E COMME ENTRETIEN Sandrine Stoïanov.

A propos de Le Monde en soi, Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck, 2021, 18 minutes.

 Vous êtes à l’origine dessinatrice, vous êtes ensuite devenue peintre, puis cinéaste. Est-ce un même mouvement ?

Cela s’est fait sur le long terme en fait. J’ai fait les beaux-arts à la base, et je me dirigeais plutôt vers l’illustration, l’image fixe. Quand je suis arrivée sur Paris, j’ai fait un stage sur le dessin animé. Dans une entreprise j’ai fait un stage d’un mois et là les gens m’ont dit que si je voulais apprendre le dessin animé, il y avait aux Gobelins un stage professionnel de 9 mois. J’ai essayé le concours. Je l’ai eu et j’ai passé 9 mois aux Gobelins où j’ai vraiment appris les bases du dessin animé. En sortant j’ai rencontré mon coréalisateur, Jean-Charles Finck. Lui, il travaillait déjà dans le dessin animé. Il avait fait un court métrage qui s’appelait le Nez. Quand je l’ai rencontré, il a vu ce que j’avais fait aux beaux-arts, qui était un travail sur mes origines russes. Il m’a dit il faut que tu fasses un film avec ça, et comme on est devenu un couple dans la vie, on l’a fait ensemble.

Vous avez fait ensemble deux films, deux courts métrages.

Le premier Irinka et Sandrinka faisait 16 minutes, Le Monde en soi, lui, fait 18 minutes.

Comment ça se passe de travailler à deux dans le cinéma ?

On se complète plutôt bien. J’ai hésité quand j’étais jeune à faire du théâtre. J’ai fait du théâtre au collège, au lycée et même aux beaux-arts je faisais du théâtre. Et quand j’ai choisi mes études, j’ai hésité entre un bac théâtre et un bac art. J’ai choisi le dessin parce que je n’aimais pas le fait d’être une marionnette dans les mains d’un metteur en scène. Et je me suis rendu compte qu’on était très vulnérable. J’étais toujours dans l’attente du regard des autres en me demandant, c’est bien ce que j’ai fait ? Quand je dessinais je pouvais regarder mes dessins et me dire, bon ça va. Au moins avoir un jugement sur ce que je faisais. Je suis donc partie dans le dessin, et l’animation m’a permis de redevenir actrice sans monter sur scène. Jean-Charles lui est plus réalisateur. Lui c’est vraiment le montage, les timings, l’efficacité de la narration. Moi je suis plus dans l’image, dans chaque plan, dans vraiment composer l’image, dans le fait de raconter quelque chose dans le plan lui-même, d’où ma formation dans l’image fixe. Et même si je peux me débrouiller dans la mise en scène, moi je suis plutôt dans l’image. On s’est plutôt bien complété pour ça. Mais c’est vraiment un dialogue constant. C’est-à-dire que dès l’écriture jusqu’à la fin, on parle de tout. On est d’accord ou pas d’accord, et on peut se disputer sans que ce soit grave et dire vraiment ce qu’on pense. L’image, c’est ce qui a fait le consensus de nos deux personnes, être d’accord sur ce qu’on a mis à l’écran. C’est une sorte de long dialogue. On est deux personnes avec deux égos forts. On a tous les deux envie de dire quelque chose. Du coup c’est bien, parce qu’on est jamais arrêté. On reste vivant par rapport à ce qu’on fait. On est toujours dans le chalenge du regard de l’autre.

C’est un plus par rapport au travail solitaire…

Oui. Mais j’aime bien aussi le travail solitaire. C’est reposant. Quand je sui sur le banc-titre, que j’anime, je suis vraiment seule face à mon travail, même si Jean-Charles après me dit on va couper deux secondes. Il me donne toujours son avis sur l’animation que j’ai fait, on parle, on corrige, si je suis pas d’accord j’argumente pourquoi je suis pas d’accord, etc.

Vos deux films ont une dimension autobiographique, vous puisez dans votre passé, vos racines. En même ce sont des fictions, surtout le second. En même temps il y a une dimension très documentaire. Alors, comment organisez-vous ces différentes orientations ?

En fait, je ne sais parler que de moi. Chaque fois qu’on a fait un film ensemble, avec Jean-Charles, c’est parti de moi, j’avais une sorte de nécessité de raconter quelque chose et lui il se retrouve dans les choses que j’ai envie de dire sur moi, mais aussi de lui. C’est toujours ce dialogue. Je pars du principe que je ne peux raconter que ce que j’ai perçu. Mon rapport au travail artistique, si je dois ne parler que de moi, mon questionnement est comment je perçois le monde. Le deuxième film le raconte plus parce que c’est l’idée que selon l’état émotionnel dans lequel on est on n’interprète pas les choses de la même manière et que dans une situation où deux individus vivent exactement la même chose mais ne le raconteront pas de la même manière, ils ne l’auront pas vécu dans la même humeur, avec le même connu intérieur. Tous leurs traumatismes de vie vont faire qu’ils vont interpréter d’une manière ou d’une autre. C’est vraiment ça qui m’intéresse. Peut-être que le côté documentaire vient de cette nécessité d’être juste dans la perception, le ressenti. C’est cela que je cherche à faire. J’ai l’impression de percevoir plein de choses, et j’essaie de voir si je suis toute seule face à ces perceptions ou si je vais rencontrer des gens. Et c’est toujours sortir d’une forme de solitude. C’est vrai que le premier film était vraiment basé sur une quête d’origine. En fait c’était mon travail de beaux-arts. Que je n’ai pas eu d’ailleurs. C’était un échec. Je m’étais donné un an. En fait on a deux ans pour monter un projet pour le diplôme. Comme on me posait plein de questions sur mes origines russes, j’ai pris ces deux ans pour essayer de comprendre d’où me vient ce nom et qui était mon grand-père, que j’ai très peu connu. Et en rencontrant Irène qui est le personnage du film, qui m’a raconté sa vie en Russie, j’ai été subjuguée. Et quand j’ai fait écouter l’enregistrement à Jean-Charles, il m’a dit il faut vraiment qu’on fasse un film avec ça. On est vraiment parti de ce qu’Irène avait dit. C’est ainsi que c’est devenu ce que plus tard on a appelé un documentaire-fiction. Ce qui m’intéresse ce n’est pas de raconter une réalité naturaliste, je trouve que la prise de vue réelle raconte ça très bien, être dans le monde social, dans les rapports humains. Moi ce qui m’intéresse vraiment c’est d’essayer d’amener sur ce qui vient de l’extérieur une perception intérieure. Comme ça a été le cas pour Irinka et Sandrinka où j’essaie de montrer ce que l’enfant, la petite fille, pouvait se raconter de la Russie, par rapport à ce qu’elle en connaissait, les clichés qu’elle avait pu recevoir en France comme les matriochkas, les contes russes ; et de l’autre côté essayer de montrer les perceptions de la petite fille russe dans une époque politique et artistique précise et se servir de ces images là pour raconter son voyage. Il y a toujours un questionnement de l’image puisque je viens des beaux-arts. Ce qui m’intéresse c’est l’image. Parler aussi de ce que l’image peut raconter. Ce que c’est que cadrer. On cadre tous un regard sur la vie, j’aime bien ça aussi. Avoir ce double questionnement, ce que l’animation permet énormément. La prise de vue réelle aussi mais comme je viens de l’image dessinée…

