A COMME ABECEDAIRE- Michelle Collery

Son travail actuel est particulièrement orienté vers la culture arabe et maghrébine.

Chanson

Oued Saïd Story

Les Crooners de la Casbah

Conflit israélo-palestinien

Jean Genet, un captif amoureux – Parcours d’un poète combattant

Danse

Tchitchihérazade

Engagement

Jean Genet, un captif amoureux – Parcours d’un poète combattant

Leïla Shahid – Palestine Forever

Femme

Leïla Shahid – Palestine Forever

Genet Jean

Jean Genet, un captif amoureux – Parcours d’un poète combattant

Leïla Shahid – Palestine Forever

Immigration

Trésors de scopitones arabes, kabyles, berbères

Littérature

Jean Genet, un captif amoureux – Parcours d’un poète combattant

Maghreb

Oued Saïd Story

Trésors de scopitones arabes, kabyles, berbères

Les Crooners de la Casbah

Maroc

Jean Genet, un captif amoureux – Parcours d’un poète combattant

Massacre

Leïla Shahid – Palestine Forever

Musique

Trésors de scopitones arabes, kabyles, berbères

Palestine

Leïla Shahid – Palestine Forever

Poésie

Jean Genet, un captif amoureux – Parcours d’un poète combattant

Portrait

Leïla Shahid – Palestine Forever

Proche Orient

Oued Saïd Story

Syrie

Tchitchihérazade

Union Européenne

Leïla Shahid – Palestine Forever

A COMME ABECEDAIRE – Christian Rouaud

Accident

L’Homme dévisagé

Agriculture

Tous au Larzac

L’Eau, la terre et le paysan

Histoire de paysans

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Amitié

L’Homme dévisagé

Architecture

Dans la Maison radieuse

Armée

Tous au Larzac

Autisme

La Bonne Longueur pour les jambes

Autogestion

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Aveyron

Tous au Larzac

Banlieue

Retour au quartier nord

Besançon

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Bretagne

Avec Dédé

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Le Grand Dédé

L’Eau, la terre et le paysan

Bretana

Histoire de paysans

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Bagad

Christianisme

Edvige et Benoît

Cinéma

Histoire de paysans

Communication

L’Écriture

Contestation

Tous au Larzac

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Ecologie

L’Eau, la terre et le paysan

Enfance

Allez les petits

Engagement

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Enseignement

Retour au quartier nord

Famille

Retour au quartier nord

Feu

L’Homme dévisagé

Fleuve

Le Fleuve

Grève

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Handicap

La Bonne Longueur pour les jambes

Histoire

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Hôpital

Edvige et Benoît

Île

L’Île

Imaginaire

Le Plaisir du désordre

Information

Edvige et Benoît

Instrument de musique

La Cornemuse

Le Corbusier

Dans la Maison radieuse

Linguistique

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Logement

Dans la Maison radieuse

Manifestation

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Marine

Les Sonneurs de la Royale

Marseille

Retour au quartier nord

Musique

Avec Dédé

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Le Grand Dédé

Bretana

Les Sonneurs de la Royale

La Cornemuse

Bagad

Paysan

L’Eau, la terre et le paysan

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

Pédagogie

Allez les petits

Politique

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Pompier

L’Homme dévisagé

Portrait

Avec Dédé

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Le Grand Dédé

Paysan et Rebelle – Un portrait de Bernard Lambert

La Cornemuse

Rugby

Allez les petits

Ruralité

L’Eau, la terre et le paysan

Spectacle

Le Plaisir du désordre

Solidarité

Les LIP, l’imagination au pouvoir

La Bonne Longueur pour les jambes

Théâtre

Le Plaisir du désordre

Tradition

Son Ur Hiez – La Musique de la langue

Bretana

Travail

L’Eau, la terre et le paysan

A COMME ABECEDAIRE – Sebastiano d’Ayala Valva

Récompensé d’une étoile de la Scam 2021 pour Le Premier Mouvement de l’Immobile

Artiste

Le Premier Mouvement de l’immobile

Taulé, la nuit s’efface

Basket

Adapté(s)

Création

Le Premier Mouvement de l’immobile

Différence

Adapté(s)

Equateur

Angel

Famille

Farewell to the Father

Handicap

Adapté(s)

Homophobie

Angel

Les travestis pleurent aussi

Homosexualité

Angel

Immigration

Angel

Les travestis pleurent aussi

LGBT+

Les travestis pleurent aussi

Marginalité

Les travestis pleurent aussi

Mort

Farewell to the Father

Musique

Le Premier Mouvement de l’immobile

Père

Farewell to the Father

Peinture

Taulé, la nuit s’efface

Photographie

Taulé, la nuit s’efface

Portrait

Taulé, la nuit s’efface

Angel

Prostitution

Angel

Les travestis pleurent aussi

 Scelsi Giacinto

Le Premier Mouvement de l’immobile

Son

Le Premier Mouvement de l’immobile

Sport

Adapté(s)

Taulé Antoni

Taulé, la nuit s’efface

Travestis

Angel

Les travestis pleurent aussi

A COMME ABECEDAIRE – Philippe Béziat

Amitié

Noces – Stravinsky/Ramuz

Bastille

Indes Galantes

Le Crépuscule des Dieux

Bergé Pierre

Le Crépuscule des Dieux

Chanson

Prévert, paroles inattendues

Cinéma

Prévert, paroles inattendues

Cogitore Clément

Indes Galantes

Création

Indes Galantes

Danse

Indes Galantes

Les 4 Saisons ou l’histoire d’un tube

Debussy

Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles

Dessay Nathalie

Traviata et Nous

Enquête

Les 4 Saisons ou l’histoire d’un tube

Hip-hop

Indes Galantes

Littérature

Noces – Stravinsky/Ramuz

Musique

Les 4 Saisons ou l’histoire d’un tube

Noces – Stravinsky/Ramuz

Mythe

Traviata et Nous

Opéra

Indes Galantes

Le Crépuscule des Dieux

Traviata et Nous

Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles

Paris

Indes Galantes

Le Crépuscule des Dieux

Prévert, paroles inattendues

Poésie

Prévert, paroles inattendues

Prévert Jacques

Prévert, paroles inattendues

Ramuz

Noces – Stravinsky/Ramuz

Russie

Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles

Spectacle

Indes Galantes

Traviata et Nous

Stravinsky

Noces – Stravinsky/Ramuz

Vivaldi

Les 4 Saisons ou l’histoire d’un tube

Wagner

Le Crépuscule des Dieux

O COMME OPÉRA – Rameau

Indes galantes. Philippe Béziat. 2021 108 minutes.

