V COMME VACHE – Normandie.

Secteur 545. Pierre Creton. France, 2005, 105 minutes.

         Secteur 545 est un film en noir et blanc, comme les vaches de Normandie. Des vaches, en pays de Caux, il y en a beaucoup. Des vaches laitières dont il faut surveiller la production. Pierre Creton se fait embaucher comme « peseur » au contrôle laitier. Il doit aller dans les fermes du secteur 545, assister à la traite, relever le niveau de la production et prélever un échantillon de lait. Un boulot pas très spécialisé au fond, mais qui lui permet, puisqu’il est cinéaste, de pénétrer dans les exploitations, de poser sa caméra dans les étables, les plus modernes, style laboratoire, comme les plus traditionnelles. Il participe à la traite, toujours mécanisée et surtout, il rencontre des éleveurs dont il nous donne à connaître le travail et le mode de vie.

         Creton filme aussi Jean-François, son supérieur puisque c’est lui qui l’a recruté, mais pas vraiment son chef. Il va lui aussi de ferme en ferme, discutant des problèmes des exploitations. Il montre une photo où il avait 5 ou 6 ans, entre sa mère assise près d’une vache et son grand frère. Toute une vie passée à la campagne en relations avec les vaches et les problèmes de lait, ce qui ne l’empêche pas de lire Kierkegaard. Le soir il va boire une bière dans le pub anglais du coin. Et il pose torse nu pour une amie artiste qui sculpte son buste en argile. Le film se terminera d’ailleurs juste après le vernissage de l’exposition qui lui est consacrée. Autour de la sculpture sont exposées des fragments de plans dessinés à la craie sur des ardoises et des photos de vaches et de lui-même. Il a son moment de célébrité.

         La relation des fermiers avec leurs vaches a toujours quelque chose d’affectif. En garder une pendant 18 ans, alors que l’âge moyen des laitières est de 10 ans, en est bien la preuve. Son propriétaire raconte que c’est avec cette vache qu’il a appris la traite. Alors, pas question de l’envoyer à l’abattoir. Dans l’étable, les vaches ont des numéros, mais cela n’enlève rien au caractère particulier de chacune. Dans un troupeau, c’est la plus vieille qui donne le plus de lait. Alors l’éleveur la bichonne tant qu’il peut. « C’est la princesse du lot » dit-il.

         Tout au long du film, Creton joue son rôle de cinéaste. Il installe un de ses amis fermiers, ou un couple, devant la caméra et leur pose une question surprise : « quelle est la différence fondamentale entre l’homme et l’animal ? » Les interrogés sont toujours surpris mais la plupart essaient de répondre. Des réponses de bons sens : la réflexion, le langage. Ou même « un animal est un animal ». Creton filme aussi l’installation devant la caméra de ceux qu’il va interroger. L’un d’eux cherche même le meilleur décor et déplace sa chaise en conséquence. Et puis un de ces mini entretiens tourne au jeu de cache cache entre le filmeur et le filmé. Une question si idiote, même si elle se veut philosophique, le matin de bonne heure, il ne faut pas exagérer ! Alors le sarcasme fuse. « L’homme c’est moi et l’animal c’est toi » Et la différence entre toi et moi, insiste Creton. Réponse instantanée : l’intelligence. Une bonne leçon de modestie donnée au cinéaste, une leçon pour rire certes, sans agressivité, avec une certaine tendresse même. Mais leçon quand même. Une leçon de cinéma en somme.

         La vie des vaches se termine à l’abattoir. Creton filme un camion qui y conduit quatre bêtes, mais il ne rentrera pas dans l’établissement. Nous préfèrerons avec lui ce plan du gros câlin que donne cet éleveur à une vache qu’il sert fort dans ses bras. Il y a dans l’œil du bovin une véritable lueur d’humanité.

A COMME ABECEDAIRE – Pierre Creton

Agriculture

L’avenir le dira

Paysage imposé

Secteur 545

Amitié

L’Heure du berger

La Vie après la mort

Animal

Va, Toto !

Secteur 545

Architecture

N’avons-nous pas toujours été bienveillants ? – (Recueil)

Autoportrait

Va, Toto !

Banlieue

Sur la voie

Deuil

Le Voyage à Vézelay

Ecosse

Détour

Elevage

Secteur 545

Enseignement

Paysage imposé

Famille

L’avenir le dira

Fleur

L’Arc d’iris – Souvenir d’un jardin

Formation

Paysage imposé

Gérontologie

Maniquerville

Giverny

Sur la voie

Himalaya

L’Arc d’iris – Souvenir d’un jardin

Inde

Va, Toto !

Lin

L’avenir le dira

Littérature

N’avons-nous pas toujours été bienveillants ? – (Recueil)

Métis

Maniquerville

Marcassin

Va, Toto !

Mémoire

Maniquerville

L’Heure du berger

Monnet

Sur la voie

Montagne

L’Arc d’iris – Souvenir d’un jardin

Mort

Le Grand Cortège

L’Heure du berger

Le Voyage à Vézelay

La Vie après la mort

Normandie

L’avenir le dira

Paysage imposé

Paysage

Paysage imposé

Peinture

N’avons-nous pas toujours été bienveillants ? – (Recueil)

Détour

Pèlerinage

Le Voyage à Vézelay

Portrait

N’avons-nous pas toujours été bienveillants ? – (Recueil)

Proust

Maniquerville

Récolte

L’avenir le dira

Rêves

Va, Toto !

Ruralité

Sur la voie

Secteur 545

Santé

Le Grand Cortège

Maniquerville

Sculpture

Métis

Détour

Travail

L’avenir le dira

Secteur 545

Vieillesse

Le Grand Cortège

Maniquerville

Ville

Sur la voie

L COMME LIEUX – les lieux de Gianfranco Rosi.

Nombreux sont les cinéastes italiens voyageurs. Gianfranco Rosi est de ceux-là. De l’Inde aux États-Unis sans oublier l’Italie cependant.

L’Inde, c’est Bénarès, le Gange, fleuve sacré. Depuis la barque de son passeur, Rosi filme cette agitation incessante sur le fleuve, les cadavres flottants sur l’eau, une relation particulière à la mort toujours surprenante pour un Européen. (Le Passeur, 1993, 55 minutes).

