I COMME INDE – Louis Malle

L’Inde fantôme (L’). Carnet de voyage. Série documentaire de Louis Malle. France, 1968-69, 7 x 52 minutes.

En 1967, Louis Malle faisait un premier voyage en Inde. Un premier contact. Il y revient en 1968 pour un séjour plus long, cinq mois. Il est accompagné d’une équipe réduite : Etienne Becker pour l’image et Jean-Claude Laureux pour le son. Il n’a pas de projet particulier sinon celui de filmer son voyage, d’enregistrer par les images, ses impressions, comme le sous-titre du film l’indique clairement. Un voyage personnel donc qui doit donner naissance à un film personnel, le film d’un européen qui découvre un pays immense qu’il se propose de parcourir de long en large. Un pays difficile d’approche, si différent de l’Europe. Malle l’aborde sans préjugé, sans idée préconçue, sans arrière pensée. Dans son cinéma documentaire, il se refuse systématiquement à juger les réalités qu’il filme. Mais il ne prétend pas non plus la saisir dans sa totalité, ni surtout en révéler la signification profonde qu’il serait le seul à avoir découverte. Malle ne nous dit pas ce qu’il faut penser de l’Inde, ni même ce qu’il faut absolument en connaître. Il nous propose simplement de regarder avec lui ce qui a attiré son regard et d’écouter ceux qu’il a rencontrés.

         Du nombre d’heures impressionnant d’images qu’il a ramené de son séjour, Malle tire un film, Calcutta entièrement consacré à la grande métropole du nord, et une série de sept épisodes, L’Inde fantôme, destinée à la télévision. Le titre en est emprunté au livre de Michel Leiris, Afrique fantôme, dont Malle transpose au cinéma et à propos d’un autre continent, l’intention profonde.

         Les titres de ces sept épisodes sont successivement : La Caméra impossible, Choses vues à Madras, La Religion, La Tentation du rêve, Regard sur les castes, Les Etrangers en Inde, Bombay.

         Le plus original, celui qui révèle tout particulièrement la posture propre du cinéaste étranger au pays qu’il filme, est le premier épisode, La Caméra impossible. Le titre est à lui seul une déclaration d’intention. Revendication paradoxale de la part d’un cinéaste qui arrive en Inde avec derrière lui une œuvre de fiction déjà importante. Mais, Malle ne vient pas en Inde pour entretenir une quelconque réputation. Il opère avec ce voyage une rupture. Il renonce, même si c’est provisoire, aux contraintes du cinéma commercial et à la tyrannie du studio. L’Inde joue pour lui le rôle d’une respiration, d’un souffle de liberté. Paradoxe supplémentaire : comment ce pays où la pauvreté saute aux yeux à chaque image peut-il se révéler être le modèle même de la richesse intérieure ?

         Filmer en Inde, pour un européen, n’est pas chose facile. Et Malle va très vite faire l’expérience du fait qu’il ne suffit pas de poser sa caméra dans le pays face à ses habitants pour réaliser un film authentique, évitant comme il le prétend les préjugés et les jugements. La première séquence nous montre des indiens anglicisés qui eux n’hésitent pas à poser devant l’objectif. Le film ne traduit pas leurs discours en anglais, cette langue de l’ex pays colonisateur qui reste la langue officielle mais qui n’est parlée que par 2% de la population. En opposition, cette femme qui ramasse agenouillée sur le sol aride quelques poignée d’herbe, refuse de se laisser filmer. Elle crie des insultes, traduit l’interprète, dénonçant le vol d’elle-même que constituent les images. Faut-il alors, dès le départ du voyage, arrêter de filmer ? Ou s’imposer coûte que coûte, au risque de devoir passer pour des voleurs ? Le rapport entre filmeur et filmé est donc fondamentalement biaisé, ambivalent. D’abord conflictuel, tout l’art du cinéaste est d’y introduire de la connivence. Une des preuves de cette transformation peut être trouvée dans la séquence consacrée au mariage. Qu’une telle cérémonie se déroule dans le village où Malle et son équipe sont de passage ne peut que l’inciter à s’arrêter. Sauf que dès qu’ils sont filmés, les mariés et leurs invités se figent dans des poses destinées aux étrangers, stoppant le cours de la cérémonie. Faut-il encore là ranger le matériel et plier bagage ? Malle est tenté de le faire, mais il sait être patient, discret. Il sait éviter l’arrogance. Et le miracle se produit, La musique interrompue reprend et le mariage peut se dérouler comme prévu, oubliant, ou du moins acceptant, la présence de l’équipe du cinéaste qui dès lors n’est plus perçue comme un intrus.

         Le film dans la totalité de ses sept épisodes nous permet alors de rentrer réellement dans les problèmes fondamentaux que rencontre le pays. Mais surtout il nous fait rencontrer ses habitants dont l’authenticité saute aux yeux, des hommes et des femmes dans la simplicité de leur vie quotidienne, ce qu’on voit si rarement au cinéma. «99% des Indiens ne parlent pas anglais, et les 1% qui restent parlent pour tous les autres. J’ai voulu écouter les autres. » Le défi est magnifiquement relevé.

E COMME ECLIPSE

E-Clip-se. Chris Marker, 1999, 8 minutes et 13 secondes.

Un film court, très court. Un clip pour sa dimension musicale. Un haïku pour sa dimension poétique.

Des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes, des qui parlent et des qui ne disent rien. Mais tous mettent des lunettes pour regarder le ciel et le phénomène extraordinaire qui s’y produit.  Le tout filmé depuis l’observatoire de Paris.

Peu à peu, le ciel s’obscurcit. L’image passe au noir et blanc, au ralenti. Les têtes sont toujours tournées vers le ciel, mais sans lunettes pour la plupart.

Le temps est suspendu, ce que renforce l’accompagnement musical très répétitif.

Le hibou s’endort-il ? Se réveille-t-il ?

Puis la vie reprend son cours, les images s’accélèrent, la musique devient plus rapide jusqu’au plan final, un plan fixe sur un très beau visage de jeune fille avec des lunettes rouges.

Le titre du film ne s’inscrit sur l’écran qu’au moment de ce dernier plan.

Un titre en jeu de mot. Ou plutôt en forme de jeu d’écriture. Pour dire qu’on est au cinéma

Le soleil obscurci par la lune se transforme en un mot : Chris.

Un film court. Un jeu peut-être. Une expérimentation. Le plaisir de filmer pour le plaisir du spectateur.

la captation d’un moment exceptionnel, unique. Le cinéaste ne le revivra certainement plus. En dehors de son film. Ces quelques minutes devenues quelques images seront alors inoubliables.

A COMME ABECEDAIRE – Patrice Chagnard

Nous n’avons pas repris ici les quatre films coréalisés avec Claudine Bories, Nous le peuple, Les Règles du jeu, Les Arrivants, Et nos rêves – Petite Conversation entre amis. Nous renvoyons à l’abécédaire de celle-ci.

