A COMME ABECEDAIRE – Lise Baron

Alcoolisme

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Bâteau

Erika, au nom de la mer

Bretagne

Erika, au nom de la mer

Catastrophe

Erika, au nom de la mer

Engagement

Étudiants, tous à l’usine ! – Itinéraires de maoïstes ouvriers

Etudiants

Étudiants, tous à l’usine ! – Itinéraires de maoïstes ouvriers

Duras Marguerite

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Ecologie

Erika, au nom de la mer

Indochine

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Journalisme

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Justice

Erika, au nom de la mer

Littérature

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Mai 68

Étudiants, tous à l’usine ! – Itinéraires de maoïstes ouvriers

Marée noire

Erika, au nom de la mer

Maoïsme

Étudiants, tous à l’usine ! – Itinéraires de maoïstes ouvriers

Ouvriers

Étudiants, tous à l’usine ! – Itinéraires de maoïstes ouvriers

Pétrole

Erika, au nom de la mer

Portrait

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Pollution

Erika, au nom de la mer

Prix Goncourt

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

Roman

Marguerite Duras, l’écriture et la vie

A COMME ASSASSINAT

Assassinat d’une modiste. Catherine Bernstein, 2005, 87 minutes.

         Ce film retrace l’histoire d’une famille, une famille juive, à travers l’évocation d’un de ses membres, Odette Fanny Bernstein, la grand-tante de la réalisatrice. Une histoire familiale prétexte à aborder l’Histoire de la France de l’entre-deux-guerres et de l’occupation. Un film historique donc, mais construit comme le récit d’une recherche de l’histoire familiale. Une enquête précise sur la politique du gouvernement de Vichy vis-à-vis des juifs en France.  En même temps, la reconstitution d’une destinée individuelle qui devient le symbole du sort des juifs de 1940 à 1943. Une histoire personnelle qui ajoute à la connaissance historique toute l’émotion dont est capable le cinéma.

         Malgré le fait qu’elle ait été déportée et qu’elle soit morte à Auschwitz, Odette Fanny Bernstein aurait pu rester une victime anonyme, parmi tant d’autres, de la barbarie nazie. Son destin est pourtant en soi digne d’intérêt. Née en 1901 à Neuilly, dans une famille aisée, elle quittera ses parents à 23 ans et aura la hardiesse, non seulement de voler de ses propres ailes, mais surtout de fonder une entreprise artisanale. Modiste installée à Paris près des Champs Elysées (rue Balzac près du cinéma du même nom), elle prendra le nom de Fanny Berger et deviendra riche et célèbre grâce à la création de chapeaux qui firent la mode avant-guerre et même au début de l’occupation. Le film retraçant sa vie aurait pu en rester à cette position en soi déjà fortement porteuse de sens : un désir d’émancipation qui pourrait être considéré comme annonciateur de positions féministes ; une implication sociale et culturelle dans le développement de la mode parisienne. Ce deuxième aspect est présent à travers les commentaires d’une historienne de la mode. Le premier, par contre, est quasiment absent du film, sans doute parce que la réalisatrice n’a trouvé que très peu de documents concernant la vie personnelle de sa grand-tante. Avant-guerre, il n’existe d’elle pas de rentrer pratiquement pas de photos ou de correspondances. Ou alors, la réalisatrice n’a pas souhaité les dévoiler. Son propos n’est pas d’entrer dans l’intimité, la vie sociale ou sentimentale de son personnage. Il s’agit de l’histoire d’une femme juive. Ce qui est autrement plus important.

         La dimension historique du film, c’est d’abord l’énumération exhaustive des lois concernant les juifs promulguées par le gouvernement de Vichy, de l’obligation de porter l’étoile jaune aux diverses interdictions dont ils étaient frappés. C’est ensuite l’explication tout aussi minutieuse des mécanismes de spoliation mis en place pour « aryaniser » l’économie française, de la nomination d’administrateurs provisoires à la vente forcée des entreprises sans que les propriétaires en perçoivent le revenu. C’est enfin la mise en lumière des étapes de la déportation, des camps du Loiret à Auschwitz en passant par Drancy et les grandes rafles parisiennes, en montrant comment la police française s’est faite l’exécutant zélé de la politique allemande.

          Le film de Catherine Bernstein est un film historique dans lequel la réalisatrice fait œuvre d’historienne. Mais elle fait en même temps œuvre de cinéaste. Le choix d’un historien intervenant sur la spoliation des juifs doit sa pertinence à des compétences historiques. La façon de filmer les façades des immeubles des avenues où a résidé Fanny renvoie à son talent de cinéaste. Les images d’archives, en particulier celles des camps du Loiret n’ont pas qu’une valeur informative. Leur place dans la construction du film, leur relation aux images qui les entourent, est certes un travail de montage. Mais aussi une interpellation du spectateur. Quant à la photo de Fanny, cette jeune femme élégante, l’insistance avec laquelle la réalisatrice la cadre est un élément émotionnel déterminant. Toute une vision de l’Histoire réside dans cette image.