Aux Etats-Unis, du côté de la Californie, un désert dont la caractéristique est de culminer à 35 mètres au-dessous du niveau de la mer. Un désert sans nom dans le film, mais un désert habité par une foule de marginaux, de solitaires, ayant fui la société, une société dont certains ont bel et bien été chassés. Un mode de vie relativement précaire, sans eau, sans relation sociale. Ou juste le minimum pour continuer de vivre, malgré tout (Sous le niveau de la mer, 2008, 119 minutes).

Autre rencontre à la marge de la société. Un motel près de la frontière américano-mexicaine. Une chambre portant le numéro 164. A l’intérieur un homme, vêtu de noir, une sorte de cagoule sur la tête le dissimule au regard de la caméra. Une chambre que le film ne quitte pas. Un lieu confiné où le récit de la vie de son occupant -El Sicario, l’exécutant des basses besognes – nous ouvre les portes de l’enfer. Le récit de vie de cet anonyme égrène les meurtres, les enlèvements, les séquestrations, les tortures, les pires atrocités. Un récit qui espère ouvrir la porte de la rédemption ? (El Sicario, chambre 164, 2010, 84 minutes)

Au moyen -orient, les lieux de Rosi ce sont des frontières, entourées de violence et de destruction. Celles de l’Irak, du Kurdistan, de Syrie, du Liban. Des lieux à la géographie incertaine, fluctuante. (Nocturne, 219, 100 minutes).

En Italie, c’est d’abord un lieu périphérique par excellence que Rosi nous fait découvrir : le GRA, ce boulevard extérieur qui entoure Rome de son ruban de béthume. Le film nous plonge dans la circulation intense mais sait aussi nous surprendre avec ces lieux improbables qui entourent le GRA et donc Rome. Les aires de stationnement nous semblent au premier abord plutôt tranquilles et semblables à celles qui se trouvent sur toutes les autoroutes d’Europe. Sauf que Rosi y rencontre des prostituées qui en ont fait leur domaine personnel.

Le GRA compte quelques 60 kilomètres de route. Les lieux qui constituent sa proximité sont donc extrêmement variés. On y élève des moutons, on y ausculte les palmiers de la végétation environnante. Des paysages presque bucoliques. Mais nous retournons toujours aux embouteillages et aux sirènes des ambulances et autres véhicules de secours. ( Sacro GRA, 2013, 93 minutes).

L’Italie, c’est aussi la Méditerranée, et une île, Lampedusa, la pointe extrême, au sud , de l’Europe. Une île qui est devenue la porte d’entrée de milliers de migrants venus d’Afrique, le plus souvent sur des embarcations surchargées, recherchant au péril de leur vie, une situation meilleure. Une Méditerranée qui n’a plus rien d’un lieu de villégiature et de vacances. Mais sur Lampedusa, Rosi filme aussi Samuel, un enfant de 12 ans qui lui a droit à sa vie d’enfant. (Fuocoammare, par-delà Lampedusa, 2015, 107 minutes).

P COMME PAYSAGE – Normandie.

Paysage imposé. Pierre Creton, 2006, 50 minutes.

            La question du paysage concerne-t-elle exclusivement, ou du moins plus particulièrement, les paysans, ceux qui vivent loin des villes, ceux qui sont plus proches de ce qu’il est convenu d’appeler la nature ? L’opposition si facile entre la ville et la campagne ne cesse d’être questionnée dans le film de Pierre Creton. Comme l’opposition entre nature et culture, entre le paysage naturel et un paysage issu de la main de l’homme. Des oppositions philosophiques fondamentales, comme pour un cinéaste est fondamentale l’opposition entre fiction et documentaire. Et c’est bien ainsi que Pierre Creton, en cinéaste, pose dès l’ouverture de son film la relation entre paysage et cinéma. «  Quelle différence entre un paysage filmé dans le cadre d’une fiction et un paysage filmé dans le cadre d’un documentaire ? »

            Paysage imposé fait partie de ce que Pierre Creton nomme la Trilogie en Pays de Caux. Trois films donc, centrés sur la vie paysanne dans cette région de Haute Normandie. Ici, Creton s’intéresse aux jeunes, futurs paysans, ou plus exactement futurs agriculteurs. Après les avoir rencontrés dans leur milieu familial, il les filme dans leur lieu d’apprentissage professionnel, le lycée agricole d’Yvetot. Une promotion de filles et de garçons en blouse blanche dans les travaux pratiques de chimie ou de biologie. Le lien avec le paysage se fait par l’intermédiaire de la notion de développement durable, l’enseignement proposé insistant sur les dangers des engrais et des pesticides, produits pas très naturels, pour le moins. Les jeunes sauront-ils plus tard, protéger le paysage ?

            Peut-on donner une définition du paysage qui pourrait être acceptée par tous ? Creton pose la question. Il interroge les profs du lycée et les élèves. Tous proposent des exemples pour essayer d’expliquer ce qu’est le paysage pour eux. Les profs, bien sûr, sont plus précis, utilisant leurs connaissances et leur enseignement. Quelques points communs émergent peu à peu dans leurs propos. Par exemple, qu’il n’y a pas, ou plus, de paysage entièrement naturel, qui n’aurait pas été modifié par la main de l’homme. Pour l’avenir, une transformation de l’état d’esprit et des représentations courantes s’impose. Une propriété, ce n’est pas seulement un outil de production. Notre époque implique de la considérer aussi comme un paysage qui soit l’objet du regard de tous, et qui puisse devenir objet d’une expérience esthétique. Pour les adultes du film, les profs, c’est bien sûr aux jeunes que cette révolution échoit.

            Paysage imposé est divisé en trois partie : hiver, printemps, adieu. Le film ne couvre pas une année scolaire entière, mais s’inscrit dans la perspective de la fin d’étude des lycéens qui sont filmés. Tout se termine par une fête. Les couples enlacés dansent dans la pénombre. L’avenir leur appartient. Le film a donc suivi le cours des choses. Il débute dans un paysage enneigé, filmé en noir et blanc, avec une dominante blanche. Cette tonalité restera tout au long du film, malgré l’évocation du verdoiement des arbres au printemps. La Normandie filmée en noir et blanc. Un joli paradoxe.

S COMME SCOLARITÉ – Galerie d’images.

