A COMME ABECEDAIRE – Stephano Savona

Cinéaste italien, lauréat de l’Œil d’Or à Cannes en 2019 pour Samouni Road. Il a également obtenu le grand prix du Cinéma du réel 2011 pour Palazzo delle Aquile etle prix spécial du jury à Locarno pour Plomb durci en 2009.

Il a beaucoup filmé la guerre à Gaza, les conflits sociaux en Italie et la révolution en Egypte.

Il est aussi un observateur avisé de la vie rurale, particulièrement en Sicile.

Animation

Samouni Road

Armée

Samouni Road

Tahrir – Place de la Libération

Bombardement

Samouni Road

Chronique

Tahrir – Place de la Libération

Combattant

Carnets d’un combattant kurde

Egypte

Tahrir – Place de la Libération

Famille

Samouni Road

Frontière

Plomb durci

Carnets d’un combattant kurde

Gaza

Samouni Road

Plomb durci

Guerre

Samouni Road

Plomb durci

Carnets d’un combattant kurde

Guérilla

Carnets d’un combattant kurde

Institution

Palazzo delle Aquile

Israël

Plomb durci

Italie

Palazzo delle Aquile

Kurdistan

Carnets d’un combattant kurde

Lampedusa

Sulla stessa barca

Le Caire

Tahrir – Place de la Libération

Libération

Tahrir – Place de la Libération

Logement

Palazzo delle Aquile

Manifestation

Palazzo delle Aquile

Tahrir – Place de la Libération

Mariage

Samouni Road

Mémoire

Spezzacatene

Palerme

Palazzo delle Aquile

Palestine

Samouni Road

Plomb durci

Politique

Tahrir – Place de la Libération

Portrait

Carnets d’un combattant kurde

Occupation

Palazzo delle Aquile

Tahrir – Place de la Libération

Pauvreté

Spezzacatene

Réfugiés

Sulla stessa barca

Révolution

Tahrir – Place de la Libération

Ruralité

Spezzacatene

Sicile

Spezzacatene

Vieillesse

Spezzacatene

A lire P COMME PALESTINE Gaza bombardée

T COMME TAHRIR

G COMME GAZA

A COMME ABECEDAIRE – Christophe Coello

Beaucoup de ses films sont des coréalisations, avec Pierre Carles ou Stéphane Goxe.

Il a aussi beaucoup filmé le peuple Mapuche, au Chili.

Barcelone

Squat – La ville est à nous

Bosnie

Accords de guerre

Chili

Retour en terre Mapuche

Mari Chi Weu – Dix Fois nous vaincrons

Chili, dans l’ombre du jaguar

Chômage

Volem rien foutre al païs

Attention ! Danger Travail

Consommation

Volem rien foutre al païs

Dictature

Chili, dans l’ombre du jaguar

Enfants

Cas d’école

Exploitation

Attention ! Danger Travail

Gitans

Cas d’école

Guerre

Accords de guerre

Histoire

Chili, dans l’ombre du jaguar

Indigènes

Retour en terre Mapuche

Mari Chi Weu – Dix Fois nous vaincrons

Intégration

Cas d’école

Logement

Squat – La ville est à nous

Lutte

Squat – La ville est à nous

Mari Chi Weu – Dix Fois nous vaincrons

Multinationales

Retour en terre Mapuche

Mari Chi Weu – Dix Fois nous vaincrons

Musique

Accords de guerre

Perpignan

Cas d’école

Résistance

Retour en terre Mapuche

Rock

Accords de guerre

Scolarité

Cas d’école

Solidarité

Volem rien foutre al païs

Travail

Volem rien foutre al païs

Attention ! Danger Travail

Ville

Squat – La ville est à nous

Violence

Accords de guerre

S COMME SANGLIER

Va, Toto. Pierre Creton, 2017, 94 minutes.

Un film surprenant. Qui ne ménage pas ses effets de surprises.

Pourtant le cœur du film est constitué par une histoire simple, qui pourrait presque être banale, ou qui finit par le devenir. Elle se résume en quelques faits. Une femme, Madelaine, recueille chez elle, dans la campagne normande, un petit marcassin nouveau-né, dont la mère a été tuée par les chasseurs. Elle l’élève au biberon : attendrissant. Mais la loi interdit de garder chez soi des animaux sauvages. Pour les chasseurs, le sanglier est un animal nuisible. Il faut l’exterminer. Pourtant Madeleine s’attache à Toto, qui la suit partout. Jusqu‘au jour où le garde-chasse viendra pour l’enlever à sa mère adoptive. Révoltant.

Tout pourrait en rester là. Et le film multiplie les plans où Madeleine se promène dans la campagne, suivi par Toto, qu’elle appelle sans cesse pour qu’il ne se perde pas. Une histoire d’amour animal, dont les chasseurs ne sortent pas grandis.

Mais si cette aventure occupe bien la plus grande partie du film, d’autres histoires viennent interférer avec elle, s’enchâssant dans le récit sans crier garde, sans transition aucune, sans prévenir en quoi que ce soit le spectateur qui risque, sur le coup, être quelque peu déboussolé.

D’abord Vincent et ses deux voyages en Inde, évoqués surtout pour sa relation avec les singes, qui envahissent quelque peu sa maison.

Puis Joseph qui nourrit tous les chats du voisinage, ce qui lui demande d’acheter pas mal de sacs de croquettes.

Mais aussi, Pierre, qui n’est d’autre que le cinéaste. Il réussit à faire accepter par Madeleine l’idée de faire un film sur sa relation à Toto le marcassin.

Tout cela dans de courtes séquences qui disparaissent aussi vite qu’elles ont commencé pour en revenir à Toto et à Madeleine, qui continuera à le nourrir au biberon aussi longtemps que possible.

Les images font elles aussi l’objet d’une certaine recherche, le cinéaste utilisant par moment – quand il en a envie – de très beaux split screens, Toto à gauche et des poulets, ou des fleurs, ou un paysage de neige, à droite.

Quant à la bande son, elle aussi brouille les cartes, introduisant des voix off qu’on découvrira au générique être celles d’acteurs. Ces voix peuvent rendre compte des pensées intimes des personnages – Vincent, Joseph, Pierre – mais nous entendons aussi des bribes de dialogue ou des déclarations presque solennelles sur le sens de l’histoire.