Une aventure individuelle et collective. Une aventure rare. Une plongée dans l’inconnu.  La découverte d’une terre nouvelle. Tout à défricher.

Un metteur en scène qui n’a jamais monté d’opéra. Cinéaste, artiste plasticien, créateur prolixe, Clément Cogitore prend le risque. Dans le film, il apparait calme, mais déterminé. Il théorise le spectacle, l’anticipe. Un visionnaire.

Et tous les autres, du chef d’orchestre aux solistes, des musiciens aux choristes, de la chorégraphe aux danseurs. Tous embarqués dans cette aventure qui restera pour eux inoubliables.

Les danseuses et danseurs justement, qui occupent une grande place dans le film, qui sont en grande partie le nerf de l’aventure, ceux sur qui repose son sens. Et ses possibilités de succès.

Une troupe de danse urbaine, du hip-hop au krump, en passant par le flexing, la break ou le voguing, tous les styles sont convoqués. Des danseurs qui ne sont jamais monté sur une scène d’opéra at qui vont être en quelque sorte chargés par le reste de l’équipe de donner une orientation nouvelle à cet art si souvent inscrit dans une tradition immuable, malgré bien des expériences plus ou moins récentes. Une volonté de renouvellement, d’inscription dans la modernité. Ici, peut-on dire qu’il s’agit de donner un souffle nouveau à l’opéra, de renouveler le baroque, de proposer une renaissance à Jean-Philippe Rameau. « Les danseurs de rue ont pris la Bastille ». Le cliché est facile. Mais il n’est pas faux.

Le film – de façon assez classique – nous plonge dans la préparation du spectacle. Il en suit toutes des phases, jusqu’à la première, en mettant en perspective l’accueil du public (enthousiaste), avec celui de la critique (plus mitigé). Rien n’est laissé de côté. Les interventions du metteur en scène, ou de la chorégraphe, sont brèves, précises et vont à l’essentiel. Plutôt que de proposer des longues interviews, Philippe Béziat a préféré saisir sur le vif les réactions des uns et des autres. Tous sont conscients de l’importance de leur travail. Tous s’y impliquent totalement. Le sens du collectif est véritablement dominant.

Le film insiste pourtant beaucoup sur la place des danseurs et danseuses. Il s’ouvre d’ailleurs sur leur présentation. Une troupe venue des quatre coins du monde. Où chacun et chacune apporte son style et son expérience. Des rencontres passionnantes.

Le film a aussi l’intérêt de proposer des extraits du spectacle en représentation sur la scène de l’opéra Bastille. L’ouverture d’abord jusqu’au tableau final en passant par des moments forts comme la séquence des femmes en cabine. Le filmage utilise beaucoup les gros plans, mais ne perd jamais de vue le collectif et la globalité de la danse. Clément Cogitore avait réalisé, avant de se lancer dans la mise en scène de la totalité de l’opéra, un court-métrage (six minutes) présentant le groupe de danseurs dans le final des Indes Galantes. Une véritable prouesse cinématographique. Philippe Béziat ne reprend pas tel quel le film de Cogitore mais s’en est visiblement inspiré, dans l’alternance des gros plans et des plans d’ensemble du groupe.

Incontestablement les Indes Galantes version Cogitore resteront un moment important dans l’histoire de l’opéra. Nous devons être reconnaissant à Philippe Béziat de nous avoir donné de cette aventure plus qu’une simple trace, plus qu’un enregistrement, une vision d’un art vivant.

V COMME VISAGES de femmes.

La femme aux cent visages. Jean-Daniel Pollet, 1968, 10 minutes.

Ce pourrait être un exercice de style. Ce pourrait n’être qu’un exercice de style. Mais rarement un film aussi court aura posé autant de question, suscité autant de réflexions, fait surgir autant de pensées.

Un hommage à la peinture ? Aux peintres ? Même si aucun n’est nommé. Ce film n’est pourtant pas un jeu de devinette. Tant pis si l’on ne reconnait pas les tableaux, si l’on ignore les artistes. Il ne s’agit aucunement de tester l’étendue de son savoir, de sa culture picturale. D’ailleurs beaucoup de ces tableaux sont ici méconnaissables. Non identifiables. Tout simplement parce qu’ils sont filmés. Parce qu’ils sont le résultat d’un filmage. Au banc titre – c’est classique – avec les mouvements de caméra adéquats, des zooms avant pour opérer des recadrages, pour isoler une partie du tableau, jusqu’au gros plan, au très gros plan. Nous n’avons jamais affaire à la totalité du tableau. Aucun n’est donné à voir dans son ensemble.

Ce qui est filmé, ce ne sont pas des tableaux. Nous ne sommes plus dans le domaine de la peinture. Le film est en noir et blanc. Il n’y a pas de peinture en noir et blanc. Sauf peut-être chez Malevitch avec « Carré noir sur fond blanc » et « Carré blanc sur fond blanc ». Mais justement, il ne s’agit pas d’une figure humaine. Il n’y a que le cinéma, après la photographie et le dessin, qui peut donner à voir des visages en noir et blanc. S’agissant de visages issus de tableaux, le noir et blanc est forcément scandaleux. En première approche, le projet de film consiste à filmer des visages de femmes figurant dans des tableaux de peintres depuis l’antiquité jusqu’à l’époque moderne. Mais un visage de femme n’est jamais en noir et blanc. Pas plus dans la peinture que dans la vie courante. Peut-être pour nous dire qu’une fois filmés, ces visages peints, ces fragments de tableaux, ne sont plus de la peinture. Mais simplement du cinéma.