A COMME ABECEDAIRE – Catherine Bernstein

Allemagne

Fritz Bauer : un procureur contre le nazisme

Les Absentes

Les Raisins verts

Oma

Amitié

Paysage

Antisémitisme

Ils sont partis comme ça…

Assassinat d’une modiste

Archives

Ils sont partis comme ça…

Asylum

Bulgarie

Le Libraire

Collaboration

La SNCF sous l’Occupation

Communisme

Le Libraire

Corps

Nue

Criminalité

Autopsie d’une femme vivante

Déportation

La SNCF sous l’Occupation

Ils sont partis comme ça…

Un crime français

Ecrivain

Le Libraire

Famille

Ils sont partis comme ça…

Femme

Nue

Assassinat d’une modiste

Les Absentes

Les Raisins verts

Oma

Autopsie d’une femme vivante

Gary Romain

Le Libraire

Guerre

La SNCF sous l’Occupation

Fritz Bauer : un procureur contre le nazisme

Après la guerre, les restitutions

T4, un médecin sous le nazisme

Ils sont partis comme ça…

Un crime français

Assassinat d’une modiste

Les Raisins verts

Handicap

T4, un médecin sous le nazisme

Oma

Histoire

La SNCF sous l’Occupation

Fritz Bauer : un procureur contre le nazisme

Après la guerre, les restitutions

Ils sont partis comme ça…

Le Libraire

Un crime français

Asylum

Les Absentes

Oma

Image de soi

Nue

Informatique

Alan Turing, le code de la vie – Le Modèle Turing

Justice

Fritz Bauer : un procureur contre le nazisme

Médecine

T4, un médecin sous le nazisme

Mode

Assassinat d’une modiste

Nazisme

Fritz Bauer : un procureur contre le nazisme

T4, un médecin sous le nazisme

Assassinat d’une modiste

Les Absentes

Oma

Nudité

Nue

Occupation

La SNCF sous l’Occupation

Philosophie

Le Voyage encyclopédique de Michel Serres

Police

Le Libraire

Politique

Après la guerre, les restitutions

Portrait

Fritz Bauer : un procureur contre le nazisme

Après la guerre, les restitutions

T4, un médecin sous le nazisme

Alan Turing, le code de la vie – Le Modèle Turing

Un crime français

Le Voyage encyclopédique de Michel Serres

Autopsie d’une femme vivante

Psychiatrie

Asylum

Résistance

La SNCF sous l’Occupation

SNCF

La SNCF sous l’Occupation

Vichy

Un crime français

Zay Jean

Un crime français

L COMME LESBIENNE

Dieu merci, je suis lesbienne. Laurie Colbert et Dominique Cardona, 1992, 55 minutes.

Paroles de femmes. Mais pas n’importe quelles femmes. Elles s’affirment lesbiennes. Elles se revendiquent lesbiennes. Ce qui n’est pas une étiquette. Mais leur raison de vivre. Leur être même.

Des paroles directes, sincères, sans langue de bois. Sans faux-fuyant non plus. Des paroles réjouissantes tant on sent ces femmes libres – libérées. Et si heureuses. Même les plus âgées. Celles qui ont connu ces temps difficiles où le simple mot, lesbienne, pouvait résonner comme une insulte chargée de mépris. Toutes n’ont pas eu la chance de ne pas connaître le placard.

Des femmes de plusieurs âges donc. Même s’il n’y a pas parmi les interviewées de très jeunes filles. Des femmes de plusieurs pays d’origine, même s’il n’y a pas d’africaine ni d’asiatique. Mais leur propos n’en est pas moins pour autant universel. Concernant le sens de l’existence, au-delà des différences sociales et culturelles.

Toutes racontent tout simplement la découverte de leur homosexualité. Leur acceptation de ce qui de toute façon est une évidence. Car au fond, lesbienne, ne l’ont-elles pas toujours été ? Au moment où elles parlent – plusieurs rayonnantes de bonheur quand d’autres sont plus réservées, moins démonstratives – elles ont toutes la certitude qu’il ne pouvait pas en être autrement. Ce qui n’est donc pas une question de choix, mais une réalité existentielle.

Elles abordent, sur demande des réalisatrices, les questions qui ne pouvaient pas ne pas figurer dans un tel film. La bisexualité par exemple, qu’elles rejettent en blog. Ou le sadomasochisme, qu’elles refusent tout autant spontanément. Quant au féminisme, elles le pratiquent concrètement. Lesbiennes et féministes, un seul et même mode de vie.

Datant de 1992, ce film pourrait sembler à priori un peu vieillot. Il n’en est rien. Les réalités abordées n’ont rien perdues de leur actualité. Et les images d’archives, les manifestations et autres parades LGBT, qui ponctuent le film font toujours partie de notre présent. Si le lesbianisme reste encore pour certaines femmes un combat, ce film sera pour elles un réconfort et un encouragement. Car elles ne pourront pas ne pas se dire : j’ai même rencontré des lesbiennes heureuses.

P COMME PORTRAIT – Jane Birkin

Jane B par Agnès V. Agnès Varda, 1988, 94 minutes

Varda et tout l’art du portrait. Avec ses références picturales, Goya entre autres, que Varda s’amuse à détourner en surimposant une nuée de mouches sur le corps de la Maya et dans l’ensemble du tableau. Car c’est bien à du cinéma que nous avons affaire.

Qu’il s’agisse d’un portrait, le titre du film – bien dans le style de la cinéaste – nous le dit déjà. Nous pouvons nous attendre à entrer dans l’intimité de l’actrice, à apprendre quelques-uns de ses secrets de vie, à percer au jour quelque peu sa personnalité. Et effectivement Jane joue le jeu proposé par Agnès. Elle parle de ses maris, de ses filles, elle nous accueille dans sa maison et répond, semble-t-il en toute franchise, aux questions de la cinéaste qui insiste pour qu’elle n’hésite pas à regarder en face l’œil de la caméra. Une certaine connivence s’établit entre les deux femmes, comme il se doit dans la meilleure pratique de l’entretien cinématographique. Jane est un peu crispée au début du film, mais de plus en plus à l’aise au fur et à mesure du temps qui passe. Car ce portrait n’est visiblement pas réalisé en une seule prise ni en un seul jour. Il s’agit bien de montrer les multiples facettes de Birkin, ce que souligne la multitude de tenues et de coiffures qui nous sont proposées. Plus qu’une tranche de vie, c’est une véritable biographie – pourtant inachevée – que réalise Varda. Un portrait qui pourtant ne prétend nullement à énoncer une vérité définitive. Dans une des premières séquences du film, Jane est filmée devant un miroir déformant. Et cette caméra qui apparaît tout au long du film finit par avoir un petit air inquisiteur.