 Comme dans la Trilogie en Pays de Caux (les premiers films de Creton) nous retrouvons  la campagne normande et une vie rurale en compagnie d’animaux. Des animaux dont il est ici particulièrement agréable de s’occuper.

A COMME ABECEDAIRE – Eric Pauwels.

Cinéaste belge, il peut être considéré comme un disciple de Jean Rouch dont il a suivi les cours et avec qui il a soutenu une thèse. Il lui a consacré un de ses films.

Son implication personnelle dans ses films est une marque de son cinéma.

Ils peuvent être considérés comme des essais sur fond de références multiples, artistiques, littéraires, historiques.

Afrique

Les Films rêvés

Art

Journal de septembre

Les Films rêvés

La Fragilité des apparences

Autobiographie

Journal de septembre

La Deuxième Nuit

Les Films rêvés

Bonheur

La Fragilité des apparences

Cabane

Les Films rêvés

Cinéma

La Deuxième Nuit

Les Films rêvés

Lettre d’un cinéaste à sa fille

La Fragilité des apparences

Lettre à Jean Rouch

Danse

Face à face

Violin Phase

Diary

Journal de septembre

Enfant

La Deuxième Nuit

Affiche

Famille

Journal de septembre

Lettre d’un cinéaste à sa fille

Femme

Violin Phase

Hommage

Lettre à Jean Rouch

Image

Lettre d’un cinéaste à sa fille

Jeu

La Fragilité des apparences

Mère

La Deuxième Nuit

Mort

La Deuxième Nuit

Naissance

La Deuxième Nuit

Objets

Journal de septembre

Performance

Face à face

Rouch Jean

Les Films rêvés

Lettre à Jean Rouch

Tour du monde

Les Films rêvés

Voyages

Les Films rêvés

V COMME VACHES.

Les vaches n’auront plus de nom. Hubert Charuel. 2019, 51 minutes.

Dans la série « je suis fils de paysans, mais je ne veux pas reprendre l’exploitation familiale. Je préfère faire du cinéma » voici un film familial, qui traite de l’évolution de la paysannerie, du rapport des jeunes générations à la vie rurale et comme fil rouge, les difficultés du métier, ici l’élevage.

Raymond Depardon, dans Profil paysan, avait déjà montré la difficulté que peuvent avoir les petits paysans de trouver un repreneur au moment de partir en retraite.

D’un autre côté, Emmanuel Gras nous avait donné dans Bovine, la vraie vie des vaches, une vision saisissante de ces animaux dont on va pouvoir penser qu’ils peuvent susciter un véritable amour.

Hubert Charuel filme donc ses parents, lui leur fils unique qui ne reviendra pas sur sa décision, malgré les sollicitations de sa mère. Le père part à la retraite, c’est très bien. La mère ne prendra la sienne que dans trois ans, trois années où elle se voit contrainte de placer ses vaches dans une exploitation voisine, entièrement robotisée, où elles ne seront plus qu’un numéro. La fin d’une époque.

Charuel filme ses parents avec une certaine tendresse mais sans émotion excessive. Ils ne cherchent pas à tout prix à les valoriser – ou à les mettre sur un piédestal. Partis de rien, leur réussite professionnelle est exemplaire. Mais cela suffit-il à en faire des héros ?  S’il multiplie les gros plans sur le visage de sa mère – une mère souvent au bord des larmes lorsqu’elle voit ses chères vaches partir – c’est surtout pour manifester son amour filial, lui qui, par sa défection, s’affranchit de la tutelle familiale.

Le film est donc une sorte d’exorcisme, un examen de passage, permettant d’entrer dans le métier de cinéaste en coupant le cordon qui le rattache à ses origines. L’amour de ses vaches de la mère aurait pu à lui seule constituer le sujet d’un film, un amour qui se manifeste tout particulièrement au moment de la séparation qu’implique la retraite. Le réalisateur a préféré s’impliquer lui-même dans le changement de situation de ses parents. Du coup, c’est sa propre démarche – ne pas rester paysan – qui devient le véritable centre du film – et non plus l’activité professionnelle de ses parents et leur départ à la retraite. Comme quoi, se mettre en scène dans son propre film n’est jamais un effet de style ou une facilité scénaristique. Se filmer en train de réaliser son premier film, n’est-ce pas la meilleure manière d’entrer dans le métier ?

W COMME WEBDOCUMENTAIRE.

Retour sur un genre en voie de disparition mais qui a, en son temps, proposé des innovations importantes. On a pu alors parler de Nouvelles Ecritures.

Par rapport au documentaire classique, le webdocumentaire introduit d’abord un changement de support de diffusion. Grâce au web, il s’affranchit des contraintes de la télévision : place imposée dans une grille, nécessité d’un visionnement en continu. Mais les avantages seraient bien maigres si on en restait à cela. En fait, le webdoc a la prétention de se trouver au centre d’un réseau multipliant les supports et les modalités de diffusion. Programmé d’un côté à la télévision, voire en salle de cinéma, sous forme classique, le webdoc accessible sur Internet peut être couplé avec un forum, un blog et des réseaux sociaux, comme Twitter ou Facebook. Du coup, il inaugure l’ère du transmédia. Chaque support est utilisé dans sa spécificité, mais il ne se comprend qu’en interaction avec les autres.

Maintenant, comment le webdoc se présente-t-il à l’écran ? Soulignons d’abord sa dimension multimédia. Sur Internet, il est facile, et indispensable, d’associer textes, sons et images fixes et animées. L’enjeu sera alors de trouver une cohérence dans un matériau qui risque d’être perçu comme hétéroclite. Par exemple, les images se limitent-elles à illustrer un texte, ou bien sont-elles porteuses d’informations spécifiques ? Une musique est-elle un simple fond sonore agréable à l’écoute ? On pourrait multiplier les questions que tout auteur multimédia doit nécessairement résoudre.

