Pompei

Pompei, sotto le nuvole, Gianfranco Rosi, Italie-France, 2025, 115 minutes.

Le film est une immersion totale dans un territoire, un territoire actuel mais aussi chargé d’histoire. Au pied du Vésuve toujours en activité, le film s’attarde par moments sur les fumerolles qui s’échappent de la terre. Et sur les petites flammes qui n’annoncent rien de bon ? Un volcan presque mystique. Destructeur dans l’Antiquité de villes entières, Pompéi et Herculanum et leurs voisines.

Nous allons donc visiter le musée de Pompéi, mais aussi et surtout ses réserves en souterrain. Avec pour seule lumière, une lampe torche dont le faisceau permet d’isoler les détails des statues. En particulier. Il y a toujours des fouilles à Pompéi et il est toujours important de protéger les lieux antiques des pilleurs de tombes qui dès le 19e siècle, on fait tant de ravages.

Et à côté de l’archéologie, Rosi nous montre la vie quotidienne. Et ses activités, notamment le port avec ses longs cargos chargés de blé ukrainien. Et même la permanence des pompiers qui reçoit les appels de détresse en urgence, comme cette femme enfermée chez elle avec ses 2 enfants en bas âge et son mari violent, ivre, qui la frappe encore et encore, au point qu’elle craint pour sa vie. Le pompier de service essaie de la rassurer et reste en contact avec elle pendant que la police arrive. Un grand moment en direct de dénonciation de la violence faite aux femmes.

Film historique, le Pompéi de Rosi est aussi un film esthétique. Qui ne recule pas devant la recherche de la beauté plastique. Le noir et blanc – on dirait plutôt le noir dans toutes ses nuances – nous offre des vues. d’une plasticité à couper le souffle. Sur la mer, sur le ciel et les nuages. Avec toujours en arrière-plan, la montagne. Et ses sommets inquiétants.

Un film donc qui devrait être interdit de diffusion sur les petits écrans des smartphones. Jamais la projection en salle noire sur grand écran et son moderne n’a été aussi nécessaire.

Le film de Rosi est une invitation au voyage, un voyage dans la magie des images.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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