Varda et l’art du mélange. Car si le film ne renonce nullement à sa dimension documentaire, Varda a sans cesse recours à la fiction. On sent bien qu’elle ne peut résister à la tentation d’utiliser les talents d’actrice de Birkin. Le portrait, même lorsqu’il est présenté comme « classique » par la cinéaste, est parsemé de mini fictions, plus mystérieuse les unes que les autres, comme ce duo entre Birkin et Philippe Léotard où l’amour le dispute à la haine à propos d’une sombre histoire d’argent. Visiblement Varda a un grand plaisir à raconter des histoires, tout en prenant bien soin de souligner la dimension cinématographique de ce qu’elle raconte, les deux personnages assassinent à tour de rôle leur comparse. On s’attend presque qu’ils viennent saluer le public à la fin de la pièce.

Jane B par Agnès V n’est pas souvent cité parmi les films les plus marquant de l’œuvre d’Agnès Varda. C’est une erreur. On y trouve cette façon inimitable d’apparaître dans le cadre en énonçant, dans des formules simples et lumineuses, la sens même de son travail. Mettre au service de l’image un travail sur les mots, il n’y a peut-être que Godard qui sache le faire avec autant de précision et de justesse.

Clin d’œil pour clin d’œil, Varda n’a pas hésité à nous faire le coup de Jane…d’Arc.

T COMME TRADUIRE – Dostoïevski

La Femme aux 5 éléphants. Vadim Jendreyko. Suisse-Allemagne, 2009. 94 minutes.

         Une vieille dame toute voutée, sans doute de s’être si longtemps penchée sur des livres, sur ces textes qu’elle connait si bien, pour les avoir pratiqués tant de fois. Svetlana Geier est traductrice. D’origine ukrainienne, elle vit en Allemagne et traduit le russe en allemand. Et tout particulièrement, elle traduit Dostoïevski. Cinq des plus grands romans de Dostoïevski, ses cinq éléphants : Crime et châtiment, L’Idiot, Les Démons, L’Adolescent et Les Frères Karamazov. Toute une vie pour devenir « la voix de Dostoïevski ».

         Le film montre son travail et sa vie quotidienne, la femme et la traductrice. Une femme toute simple, que l’on suit faire son marché, qui fait la cuisine, qui boit beaucoup de thé. Divorcée, elle vit seule, mes ses enfants et petits enfants viennent souvent la voir. De belles réunions de famille.

         Le travail de traduction, un dur labeur, jamais achevé. Il faut toujours revoir, corriger. Svetlana relit son texte avec un vieil ami, musicien et érudit. Ou plutôt c’est lui qui relit et qui discute, propose d’ajouter une virgule, ce qui pose problème à la traductrice, qui elle a le texte original sous les yeux. « Il faut trouver les mots exacts, les pauses et les accords » dit-elle. Et il faut aussi savoir s’échapper du texte, ou du moins savoir « lever les yeux ». La traduction n’a rien d’une science exacte. Et puis, il y a Pouchkine. Intraduisible ? « On comprend chaque mot, mais on ignore de quoi il s’agit ».

         Le film de Vadim Jendreyko est un film de voyage. Parce que les grands textes sont des textes qui voyagent. Le pré-générique déjà nous montre un train de nuit interminable dans sa traversée de l’écran. Des trains, nous en prenons tout au long du film. Durant le long voyage qu’entreprend Svetlana avec sa petite fille, ce retour en Ukraine, ce pays natal où elle n’est jamais revenue depuis son adolescence. Le film est aussi un voyage dans le passé. Il évoque surtout le père de Svetlana, emprisonné et torturé par le régime stalinien. Des images d’archine retracent l’invasion de l’Ukraine par les troupes allemandes, évoquent les exécutions massives de juifs, la défaite de Stalingrad. Svetlana et sa mère fuit en Europe. En Allemagne, l’une trouve du travail et l’autre continue ses études tout en étant l’interprète d’un officier. Tout ce passé qui remonte à la surface des souvenirs de Svetlana est évoqué sans jugement, de simples faits, même s’il s’agit d’événements tragiques dans ce parcours qui conduira une jeune fille à devenir cette vieille dame qui a tant fait pour la littérature.

         Le voyage en Ukraine conduit Svetlana à la recherche de son ancienne maison, de la tombe de son père dans un cimetière enneigé. Elle rencontre les élèves d’une classe de lycée. Elle ne leur fait pas un cours, elle dialogue simplement avec eux. Tout ce qu’elle fait paraît si simple. Une vieille dame si modeste. Filmée avec une grande simplicité.

A COMME ABECEDAIRE – Hassen Ferhani

Abattoir

Dans ma tête un rond-point

Alger

Dans ma tête un rond-point

Tarzan, Don Quichotte et Nous

Les Baies d’Alger

Algérie

143 rue du désert

Dans ma tête un rond-point

Tarzan, Don Quichotte et Nous

Afric Hotel

Café

143 rue du désert

Camion

143 rue du désert

Cinéma

Tarzan, Don Quichotte et Nous

Dessert

143 rue du désert

Exil

Afric Hotel

Femme

143 rue du désert

Fiction

Tarzan, Don Quichotte et Nous

Hotel

Afric Hotel

Immigration

Afric Hotel

Mémoire

Tarzan, Don Quichotte et Nous

Route

143 rue du désert

Sable

143 rue du désert

Titre

Dans ma tête un rond-point

Travail

Dans ma tête un rond-point

Ville

Tarzan, Don Quichotte et Nous

Les Baies d’Alger

A COMME ABECEDAIRE – Marc Faye

Fondateur de la société de productions Novanima, spécialisée dans les films d’animation.

Dans son œuvre documentaire, il s’intéresse tout particulièrement à la création dans le domaine de la bande dessinée, de l’affiche, de  la caricature et de l’image publicitaire.