Enfin, mais c’est le plus important, le véritable webdoc est interactif. Projet déjà ancien, inauguré dans des cédéroms dits ludoéducatifs et qui jusqu’à présent ne trouvait son plein épanouissement que dans les jeux vidéo. Dans cette perspective, le webdoc a beaucoup d’atouts pour lui. Un grand nombre d’entre eux se présente sous la forme d’une enquête, ou d’un reportage. Les auteurs, dont beaucoup jusqu’à présent sont des journalistes et des photographes, se contentent en quelque sorte de proposer les éléments qui vont en constituer la base. Le webdoc n’impose surtout pas une vision unique du sujet traité. Et l’on peut même penser qu’il sera vite possible que l’utilisateur puisse ajouter des éléments personnels, à partir de ses propres recherches sur Internet.

Le webdocumentaire, plus que toute autre création cinématographique ou multimédia, doit essentiellement son existence aux maisons de production. Et cela se comprend facilement dans la mesure où les coûts sont de plus en plus importants (c’est indispensable pour assurer la qualité) et aussi parce que la diffusion sur Internet ne permet pas une rentabilité équivalente aux documentaires, même si ces derniers ne rapportent que très rarement de l’argent.

Aujourd’hui, beaucoup de diffuseurs – les chaînes de télévision en premier lieu – se sont tournés vers les webséries, qui peuvent être tout aussi bien des fictions que des documentaires.

A COMME ABECEDAIRE- Pierre Carles

On le surnomme souvent Le Michael Moore français, pour sa façon, toujours provocatrice, d’intervenir dans ses films.

Il a souvent travaillé en collaboration avec d’autres cinéastes, Philippe Lespinasse, Nina Faure, Éric Martin, Christophe Coello, Stéphane Goxe entre autres.

Aimargues

Le Rond-point de la colère

Amérique latine

On revient de loin – Opération Correa 2

Anarchisme

Ni vieux, ni traîtres

Austérité

On a mal à la dette

Béarn

Un berger et deux perchés à l’Élysée ?

Bordeaux

Juppé, forcément..

Bourdieu Pierre

La sociologie est un sport de combat

Catalogne

Ni vieux, ni traîtres

Censure

Enfin pris ?

Chômage

Volem rien foutre al païs

Attention ! Danger Travail

Dette

On a mal à la dette

Opération Correa – 1) Les Ânes ont soif

Economie

On revient de loin – Opération Correa 2

On a mal à la dette

Opération Correa – 1) Les Ânes ont soif

Ecrivain

Choron dernière

Election

Un berger et deux perchés à l’Élysée ?

Hollande, DSK, etc

Juppé, forcément..

Engagement

Ni vieux, ni traîtres

Equateur

On revient de loin – Opération Correa 2

Opération Correa – 1) Les Ânes ont soif

Gilets jaunes

Le Rond-point de la colère

Humour

Choron dernière

Journalisme

Fin de concession

Enfin pris ?

Pas vu, pas pris

Manifestations

Le Rond-point de la colère

Pauvreté

On revient de loin – Opération Correa 2

Marginalité

Tant pis tant mieux

Attention ! Danger Travail

Médias

Hollande, DSK, etc

Tant pis tant mieux

Fin de concession

Pas vu, pas pris

Politique

Un berger et deux perchés à l’Élysée ?

On revient de loin – Opération Correa 2

On a mal à la dette

Opération Correa – 1) Les Ânes ont soif

Hollande, DSK, etc

Pas vu, pas pris

Portrait

Un berger et deux perchés à l’Élysée ?

Choron dernière

Ni vieux, ni traîtres

La sociologie est un sport de combat

Juppé, forcément..

Presse

Hollande, DSK, etc

Choron dernière

Solidarité

Le Rond-point de la colère

Volem rien foutre al païs

Sociologie

La sociologie est un sport de combat

Télévision

Fin de concession

Enfin pris ?

Pas vu, pas pris

Travail

Volem rien foutre al païs

Attention ! Danger Travail

E COMME ELECTION – filmographie

1974. Une partie de campagne. Raymond Depardon. Election présidentielle de 1974.

Les Ames dormantes. Alexander Abuturov. Election présidentielle russe à Atchinsk en Sibérie

Atalaku. Dieudo Hamadi. Election présidentielle et élections législatives de 2011 en république Démocratique du Congo.

Au nom du Duce. Amos Gitaï. Election municipale de 1993 à Rome et naples.

La Bataille du Chili. Patricio Guzman Elections législative de mars 73 gagnées par l’Unité populaire.

Un berger et deux perchés à l’Élysée ? Pierre Carles et Philippe Espinasse. Election présidentielle 2017.

La Cause et l’usage. Dorine Brun et Julien Meunier. Election municipale à Corbeil-Essonnes de 2009.

Le Choix de Donzi.  Bénédicte Loubère et Pierre Chassagnieux. Election présidentielle de 2017.

Les Clés de Marseille. Jean-Louis Comolli, Michel Samson. Elections municipales. 2008

Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon. Avi Mograbi. Elections générales 1996. Israël.

Contre pouvoirs. Malek Bensmaïl. Election présidentielle algérienne de 2014

Depuis Médiapart. Naruna Kaplan de Macedo. Election présidentielle de 2017.

Les deux Marseillaises. André S. Labarthe et Jean-Louis Comolli. Elections législatives de juin 1968 à Asnières.

L’Expérience Blocher. JeanStéphane Bron. Elections fédérales 2011. Suisse

De grands événements et des gens ordinaires. Raoul Ruiz, Elections législatives de 1978 dans le 11° arrondissement de Paris

Grano amaro. Cyril Berard et Samuel Picas. Election municipale de Predappio (Italie) en 2019.

Hollande, DSK, etc. Pierre Carles, Nina Faure, Aurore Van Opstal. Election présidentielle 2012

L’Irrésistible Ascension de Moise Katumbi. Thierry Michel.Elections provinciales, République Démocratique du Congo. 2006

Kinshasa Makambo. Dieudo Hamadi. Election présidentielle, République Démocratique du Congo, 2017.