Et de la couleur. Il y a tout un jeu sur les couleurs, sur le noir et blanc. L’évolution des couleurs des personnages du Monde en soi. Alors, comment avez-vous travaillé sur les couleurs ?

La couleur pour moi, elle devait être narrative. L’image peinte devait être autant narrative que le cadrage, et que la narration fictionnelle. La couleur sert à montrer l’émotion intérieur du personnage et son rapport au monde. Quand elle est dans la ville, il y a un rapport de plein et de trop plain. Jusqu’à un certain moment où les couleurs deviennent très expressionnistes. De l’autre côté, dans l’hôpital, c’est vraiment le vide. Elle a tout donné, elle s’est vidée sur le papier. Il y a l’idée de la page blanche, puisque ça parle aussi de la démarche artistique. C’est-à-dire comment on regarde le monde. Il faut se remplir du monde pour pouvoir remplir une feuille de papier. La contemplation du monde s’étant arrêtée, on est juste spectateur, est aussi nécessaire que les temps où on est actif et qu’on donne à peindre. Il y a aussi tout ce rapport au temps. Cette nécessité du temps qui est en train de disparaître dans nos sociétés où il faut toujours être actif, toujours être en train de faire quelque chose. Le film est aussi pour moi une ode à la contemplation. S’arrêter et juste un regard, être juste là dans le présent est aussi important qu’être actif. On ne peut rien donner de bon si on ne s’imprègne pas du monde dans lequel on vit. Si on ne prend pas un peu de temps pour l’empathie vis-à-vis d’autrui, si on ne prend pas un peu de temps pour essayer de comprendre les choses qui nous entourent et la complexité des gens qui sont à côté de nous. Si on va trop vite, on nie la complexité des choses et du coup ça empêche d’être juste avec les autres. On juge trop vite. On ne prend pas le temps de comprendre vraiment un monde compliqué. Un individu c’est un être compliqué. On ne peut pas le résumer à une couleur de peau, à un pays, à des choses aussi simples que ça.

Pour terminer pouvez-vous nous parler de vos projets.

Le film m’a donné droit de me mettre à la peinture à l’huile. On parlait d’une peintre et je n’étais pas peintre. Du coup j’ai pris des cours de peinture à l’huile pour essayer de faire les œuvres du personnage. Je me suis prise au jeu, et en ce moment je fais de la peinture à l’huile. J’ai un peu arrêté l’anim, mais on a un projet avec Jean-Charles qui n’est pas encore écrit. On y réfléchi. On aimerait parler de Gustave Klint, le peintre de la sécession. Il se trouvait à une époque charnière du monde moderne. C’est-à-dire que la sécession viennoise, c’était là où se jouait un bras de fer entre un monde de l’artisanat et un monde de l’industrie. Les choses commençaient à se jouer là. Et même d’un point de vue relationnel, homme-femme, il se jouait des choses assez intéressantes. On peut raconter énormément de choses à partir de ce peintre. Ce qui m’intéresse moi personnellement – je ne peux pas parler pour Jean-Charles qui a d’autres points d’achoppement par rapport à ce personnage – c’est que c’était le matriarcat qui l’intéressait. Il considérait vraiment les femmes, malgré le fait qu’on disait que c’était un coureur de jupons. Si on regarde sa biographie, si on comprend les relations qu’il avait avec les femmes…toutes les femmes qu’il a connues sont restées ses amies toute sa vie, donc ça pouvait pas être un sale type. Ce sont des femmes qui se sont réalisées dans la vie. Il voyait les femmes comme des individus à part entière et leur donnait leur vrai pouvoir, un pouvoir sexuel mais aussi un pouvoir intellectuel. Il n’en faisait pas des potiches. Ça m’intéresse d’aller voir comment à cette époque-là la relation des genres se faisait et comment ce peintre a formulé l’idée que les femmes pouvaient être fortes, et individuelles, et avoir des choses à dire dans la société, même si la première guerre mondiale et la seconde ont un peu balayé tout ça.

Entretien réalisé au Festival International du Film d’Éducation.

Le site de Sandrine Stoïanov : https://stokanovska.wixsite.com/monsite

A COMME AUTISME Syndrome de Rett

Pénélope, mon amour. Claire Doyon, 2021, 88 minutes.

Une mère filme sa felle, Pénélope. Pendant de longues années. Presque une vingtaine d’années. De toutes les images accumulées, elle fera un film. Un film sur la vie de Pénélope. Mais aussi sur la vie de cette mère, la cinéaste, mère de Pénélope. Un film sur la relation d’une mère avec sa fille.

Cette fille n’est pas comme les autres. Dès son plus jeune âge, elle apparaît différente. Tout au long de son enfance, puis de son adolescence, elle n’a pas les comportements d’une enfant, d’une adolescente, de son âge. Dès 2 ans, ses parents se rendent compte que non seulement elle ne progresse plus, mais qu’elle régresse peu à peu. Ses acquis disparaissent, la parole en particulier. Elle est alors diagnostiquée autiste. Plus tard, le diagnostic sera plus précis. Elle souffre du symptôme de Rett, une maladie neurologique rare et jusqu’à ce jour, incurable. Pénélope ne sera jamais comme les autres enfants.

C’est bien sûr ce qui révolte sa mère, ce qu’elle n’accepte pas. Le film n’est plus alors qu’une plongée dans l’intimité de la maladie. Il devient l’histoire de la lutte d’une mère pour trouver comment soigner sa fille. Une véritable « guerre » pour « sauver Pénélope ».

Cet aspect du film est particulièrement dur. A la souffrance de Pénélope s’ajoute la souffrance de la mère. Une souffrance qu’on peut dire absolue.

