Un été à la ferme. Hugo Willocq, 2025, 100 minutes.
Voici un jeune cinéaste – c’est son premier film – qui manque de la plus élémentaire modestie. Ne se prend-il pas pour un cinéaste américain spécialisé dans le thriller ? Après tout, dirait-on, n’est-ce pas une façon de satisfaire le spectateur ? Sauf qu’à propos d’un documentaire, ça n’a pas vraiment de sens.
Car il s’agit bien d’un documentaire. En principe sur la vie à la campagne. Sur le travail des paysans, d’un éleveur, le soin des vaches, la récolte du maïs ou du blé, le tout sans commentaire, sans revendication, ce qui est plutôt bien d’ailleurs.
Mais pourquoi cette musique qui vient ponctuer les effets visuels. Du Bach ! Pourquoi du Bach ? Que vient faire Bach dans cette campagne ? On se le demande. Tout est fait pour que le spectateur en prenne plein les oreilles, en espérant que par cela, il en prendra aussi plein les yeux.
Mais le pire, c’est le montage. Dès la première séquence, sur les jeux des ados, on en a presque le tournis. Ensuite, le filmage des travaux de la ferme est un peu plus calme, heureusement. Mais dès qu’on retourne sur les adolescents, conduisant un tracteur par exemple, on se croirait revenu dans un western.
Pourtant, le film ne manquerait pas d’atout. Lorsqu’il s’intéresse aux adolescents, en particulier. Trois jeunes qui passent leurs vacances d’été dans la ferme des parents et qui aident beaucoup le père. Celui-ci les place en situation d’apprentissage, surtout son fils Paul, 12 ans, dans la conduite du tracteur et autres engins agricoles. Le film nous immerge dans leurs jeux, leur insouciance. Et ils n’ont pas peur de faire quelques bêtises, justifiant les remontrances du père. Une adolescence loin de la ville, sans réseaux sociaux, presque sans jeux vidéo. Avec des plaisirs simples, comme le bain dans la rivière. Des adolescents comme on n’en voit plus beaucoup, car ils vivent vraiment sur une autre planète. Mais justement, il n’est pas inutile de rappeler qu’ils existent aussi.