Du cinéma qui sait parfaitement utiliser les possibilités du cinéma. Des mouvements de caméra qui animent des images fixes. Un commentaire qui part des images (sans jamais les décrire) pour aller au-delà des images. Un commentaire qui ne renvoie surtout pas à l’histoire de l’art. Un commentaire qui est simplement un hommage à la femme, à travers la multiplicité des visages, des formes des yeux, de la bouche, du nez ou du front dans leur infinie variété. La femme une et multiple. Et dans ces mouvements de caméras qui cadrent et recadrent des visages de femmes, le commentaire donne à penser la beauté des visages des femmes.

Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi une musique. Une musique qui peut, elle, être identifiée. Qui doit être identifiée. Il s’agit de la musique composée par Antoine Duhamel pour le film de Jean-Luc Godard, Pierrot le fou. Et là, on devrait aussi crier au scandale. A-t-on affaire à un détournement d’une musique de film existante ? Utilisée, réutilisée à contre-emploi ? A moins que cet emprunt soit en fait un hommage au cinéma de Godard – c’est-à-dire au cinéma dans son ensemble. En même temps que l’explicitation du sens profond du film dont elle est extraite.

Pierrot le fou un film sur la femme et ses multiples visages.

A COMME ABECEDAIRE – Nicolas Drolc

Administration

Sur les toits – Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises

Anarchie

La mort se mérite

Archives

This Film Should Not Exist

Bande dessinée

Can’t Take it With You When You Die !

Blues

Bungalow Sessions

Concert

Bungalow Sessions

Contre-culture

La mort se mérite

Country teaser

This Film Should Not Exist

Ecosse

This Film Should Not Exist

Etats Unis

Bungalow Sessions

Foucault Michel

La mort se mérite

Glasgow

This Film Should Not Exist

Gospel

Bungalow Sessions

Justice

Sur les toits – Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises

Livrozet Serge

La mort se mérite

Sur les toits – Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises

Militantisme

La mort se mérite

Mueller Christoph

Can’t Take it With You When You Die !

Musique

This Film Should Not Exist

 Bungalow Sessions

Can’t Take it With You When You Die !

Politique

Sur les toits – Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises

Prison

La mort se mérite

Sur les toits – Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises

Révolte

Sur les toits – Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises

Reverend Deadeye

Can’t Take it With You When You Die !

Wallers Ben

This Film Should Not Exist

B comme bio-filmographie Lizette Lemoine

Courriel : lemoine1999@gmail.com

Réalisatrice de la diaspora colombienne en France, après des études d’Économie Politique en Colombie et d’Anthropologie Sociale à Strasbourg, Lizette Lemoine suit des études de Cinéma à Jussieu avec Jean Douchet, Jean Claude Brisseau et Bernard Cuau.

Ses documentaires ont été sélectionnés dans de nombreux festivals : Festival International de Cinéma de Carthagène, FIFA de Montréal, Festival dei Populi à Florence, Festival International du Film d’Amiens, London International Documentary, Bilan du Film Ethnographique à Paris, Etats généraux du film documentaire de Lussas, Rencontres de Cinéma Ibérique et Latino Américain (Normandie)…

Parmi ses principaux films sur son pays la Colombie, autour de la guerre et des traces de la mémoire, il faut citer « Sara, Neyda, Tomasa et les autres », « Amnesthésie », « Wora, l’esprit contemporain » et « Lloro yo, la complainte du bullerengue ». 

Elle a obtenu le Grand Prix de la Mémoire Comune pour la Démocratie et la Paix au 6ème Festival Internacional de Nador-Maroc, le 1er Prix Meilleur Moyen métrage compétition Internationale au V Festival International de Cinéma Politique. FICIP 2015 Buenos Aires ; 1er prix Compétition Documentaire au 12e Festival de Cinéma Colombien de Barcelone. IMAGO 2015 ; le Grand PRIX dans la catégorie Art et Société de IX Rencontre Hispano-Américaine de Cinéma et Vidéo Indépendante, Contra El Silencio Todas Las Voces – Mexico ; Mention Spéciale du Jury DOCS Barcelona Medellin 2016 ; Finaliste au III FICNOVA 2016 Madrid. Et tout récemment le premier prix au Festival International de Hurligham en Argentine.

Elle a conçu deux réalisations discographiques de musiques traditionnelles de Colombie pour la collection OCORA Radio France : Le Bullerengue et Le Vallenato.

L’Ethnomusicologie, les Voyages et la découverte, l’Art et la spiritualité sont ses sujets de prédilection.

Voir articles récents sur sa filmographie sur le site :

http://www.lesfilmsdularge.com

PRINCIPALES REALISATIONS

SARA, NEYDA, TOMASA ET LES AUTRES (83’)

Douleur et résistance à travers le portrait d’un groupe de femmes en Colombie.

Les Films du large/ Euder Arce Films.

AMNESTHESIE (53’)

Le conflit colombien vu par une troupe de théâtre.

La Huit Production/CINAPS TV/ Les Films du large/Procirep

NOEL EN COLOMBIE (52’)

Parcours itinérant de la région rurale de Boyacá. La Huit Production/les Films du          large

NOTRE DAME DE L’ATLAS  (52’)

Co-réalisation Aubin Hellot

L’histoire au Maroc des héritiers de moines assassinés de Tibhirine.

La Huit Production/KTO

 LE GENIE ET LE VOILE  (54’)

Co-réalisation Aubin Hellot

Peintre, graveur et vitrier, un portrait  de l’artiste bénédictine Geneviève Gallois.

A.M.P./La Huit/ Les Films du Large /Région Normandie/KTO/TSR

GAUDI, LE DERNIER BATISSEUR  (54’)

Co-réalisation Aubin Hellot

Portrait de l architecte catalan.

Les Films du Large,/La Huit Production,/KTO/Ville de Barcelone /FR3 Corse

LES FONDATRICES (53’)

Co-réalisation Aubin Hellot

Histoire de la création d’un monastère au Vietnam pendant la guerre          d’Indépendance.

