Monaco.

Imperial Princess. Virgil Vernier, France, 2024, 48 minutes.

Le film commence par un accident lors du Grand Prix automobile de Monaco. Un des bolides heurte le rail de sécurité et prend feu. Le pilote est extrait avec beaucoup de mal du brasier. Le ton est donné, on retrouvera les voitures à la fin du film, des voitures de luxe qui permettent de frimer.

 Entre les deux séquences on parcourt la ville de Monaco. Une ville bien sinueuse comme un circuit automobile. Et comme toute la vie de l’héroïne du film, Julia.

Le film est le journal intime, quotidien, de cette jeune femme russe abandonnée à Monaco par son père qui, lui, a regagné la Russie à cause des sanctions européennes contre son pays qui vient d’envahir l’Ukraine. Un journal au jour le jour dont nous avons accès par la voix off de son autrice. Une voix terne monotone, sans éclat. Comme la vie de Julia qui n’a pas grand-chose à faire pour passer le temps. Elle se promène un peu dans la ville. Ce qui nous permet d’en explorer les manifestations de luxe. Comme les soirées passées dans des palaces où elle se fait inviter par des hommes. Et dans des boîtes dans le vent.

Dans le film de Vernier, Monaco est tout à fait conforme à sa réputation. Un monde clinquant. Mais bien factice au fond. Un monde de luxe bien sûr, mais où tout semble bien superficiel. Toute vie, comme celle de Julia, n’est-elle pas condamnée à la solitude ?

Une légende raconte que le Prince du lieu aurait fait empoisonner les fruits des arbres de la ville pour que personne ne se les approprie. Par cela, tout est dit de ce monde à part.

Finalement, Impérial Princess est un film ambigu, dont on peut dire aussi qu’il joue ouvertement sur le double sens. Fascination / Répulsion. De même est-il une fiction, ou un documentaire ? Julia n’est-elle pas une actrice en réalité ? Son histoire est-elle racontée pour faire rêver ou pour dénoncer l’oligarchie russe ? Et l’immersion dans le monde et la vie de Monaco reste plutôt superficielle. On reste un peu extérieur à tout ce qui nous est montré.

Cinéma du réel Paris 2025

Rencontres internationales du moyen métrage, Brive 2025.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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