Mais cette mère ne veut pas s’avouer vaincue. Elle cherche sans cesse de nouvelles modalités de soins. Elle est à l’affut de toutes les nouveautés concernant la prise en charge de l’autisme. Et même si l’accompagnement de Pénélope est de plus en plus dur à mesure qu’elle grandit, elle ne renonce pas. Elle consulte sans cesse, de spécialiste en spécialiste, psychiatres, psychanalystes, médecins comportementalistes. Elle suit longtemps la méthode Tomatis. Elle se transforme presque en soignant. Cela nous vaut dans le film de longues séquences où sont mises en œuvre les techniques comportementales, montrant comment il faut stimuler sans cesse Pénélope, comment il faut la récompenser, par un bonbon ou un gâteau dès qu’elle réussit une petite épreuve. Pénélope fait bien des acquisitions. Mais elle oublie le lendemain ce qu’elle a appris la veille.

La cinéaste nous ouvre la porte de l’intimité de sa famille. Le couple de parents a un deuxième enfant, une fille, tout à fait normale. Mais eux, peuvent-ils avoir une vie normale ? Ils se consacrent entièrement à Pénélope. Ils vont à New York, parce qu’e, Amérique il doit bien y avoir un moyen de guérir Pénélope. Ils se rendent même en Mongolie, parce que là-bas, c’est un chamane qui doit avoir la solution.

A la fin du film, après tous ces essais, toutes ces tentatives, tous ces efforts, on se souvent de l’incipit. La cinéaste – que nous ne connaissons pas encore comme la mère d’une enfant handicapée – se penchant sur Pénélope devenue presque adulte, pour lui annoncer qu’elle a trouvé une place dans une institution et qu’elle l’a acceptée.

Claire Doyon, dans son combat pour Pénélope, a fondé une école, Maia, pour venir en aide aux enfants autistes. Le film la mentionne mais n’en fait pas la promotion. Elle se contente de poser la question : quelle éducation mettre en œuvre pour les enfants autistes. Quelle utilité l’éducation peut-elle avoir pour eux ?

Le film ne débouche pas sur l’espoir d’une « guérison » de Pénélope. Il nous dit simplement qu’il faut accepter Pénélope comme elle est. Accepter sa différence.

Il nous reste, à nous spectateurs, d’essayer d’imaginer Pénélope heureuse.

A COMME ABECEDAIRE – Réjane Varrod

Adolescents

En vie ! Patients-Elèves

Autisme

Notre enfant, notre bataille

À vif

Alzheimer

La Parole contre l’oubli

Amour

De l’autre côté

Née sous absence

Dépression

Le Voyage en solitaire

Deuil

Les Jours d’après

La Naissance oubliée ?

Echec scolaire

Cancre ?

Enfants précoces, le paradoxe

Ecole

Cancre ?

École en bateau, enfance sabordée

Enfants précoces, le paradoxe

Enfance

En vie ! Patients-Elèves

Innocence bafouée

Cancre ?

Enfants précoces, le paradoxe

Enseignement

En vie ! Patients-Elèves

Enfants précoces, le paradoxe

Famille

De l’autre côté

Enfants précoces, le paradoxe

Innocence bafouée

À vif

Notre enfant, notre bataille

La Dernière Lettre

Les Jours d’après

Née sous absence

La Naissance oubliée ?

Fausse couche

La Naissance oubliée ?

Femme

De l’autre côté

Née sous absence

La Naissance oubliée ?

Handicap

Notre enfant, notre bataille

Homosexualité

De l’autre côté

Née sous absence

Justice

École en bateau, enfance sabordée

Maladie

La Parole contre l’oubli

Mère

Née sous absence

Mort

La Naissance oubliée ?

Naissance

La Naissance oubliée ?

Pédophilie

École en bateau, enfance sabordée

Innocence bafouée

Préjugés

La Parole contre l’oubli

Procès

École en bateau, enfance sabordée

Psychanalyse

Le Voyage en solitaire

Psychiatrie

En vie ! Patients-Elèves

Santé

À vif

Le Voyage en solitaire

Sarthe

En vie ! Patients-Elèves

Sexualité

École en bateau, enfance sabordée

Innocence bafouée

Soin-étude

En vie ! Patients-Elèves

Suicide

La Dernière Lettre

Les Jours d’après

Le Voyage en solitaire

Vieillesse

La Parole contre l’oubli

A COMME ABECEDAIRE – Olivier Pekmezian

Amérindiens

Wayana, les enfants de la forêt

Apprentissage

Portée des notes

Artisanat

L’Art du contre-jour

Autochtones

Wayana, les enfants de la forêt

Classes-orchestres

Portée des notes

Création

L’Art du contre-jour

Culture

Forêts calédoniennes, des mondes en sursis

Echec scolaire

Portée des notes

Ecologie

Wayana, les enfants de la forêt

Enfant

Portée des notes

Enseignement

Portée des notes

Environnement

Auprès de mon arbre

Ethnologie

Forêts calédoniennes, des mondes en sursis

Fleury Jean-Dominique

L’Art du contre-jour

Forêt

Wayana, les enfants de la forêt

Forêts calédoniennes, des mondes en sursis

Auprès de mon arbre

Guyane

Wayana, les enfants de la forêt

Histoire

Saint-Pierre, contre vents et marées !

Martinique

Auprès de mon arbre

Musique

Portée des notes

Nouvelle-Calédonie

Forêts calédoniennes, des mondes en sursis

Océan Atlantique

Saint-Pierre, contre vents et marées !

Orchestre

Portée des notes

Pédagogie

Portée des notes

Portrait

Wayana, les enfants de la forêt

L’Art du contre-jour

Religion

Forêts calédoniennes, des mondes en sursis

Saint-Pierre et Miquelon

Saint-Pierre, contre vents et marées !

Verre

L’Art du contre-jour

En gras, les mots-clés ; en italique, les films.

S COMME SPANDAU

Le fantôme de Spandau. Idriss Gabel et Marie Calvas. Belgique, 2019, 73 minutes.

Ce fantôme, c’est Rudolf Hess, ami intime d’Hitler, son bras droit même tout au long de son accession au pouvoir ; fervent partisan et défenseur de l’idéologie nazie. Au procès de Nuremberg, Hess n’est pas reconnu coupable de crime contre l’humanité. En 1941, au moment du déclenchement de la solution finale conduisant à l’extermination des juifs d’Europe, Hess est prisonnier en Ecosse. Il sera condamné à la perpétuité, et finira ses jours à un âge avancé à l’immense prison de Spandau à Berlin. Il y sera longtemps le seul détenu.