Mare Madnum. Ester Sparatore et Letizia Gullo. Election municipale sur l’ïle de Lampedusa en 2012

Marseille contre Marseille. Jean Louis Comolli et Michel Samson

  • Marseille de père en fils. Elections municipales, 1989.
  • La campagne de Provence. Elections régionales, 1992.
  • Marseille en mars. Elections législatives, 1993.
  • Marseille contre Marseille. Elections municipales, 1995
  • La question des alliances. Elections législatives, 1997.
  • Nos deux marseillaises. Elections municipales et cantonales, 2001.
  • Rêves de France à Marseille. Elections municipales, 2001.

Marseille entre deux tours. Jean-Louis Comolli, Jean-Louis Porte, Michel Samson. Elections municipales, 2014.

Paris à tout prix. Yves Jeuland. Election municipale, Paris. 2001.

Poutine pour toujours. Jean-Michel Carré. Election présidentielle, Russie. 2012

Le Président. Yves Jeuland. Elections régionales 2010

Primary. Robert Drew. Elections primaires, Etat-Unis. 1960.

Seekers. Aurore Vullierme. Elections tribales dans la réserve des Apaches Jicarillas, Dulce, Nouveau-Mexique, Etats-Unis.

Sucre amer. Yann le Masson. Elections législatives, La Réunion, 1963

Vote off. Fayçal Hammoum. Election présidentielle algérienne de 2014.

A COMME ABECEDAIRE -Julia Pinget

Agriculture

Depuis que les animaux sont partis

Banlieue

After Work

Camargue

Une place au soleil

Camping

Une place au soleil

Chômage

La vie c’est pas l’usine, c’est après

Famille

Depuis que les animaux sont partis

Ferme

Depuis que les animaux sont partis

Industrie

After Work

La vie c’est pas l’usine, c’est après

Licenciement

La vie c’est pas l’usine, c’est après

Loiret

Depuis que les animaux sont partis

Mutations

After Work

Ruralité

Depuis que les animaux sont partis

Tourisme

Une place au soleil

Travail

After Work

La vie c’est pas l’usine, c’est après

Urbanisme

After Work

Usine

After Work

La vie c’est pas l’usine, c’est après

Vacances

Une place au soleil

M COMME MARIAGE

No sex last night. Greg Shephard et Sophie Calle, France, 1996, 76 minutes.

C’est un film à deux mains. Ou plutôt deux films qui finalement n’en font plus qu’un. Le film d’un couple qui joue un drôle jeu de couple : se marier, ne pas se marier ? Chacun filme l’autre. C’est facile, ils sont dans la même voiture. Ils font le même voyage, une traversée des États-Unis depuis new York jusqu’à la Californie. En passant par Las Vegas. Peut-être se marieront-ils à Las Vegas…

Lui, c’est Greg, américain, photographe, artiste.

Elle c’est Sophie, française, artiste. Ses installations et ses performances sont célèbres. Elle s’est fait un nom dans le monde de l’art contemporain.

Ils partent à travers des États-Unis à bord d’une vieille Cadillac. Un voyage qui appelle immédiatement la référence au road movie. Mais un voyage qui n’ouvre guère la possibilité d’admirer le paysage. Ni de connaître les gens que l’on croise. Le voyage est plutôt orienté vers les pannes successives de la voiture et le prix de chaque réparation. A quoi s’ajoute ce qui semble être la préoccupation unique de Sophie : Greg acceptera-t-il de se marier avec elle ?

Le film que nous voyons réunit donc des fragments des deux films réalisés par l’un et l’autre. Deux films qui fusionnent donc parce qu’ils se répondent systématiquement. Ils s’entrecroisent au point de pouvoir facilement ne faire plus qu’un. Un récit commun, mais où chacun garde sa liberté d’expression.

La bande son propose des fragments de dialogue, peu nombreux. Mais surtout des apartés où chacun évoque l’autre, prend position sur leur aventure. Des commentaires brefs qui veulent rendre compte de leurs pensées, de leur état d’esprit et de leur décisions – s’ils en prennent. Des commentaires qui dans sa bouche à elle peuvent se résumer par le refrain quotidien : no sex last night.

Finalement ils se marieront à Las Vegas, sans descendre de leur voiture et passeront leur nuit de noces dans celle-ci. Pourtant ils finiront par abandonner la vieille Cadillac à Los Angeles. Tant pis pour le mythe de la belle américaine éternelle.

Plus qu’un film de Greg Shepard et Sophie Calle, No sex last night n’est-il pas en définitive une performance de Sophie Calle, uniquement. N’est-ce pas elle qui a monté le voyage, qui a introduit le pseudo suspens sur leur mariage, qui a alors décidé de la forme à donner au film ? Si elle ne le dit pas tout ici renvoie aux composants essentiels de son art : la dimension autobiographique, le récit personnel et intime, le voyage comme poursuite d’un but unique. Dans tout cela, Greg n’a qu’une place secondaire. Sa place se réduit à la possibilité de dire oui ou non à la proposition de mariage. Il va d’ailleurs occuper cette place de son mieux, passant du non au oui sur la question du mariage et jouant finalement tout simplement son rôle de marié.

Avec Sophie Calle, le cinéma peut prétendre jouer dans la cour des performances de l’art contemporain.

P COMME PYGMEES

Makongo. Elvis Sabin Ngaïbino, Centrafrique, Argentine, Italie, 2019, 72 minutes.

Les pygmées n’ont pas toujours une vie bien rose. Non seulement leurs conditions de vie dans la forêt sont particulièrement difficiles, mais en plus ils sont systématiquement l’objet de discriminations. Dès qu’ils se rendent en ville, il leur faut supporter quolibets, moqueries et autres insultes. D’une manière générale, ils ne sont pas considérés tout à fait comme des hommes.

C’est le grand mérite du film d’Elvis Sabin Ngaïbino de nous plonger dans la vie d’une communauté pygmée dans la forêt en Centrafrique. Il nous faire découvrir leur culture, leur choix de vivre en respectant leurs traditions, mais aussi, surtout pour les plus jeunes, leur volonté de s’ouvrir au monde, essentiellement par l’éducation.

Nous suivons plus particulièrement deux jeunes garçons, qui finissent leur scolarité en collège pour l’un et au lycée pour l’autre. Ils rêvent de pouvoir poursuivre des études. Mais il leur faudra pour cela aller vivre à la capitale, ce qui en soi est une épreuve difficile à affronter.