KTO TV, La Huit Production.

VISAGES DE LA FORÊT  (52’)

 Culture et savoir-faire des indiens d’Amazonie colombienne (52’).

Ares  Films/CLERMONT 1ERE

WORA, l’esprit contemporain (52’)

 Petit traité d’anthropologie sur  les indiens d’Amérique. Avec Jorge Lopez  et son           groupe YAKI KANDRU.

 La Huit production/MEZZO/FCM

CHEVAL D’ORGUEIL, Le Paso Fino colombien   (52’)

Découverte d’une race de chevaux unique au monde intimement lié à la culture du                     pays. (52’)

Beau Comme Une Image/ EQUIDIA

 PACIFICO (52’)

Co-réalisation Aubin Hellot

Carnet de voyage. Musique, nature et religion sur la côte Pacifique colombienne.

5 Continents/TV10 ANGERS.

OU CHANTENT LES ACCORDEONS, la route du vallenato   (52’)    

Portrait de groupe d’une musique populaire en Colombie,

La Huit Production/ CTV/Telecaribe. Planète, Muzzik, Mezzo.NPS Hollande, TVE

Sélectionné pour le Prix de la Découverte de la SCAM 1997

MILLE ET UNE MERVEILLES »  (2002/2010).

Co-réalisation Aubin Hellot

Collection  de 19 documentaires sur les monastères en France. (26’)

5ème planète/La Huit production/ KTO

ANTANAS MOCKUS, Civisme contre Cynisme  (26’)

Portrait de l’insolite maire de Bogota. INA/Les Films du Village/ Planète.

LLORO YO, la complainte du bullerengue  (26’).

Portrait intimiste d’une chanteuse de musique traditionnelle

La Huit Production/CTV/ Muzzik/Planète

C COMME CONCERT – un film en images

Quinte & sens. François-René MARTIN, 2020, 51 minutes.

Voir le musique – écouter les images.

Un concert sans public, pandémie oblige.

Un concert dans le cadre majestueux de la Philharmonie de Paris.

Pas une captation. Un film musical. Ou mieux, un film de musique.

Des images et de la musique.

Des images qui alternent des plans fixes et des plans en mouvement – de grands mouvements de caméra, filmés à la grue, permettant aussi d’explorer l’architecture du bâtiment.

Une alternance aussi de plans d’ensemble – sur l’orchestre – et des gros plans isolant un musicien – un visage, une partie de visage, une main – ou un instrument.

Enfin le film nous conduit de l’intérieur à l’extérieur – une ouverture sur le monde.

Un concert, de la musique : Stravinski, Debussy, Messiaen.

Un orchestre, l’Orchestre de Paris.

Fipadoc, Biarritz 2021

P COMME PIANO – Gare.

Tuning. Ilan Yagoda. Israël, 2020, 53 minutes.

Un piano perdu dans la gare centrale de Tel-Aviv, au milieu d’un trafic incessant, des voyageurs plus pressés les uns que les autres et qui n’ont presque jamais le temps de s’arrêter – pour écouter, pour jouer. Un piano au milieu des annonces des haut-parleurs et du bruit des trains au niveau inférieur, celui de la ville très présente avec ses immeubles, ses embouteillages et sa circulation automobile. Un piano mis à la disposition des voyageurs. Et effectivement il y a bien toujours quelqu’un qui se met à jouer.

Qui sont-ils ? Il est clair que le réalisateur a fait des choix. Son film n’a pas le style caméra de surveillance : je pose la caméra près du piano et je la laisse enregistrer ce qui se passe. Non. Le projet du film est de montrer d’abord la diversité de ceux qui jouent. Car bien sûr n’ont été retenus que des musiciens, non pas professionnels, mais simplement des hommes et des femmes qui simplement aiment ma musique et la pratiquent, des jeunes et des plus âgé.e.s, les soldats et des employés de la gare, tous différents dans leur tenue vestimentaire et leur apparence physique. Mais tous savent jouer. Il y a bien quelques hésitations parfois, mais c’est comme s’il s’agissait de se dégourdir les doigts, ou de réfléchir un moment au sujet du morceau à interpréter. Tous ont, de façon évidente, ; une formation musicale. Il n’y a que quelques enfants qui, passant par là, appuient sur des touches simplement pour produire des sons. Ceux qui s’installent sont des voyageurs comme les autres. Il ne s’agit pas pour eux de meubler l’attente d’un train. S’ils jouent, c’est qu’ils aiment la musique. S’ils chantent c’est qu’ils aiment chanter. D’ailleurs, ils ne jouent pas pour un public -très peu de personnes s’arrêtent pour les écouter. Ils jouent et chantent pour eux, pour leur plaisir.

Mais ils jouent aussi pour la caméra, et donc pour le public indéfini qui verra le film. A l’évidence ils savent qu’ils sont filmés (leur nom est d’ailleurs mentionné au générique). Mais ils jouent le jeu. Concentrés sur le piano, ils ne regardent pas la caméra. De toute façon les angles de prise de vue sont variés et toujours changeants. Ils s’arrêtent, s’assoient, jouent ou chantent, se lèvent et repartent. Le film les laisse dans l’anonymat. Sans jamais chercher à savoir qui ils sont, d’où ils viennent et où ils vont. Sauf pour ceux qui demandent leur chemin ou qui indiquent leur destination à la femme assise dans la cabine des renseignements près du piano. Tout ce que nous savons d’eux, c’est qu’ils prennent le train eux aussi.

Que jouent-ils ? Comme ces musiciens sont très variés, les musiques qui composent ce concert improvisé l’est aussi. De la musique classique (Chopin) à la musique américaine (un morceau de Ray Charles chanté en anglais) et même du rap, israélien bien sûr ! Les chants sont des chansons d’amour pour les plus jeunes ou des chants plus traditionnels pour les plus âgés. Mais toujours, le filmage leur rend justice et ne les coupent jamais en plein morceaux. Et les plans sur les visages savent toujours capter l’émotion.

