P COMME PEINE DE MORT – Texas

L’Etat du Texas contre Mélissa. Sabrina Van Tassel, 2021, 107 minutes.

Ce film peut être analysé à trois niveaux.

1 C’est un film-enquête. Ou plutôt une contre-enquête. Partant de la version officielle des faits, tels qu’ils apparaissent dans le jugement condamnant Mélissa pour le meurtre de sa dernière fille – son quatorzième enfant – il s’agit de montrer les failles de l’enquête, les partis-pris de la justice, sa précipitation, voire ses erreurs, ce qui nous conduit inévitablement à douter de sa culpabilité.

2 Le film est aussi un portrait. Le portrait d’une femme, simple, peu (ou plutôt pas du tout) séduisante. Sa vie ne comporte guère de faits marquants, sauf qu’elle vient de passer 10 ans dans le couloir de la mort après sa condamnation. Et elle n’inspire guère de sympathie au début du film. Si elle a vraiment tué son enfant, n’est-elle pas un monstre. D’autant plus qu’elle se drogue de façon inconsidérée. Mais peu à peu, le film renverse cette vision. Si Mélissa n’est pas alors présentée sous un jour entièrement positif, du moins elle acquiert dans le film une véritable humanité qui transcende son statut social de femme pauvre hispano-américaine.

3 Le film peut alors être considéré comme une prise de position contre la peine de mort, même si cette dimension n’est pas ouvertement revendiquée par la réalisatrice. Et c’est je mérite du film de ne pas être un simple réquisitoire véhément. Sabrina Van Tassel ne joue aucunement sur la corde sensible qui pourrait conduire le spectateur à s’apitoyer sur le sort de Mélissa. Me problème de la peine de mort n(est pas seulement une affaire de sentiment et de conviction. Il doit avant tout être inscrit dans une réflexion sur le fonctionnement de la justice et l’impartialité de ceux qui condamnent.

En définitive, ce film est une critique impitoyable d’une certaine Amérique ; celle qui avait élu Trump. Celle qui triomphe au Texas et dans sa justice.