip. La météo n’est pourtant pas de la partie. Il pleut sans arrêt. Le soleil devra attendre.

Un film donc fait dans l’actualité, dans l’urgence. Tourné en une semaine, monté et post-produit dans la foulée. Il faut coller au mouvement de contestation dans sa vitalité. Ne pas attendre que les news trouvent un autre sujet de Une. Donc les gilets jeunes en direct –un cinéma qui se veut « direct » –  sans recul, sans distanciation (ce serait un autre film). Ici c’est la spontanéité qui prime. Recueillir la parole de ceux qui sont engagés dans le mouvement, qui le font vivre. Ceux qui trouvent là l’occasion de se faire entendre – pour une fois.

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C’est François Ruffin qui mène l’entreprise, comme il conduit la voiture dans laquelle – road movie oblige – nous nous retrouvons tout au long du voyage. Mais ce n’est pas – pas encore – le moment de la réflexion, de l’analyse. A chaque étape, c’est lui encore qui discute avec ceux qui campent là. Ils ont d’ailleurs construit des cabanes, comme lorsqu’ils étaient enfants, de véritables « châteaux ». Il partage avec eux leurs grillades et leurs saucisses. Et surtout il les écoute.

Ce qu’ils disent, nous l’avons bien sûr déjà entendu tout au long des « actes » du mouvement protestataire. Les fins de mois plus que difficiles, la colère face aux injustices de plus en plus criantes dans la société, l’opposition au pouvoir politique… Et tous affirment qu’ils ont trouvé dans le mouvement, les manifestations, les occupations des ronds-points, une nouvelle solidarité, une véritable fraternité, qui change leur vie. Tous, ils veulent continuer. Jusqu’à quand ?

Le film se termine sur une plage de la Méditerranée, le temps d’une chanson.. Il ne pleut plus, même si le temps reste gris. Mais un jour, le soleil viendra…

R COMME RENCONTRE – Brigitte Chevet

De formation journalistique, Brigitte Chevet est réalisatrice de documentaires produits et diffusés par la télévision. Pourtant son œuvre, déjà importante, n’a rien à envier à bien des films qui se parent de l’étiquette cinéma du seul fait de leur sortie en salle. Mais, Télévision et cinéma, où réside la différence ?

Les documentaires qu’a réalisés Brigitte Chevet sont avant tout des films d’auteur, et s’ils sont diffusés sur les chaînes de la télévision publique (nationale et régionale). Ce sont à n’en pas douter de véritables œuvre de cinéma. Brigitte Chevet ne nie pas les différences qui existent entre télévision et cinéma (elles sont de plus en plus évidentes: durées, financements, etc…). Mais elle s’en accommode parfaitement. Et elle sait faire de ce qu’on aurait tendance à considérer comme un handicap un point fort de son travail.

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Rencontre.

Sa formation de journaliste comportait une spécialisation de « reporter d’images ». C’est donc tout naturellement qu’elle s’oriente vers le reportage télévisé. Mais cela ne la satisfait guère: trop rapide, trop court, trop superficiel. Et c’est tout aussi naturellement qu’elle entreprend de réaliser des magazines, puis des documentaires sur des sujets qui lui tiennent à cœur, en développant son savoir-faire d’autrice et réalisatrice. Dans ce travail, elle n’a pas la prétention de faire œuvre artistique. Elle préfère plutôt le considérer comme de l’artisanat. Pourtant ses films ont une dimension toute personnelle. Elle y prend position sur des enjeux de notre époque, le démantèlement nucléaire par exemple à propos du cas de la centrale Brennilis. Elle ne renie nullement cette dimension engagée de son cinéma. Voilà une prise de position qui, dans sa bouche, n’a rien de la langue de bois. Il s’agit de faire bouger les choses autant que faire se peut, avoir un coup d’avance sur la réflexion des spectateurs. Sa caméra traite  de thèmes aussi variés que l’énergie solaire, les relations garçons-filles à l’adolescence, le parcours d’un poète à la rencontre d’habitants de HLM, ou de la désertification médicale en milieu rural.

Mais à la télé, peut-on librement développer ses idées sans avoir des comptes à rendre aux producteurs ou aux diffuseurs ? Certes la télé a ses contraintes. Si un film doit faire 52 minutes, ce n’est pas 53 ! Et elle ajoute même la durée du générique est imposée. Il ne s’agit pas de dire alors (de façon purement formelle) que l’on peut transformer ces contraintes en liberté. Non. Il n’est pas possible de faire comme si ces contraintes n’existaient pas. Seulement elles donnent un cadre et c’est dans ce cadre qu’il importe au cinéaste de développer son travail personnel.

S’il y a une liberté dans le travail de Brigitte Chevet, c’est celle de trouver une forme adaptée au sujet qu’elle veut traiter. Et effectivement ses films apparaissent tous très différents les uns des autres. Films d’immersion, film-enquête, film-portrait, films d’archives, film d’interviews…Au fil des films elle s’affirme comme exploratrice de formes. Mais cette recherche n’a rien de formelle. Visiblement pour elle, il importe avant tout de ne pas tomber dans la monotonie, ou les stéréotypes. Raconter une histoire au mieux, et pour le plus grand nombre.

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Elle a envie de progresser, d’apprendre toujours, prendre des risques. Pour elle, le meilleur de ses films est celui qu’elle n’a pas encore fait. Mais de tous, celui dont elle parle avec le plus d’enthousiasme, c’est L’Espionne aux tableaux. Avec ce portrait d’une résistante injustement oubliée (parce qu’il s’agit d’une femme) après la guerre, elle a le sentiment d’avoir fait œuvre utile d’historienne. Rose Valland, historienne d’art, travaillait au musée du Jeu de Paume – haut lieu du pillage systématique des œuvres d’art appartenant à des juifs par les nazis – pendant l’occupation. C’est là qu’elle a tenu un registre extrêmement précis des œuvres expédiées en Allemagne, ce qui permit à la libération de pouvoir en rapatrier un grand nombre et de les rendre à leur propriétaire. Mais pourquoi ces actes d’héroïsme ont-ils été si facilement oubliés ? Le film est donc à la fois un hommage à cette femme, à son action, et en même temps une réflexion sur les « lacunes » de l’histoire.