Le film montre ainsi que la musique peut rapprocher les personnes, même dans un lieu aussi déshumanisé qu’une gare. Preuve, cette séquence où une dame assez âgée s’arrête près du piano où un jeune homme commence à jouer. Elle lui demande si elle peut chanter et elle interprète deux morceaux, accompagnée par le pianiste qui visiblement éprouve un grand plaisir de le faire.

Grâce à la musique, et malgré la présence envahissante des soldats, ce film réussit à nous donner l’image d’un pays tranquille, qui aurait enfin trouve la paix. Un message politique donc.

Fipadoc 2021

P COMME PASSION MUSIQUE

The band. Ladislav Kabos, Slovaquie et République Tchèque, 2018, 80 minutes.

Soul Kids. Hugo Sobelman, France, 2019, 90 minutes.

Dans son édition 2021 en ligne, le festival Fipadoc de Biarritz propose une section compétitive consacrée aux films musicaux (intitulée Musical documentary), une sélection de huit films particulièrement éclectiques, allant de Brahms (The Brahms code de Christian Berger) à Typh Barrow (Typh Barrow, d’une voix à l’autre de Benoît Vlietinck) en passant par le chorégraphe et danseur britannique Akram Khan (Move featuring de Thierry Demaizière et Alban Teurlai.

Dans cette sélection nous retiendrons ici deux films, en apparence aussi opposés que possible, mais qui, chacun à sa manière, sont d’éclatants hommages à l’amour de la musique, cette passion vitale sans laquelle la vie n’a pas de sens pour ceux qui la ressentent en eux.  Donner sens à la vie des plus défavorisés, et donc en quelque sorte les sauver, qu’est-ce qui pourrait mieux le faire, que la passion de la musique ?

Dans Soul Kids, nous sommes introduits dans une école de musique à Memphis aux Etats-Unis. Dans un autre monde, The Band filme la vie quotidienne d’un village rom de l’est de la Slovaquie.

Memphis, c’est le berceau de la Soul Music, une ville aujourd’hui totalement décadente, où la musique qui fit sa grandeur, est désormais de plus en plus laissée de côté. Sauf à la Stax Music Academy, cette école gratuite (reprenant le nom du célèbre label des années 60) qui offre aux adolescents des quartiers pauvres un refuge par rapport aux vicissitudes de la vie, un havre de paix où pouvoir échapper à la violence et à la drogue.

En Slovaquie, ce sont de jeunes adultes qui fondent un groupe de musique tzigane, qui leur permet de rêver d’échapper à la misère locale. Jouant dans les rues et sur les places des villes – ce qui leur permet de récolter pas mal de petites pièces – ils irons jusqu’au prestigieux festival international de Pohoda Trenčín, où ils connaîtront un succès phénoménal devant une foule en délire.

Dans les deux cas, les cinéastes nous font partager cette passion de la musique en filmant au plus près ces chanteurs et musiciens, plus doués les uns que les autres. A Memphis, l’accent est mis sur la beauté des voix, mais les moments collectifs sont tout aussi enthousiasmant à écouter. L’enthousiasme des jeunes chanteuses et chanteurs noirs est des plus communicatifs. Dans Lomnické Čháve, les musiciens ne sont peut-être pas des virtuoses, mais l’entrain avec lequel ils jouent collectivement donne inévitablement envie de danser.

Ces deux films sont une excellente illustration de la pertinence du film musical. Non seulement ils nous permettent d’apprécier la musique elle-même (mais direz-vous c’est la moindre des choses) en insistant sur le côté passionné de ceux qui l’interprètent, mais il nous ouvre aussi une compréhension fine du contexte dans lequel elle prend place.

Fipadoc 2021

L COMME LEJ

Cordes sensibles. Vincent Lebrun, 2020, 77 minutes.

LEJ, vous connaissez ? Si vous écoutez las radios « jeunes », certainement ! Des voix et un violoncelle, original. Un succès phénoménal, dans la chanson française de ces dernières années.

LEJ, trois filles dont l’initiale des prénoms compose le nom du groupe (Lucie, Elisa et Juliette).  Trois filles jeunes (pas plus de la vingtaine), belles (sachant se mettre en valeur), dynamiques, passionnées de musiques, joyeuses, battantes. Elles ont une formation classique et aiment la musique. Et surtout, surtout, elles sont amies. Depuis la crèche disent-elles. Des amies inséparables. Une amitié qui doit bien être un des facteurs de leur réussite.

Cordes sensibles est réalisé par le père de Lucie, ce qui doit garantir l’authenticité du propos. Le cinéaste a toutes les portes ouvertes pour filmer les filles, jusque dans leur intimité. Dans les coulisses des concerts, dans le bus de leurs tournées, dans la salle de répétition et de composition. Il côtoie sans problème les professionnels – producteurs et autres managers – qui entourent le groupe. Et bien sûr il les fait parler, recueillant leurs sensations, leurs émotions, leurs interrogations aussi.

Dès l’incipit le film prend la forme d’un clip – ou d’une succession de clips.  Un rythme de montage qui doit correspondre à celui de la musique du groupe. Et si l’on assiste à quelques séances d’enregistrement en studio, ce sont les moments de concerts – souvent des méga concerts – qui dominent, avec leurs plans survolant le public en transe. Un public jeune qui prend visiblement un grand plaisir au spectacle.

Le film retrace le parcours de LEJ, cette ascension rapide et triomphale, depuis les premiers petits concerts dans des bars jusqu’au sacre de la Victoire de la musique. Avec la mise en évidence du rôle prépondérant de la page Facebook et son nombre inimaginable de visites et de likes. LEJ est bien un groupe de son temps. Et d’ailleurs les chanteuses se plaisent à souligner qu’elles ne rejettent aucune influence, empruntant à tous les courants de notre époque, du rap au be-bop.

Cordes sensibles, un beau titre. Un film qui ravira les fans de LEJ.

FIPADOC 2021

S COMME STAR – Chœurs

Twenty feet from stardom.  Morgan Neville. Etats Unis, 2013, 89 minutes.

