Le chant de l’âme.

Yael Naim, une nouvelle âme. Jill Coulon, 025, 55 minutes

Vous connaissez tous Yael Naim. Une chanteuse mondialement connue. Dont les chansons sont de tubes, du moins certaines. Une star donc. Pourquoi ne mériterait-elle pas alors qu’un film documentaire lui soit consacré ? Un film qui retrace sa vie et sa carrière. Un classique du genre quoi.

Le film de Jill Coulon a donc au premier abord une dimension classique. On voit la chanteuse sur scène, en concert, en répétition. On la voit lorsqu’elle écrit. Dans ce moment de création particulièrement émouvant. On la voit avec son compagnon, David, avec qui justement elle partage cette création musicale. Et puis les archives familiales, nous la montre enfant dans ces petits films en 8 mm que tout cinéaste qui construit une biographie, soit se doit de trouver et d’incorporer à son propos. Sur tout cela, le film de Jill Coulon n’échappe pas à ce qui est devenu un genre à part entière. Avec ses images de coupe particulièrement séduisantes. Ici, la mer, les vagues, la nature.

Mais peu à peu, en regardant plus attentivement le film, on sent qu’on échappe de plus en plus à ce modèle. Non qu’on renonce à tout ce qui vient d’être dit. Mais c’est plutôt une nouvelle dimension qui se dessine, une portée tout autre qui apparaît.

D’abord dans la bande son, c’est la voix de Yael elle-même qui nous est donnée, en off comme il se doit dans une perspective intimiste. Il ne suffit pas alors de dire que le film lui donne la parole. Cette parole, sa parole, devient le film lui-même. Un film qui de la sorte devient son film ? Où elle expose elle-même le récit de sa propre vie. De son amour pour la musique, de l’art, des chansons.

Et pourtant, on ne peut pas dire qu’il s’agit à proprement parler d’une autobiographie. Le côté autoportrait a tendance à être éclipsé par le travail de réalisation de la cinéaste. Car c’est bien elle qui construit globalement la signification du film. Elle donne la parole à sa protagoniste, elle se place dans sa vie intime familiale, mais en même temps, elle nous transporte dans le moi intérieur de la chanteuse. Ce moi profond que les images seules ne suffiraient pas à révéler.

Ainsi le titre du film prend tout son sens, « une nouvelle âme », le parcours de vie de Yael. C’est celui d’une révélation. En osmose avec les événements extérieurs, le COVID, ou le 7 octobre 1923 et la guerre à Gaza. Une militance. Pour la paix se dessine alors. L’artiste ne peut pas ne pas s’engager

Yael Naim, une nouvelle âme est un film musical, une musique qui a une âme.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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