 

Brigitte Chevet vit et travaille à Rennes. Elle donne des cours parfois à l’université, ou accompagne des auteurs, une activité de formatrice qu’elle voudrait bien développer. En même temps elle est administratrice à la Scam, où elle travaille à une meilleure prise en compte des auteurs en région. Et puis surtout, elle poursuit son travail de documentariste. Et elle ne manque pas d’idées. Son dernier film est bientôt en montage, il s’agit cette fois d’un travail d’interviews : elle y questionne d’anciens jurés d’assises sur l’expérience citoyenne ultime, celle de juge d’un jour.  Elle poursuit l’écriture de deux ou trois autres projets, dont une enquête sur les représentations de la ménopause, un thème « tabou », un autre sur les violences conjugales, et un portrait de Jean Jouzel, le spécialiste du réchauffement climatique en France. Nous les attendons avec impatience.

Brigitte Chevet, une cinéaste documentariste heureuse !

 Sur L’Espionne au tableau (2015) : https://dicodoc.blog/2017/11/07/e-comme-espionne/

Et sur Brennilis, une centrale qui ne voulait pas s’éteindre (2004) : https://dicodoc.blog/2016/11/05/e-comme-ecologie/

R COMME RÉALISATRICES – filmographie

Les femmes réalisatrices de films documentaires sont nombreuses. Les esprits chagrins diront que c’est parce que les hommes se réservent le domaine de la fiction…Nous répondrons simplement que nombre de documentaires d’origine féminine sont parmi les plus créatifs de tout le cinéma !

Voici un inventaire, bien incomplet bien sûr,  une sélection personnelle mais qui montre la diversité et la richesse du cinéma documentaire des réalisatrices.

La filmographie de chaque réalisatrice ne cherche pas à être exhaustive. Elle sera complétée au fil du temps.

Photo : Carole Roussopoulos.

 

Abitbot Judith :

Vivere (2016)

Abramovich Fabienne :

Dieu sait quoi (2004) ; Liens de sang (2006) ; Un peu, beaucoup, passionnément (2016)

Adi Yasmina :

Ici on noie les algériens (2010)

Aellig- Régnier Raphaëlle :

Alexandre Tharaud, le temps dérobé (2013) ; Ostinato (2018)

Aghion Sabrina :

Mon voisin, mon tueur (2009)

Akerman Chantal :

News from home (1977) ; D’Est (1993) ; Sud (1999) ; De l’autre côté (2002) ; Là-bas (2006) ; No movie home (2015)

Albert Fleur :

Ecchymoses (2008) ; Vincent Dieutre, la chambre et le monde (2013)

Aldighieri Marion :

Le serment de Malicounda (2002) ; Emmanuelle Laborit, le chant des signes (2011) ;  Avec nos yeux ( 2013)

Allegra Cécile :

Haïti, la blessure de l’âme (2010) ; La Brigade (2011) ; Une enfance au travail (2013) ; Voyage en barbarie (2014) ; Black-out (2015) ; Etat-mafia : un pacte sanglant (2016) ; Anatomie d’un crime (2017)

Ancelin Clémence :

Habiter / Construire (2011)

André Yael :

Bureau des Inventaires systématiques de la mémoire résiduelle (2002) : Chats errants (2007) ; Quand je serai dictateur (2013)

Andriamonta-Paes Marie-Clémence :

Fahavalo, Madagascar 1947 (2018)

Angelini Claire :

Le retour au pays de l’enfance (2009) ;  La guerre est proche (2011) ; Et tu es dehors (2012) ; Ce gigantesque retournement de la terre (2015) ; Chronique du tiers-exclu (2017) ;

Arbid Danielle :

Seule avec la guerre (1999)

Aubry Noémi :

Et nous jetterons la mer derrière vous ( 2015) ; Une Autre Montagne (2017)

Audier Sophie :

Les chèvres de ma mère (2013)

Audouze Maïlys :

Le saint des voyous

Aviv Nurith :

D’une langue à l’autre (2004) ; Langue sacrée, langue parlée (2008) ; Traduire (2011) ; Annonces (2013) ; Poétique du cerveau (2015) ; Signer (2018)

Avouac Anne-Marie :

Agnès à tout prix (1999) ; Le mari de la femme du banquier ( 2000) ; Les caprices du Chef  (2001) ; Miami Vice  (2002) ; Le petit Charles (2003) ; America America (2004) ; A la poursuite de Madame Li (2005) ; Tiens–toi droite tu es une reine (2006) ; Evelyn, reine d’Afrique (2008) ; La salle à Marek (2009) ; Alors, ça baigne ! (2010) ; America America,  La suite (2012) ; Ma mère, mon poison (2017) ; Pornographie : un jeu d’enfant (2019)

Baichwal Jennifer :

Paysages manufacturés (2006)

Barbé Anne :

Ceux de Primo Lévy (2010)

Baus Emma :

Culture animale (2005), A la recherche des cendrillons russes (2006), Il était une fois l’instinct maternel (2007), La route de la non-violence (2009), Voler par-dessus les nuages (2010), Dimanche à la ferme (2011), Là-haut sur la montagne (2014), Trois petits chats (2015), Là-bas sur nos rivages (2015), A côté dans nos forêts (2016), Le mystère des dragons à plumes (2016), L’aube des mammifères (2016), Qui a tué les insectes géants ? (2016), Cinq petits cochons (2017), Malin comme une chèvre (2019).

Beckermann Ruth :

Retour à Vienne (1983) ; Homemad(e) (2000) ; American Passages (2011) ; Those Who Go Those Who Stay (2013) ; Rêveurs rêvés (2016) ; La valse de Waldheim (2018)

Benguigui Yamina :

Femmes d’Islam (1994) ; Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin (1997) ; Le jardin parfumé (2000) ; 9-3, mémoire d’un territoire (2008)

Berda Virginie :

Les colombes du Bengale ; Père François Laborde : une vie au cœur des bidonvilles indiens.