Afrique

Images Maffa

Agriculture

Images Maffa

Algérie

Impression, musée d’Alger

Amazonie

Km 104 ou le destin des Parecis

Arménie

Le Convoi

Art

Impression, musée d’Alger

Association humanitaire

Le Convoi

Autisme

La Prophétie du Bien-Aimé

Bénarès

Des sources du Gange à Bénarès

Boudhisme

Zen, le souffle nu

Brésil

Le Lieu du combat

Babylone est tombée

Km 104 ou le destin des Parecis

Cameroun

Images Maffa

Le Lieu du combat

Christianisme

La Prophétie du Bien-Aimé

Babylone est tombée

Conflit israélo-arabe

Jérusalem

Enfance

Ashok et Vimal, une enfance sans larmes

Entre-aide

Dans un camion rouge

Femme

La Cage ouverte

Fleuve

Des sources du Gange à Bénarès

Handicap

La Prophétie du Bien-Aimé

Hindouisme

Swamiji, un voyage intérieur

Inde

Des sources du Gange à Bénarès

Ashok et Vimal, une enfance sans larmes

Swamiji, un voyage intérieur

Israël

Jérusalem

Japon

Zen, le souffle nu

Marginalité

La Cage ouverte

Mine

Travailleurs à Escaudain

Moine

Swamiji, un voyage intérieur

Musée

Impression, musée d’Alger

Musique

Le Lieu du combat

Népal

Katmandou

Nord-Pas de Calais

Travailleurs à Escaudain

Nourriture

Le Lieu du combat

Orient

Istanbul

Pauvreté

Ashok et Vimal, une enfance sans larmes

Peinture

La Blessure de Jacob

Philosophie

Zen, le souffle nu

Poésie

Le Lieu du combat

Pompiers

Dans un camion rouge

Religion

Jérusalem

Katmandou

La Blessure de Jacob

La Cage ouverte

Rembrandt

La Blessure de Jacob

Sacré

Des sources du Gange à Bénarès

Tradition

Le Lieu du combat

Travail

Dans un camion rouge

Travailleurs à Escaudain

Turquie

Istanbul

Ville

Istanbul

Jérusalem

Voyage

Istanbul

Katmandou

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – Miguel Moraes Cabral

Miguel Moraes Cabral est réalisateur et ingénieur du son. Diplômé par l’école de cinéma de Lisbonne, il se spécialise en son lors d’un échange universitaire à l’école Louis-Lumière. Em 2016, il est membre-artiste de la Casa de Velázquez à Madrid. Il a collaboré sur le son direct ou la post-production de films de nombreux réalisateurs dont notamment Pedro Costa, Sandro Aguilar, Laís Badanzky, Alain Raoult, Marie Losier.

Il a été selectionné par le Berlinale Talent Campus au festival de cinéma de Berlin.

Son court-métrage, O Homem de Trás-os-Montes a eu sa première au festival internationnal de Locarno. Il Sogno Mio d’Amore est son dernier film, coreálisé avec Nathalie Mansoux, produit par O Som e a Fúria et montré dans les cinémas au Portugal en décembre 2019.

Pendant cinq ans, il a fait partie du comité de sélection de court-métrage au festival Indielisboa. Il est professeur invité à l’université FCSH – Faculdade de Ciências Sociais e Humanas.

Formation_

2008           Diplôme Escola Superior de Teatro e Cinema (Portugal)

2007           École Nationale Supérieur Louis-Lumière.

2002-2004 DEUG Arts du Spectacle, Paris – Nanterre.

1995 -1999 Conservatoire de musique, Lisbonne.

Réalisation_

2020           Les larmes ou la fin de l’innocence (fiction, 16’)

                   En developpement.

                   Best Project Award du Doclisboa/Arché, Lisbonne

2019           Il Sogno Mio d’Amore (documentaire, 100’)

                          Produit par o Som e a Fúria, avec l’aide de l’ ICA

                          Première dans les cinémas en décembre 2019

2017           O Homem de Trás-os-Montes (ficção, 30’)

Produit par Garden Films, avec l’aide de l’ICA et de la GDA.

Festivais: Locarno Festival, IndieLisboa ; VistaCurta; Há Filmes na Baixa! ; Curta’Arruda ; Festival International du Film Indépendant de Bordeaux – FIFIB ; FIKE – Festival Internacional de Curtas Metragens ; Panorama Internacional Coisa de Cinema ; Shortcutz Vila Real ; Cork Film Festival ; Caminhos do Cinema Português ; Prémio Atores de Cinema da Fundação GDA ; Mostra de Cinema Português em Macau ; Cine Eco Seia – Festival ; Internacional de Cinema Ambiental ; Brest European Short Film Festival ; Plateau – Festival Internacional de Cinema ; MicroCinema: Short Films from Portugal ; Santacurtas ; Mostra de Cinema Português – Vila Franca de Xira ; Dili International Film Festival

2013           Os caminhos de Jorge (doc, 63’)

Produit par Leila Films et Quilombo Films, avec l’aide du CNC, de la SCAM et du CBA.

Festivals: Doclisboa 2013, mention du jury; Festival de Turin 2013 (Italie) ; La Première Fois, 2014 (Marseille) ; Panorama 2014 (Lisboa) ; Centro Cultural da Malaposta ; Millénium Film Festival, 2014 (Bruxelles) ; Krakow Film Festival 2014 (Pologne) ; Biografilm festival 2014 (Best of festival, Italie) ; Theatro Circo, 2014 (Braga) ; S.C.A.M, 2014 (Paris) ; Traces de Vies, 2014 (Clermont-Ferrand) ; Camerimage 2014 (Pologne) ; Week end du doc (Bruxelles) ; Há filmes na baixa (Porto) ; Doc Alliance (web) ; Encontradouro 2015 ; Quinzaine du cinéma portugais 2015 (Strasbourg) ; XIX Rencontres autour du film ethnologique (Grenoble) ; Cineteca – Matadero (Madrid) ; Viva Villa, école du Louvre 2016

2009           Equilíbrio Justo (Ficção, 15’)

                   Produit par Os Filmes do Caracol.

                                                                                                                    Festivals: Doclisboa 2009 ; Black and White (Porto) 2010 Festival international de Mohammedia, Grand Prix (Maroc)

Son direct et/ou post-production_

2020   Encontro, de François Manceaux, produit par Maria&Mayer

(long-métrage de fiction en post-production)

         Arrais do Mar, de Elisa Celda (IDFA, Documenta Madrid 2020)

2019  Rêves de Jeunesse de Alain Raoust (Acid Cannes 2019)

          Nha Mila de Denise Fernandes (Locarno 2020, nommé aux European Film Awards)

          Raposa de Leonor Noivo (FidMarseille 2019)

         Hasta que el sol se muere de Claudio Carbone (Doclisboa)

Bruno Aleixo, o filme (première dans les cinémas en janvier 2020)

Viveiro de Pedro Filipe Marques (Doclisboa 2019)

2018 Mariphasa de Sandro Aguilar (Berlinale 2018)

         A Portuguesa de Rita Azevedo Gomes (Berlinale 2019)

         Pedro, de Laís Bodanzky (Long-métrage en post-production)

2017 Dom Fradique de Nathalie Mansoux (Doclisboa 2017)

Um animal amarelo de Felipe Bragança (Roterdão 2020)

Sara F. de Miguel Fonseca (Oberhausen)

Antão o invisivel de Maya Kosa e Sérgio da Costa (Visions du Réel)

Treblinka, de Sérgio Trefaut (Visions du Réel)

2015 L’oiseau de la nuit de Marie Losier (Berlinale 2016)

Alentejo, alentejo de Sérgio Trefaut (Indielisboa 2014)

Terezin de Daniel Blaufuks (Museu do Chiado)

2014 Carmona tiene una fuente de António Trullen , (BAFICI 2016)

2012  Deportado de Nathalie Mansoux (Doclisboa 2012, cinéma du Réel 2013)

  A Raia de Ivan Castiñeiras (Doclisboa 2012)

         La fille aux cheveux rouges,de Catherine Boutaud (Indielisboa2012)

2011  Praxis de Bruno Cabral (Doclisboa 2011)

O silêncio de dois sons de Rita Figueiredo (Roterdão 2012)

2010  A linha vermelha de José Filipe Costa (Indielisboa 2011)

2009  Ne Change Rien de Pedro Costa (Cannes 2009)

Perdida Mente de Margarida Gil

2008  Bab Sebta de Pedro Pinho et Frederico Lobo (FIDmarseille)

Via de Acesso de Nathalie Mansoux (IndieLisboa 2008)

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE – Nathalie Mansoux

Née le 22 avril 1974

nathalie.mansoux@gmail.com

Nathalie Mansoux est auteure-réalisatrice de films. Elle a suivi des études d’ethnologie à Paris X – Nanterre et à l’I.S.C.T.E., à Lisbonne, où elle travaille depuis 2001. Elle a réalisé trois longs-métrages documentaires, Il Sogno Mio d’Amore (2018, coréalisé avec Miguel Moraes Cabral), Deportado (2012) et Via de Acesso (2008), ainsi qu’un moyen-métrage de fiction, Dom Fradique (2017). Ses films ont circulé et ont été primés dans des festivals internationaux, notamment au Cinéma du Réel, FidMarseille, FICCO (Mexique), DocLisboa et IndieLisboa (prix du meilleur long-métrage national pour Via de Acesso).