Affiche

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Alain Carrier

Animaux

Benjamin Rabier – L’Homme qui fait rire les animaux

Artiste

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Benjamin Rabier – L’Homme qui fait rire les animaux

Alain Carrier

Autobiographie

Phylactère

Bande dessinée

Phylactère saison 2

Benjamin Rabier – L’Homme qui fait rire les animaux

Phylactère

Belle Epoque

SEM, le caricaturiste incisif

Caricature

SEM, le caricaturiste incisif

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Cinéma

Alain Carrier

O’ Galop

Colonialisme

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Dessin

SEM, le caricaturiste incisif

Enfance

Phylactère saison 2

Femme

Phylactère saison 2

Humour

SEM, le caricaturiste incisif

O’ Galop

Islam

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Loi de 1905

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Paris

SEM, le caricaturiste incisif

Parodie

Phylactère

Publicité

Benjamin Rabier – L’Homme qui fait rire les animaux

O’ Galop

Religion

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

Tunisie

Jossot, de Gustave à Abdul Karim

A COMME ABECEDAIRE – Philippe Pujol

Lauréat Etoiles de la Scam 2021 pour Péril sur la ville

Banlieue

Péril sur la ville

Marseille, ils ont tué mon fils

Education

Djellaba-basket

Extrémisme

Djellaba-basket

Femme

Marseille, ils ont tué mon fils

Islam

Djellaba-basket

Marseille

Péril sur la ville

Marseille, ils ont tué mon fils

Mère

Marseille, ils ont tué mon fils

Mort

Marseille, ils ont tué mon fils

Pauvreté

Péril sur la ville

Société

Djellaba-basket

Solidarité

Péril sur la ville

Ville

Péril sur la ville

E COMME EXPULSION

Vol spécial. Fernand Melgar, Suisse, 2011, 100 mn

Frambois est un centre de détention administrative à côté de Genève comme il en existe 27 autres en Suisse. Les étrangers en situation irrégulière y sont internés dans l’attente de l’exécution d’un jugement d’expulsion. La politique de contrôle des flux migratoires s’est fortement durci ces dernières années en Suisse, pays traditionnel de la neutralité et du droit d’asile. L’asile est de plus en plus difficile à obtenir, ce qui était le sujet du précédent film de Melgar (La Forteresse). Les expulsions vers le pays d’origine deviennent de plus en plus nombreuses.

Le séjour à Frambois est plus ou moins long et peut aller jusqu’à une bonne année. De longs mois d’incertitude vécus dans l’angoisse. Mais l’expulsion est inévitable pour presque tous ceux qui sont détenus là. La procédure « vol spécial » est obligatoirement employée lorsque l’expulsé refuse de regagner « librement » son pays dans le cadre d’une « procédure normale ». L’expulsé est conduit contre son gré dans un avion par la police. Jambes entravées et mains menottées il sera porté assis sur une chaise à laquelle il aura été attaché. Il sera « accompagné » tout au long du voyage jusqu’à destination. Le film de Melgar, restant à l’intérieur du centre de Fambois, ne filme pas la mise en œuvre totale de la procédure. Mais le cinéaste filme toutes les étapes de sa préparation. Le film se termine par l’annonce en ouverture du journal télévisé du soir de la mort par étouffement (on lui avait mis un masque et du sparadrap sur la bouche) d’un détenu d’un autre centre de détention. Ce jour-là, cinq des détenus de Frambois faisait partie du même vol spécial. Au centre, l’émotion est grande. La colère des détenus aussi.

Le film montre la vie quotidienne au centre. Le personnel a visiblement une grande expérience, ce qui n’empêche pas certain, comme Denis, d’entretenir des relations cordiales avec les détenus. Lors de la préparation des détenus au vol spécial, ils essaient tous, directeur en tête, de les réconforter, de leur manifester quelques marques de sympathie. Mais l’essentiel reste que tout se passe bien, sans complication.

Le film joue sur le contraste entre cette vision parfaitement lisse de la vie du centre où tout semble se passer sans la moindre anicroche et le vécu des détenus, leur angoisse, leurs peurs, leurs souffrances, leur ressentiment pour ce pays auquel ils sont venus demander de l’aide et qui les rejette sans grande considération en dehors des apparences. La procédure du vol spécial atteint un sommet d’inhumanité et ceux qui risquent fort d’y être soumis la dénoncent avec véhémence. Le directeur du centre et son personnel sont d’ailleurs particulièrement mal à l’aise à l’annonce de « l’accident ». L’événement révèle de façon éclatante l’hypocrisie générale de la politique officielle. Cette hypocrisie est particulièrement sensible dans les séances de parloir où les détenus ont le droit de voir, une dernière fois, leur femme et leurs enfants. Avant tout, il faut respecter le temps officiel qui leur est accordé.

On sait que ce film a suscité en Suisse un bon nombre de polémiques, l’accusant tour à tour de déformer les faits pour soutenir la cause des étrangers ou au contraire de complaisance envers une politique de plus en plus intolérante. Toujours est-il que ce film ne peut pas laisser indifférent. Son mérite est certainement de mettre les citoyens et les responsables politiques des pays riches face à leurs responsabilités et à leur conscience morale

A COMME ABECEDAIRE – Sebastiano d’Ayala Valva

Récompensé d’une étoile de la Scam 2021 pour Le Premier Mouvement de l’Immobile

Artiste

Le Premier Mouvement de l’immobile

Taulé, la nuit s’efface

Basket

Adapté(s)

Création

Le Premier Mouvement de l’immobile

Différence

Adapté(s)

Equateur

Angel

Famille

Farewell to the Father

Handicap

Adapté(s)

Homophobie

Angel

Les travestis pleurent aussi

Homosexualité

Angel

Immigration

Angel

Les travestis pleurent aussi

LGBT+

Les travestis pleurent aussi

Marginalité

Les travestis pleurent aussi

Mort

Farewell to the Father

Musique

Le Premier Mouvement de l’immobile

Père

Farewell to the Father

Peinture

Taulé, la nuit s’efface

Photographie

Taulé, la nuit s’efface

Portrait

Taulé, la nuit s’efface

Angel

Prostitution

Angel

Les travestis pleurent aussi

 Scelsi Giacinto

Le Premier Mouvement de l’immobile

Son

Le Premier Mouvement de l’immobile

Sport

Adapté(s)

Taulé Antoni

Taulé, la nuit s’efface

Travestis

Angel

Les travestis pleurent aussi

D COMME DESERT – Algérie.