Cette histoire du nazisme vu à travers le « cas Hess », nous est racontée à partir d’images d’archives commentées avec rigueur et précision. Mais ce n’est pas là le centre du film, son sujet principal. Les coréalisateurs font partie de la famille de celui qui fut l’aumônier de Hess à Spandau, Charles Gabel leur grand-père. Charles fut le seul lien pendant de longues années avec le prisonnier. Il entretien donc avec lui une relation particulière dont on se demande au cours du film si elle est de l’ordre de l’amitié. Mais de quelle amitié peut-il s’agir, lorsque l’on est pasteur protestant et qu’on a en face de soi quelqu’un qui n’a jamais renié son engagement nazi et en particulier son antisémitisme ?

A partir des contenus d’une malle secrète – ses archives personnelles – que Charles n’avait jamais permis de consulter, les cinéastes vont explorer concrètement ce travail d’aumônerie, ses interrogations et sa part d’ombre. Vu son grand âge, Hess n’aurait-il pas mérité d’être libérer et de passer la fin de sa vie dans sa famille ? Il en fait plusieurs fois la demande, appuyée par son aumônier. Elles n’aboutiront pas et Hess mourra en prison, dans des circonstances obscures d’ailleurs.

Grâce aux liens familiaux qui les relient à leur personnage, les cinéastes nous permettent de pénétrer dans l’intimité de Charles – la célébration de l’anniversaire de ses 88 ans en famille est une séquences fort émouvante – et de nous questionner sur les sentiments complexes jalonnant ses années d’aumônerie. S’il y a un point fort qui ressort de cette investigation, c’est que le pasteur n’a jamais éprouvé de haine pour celui qui reste malgré tout un ennemi. Une grande leçon d’humanité.

A COMME ABECEDAIRE – Renato Borrayo Serrano

Cinéaste né au Guatemala et vivant en Russie.

Autoportrait

Film pour Carlos

Enfant

Film pour Carlos

Famille

Film pour Carlos

Femme

Life of Ivanna

Humour

Film pour Carlos

Nomadisme

Life of Ivanna

Portrait

Life of Ivanna

Russie

Film pour Carlos

Sibérie

Life of Ivanna

Tradition

Life of Ivanna

Toundra

Life of Ivanna

Ville

Life of Ivanna

A COMME ABECEDAIRE – Idriss Gabel.

Cinéaste belge.

Accueil

Je n’aime plus la mer

Allemagne

Le Fantôme de Spandau

Belgique

Je n’aime plus la mer

Congo (RDC)

Kolwezi On Air

Enfance

Je n’aime plus la mer

Exil

Je n’aime plus la mer

Histoire

Le Fantôme de Spandau

Information

Kolwezi On Air

Journalisme

Kolwezi On Air

Handicap

Snoezelen – Un monde en quête de sens

Hitler

Le Fantôme de Spandau

Médias

Kolwezi On Air

Migration

Je n’aime plus la mer

Nazisme

Le Fantôme de Spandau

Pardon

Le Fantôme de Spandau

Prison

Le Fantôme de Spandau

Psychiatrie

Snoezelen – Un monde en quête de sens

Réfugiés

Je n’aime plus la mer

Religion

Le Fantôme de Spandau

Rudolf Hess

Le Fantôme de Spandau

Santé

Snoezelen – Un monde en quête de sens

Soin

Snoezelen – Un monde en quête de sens

Solidarité

Je n’aime plus la mer

Télévision

Kolwezi On Air

Travail

Snoezelen – Un monde en quête de sens

A COMME ABECEDAIRE – Firouzeh Khosrovani

Cinéaste Iranienne.

Amour

Radiographie d’une famille

Archives

L’Archivio a oriente

Asie

L’Archivio a oriente

Brésil

Espelho meu

Cinéma

Profession : documentariste

Corps

Rough Cut

Espelho meu

Couple

Radiographie d’une famille

Engagement

Profession : documentariste

Espagne

Espelho meu

Famille

Radiographie d’une famille

Femme

Profession : documentariste

Rough Cut

Espelho meu

Fête

Fête de devoir

Histoire

Radiographie d’une famille

1001 Irans

Image

L’Archivio a oriente

Iran

Radiographie d’une famille

Fête de devoir

Profession : documentariste

L’Archivio a oriente

Espelho meu

1001 Irans

Islam

Radiographie d’une famille

Fête de devoir

Jeunesse

Fête de devoir

Mariage

Radiographie d’une famille

Mode

Rough Cut

Mozambique

Espelho meu

Patrimoine

L’Archivio a oriente

1001 Irans

Portrait

Profession : documentariste

Religion

Radiographie d’une famille

Révolution islamiste

Radiographie d’une famille

Tradition

Fête de devoir

Vieillesse

L’Archivio a oriente

Violence

Rough Cut

A COMME ABECEDAIRE – Mehrdad Oskouei

Producteur, enseignant, photographe et réalisateur iranien.

 Adolescentes

Sunless Shadows

Adolescents

Les Derniers Jours de l’hiver

It’s Always Late for Freedom

Amitié

It’s Always Late for Freedom

Centre de correction

It’s Always Late for Freedom

Crime

Sunless Shadows

Des rêves sans étoiles

linquance

Des rêves sans étoiles

Famille

Sunless Shadows

Femme

Maryam de l’île d’Hengam

The Other Side of Burka

Fête

Les Derniers Jours de l’hiver

Homme

Widower

Île

Maryam de l’île d’Hengam

The Other Side of Burka

Iran

Sunless Shadows

Les Derniers Jours de l’hiver

It’s Always Late for Freedom

Isolement

Maryam de l’île d’Hengam

Jeunesse

Sunless Shadows

Des rêves sans étoiles

Liberté

It’s Always Late for Freedom

Portrait

Des rêves sans étoiles

Maryam de l’île d’Hengam

The Other Side of Burka

Widower

Prison

Sunless Shadows

Des rêves sans étoiles

Nouvel an

Les Derniers Jours de l’hiver

Religion

The Other Side of Burka

A COMME ABECEDAIRE – Claire Doyon

Diplômée de la Fémis. Son long métrage de fiction Les Lionceaux a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2002.

Elle est la fondatrice de l’institut expérimental Maia, qui accueille des personnes autistes.