De la maternelle jusqu’au lycée. Ici et ailleurs. En classe, aux côtés des enseignants et surtout des enfants.

Révolution école, (1918 – 1939), Joanna Grudzinska.

L’histoire des pédagogies nouvelles. les thèses et les actions concrètes de ceux qui sont restés dans l’histoire de la pédagogie comme des pionniers, des visionnaires, des révolutionnaires

Dis maîtresse Jean-Paul Julliand.

La petite section de la Maternelle. La découverte de l’école pour les enfants. Devenir élève, le premier apprentissage

Récréations, Claire Simon.

Une cour de récréation où les enfants sont livrés à eux-mêmes. Leurs jeux et les relations interpersonnelles. Les petits peuvent être cruels entre eux.

Être et avoir, Nicolas Philibert.

Une classe unique à la campagne. Un modèle qui tend à disparaître. Un film qui connu un énorme succès populaire.

Les lucioles, Bérangère Jannelle.

La fin de l’école primaire. La mise en avant de la poésie et de l’art dans la formation des enfants.

L’école de l’impossible (fragments de vie). Thierry Michel et Christine Pireaux

En Belgique. les grandes questions que pose la scolarité des adolescents et la construction de leur identité personnelle

La chine est encore loin, Malek Bensmaïl.

En Algérie, la vie d’une école de campagne, quelque part dans les Aurès, pendant une année scolaire.

Examen d’Etat, Dieudo Hamadi.

En Afrique, en République démocratique du Congo, l’examen de fin de scolarité qu’il faut réussir à tout prix.

A kind of magic, Naesa Ni Chianain et David Rane.

Une école privée en Irlande, où l’accent est mis sur la relation quotidienne des enseignants et des élèves.

T COMME TRAIN – Filmographie suite

Suite à mon appel à compléments (ma filmographie étant nécessairement incomplète), sur le groupe facebook La Loupe, voici les films qui m’ont été proposés

Last year when the train passed by, Huang Pang Chuan

Micheline, Luc Leclerc du Sablon

RR, James Benning

The Iron Ministry, J.P. Sniadecki 

L’Attente, Sergei Loznitsa

Moniker, Samuel Boche

la tumultueuse vie d’un déflaté, Camille Plagnet

Le train du Shaba, Stephan Oriach

Sankara n’est pas mort, Lucie Viver

Fin, Artavazd Pelechian

Le Jour du pain, S. Dvortsevoy

T COMME TRAINS – Galerie d’images.

Décidemment les trains sont toujours particulièrement photogéniques. Particulièrement lorsqu’ils sont filmés – des plans toujours très longs – serpentant dans les montagnes, ou les forêts, ou même dans des plaines presque désertiques. Qu’ajoutent-ils aux paysages? Le mouvement et la vie tout simplement. Et le désir de voyage. Partir toujours plus loin. Sans retour si possible.

This train I ride. Arno Bitschy
La Carga, Victor Alexis Guerrero
Quand passe le train, Jérémie Reichenbach
Le dernier train, Lixin Fan
Quelques jours ensemble, Stéphane Breton
L’express du soleil de minuit de jean-Denis Bonan (Des trains pas comme les autres)
A l’ouest des rails, Wang Bing

T COMME TRAIN – Filmographie

Des voyages ferroviaires, sur tous les continents. Des États-Unis à la Russie, de l’Iran au Mexique. Des voyages qui n’ont pas tous des motivations bien précises. Ni une destination non plus. Des voyages qui sont des passions. Des voyages qui nous font découvrir des paysages chaque fois différents et dont on ne refuse pas la séduction.  Mais aussi qui nous offrent des rencontres surprenantes, en dehors des lieux communs. Voyager en train, dans ces films, n’est jamais quelque chose de neutre, ni de banal. Une passion, un désir ou un rêve d’enfance, une contrainte parfois, mais plus souvent l’appel de la liberté. Les gares quant à elles peuvent avoir des parfums enivrants, inquiétants, ou être des refuges. Et toujours le plaisir de savourer les paysages, la nature sauvage, les rails qui défilent à l’infini, et les tunnels qui permettent de terminer le film dans le noir.

Et n’oublions pas, un des premiers films est celui d’un train et d’une gare.

Russie

Quelques jours ensemble, Stéphane Breton, 2014, 91 minutes.

Etats-Unis :

 This train I ride. Arno Bitschy, 2019, 75 minutes

Iran

Safar, Talheh Daryanavard, 2010, 55 minutes.

Mexique :

Quand passe le train, Jérémie Reichenbach, 2008, 30 minutes

Chine

Le dernier train, Lixin Fan, 2009, 87 minutes

A l’ouest des rails, Wang Bing, 2003, 551 minutes.

Cuba

La Carga, Victor Alexis Guerrero, 2015, 24 minutes

Italie

Il passaggio della linea. Pietro Marcello, 2007, 60 minutes.

Rome désolée, Vincent Dieutre, 1995, 75 minutes

Bologna centrale, Vincent Dieutre, 2001, 59 minutes

Les travailleurs du rail :

Cheminots.Luc Joulé et Sébastien Jousse, 2010, 81 mn.

La dimension historique :

Le train en marche, Chris Marker, 1971, 35 minutes.

Les gares :

Gare du nord Paris

Géographie humaine, Claire Simon, 2012, 100 minutes.

Gare Saint Lazare

Paris, Raymond Depardon, 1997, 96 minutes.

Et la série télévisée

Des trains pas comme les autres, crée par François Gall et Bernard d’Abrigeon. Première diffusion janvier 1987.

M COMME MADAGASCAR – Coiffure

Nofinofy, Michaël Andrianaly, 2019, 75 minutes.

Roméo est coiffeur à Tamatave. Il manie la tondeuse dans un petit salon situé Grand’rue. Du moins au début du film. Car les autorités veulent reprendre l’emplacement, et pour cela n’hésitent pas à démolir ce qui n’est au fond qu’une cabane en bois – et à interdire au passage au cinéaste de filmer la démolition. Roméo va se trouver dans les bas quartiers, avec une clientèle différente et des tarifs qui eux aussi ont chuté. Mais ce n’est pas le premier déménagement qu’il devra accomplir.  Il sera chassé plusieurs fois par ses propriétaires bien qu’il n’oublie jamais de payer son loyer. Et même la nature s’en mêle. Une terrible tempête ne laisse rien debout. Il faudra encore reconstruire.