            Les chœurs des grands classiques du rock, de la soul, du R’B, des années 60 ou 80, nous les avons tous dans les oreilles, mais connaissons-nous les choristes qui les interprètent ? Souvent des femmes, trois ou quatre à côté de la star sur le bord de la scène, ou devant un micro en studio, ce sont elles qui donnent leur couleur, leur âme même, à des chansons devenues culte. Nous sommes en Amérique, ces choristes sont presque toutes afro-américaines et filles de pasteur. Leur puissance vocale est phénoménale. Leur sens du rythme aussi. Mais leur fonction d’accompagnement les destine à rester dans l’ombre. Comme le dit Bruce Springsteen, « le chœur reste une position sans gloire ». Le film vise à faire reconnaître enfin ces artistes à leur juste valeur.

            Twenty feet from stardom propose quelques belles illustrations de ces titres mythiques où les choristes ont un rôle déterminant. Lou Reed d’abord, uniquement en audio, avec Walk on the wide side ou Ray Charles pour un détonnant What’d I Say. On verra aussi Les Talking Heads sur scène ou David Bowie en studio, dans des prestations mémorables. Le film donne ensuite la parole à ces stars qui ont su utiliser les choristes et qui en reconnaissent l’importance, Stevie Wonder, Mick Jagger, Sting, Springsteen. Mais l’essentiel du film se penche sur la vie de quelques-unes de ces choristes les plus remarquables mais dont la carrière n’a pas toujours été rose. Ainsi Darlene Love qui connait bien des démêlés avec Phil Spector et qui se retrouve femme de ménage après une carrière pourtant bien remplie avec les Blossoms. Entendant un jour une de ses chansons à la radio pendant son travail, elle part pour New York tenter à nouveau sa chance. Ou bien Claudia Lennear qui accompagnait Ike et Tina Turner sur scène et que le réalisateur retrouve enseignante de langue dans une école. Ou encore Merry Clayton à qui le Gimme Shelter des Rolling Stones doit beaucoup. Toutes ont été un jour ou l’autre tentées de faire une carrière solo. Le film montre les difficultés qu’elles ont rencontrées. Le succès pour elles n’a jamais été immédiat ni évident.

            Twenty feet from stardom a le grand intérêt d’aborder le monde de la musique sous cet angle originel. Montrant que tout n’est pas toujours facile dans le show-biz, il nous propose aussi des moments de grande émotion musicale, comme dans les retrouvailles quelques 20 ans après des Blossoms qui n’ont rien perdu de la magie de leur voix.

M COMME MOZART – Portal

Le Concerto Mozart. Jean-Louis Comolli et Francis Marmande. 1997, 85 minutes.

         Ce film peut être considéré à la fois comme un film musical, un film sur la musique, un film sur les musiciens, un film de musique.

         Un film musical, c’est-à-dire un film où l’on écoute de la musique, où on l’écoute parce qu’on la joue. Ici, on éprouve incontestablement du plaisir à l’écouter. Au point de vouloir poursuivre cette écoute, la répéter indéfiniment, comme les musiciens eux-mêmes répètent inlassablement certains passages. Pourtant, ce film n’est pas un film musical au sens de la captation de la musique. Nous ne sommes pas dans un concert, la musique ne s’adresse pas à un public même si certains plans nous révèlent la présence d’une ou deux personnes extérieures au groupe des musiciens. Sont-ils là du fait du projet du film ou de celui de la musique ?

         Ce film musical est aussi un film sur la musique, la musique de Mozart à travers l’analyse minutieuse et approfondie de ce concerto pour clarinette écrite par le compositeur dans les dernières années de sa vie. Michel Portal a joué ce concerto à Paris, dans une grande salle et se déclare dès le début du film totalement insatisfait de cette expérience. Il lui faut redécouvrir Mozart, repenser sa musique, trouver de nouvelles voies pour l’interpréter. D’où ce projet de s’enfermer dans un château du XVIII° siècle avec sept jeunes musiciens, non encore déformés par une carrière de concertistes, et se plonger, jour et nuit, dans le concerto. Dans la salle de ce château qui réunit un clarinettiste célèbre et de jeunes musiciens moins célèbres, ce qui compte c’est avant tout cette réunion, une rencontre organisée pour le plaisir d’être ensemble, de jouer ensemble. Qui en est à l’origine ? Michel Portal ? Les jeunes musiciens qui l’accompagnent ? Jean-Louis Comolli en tant que cinéaste, Francis Marmande en tant que scénariste ? Mais au fond peu importe. La seule chose qui compte c’est que le film nous donne l’occasion d’écouter de la musique et des musiciens réfléchir en commun sur la musique.

         Ainsi, le film qui observe cette expérience unique devient un film sur les musiciens, sur Michel Portal en particulier, surtout connu pour son travail sur la musique de jazz et sui se révèle ici d’une exigence extrême pour arriver à ce que les jeunes musiciens jouent le concerto « comme il l’entend ». Il leur demande toujours plus de concentration. Il pousse chacun à aller au-delà de ses propres limites, faisant rejouer encore et encore les mêmes mesures. Se crée ainsi une relation originale entre le soliste et les musiciens, chacun devenant tout à tout un personnage évoquant l’époque de Mozart. Une relation faite d’admiration, de soumission aussi, et de compréhension réciproque au-delà des mots. Portal n’arrive pas toujours à exprimer par le langage ce qu’il voudrait que l’interprétation du concerto soit. Mais la musique ne va-t-elle pas toujours au-delà des mots ?

         Jean-Louis Comolli filme cette immersion dans un seul morceau de musique en multipliant les gros plans. Dans les moments de réflexion collective ou à deux ou trois, il place sa caméra au plus près des musiciens et parvient à saisir l’intensité de leur pensée comme il parvient à saisir l’émotion que procure la musique. Dans les moments de pause dans le travail, il filme les moments triviaux de la vie du groupe (l’épluchage des pommes de terre) et ponctue le film de brefs plans sur le parc entourant le château. Mais l’essentiel reste la musique. S’il y a beaucoup de gravité dans le travail collectif, il y a aussi beaucoup d’éclats de rire dans le film, surtout au fur et à mesure de l’approche du moment de l’exécution finale du concerto.