En attendant, le plus grand donne des leçons aux enfants. Dès leur plus jeune âge, il entreprend de leur apprendre à lire et à écrire, en commençant par la reconnaissance des lettres et des chiffres. Les enfants répètent en chœur et avec application le nom des voyelles, en français. Mais rien ici n’est facile. La craie coûte cher et il faut l’économiser le plus possible.

La grande affaire de la communauté, c’est la récolte des chenilles (Makongo = chenilles). Il faut d’abord être attentif au moment où elles seront prêtes pour la cueillette. Celle-ci mobilise toute la communauté, car c’est le seul moyen pour elle d’avoir quelques revenus. Après l’expédition en forêt pour la récolte, il faudra les faire griller, et aller les vendre à Bangui, ce qui n’est pas une mince affaire. L’hébergement sur lequel les deux jeunes futurs étudiants pensaient pouvoir compter leur est refusé et ils doivent dormir dans la rue. Au marché, il y a bien des acquéreuses de leurs chenilles (plat national apprend-on), mais toutes s’évertuent à faire baisser les prix. Une confrontation difficile avec les lois du marché.

Le film comporte deux séquences particulièrement émouvantes. En premier lieu l’enterrement d’un enfant nouveau-né et le discours que lui adresse son père. Puis en clôture du film la désignation des enfants qui vont pouvoir aller à la « vraie » école. La vente des chenilles a permis de réunir quelques fonds pour cela, mais pas suffisamment pour payer la scolarité de tous les enfants. Le choix se fait par tirage au sort. Les heureux élus ne manifestent pas leur joie, en pensant visiblement à ceux qui n’ont pas leur chance. La caméra essaie de capter en gros plan les visages de ces derniers où apparaissent des larmes, discrètes mais bien réelles. Un appel à l’aide, silencieux, mais qui n’en est que plus fort.

F COMME FLEUVE – Brésil

Rio de vozes. Andréa Santana et Jean-Pierre Duret, Brésil, 2020.

Le fleuve c’est le Rio São Francisco, dans le Sertão Brésilien, une région connue pour son aridité, son manque d’eau, une désertification galopante, accrue par la déforestation et les cultures intensives. Alors le fleuve, c’est la vie, une vie à laquelle s’accroche toute une population, prête à se battre pour ne pas mourir.

De Andréa Santana et Jean-Pierre Duret nous ne pouvons oublier cette trilogie brésilienne qui nous avait conduit du Nordeste jusqu’à Sao Paulo, où les immigrés du nord essaient de survivre dans les rues de la Mégalopole (Romances de terre et d’eau, 2001 ; Rêves de Sao Paulo, 2004). Nous avions enfin regardé survivre des adolescents dans une station-service au bord d’une grande route (Puisque nous sommes nés, 2008.) Ils étaient retournés en France le temps d’un film sur la précarité dans la banlieue lyonnaise et l’entraide qui lui répond (Se battre, 2013). Ils sont aujourd’hui de retour dans ce Brésil dont la situation politique actuelle ne pousse pas vraiment à l’optimisme, pour un nouveau film au fort parfum de nostalgie mais qui est aussi une ode à la vie, une vie simple sur le fleuve, une vie qui doit tout au fleuve. Tant que le fleuve n’est pas totalement asséché.

La vie du fleuve, c’est le poisson. Même s’il devient de plus en plus rare. Les pêches ne sont plus miraculeuses. Souvent, après toute une journée passée sur le fleuve, le pêcheur ramène tout juste de quoi nourrir sa famille. Mais les pêcheurs ici, et les pêcheuses, sont des passionné.e.s. Aucun.e n’imagine une autre vie, un autre métier.

Le film commence par la fabrication d’une barque et sa première mise à l’eau. Des barques qui seront omniprésentes dans les images, comme les vues du fleuve et de ses berges. Aux grandes étendues d’eau succèdent la vision de la terre de plus en plus désertique. Une évolution qui semble irréversible.

Malgré les incertitudes qui pèsent sur l’avenir, les habitants du fleuve que rencontrent les cinéastes ne se laissent pas aller au désespoir. Ils commencent plutôt à s’organiser collectivement, par exemple en entreprenant des cultures maraichères. Les jeunes finissent par retrouver foi en l’avenir.

Comme les précédents films du duo Santana-Duret, ces Voix du fleuve sont un film profondément humaniste. On y retrouve ce même amour profond pour un pays, une terre, et ces habitants si profondément attachés à leur fleuve. Dans le contexte actuel du Brésil ce film a une valeur inestimable.

Festival Filmer le travail, Poitiers 2021.

M COMME MENAGE – Sur internet.

Clean with me (after dark). Gabrielle Stemmer, France, 2019, 21 minutes.

Elles briquent, récurent, font briller, dépoussièrent ; elles passent l’aspirateur, le balai, le chiffon ; dans la cuisine, les chambres, le salon, partout dans la maison … C’est la guerre à la saleté, à la poussière, aux traces sur les meubles, le frigo, la machine à laver, les tables, les cuisinières. Toute la journée, elles nettoient, lavent, astiquent. Toute la journée et même parfois tard dans la nuit. Elles sont jeunes, belles, dynamiques. Elles ont une chaîne YouTube où elles se filment en train de faire le ménage. Des films parfois de plus d’une heure, qu’elles commentent avec entrain. Elles expliquent comment elles s’y prennent, dans quel ordre, avec quel produit. Et toujours avec le sourire.

Des sourires qui pourtant sur d’autres images, d’autres comptes YouTube ou Instagram, finissent par se figer. Ces sourires ne seraient-ils que de pure façade ?

Il n’est pas besoin de chercher bien longtemps sur Internet pour tomber sur de tout autres sons de cloche. Elles sont toujours belles et jeunes devant leur caméra, mais elles sourient beaucoup moins. Elles ont toujours besoin de parler et comme elles n’ont pas d’amies à qui se confier, elles parlent dans un micro et publient leurs confessions sans se poser la question de qui les écoutera. Car la réception de leurs messages n’a aucune existence. Ce qui compte, c’est de pouvoir enfin parler. Se libérer de sa souffrance, de ce poids de la vie, de cette solitude de plus en plus difficile à supporter.