On comprend alors que pendant une bonne partie du film, Roméo cherche un emplacement sûr où implanter son salon. Il a un rêve, qui parait bien lointain. Construire un salon en dur. Le film se terminera sur la réalisation de ce rêve. Les murs en ciment remplacent les morceaux de bois. Une conclusion qui donne au film dans son ensemble une coloration optimiste. Et l’on ne peut que penser que Roméo mérite bien ça.

Roméo est en effet un personnage fort attachant, en dehors même de son handicap, cette jambe artificielle qui le fait boiter mais dont il se plein jamais. Visiblement il est fort apprécié par sa clientèle, et pas seulement pour sa dextérité à manier la tondeuse. Son salon est un lieu où l’on cause, une sorte de microcosme qui donne une vision précise de la vie à Madagascar.

En dehors du salon, la vie est plutôt dans la rue. Le soir les hommes du quartier se réunissent autour d’une bouteille de rhum et palabrent à l’infini. La politique n’est pas absente de ces conversations interminables. Pour critiquer les gouvernants le plus souvent. Mais ici, comme sans doute dans une grande partie de l’Afrique, les aspirations du peuple n’ont guère de chance d’être entendues.

Les films sur la réalité malgache sont plutôt rares, même si on avait pu découvrir en salles en 2018 Fahavalo, Madagascar 1947 de Marie-Clémence Andriamonta-Paes, un film historique relatant la lutte pour l’indépendance. Raison de plus d’apprécier celui-ci, qui d’ailleurs a été récompensé d’une Etoile de la Scam.

A COMME ABECEDAIRE – Yves Jeuland.

Acteur

L’Extravagant Monsieur Piccoli

Un Français nommé Gabin

Allemagne

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Antisémitisme

Comme un juif en France – 1) De l’affaire Dreyfus à Vichy – 2) De la Libération à nos jours

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Aristocratie

Les Clefs du château – Dans le monde de l’aristocratie

Berry

Les Clefs du château – Dans le monde de l’aristocratie

Cabaret

Il est minuit, Paris s’éveille

Chansons

Il est minuit, Paris s’éveille

Charlot

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

Cinéma

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

L’Extravagant Monsieur Piccoli

Un Français nommé Gabin

Cinéma muet

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

Communisme

Camarades – Il était une fois les communistes français… 1944-2004

Concours

Rêves d’énarques

Déportation

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Elections

Le Président

Un village en campagne

Paris à tout prix – Dans les coulisses d’une élection

Engagement

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

Enseignement

Rêves d’énarques

Famille

Les Clefs du château – Dans le monde de l’aristocratie

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Femme

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

Gouvernement

Un temps de président

Histoire

Comme un juif en France – 1) De l’affaire Dreyfus à Vichy – 2) De la Libération à nos jours

Le Siècle des socialistes

Camarades – Il était une fois les communistes français… 1944-2004

Homosexualité

Bleu Blanc Rose

Institution

Rêves d’énarques

Ivens Joris

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

Journalistes

Les Gens du Monde

Judaïsme

Comme un juif en France – 1) De l’affaire Dreyfus à Vichy – 2) De la Libération à nos jours

Languedoc

Le Président

Un village en campagne

LGBT

Bleu Blanc Rose

Manifestation

Bleu Blanc Rose

Paris

Delanoë libéré

Il est minuit, Paris s’éveille

Paris à tout prix – Dans les coulisses d’une élection

Politique

Un temps de président

Les Gens du Monde

Delanoë libéré

Le Président

Un village en campagne

Le Siècle des socialistes

Camarades – Il était une fois les communistes français… 1944-2004

Paris à tout prix – Dans les coulisses d’une élection

Portrait

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

L’Extravagant Monsieur Piccoli

Un Français nommé Gabin

Un temps de président

Delanoë libéré    

Le Président

Pouvoir

Un temps de président

Presse

Les Gens du Monde

Spectacle

Il est minuit, Paris s’éveille

A COMME ABECEDAIRE – Pedro Costa

Cinéaste portugais, il a beaucoup travaillé en France. Il est aussi l’auteur d’installations internationales (Rotterdam, Lyon, Bilbao, le Japon). C’est un habitué de festival de Locarno et il a aussi été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.

Art

Danièle Huillet, Jean-Marie Straub, cinéastes

Banlieue

En avant jeunesse !

Cap Vert

Vitalina Varela

En avant jeunesse !

Chanson

Ne change rien

Cinéma

Danièle Huillet, Jean-Marie Straub, cinéastes

Comédienne

Ne change rien

Drogue

Dans la chambre de Vanda

Femme

Vitalina Varela

Ne change rien

Dans la chambre de Vanda

Lisbonne

En avant jeunesse !

Dans la chambre de Vanda

Logement

En avant jeunesse !

Dans la chambre de Vanda

Mort

Vitalina Varela

Musique

Ne change rien

Portrait

Vitalina Varela

Ne change rien

Danièle Huillet, Jean-Marie Straub, cinéastes

Dans la chambre de Vanda

Portugal

Vitalina Varela

Dans la chambre de Vanda

Réalisateurs

Danièle Huillet, Jean-Marie Straub, cinéastes

U COMME USINE – Automobile.

Humain trop humain. Louis Malle, 1972, 75 minutes.

            Cela commence par une vue sur la campagne, dans une prairie avec des vaches. Mais aussitôt la caméra zoome arrière en panotant sur la droite pour découvrir successivement des voitures et des bâtiments sur les toits desquels une multitude de cheminées déversent un flot de fumée. Sans transition nous nous retrouvons à l’intérieur de l’usine.

            Ce film au titre nietzschéen pourrait nous amener du côté de chez Marx, devenir une pièce à charge de l’organisation capitaliste du travail. Il n’en est rien. Malle n’est pas un militant. Il ne fait pas œuvre de contestataire. Son cinéma n’est pas l’illustration d’un dogme. Pourtant, on ne peut nier qu’il s’agisse d’un film engagé. Nécessairement engagé. Du côté des travailleurs. Malle ne fait pas une enquête sur le travail à la chaîne. Il ne se penche pas sur la dimension économique de la production industrielle. Il filme le travail des ouvriers et des ouvrières, ou plus exactement il film des hommes et des femmes au travail dans une usine. Un travail que l’on sait pénible, ennuyeux, répétitif. Cet ennui, Malle le montre sur les visages sans sourire. La répétition apparait dans la longueur des plans. Et la pénibilité peut être ressentie par le spectateur dans la bande son où il n’y a jamais de silence.