Animisme

Krishna Ombwiri

Ardèche

Arsenic

Artiste

Babacar

Autisme

Pénélope mon amour

Pénélope

Cap vert

Arsenic

Chamanisme

Pénélope

Enfance

Pénélope mon amour

Pénélope

Environnement

Les Allées sombres

Exclusion

Krishna Ombwiri

Babacar

Famille

Pénélope mon amour

Forêt

Les Allées sombres

Gabon

Krishna Ombwiri

Genre

Krishna Ombwiri

Grotte

Les Allées sombres

Mère

Pénélope mon amour

Mongolie

Pénélope

Peinture

Babacar

Poésie

Les Allées sombres

Portrait

Krishna Ombwiri

Pénélope

Transgenre

Krishna Ombwiri

Volcan

Arsenic

Voyage

Pénélope mon amour

Pénélope

A COMME ABECEDAIRE – Clément Cogitore

Alaska

L’Intervalle de résonance

Armée

Un archipel

Art

Bielutine – Dans le jardin du temps

Aurore boréale

L’Intervalle de résonance

Autarcie

Braguino

Banque d’images

The Evil Eye

Concert

Élégies

Conflit

Braguino

Danse

Les Indes Galantes

Egypte

Tahrir

Enfants

Braguino

Finlande

L’Intervalle de résonance

Folie

Un archipel

Forces de l’ordre

Tahrir

Forêt

Braguino

Hip hop

Les Indes Galantes

Image

The Evil Eye

Élégies

Krump

Les Indes Galantes

Manifestation

Tahrir

Marginalité

Braguino

Bielutine – Dans le jardin du temps

Marine

Un archipel

Moscou

Bielutine – Dans le jardin du temps

Opéra

Les Indes Galantes

Rameau Jean-Philippe

Les Indes Galantes

Religion

The Evil Eye

Rilke

Élégies

Sibérie

Braguino

Son

L’Intervalle de résonance

Spiritualité

L’Intervalle de résonance

Sous-marin

Un archipel

Tableaux

Bielutine – Dans le jardin du temps

Téléphone portable

Élégies

C COMME COUPLE – FILMOGRAPHIE.

Le cinéma regorge d’aventures de couples, de la rencontre à la séparation, du coup de foudre à la haine plus ou moins réciproque. Toujours c’est d’amour qu’il s’agit.

Le cinéma documentaire nous montre les arcanes de la relation amoureuse en nous conduisant aux quatre coins du monde.

La sélection ci-dessous va se l’Iran à l’Italie en passant par les États-Unis ou la Roumanie, l’Algérie et le Canada.

Bella de Thelyia Petraki

Jaurès de Vincent Dieutre

La Bocca del Lupo de Pietro Marcello

La place de l’homme de Coline Grando

La rencontre d’Alain Cavalier

Les Invisibles de Sébastien Lifshitz

Leur Algérie de Lina Soualem

No sex last night de Greg Shephard et Sophie Calle,

Quand j’étais papillon de Adrien Charmot et Jenny Saastomoinen.

Radiographie d’une famille de Firouzeh KHOSROVANI

The balad of Genesis and Lady Jaye de Marie Losier

Tous nos vœux de bonheur de Céline Dréan

Trio de Ana Dumitrescu

Un amour (Roman) De Richard Copans

Un amour d’été de Jean-François Le sage

Un couple peu ordinaire de Jean-Michel Carré

Une histoire d’amour de Astrid Adverbe et Boris Lehman

Une jeunesse amoureuse de François Caillat

Vers la tendresse de Alice Diop

T COMME TILO KOTO

Tilo Koto. Sophie Bachelier et Valérie Malek, 2021, 65 minutes.

L’immigration encore et toujours. Le départ d’Afrique, du Sénégal en l’occurrence. La vie en Afrique devenue invivable. Des conditions de vie, des conditions de survie plutôt, devenues de plus en plus difficiles, incertaines, précaires. Partir devient une nécessité. Partir ailleurs. Vers une vie meilleure. Partir pour survivre. Pour vivre vraiment.

Ailleurs c’est l’Europe. L’atteindre par tous les moyens. Même les plus dangereux. Même les plus incertains. Prendre une route secrète. Celle qui peut mener en Europe. Qui doit aboutir en Europe. Qui devrait y aboutir. En passant par le désert, le Burkina Faso, le Niger. Jusqu’en Libye.

Et en Libye, c’est l’enfer. La prison, la torture, le travail forcé, l’esclavage. Cet enfer de la Libye serait-il possible de l’éviter ?

Le film de Sophie Bachelier et Valérie Malek retrace les quatre tentatives de Yancouba  Badj pour gagner l’Europe depuis l’Afrique en passant par la Libye. Quatre tentatives qui se sont soldées toutes par des échecs. Quatre tentatives qui ont échoué en Libye, dans l’enfer de la Libye.

La première partie du film est consacrée au récit de Yancouba  Badj. Un récit noir, sans la moindre lueur d’espoir. Arrivé en Libye, le voyage ne peut que s’interrompre, s’arrêter de la manière la plus tragique qui soit. Un récit qui peut se résumer dans un avertissement, un cri pour prévenir, pour mettre en garde. Ne venez pas en Libye. Fuyez la Libye. Évitez la Libye coûte que coûte. La Libye ne sera pour vous tous, frères immigrés, qu’une terre de malheur.

Atteindre l’Italie depuis la Libye, par la mer, en traversant la Méditerranée, si peu y parviennent. Et le prix demandé par les passeurs est de plus en plus exorbitant. En Libye il est de plus en plus difficile, de plus en plus long, de rassembler cet argent, de plus en plus incertain de pouvoir réunir cet argent. Alors, pourquoi rester en Libye ? Pourquoi ne pas revenir au pays ?

Après quatre tentatives, quatre échecs, c’est ce que va faire …Revenir à son point de départ. Qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Et c’est là que le film de Sophie Bachelier et Valérie Malek est vraiment original. Dénonçant les conditions inhumaines faites aux migrants en Libye, Yancouba  Badj en vient à dénoncer le fait de migrer lui-même.

Un changement de perspective qui s’effectue en deux temps.

1 Si l’on ne réussit pas à passer en Italie, ce n’est pas honteux, au contraire c’est une marque de courage, de ne pas rester en Libye et de revenir au pays.

2 Mieux, plutôt que de s’épuiser en vain dans des tentatives infructueuses, il faut renoncer à l’idée même de migration. Ne plus rêver à ce Graal inaccessible ou que si peu parviennent à atteindre. Rester au pays et s’y battre pour construire les conditions d’une vie meilleure.

Pour informer et convaincre, Yancouba  Badj a une arme : la peinture. Depuis son départ de sa Casamance natale, il s’exprime par l’art. Et il semble bien que ce soit efficace. Preuve, le centre culturel qu’il a créé et qu’il a nommé Tolo Koto, « sous le soleil ». Peu à peu, c’est une véritable révolution des mentalités qui s’opère. L’avenir n’est plus uniquement dans cette Europe qui se révèle en fait un mirage.

