ADOPTION

Du rififi dans le tiroir. Anne Morin, 2021, 90 minutes.

L’adoption, une course de fond. Mieux, une course d’obstacle. Un parcours du combattant presque. Entre les tracasseries administratives de toutes sortes, il y faut ténacité et persévérance. Surtout ne pas renoncer au premier refus, à la première désillusion. Continuer. Espérer toujours. Dans une réalité particulièrement complexe, les choses peuvent changer du jour au lendemain. Dans les deux sens. Le mieux, c’est de toujours croire à sa bonne étoile.

De la persévérance et de la chance aussi. Il en a fallu à Anne et son mari depuis le jour où ils ont décidé de se lancer dans l’aventure. Une aventure à rebondissement. Du coup on est presque dans un film à suspense. L’issue reste incertaine jusqu’au bout. Et plutôt que se demander si la demande va aboutir, on attend le moment où le couple finira par renoncer. Et pourtant…Le désir d’enfant n’est-il pas plus fort que tout ?

Première étape, choisir où déposer sa demande. En France, il faut vite admettre l’évidence. C’est impossible. Définitivement. Et peu importe les raisons évoquées. Il est donc nécessaire de se diriger vers l’international. Mais pour quel pays ? Le couple ne perd pas de temps en hésitations. Ce sera le Mali. Un pays connu, qui semble facile d’accès. Le dossier est bouclé sans difficulté particulière. Tout semble rouler comme sur des roulettes. Mais si les choses avaient été si faciles, si tout s’était déroulé comme prévu, est-ce qu’il aurait été intéressant de faire un film ?

Et lorsque tout semble ok, c’est la tuile. Imprévue et totalement imprévisible. Le Mali, sous l’influence des islamistes semble-t-il, promulgue une nouvelle loi interdisant les adoptions internationales. Le bébé promis à Anne restera dans son orphelinat.

Le film ne pouvait pas s’arrêter là. Mais la suite ne peut être qu’une répétition de déceptions, d’espoirs déçus, de renoncements presque définitifs et de rebondissements inespérés. Les années s’égrènent dans une sorte de journal de bord. Le temps passe inexorablement. Et le couple qui aurait tendance à voir parfois les choses avec résignation retrouve le sourire au moindre fait qui peut être interprété positivement. On en vient à désirer à leur place un heureux dénouement. Et le dernier plan – cet enfant qui courre devant sa « mère » sur un chemin de campagne – le seul plan du film filmant un enfant – dit plus qu’un long discours la joie que cette femme doit éprouver de voir enfin, après tant d’années, son rêve réalisé.

Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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