Sikoqqinngisaannassooq. Adam Sébire, Norvège, Groenland, 2025, 15 minutes.
Que Trump réussisse ou non son projet fou de s’accaparer le Groenland, au fond, peu importe. Car il y a plus grave, plus urgent, plus inquiétant pour l’avenir de l’île. La banquise est menacée. Fragilisée par le réchauffement climatique. C’est toute la vie des communautés inuits qui se trouve sur la sellette.
La fonte des glaces semble irréversible. Il est cependant possible de la retarder. En réduisant drastiquement l’émission des gaz à effet de serre. Mais les hommes en sont-ils capables ?
Le film de Adam Sabir au titre imprononçable est un véritable cri au secours. La glace devient de plus en plus fragile de plus en plus tôt dans l’année. Beaucoup des activités traditionnelles des habitants deviennent dangereuses et sont remises en cause. La pêche en tout premier lieu. Et c’est donc le moyen de subsistance le plus important pour les habitants qui est remis en cause.
Mais c’est aussi toute la culture de tout un peuple qui risque de disparaître. Les courses de chiens de traîneau tout particulièrement. Le film nous propose à ce sujet de magnifiques vues de drones. Il nous montre aussi, ponctuant les différents entretiens avec les habitants locaux, une activité collective chargée de sens. En piétinant la banquise, les hommes et les femmes inscrivent dans la glace tous les mots qui, dans leur langue, servent à désigner les différents états de la neige et de la glace. Des milliers de mots. Un véritable trésor linguistique.
Fipadoc, Biarritz 2026.