143, rue du désert. Hassen Ferhani, 2019, 100 minutes.

Le désert, c’est le vide. Le silence. Rien, ou si peu de choses.

« Je contemple des dunes » dit Malika. Il faut avoir une vue particulièrement perçante pour voir des dunes à l’horizon.

Malika, c’est la patronne d’un petit bar, une buvette plutôt, perdue sur la route en plein désert algérien. Elle sert du thé et des omelettes aux routiers qui s’arrêtent là, par habitude ou parce qu’il n’y a rien d’autre. Pour parler avec Malika aussi.

Le film est presque entièrement tourné à l’intérieur de la buvette de Malika. Des plans fixes sur cette vieille femme à la carrure imposante, assise le plus souvent à une table -la seule de la pièce – où se joignent à elle ceux qui font halte ici. Le désert ; on n’en voit qu’un petit fragment, par la fenêtre ou la porte de la buvette. Parfois, pour nous en montrer un tout petit peu plus, la caméra est placée devant la buvette. Mais cela revient au même. On ne quitte pas cet espace en principe infini mais dans lequel nous sommes enfermé comme dans une prison. D’ailleurs, une scène extraordinaire nous montre un des habitués de la buvette jouer au prisonnier derrière le grillage de la fenêtre.

Le désert, c’est l’immobilité. Malgré les véhicules, des camions surtout, qui font la route, pour des tas de raisons sans doute. Ceux que nous apercevons passent devant la buvette sans s’arrêter. Le pré-générique du film, avec cadrage qui deviendra récurent, nous fait apercevoir une voiture traversant le cadre de gauche à droite, suivie immédiatement par une autre en sens inverse. En quelques secondes nous pourrions nous croire dans un road movie. Mais c’est bien sûr trompeur. Dans le film, nous ne voyageons pas. Parce que Malika ne veut pas quitter sa buvette. Et il n’y a, dans tout le film, qu’un seul plan en mouvement ; la caméra tournant autour de la buvette pour en montrer toutes les faces.

Le désert, il ne s’y passe jamais rien. Ou si peu de choses. Un matin, on discute sur l’accident de bus qui a eut lieu la nuit à proximité. Mais on n’en verra aucune trace. Il y a bien aussi la construction de la station-service en face de la buvette. Une concurrence pour Malika, qui ne s’en inquiète guère. Pour le reste, la chatte de Malika suffit à peupler sa solitude.

Le film est donc avant tout un portrait de cette femme qui évoque parfois, par petites touches, sa vie avec ses clients. Une vie qui se résume en un mot, le désert.

La succession des clients de passages constitue aussi une galerie de mini portraits. Des hommes uniquement. Visiblement, ils ont du plaisir à partager quelques instants avec Malika. Mais aucun ne s’attarde trop sur sa propre existence et tous se gardent bien d’évoquer la situation de leur pays. Le désert n’est pas propice à la réflexion politique.

La buvette de Malika a une adresse. Un de ses clients s’en étonne et insiste pour que le cinéaste filme le numéro de la rue inscrit sur le mur. 143. Mais où sont le 141 et le 145 ?

A COMME ABECEDAIRE – Emanuele Gerosa.

Cinéaste italien, il a aussi travaillé en Espagne. Son dernier film, One more jump, a obtenu une Etoile de la Scam 2021.

Afrique

Lion Souls

Amitié

Lion Souls

Burundi

Kamenge, Northern Quarters

Conflit Israélo-palestinien

One More Jump

Elections

Kamenge, Northern Quarters

Enfance

Entre sœurs

Entraide

Lion Souls

Exil

One More Jump

Famille

Entre sœurs

Gaza

One More Jump

Guerre civile

Kamenge, Northern Quarters

Handicap

Lion Souls

Italie

Entre sœurs

Lion Souls

Palestine

One More Jump

Politique

Kamenge, Northern Quarters

Secret

Entre sœurs

Sport

One More Jump

Vieillesse

Entre sœurs

Violence

Lion Souls

Zimbabwe

Lion Souls

A COMME ABECEDAIRE – Marie Maffre

Addiction

Guérir de l’alcool

Afrique

L’École des sables

Alcool

Guérir de l’alcool

Bible

Toujours pour toujours

Chanson

Dans le secret des comptines

Création

Tchourai ou les écailles de la mémoire

Danse

Tchourai ou les écailles de la mémoire

L’École des sables

Portrait dansé, histoire d’un geste

Idoménée

Enfance

Dans le secret des comptines

Bientôt, je mangerai des spaghettis

Enseignement

Au-delà des mers, rêve de théâtre

L’École des sables

Expulsion

Ainsi squattent-ils

Handicap

Toujours pour toujours

Intégration

Au-delà des mers, rêve de théâtre

Jeudi Noir

Ainsi squattent-ils

Jeunesse

Au-delà des mers, rêve de théâtre

Logement

Ainsi squattent-ils

Maladie

Guérir de l’alcool

Bientôt, je mangerai des spaghettis

Médecins

Guérir de l’alcool

Militantisme

Ainsi squattent-ils

Occupation

Ainsi squattent-ils

Opéra

Idoménée

Outre-mer

Au-delà des mers, rêve de théâtre

Paris

Ainsi squattent-ils

Solo

Tchourai ou les écailles de la mémoire

Spectacle

Au-delà des mers, rêve de théâtre

Idoménée

Théâtre

Au-delà des mers, rêve de théâtre

Toujours pour toujours

Thérapie

Guérir de l’alcool

S COMME SQUAT.