Tilo Koto : la renaissance de l’espoir.

V COMME VIOLENCE POLICIERE

Un pays qui se tient sage. David Dufresne, 2020, 90 minutes.

Le titre.

Une reprise de la phrase entendue lors de l’opération policière en banlieue parisienne au cours de laquelle les élèves d’un établissement scolaire – des adolescents donc – sont alignés face à un mur, à genoux et mains sur la tête : voila une classe qui se tient sage, entend-on, phrase prononcé semble-t-il par un membre -un responsable ?- de la police.

Le dispositif.

Des images des manifestations des Gilets Jaunes sont projetées à un certain nombre de personnes en studio, qui sont appelées à les commenter. Ces déclarations, filmées en plan rapproché sur un fond sombre, alternent avec les images des manifestations.

Les images.

Prises au cœur des manifestations, le plus souvent aux côtés des Gilets Jaunes, elles se focalisent presque toujours sur des gestes de violence (coups de matraques et autres coups de poing ou de pied) de la part des forces de l’ordre.

Ce sont des images réalisées avec des smartphones par des manifestants eux-mêmes, ou des spectateurs des défilés. Toutes sont anonymes. Elles ont été diffusées presque instantanément sur les réseaux sociaux. Les plus spectaculaires ont été reprises dans un second temps par les médias traditionnels, journaux télévisés et chaînes d’information en continu.

La bande son est dominée par les explosions – tirs de grenades en particulier – mais aussi par les cris des manifestants (des cris de souffrance sous les coups de matraque) et des injonctions adressées aux policiers en dehors des temps de charge. Il fait alors souligner que l’on entend aussi souvent les ordres criés par les policiers à l’adresse des manifestants, « dégage étant le plus fréquent). Cette parole des forces de l’ordre au cours des manifestations est rarement (on pourrait même dire jamais) reprise par les télévisions. Dans plusieurs passages la parole des manifestants à l’adresse des policiers devient une amorce de négociation, qui bien sûr tourne court.

Les intervenants.

Un mélange (est-il paritaire ?) d’experts et des anonymes. D’un côté donc des historiens et des sociologues, comme toujours sur les plateaux de télévisions. De l’autre, des hommes et des femmes pouvant se revendiquer des Gilets Jaunes et qui en tout état de cause ont participé aux manifestations. Certains d’ailleurs en portent la trace dans leur corps (perte d’un œil par exemple).

Dans l’alternance entre les images de manifestations (bruyantes) et les images en studio des commentateurs (relativement calme à une ou deux exceptions près) des extraits des allocutions télévisées du Président de la République introduisent un contre-point et une rupture dans le dispositif. Il en est de même pour un extrait de la retransmission télévisée de l’entretien entre Macron et Poutine lors d’un voyage officiel de ce dernier en France.

Aucun des intervenants n’est identifié dans le cours du film. Les noms et qualités ne sont indiqués que dans le générique final.

Le film se clôt par la mention des personnalités (représentants de force de l’ordre) qui ont refusé d’intervenir ou qui n’ont pas répondu à la sollicitation du cinéaste.

Les thèmes des interventions.

La légitimité de la violence d’État constitue le point de départ du débat (l’ensemble des interventions constitue in fine un débat global, même si le film n’en utilise pas la forme.) Cette question est notamment illustrée par les références opposées à Max Weber et Hannah Arendt. Elle est souvent élargie à une réflexion sur la démocratie, sa définition, son exercice et son devenir.

La nature des images retenues, captées sur le vif par des personnes présentes et diffusées instantanément sur les réseaux sociaux avec une audience pouvant être considérable, ouvre également une réflexion sur l’évolution actuelle des pratiques journalistiques et de l’information en général.

Élément d’analyse.

Ce film constitue, par sa compilation des images de manifestations violentes, un véritable document historique, une synthèse à visée pérenne en opposition à la dimension éphémère des réseaux sociaux. C’est un document qui prend nettement position en faveur des « victimes » de la violence policière, les tentatives de minimisation ou de justification de la part de représentants des syndicats de policier ne pèsent pas bien lourds face aux accusations des Gilets Jaunes. Beaucoup d’images sont alors de façon évidente des pièces à charge pouvant être utilisées par ceux qui accusent le gouvernement et le Président de la République d’une dérive autoritaire pouvant mener au développement d’un Etat policier. Le film ne conclue nullement que la France soit devenue une dictature. Mais la confrontation entre Macron et Poutine laisse apparaître un point commun dans la politique des deux présidents, leur volonté de réduire au silence la colère de ceux qui revendiquent plus de justice sociale et qui se posent en défenseurs de la liberté.

A COMME ABECEDAIRE – David Dufresne

Journalisme, écrivain, auteur multimédia.

Son webdocumentaire Prison Valley (2011), réalisé avec Philippe Brault, a été particulièrement remarqué et restera une création phare de ce genre en voie de disparition.

Art

Le Pigalle

Banlieue

Quand la France s’embrase – Enquête sur le maintien de l’ordre

Bohème

Le Pigalle

Canada

Fort McMoney : votez Jim Rogers !

Démocratie

Un pays qui se tient sage

Fort McMoney : votez Jim Rogers !

Elections

Fort McMoney : votez Jim Rogers !

Etat

Un pays qui se tient sage

Etats Unis

Prison Valley – L’Industrie de la Prison

Gilets jaunes

Un pays qui se tient sage

Histoire

Le Pigalle

Interviews

Quand la France s’embrase – Enquête sur le maintien de l’ordre

Manifestations

Un pays qui se tient sage

Quand la France s’embrase – Enquête sur le maintien de l’ordre

Mémoire

Le Pigalle

Paris

Le Pigalle

Pétrole

Fort McMoney : votez Jim Rogers !

Police

Un pays qui se tient sage

Quand la France s’embrase – Enquête sur le maintien de l’ordre

Prison

Prison Valley – L’Industrie de la Prison

Répression

Un pays qui se tient sage

Quand la France s’embrase – Enquête sur le maintien de l’ordre

Ruralité

Fort McMoney : votez Jim Rogers !

Ville

Le Pigalle

Violence

Un pays qui se tient sage

Quand la France s’embrase – Enquête sur le maintien de l’ordre

A COMME ABECEDAIRE – Mariana Economou

Cinéaste grecque.

Agriculture

Quand les tomates rencontrent Wagner

Cuisine

Quand les tomates rencontrent Wagner

Danemark

Terminus Paradis

Europe

Europe, connais pas !