Bernstein Catherine :

Assassinat d’une modiste (2005) ; T4 Un médecin sous le nazisme (2014)

Bertuccelli Julie :

La fabrique des juges (1998) ; La cour de Babel (2013) ; Dernières nouvelles du cosmos (2016)

Beugnies Pauline :

Rester vivants (2017)

Bitton Simone :

Palestine, histoire d’une terre (1993) ; Mur (2004) ; Rachel (2015)

Blanc Manuelle :

Persona, le film qui a sauvé Bergman (2018)

Bodet Pascale :

L’Abondance (2013)

Boni-Claverie Isabelle :

Trop noire pour être française (2016)

Bonnaire Sandrine :

Elle s’appelle Sabine (2007) ; Ce que le temps a donné à l’homme (2015)

Bookchin Natalie :

Long Story short (2016) ; Now he’s out in public (2017)

Borgmann Monika :

Tadmor (2017)

Bories Claudine :

Monsieur contre Madame (2008) ; Les arrivants (2008) ; Les règles du jeu (2014)

Boudalika Litsa :

Photo de classe (1992) ;  Ma cousine lointaine (1999) ; Les Iles se rejoignent sous la mer (2009)

Bouffartigue Clara  :

 Tempête sous un crane (2011)

Bouley Barbara :

Et maintenant la quatrième partie de la trilogie commence (2009)

Bredier Sophie :

Nos traces silencieuses (1998) ; Séparées (2000) ; Corps étranger (2004) ; Femmes asiatiques, femmes fantasmes (2007) ; Elie et nous (2009) ; La Tête de mes parents (2011) ; Mon beau miroir (2012) ; Orphelins de la patrie (2014) ; Maternité secrète (2017)

Briet Chantal :

Hassina et Kamel (1992) ; Parlez-moi d’amour (1998) ;  Un enfant tout de suite (2001) ; Printemps à la source (2001) ; Alimentation générale (2005) ; J’ai quelque chose à vous dire (2007) ; J’habite le français (2008) ; L’année des lucioles (2013) ; Des huitres et du champagne (2018)

Brisavoine Emilie :

Pauline s’arrache (2015)

Broué Isabelle :

Lutine (2016)

Brun Dorine :

La cause et l’usage (2012) ; Projections (2017)

Brun Mélanie :

Il n’y aura pas de révolution sans chanson (2013)

Bruneau Sophie :

Par devant notaire (2004) ; Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (2006) ; Terre d’usage (2010) ; Le prince Miiaou (2013) ; Rêver sous le capitalisme (2018) ;

Bruni Tedeschi Valérie :

Une jeune fille de 90 ans (2017)

Cabrera Dominique :

Chronique d’une banlieue ordinaire (1992) ; Une poste à La Courneuve (1994) ; Demain et encore demain (1997) ; Grandir (2013)

 Calle Sylvia

Ma vie dans une valise (2004) ; Entre deux (2010)

Capelle Caroline :

Dans la terrible jungle (2018)

Carton Lætitia :

La pieuvre (2009), Edmond un portait de Baudouin (2014) ; J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd (2015) ; La visite (2015) Le grand bal (2018)

Catella Catherine :

Un paese di Calabria (2016)

Castillo Carmen :

La Flanca Alejandra (1994) ; Rue Santa Fe (2007) ; On est vivant (2015)

Celesia Alessandra :

Le libraire de Belfast (2011) ; Mirage à l’italienne (2013)

Chardak Henriette

Jean Huss, désobéir pour la vérité.

Chaufour Lucile :

Violent Days (2009) ; East Punk Memories (2012) ; Léone, mère & fils (2014)

Chevalier-Beaumel Aude :

Rio, année zéro (2011) ; Sexe, prêche et politique (2016)

Chevet Brigitte :

Mourir d’amiante (2005) ; Jupe ou pantalon (2007) ; Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre (2008) ; Au fil de l’eau (2010) ; Docteur Yoyo (2010) ; Le menhir et la rose (2013) ; L’espionne aux tableaux (2015) ; Les voleurs de feu (2016) ; Les rumeurs de Babel (2017)

Choukri Dalila :

L’horizon ne s’arrête pas à la Courneuve (2016)

Chouraqui Margaux :

Exilés (2018)

Chupin Suzanne :

De l’encre sous la peau (2016)

Clarke Shirley :

Portrait of Jason (1967)

Colonna-Cesari Constance :

Les Diplomates du pape (2018)

Compan Inès :

La vie devant toi (1999) ; A ciel ouvert (2009)

Coulon Jill :

Tu seras sumo (2013) ; Voyage en occident (2015) ; Grandir (2018)

Courtès Marie-Christine :

Mille jours à Saïgon (2013)

Crepel Marion :

Ecrire le mouvement (2013)

Crouzillat Hélène :

Les messagers (2015)

Dampierre Sylvaine :

Pouvons-nous vivre ici (2002) ; D’un jardin l’autre (2005) ; Le pays à l’envers ( 2009) ; Piazza mora (2013).

Deak Marina :

Si on te donne un château, tu le prends? (2015)

De Felice Daniela :

(G)rève général(e) (2007 ; Casa (2013)

 De Latour Eliane :

Little go girls (2015)

Deleule Sylvie :

La mort lente de l’amiante (2004) La vieillesse de Bruno, Annette, Jean-Loïc (2010) Hubert Nyssen, A livre ouvert (2010) Luis Sepúlveda, l’écrivain du bout du monde (2011) De la drogue dans nos assiettes (avec Rémy Burkel, 2012) L’Islande de Audur Ava Olafsdottir, Jon Kalman Stefansson, Arni Thorarinsson (2013) L’affaire Toutankhamon (2015) Au théâtre des aînés (2017) Le monde merveilleux des Youtubeuses (2018)

Deloget Delphine :

No London today (2008) ; Voyage en barbarie (2014)

Delumeau Martine :

Dassler contre Dassler (2013)

Demoris Emmanuelle :

Mafrouza (2007-2011)

Denis Claire :

Vers Mathilde (2005)

Détrie Delphine :

Jeune Bergère (2018)

De Sousa Dias Susana :

48 (2009)

Deyres Martine :

Le sous-bois des insensés, une traversée avec Jean Oury (2016)