Ainsi squattent-ils. Marie Maffre. France, 2013, 90 minutes.

         Le film est construit autour de l’occupation par les militants de Jeudi Noir de deux immeubles parisiens, Place des Vosges et Avenue Matignon. Deux actions présentées comme exemplaires dans leur déroulement et significatives de l’ampleur du problème du logement en France et particulièrement à Paris. Dans la capitale, comme dans toutes les grandes villes de France et d’Europe, le nombre d’appartements vides est impressionnant alors que le nombre de personnes mal logées ou vivant dans la rue est en constante augmentation. Jeudi Noir est un collectif créé en 2006 pour réagir face à une telle situation jugée inacceptable. Le film est engagé à son côté, réalisé auprès des militants, au cours des actions qu’ils mènent, que ce soit dans la distribution de tracts dans les rues ou dans l’aménagement des appartements occupés illégalement puisque l’Etat ne se donne pas les moyens de les réquisitionner. Un film militant donc, visant à faire connaître et à populariser une cause juste. En même temps il présente des portraits de squatteurs, des jeunes surtout, qui ont des difficultés pour se loger à Paris. Enfin, squatter c’est aussi partager un mode de vie en communauté, dimension présente dans le film, même si elle n’est pas mise au premier plan.

         Le cœur du film, ce sont donc les occupations d’immeubles parisiens inoccupés depuis de longues années, une quarantaine pour celui de la place des Vosges. Le récit que le film fait de ces occupations reprend chronologiquement les différentes étapes. En premier lieu, il s’agit de s’introduire dans les lieux, si possible sans effraction. Puis on emménage, déchargeant les matelas en évitant de se faire repérer par les patrouilles de police. Une fois les chambres réparties entre les différents « locataires », il s’agit de s’organiser dans ce qui va devenir plus qu’une simple colocation, une véritable vie en communauté. Il faut surtout assurer les aspects matériels de première nécessité, l’eau, l’électricité, les toilettes. Puis réparer le plus possible les dégâts occasionnés par les années de non-entretien. Enfin, lorsque la situation de désordre apparait vraiment trop en contradiction avec les idéaux de partage affichés au départ, il faut bien essayer de se répartir les tâches ménagères, le ménage n’étant pas ce qui attire le plus. Tout ceci est filmé dans une ambiance bon enfant, en enregistrant sur le vif ces courtes scènes vécues, à quoi s’ajoutent quelques brefs entretiens avec les protagonistes de l’action. Une jeune étudiante par exemple qui n’a guère d’autre moyen de se loger le temps de terminer ses études. On la retrouvera à la fin du film, lorsque tout sera terminé pour cause d’expulsion, perdue sur le trottoir ne sachant comment éviter de devoir maintenant passer ses jours et ses nuits dans la rue.

         Car la fin de l’histoire ne fait pas de doute et le film s’attarde longuement sur le processus d’expulsion de l’immeuble de l’avenue Matignon. Dès leur installation, les squatteurs sont sur le pied de guerre. Il s’agit de tenir le plus longtemps possible, en mobilisant les médias, en donnant le plus de retentissement possible à leur action avec le soutien de quelques élus. Le face à face avec la police, des deux côtés des baies vitrées de la porte d’entrée vise à créer un certain suspens et l’assaut final est très dramatisé, cris des jeunes filles enchaînées devant la porte et bousculade généralisée. La caméra n’est pas épargnée. D’ailleurs le film se termine sur l’annonce de la mise en garde à vue de la cinéaste avec confiscation de la caméra et des rushes. Le cinéma militant est encore perçu comme dérangeant.

E COMME ETOILES de la Scam 2021

Les Etoiles de la Scam présentées sur Le cinéma documentaire de A à Z.

L’Argent ne fait pas le bonheur des pauvres de Manuela Frésil

Critique : https://dicodoc.blog/2020/08/21/b-comme-bonheur-des-pauvres/

Au-delà des mers, rêves de théâtre de Marie Maffre

Critique : https://dicodoc.blog/2020/10/10/t-comme-theatre-outre-mer/

La Cravate d’Etienne Chaillou et Mathias Théry

Critique : https://dicodoc.blog/2020/02/06/e-comme-extreme-droite/

Histoire d’un regard de Mariana Otero

Critique : https://dicodoc.blog/2020/02/19/p-comme-photographie-gilles-caron/

Il n’y aura plus de nuit d’Eléonore Weber

Critique : https://dicodoc.blog/2020/03/26/n-comme-nuit/

Mille fois recommencer de Daniela De Felice

Critique : https://dicodoc.blog/2020/10/07/m-comme-marbre/

Itinéraire : https://dicodoc.blog/2020/10/24/i-comme-itineraire-dun-film-mille-fois-recommencer-de-daniela-de-felice/

 Naître d’une autre de Cathie Dambel

Critique : https://dicodoc.blog/2021/01/23/d-comme-desir-denfant/

Entretien : https://dicodoc.blog/2021/01/27/e-comme-entretien-cathie-dambel/

 Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais

Critique : https://dicodoc.blog/2019/10/02/h-comme-hurler/

Entretien : https://dicodoc.blog/2019/11/03/e-comme-entretien-frank-beauvais/

 One More Jump de Manu Gerosa

Critique : https://dicodoc.blog/2020/12/05/p-comme-parkour-gaza/

 Papa s’en va de Pauline Horovitz

Critique : https://dicodoc.blog/2020/04/22/r-comme-retraite/

 Parler avec les morts de Taina Tervonen

Critique : https://dicodoc.blog/2020/03/29/d-comme-deuil/

 Un été à la Garoupe de François Lévy-Kuentz

Critique : https://dicodoc.blog/2020/12/28/p-comme-picasso-et-ses-amis/

 

H COMME HELIGONKA

Heligonka. Yann Le Masson. France 1984, 26 minutes.