Grèce

Quand les tomates rencontrent Wagner

Galères grecques

Terminus Paradis

Identité nationale

Europe, connais pas !

Jeunesse

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Justice

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Migration

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Terminus Paradis

Musique

Quand les tomates rencontrent Wagner

Passeurs

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Portrait

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Prison

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Réfugiés

Le Difficile Chemin vers l’Europe

Ruralité

Quand les tomates rencontrent Wagner

Terminus Paradis

Tomates

Quand les tomates rencontrent Wagner

Union Européenne

Europe, connais pas !

T COMME TOMATE – Grecque.

Quand les tomates rencontrent Wagner. Mariana Economou, Grèce, 2020, 73 minutes.

Les tomates poussent-elles mieux dans un environnement musical ? Et quelle musique les fait-elle murir plus rapidement ? Wagner ou la musique traditionnelle grecque ? La question est d’importance. Mais aura-t-elle une réponse claire et définitive avant la fin du film ?

Nous sommes dans le centre de la Grèce. Une vaste plaine vouée à l’agriculture. La culture de la tomate plus précisément. Mais l’agriculture ici est en difficulté et la vente des tomates a du mal à nourrir ses producteurs. C’est le cas en particulier de ce petit village, Elias, qui meurt à petit feu, déserté par sa jeunesse. Mais les grands-mères qui lui y résident et y travaillent n’ont pas dit leur dernier mot.

Le film de Mariana Economou a un petit air de fable. Avec pas mal d’humour et un brin de dérision. Mais au fond il est plus sérieux qu’il n’y parait. Car c’est bien la survie de ce village et de sa population vieillissante qui est en jeu. Et au-delà, l’avenir de l’agriculture face aux mutations du monde moderne. S’il ne propose pas vraiment une vision géopolitique, il rend compte de la situation concrète d’un village, d’une région qui semble quelque peu oubliée en Europe.

Sous la conduite de deux cousins – l’un amateur de Wagner, l’autre de musique traditionnelle – les grands-mères du village vont tenter de prendre en main leur destin. Et pour cela de donner un souffle nouveau à la culture de la tomate et à la commercialisation de ses produits dérivés, comme les tomates farcies en bocaux qui sont leur spécialité.

Une bonne partie du film se passe en dégustation des innovations culinaires qui doivent permettre de conquérir un marché mondial. Faut-il ajouter une cuillère de marjolaine par pot. Ou remplacer le riz par du quinoa qui est plus à la mode, mais nettement moins goutteux. Tout cela est abordé avec beaucoup de sérieux. Et nos grands-mères ne ménagent pas leurs efforts. Elles finiraient même par devenir de super-héros.

Le film présente pas mal de diversité. Le village reçoit une classe de lycéens français et le petit groupe des grands-mères part à Bruxelles à la recherche de nouveaux débouchés. Comme quoi un petit village perdu au centre de la Grèce sait très bien s’intégrer au monde moderne. Une leçon à méditer.

T COMME THÉRAPIE

Loup y es-tu ? Clara Bouffartigue, 2021, 85 minutes.

Dans son précédent film, Tempête sous un crâne (2012), Clara Bouffartigue nous plongeait au cœur du métier d’enseignant en suivant pendant une année scolaire deux professeures aux prises avec une classe réputée difficile dans leur établissement. Avec Loup y es-tu elle nous fait pénétrer dans un établissement de soin thérapeutique, le CMPP Claude Bernard. Mais cette fois elle ne s’attache pas prioritairement à deux ou trois personnages. Elle nous donne plutôt une vue d’ensemble des activités de l’établissement. Elle nous propose donc un film choral où l’on rencontre de nombreux enfants et adolescents, ainsi que leurs parents et le personnel soignant. Tous filmés dans des situations variées, pour un temps parfois très court.

Si on ne peut ainsi pas vraiment approfondir le « cas » de tel ou tel – même si le film revient souvent à plusieurs reprises sur le même enfant ou adolescent – on peut en revanche appréhender avec une grande précision la pratique thérapeutique mise en œuvre puisque ces pratiques se retrouvent avec une grande unité d’une situation à l’autre et quel que soit le soignant qui la met en œuvre. Plus que les jeunes en traitement, ce sont plutôt les adultes qui sont là pour les aider qui sont vraiment le centre du film. D’ailleurs, en multipliant les situations filmées, la cinéaste élabore en quelque sorte un panorama – presque un inventaire – des situations thérapeutiques que propose aujourd’hui la pédopsychiatrie s’adressant aux enfants dès l’âge de l’école maternelle jusqu’aux grands adolescents -déjà étudiants sans doute – arrivés aux portes de l’âge adulte. On passe donc d’entretiens individuels à des situations de groupe, des entretiens avec ou sans les parents, ou avec des parents seuls. Nous suivons aussi les réunions des soignants, dans des synthèses des cas suivis ou dans des régulations de leur pratique. Nous traversons tout cela à un rythme plutôt soutenu. Si nous n’avons pas le temps d’approfondir le vécu de ces personnes, nous n’avons pas non plus le temps de nous ennuyer. Par contre, comme dans le film sur les enseignants, nous pouvons très bien nous rendre compte des difficultés de la thérapie, une pratique qui n’est jamais assurée de la justesse de ses orientations et qui peut se voir remise en cause à chaque instant. Si le film ne nous propose pas de vision théorique – il n’y a pas d’entretien avec les soignants et aucune déclaration en dehors des situations vécues – nous sentons très bien que l’aspect fondamental du « métier » réside dans l’écoute participative et dans le non-jugement des actions et des déclarations des jeunes en thérapie.

Loup y es-tu ? a par son côté immersif un petit air wisemanien (la durée en moins), il s’en démarque par les plans de transition, de respiration, qui jalonnent le film. Ici le contexte non thérapeutique de l’établissement est ignoré. On ne voit pas le ménage effectué une fois que les soignants ont terminé leur journée de travail. On ne va pas non plus dans la cuisine ou la cantine. Et on n’a droit à aucun plan extérieur de l’établissement ou de la rue où il est situé. Par contre, Clara Bouffartigue nous propose des respirations particulièrement originales et poétiques. Dans une lumière bleu sombre, des jouets téléguidés et de petites figurines vivent leur vie totalement autonome. Une métaphore de l’enfance, et de ses souffrances, peut-être. A coup sûr une création cinématographique très réussie.

A COMME ADOLESCENT – en foyer.

Loin de vous j’ai grandi. Marie Dumora, 2021, 104 minutes.