Diaman Anca :

Le voyage de monsieur Crulic (2011)

Diaz Elvira :

Y Volveré (2013) ; Victor Jara N°2547 (2013) ; El patio (2016)

Diop Alice :

Clichy pour l’exemple (2006) ; Les Sénégalaises et la Sénégauloise (2007) ; La mort de Danton (2001) ; Vers la tendresse (2015) ; La permanence (2016)

Dols Alexandra :

Moudjahidate (2007) ; Derrière les fronts: résistances et résiliences en Palestine (2017) ;

Dorr Anne :

Fest Napuan (2015) ; Osons le bonheur (2018) ; Fraternité, les pistes en outre-mer (2018)

Doublet Ariane :

Les terriens (1999) ; Les bêtes (2001) ; Les sucriers de Colleville (2003) ; La maison neuve (2005) : Fièvres (2009) ; La pluie et le beau temps (2013) : Les réfugiés de Saint Jouin (2017)

Dréan Céline :

Le Veilleur (2010), Pascaline et Klara (2013), L’Hippodrome (206)

Driver Sara :

Basquiat, un adolescent à New York(2018)

Duchemin Eve :

En bataille, portrait d’une directrice de prison (2016)

Dumitrescu Ana :

Khaos, les visages humains de la crise grecque (2012) ; Même pas peur (2015) ; Licu, une histoire roumaine (2017)

Dumora Marie :

Le square Burq est impec (1997) ; Avec ou sans toi (2002) ; Emmenez-moi (2004) ; Je voudrais aimer personne (2008) ; La place (2011) ; Belinda (2016)

Echard Aminatou :

Djamilia (2018)

El Fani Nadia :

Laïcité Inch’Allah ! (2011) ; Même pas mal (2012) ; Nos seins, nos armes (2013)

El-Tahri Jihan :

L’Afrique en morceaux (2000) ; The House of Saud (2004) ; Cuba! Africa! Revolution! (2007) Behind the Rainbow (2009) ; Egypt’s Modern Pharaohs (2015)

Escriva Amalia :

Il naît de sources (1999) ; Le chant perdu de Grégoire (2005) ; 1,2,3…sommeil (2007) ; Le miroir aux alouettes (2010) ; Vierge et la cité (2014) ; Colonie (2016)

Feillou Anna :

Un exil espagnol (2007) ; Jacques, Jean-Bernard et Jean (2011) ; Effacée (2013) ; Aux Capucins (2015) ; Encore un été (208)

Férault-Lévy Leila :

Bon papa (2007) ; Gao Xingjian, celui qui marche seul (2012) ; Les ombres, un conte familial (2013) ; Luce, à propos de Jean Vigo (2016)

Feltin Mariette :

Raconte-moi ta langue (2008) ; Les enfants du dehors (2017)

Frésil Manuela :

Pour de vrai (2003) ; Entrée du personnel (2011) ; Le bon grain et l’ivraie (2018)

Gambart Marie-Christine :

Daria Marx, la vie en gros (2019) ; Emmanuelle Haïm, la femme-orchestre (2019) ; Drôles pour toujours, Maillan – Poiret – Serrault (2018) ; La Maison des Hommes Violents (2017) ; Michèle Bernier, l’Irrésistible (2017) ;  Charles le Catholique, 1958-1969 (2017)  ; Dietrich/Garbo – L’Ange et la Divine (2016)

Gay Amandine :

Ouvrir la voie (2017)

Gervais Marion :

Anaïs s’en va en guerre (2014) ; La belle vie (2016)

Georget Anne :

Cholestérol, le grand bluff (2016) ; Adoption, le choix des nations, (2015) ; Festins imaginaires (2015) ; Quand un homme demande à mourir (2013) ; Maladies à vendre (2012) ; Questions d’éthique (2011) ; Une télé dans le biberon (2010) ; Maudit gène (2007) ; Les recettes de Mina, Terezin 1944 (2007) ; Éclats de fugue (2005) ; Louise, Amandine et les autres (2004) ; En quête d’asile (2003) ; Formules magique (2001); Histoires d’autisme (2000)

Gilbert Eléonore :

Hôtel Echo (2018)

Gillard Stéphanie :

The ride (2017)

Glanddier Sophie :

Le canapé de Mohamed (2014) ; Jess, vent de face (2018)

De Grave Marie-Eve :

Belle de nuit. Grisélidis Real. Autoportraits (2016)

Grando Coline :

La place de l’homme (2017)

Guzman Urzua Camila :

Le rideau de sucre (2006)

Guzzanti Sabina :

Draquila : l’Italie qui tremble (2010)

Gueoguiva Elitza :

Chaque mur est une porte (2017)

Hahn Clarisse :

Ovidie (2000) ; Karima (2003) ; Les protestants (2005) ; Kurdish lover (2010)

Hannon Mireille :

Vers un retour des paysans (2000) ; Parlez-moi d’amour (2000) ; Dernier hommage (2004) ; L’écrire pour le dire (2005) ; L’affaire Montcharmont (2007) ; 43 tirailleurs (2011) ; Décrochage(s) (2012)  ; Le village métamorphosé (2016)

Hebert Clémence

Le bateau du père (2010) ; La porte ouverte (2014) ; Drôle de pays (2014) ; Kev (2018)

Hirte Anca :

Au nom du maire (2013) ; Ancasa (2015) ; Il respire encore (2016)

 Hoffenberg Esther :

Comme si c’était hier (1980) ; Les deux vies d’Eva (2005) ; Discorama, Signé Glaser (2007) ; Au pays du nucléaire (2009) ; Récits de Sam (2009)

Horovitz Pauline :

Pleure ma fille, tu pisseras moins (2011) ; Des Châteaux en Espagne (2013) ; Freaks ou Nouvelles Histoires comme ça (2016)

Ingold Isabelle :

Au nom du maire (2004) ; Une petite maison dans la cité (2009) ; Des jours et des nuits sur l’aire (2016) ; le monde indivisible (2018)

Issartel Fabienne :

Chacun cherche son train (2016)

Jaeggi Danielle :

L’homme que nous aimions le plus (2018)

Jäger Sabrina :

Mise à prix (2014)