Elles voudraient ne pas pleurer, mais il est bien difficile de retenir ses larmes, ses sanglots, quand on pleure toute la journée. Alors elles racontent leur vie en pleurant. Leur vie de femmes au foyer, dans un cadre souvent luxueux (la middle class américaine). Elles se sont mariées jeunes, avec un militaire qui tout aussitôt est parti au loin. Elles ont eu des enfants, qui au début pouvaient très bien combler leur solitude, mais qui très vite sont aussi devenus insupportables. De toute façon, il n’y a pas d’issue, il n’y a plus d’issue. Leurs vidéos sont sans doute des appels à l’aide. Mais elles savent très bien que personne ne répondra, et que les commentaires qui se veulent réconfortants ne sont que de pure forme.

N’y -t-il donc pas d’autres moyens qu’internet pour lutter contre l’anxiété, la dépression ? Est-ce un moyen efficace ?

Le film de Gabrielle Stemmer est un montage particulièrement cohérent – et pertinent – d’extraits de ces confessions de femmes au foyer, allant du rire aux pleurs, du clinquant style publicité au désarroi le plus profond. Ce n’est pas à proprement parler un film féministe, bien qu’en creux c’est bien la condition que la société masculine fait à ces femmes qui est en jeu. Des femmes qui ne se posent pas ce type de questions, qui continuent donc de souffrir en silence. En silence, malgré le flot de paroles amères et de larmes sincères qui envahissent internet. Internet qui est ici, encore plus qu’ailleurs sans doute, le monde de l’illusion.

Festival Filmer le travail, Poitiers, 2021.

K COMME KIOSQUE – journaux

Le Kiosque. Alexandra Pianelli, France, 2019, 78 minutes.

Métier : marchand de journaux. Lieu : le kiosque de la place Victor Hugo, Paris dans le 16° arrondissement, les « beaux quartiers ».

Il s’agit donc d’abord dans le film, de présenter ce métier, d’en expliquer le fonctionnement, les obligations et les contraintes, son évolution aussi à l’heure d’internet et de la disparition progressive de la presse papier. Un métier présenté à l’aide d’une carte du quartier et de petites maquettes en carton qu’une main alerte anime. Et puis nous sommes sur place pour visualiser l’ensemble des titres, leur place respective, comme l’emplacement des pièces à portée de la main pour rendre plus facilement la monnaie.

La cinéaste connait bien ce kiosque et ce métier. Il est actuellement tenu par sa mère, qu’elle remplace pour un temps ; le temps du film. Avant la mère c’était la grand-mère qui travaillait là. Plusieurs générations se sont succédé dans ce kiosque. Du coup le film a un petit air de saga familiale et la séquence finale qui voit le kiosque démonté et chargé sur un camion ne peut qu’être émouvante.

La caméra est placée à l’intérieur du kiosque dans cet espace plus que restreint, ce qui empêche tout effet de changement de cadre. Nous voyons la rue et ses passants, la banque située en face du kiosque, et les magasines situés sur les côtés du kiosque. Lorsque la caméra s’incline, c’est pour voir les pieds de la cinéaste devenue vendeuse de journaux.

Cette contrainte de filmage a un intérêt certain : voir les clients. Le film dresse donc les portraits de quelques habitués, un SDF que tout le monde aime bien, un vieux messier qui offre des gâteaux et une vielle dame, et ainsi de suite. Tout ce petit monde se retrouvera pour fêter le départ à la retraite de la mère de la cinéaste. Le kiosque familial, c’est bel et bien fini. On ne peut manquer de penser au portrait réalisé par Alain Cavalier, de la fin d’activité de Léon, le cordonnier qui lui aussi prend sa retraite après une vie professionnelle bien remplie dans sa petite boutique parisienne. Alexandra, elle, pourra se consacrer au cinéma.

Pour autant, le film ne se limite pas à cette dimension « filmer le travail ». Ou alors il faut le comprendre comme un projet de filmer le cinéma en train de se faire, de l’intérieur donc, avec l’intervention systématique de la cinéaste expliquant son projet et les aspects principaux de sa réalisation.

Finalement, le Kiosque est un film qui se regarde avec plaisir car il ne manque pas d’humour. Il sait aborder les problèmes économiques et sociaux avec une certaine légèreté, mais sans simplification. Une tranche de vie personnelle et professionnelle, qui parle à tout le monde. Les kiosques à journaux font partie du paysage urbain. Leur disparition serait une déshumanisation supplémentaire de la vie citadine.

Festival Filmer le travail, Poitiers, 2021

Voir Alain Cavalier : 6 portraits XL

C COMME CHINE – Travail en France

Jour après jour. Bai Long, 2020, 26 minutes

Jour après jour, a la particularité d’être réalisé par un jeune cinéaste chinois venu en France apprendre le cinéma (master de réalisation documentaire à Lussas, son film étant produit par Ardèche images association). Un film qui s’intéresse aux conditions de travail en France d’immigrées chinoises, en l’occurrence deux femmes, deux sœurs, qui effectuent des travaux de couture.

Le film n’est pas réalisé dans un atelier, mais dans un appartement, un petit appartement, deux pièces tout au plus, dont on peut imaginer qu’il se situe dans le chinatown parisien. Un appartement passablement encombré par les textiles et les machines à coudre dont on entend le bruit pratiquement tout au long du film. C’est que les deux sœurs travaillent sans s’interrompre, jour et nuit presque. Elles ne s’arrêtent de coudre que pour manger. Dormir un peu quand même aussi, à ce qu’elles disent. Mais nous ne les voyons que coudre et manger, parfois debout à côté de leurs machines. Une cuisine vite faite, des pâtes surtout. Il n’y a que l’adolescent de la maison qui prend le temps de confectionner une cuisine un peu plus élaborée. Mais les plans qui lui sont consacrés ne servent que de plans de coupe au filmage du travail de couture.