         Heligonka est un film intimiste et un film familial. Un film qui entre dans l’intimité d’une famille, un couple et une enfant, et qui est par ailleurs de la famille du cinéaste, puisque Patrick, le personnage principal, est le propre frère de Yann Le Masson. Celui-ci filme son frère alors que, souffrant depuis longtemps de diabète, il perd peu à peu la vue. S’il ne devient pas entièrement aveugle, il ne voit plus que des ombres et une vague lumière floue. Il aura pourtant tout essayé pour éviter le « trou noir » et se construire une autre vie.

         « Peut-on oublier ce que c’est que voir ? » Et la lumière, peut-on vivre sans la lumière ? A travers le portrait de cet homme qui perd la vue, Yann Le Masson réalise un hymne à la lumière, un hymne à la lumière qui est en même temps un hymne à la vie. Patrick mène un véritable combat contre la progression du trou noir. Il lui faut s’habituer à cette vision floue, « presque une vision surréaliste » dit-il, que le cinéaste nous fait découvrir dans des vues subjectives rendues floues par l’utilisation de filtres qui réduisent en même temps la dimension du champ visuel. Il lui faut aussi essayer d’apprendre à voir à ses mains, même si les protubérances du braille sont trop fines pour ses doigts de travailleur manuel. Il lui faut supporter les longues séances de rayon laser projetant au fond de son cerveau des éclairs lumineux de plus en plus difficile à supporter. Heureusement, il lui reste la musique, son accordéon avec lequel il fait véritablement corps, et sa petite fille, qu’il voit quand même grandir et à qui il peut faire découvrir l’instrument.

         Heligonka est un film entièrement personnel, où le cinéaste et celui qu’il filme ne font qu’un, une fusion explicite dans l’utilisation d’une voix off qui est une véritable voix intérieure. Les images du film rendent parfaitement cette subjectivité, des images brumeuses comme le temps qu’il fait le plus souvent dans cette vie aquatique pour qui vit comme Patrick sur un bateau. Si Yann Le Masson est un cinéaste voyageur – ses films les plus connus réalisés au Japon et à La Réunion – il réussit avec ce film court à montrer la vie intérieure d’un homme avec autant de force que les mouvements de foules dans les manifestations et les confrontations avec la police. 

A COMME ABECEDAIRE – Yann Le Masson

Accouchement

Regarde, elle a les yeux grand ouverts

Algérie

J’ai huit ans

Avortement

Regarde, elle a les yeux grand ouverts

Bretagne

Le Poisson commande

Cécité

Heligonka

Cigare

Le Montecristo de Cuba

Cuba

Le Montecristo de Cuba

Dessin

J’ai huit ans

Diabète

Heligonka

Election

Sucre amer

Enfant

Regarde, elle a les yeux grand ouverts

J’ai huit ans

Femme

Regarde, elle a les yeux grand ouverts

Guerre

J’ai huit ans

Japon

Kashima Paradise

Littérature

Le Montecristo de Cuba

Maladie

Heligonka

Manifestation

Kashima Paradise

Paysans

Kashima Paradise

Pêche

Le Poisson commande

Portrait

Heligonka

La Réunion

Sucre amer

Tabac

Le Montecristo de Cuba

Travail

Le Montecristo de Cuba

Le Poisson commande

Violence

Kashima Paradise

C COMME CENSURE.

            La censure n’a jamais épargné le cinéma, qu’il soit documentaire ou de fiction. On pourrait penser que la fiction a plus de moyens pour passer entre les mailles du filet. Des stratégies de diversion, de contournement des pouvoirs. Pourtant la liste des films qui furent interdits en France, que ce soit pour des raisons politiques ou en regard aux « bonnes mœurs », est longue, trop longue. Parmi les plus connus citons, Zéro de conduite de Jean Vigo, Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita, Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, Le Petit soldat de Jean-Luc Godard, Suzanne Simonin la religieuse de Diderot de Jacques Rivette, La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, Massacre à la tronçonneuse

Avec le documentaire, les attaques contre les pouvoirs établis se font directes, frontales et d’autant plus inacceptables pour les autorités qu’elles jouent la carte de l’objectivité et savent apparaitre comme irréfutables. Interdire un documentaire, ou lui imposer des coupes ou des modifications, passe plus facilement inaperçu aux yeux du public. Du coup l’exercice de la censure s’est toujours fait brutal vis-à-vis du cinéma documentaire, qu’elle soit le fait d’une dictature qui musèle systématiquement la liberté d’expression comme en Iran, ou qu’elle soit la marque d’une démocratie qui tente coute que coute d’étouffer la montée d’idée qui remettent en cause des pans entiers de son fonctionnement, comme ce fut le cas en France à propos du colonialisme et de la guerre d’Algérie. L’histoire de l’exercice de la censure à propos du cinéma documentaire est toujours significative de l’état de la liberté d’expression dans une société donnée. En France, l’interdiction d’un film n’a que rarement entrainé l’emprisonnement de son auteur. Ce n’est pas une raison pour fermer les yeux. Il n’y a pas de liberté d’expression tant qu’il y a un film interdit.

            Alain Resnais est un des cinéastes français ayant eu le plus de soucis avec la censure durant sa carrière de documentariste, de l’interdiction pure est simple d’un de ses films aux tracasseries administratives concernant Nuit et Brouillard. Tourné en 1953 en collaboration avec Chris Marker, Les Statues meurent aussi est consacré à « l’art nègre ». La première phrase du commentaire est restée justement célèbre : « Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. ». Le film analyse la façon dont l’occident se penche avec condescendance sur l’art venu d’Afrique et constitue une dénonciation implacable du colonialisme. Le film reçu le prix Jean Vigo en 1954 et sera interdit pendant 8 ans !

