L’Avocate.

Un pays de papier. Marion Boé, France, 2024, 68 minutes.

Avocate à Rennes, Mélanie consacre toute son activité professionnelle à venir en aide aux mineurs isolés, ces enfants et adolescents de 16, 14 ou même 12 ans arrivés seuls en France, le plus souvent sans papier. La loi oblige l’État français à leur venir en aide et à les prendre en charge jusqu’à leur majorité.

Seulement voilà, les préfectures contestent souvent leur âge, considérant qu’ils cachent leur véritable date de naissance, les considérant donc comme des menteurs, des dissimulateurs.

La première aide que l’avocate peut leur apporter c’est de les aider à obtenir un acte de naissance dans leur pays d’origine. Chose pas aisé on s’en doute, surtout lorsque ce pays est en guerre. Le film nous montre une réussite exemplaire, la mère du mineur faisant parvenir à l’avocat les papiers demandés. Mais il s’agit somme toute assez rare. A défaut de papiers officiels, les jeunes mineurs doivent alors faire face à la machinerie administrative. Mélanie, dans son rôle d’avocate, dénonce la méthode qui consiste à faire valoir une vue subjective du jeune, à faire référence à son apparence. Son physique et son attitude ne correspondraient pas à l’âge qu’il dit avoir. Ce type d’argument ne concerne pas seulement les filles. Le rôle de l’avocate est alors de prévenir les jeunes, de les préparer à affronter cette pratique, à leur donner confiance, parce qu’ils sont aidés, épaulés par des associations. A Renne, celle qui leur vient en aide s’appelle Utopia. Elle joue un rôle tout à fait essentiel.

Lorsque ces jeunes arrivent à leur majorité, ils tombent dans le domaine courant et il leur faut faire alors une demande d’asile. Une démarche compliquée, que le film de Camille Ponsin, La Combattante, nous avait très concrètement informés. Ici Marion Boé ne fait qu’évoquer cette problématique mais son sujet n’est pas de la traiter dans sa complexité.

« On ne les laissera pas dans la rue », une phrase que Mélanie prononce souvent, et cela ne reste pas un simple effet de langage. Lorsque l’association a des difficultés d’hébergement, Mélanie prend le relais et reçoit chez elle le jeune en difficulté. Une action qui pour elle est tout à fait naturelle.

Le film de Marion Boé a le grand mérite de montrer que la solidarité existe encore en France.

Fipadoc, Biarritz 2025.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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