C COMME CAMPING.

Une caravane en hiver. Medhi Ahoudig, France, 2020, 52 minutes.

Ils vont passer l’hiver au soleil, dans le sud marocain, à Sidi Ifni très précisément. Ils viennent en camping-car depuis le nord ou l’est de la France, et s’installent dans un camping face à la mer. Ils y retrouvent leurs amis et leurs habitudes. C’est qu’ils viennent tous les ans, le soleil étant plus agréables que la brume et la neige.

Une caravane en hiver est un tableau de groupe de ces retraités, issus des classes laborieuses et qui savent s’organiser pour passer ces « vacances » hors saison à moindre frais. Leur camping-car possède d’ailleurs toutes les commodités pour vivre presque comme chez eux. Ils font de bons petits plats, ils regardent la télé, madame tricote et monsieur va à la pèche. Ils prennent l’apéro avec leurs voisins et vont manger des beignets au café du coin, ce qui est une de leur seule participation à l’économie locale. Une France populaire, qui n’a guère de contact avec la population. Et ils ignorent totalement les curiosités de la région. Voir la mer dès le matin leur suffit. Ils ne se vivent pas comme des touristes.

La dimension locale, le film l’aborde à travers la rencontre avec un jeune marocain dont nous suivons tout au long du film les étapes de la vie, ses activités et ses pensées. Il travaille au port de la ville, du moins s’il y a des arrivages de poissons, ce qui n’est pas quotidien. Sa passion, c’est la guitare, la guitare classique, même s’il sait parfaitement s’accompagner lorsqu’il chante dans un style plus contemporain. Nous le voyons interpréter la sonate au clair de lune de Beethoven, seul devant son ordinateur qui lui sert de guide. Dans ses entretiens avec le réalisateur, ses propos sont de très pertinents contre-points à ceux tenus par les vacanciers venus d’Europe.

Le film est ainsi une mise en perspective de deux modes de vie et de deux façons bien différentes de tenter d’échapper aux vicissitudes du quotidien. D’un côté la musique et sa part de rêve. De l’autre le soleil comme seul horizon. Passer l’hiver au bord de la mer dans le sud marocain peut-il alors être considéré comme l’aboutissement – et la consécration – d’une vie de travail. Est-ce cela le bonheur ? Un mot que d’ailleurs aucun de ces campeurs ne prononce.

Primed 2020

V COMME VOIX – apprentissage.

Resonance. Itay Marom, Israël-Allemagne, 2019, 56 minutes

La voix, quel magnifique organe, quel extraordinaire instrument. A condition de savoir s’en servir. Ce qui implique qu’il est nécessaire d’apprendre à s’en servir, et de s’en servir de mieux en mieux.

Le film de Itay Marom nous propose donc de suivre un tel apprentissage, d’en découvrir les étapes et les moyens pédagogiques mis en œuvre Et ceci dans un cours privé, en Allemagne. L’occasion de rencontrer 3 enseignants (on devrait plutôt dire formateur) et trois de leurs élèves pendant les cours particuliers qu’ils suivent. Car cette formation se fait dans une individualisation imposée par le type de travail effectué. Ces élèves sont des professionnels – ou de futurs professionnels – du chant, et ils se préparent à un examen de fin d’année qui influera sans nul doute sur leur avenir.

Nous suivons donc ce travail strictement individualisé. Même si souvent il y a un.e pianiste pour l’accompagnement, il s’agit d’un véritable face à face du maître et de son élève. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un corps à corps, tant la dimension physique de l’apprentissage est évidente. Et pas seulement parce que la voix ne va pas sans la prise en compte de la bouche et du visage, mais aussi parce que c’est la posture du corps dans son entier – essentiel en particulier dans la respiration – qu’il faut souvent modifier, ce qui implique des contacts physiques, le professeur n’hésitant pas à toucher les joues ou le cou de son élève. Puisqu’il faut modeler la voix, cela passe par un modelage du corps.

C’est bien sûr l’exigence d’excellence qui caractérise le rapport du maître avec son élève. Ce dernier doit donc se plier à toutes les demandes du maître, suivre le plus scrupuleusement possible toutes ses indications. Reprendre donc sans cesse, à sa demande, une phrase, un fragment du chant. Une recherche continue de la perfection.

Le film réussit parfaitement à filmer ce travail de la voix, et pas seulement grâce à la bande son, mais surtout en filmant le visage – et même la bouche dans des très gros plans poussés à la limite de l’indiscrétion.  Dédoublés devant le grand miroir où ils peuvent s’observer (comme dans un studio de danse), le maître et l’élève sont enfermés dans leur propre image, coupés du monde environnant. Leurs voix, qui souvent se répondent, créent alors un espace qui leur est propre, un espace où n’existe rien d’autre que l’art du chant.

Pouvoir savourer des fragments d’œuvre de Brahms, Schubert et quelques autres n’est pas le moindre intérêt de ce film. Il montre en outre clairement que la réussite ne peut être atteinte sans travail.

Festival Jean Rouch, 2020.

H COMME HOLIDAY Billie

Billie. James Erskine, Grande-Bretagne, 2020, 97 minutes

L’incipit du film a de quoi surprendre le spectateur. Il s’ouvre sur le lancement d’une enquête, non pas sur la vie de Billie Holiday, mais sur la mort d’une journaliste, Linda Lipnack Kuehl, dont on se demande si son suicide n’est pas en fait un meurtre déguisé.

Bien sûr, il y a un lien entre Linda et Billie. La journaliste, qui est aussi écrivaine, a en effet consacré une bonne partie de sa vie à des recherches sur Billie Holiday, en vue d’écrire une biographie de la chanteuse. Elle a pour cela amassé un nombre considérable de documents et en particulier des cassettes audio renfermant des entretiens avec la grande majorité de ceux qui ont connu et fréquenté Billie, les hommes de sa vie, les musiciens avec qui elle s’est produite sur scène, Count Basie ou Louis Armstrong par exemple.