            Le passage au salon de l’automobile, cet envers de l’usine, ne fait que renforcer ces trois dimensions. Ce qui pourrait être une ouverture vers le loisir, en opposition dialectique avec le travail, n’est en fait que bousculades dans une foule particulièrement dense, répétitions des mêmes questions et des mêmes arguments stéréotypés, dans un vacarme aussi pénible à entendre que les coups de marteau sur des pièces métalliques dans l’usine. La présence de cette séquence au salon de l’auto, avec son rituel de la visite du président de la République filmé par malle furtivement, cette présence enchâssée dans un film où, en dehors du bref plan d’ouverture, on ne sort pas du huis clos de l’usine, permet de dialectiser le propos du cinéaste. Il ne s’agit pas d’un détour, ou d’une sorte de récréation qui viserait à reposer le spectateur en lui faisant oublier un moment l’enfermement de l’usine. En fait, les visiteurs du salon, en jouant des coudes pour pouvoir s’assoir un instant dans le dernier modèle flambant neuf sont tout aussi prisonnier de cette mythologie moderne qu’est devenue l’automobile que ces ouvrières qui ne peuvent laisser passer une seule pièce sur la chaîne qui défile devant elles. La confrontation entre ceux qui fabrique les voitures dans l’ennui et la fatigue et ceux qui approchent cet objet dans une situation de quasi rêve et de fantasme évident (la démonstration des sièges couchettes ne manque pas d’humour), cette confrontation en dit plus long sue le fonctionnement de notre société que bien des discours qui se veulent sociologiques.

            Filmer le travail en usine, le travail à la chaîne dans sa dimension aliénante puisque visiblement il ne peut pas avoir de sens pour ceux qui l’effectuent, est chose rare dans le cinéma français. La direction des entreprises d’ailleurs n’y ont jamais été très favorables. Rouch et Morin avait montré la voie dès 1960 dans Chronique d’un été, la chaîne d’une usine automobile déjà. En 1972, quand Malle vient filmer l’usine de Rennes, peu de choses ont changé. Et aujourd’hui encore, même si les robots effectuent certaines tâches répétitives ou pénibles à la place des hommes, le film de malle reste d’une actualité évidente.

J COMME JAPON- Révolte.

Kashima paradise. Yann La Masson et Bénie Deswarte. France, 1973, 106 minutes.

            Que Kashima ne soit pas un paradis, on l’aura compris bien avant la fin du film. Kashima, le symbole du triomphe industriel japonais, un complexe sidérurgique gigantesque accompagné d’un port artificiel qui lui aussi joue dans la démesure. Une modernité qui ne profite qu’à une seule classe, la bourgeoisie, comme l’affirme avec insistance le commentaire. Un commentaire omniprésent dans le film, un commentaire lourd, strictement didactique. Un commentaire engagé, mais qui prend des allures de propagande. Ce commentaire est écrit par Chris Marker, qu’on a connu en bien meilleure forme. Est-ce parce qu’il reprend les positions communistes de l’auteur du film qu’il perd en grande partie sa verve littéraire pour ne garder du marxisme qu’une vision quelque peu simpliste de la lutte des classes ? La façon pourtant dont Yann Le Masson filme ce nouveau Japon ne manque pas d’intérêt. Il séduit par la qualité ses images d’un noir et blanc lumineux et par une construction montrant, au-delà du cliché d’un Japon mêlant modernité et tradition, quelles sont les conséquences pour l’ensemble des japonais de l’influence occidentale et des transformations économiques et sociales qu’elle orchestre.

            Le film s’ouvre sur un plan d’avion pulvérisant du pesticide sur un champ, à l’américaine. On pense inévitablement à l’Hitchcock de La Mort aux trousses, la couleur en moins. Puis on est plongé au cœur de l’exposition internationale d’Osaka. Des plans d’ensemble en plongée montrent l’agitation de la foule des visiteurs. Dans l’attraction projetant en panoramique à 360 degré un film regorgeant d’effets spéciaux, les gros plans des visages soulignent le ravissement des spectateurs devant cette magie nouvelle du monde des images. Dans le pavillon soviétique, l’image de Lénine sert de transition pour évoquer les luttes politiques en cours dans le pays. Le commentaire oppose le parti communiste, seul raisonnable, aux dérives des révolutionnaires gauchistes. Les deux courants manifestent dans la rue en chantant l’Internationale. Mais les étudiants ne se contentent pas de proférer des slogans. La violence de leur affrontement avec la police une violence plus radicale encore qui occupera toute la fin du film.

            La deuxième partie du film, la plus longue, est entièrement consacrée au complexe de Fushima, depuis l’achat des terres et l’expropriation des paysans jusqu’à la cérémonie d’inauguration du haut fourneau. Le fil conducteur est un des habitants de la région, cultivant sa terre avec amour. Ses difficultés financières le conduiront pourtant, comme bien d’autres à trouver un travail sur le chantier de l’usine. Le Masson filme avec une grande précision cette vie rurale en pleine évolution où la tradition pèse encore d’un grand poids. Les écoliers vont à l’école en uniforme. A la maison, les enfants comme les parents regardent des dessins animés de guerre à la télévision. La vie rurale est marquée par des cérémonies à l’occasion des mariages et des enterrements. Le film insiste longuement sur la pratique du Kiri, un système traditionnel d’obligation imposant des dons et des contre-dons présenté comme dominant l’ensemble des relations sociales. D’un point de vue marxiste, la tradition est loin d’avoir toujours une valeur positive.

            Le film, malgré son titre, ne se limite pas à cette auscultation d’un Japon en pleine mutation, où les paysans sont nécessairement perdants. Une autre lutte voit en effet le jour à Narita, entre Kashima et Tokyo où doit être construit un nouvel aéroport international, au détriment, une fois de plus, des terres des paysans. Mais ce sont essentiellement des étudiants et des groupuscules révolutionnaires qui vont mener la lutte. Les affrontements avec la police sont extrêmement violents, et Le Masson les filme comme un véritable film de guerre, à la manière du Kurosawa de Ran. Tour à tour du côté des manifestants armés de pieux de bambou et des forces de l’ordre protégées par de grands boucliers blancs, la caméra est partout, suivant les assauts successifs des uns et des autres en construisant une véritable chorégraphie. Dans cette séquence justement célèbre, le commentaire laisse la place aux images. Leur beauté plastique se suffit largement à elle-même.