À travers ses films, elle cherche à mettre en lumière, par l’anthropologie et la cinématographie, le vécu de ses personnages dans l’espace-temps transitoire pendant lequel un territoire, géographique et personnel, se transforme en un autre territoire, empreint d’autres valeurs, concrètes et symboliques. Parallèlement à son travail de réalisation, ancré dans le réel, elle s’est initiée à l’écriture fictionnelle et travaille comme formatrice d’ateliers d’écriture et de réalisation en France et au Portugal, notamment avec la Cinémathèque française et la Cinémathèque portugaise.

Auteure-réalisatrice / documentaires de création

Il Sogno Mio d’Amore (doc., 100’, 2018) — Coréalisation avec Miguel Moraes Cabral — Produit par O Som e a Fúria, Portugal.

Soutien financier : Institut de cinéma et de l’audiovisuel portugais.

Sortie en salles de cinéma au Portugal (Lisbonne, Coimbra, Porto)

Festival : Doclisboa 2018

Dom Fradique (fiction, 40’, 2017) – Coproduit par C.R.I.M., Portugal, et Les Films Grain de Sable, France.

Projet développé au Centre européen de formation à la production de films et lors d’une résidence d’écriture avec l’association Écran Libre.

Soutiens financiers : Programme MEDIA, Institut de cinéma et de l’audiovisuel portugais, CNC, PROCIREP – ANGOA.

Festivals :   Doclisboa 2017

Cinalfama Lisbon Intenational Film Awards 2018 – Prix du meilleur moyen métrage et prix du meilleur documentaire.

Deportado (doc., 67’, 2012) – Coproduit par Terratreme, Portugal, RTP2 et Les Films Grain de Sable, France.

Soutiens financiers : Programme MEDIA, CNC, PROCIREP – ANGOA, Fondation Calouste Gulbenkian, Gouvernement des Açores.

Festivals :   Festival Cinéma du Réel 2013 – compétition internationale

Festival Panazorean 2013, Açores — Prix du public et prix du meilleur film

de la compétition nationale

Festival Doclisboa 2012

Centre culturel portugais – extensions Doclisboa au Cap-Vert et à Macao

Cinémathèque portugaise 2013

Amostram’isse 2013 – Açores

Tchok en Doc 2013, Martinique

Festival Traces de Vie 2013, Clermont-Ferrand

Festival Images de Justice 2014, Rennes

Festival 2 Valenciennes 2014

Semaine du cinéma lusophone 2014, Nice, Cannes

Boston, Providence, Dartmouth, EUA, 2014

Festival of Migrant Film, Ljubljana, Slovénie, 2014 — Mention du jury

Via de Acesso (doc., 82′, 2008) – Autoproduit.

Festivals :   FICCO – Festival Internacional de Cine Contemporáneo de la Ciudad de México 2009 — Prix du meilleur film de la catégorie Droits de l’Homme

IndieLisboa 2008 — Prix du meilleur long-métrage de la compétition nationale

International Exile Film Festival 2009, Suède

Dokufest 2009, Kosovo

Kino Otok 2009, Slovénie

Dockanema 2009, Mozambique

Panorama 2009, Lisbonne

Festival de Lasalle en Cévennes 2009

European Panorama, Crossing Europe Film Festival 2009, Autriche

Bradford International Film festival 2009, Royaume-Unis

Novíssimos do Cinema Português 2008, Lisbonne

Festival International du Film Francophone de Tübingen/Stuttgart 2008, Allemagne

Écrans du Cinéma Documentaire 2008, Arcueil

États Généraux du film documentaire 2008, Lussas

FID Marseille 2008

De Paso por Juchitán (doc., 26′, 2001) – Coréalisation avec Pedro Fidalgo – Coproduit par Callysta productions et CitizenTV, France.

Festivals :    Prix du Meilleur Documentaire, Festival Ovarvídeo 2002

Festival de Documentários da Malaposta 2001. Compétition National

Festival Vozes contra el Silencio, Mexico D.F., 2002

Films institutionnels

Palavras cruzadas (10’, 2010) – Projet AoPar, une initiative du Graal financé par le programme opérationnel « Capital humain » du Fonds social européen (FSE).

Femmes en Construcción (45′, 2009) – Coréalisation avec Teresa Costa Carvalho – Produit par Arquitectos Sin Fronteras, Espagne.

Autres activités professionnelles

2021                    Cinéaste intervenante dans 10 quartiers de Lisbonne avec 10 groupes informels pour réaliser des documentaires de création sur leurs quartiers.

Projet financé par la direction de l’habitat de la ville de Lisbonne dans le cadre des 10 ans de son dispositif d’aide aux initiatives sociocommunautaires locales.

2019 – 2021          Fondatrice et cinéaste intervenante du projet d’éducation et de sensibilisation au cinéma Royal_Cine, dans trois écoles publiques de Lisbonne.

                   Programmatrice du ciné-club itinérant Royal_Cine dans le quartier de Graça/Sapadores à Lisbonne. (https://www.facebook.com/RoyalCineclube/)

2019 – 2021 Cinéaste intervenante pour le programme « Cinéma, Cent Ans de Jeunesse » de la Cinémathèque française, dans deux écoles au Portugal au sein de l’association Os Filhos de Lumière.

(http://osfilhosdelumiere.com/blog/o-mundo-a-nossa-volta-cinema-cem-anos-de-juventude-escola-e-b-2-3-d-carlos-i-sintra-27-02-2020/)

(http://osfilhosdelumiere.com/blog/o-mundo-a-nossa-volta-cinema-cem-anos-de-juventude-sons-exercicios-escola-e-b-moinhos-da-arroja-odivelas-13-01-2020/)

                            Cinéaste intervenante dans un atelier de réalisation de film à partir d’une relecture contemporaine du « Misanthrope » de Molière, avec une classe de seconde du lycée français Charles Lepierre, à Lisbonne.

(https://fr.festadocinemafrances.com/post/le-misanthrope_variations-2020)

2014           Formatrice en écriture et réalisation de la résidence « De l’écran à l’écrit », association Écran Libre, Vercors, France.

2003 – 2021 Traduction et sous-titrage de films de réalisatrices et réalisateurs français (Philippe Garrel, André Téchiné, Maurice Pialat, Eric Rohmer, François Truffaut, Jacques Becker, Sacha Guitry, Marguerite Duras, Agnès Varda, Chantal Akerman, Jean-Luc Godard, Pierre Léon, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, entre autres) pour la Cinémathèque Portugaise.

Traduction de scénarios, projets de films et sous-titres pour des sociétés de production indépendantes (Terratreme, Faux, Real Ficção, Ar Filmes, Take 2000), Lisbonne.

Sous-titrage de films pour les festivals Cinéma du Réel, Travelling (Rennes), DocLisboa, IndieLisboa, Monstra et une rétrospective Guy Debord à Culturgest (Lisbonne).