Le même film pourrait très bien être réalisé en Chine. On retrouverait les mêmes conditions de travail, la même pression exercée par un patron invisible mais omniprésent, la même hantise de respecter les délais, le même enferment entre les quatre murs d’une pièce où il n’est presque pas possible de se déplacer à cause des tas de tissus entassés sur le sol.  Ces conditions de travail on les avait déjà vues en particulier dans le film de Wang Bing, Argent amer. Il s’agissait alors d’immigrées de l’intérieur, des filles de la campagne venus en ville pour gagner un peu d’argent. Celles qui sont venues en France, vivent et travaillent comme si elles étaient restées en Chine.

Ce film de 26 minutes pourrait très bien devenir un long métrage par l’ajout, par exemple, d’entretiens ou de confidences faites par les protagonistes sur leur arrivée en France et leur vision de la vie occidentale. Mais l’intérêt du format court c’est de se concentrer sur une problématique unique, les conditions de travail en l’occurrence. On assiste bien à un aspect des relations entre les deux sœurs, mais il s’agit uniquement de celles qui concernent précisément le travail, l’une étant en quelque sorte d’apprentie de l’autre. Des relations de maître à élèves qui ne s’embarrassent pas d’affectivité, l’apprentie étant systématiquement rabrouée lorsqu’elle se trompe, ce qui arrive presque systématiquement.

Ces femmes qui ne parlent que mandarin travaillent comme elles travaillerait en Chine. Tout comme elles mangent comme en Chine. Sortent-elles de leur appartement lieu de travail ? Apparemment, le problème de l’intégration à la société européenne ne se pose pas pour elles.

Festival Filmer le travail 2021, Poitiers.

T COMME TANNERIE – Portugal

Curtir a pele. Inês Gil, Portugal, 2019, 76 minutes.

Une histoire de peaux.

L’incipit du film montre une femme qui se maquille devant son miroir

Le reste du film est consacré au travail dans une tannerie, le travail des peaux, celles des animaux.

Ce travail est filmé au plus près. Un travail sale et fatiguant. Répétitif. Les mêmes gestes à l’infini.

Les machines ont-elles rendu ce travail plus facile ? Pas vraiment. Elles demandent plus de concentration, sous peine d’y laisser un doigt ou même la main.

Le film détaille ce travail avec une grande précision. Sans commentaire. En dehors de ceux donnés par les ouvriers, le plus souvent en voix off. Des évocations de leur vie d’ouvrier. Et depuis le temps qu’ils sont là, s’ils sont toujours là, c’est bien qu’ils aiment leur travail. Ou du moins ils ne s’imaginent pas vivant sans ce travail, sans venir à l’usine. Même si la récolte des olives est chose d’important.

Il suffit de voir. Des plans qui rendent comptent aussi de l’ambiance générale. Les ouvrières en particulier sont les plus bavardes. Elles ne sont plus que deux dans l’usine. Travaillant souvent en face à face. Évoquant le départ de Patricia. Celle dont tout le monde parle, justement parce qu’elle n’est plus là.

On ne parle pas de la crise que traverse le pays, mais elle est omniprésente. L’usine ne sera-t-elle pas contrainte, comme tant d’autres, de fermer un jour ?

En dehors du huis-clos de l’usine, le film nous conduit dans les familles des ouvriers. Des confessions souvent nostalgiques du passé, comme ce couple qui feuillète son album de mariage. Une intimité familiale qui fait écho à l’intimité du travail à l’usine.

Ce film est un important complément à ceux qui nous faisait jusqu’à présent toucher du doigt la réalité du travail en usine, que ce soit la construction automobile (Humain trop humain de Louis Malle par exemple), ou le travail dans les abattoirs (Entrée du personnel de Manuela Frésil).

Festival Filmer le travail, Poitiers, 2021

A COMME ABECEDAIRE – Laurent Bécue-Renard

Une œuvre d’une remarquable unité, autour de la guerre, des guerres du XX° siècle – ou plutôt de l’après-guerre, pour ceux qui ont survécu mais qui ne s’en sortent pas indemnes. Comment vivre après l’Irak ou l’Afghanistan, et dans l’ex-Yougoslavie quand tous les hommes de la famille ne sont plus là ? Quelle aide proposer (une thérapie ?) Quelle utilité peut-elle avoir ?

Bosnie-Herzégovine

De guerre lasses

Que vivent les femmes !

Vivre après – Paroles de femmes

Deuil

De guerre lasses

Que vivent les femmes !

Etats-Unis

Of Men and War

Famille

Of Men and War

Femme

De guerre lasses

Que vivent les femmes !

Vivre après – Paroles de femmes

Guerre

Of Men and War

De guerre lasses

Que vivent les femmes !

Vivre après – Paroles de femmes

Mémoire

De guerre lasses

Psychologie

Of Men and War

Vivre après – Paroles de femmes

Thérapie

Of Men and War

Que vivent les femmes !

Traumatisme

Of Men and War

Vétérans

Of Men and War

A COMME ABECEDAIRE – Roberto Minervini

Cinéaste italien, vivant et travaillant aux Etats-Unis.

Adolescence

Stop the Pounding Heart

Afro-américains

What You Gonna Do When the World’s On Fire?

Armes à feu

Louisiana. The Other Side

Stop the Pounding Heart

Drogue

Louisiana. The Other Side

Elevage

Stop the Pounding Heart

Etats-Unis

What You Gonna Do When the World’s On Fire?

Louisiana. The Other Side

Stop the Pounding Heart

Exclusion

Louisiana. The Other Side

Famille

Stop the Pounding Heart

Louisiane

What You Gonna Do When the World’s On Fire?

Louisiana. The Other Side

Marginalité

What You Gonna Do When the World’s On Fire?

Louisiana. The Other Side

Stop the Pounding Heart

Racisme

What You Gonna Do When the World’s On Fire?

Religion

Stop the Pounding Heart

Rodéo

Stop the Pounding Heart

Ruralité

Stop the Pounding Heart

Violence

What You Gonna Do When the World’s On Fire?

C COMME CŒUR – Jeune fille.

Stop The pounding heart. Roberto Minervini, Belgique-Italie-Etats-Unis, 2013, 100 minutes.

Le film d’une communauté, d’une famille de cette communauté, d’une jeune fille de cette famille. Un enchâssement parfaitement bien réglé. Et donc particulièrement efficace.