L COMME LIEUX – Les lieux de Louis Malle.

De l’Inde à l’Amérique – en passant par la France quand même – Louis Malle documentariste n’hésite pas à aborder des lieux qui sont visuellement à l’opposé les uns des autres.

L’Inde, c’est d’abord Calcutta, mégalopole surpeuplée, qui, au moment où Malle la filme, est surtout connue pour la misère qu’on y rencontre. Malle filme surtout les quartiers populaires, s’attardant sur la population pour en montrer la diversité. Il filme les pratiques religieuses, omniprésentes, le rituel du bain, la fabrication des statues de Kali qui seront montrées en procession toute une journée dans la ville avant d’être jetées dans la mer. (Calcutta, 1968, 105 minutes)

La religion, nous la retrouvons dans la série documentaire filmée dans l’ensemble du pays, de Madras à Bombay. Dans ses sept épisodes, le film nous fait entrer dans les problèmes fondamentaux que rencontre le pays – et qui ne sont sans doute pas tous résolus aujourd’hui. Mais surtout il nous fait rencontrer des femmes et des hommes, dans la simplicité de leur vie quotidienne. Des lieux où, au milieu de la pauvreté matérielle, apparait dans chaque regard une richesse intérieure. (L’inde fantôme, 1968-69, 7×52 minutes).

En Amérique, Malle réalise deux documentaires. Le premier est filmé à Glencoe, une petite bourgade de 5000 habitants dans le Minnesota qu’il décrit en quelques plans, une vue d’ensemble aérienne et un travelling le long de la rue centrale. Mais ici aussi, ce sont les habitants qui sont l’objet de l’intérêt du cinéaste. Une approche de la population de l’Amérique profonde, de mentalité très conservatrice, où la religion fait partie du décor, de la prière avant le repas, aux offices et cérémonies de mariage. (God’ country, 1985, 85 minutes).

Le deuxième film ne s’arrête pas dans un seul lieu, parcourant les Etats-Unis de la Californie à New-York en passant par le Texas, pour appréhender le traditionnel melting pot américain. La porte d’entrée des immigrés étant traditionnellement New-York, Malle se rend à la douane de son aéroport où vient d’arriver une famille de réfugiés cambodgiens ayant fui le génocide de Pol Pot. Ils ont des papiers, sont attendus par de la famille, ils peuvent entrer dans le pays sans problème.

A Houston, Malle filme une cité HLM datant des années 1930. Ses heurts entre les noirs et les asiatiques sont de plus en plus nombreux, et les deux communautés vivent sans aucun contact entre elles. En Californie, Malle aborde le problème de l’immigration clandestine de ces jeunes mexicains pourchassés par la police mais qui sont prêts à tout pour venir tenter leur chance aux Etats-Unis. Une séquence prémonitoire. (A la poursuite du bonheur, 1986, 77 minutes).

Retour en France, à Rennes précisément dans une usine de construction automobile. Une vision devenue classique du travail à la chaîne, répétitif, ennuyeux, pénible. Même l’arrivée des robots qui effectuent certaines tâches à la place des ouvriers ne semble pas changer fondamentalement la situation. Contrepoint du travail à l’usine, une séquence nous propose une visite du salon de l’automobile à Paris, avec sa foule, ses bousculades et son bruit assourdissant. Une autre aliénation sans doute, le rêve et les fantasmes devant des bolides hors de prix. (Humain trop humain, 1972, 75 minutes)

Paris enfin, Place de la République, un quartier populaire particulièrement animé. Une utilisation du micro-trottoir pour des rencontres avec des parisiennes et des parisiens, du moins s’ils veulent bien prendre la peine de s’arrêter un court instant pour répondre aux questions du cinéaste. Des moments de cinéma qui brise quelque peu l’anonymat classique de la grande ville. (Place de la république 1972, 95 minutes).

Après Malle, deux autres cinéastes ont fait de la place de la République un lieu caractéristique de Paris.  Xavier Gayan reprend le dispositif de Malle dans Place de la République 30 ans plus tard et Hafid Aboulahyane réalise en 2018 Place de la République 45 ans après. De quoi mesurer les effets du temps qui passe.

L COMME LIEUX – Les lieux de Johan van der Keuken.

Pour le cinéaste néerlandais l’opposition classique entre cinéaste sédentaire et cinéaste voyageur n’est que de pure surface. Ne devons-nous pas plutôt le désigner comme sédentaire et voyageur ?

Johan van der Keuken est d’abord le cinéaste d’une ville, Amsterdam, son lieu premier. Une ville qu’il film sous toutes les coutures, les canaux bien sûr et les façades des immeubles que l’on découvre au long de leur parcours. Mais aussi les fêtes et le foot à la télé ou dans les parcs, les nuits de danses et de musique dans les boites, les vendeurs de hash dans les coffee-shop et le quartier des filles en vitrine. Une ville si cosmopolite et si riche en rencontre qu’un film de près de quatre heures ne prétend pas épuiser. (Amsterdam, Global village, 1996, 245 minutes.)

Les rencontres faites à Amsterdam vont pousser le cinéaste à partir aux quatre coins du monde. En Bolivie d’abord, avec ses montagnes enneigées vues d’avion, et le village où le retour de Roberto, l’enfant du lieu, est l’occasion d’une grande fête avec musique et danses. Puis en Tchétchénie, où il filme les traces de la guerre toujours visible. N’y a-t-il pas dans cette dispersion géographique, une façon d’abolir les frontières ?

Amsterdam est aussi le point de départ de voyage en Europe. Du nord au sud, en s’arrêtant à Paris, les Alpes, Rome et le sud de l’Italie pour aboutir au Caire. (Vers le sud, 1981, 143 minutes). La France est par ailleurs un lieu de vacances, en Provence, avec la famille. (les vacances du cinéaste, 1976, 39 minutes).

