Ce qu’on demande à une statue, c’est qu’elle ne bouge pas. Daphné Hérétakis, Grèce-France, 2024, 31 minutes.
Quelle est votre statue préférée ? La question est inévitable. Les réponses ne vont pas toutes nous surprendre. La statue de la liberté n’est pas donnée en premier lieu, mais on ne pouvait pas y échapper. Et heureusement. Car celui qui la donne nous en propose une approche physique des plus réjouissante.
Ce film sur les statues n’est pas un éloge de l’immobilité. Loin de là. Athènes s’agite beaucoup dans les rues. Des manifestations bruyantes. Plus ou moins nombreuses en nombre. Toutes sortes de sujets de protestation. Jusqu’à la destruction du Parthénon, symbole du rayonnement de l’Antiquité grecque. Justement, certains veulent couper tout lien avec ce passé.
Heureusement, ils ne sont qu’une poignée. Un groupuscule actif cependant. Mais le micro-trottoir n’a pas de mal à trouver des opposants à cette idée, pour la qualifier de farfelue, voire de dangereuse. Les statues ne seront pas toutes déboulonnées.
Le film de Daphné Hérétakis a une belle vitalité. Il regorge d’idées, comme cette cariatide échappée d’un musée et qui va remettre son chapeau sur la statue de Mélina Mercouri sur une place de la ville. Et puis ce groupe de manifestants qui veulent détruire le Parthénon ne manque pas d’humour et de poésie. S’ils ne sont pas très crédibles, leurs idées sont quand même significatives d’un état d’esprit.
Une époque bien compliquée.