Jannelle Bérangère :

Les Lucioles(2018)

Julliand Anne-dauphine :

Et les mistrals gagnants (2016)

Ka Marie :

La plume du peintre (2017)

Kamerlin Ingrid :

Vivian Vivian (2017)

Kaplan de Macedo Naruna :

Depuis Tel-Aviv (2009) ; Cité hôpital ( 2011) ; Depuis Médiapart (2018)

Kapnist Elisabeth :

La vie en vrac, le quotidien d’un hôpital psychiatrique de jour (2011) ; Solovki, la bibliothèque disparue (2013) ; Orson Welles, autopsie d’une légende (2014) ;

Kawase Naomi :

Genpin (2010) ; Trace (2012)

Kemff Frida :

Un refuge pour l’hiver (2014)

Kendall-Yatzkan Anna-Célia :

Les Yatzkan

De Kermadec Liliane :

La Route de la soie chinoise (2000) ;  La Très chère indépendance du Haut Karabakh (2005) ; L’histoire naturelle d’Armand David (2006) ; He Film (2011)

Kilani Leila :

Nos lieux interdits (2008)

Klaman Alison :

Ai Wei Wei : never sorry (2012)

Kolmel Anja :

Chris the Swiss (2018)

Kourkouta Maria :

Des spectres hantent l’Europe (2016)

Kronlund Sonia :

Nothingwood (2017)

Kunvari Anne :

Bénéfice humain (2001) ; Consultations (2003) ; Nos jours à venir (2004) ; Le moment et la manière (2014)

 Lafay-Delhautal Anelyse :

Consule à Katmandou (2014) ; Lyon ville de lumière (2014) ; Insulare ((2015) ; Merci Marie (2016) ; Prostitution le prix des larmes (2016) ; Pasta Cultura a Bologna (2017) ; Quand le patrimoine monte en station (2018) ; Mes parents sont homophobes (2018) ;   Arletty et Coco Chanel, la liberté absolue (2017) ; La table, le chef et le designer (2019).

Lamour Mariane :

La ruée vers l’art (2012)

Lapiower  Hélène :

Petite conversation familiale (1999)

Lazar Florence :

Les Bosquets (2010) ; Kamen les pierres (2014)

Leibovitz Barbara :

Annie Leibovitz : life through a lens (2007)

Lefevre Quennell Carine :

Alzheimer mon amour (1998) ; Corps et Âme (2002) ; Pas de repos pour Granny (2003) ; Nuits blanches à l’hôpital (2003) ; Dans la peau d’un éducateur (2007) ; Mère Térésa, la folie de Dieu (2010) ; La boucherie est à vendre (2012) ; Green school, l’école sans murs (2017).

Lemoine Lisette

Amnesthésie (2014) ; La voie de l’hospitalité (2015)

Leonil Chloé :

La femme couchée (2016) ; Plaza de la independacia (2018)

Leuvrey Elisabeth :

La traversée (2012) ; At(h)ome (2013) ; Oh, tu tires ou tu pointes ? (2013)

Lévy-Morelle Anne :

Casus belli, sur les sentiers de la paix (2014)

Ley Ombline :

Dans la terrible jungle (2018)

Linhart Virginie :

Simone de Beauvoir, On ne naît pas femme… (2007) ; 68, mes parents et moi (2008) ; Après les camps, la vie (2009) ; Juin 1940 : le piège du Massilia (2010) ; Ce qu’ils savaient . Les Alliés face à la Shoah (2012);  Jacques Derrida : le courage de la pensée (2014) ; Sarajevo, des enfants dans la guerre (2014) ; Vincennes, l’université perdue (2016) ; Jeanne Moreau l’affranchie (2017) ; Brigitte Macron, un roman français (2018)

 Loehr Ellénore :

Miel et magnésie (2012) ; Il était une fois Hamlet et Ophélie à Shanghai…(2016) ; Léo, Loulou, Jeanne et les autres (2018)

Loizeau Manon :

La Malédiction de naître fille (2006) ; Carnets de route en Géorgie (2008) ; Meurtres en série au pays de Poutine (2009) ; Chronique d’un Iran interdit (2010) ; L’immigration, aux frontières du droit (2011) ;Tchétchénie, une guerre sans traces (2014) ;Syrie : le cri étouffé (2017)

Loridan-Ivens Marceline :

Le 17° parallèle (1968) ; Comment Yukong déplaça les montagnes (1976)

Losier Marie :

The ballad of Genesis et lady Jaye (2011) ; Alan Vega, Just a Million Dreams (2013) Cassandro el exotico (2018)

Loubeyre Nathalie :

No Comment (2009) ; A contre-courant (2013) ; La petite dette qui monte qui monte (2014) ;  La mécanique des flux (2016)

Lynch Shola :

Free Angela Davis and all political prisoners (2011)

Maffre Marie :

Ainsi squattent-ils (2013)

Malek-Madani Fery :

Les filles (2017)

Mangeat Anouck :

Et nous jetterons la mer derrière vous ( 2015) ; Une Autre Montagne (2017)

Marcos Norma :

Freud, Lacan : comment écrire leurs biographies ? (2011) ; Un long été brulant en Palestine (2018)

Marlin Lydie :

Barbès batailles (2019)

Mathieu Séverine :

Filles de nos mères (2001); L’écume des mères (2008) ; Les Rêveurs (2013)

Mèawaï Florence.

