Act up ou le chaos. Pierre Chassagnieux et Matthieu Lère, 2024, 61 minutes.
Le film retrace l’histoire d’Act up, cette association, ce mouvement, qui lutte dans les années 80 contre le sida, une maladie qui est en train de devenir une pandémie
Une lutte contre le silence qui entoure la maladie, un silence de toutes les autorités, politiques et médicales. Un silence qui laisse les malades mourir seuls, rejetés de la société, pire que des pestiférés. Le sida, la maladie des homosexuels. Une sorte de punition de Dieu. Représentation qui se généralise presque dans la société et pas seulement chez les croyants.
Face à ce silence, il faut faire du bruit, se faire entendre, dire haut et fort que les malades de sida existent, qu’ils restent des humains. Alors peu importe le nombre de ceux qui prennent la parole, de ceux qui crient, Act up n’est pas à son début un mouvement de masse. Les grandes manifestations, dans la mouvance de la Gay Pride, c’est pour plus tard. Au début il faut se faire connaître, il faut que l’on parle d’eux, dans les médias bien sûr, à la télé. Il faut parler du problème social que pose le sida. Ce qui compte alors, c’est que les actions entreprises soient spectaculaires, inédites. Qu’elles frappent les esprits. Une nouvelle forme de militantisme est née.
Les actions entreprises par ce petit groupe d’activistes deviennent vite de plus en plus bruyantes, originales, inoubliable. L’apothéose, c’est bien sûr la capote dépliée sur l’obélisque de la place de la Concorde à Paris. Une véritable œuvre d’art.
Le film nous plonge au cœur de ces de ces années sida. Nous raconterons les responsables de l’association, les militants, les sympathisants, les activistes. Nous assistons aux réunions où les actions sont préparées et nous assistons aussi à leur réalisation. Miracle des archives. Force des archives. On a vraiment l’impression que les cinéastes sont sur le terrain avec les militants, que les images qu’ils proposent sont réalisées aujourd’hui. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Sensibiliser encore et toujours, populariser les luttes malgré la pesanteur du système.
Malgré le succès des trithérapies, le sida tue encore, surtout en Afrique. Il tue ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments chers.
Il y a encore dans le monde des oubliés du sida. C’est aussi pour eux que l’histoire d’Act up peut briser le silence.
Fipadoc, Biarritz 2025.