Dans le monde, l’Inde est un lieu privilégié, et en particulier le Kerala (l’œil au-dessus du puits, 1988, 90 minutes). Van der Keuken y filme la ville, avec la foule dans les rues, mais aussi la campagne, avec sa végétation luxuriante et son habitat dispersé. Une salle de cinéma permet un temps d’arrêt, quelques chansons dans le plus pur style bollywodien, et les yeux émerveillés des enfants.

Au fil des films nous découvrons d’autres pays, d’autres régions, d’autres villes. New York, Hong Kong et Genève, hauts lieux de la finance dans I love $ (1988, 90 minutes), Utrecht, le Boutan et le Burkina Faso dans Vacances prolongées (2000, 142 minutes).

Dans Cuivres débridés. A la rencontre du swing, (1992, 106 minutes) il montre la place de la musique dans des pays où les Européens n’ont pas l’habitude d’aller, Le Ghana et le Surinam, Le Népal et l’Indonésie. La musique sans frontière.

Les lieux de Johan van der Keuken ne sont pas des lieux touristiques. Ils n’existent que par les femmes et les hommes qui les habitent, qui y vivent et y travaillent. Comme Paris, filmé lors de la célébration du bicentenaire de la révolution française. Mais ce ne sont pas les festivités qui intéressent le cinéaste. Van der Keuken s’arrête plutôt Gare de Lyon, lieu de vie d’un SDF (le masque 1989, 52 minutes).

Si van der Keuken nous fait découvrir dans son cinéma des lieux lointains, il nous amène aussi tout près d’Amsterdam, un lieu typique de son pays : le Wadden, au nord-ouest des Pays-Bas, une terre conquise sur la mer, qui ne fait qu’un avec la mer, un lieu qui vit au rythme de ses flux et de ses reflux (La jungle plate, 1978, 86 minutes).

S COMME STAR – Chœurs

Twenty feet from stardom.  Morgan Neville. Etats Unis, 2013, 89 minutes.

            Les chœurs des grands classiques du rock, de la soul, du R’B, des années 60 ou 80, nous les avons tous dans les oreilles, mais connaissons-nous les choristes qui les interprètent ? Souvent des femmes, trois ou quatre à côté de la star sur le bord de la scène, ou devant un micro en studio, ce sont elles qui donnent leur couleur, leur âme même, à des chansons devenues culte. Nous sommes en Amérique, ces choristes sont presque toutes afro-américaines et filles de pasteur. Leur puissance vocale est phénoménale. Leur sens du rythme aussi. Mais leur fonction d’accompagnement les destine à rester dans l’ombre. Comme le dit Bruce Springsteen, « le chœur reste une position sans gloire ». Le film vise à faire reconnaître enfin ces artistes à leur juste valeur.

            Twenty feet from stardom propose quelques belles illustrations de ces titres mythiques où les choristes ont un rôle déterminant. Lou Reed d’abord, uniquement en audio, avec Walk on the wide side ou Ray Charles pour un détonnant What’d I Say. On verra aussi Les Talking Heads sur scène ou David Bowie en studio, dans des prestations mémorables. Le film donne ensuite la parole à ces stars qui ont su utiliser les choristes et qui en reconnaissent l’importance, Stevie Wonder, Mick Jagger, Sting, Springsteen. Mais l’essentiel du film se penche sur la vie de quelques-unes de ces choristes les plus remarquables mais dont la carrière n’a pas toujours été rose. Ainsi Darlene Love qui connait bien des démêlés avec Phil Spector et qui se retrouve femme de ménage après une carrière pourtant bien remplie avec les Blossoms. Entendant un jour une de ses chansons à la radio pendant son travail, elle part pour New York tenter à nouveau sa chance. Ou bien Claudia Lennear qui accompagnait Ike et Tina Turner sur scène et que le réalisateur retrouve enseignante de langue dans une école. Ou encore Merry Clayton à qui le Gimme Shelter des Rolling Stones doit beaucoup. Toutes ont été un jour ou l’autre tentées de faire une carrière solo. Le film montre les difficultés qu’elles ont rencontrées. Le succès pour elles n’a jamais été immédiat ni évident.

            Twenty feet from stardom a le grand intérêt d’aborder le monde de la musique sous cet angle originel. Montrant que tout n’est pas toujours facile dans le show-biz, il nous propose aussi des moments de grande émotion musicale, comme dans les retrouvailles quelques 20 ans après des Blossoms qui n’ont rien perdu de la magie de leur voix.

A COMME ABECEDAIRE – Joaquim Pinto

Cinéaste portugais. Sa vie et sa séropositivité tiennent une grande place dans son cinéma

Amitié

Le Chant d’une île

Et maintenant ?

Amour

Et maintenant ?

Brésil

Surfavela

Exclusion

Surfavela

Favela

Surfavela

Ile

Le Chant d’une île

Médicaments

Et maintenant ?

Pêche

Le Chant d’une île

Portrait

Le Chant d’une île

Portugal

Le Chant d’une île

Religion

Et maintenant ?

Rio de Janeiro

Surfavela

Sida

Et maintenant ?

Surf

Surfavela

Travail

Le Chant d’une île

A COMME ASSEMBLÉE NATIONALE. UN FILM EN IMAGES

A la tribune. Bénédicte Loubère, 2020, 2X52 minutes.

La parole politique officielle. De grands moments de l’histoire contemporaine : la naissance de la V° République (De Gaulle), la légalisation de l’avortement (Simone Veil), l’arrivée de la gauche au pouvoir (Mitterrand) , l’abolition de la peine de mort (Badinter), le mariage pour tous (Christiane Taubira)

B COMME BIO-FILMOGRAPHIE François Lévy-Kuentz

François Lévy-Kuentz, né en 1960 à Paris, est un auteur-réalisateur français.

Il étudie le cinéma à la Sorbonne Nouvelle puis débute comme assistant de réalisation sur des films documentaires et de fiction. Il signe son premier

Film sur l’art en 1989 avec « Man Ray, 2bis rue Férou » puis  travaille trois ans pour le magazine Ramdam, réalisant une cinquantaine de portraits de peintres, plasticiens ou écrivains.

Il collabore à divers émissions culturelles : Le Cercle de Minuit, L’atelier 256, Rapptout, Archimède. En 1994, il conçoit et réalise Aux Arts et cætera, émission hebdo consacrée aux arts plastiques diffusée sur Paris Première.