Les carpes remontent le fleuve avec patience et persévérance (2011)

Mercurio Stéphane :

Le bout du bout du monde (2000) ; Hôpital au bord de la crise de nerf (2003) ; A côté (2007) ; Mourir ? Plutôt crever ! (2010) ; A l’ombre de la République (2011), Après l’ombre (2017)

Mesa Catalina :

Jerico, l’envol infini des jours (2018)

Mikles Laetitia :

Kijima stories (2014)

Milano Hélène :

Nos amours de vieillesse (2005) ; Les roses noires (2012)

Minder Véronika :

My generation (2012)

Mitteaux Valérie :

Caravane 55 (2003) ; Kings of the world (2007) ; Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre (2011) ; Des poules et des grosses voitures (2013) ; 8 Avenue Lénine (2018)

Moreau Lætitia :

Histoire d’une désinformation toxique (2016) ; Djihad, les contre-feux (2016)

Moreau Marie :

Une partie de nous s’est endormie (2014) ; Soleil sombre (2017)

Mréjen Valérie :

Valvert (2008)

Négroni Magali :

Adelita, sevilla y flamenco (1995) ; L’enfant torero (1996) ; Federico García Lorca (1998) ;

Osouf Valérie :

L’Identité Nationale (2012) ; Par delà les territoires (2017) ; Colonial remix (2018)

Otero Mariana :

La loi du collège (1994) ; Histoire d’un secret (2013), Entre nos mains (2010) ; A ciel ouvert (2013) ; L’assemblée (2017)

Ott Manon :

Narmada (2012) ; De cendres et de braises (2018)

Özdemir Tulin :

Au-delà de l’Ararat (2013)

Pagnot Bénédicte :

Islam pour mémoire, un voyage avec Abdelwahab Meddeb (2015)

 Panayotova Bojina

Je vois rouge (2018) ; L’immeuble des braves (2019)

Perceval  Elisabeth :

L’héroïque lande, la frontière brule (2018)

Perelmuter Viviane :

Ours (2005) ; Le vertige des possibles (2011)

Pernoud Fanny :

Appellation d’origine immigrée (2012) ; Les vies dansent (2017)

Philippe Nora :

Les Ensortilèges de James Ensor (2010) ; Samtavro (2011) ; Pôle emploi, ne quittez pas (2013) ; Like dolls, I’ll Rise (2018).

Pinatel Flavie :

Ramallah Tirana (2013) ; Les chants de la Maladrerie (2017)

Pitoun Anna :

Caravane 55 (2003) ; Kings of the world (2007) ; Smaïn, cité Picasso (2011) ; Des poules et des grosses voitures (2013) ;  8 avenue Lénine (2018)

Plumet Béatrice :

Routes Perdues (2007) ;  Capture Mode (2010) ; Les Immobiles (2014) ; Les Images Parfaites (2016) ; Chroniques Impatientes (2016)

Porte Isabelle :

 Smoking no Smoking, le smoking au féminin (2013) ; Qu’importe le flacon, l’autrement du parfum (2013) ; MP 2013, un héritage pour Marseille (2014) ; Quand l’habit fait le moine (2016) ; Guerriers du silence  (2017) ; Filippo Sorcinelli, croire et voir (2017) ; Frédéric Poggi, una manera d’esse un omu (2018)

Pouch Charlotte :

Des bobines et des hommes (2017)

Pradal Laure :

Deux Saisons pour grandir (2000) ; Chemin de femmes (2004) ; Le Miroir (2006) ; Grandir (2006) ; À ton tour Mireille (2008) ; Le Village vertical (2009) ; 1968 : journal d’une inconnue (2010) ; Parasols et Crustacés (2011) ; Âmes vagabondes (2012) ; En quête de justice (2014) ; La Vie sur l’eau (2015) ; Hors les murs (2016) ; Mimi, à fond la vie !(2017) ; Avoir 20 ans à Lunel (2018)

Prenant Franssou :

Paris, mon petit corps est bien las de ce grand monde (2000) ; Sous le ciel lumineux de son pays natal (2001) ; Le Jeu de l’oie du professeur Poilibus (2007) ; Bienvenue à Madagascar (2017)

 Pressman Frédérique :

Le monde en un jardin (2014)

Rad Mina :

Pour moi le soleil ne se couche jamais (2012) ; Jean Rouch Regards Persan (2017) ; Contes Persan, Jean Rouch en Iran (2018) ; L’avenir du passé, Pierre et yolande Perrault (2019)

Rainer Yvonne :

Privilège (1990)

Régnier Isabelle :

La rue est à eux (2010)  ; Pièce montée (2012)

Régnier Stéphanie :

La loutre et le mobil home (2011) ; Kelly (2013) ; Eaux noires (2018)

Richard Chantal :

La vie en chantier (1996) ; Un jour je repaerirai (2002) ; Au nom des trois couleurs (2009) ; Mes parents n’avaient pas d’appareil photo  (2013) ; Ce dont mon coeur a besoin (2014)

Rios Palma Ketty :

Itinéraire d’un enfant placé (2017)

Robin Marie-Monique :

Le monde selon Monsanto (2008) ; Torture made in USA (2009) ; Notre poison quotidien (2011) ; Les moissons du futur (2012) ; Sacrée croissance !(2014)

Romand Françoise :

Mix-Up ou Méli-Mélo (1985) ; Appelez-moi Madame (1986) ; La règle du je tu elle il (2002) ; Ciné Romand (2009) ; Thème Je (2011)

Roucaut Magali :

Derrière les pierres (2016)

Roussillon Anna :

Je suis le peuple (2014)

Roussopoulos Carole :

Jean Genet parle d’Angela Davis (1970) ; Le Fhar (1971), Y’a qu’à pas baiser (1973) ; La marche des femmes à Handaye (1975) ; Les mères espagnoles (1975) ; Lip : Monique et Christiane (1976) ; Profession agricultrice (1982)

Sara Bouzgarrou Diane :

Je ne me souviens de rien (2017)

Seghezzi Christine :

Chair de ta chair (2004) ; Minimal land (2007) ; Stéphane Hessel, une histoire d’engagement (2008) ; Avenue Rivadavia (2012) ; Histoires de la plaine (2016)

Sénéchal Rébecca :

Les filles (2016)

Serreau Coline :

Solutions locales pour un désordre global (2009) ; Tout est permis (2014) ;

Seyrig Delphine :

Maso et Miso vont en bateau (1976) ; Sois belle et tais-toi (1976)

Simard Liane :

Il était six fois (2017)

Simon Claire :

Les patients (1989) ; Récréations (1993) ; Coûte que coûte (1994) ; 800 kilomètres de différence (2001) ; Mimi (2002) ; Géographie humaine (2013) ; Le bois dont les rêves sont faits (2015) ; Le concours (2016) ; Premières solitudes (2018)

Sissani Fatima :