Formation

2013           Formation à l’écriture de scénario de fiction avec Julie Demay, CEFPF, Paris

1999           Maîtrise d’Ethnologie – Université Paris X, Nanterre

1997 – 1998 Programme Erasmus en Anthropologie Sociale – I.S.C.T.E., Lisbonne

1995           Licence d’Histoire – Université Paris I

1992 – 1993 Hypokhâgne – Lycée Hélène Boucher

M COMME MORT – Filmographie

Les génocides, les guerres, les massacres, les attentats, mais aussi les meurtres et les assassinats. On en oublierait presque la mort naturelle, celle due à la vieillesse, mais aussi à la maladie. La mort de l’animal ne peut pas de son côté laisser indifférent. Surtout si elle est le fait de l’humain.

Le cinéma documentaire explore bien des facettes du royaume de la mort.

Acte de tuer. Joshua Oppenheimer. Norvège, Royaume-Uni, Danemark, 2012, 115 minutes.

L’Affaire Sofri. Jean-Louis Comolli. France, 2001, 65 minutes.

Aisheen. Still live in gaza, Nicolas Wadimoff, 2010, 86 minutes.

Les Ames mortes. Wang Bing, Chine, France, Suisse, 2018, 507 minutes.

L’Arène du meurtre. Amos Gitaï, France, 1996, 90 minutes.

Aswang. Alyx Ayn Arumpac, Philippines-France, 2019, 84 minutes. 

Au loin des villages. Olivier Zuchuat. France, 2008, 75 minutes

Avril 50. Bénédicte Pagnot, 2008, 32 minutes. 

La Bataille du chili. Patricio Guzman, France, Chili, Cuba, 1975, 97 minutes

Billie. James Erskine, Grande-Bretagne, 2020, 97 minutes

Bologna Centrale, Vincent Dieutre, France, 2001, 59 minutes

Brise-lames. Jérémy Perrin, Hélène Robert, France, 2019, 68 minutes.

Carré 35 d’Eric Caravaca, 2017, 67 minutes

Chris the Swiss, Anja Kofmel, Suisse, Allemagne, Croatie, 2018, 85 minutes.

The Choice, Gu Xue, Chine, 2019, 66 minutes

Les damnés, des ouvriers en abattoir. Anne-Sophie Reinhardt, 2020, 65 minutes.

Dans ma tête un rond-point. Hassen Ferhani, 2015. Algérie, France, Liban, Pays-Bas, 2015, 100 minutes

La deuxième nuit. Eric Pauwels, Belgique, 2016, 75 minutes.

Dieu sait quoi, Fabienne Abramovich, Suisse, 2004, 59 minutes.

Dormir, dormir dans les pierres. Alexe Poukine, 2013, 74 minutes

Duch, le maître des forges de l’enfer. Rithy Panh. France – Cambodge, 2011, 104 minutes.

En sursis. Harun Farocki, Allemagne, 2007, 40 minutes.

Ernesto Che Guevara. Le journal de Bolivie. Richard Dindo, Suisse-France, 1994, 90 minutes.

Falconetti. Paul Filippi, 2019, 52 minutes

Farrebique. Georges Rouquier. France, 1946, 90 minutes.

Le fils, Alexander Abaturov, France-Russie, 2019, 71 minutes

Fuocoammare, par-delà Lampédusa, Gianfranco rosi, 2016, 107 minutes

Genet à Chatila. Richard Dindo, 1999, 105 minutes

Hell on earth, Sebastian Junger et Nick Quested, 2017, 99 minutes

Histoire d’un secret. Mariana Otero, 2003, 90 minutes.

L’Image manquante. Rithy Panh, France-Cambodge, 2013, 92 minutes

Immortal. Ksenia Okhapkina, Russie, 2020, 61 minutes.

Into the abyss, Werner Herzog, Etats–Unis, 2011, 107 minutes.

Irène. Alain Cavalier, 2009, 82 minutes.

Kinshasa Makambo. Dieudo Hamadi, France, Congo, Suisse, Allemagne, Qatar, Norvège, 2018, 70 minutes.

Léthé. Christophe Pellet, 2019, 15 minutes.

Lucebert temps et adieu. Johan Van der Keuken, Pays-Bas, 1994, 52 minutes.

La maison en plastique. Allison Chhorn, Australie, 2020, 46 minutes

Lapü. Juan Pablo Polanco and César Jaimes, Colombie, 2019, 75 minutes.

Mrs Fang. Wang Bing, Chine, 2017, 86 minutes

La mort se mérite. Nicolas Drolc, France, 2017, 92 minutes.

Mourir ? Plutôt crever ! Stéphane Mercurio, 2010, 94 minutes.

Near death. Frederick Wiseman, 1989, 358 minutes.

Ne nous racontez plus d’histoires. Carole Filiu-Mouhaki et Ferhat Mouhali, 2020, 88 minutes.

Nick’s movie. Wim Wenders. 1980, 75 minutes.

No Pasáran, album souvenir de Henri-François Imbert, 2003, 68 minutes.

Nos amours de vieillesse. Hélène Milano, 2005, 53 minutes.

Notre poison quotidien. Marie-Monique Robin, 2010, 112 minutes.

Nuit et Brouillard. Alain Resnais, 1956, 32 minutes.

Parler avec les morts. Taina Tervonen, 2020, 57 minutes.

Plomb durci. Stephano Savona, 2009, 80 minutes.

Pour Sama. de Waad Al-Kateab et Edward Watts, Syrie, 2019, 95 minutes.

Pour un seul de mes deux yeux. Avi Mograbi, Israël, 2005, 100 minutes.

Qu’ils reposent en révolte. Sylvain George, 2010, 153 minutes.

Rachel. Simone Bitton, 2009, 100 minutes.

Le Recours aux forêts. Robin Hunzinger, 2019, 92 minutes.

Responsabilidad empresarial. Jonathan Perel, Argentine 2020, 68 minutes.

Romances de terre et d’eau. Jean-Pierre Duret et Andréa Santana. Brésil-France, 2001, 78 minutes.

S 21. La machine de mort khmère rouge, Rithy Panh, France-Cambodge, 2003,100 minutes.

Samouni road, Stephano Savona, 2018, 126 minutes.

Sangre de mi sangre. Jérémie Reichenbach, Argentine – France, 2014, 77 minutes.

Sangue. Pippo Delbono, 2013, 96 minutes

Sete anos em maio (Sept années en mai). Affonso Uchôa, Brésil, Argentine, 2019, 42 minutes

Seule la terre est éternelle. Adrien Soland et François Busnel  France, 2019, 112 minutes.

Shoah, Claude Lanzmann, France, 1985, 570 minutes

Sinjar, naissance des fantômes. Alex Liebert et Michel Slomka, France, 2020, 103 minutes.

Le soliloque des muets, Stéphane Roland, 2017, 70 minutes.

Souvenirs de la Géhenne. Thomas Jenjoe, 2015, 56 minutes.

Sud. Chantal Akerman. Belgique – France, 1999, 70 minutes.

Tadmor. Monika Borgmann et Lokman Slim, Suisse, France, Liban, 2016, 103 minutes

This Means More. Nicolas Gourault, France, 2019, 22 min.

Vacances prolongées. Johan Van der Keuken, Pays Bas, 2000, 142 minutes.

Valse avec Bachir d’Ari Folman, Allemagne, France, Israël, 2008, 87 minutes.

La vie après la mort. Pierre Creton, 2002, 23 minutes.

La Vie est immense et pleine de danger, Denis Gheerbrant, 1994, 80 minutes

Vitalina Varela, Pedro Costa, Portugal, 2019, 128 minutes

Vol Spécial de Fernand Melgar, Suisse 2011, 100 minutes.  

Le Voyage de monsieur Crulic, Anca Diaman, Roumanie, 2011, 73 minutes

Z 32. Avi Mograbi, Israël – France, 2008, 81 minutes.

J COMME JEU – mots clés

Trois mots clés pour caractériser un cinéaste documentariste. Savez-vous le découvrir ?