Il réalise pour Arte plusieurs portraits de cinéastes (Jean Painlevé, Rainer W. Fassbinder ou Luis Bunuel…)

Depuis plus de 20 ans, François Lévy-Kuentz consacre essentiellement son travail de documentariste au film sur l’art et réalise de grandes monographies sur des artistes tels que Pascin, Marc Chagall, Man Ray, Yves Klein, Salvador Dali, Piet Mondrian, Alexander Calder, ainsi que des films sur des mouvements picturaux. (Le Scandale Impressionniste, Quand l’art prend le pouvoir, La face cachée de l’art américain). Ces documentaires ont  été primées dans de nombreux festivals internationaux et ont été présentes dans les Cinémathèques de Bruxelles, Mexico, Sao Paulo et Jérusalem.  

Filmographie sélective :

Un été à la Garoupe

Mélisande/ France Télévisions

Festival de Pessac (2020-Compétition officielle)

FIPADOC 2020 (Panorama)

Cocteau/Al Brown, le poète et le boxeur (2018)

Films de l’instant/ France Télévisions

La face cachée de l’art américain (2017)

Cineteve / France 3

Etoile de la SCAM 2020

Sélectionné au 20e rendez-vous de l’Histoire de Blois (2017)

Sélectionné au festival international de Pessac (2017)

Sélectionné au History Film Festival (Croatie) 2108

Télémaque, l’affranchi (2017)

Festival MIFAC

CFRT/France Télévision

Editions Doriane Films

Les enfants de la nuit (2015)

The Factory / Arte

Sélectionné au FIPA 2015 (Compétition officielle)

Dans l’œil de Luis Bunuel (2013)

Kuiv / Arte

Sélectionné au FIFA 2014

Festival Arte 2013

Festival de Tallin 2015 

Salvador Dali, génie tragi-comique  (2012)

INA/ France 5

FILAF d’argent (Perpignan 2013)

Sélectionné au FIFA (Montréal 2013)

Sélectionné au FIPA (2013)

Sélectionné au Festival de Naples 2013

Présenté à la FIAC 2013

DVD / INA EDITIONS

Dans l’atelier de Mondrian (2011)

Cinétévé / Arte / France 5

Sélectionné au FIFA 2011

Sélectionné au Festival de Lisbonne 2011

Sélectionné à ARTECINEMA (Naples 2012)

Sélectionné à Art Doc Festival (Rome 2013)

DVD/ ARTE EDITIONS

Le Scandale Impressionniste (2010)

Arte/ Musée d’Orsay

Sélectionné au FIFA 2011. Nominé au Lauriers audiovisuel de Paris (2011)

DVD/ ARTE EDITIONS

Calder sculpteur de l’air (2009)

Zadig/ France 5

Grand Prix du Festival International de Murcie 2009

FIFA Montréal 2009

Prix du meilleur Portrait au Festival Int. du film d’art d’Assolo 2009

Mention spéciale au festival de Lisbonne 2009

Sélectionné au Festival de New-York, Naples, Reus, Toronto, FIPA

DVD/ FRANCE TELEVISION EDITIONS

Quand l’art prend le pouvoir (2008)

Les Poissons Volants/ Arte 

Etoile de la SCAM 2009

FIPA 2009 (Situation de la création française)

Artecinema (Naples)

DVD/ RMN EDITIONS

Yves Klein, la révolution bleue (2006)

MK2/ France 5

Prix du meilleur portrait au XXVe FIFA Montréal (2006)

Grand Prix du Festival de Milan 2007

Etoile de la SCAM 2008

FIPA 2007 (Situation de la création Française)

ARTECINEMA (Naples 2007)

DVD/ RMN EDITIONS

Jean Painlevé, fantaisie pour biologie marine

ARTE / France 5  (2005)

Crescendo/ Les Documents Cinématographiques

Ouverture du Festival Paris/ Science 2006

Chagall, à la Russie aux ânes et aux autres (2003)

INA /France 3/ France 5

Award du film d’archives FIAT/GLS 2004,

XXIIe FIFA (Montréal)

Grand Prix au Festival International d’Art de l’Unesco 2004.

FIPA 2004 (Situation de la création française)

DVD/ FRANCE TELEVISIONS EDITIONS

Artecinéma Naples  (2015)

Pascin l’impudique (2000)

Lapsus /L’envol

XIXe FIFA (Montréal)

FIPA 2001 (Situation de la création française)

DVD/ RMN EDITIONS

Man Ray, 2bis rue Férou (1989)

ARTE/F.L.K

Editions Dilecta (2010)

Artecinema  Naples 2015

P COMME PSYCHIATRIE – PSYCHANALYSE. Filmographie.

12 jours, Raymond Depardon

A ciel ouvert. Mariana Otero

A la folie. Wang Bing

Aucun d’eux ne dit mot. Jacques Lin

Au-delà des maux – Santé mentale et travail. Stéphane Lecy 

Au jour le jour, à la nuit la nuit. Anaëlle Godard

Beaucoup, passionnément, à la folie. Jean-Michel Carré

Elle s’appelle Sabine. Sandrine Bonnaire

Être là. Régis Sauder

Françoise Dolto, au nom de l’enfant. Virginie Linhart

Jacques Lacan : psychanalyse 1 et 2. Benoît Jacquot

Je ne me souviens de rien. Diane Sara Bouzgarrou

Grandir à petits pas. Jean-Michel Carré

Haïti, la blessure de l’âme. Cécile Allegra

Hikikomori, les reclus volontaires ? Michaëlle Cagnet

Les heures heureuses. Martine Deyres

Jeux criminels. Adrien Rivollier

Maux d’enfants, mots d’adultes. Yves de Peretti, Catalina Villar

La moindre des choses. Nicolas Philibert

Monsieur Deligny, vagabond efficace. Richard Coplans

San Clemente. Raymond Depardon

Regards sur la folie : la fête printanière Mario Ruspoli

Seishin. Kazuhiro Soda

Le Sous-bois des insensés – Une traversée avec Jean Oury. Martine Deyres

Sur le quai. Stephan Mihalachi

Un temps pour danser. Alessandra Celesia

Urgences, Raymond Depardon

Valvert. Valérie Mréjen