André est un idiot. Tonny Benna, Etats Unis, 2024, 88 minutes.
Nous faisons tous des bêtises. Enfants bien sûr, mais aussi devenu adulte. Si beaucoup ne prêtent guère à conséquence, d’autres ne passent pas inaperçues et peuvent véritablement nous tuer.
Le film commence sur un diagnostic qui tombe comme un couperet, une condamnation définitive. André est atteint d’un cancer du côlon au stade 4. Il ne lui reste plus, au mieux, que 5 ans à vivre. Fatalité, destin contre lequel on ne peut rien. Après tout, nous sommes tous mortels. Et pourtant.
Le cancer du côlon est un de ceux qui se soignent le mieux. C’est-à-dire qu’il peut être guéri, du moins s’il est prix assez tôt, avant que la maladie n’atteigne d’autres organes.
Ce n’est pas le cas d’André. Son foie est atteint. Ce qu’il aurait pu éviter. Dans le cas de ce type de cancer, la prévention est indispensable et efficace. Il suffit à partir de 50 ans de faire une coloscopie. Ce qu’André n’a pas fait. Par insouciance sans doute, ou par refus de se mettre entre les mains de la médecine. Maintenant, c’est trop tard. Peut-il s’en mordre les doigts ? ça ne change rien.
Va-t-il se lamenter sur son sort, sur son idiotie ? non, ça ne correspond pas à sa personnalité, à son tempérament. André a toujours été un rigolo un bout en train, un blagueur. Son diagnostic ne va pas le changer. Le cancer, il va le vivre avec son humour habituel, un humour caustique et qui, vu les circonstances, devient un humour noir.
Le film va donc suivre ce condamné en sursis tout au long des 5 années où nous le verrons peu à peu, mais irrémédiablement, dépérir. Un corps qui change lentement pour devenir une sorte de squelette ambulant. La chimiothérapie a par moments des effets positifs, mais aussi des effets secondaires pas toujours agréables. Bref, il faut s’habituer à vivre avec la maladie, vivre comme un malade. Mais continuez à vivre malgré tout. Profitez de la vie, du reste de vie qui reste.
André n’est pas seul face à la maladie. Il a une femme et deux filles. Il a des amis. Tous l’entourent et le soutiennent. Il y a là un premier enseignement du film, l’importance de la relation sociale, familiale et amicale. Le film montre comment la relation avec sa femme- exemplaire – est fondamentale pour André. Un véritable éloge du couple. Le film propose un 2e enseignement, la force de la vie, André veut vivre et il vivra. Tant qu’il aura encore la plus petite énergie en lui. Un film optimiste, au fond. Et qui délivre un message d’espoir. La médecine fait des progrès. Le dépistage des cancers du sein en particulier, pour les femmes, peut sauver des vies.
Refuser la coloscopie est une bêtise.
Fipadoc, Biarritz 2026.