1 Japon – Révolution – commentaire

 2 Vérité – Afrique – Transe

3 Noir et blanc – Enfance – Homosexualité

4 Photographie – Désert – Paysan

5 Californie – Femme – Plage

6 Racisme – Mère – Israël

7 Institution – Culture – Durée

8 Train – Révolution culturelle – Mort

9 Froid – Poisson – Chasse

10 Ville – Train – Femme

P COMME PAPOUS

Black Harvest. Robin Anderson et Bob Connolly, Australie, 1992, 90 minutes.

         Troisième volet de la Trilogie Papoue, Black Harvest en est la conclusion tragique, la fin d’une aventure commencée dans les années 1930 avec le premier contact des blancs avec les Papous des hauts plateaux de Nouvelle Guinée (First Contact 1982). Le deuxième volet (Joe Leahy’s Neighbours 1988) retraçait la rencontre de ces deux cultures dont Joe, le métis, est le dépositaire. Elevé d’abord comme un Papou, il est ensuite reconnu par son oncle, le frère de Daniel Leahy, le chef de l’expédition de 1930, dont tout laisse à penser qu’il était le père de Joe. Cette reconnaissance permet à Joe, qui n’a pas connu son père, de recevoir une deuxième éducation qui fera de lui un entrepreneur de type capitaliste, comme les colonisateurs australiens d’antan, exploitant une plantation de café qui fit sa richesse. Ne reniant pas ses origines, il s’associe avec les papous, en l’occurrence leur chef, Manui. Mais à quoi peut bien mener une telle association ?

         Si le deuxième volet de la trilogie s’achève sur cette question, le troisième, Black Harvest, est tout entier consacré à la recherche de la réponse. Il commence à la mort de Manui. Joe est alors reconnu comme « Grand Homme » par Popina Mai, qui en fait en quelque sorte son fils adoptif. Joe va alors s’associer avec lui, proposant aux Ganiga, sa tribu, de planter une deuxième plantation de café dont ils partageront les bénéfices. Le film s’achèvera par la blessure de Popina, le laissant comme mort. C’est dire que tout cet épisode est une longue descente dans l’échec.

         Le premier échec est économique. Au moment où la plantation des Ganiga entre en production, les cours mondiaux du café s’effondre. Popina ne sera pas millionnaire dans l’immédiat et les papous devront travailler à la cueillette pour des salaires de plus en plus bas. Ce que visiblement ils n’ont pas très envie de faire.

         Mais il y a une autre raison qui les pousse à déserter les plantations de café, la tradition. Une tribu voisine, avec qui les Ganiga sont alliés, entre en guerre contre son ennemi traditionnel. Ils doivent leur prêter main forte. Ils doivent aller se battre plutôt que cueillir le café, même si celui-ci arrivé à maturité ne peut plus attendre. C’est toute la récolte qui est compromise, cinq ans d’effort et de patience. Joe essaie de les convaincre, par tous les moyens. En vain. Il ne réussit qu’à se les mettre de plus en plus à dos. La rupture avec Popina devient inévitable. Joe tente de s’installer en Australie. Il n’y sera pas accepté.

         Black Harvest est construit comme un film d’aventure et se regarde comme un thriller. Guerre économique, guerre tribale, tous les éléments qui peuvent tenir le spectateur en haleine sont présents et les cinéastes ne se privent pas de les utiliser. Les entretiens avec Joe ou Popina s’intègrent parfaitement au récit. Mais la majorité du film est réalisé sur le vif, dans le feu de l’action, au cœur des affrontements verbaux entre Joe et ses ouvriers papous et sur le champ de bataille où les lances et les flèches sont des armes plus redoutables qu’il n’y paraît. Les gros plans sur les visages des guerriers peints en blanc lors des funérailles de l’un des leur tombé lors des combats sont particulièrement émouvants. Ils nous mettent face à une culture qui nous reste étrangère mais où nous ressentons la présence de problèmes universaux, les rivalités individuelles et sociales et les luttes pour le pouvoir. Et la fin tragique de la trilogie ne peut que nous conduire à nous interroger sur l’avenir : la civilisation papoue peut-elle sortir indemne, en préservant ses valeurs et ses traditions, de la confrontation avec le monde blanc ?

A COMME A QUATRE MAINS – Filmographie

Des films à quatre mains, des films d’un duo donc. Mais un duo éphémère, le temps d’un film. Comme une parenthèse dans l’œuvre de chacun, une œuvre que chacun poursuit de son côté. Mais cette parenthèse n’a rien d’anecdotique. Il s’agit toujours d’une rencontre fructueuse.

Sélection

9m2 pour deux. Joseph Césarini et Jimmy Glasberg

L’art de s’égarer – ou l’image du bonheur. David Legrand et Boris Lehman

Ayi. Marine Ottogalli et Aël Théry

Before the beginning. Boris Lehman et Stephan Dwoskin

Cendres. Idrissa Guiro et Mélanie Pavy

Chronique d’un été. Jean Rouch et Edgar Morin

Cinq caméras brisées. Emad Burnat et Guy Davidi

Città Giardino. Marco Piccarreda et Gaia Formenti

La cour des murmures. Manon Ott et Grégory Cohen

Las Cruxes. Carlos Vásquez Méndez et Teresa Arredondo

Dans la terrible jungle. Caroline Capelle et Ombline Ley

Description d’une île. Rudolf Thome et Cynthia Beat

Les deux Marseillaises. Jean-Louis Comolli et André Labarthe

Eau argentée. Oussama Mohammad et Wiam Simav Bedirxan

Gam Gam. Florent Klockenbring et Natacha Samuel

Histoires d’A Marielle Issartel et Charles Belmont

 How to Smell a Rose: A Visit with Ricky Leacock in Normandy. Les Blank et Maureen Gosling

Il sogno mio d’amore. Miguel Moraes Cabral et Nathalie Mansoux

J‘ai huit ans Olga Baïdar-Poliakoff et Yann le Masson

Mon nom est clitoris. Daphné Leblond et Lisa Billuart-Monet

Les Nouveaux Chiens de garde.  Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

 L’ordre des mots. Cynthia Arra et Melissa Arra

Ranger les photos Dominique Cabrera et Laurent Roth

 Still Recording. Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub

Les Révoltés. Michel Andrieu et Jacques Kebadian

La voix de son maître. Gérard Mordillat et Nicolas Philibert

Voyage en barbarie. Cécile Allegra et Delphine Deloget

Les Yeux de la parole. David Daurier et Jean-Marie Montangerand

Zidane, un portrait du XXI° siècle. Douglas Gordon et Philippe Parreno

A COMME ABECEDAIRE- Claudine Bories

Ses quatre derniers films (Nous le peuple, Les Règles du jeu, Les Arrivants, Et nos rêves – Petite Conversation entre amis) sont réalisés en duo avec Patrice Chagnard.