L’histoire de Nicolas.

Nicolas, un garçon de 13 ans, qui vit dans un foyer, loin de sa famille donc, et de sa mère. Une famille Yéniche qui réside dans l’est de la France et que Marie Dumora suit de film en film depuis une bonne vingtaine d’années. De Avec ou sans toi (2002) à Belinda (2017) en passant par Amenez-moi (2004) et Je voudrais aimer personne (2010) on n’a pas tord de parler d’une saga qui fait déjà date dans le cinéma français.

Marie Dumora a l’art de relier ses films entre eux par quelques extraits choisis avec soin et qui permettent tout naturellement de remonter le cours du temps. Loin de vous j’ai grandi commence donc par ce moment décisif, le baptême de Nicolas qui réunit la famille autour de l’enfant. La séquence est courte. Elle s’interrompt brusquement pour laisser place à un panneau noir où s’inscrit ce qui a décidé de l’histoire de Nicolas – et de l’existence du film présent – son placement en foyer.

Malgré le je du titre, le film n’est pas en première personne. La présence de la cinéaste, son regard, sont toujours sensibles, un regard extérieur malgré toute la sympathie que l’on imagine être la sienne pour ses personnages. Le film est bien le portrait d’un adolescent, mais qui ne se veut surtout pas un portrait de l’adolescence. Nicolas est filmé pour lui-même dans cet éloignement de sa famille, et surtout de sa mère, Sabrina, qui a fait sa vie jusqu’à présent. A la fin du film, la question du retour au foyer familial est posée. L’âge adulte est encore loin.

Nous suivons donc Nicolas dans sa vie au foyer. Ses relations avec ses camarades, leurs jeux, leurs excursions en forêt. Une quotidienneté simple, sans accrocs, sans remous. Avec ses moments de solitude et ses fêtes d’anniversaire. La relation avec les éducateurs aussi. Mais le film ne donne pas vraiment à voir leur travail. Pas plus qu’il ne cherche à expliquer quoi que ce soit de la vie de Nicolas. Qu’est-ce qui l’a poussé à placer son enfant en foyer. Elle dit simplement qu’elle avait 15 ans à sa naissance. Et par les films précédents on sait que Sabrina et sa sœur Belinda ont-elles-mêmes vécu en foyer.

Loin de vous j’ai grandi est constitué d’aller et retours entre Nicolas dans son foyer et sa mère qui vit avec les trois filles qu’elle a eu après le garçon. Avec le compagnon avec qui elle est maintenant en couple, ils se promènent tous les cinq en ville, émerveillés par les lumières des vitrines.

Comme le titre du film le laisse entendre ; Loin de vous j’ai grandi est un film d’éducation. Une éducation, ou plutôt une auto-éducation, comme si grandir était avant tout une simple aventure personnelle. Certes, il est bien question de l’école, de son importance pour avoir un métier plus tard. Mais nous n’allons pas en classe avec Nicolas. Nous ne le voyons pas faire ses devoirs mais à ses moments libres, il lit Homère. Il semble toujours en vacances. Grandir concerne plutôt l’intégration à la vie familiale. Nous voyons beaucoup Nicolas au téléphone avec sa mère. Dans ces échanges, ce qui semble le plus compter pour elle, c’est qu’il arrête « ses conneries », et surtout qu’il arrête de fuguer. Un thème qui revient régulièrement, mais les fugues restent systématiquement hors-champ.

Nicolas est filmé toujours très calme, placide. On le dirait incapable de déroger aux règles du foyer ou de sa famille. Ses sentiments vis-à-vis de cette dernière restent cachés. Dans le film, sa mère parle beaucoup plus que lui. Sa vie d’adolescent passe inévitablement par sa relation avec sa mère. Une relation marquée par l’éloignement. Une relation fondamentalement ambivalente : la distance physique réelle versus la présence psychique fantasmée ou rêvée. Le film est alors tout entier placé sous le signe de la nostalgie. La nostalgie du paradis perdu où, comme lors du baptême de Nicolas (et il y a d’autres baptêmes dans le film) toute la famille était réunie autour de l’enfant et de sa mère.

Lire Belinda

Et l’abécédaire de Marie Dumora.

S COMME SAGE-FEMME

A la vie. Aude Pépin, 2021, 78 minutes.

Chantal Birman va mettre fin à sa carrière de sage-femme. A presque 70 ans, une retraite bien méritée !

Le portrait que Aude Pépin lui consacre est un hommage à son dévouement, à son engagement auprès des femmes, surtout celles qui viennent d’accoucher et qui vont entamer cette nouvelle vie avec un bébé, un petit être humain qu’il va falloir nourrir, habiller, changer, consoler quand il pleure et avec qui il va falloir apprendre à communiquer, et dès les premiers jours entreprendre son « éducation », puisqu’il s’agit de lui permettre de grandir.

Centré sur la personne de Chantal, le film ne vise pas à rendre compte de façon exhaustive du métier de sage-femme. Nous la suivons dans les visites à domicile chez ces toute nouvelles mamans qu’elle va accompagner, prodiguant soins et conseils. Le bébé n’arrive pas bien à téter. Elle montre comment l’aider à saisir le bout du sein. La maman ne peut pas allaiter son enfant, elle l’aide à ne pas culpabiliser. Devant tous les petits – et grands – tracas du métier de mère, elle rassure, réconforte, soutien. Pour elle il y a là un véritable enjeu de santé sociale : elle insiste sur le fait que le suicide est la première cause de mortalité chez les femmes qui viennent d’accoucher. Une donnée inacceptable.

A l’image de son personnage, A la vie ne manque pas de dynamisme. Chantal est toujours en mouvement, en voiture au milieu des tours de la banlieue ou dans des escaliers, portant sa lourde valise.

Et puis, elle est gaie. Son rire toujours sincère est très communicatif. Ce qui est un atout dans son travail pédagogique. Pendant tout le film est accompagnée d’une stagiaire à qui elle montre le métier. Au moment de se quitter, le stage fini, la stagiaire remercie chaleureusement son guide. Mais c’est celle-ci qui se dit la plus redevable. Elle n’a pas cessé d’apprendre.

Dernière séance dans l’école de sage-femme. Devant ces jeunes étudiantes, particulièrement attentives, c’est la transmission de l’amour du métier qui s’opère. Et les gros plans sur les visages de ces futures sage-femmes colorent l’avenir aux couleurs de l’espoir.

Chantal l’affirme avec force, être sage-femme c’est militer. Aux couleurs du féminisme. Et le film va tout à fait dans ce sens..

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