La vie de Zoé

Le poireau perpétuel. Zoé Chantre, France, 2021, 83 minutes.

À 37 ans, une jeune cinéaste se penche sur sa vie. Le passé, bien sûr. Mais peu, pour aborder surtout le présent. L’intimité quotidienne, même si le film ne prend pas la forme d’un journal au jour le jour.

Dans cette introspection cinématographique, c’est la maladie qui domine. La maladie comme anticipation de la mort dont pourtant on ne parlera pas. La mère en est à son deuxième cancer, mais cette fois-ci, elle refuse le traitement long de la chimiothérapie. La cinéaste elle-même a eu jeune une tumeur au cerveau, guérie, mais qui laisse quand même quelques séquelles. Mais surtout, elle souffre d’une sévère scoliose. Sa colonne vertébrale forme un S, dit-elle. Il lui faudra une opération risquée de redressement. Au terme de laquelle elle aura grandi de 6 cm. Bref, il y a dans ces faits, tous les ingrédients d’un drame romantique. Mais ce ne sera pas le cas. La mère est toujours joyeuse et son rire fréquent occupe une bonne part de la bande son.

Et surtout, le ton du film est donné par l’humour, un humour franc, pas noir du tout. Plutôt simple et direct. Comme les dessins enfantins qui s’animent dans l’image. Le ton est donné dès l’ouverture du film. Le filmage en gros plan d’une fourmi qui se glisse sous la porte de l’appartement tous les ans à la même date, celle de l’anniversaire de la mère de Zoé. Et qui est l’annonce de l’arrivée du printemps.

Les animaux d’ailleurs sont très présents dans le film. Outre la fourmi, une grenouille, une salamandre, un petit ver et surtout un poussin. On assistera à sa naissance, dans une couveuse improvisée, ses premiers pas dans le vaste monde et à son inhumation. Sa mort étant sans doute causée par la pollution.

Mais Zoé sait aussi être sérieuse. Elle s’interroge avec beaucoup de calme sur son désir d’enfant, ou plutôt son refus d’enfant. Bref, elle hésite et la question de la maternité devient récurrente dans le film.

Un film peut-être pas inoubliable, mais qui tiendra une place non négligeable dans la liste des films qu’on peut qualifier d’autobiographiques dans la mesure où ils font de la vie de la cinéaste, du cinéaste, une source d’inspiration. Des jeux sur le jeu qui peuvent être dramatiques, mais aussi joyeux et plein d’humour.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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