Accueil

Les Arrivants

Avignon

Théâtre

Albanie

Les Femmes des douze frontières

Assemblée nationale

Nous le peuple

Asile

Les Arrivants

Assistantes sociales

Les Arrivants

Banlieue

Bondy Nord, c’est pas la peine qu’on pleure

Femmes d’Aubervilliers

Boxe

Lointains Boxeurs

Chasse

Juliette du côté des hommes

Chômage

Les Règles du jeu

Cité

Bondy Nord, c’est pas la peine qu’on pleure

Communisme

Et nos rêves – Petite Conversation entre amis

Constitution

Nous le peuple

Création

Saint-Denis roman

Danse

Juliette du côté des hommes

Démocratie

Nous le peuple

Divorce

Monsieur contre Madame

Un samedi sur deux

Drogue

Bondy Nord, c’est pas la peine qu’on pleure

Echec scolaire

Bondy Nord, c’est pas la peine qu’on pleure

Emploi

Les Règles du jeu

Enfant

Monsieur contre Madame

Un samedi sur deux

Engagement

Nous le peuple

Et nos rêves – Petite Conversation entre amis

Ecrivain

Saint-Denis roman

Ex-Yougoslavie

Les Femmes des douze frontières

Famille

Monsieur contre Madame

Un samedi sur deux

Portrait imaginaire de Gabriel Bories

Femme

Les Femmes des douze frontières

Femmes d’Aubervilliers

Formation

Les Règles du jeu

Frontières

Les Femmes des douze frontières

Justice

Monsieur contre Madame

Littérature

Saint-Denis roman

Lycée

Nous le peuple

Masculin

Juliette du côté des hommes

Migration

Les Arrivants

Noël Bernard

Saint-Denis roman

Moto

Juliette du côté des hommes

Pauvreté

Bondy Nord, c’est pas la peine qu’on pleure

Père

Portrait imaginaire de Gabriel Bories

Politique

Nous le peuple

Et nos rêves – Petite Conversation entre amis

Portrait

Portrait imaginaire de Gabriel Bories

Femmes d’Aubervilliers

Prison

Nous le peuple

Réfugiés

Les Arrivants

Révolution

Et nos rêves – Petite Conversation entre amis

Shakespeare

Théâtre

Souvenirs

Et nos rêves – Petite Conversation entre amis

Travail

Les Règles du jeu

P COMME PREMIER CONTACT

First contact. Bob Connoly et Robin Anderson. Australie, Canada, Etats-Unis, 1982, 52 minutes.

         En 1930, trois jeunes chercheurs d’or australiens partent en Nouvelle Guinée. Ils vont y vivre une aventure unique : la rencontre avec des hommes, les Papous des Hautes Terres, une population totalement inconnue jusqu’alors et qui n’a jamais été en contact avec l’homme blanc. Les images qu’ils réalisent de cette première confrontation entre deux réalités humaines que tout oppose constituent un document anthropologique unique. Le mérite du film que Connoly et Anderson réalisent 50 ans plus tard n’est pas seulement de faire connaître ces images et de nous raconter l’aventure de ceux qui l’ont vécue. Ils retrouvent les explorateurs et les Papous qui les ont vus, enfants, arriver dans leur monde, et alternent les images de 1930 avec celles tournées dans les années 80. Au-delà de la confrontation de deux époques, c’est la mise en perspective de deux faces de la réalité humaine qui constitue le centre de leur propos.

         Le début du film retrace la fièvre de l’or qui s’empare de ces aventuriers qui n’hésitent pas à partir pour l’inconnu, l’intérieur des terres où aucun blanc n’a jamais pénétré, une des dernières régions non explorées de la planète. Au centre de l’île se dresse une chaîne de montagne si abrupte que tout le monde la croyait inhabitée. En fait, elle cache des vallées fertiles où vivent un million de personnes. L’arrivée des explorateurs et leur cortège de porteurs est annoncé par des cris qui se propagent de collines en collines. Puis, c’est le face à face. Comment chacun peut-il appréhender ce qui apparaît immédiatement comme la différence absolue ? Les Papous pensent qu’il s’agit d’esprits, d’éclairs venus du ciel, de leurs propres ancêtres revenus du pays des morts où ils sont devenus blancs. Les blancs eux, les considèrent comme des sauvages, étrangers à toute civilisation.

         Les images des frères Leahy nous montrent cette foule qui entoure leur campement, un peuple étonné mais curieux, nullement agressif dans un premier temps. Pourtant le conflit ne peut qu’exploser. Les Papous sont tentés de s’approprier haches, couteaux et autres objets dont ils ressentent l’utilité. Les blancs bien sûr n’entendent pas se laisser dépouiller. Leur récit met en avant les menaces qu’ils ressentaient pour justifier l’emploi de leur fusil contre des hommes armés de lances et de flèches. Les rescapés de la fusillade évoquent encore 50 ans après les noms des morts. Malgré cela, l’expédition continue, utilisant tous les moyens dont la « civilisation » peut disposer, allant jusqu’à « acheter » les jeunes filles en échanges de quelques coquillages.

         Hier, les avions surprenaient et terrorisaient les « indigènes ». En 1980, la projection des images de l’époque du premier contact à ceux qui l’ont vécu enfant les fait bien rire. Sont-ils devenus « civilisés » ?

D COMME DUO – suite

Ma requête à la Loupe a été particulièrement fructueuse. Ses membres ne seront jamais assez remerciés

Voici donc une deuxième filmographie de films réalisés par des duos.

J’ai mis de côté les films réalisés par plus de deux cinéastes, et les duos qui n’ont réalisés qu’un seul film ensemble (ils feront l’objet d’une prochaine publication).

Comme précédemment, je mentionne le dernier film réalisé par chaque duo.

Ici la présentation ne suit aucun ordre.

Chloé Mahieu et Lila Pinell

         Business club

Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi

         I Diari di Angela – Noi due cineasti

Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio

         11 Images de l’homme

Margarida Cordeiro & António Reis

         Trás-os-Montes

Tizza Covi et Rainer Frimmel

         Aufzeichnungen aus der Unterwelt

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

         Ismyrne

Rob Epstein & Jeffrey Friedman

         Paragraphe 175

Albert & David Maysles

         The Gates

Chris Hegedus et D A Pennebacker

         Unlocking the Cage

Kaori Kinoshita & Alain Della Negra

Tsuma Musume Haha

Vincent Barré et Pierre Creton

         Petit traité de la marche en plaine

Nicole et Felix Le Garrec

Plogoff, des pierres contre des fusils

Nicole Le Garrec, René Vautier

         Quand tu disais Valery

Myriam Aziza & Sophie Bredie

         Séparées

Jean-Marie. Straub et Daniele Huillet

         Itinéraire de Jean Bricard

Nicolas Humbert et Werner Penzel

         Brother Yusef

Cedric Laty et Vincent Gérard

         L’Homme-Fumée, une aventure démocratique

Serge Avédikian et Jacques Kebadian

                Que sont mes camarades devenus ?

Sabrina Malek, Arnaud Soulier

         René Vautier, cinéaste franc-tireur

Caroline Caccavale, Joseph Césarini

         Anima

Bertrand de Solliers, Paule Muxel

         Qu’est-ce que je fais là ?

Martina Parenti, Massimo D’Anolfi

         Guerra e pace

João Miller Guerra, Filipa Reis

         Fora da vida

Patrick-Mario Bernard, Pierre Tridivic

         Ceci est une pipe (journal intime)

Jérome Prieur et Gérard Mordillat

         Fils de Marie

Youssef Essiyedali, Louisette-Marie Fareniaux

            Dessine-moi une carte de séjour – 4 portraits de sans-papiers

Marilyn Watelet, Simon Zaleski

         Ecole 27

Johann Feindt, Tamara Trampe

         Wiegenlieder

Sami Mermer, Hind Benchekroun

         Xalko

Jean Dubrel, Tiane Doan Na Champassak

         Jharia, une vie en enfer

Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin

         Letter to Jane

Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville

         Reportage amateur (Maquette expo)

Anne Schiltz, Charlotte Grégoire

         Ceux qui restent

D COMME DUO – Filmographie

Faire du cinéma documentaire à deux. Pas seulement pour un film, mais toute une œuvre. Ce qui n’empêche pas de travailler aussi en solo.

Des duos qui peuvent être des couples, mais pas obligatoirement.

Des films qui prouvent que la création n’est pas toujours individuelle.