La communauté ce sont ces fermiers -chez nous on dirait des paysans -des états ruraux du sud-ouest des Etats-Unis. En dehors de leurs élevages, ils ont deux passions : le rodéo et les armes à feu. Pour le rodéo, il faut s’entraîner dur. Et depuis le plus jeune âge. Sur un taureau en métal, que l’on secoue par derrière énergiquement. Et puis sur des bêtes de plus en plus puissantes, jusqu’au jour on l’on pourra affronter le public, une foule toujours passionnée. Tout cela provoque bien des chutes et les accidents ne sont pas rares, malgré l’équipement de protection.

Pour manier les armes à feu – de toutes sortes, du revolver au fusil d’assaut – il est aussi nécessaire de s’entrainer., apprendre à tirer sur une cible, de plus en plus petite et de plus en plus éloignée. Et il est aussi indispensable de persévérer, de ne jamais renoncer. La volonté de réussir est plus forte que toutes les douleurs.

La famille : un couple et une multitude d’enfants (il est difficile de les compter !) Ils élèvent des chèvres et le début du film détaille ce travail, nourrir les bêtes, les traire, faire le fromage et aller les vendre au marché. Mais ce qui compte avant tout pour eux, c’est la religion, l’affirmation de leur foi qu’ils manifestent du matin – dès la prière du petit déjeuné qui ouvre le film – jusqu’au soir. Les enfants ne vont pas l’école, pour éviter les mauvaises influences et les ainés apprennent à lire aux plus petits. La mère se charge de l’éducation morale et religieuse. Dans une longue séquence elle explique à sa fille ainée que Dieu a créé la femme pour servir l’homme. Et cela doit guider la vie entière.

Sara, la jeune fille, écoute tout cela sans commentaire, sans réaction apparente. Pourtant on sent bien au fur et à mesure du déroulement du film qu’elle commence à se poser des questions. Le cinéaste multiplie les gros plans sur son visage, comme pour percer le secret de son âme. Un visage souvent penseur, mais jamais vraiment inquiet. Sara commence à découvrir peu à peu la société, en dehors de sa famille. Avec des amies de son âge. Et puis, il y a ce cow boy qui l’invite à essayer de chevaucher un taureau. Ce qu’elle refuse, évidemment, mais il vient de plus en plus souvent près de l’enclos de l’entrainement assister aux exploits du cow-boy.

Minervini réalise là un film extrêmement touchant, surtout par le filmage intimiste de Sara. Sans jamais rien expliquer – la jeune fille parle très peu et surtout pas de ses sentiments – il ouvre une réflexion sur le sens de la vie rurale, loin des excès de la modernité, mais une vie qui est sans doute destinée à disparaître.

Le film peut faire penser par bien des aspects au roman de Jim Harrison, la fille du fermier.

M COMME MANIFESTATIONS – Filmographie.

Le Chili et l’Argentine en Amérique latine, les Printemps arabes, l’Ukraine en Europe et en France Mai 68, le CPE, les Gilets Jaunes, les retraites…Autant de situations qui jettent les gens dans la rue, pour s’opposer, contester, revendiquer. Partout des slogans, des pancartes, des chants et de la musique. Et puis des pavés opposés aux canons à eau et autres grenades fumigènes, des casques et des fusils. Les manifestations ne sont pas toujours pacifiques et beaucoup n’ont pas l’ambiance bon enfant des défilés du premier mai d’antan ni la dimension festive des gay prides. Dans beaucoup de pays la répression semble même de plus en plus violente. Une violence que certains jugent nécessaires pour se faire entendre et obtenir gain de cause.

L’acadie, l’acadie ?!? Michel Brault et Pierre Perrault, 1971

L’année de la découverte. Luis Lopez Carrasco, 2019.

At Berkeley. Frederick Wiseman, 2013.

Avenue Rivadavia. Christine Seghezzi, 2012

Bariz (Paris), le temps des campements. Nicolas Jaoul, 2020

Basta ya de conciliar es tiempo de luchar. Leonardo Perez, 2015.

La Bataille du Chili. Patricio Guzman, 1973.

Blacks Panthers. Agnès Varda,1968.

Bleu Blanc Rose, Yves Jeuland, 2002.

Le Chant des tortues, Jawad Rhalib, 2013.

Chats perchés, Chris Marker, 2004.

Cinq caméras brisées. Emad Burnat et Guy Davidi, 2011.

Los Desnudos. Clarisse Hahn, 2012.

La Dignité du peuple. Fernando Solanas, 2005.

En route pour le milliard. Dieudo Hamadi, 2020.

Le fond de l’air est rouge. Chris Marker, 1977 – 1993.

Free Angela Davis and all political prisoners. Shola Lynch, 2012.

Grands soirs, petits matins. William Klein, 1978.

(G)rève général(e), Matthieu Chatellier et Daniela de Felice, 2008.

Grève ou crève. Jonathan Rescigno, 2020.

L’Heure des brasiers. Fernand Solanas, 1968

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd. Laetitia Carton, 2014

Kashima paradise. Yann Le Masson, 1973.

Kinshasa Makambo, Dieudo Hamadi, 2018

Maïdan. Sergueï Loznitsa, 2014.

Mémoire d’un saccage. Argentine, le hold-up du siècle, Fernando Solanas, 2004

Ne nous racontez plus d’histoires. Carole Filiu-Mouhaki et Ferhat Mouhali, 2020.

Nous ne vendrons pas notre avenir, Niki Velissaropoulou, 2018.

On a grèvé. Denis Gheerbrant. 2013

On ira à Neuilly inch’Allah, Mahdi Ahoudig, 2015.

On va tout péter, Lech Kowalski, 2019

Outcry and whisper. Wen Hai, Jingyan Zeng, Trish McAdam, 2020.

Paris est une fête, Sylvain George, 2017.

Le Printemps d’Hana, Sophie Zarifian et Simon Desjober, 2013

Les Révoltés.  Michel Andrieu, 2019.

Le Silence des autres. Robert Bahar, 2019.

Tahrir. Place de la libération. Stefano Savona

Vote off. Fayçal Hammoum. 2017.

Zona franca.  Georgi Lazarevski (2016)