La langue de Zahra (2011) ; Les gracieuses (2014) ; Tes cheveux démélés cachent une guerre de sept ans (2017)

Teles Leonor :

Terra Franca (2018)

Thiaw Rama :

Boul Fallé, la voie de la lutte (2009) ; The Revolution Won’t be Televised (2016)

Tissier Catherine :

Laïla (1997)

Traore Dahlberg Thérésa :

Ouaga girls (2017)

Trebal Nadège :

Casse (2014)

Treilhou Marie-Claude :

Paroisses, paroissiens, paroissiennes (1995) ; En cours de musique (2000) ; Les Métamorphoses du chœur (2005) ; Couleurs d’orchestre (2007)

Tura Laetitia :

Les messagers (2015)

Turco Lydie :

La voix de l’écolier (2010) ; Culture en scarabée (2016)

Varda Agnès :

Ô saisons Ô châteaux (1957) – L’Opéra-Mouffe (1958) – Du côté de la côte (1958) – Salut les Cubains (1963) – Elsa la rose (1966) – Oncle Yanco (1967) –  Black Panthers (1968) – Daguerréotypes (1975) – Réponses de femmes (1977) – Mur, murs (1980) – Ulysse (1982) – Les dites Cariatides (1984) – T’as de beaux escaliers, tu sais (1986) – Jane B par Agnès V (1987) – Les demoiselles ont eu 25 ans (1992) – Les cent et une nuit de Simon Cinéma (1994) – L’univers de Jacques Demy (1995) Les glaneurs et la glaneuses (1999) – Deux ans après (2002) – Ydessa, les ours et etc. (2004) – Les plages d’Agnès (2008)Agnès de-ci de-là Varda (2011) – Visages Villages (2017)

Velissaropoulou Niki :

Nous ne vendrons pas notre avenir (2018)

Vermeersch Laure.

Alcyons (2015)

Vignal Vanina :

Après le silence (2012)

Villar Catalina :

Les parrains de la drogue (1995) ; Toto la Monposina (1998) : Cahiers de Medelin (1997-1998) ; Patricio Guzman, une histoire chilienne (2001) ; Bienvenidos a Colombia (2002) ; Invente moi un pays (2005) ; La Nueva Medellin (2016) ; Camino (2018)

Voignier Marie :

Hinterland (2008) – L’hypothèse du Mokélé M’Bembé (2011) – Tourisme international (2014)

Von Trotta Margarethe :

A la recherche d’Ingmar Bergman (2018)

Wartena Katharina :

Tenir la distance (2016)

Weira Amina :

La colère dans le vent (2016)

Wisshaupt-Claudel Lydie :

 Il y a encore de la lumière (2006) ;  Sideroads, (2012) ;  Killing Time, entre deux fronts (2015)

Zajdermann Paule  :

Mères filles pour la vie (2005)

Zauberman Yolande :

Classified people (1988) ; Caste criminelle (1990) ; Would you have sex with an Arab ? (2011) ; M (2018)

Zoutat Yamina :

Les Lessiveuses (2010) ; Retour au Palais (2017)

Zylberman Ruth :

Maurice Nadeau, le chemin de la vie (2011) ;  Une présidente pour l’amérique, mode d’emploi (2012) ; Héritiers (2015) ; Les enfants du 209 rue Saint-Maur – Paris Xème (2017)

 

R COMME RÉPONDEUR.

Ce répondeur ne prend pas de message, Alain Cavalier, 1978, 65 minutes.

Voici un film surprenant, déroutant même, surtout pour qui découvre avec lui l’œuvre documentaire d’Alain Cavalier. Un homme qui s’enferme chez lui (il n’y a pas d’autre personnage dans le film), qui vit la tête entourée de bandelettes comme une momie ou comme l’homme invisible et qui repeint son appartement en noir, n’est-ce pas signe de maladie mentale, de folie même ?

Pourtant si le film est vraiment un film noir, un film sur le deuil, la souffrance, la solitude, ce n’est pas un film qui renvoie en quoi que ce soit à une problématique psychiatrique. Si l’on veut l’aborder sans risque de se fourvoyer dans un système d’interprétations contestables, il est indispensable d’en rester à une approche cinématographique. Ce que nous dit le film ne peut être saisi qu’à partir de la façon dont il le dit.

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Ce répondeur… est un film autobiographique, le premier dans l’œuvre de son auteur où il se met lui-même en scène, même s’il faudra attendre Le Filmeur (2005) pour qu’il filme enfin son visage. Ici, on ne voit que ses mains, au mieux une portion de bras ou du dos, en amorce. Le plus souvent il confie le texte dit en off à une autre voix que la sienne. Pourtant, c’est lui, Alain Cavalier, et lui seul, qui est le sujet du film, film devant alors être considéré comme la façon que peut avoir un cinéaste de filmer sa propre vie, ou un épisode particulier de celle-ci.

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Le début du film multiplie les portes qui se ferment, les clés qui tournent dans les serrures. Un enfermement rapide, définitif, en dehors de rapides tentatives vite avortées. Cavalier se rend à deux reprises dans le couloir de l’étage de son immeuble, sonne chez les voisins, en vain. Plus tard dans le film, il prendra l’ascenseur, se rendra dans le hall de l’immeuble et franchira même la porte qui conduit dans la rue, le tout filmé en caméra subjective. Le plan jusque-là silencieux est alors envahi par le bruit d’une voiture qui passe. Cela est-il insupportable ? Et la lumière du soleil trop vive? Toujours est-il que le cinéaste regagne rapidement son appartement. Pour ne plus en ressortir.

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« Elle disait… » : tout le début du film est occupé par ce récit à la troisième personne, le récit d’une souffrance, d’un mal de vivre. « Elle disait… Je ne sais plus quoi faire de moi (…) Je lutte tellement pour ne pas m’en aller (…) Je suis fatiguée de l’intérieur (…) Rien ne va, je vais avoir un accident, je ne vais pas tenir. »

         Des images photographiques se succèdent à l’écran, un paysage désertique de montagne, trois condamnés attachés à des poteaux face à un peloton d’exécution, un charnier. Sur la plaque électrique de la cuisine, des tartines de pain se carbonisent. « Ce devait être comme ça dans les fours crématoires. » Le récit à la troisième personne se poursuit. ‘Elle écrivait…en ce moment je ne suis pas très bien dans ma peau ».