Claudine Bories et Patrice Chagnard

         Nous le peuple

Bob Connolly et Robin Anderson

Black Harvest

Daniela de Felice et Matthieu Chatellier

         (G)rève général(e)

Dorine Brun et Julien Meunier

         Projections

Etienne Chaillou et Mathias Théry

         La cravate

Fanny Pernoud et Olivier Bonnet

         Les vies dansent

Gilles Porte et Nicolas Champeaux

         Accused #2: Walter Sisulu

Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter

         Ailleurs, partout

Jean-Pierre Duret et Andrea Santana

         Rio de vozes

Joris Ivens et Marceline Loridan

Une histoire de vent

Lizette Lemoine et Aubin Hellot

La voie de l’hospitalité

Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau

         Madame Jean

Marie-Violaine Brincard et Olivier Dury

         L’homme qui penche

Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

         Saxifrages, quatre nuits blanches

Raymond Depardon et Claudine Nougaret

Journal de France

Thomas Jenkoe et Diane Sara Bouzgarrou

         The last Hillbilly

Vénéra Paravel et Lucien Castaing-Taylor

         Caniba

S COMME SEXUALITE – Filmographie

#Female pleasure, Barbara Miller

Anatomie d’un rapport. Luc Moullet et Antonietta Pizzorno

Au cœur du bois. Claus Drexel

Bambi. Sébastien Lifshitz

Un couple peu ordinaire. Jean-Michel Carré

Couteau suisse, François Zabaleta

Désirs et sexualité. Nils Tavernier

Diary of a Married Man. Lech Kowalski

Enquête sur la sexualité. Pier Paolo Pasolini

Finding Phong, Tran Phuong Thao et Swann Dubu

Les Invisibles. Sébastien Lifshitz

Jaurès. Vincent Dieutre

Je ne suis pas malheureuse, Laïs Decaster

Mat et les gravitantes. Pauline Pénichout

On vit d’amour. Silvano Agosti

Le Papier ne peut pas envelopper la braise.  Rithy Panh

Pilou, un homosexuel entre deux guerres. Anne Deloget

Pourvu qu’on m’aime. Carlo Zoratti

Quand j’étais papillon. Adrien Charmot et Jenny Saastomoinen

Sans frapper, Alexe Poukine

Sexe, Amour et Handicap. Jean-Michel Carré

Ti gars. Doris Buttignol

Les Travailleu(r)ses du sexe – (et fières de l’être). Jean-Michel Carré

Les Trottoirs de Paris. Jean-Michel Carré

Un peu, beaucoup, passionnément. Fabienne Abramovich

L’un vers l’autre. Stéphane Mercurio

Vers la tendresse. Alice Diop

Vilain Garçon. François Zabaleta

Would You Have Sex With An Arab? Yolande Zauberman

Y.O.L.O., Karim Bey

J COMME JEU du dictionnaire

Voulez-vous jouer au jeu du Dictionnaire ?

Voici des indices permettant d’identifier un film. Un film documentaire bien entendu.

Niveau : facile

NB : ces films sont présents dans le Dictionnaire du cinéma documentaire et/ou sur le blog

  1. Un film de 2004. Des audiences de tribunal filmées comme des scènes de théâtre. Nous assistons successivement à des comédies et à de véritables tragédies.
  • Film de 1960, le premier, et sans doute le seul, à avoir revendiqué explicitement l’appellation « cinéma vérité ».
  • Film de 2002. Si les Etats-Unis détiennent le record mondial des morts par arme à feu, c’est en partie parce qu’elles sont en vente libre.
  • Film de 2003. Le passage des trains met un peu d’animation dans la suite des usines abandonnées que leur parcours nous fait découvrir.
  • Un film de 1996. Une ville d’eau, filmée par de longs travellings au raz des canaux où se reflètent les ponts.
  • Film de 1978. Un homme qui s’enferme chez lui, la tête entourée de bandelettes comme une momie et qui repeint son appartement en noir.
  • Film de 1922. La découverte des Inuits du grand nord canadien, leurs conditions de vie difficiles, dans une nature grandiose mais fondamentalement hostile.
  • Un film de 1982. Un Japon riche, surpeuplé, avec ses gratte-ciels, ses néons, ses trains, ses grands magasins et ses cimetières de chats.
  • Un film de 2010. La boxe et toutes les activités physiques qu’elle permet, du ring au sac de sable dans lequel il faut frapper et frapper encore, en passant par la corde à sauter
  1. Un film de 2002. Il fait encore nuit, dans ce matin d’hiver, lorsque les écoliers rejoignent leur classe. Un trajet emprunté quotidiennement, dès trois ans, pour se rendre à l’école.

S COMME SEXUALITÉ.

On vit d’amour. Silvano Agosti, Italie, 1984, 93 minutes.

On vit d’amour. Une belle formule. Tellement limpide. On ne peut pas vivre sans amour, comme l’ont bien noté tous les psy qui se sont penchés sur le berceau du nourrisson. Du lait, oui, il en faut au nouveau-né humain. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il qu’il soit aimé. Sans quoi, il finira par dépérir.

Que le film de Silvano Agosti commence par une séquence d’allaitement d’un nourrisson n’est donc pas dû au hasard. D’entrée de jeu, le cinéaste, par un cadrage serré sur le visage, la bouche même, du bébé qui tète, donne le ton de son film. La mère raconte son accouchement et le moment magique où l’enfant qui vient de naître est déposé sur son ventre. Une image du bonheur.

Pourtant, le film ne va pas du tout développer cette image du bonheur. Bien au contraire.

C’est que l’idée d’amour renvoie inévitablement à la sexualité. Et là, les choses se gâtent la plupart du temps.

Existe-t-il – peut-il existe – une sexualité heureuse ? A suivre les portraits que dresse le film, on pourrait en douter.

La faute en est à la société, à ses interdits, à ses tabous, au rejet de la différence, à cette éducation rigoriste de l’Italie catholique. Agosti filme un garçon de neuf ans qui condamne sans concession l’école qui est une cage. L’école pour lui, c’est tout le contraire de la vie. Il accuse aussi les adultes (tous les adultes) qui ne considèrent pas les enfants comme des êtres humains à part entière. Une revendication de liberté qui doit se concrétiser dans la vie amoureuse.

Les autres portraits du film sont tous plus pathétiques les uns que les autres. Cette femme d’abord, jeune et souriante au début du film, mais dont le visage se transforme très vite dès qu’elle est appelée à évoquer sa sexualité. Une sexualité qu’elle n’arrive pas à vivre. Une vie sans plaisir donc, son éducation le renvoyant systématiquement à l’impureté, le lui a à jamais interdit. La séquence se termine par un aveu. « Je suis la fille d’un prêtre ». Un vrai prêtre, demande le cinéaste incrédule. Un vrai prêtre répond-elle simplement.

Agosti mène des entretiens extrêmement exigeants, demandant toujours plus de détails. Comment une transsexuelle devenu prostituée peut-elle faire l’amour avec un homme ? Comme toutes les femmes répond Gloria, qui aurait pu faire une carrière de chanteuse lyrique. Anna, elle, explique en détail la prostitution. Un panneau annoncera son suicide après le tournage du film.

La tendresse qu’est-ce que c’est ? Aucunes de ces femmes ne trouve des mots pour la définir. Pendant l’enfance peut-être existe-t-elle. Mais certainement pas après. Un film d’un pessimisme noir.

Agosti revendique (par un carton en ouverture de son film) un cinéma indépendant et d’auteur. On ne sera pas surpris d’apprendre qu’il eut souvent maille à partir avec la censure. On vit d’amour, un film sans concession, un film de combat, de révolte. Un film qui revendique la liberté sexuelle pour tous.

On doit remercier la cinémathèque du documentaire de l’avoir programmé dans son cycle Pasolini, Pasoliniennes, Pasoliniens.

A COMME ABECEDAIRE – Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

NB. Les films réalisés par Nicolas Klotz en dehors de la collaboration avec Elisabeth Perceval ne sont pas pris en compte ici.

Alternatif

Saxifrages, quatre nuits blanches

Avignon

Le vent souffle dans la cour d’honneur

Brésil

Mata Atlantica

Cinéma

Mata Atlantica

Déforestation

Mata Atlantica

Destruction

L’Héroïque Lande – La frontière brûle

Ecologie

Mata Atlantica

Festival

Le vent souffle dans la cour d’honneur

Forêt

Mata Atlantica

Immigration

Fugitif où cours-tu ?