            Le cas de Nuit et Brouillard est caractéristique de la façon dont un gouvernement peut voir dans le cinéma une source d’ennuis diplomatiques qu’il faut éviter à tout prix. Pressenti pour la sélection officielle au festival de Cannes 1955. le film en est exclu sur pression du ministère de la culture sur motif qu’il pourrait froisser la délégation Allemande et entraver le rapprochement avec les ennemis d’hier. Le film sera cependant projeté hors compétition. La commission de censure avait de son côté exigé la suppression d’une photo montant un gendarme français surveillant un convoi de déportés à Pithiviers. Cette allusion claire à la collaboration ne pouvait pas être acceptée par le pouvoir. Resnais refusa de couper le plan, mais il dut, pour obtenir l’autorisation de diffusion du film, supprimer le képi sur la tête du gendarme pour ne pas mettre en évidence le rôle peu glorieux de l’Etat français sous l’occupation.

            Si Resnais du, comme Chris Marker, attendre trois ans après l’interdiction des Statues meurent aussi pour retrouver de travail dans le cinéma, il ne fut pas poursuivi par la justice. Ce ne fut pas le cas pour René Vautier, à propos de son premier film, Afrique 50, reconnu comme le premier film ouvertement anticolonialiste et qui valu à son auteur trois inculpations et une condamnation à un an de prison. Un cas de censure extrême pour un film exemplaire, qui a bien failli être à jamais perdu.

            La censure sait aussi ne pas être aussi voyante, aussi directe. Mais se faisant économique, ou institutionnelle, elle est aussi efficace. Peut-être même plus. Un projet de documentaire qui ne trouve pas de financement parce qu’il apparaît trop dérangeant, a bien peu de chance de voir le jour, ou s’il est autofinancé, trouvera-t-il un distributeur ?

            Refuser de distribuer un film, ou s’opposer lorsque l’on en a les moyens à sa sortie, est une entrave à la libre expression qui s’apparente clairement à de la censure. La télévision française n’est pas toute blanche à ce niveau. Qu’il suffise ici de rappeler un cas tout à fait significatif, le refus de la télévision de diffuser Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophuls, alors même qu’elle avait contribué à son financement. Le film sorti alors dans une seule salle parisienne, mais son succès public fit qu’aussitôt d’autres salles le mirent à l’affiche. Un camouflet sévère pour la télévision qui se vit alors dans l’obligation de diffuser le documentaire.

            Autre cas Titicut folies, le premier film de frederik Wiseman. C’est l’exemple parfait d’une censure qui ne dit pas son nom, une censure qui n’est pas le fait du pouvoir politique mais qui, prenant la voie d’une attache juridique, est tout aussi efficace et constitue explicitement une atteinte à la liberté créatrice, beaucoup plus d’ailleurs qu’à la liberté d’expression. Cinq procès furent en effet intentés contre Wiseman. Il fut accusé d’avoir porté atteinte à la vie privée des prisonniers. Des gardiens le poursuivirent pour diffamation et il fut même accusé de pornographie. En 1967, un juge demande la destruction de la copie. Le procès en appel de 1969 autorise la diffusion du film, mais uniquement dans un cadre professionnel, médical ou juridique. En 1971, nouveau procès en dommages et intérêts intenté par le directeur de Bridgewater où est tourné le film, au nom des prisonniers. Il sera débouté. Mais toutes ces poursuites feront que le film ne sera pas visible par le grand public pendant 24 ans !

Plus grave encore, il y a encore des pays qui emprisonnent des cinéastes du fait de leur travail cinématographique, l’Iran par exemple. En décembre 2010 Jafar Panahi est condamné à 6 ans de prison, interdiction de tourner des films pendant 20 ans, de donner des interviews dans les médias et de quitter le territoire iranien. Sa faute : avoir voulu tourner un film sur les manifestants contre la réélection du président Abmadinejad en 2009. Assigné à résidence chez lui pendant le procès en appel de cette condamnation (elle sera confirmée), il tourne un film intitulé Ceci n’est pas un film. Il ne s’agit ni d’un documentaire ni d’une fiction, puisque ce n’est pas un film ! Il sera pourtant projeté au festival de cannes après être sorti d’Iran de façon clandestine, sur une clé USB cachée dans un gâteau selon ce qui est déjà devenu une légende. Panahi confie une caméra à un de ses amis chargé de le filmer tout au long d’une journée dans cet appartement qu’il ne peut quitter. Les seules actions, les seuls dialogues, seront des conversations téléphoniques et une rencontre avec un voisin dans l’ascenseur. Le cinéaste réalise ainsi un film sur l’interdiction de filmer, sur cette censure absolue qui veut l’empêcher de tourner. Sans qu’il se donne ouvertement comme un film de revendication, il s’agit bien d’un cri de révolte contre l’oppression. En même temps, preuve est faite que la dictature ne viendra pas si facilement que cela à bout de la soif de liberté des cinéastes.

Recensement des films documentaires qui ont eu affaire, d’une façon où d’une autre, à la censure française – des obstacles mis à la sortie du film, à l’interdiction pure et simple.

1974, une partie de campagne. Raymond Depardon

Afrique 50. René Vautier

Baise moi. Virginie Despentes

Le Chagrin et la Pitié. Marcel Ophuls

Histoire d’A. Charles Belmont et Marielle Issartel 

Histoire du soldat inconnu. Henri Stork

J’ai huit ans. Yann Le Masson

Nuit et Brouillard. Alain Resnais

Route 181 – Fragments d’un voyage en Palestine-Israël. Eyal Sivan et Michel Khleifi,

Les statues meurent aussi. Alain Resnais, Chris Marker.

Sucre amer. Yann Le Masson

La valise ou le cercueil. Charly Cassan