Alors l’irrémédiable se produit. L’homme est allongé sur un lit. On le voit de dos. Il a maintenant la tête entièrement recouverte de bandelettes Une voix de femme fait le récit, en première personne cette fois, de la visite de l’homme à l’hôpital où il assiste à la mort de sa femme.

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Dans l’appartement, l’homme filme les portes, les fenêtres, les canalisations et les compteurs d’eau, une chaise qu’il détruit méticuleusement morceau par morceau. Au début, il commente ce qu’il voit. Puis le silence s’établit, pesant. Il se met à peindre en noir les portes, puis les murs, puis le sol de l’appartement, puis les vitres des fenêtres. L’appartement est plongé dans l’obscurité. Alors il craque une allumette. De petites flammes apparaissent, qui vont grossir. Le film se terminera sur le feu fait avec le bois de la chaise dont on a vu précédemment la dislocation. Comme un feu de camp.

Avec Ce répondeur ne prend pas de message, Cavalier opère une rupture par rapport au cinéma de fiction qu’il a pratiqué jusque-là. Le film est réalisé par le cinéaste lui-même, seul ou avec une équipe réduite au maximum. Il prend une direction autobiographique qui sera approfondie par la suite, et trouvera son aboutissement dans Le Filmeur. Chaque moment de la vie, chaque personne rencontrée, chaque mot prononcé, chaque objet, peuvent être filmés et figurer dans un film. Et le cinéma deviendra un art autobiographique.

R COMME RÊVE.

Rêver sous le capitalisme, Sophie Bruneau, Belgique, 2017, 63 minutes

De quoi rêvent les employés de bureau ? Les employés et les cadres de ces sociétés de services (banques, assurances…) qui passent une grande partie de leur vie au travail, qui subissent la pression des changements du monde capitaliste, un monde où la rentabilité, les chiffres, passent avant tout. Un monde qui a oublié l’humain. Un monde où le patron peut être « caractériel » comme dit un de ces employés, c’est-à-dire un véritable tyran, qui surveille tout, de l’heure d’arrivée à l’heure de départ. Un monde où le stress est quotidien et ne peut que retentir la nuit dans le sommeil.

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De quoi rêvent-ils la nuit ? La réponse ne fait pas de doute. Ils rêvent du travail, de leur bureau, de leur entreprise, de leur patron, de leurs collègues, des dossiers en retard. Des rêves souvent récurrents, qui les réveillent en sursaut. Des rêves qui les poursuivent dans la journée, et même lorsqu’ils sont en congé, ou même à la retraite encore. Des rêves qui les ont accompagnés pendant toutes ces années passées dans la même entreprise, dans le même poste de travail. Un travail dans lequel ils se sont pourtant souvent investis entièrement. Et puis, la routine grandissante, et les exigences de l’employeur de plus en plus contraignantes, surtout lorsqu’il s’agit d’une multinationale. Des rêves qui sont souvent des cauchemars.

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Rêver sous le capitalisme est le film de la souffrance au travail. Une souffrance qui peut être continue, qui tord le ventre le dimanche soir parce qu’il faut revenir au bureau le lundi matin. Comme les écoliers la veille de la rentrée. Une souffrance qui s’exprime dans le film avec une grande simplicité, sans effet grandiloquent, sans colère non plus. Une sincérité qui écarte toute exagération. Un film qui ne se situe pas dans la revendication. Qui se contente de dresser un constat. Mais le constat est implacable.

Sophie Bruneau a filmé, ou enregistré, douze de ces travailleurs au col blanc qui donc racontent leurs rêves. Des récits d’une précision extrême. Même lorsque le rêve remonte à des années. Des détails précis. Des successions de situations courantes – si réelles – comme elles ont été vécues. Le tic tic de la caisse enregistreuse entendu à longueur de journée. Des situations symboliques aussi, mais dont la signification paraît vite évidente au rêveur. Comme cette pièce dont la fenêtre a été murée. Les rêveurs ne cherchent pas à s’ériger en psychanalystes de leur rêve. Et pourtant, ils proposent bien des interprétations, criantes de vérité  (« on m’a privé de ma liberté ») tant il est évident que ces rêves font partie de leur vie, de leur travail, de leur être. Et cette question qui revient plusieurs fois « A quoi je sers ? »

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Les rêves, ce sont des images. Comme le cinéma. Ici, le film n’essaie pas de restituer, de reconstituer, ces données oniriques, même lorsqu’elles sont explicitement réalistes. Alors, quelles images nous propose-t-il ? D’abord certains de ces rêveurs sont filmés face à la caméra, le plus souvent sur leur lieu de travail. Ils nous parlent directement. Ils nous regardent. Sans nous apostropher pourtant. Ils nous prennent simplement à témoin. Parce que leur vie de travail, il faut qu’elle soit exprimée, qu’elle soit connue, si possible qu’elle soit comprise.

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D’autres n’apparaissent pas à l’image. Mais leur parole est tout aussi présente et vivante. Les images nous montrent leur lieu de travail, comme d’ailleurs le font les plans de coupe, qui peuvent être muets, ou seulement accompagnés de bruit d’ambiance. Le film nous montre donc la ville, avec ses moyens de transport, ses chantiers – de construction ou de démolition – ses immeubles surtout, tout en verre, ces façades transparentes qui nous permettent de tout voir de l’extérieur et où se reflète l’activité des rues. Beaucoup de ces plans fixes sont filmés la nuit – le moment des rêves. Il y a très peu d’activité en dehors de la ronde du veilleur dont nous suivons, de bureau en bureau, le faisceau de la lampe torche.

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La dernière séquence cadre le ciel bleu simplement strié d’une longue trainée blanche d’avion, qui disparaît peu à peu dans le dernier plan. Le rêve n’est-il pas une évasion, un moyen de supporter la souffrance au travail ? Mais permet-il d’y échapper dans le monde réel ?

Prix des bibliothèques, Festival Cinéma du réel, Paris, 2018.

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