L’Héroïque Lande – La frontière brûle

Jungle de Calais

Fugitif où cours-tu ?

L’Héroïque Lande – La frontière brûle

Marginalité

Saxifrages, quatre nuits blanches

Plage

Fugitif où cours-tu ?

Plantes

Saxifrages, quatre nuits blanches

Réfugiés

Fugitif où cours-tu ?

L’Héroïque Lande – La frontière brûle

Théâtre

Le vent souffle dans la cour d’honneur

Ville

Saxifrages, quatre nuits blanches

L’Héroïque Lande – La frontière brûle

P COMME PEUR

La Paura. Pippo Delbono, Italie, 2009, 69 minutes

Un sentiment terrifiant, envahissant, destructeur. Un sentiment qui vous anéanti. Comment ne pas être submergé ? Comment réussir à réagir, résister, survivre ?

La peur qu’éprouve, et que film, Pippo Delbono, résulte d’un regard lucide portée sur le monde, sur un pays, une société sur la mauvaise pente. Cette Italie où le fascisme est de retour à visage découvert, avec son racisme, sa haine des étrangers, de l’autre. Une Italie qui fait peur. Mais qui suscite aussi de la colère.

Le film de Delbono est un sursaut, vital. Un cri pour dénoncer l’inacceptable. Une recherche pour trouver des raisons d’espérer encore. Malgré tout.

La télévision tient une grande place dans le film, parce qu’à l’évidence elle est partout dans la société et dans les consciences. Grande fournisseuse d’images, pourquoi ne pas l’utiliser, la piller même, la détourner aussi. La première séquence du film montre par écran télé interposé un reportage sur l’obésité, mal du siècle, pour les enfants et les jeunes, surtout. Le remède/ L’activité physique. Et Delbono d’accumuler des vues de jambes qui courent sur des tapis roulants, dans des salles dites de sport. Une vision qui ne manque pas d’humour.

Mais la réalité du pays n’est pas toujours très drôle. Preuve, ces inscription racistes sur les murs. Delbono nous en propose un court florilège, suffisamment éloquent. Mais c’est surtout l’actualité qui peut faire peur. Un jeune noir a été tué par un pâtissier et son fils parce qu’il avait volé un gâteau. Delbono se rend à la veillée funèbre, filme les visages marqués par une tristesse indescriptible. Il suit ensuite la cérémonie des funérailles, s’étonnant d’être le seul à être venu pour protester contre ce crime. On lui demande ce qu’il fait là, à filmer avec son téléphone. Il est considéré comme un intrus. Mais il s’explique. Il ne peut pas rester silencieux devant l’horreur. Il doit témoigner, montrer que l’Italie est devenue « un pays de merde », une formule qu’il répète plusieurs fois.

Le film se termine par une présentation de Bobo, qu’il filme ici pour la première fois. Ce sourd muet, analphabète, a vécu plus de 20 ans dans un asile. Delbono vient de la « libéré ». Il deviendra un des personnages de ses spectacles théâtraux et de ses films futurs. Delbono le filme longuement sous sa douche. Une eau qui devient le signe d’une nouvelle vie.

Cycle Pasolini, Pasoliniennes, Pasoliniens. Cinémathèque du documentaire.

C COMME CIRQUE – Italie

Babooska. Tizza Covi, Rainer Frimmel, Italie, 2005, 100 minutes

Le film s’ouvre sur le gâteau d’anniversaire, 20 ans, de Babooska et se ferme sur celui de ses 21 ans. Il couvre donc un an de la vie de la jeune fille et des membres de sa famille avec qui elle vit. Père, mère et sœurs qui travaillent tous dans le petit cirque itinérant qui parcourt l’Italie à la recherche de spectateurs. Ce qui n’est pas toujours facile.

C’est Babooska qui dirige cette petite entreprise. C’est elle qui décide des itinéraires, qui contacte les autorités pour décider d’un lieu pour installer le chapiteau, qui définit les numéros du spectacle et leur ordre de succession. Il lui faut d’ailleurs faire face à bien des changements, la blessure de la mère ou le départ de la grande sœur qui quitte le cirque pour se marier. A chaque fois, c’est elle qui doit faire face à la situation.

Le film ne nous montre pas vraiment le spectacle du cirque des Gerardi, la famille de Babooska. La caméra reste plutôt en coulisse et nous n’apercevons la scène que dans une brève séquence, entre deux rideaux. Pourtant, il s’achève sur le numéro de hula hoop exécuté par une Babooska tout sourire, comme il se doit. On devine les spectateurs, mais on ne les voit pas. Un hommage au dévouement de la jeune fille.

Sa vie, et celle de sa famille, est tout entière consacrée au cirque. Nous suivons les innombrables déplacements en voiture. Nous traversons des paysages enneigés, nous longeons la côte et les ports de plaisance, nous parcourons les rues désertes de petites villes. L’annonce du spectacle de l’après-midi et du soir (personne n’aura froid puisqu’il y a un chauffage moderne) se répète dans le vide. Il y aurait de quoi désespérer. Mais, non, Babooska ne se laisser jamais décourager.

En dehors des plans de cette itinérance en voiture, le film multiplie les séquences de repas à l’intérieur de la caravane. Des moments où la famille se retrouve et qui rendent compte de son quotidien. Seul moment où Babooska trouve une certaine indépendance, le bal où elle se rend un soir. Dans la salle et sur la piste de danse, il n’y a que des personnes d’un certain âge. Rien dans le film n’évoque la jeunesse et les 20 ans de l’héroïne.

A travers les déplacements du cirque de Babooska, c’est le portrait d’une certaine Italie qui nous est proposé. Une Italie rurale, marginale, où l’on est bien loin des grands problèmes nationaux. Il n’est jamais question de politique. Explicitement du moins. Car ce portrait du pays est politique de part en part.

Cycle Pasolini, Pasoliniennes, Pasoliniens – Cinémathèque du documentaire.

F COMME FILMOGRAPHIE – Brésil

Des films brésiliens ou sur le Brésil

Sélections

Antonio, Lindo Antonio. Ana Maria Gomes

A rosa azul de novalis. Gustavo Vinagre, Rodrigo Carneiro

A Terceira Margem. Fabian Remy

L’autre Rio. Émilie Beaulieu-Guérette

Bixa Travesty. Claudia Priscilla et Kiko Goifman

Bolivie Brésil, la frontière de tous les trafics, Patrick Fléouter

Cinema novo Eryk Rocha

Edificio Master, d’Eduardo Coutinho

La femme est sentimentale Olivier Zabat

La Fin et le Début, Eduardo Coutinho

Gosses de Rio Thierry Michel

Lembro mais dos corvos (Je me souviens des corbeaux), Gustave Vinagre

Mapa de sueños latinoamericanos, Martin Weber

Martirio. Vincent Carelli,

Mata Atlantica. Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

On vous parle du Brésil : Carlos Marighela. Chris Marker

Où est Edson ? (Cadê Edson?) Dácia Ibiapina

Puisque nous sommes nés de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

Quebramar Cris Lyra

Le reflet du lac. Fernando Segtowick

Le  Rêve de São Paulo. Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

Rio de vozes. Andréa Santana et Jean-Pierre Duret

Rio gravité zéro. Cathie Levy

Romance de terre et d’eau . Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

Saudade do futuro  de César Paes et Marie-Clémence Paes

Sauvagerie.  Jonathan Le Fourn, Remi de Gaallon

Le Sel de la Terre Wim Wenders

Les semences de notre cour de Fernanda Heinz Figueiredo

Sete anos em maio (Sept années en mai). Affonso Uchôa

Surfavela Joaquim Pinto

The Trial. Maria Augusta Ramos

Últimas Conversas, Eduardo Coutinho

Yesterday there were strange thinks in the sky. Bruno Risas

Les yeux ouverts. Charlotte Dafol

Zona Oeste Olivier Zabat