Et puis le réalisateur a réussi à mettre la main sur la cassette du seul entretien audio de Billie. Une aubaine. Mais aussi un drôle de défi pour un cinéaste. Puisqu’il s’agit bien de faire un film et non une émission de radio.

Le problème sera résolu de la manière la plus simpliste qu’il soit. Chaque fois que le cinéaste aura recours à l’entretien de Billie, il filmera l’appareil qui lit la cassette. Et il se servira de cette image pour organiser son montage. Car on n’en reste pas à la vision du déroulement de la cassette. Il existe quand même pas mal d’images – des photographies surtout – de Billie et de sa vie.

Les chansons d’abord. Billie sur scène avec un grand orchestre. Ou bien, Billie seule à l’écran chantant en play back. C’est le cas pour une de ses plus célèbres chanson, Strange fruit, qui pour une fois est loin d’être une chanson d’amour puisqu’il s’agit très clairement d’une dénonciation du racisme contre les noirs0 Si le film se propose de raconter la vie de Billie, il n’occultera en rien le contexte social de l’époque et tout particulièrement les discriminations et les violences dont les noirs sont l’objet.

Outre les chansons, le film propose un bon nombre de documents inédits, surtout audio. Ceux qui l’ont connue parlent de Billie, de son enfance -très peu- de sa mère, de ses amants et de sa toxicomanie. Le portrait de la chanteuse qui se construit ainsi peu à peu ne cache rien de ses défauts. On a même l’impression que le réalisateur prend un certain plaisir à dévoiler ses tares, son usage des drogues, sa prostitution dès l’adolescence, son amour des Cadillac, des diamants et des visons une fois devenue célèbre. Et surtout, il insiste sur ses relations masochistes avec les hommes de sa vie. Au point d’affirmer qu’elle aimait par-dessus tout les passages à tabac qu’ils lui faisaient subir.

Reste que le film de James Erskine nous permet de retrouver la voix inoubliable de Billie. Et donne ainsi une forte envie de se plonger dans l’écoute de ses enregistrements.

V COMME VIOLON

Trio. Ana Dumitrescu,  2019, 82 minutes. 

Tout commence dans un tunnel, un passage souterrain pour piétons, sous une voie de circulation sans doute, une avenue ou peut-être même une voie ferrée. Il y a là des passant bien sûr, pressés. Quelques mendiants ou clochards ou SDF. Et un musicien, ou plutôt deux musiciens, un violon accompagné par un accordéon. C’est le violon qui attire l’attention de la cinéaste. Sa musique (la deuxième valse de Chostakovitch ou le boléro de Ravel) qui la fascine dès cette première rencontre, comme le dit le texte qui s’imprime sur l’écran, se confondant presque avec le générique de fin. Car cette séquence du tunnel est la séquence finale du film, sa fermeture paradoxale puisque c’est là que le projet du film prend naissance. Ce film qui va raconter la vie de ce joueur de violon, qui n’a pas toujours joué dans ce tunnel. Comment en est-il arrivé là ?

Trio est donc le récit d’une vie, celle d’un musicien roumain. Ou plutôt le récit de deux vies, car la vie du musicien ne peut se raconter qu’à l’intérieur de la vie d’un couple, de son couple, le couple de Gheorghe et Sorina. Une vie de deux amoureux, qui se rencontrèrent jeunes, qui tombèrent amoureux l’un de l’autre, qui se marièrent, qui eurent deux enfants. Ils vécurent (heureux ?) dans cette Roumanie marquée par la dictature de Ceausescu et de la révolution qui le chassa du pouvoir. Un contexte que le film ne peut pas ne pas évoquer.  Est-il un nostalgique de Ceausescu et du communisme, cette époque où le chômage n’existait pas ? Il s’en défend (peut-on l’avouer dans la Roumanie actuelle devant une caméra ?), mais il tient à souligner les « qualités » du dictateur.

La nostalgie, de toute façon, le film en est chargé du début à la fin. D’abord parce que la forme du récit, en voix off, l’inscrit nécessairement dans le passé, un passé nécessairement revalorisé – ou même survaloriser – puisque c’était celui de la jeunesse et de la vie plus vivante qu’aujourd’hui. Et puis le film est en noir et blanc – un noir et blanc d’une éclatante beauté – ce qui renforce, il faut bien le dire, la dimension passéiste de ce récit de vie, présenté comme un grand feed back par la dernière séquence, celle du tunnel.

Une vie donc vécue à deux, et racontée à deux voix. Deux voix qui se répondent, se complètent, font écho l’une à l’autre. Il ne s’agit pourtant pas d’un dialogue, mais d’une connivence, une fusion, où chacun est indispensable l’un à l’autre. Une vie avec ses joies et ses peines, ses moments de bonheur (le voyage à la mer) et ses désillusions (la fin du travail musical à la radio).

Le récit de la vie d’un couple racontée par lui-même. Mais pourquoi donc trio ? Y a-t-il un troisième personnage, un personnage central qui serait le véritable héros du film ? On le comprend très vite dans le film. Son titre n’est donc pas une énigme. La dévoiler avant de voir le film ne détruit pas le plaisir de la découverte. Car Trio est bien un film musical – même si l’on voit très peu Gheorghe jouer avant la séquence finale- un film sur l’amour de la musique. Mais alors, c’est bien son instrument qui est filmé.

A COMME ACCORDÉON.

De vin, de poésie ou de vertu. Margot  Dupuis, 2020, 87 minutes.

Si vous aimez l’accordéon, ce film est pour vous. Si vous aimez la musique, toute les musiques, aussi. Si vous pratiquez l’instrument. Si vous l’écoutez le plus souvent possible et si votre discothèque regorge des enregistrements qui lui sont consacrés, vous serez quand même surpris – et conquis – par la créativité, la virtuosité, l’entrain et le dynamisme, des musiciens réunis pour célébrer cette musique d’un instrument souvent dévalorisé (le « piano du pauvre ») et lui donner des lettres de noblesse qu’il n’y a aucune raison de lui refuser.

Régulièrement, tous les ans en fait, ils sont un petit groupe – une bonne vingtaine – à se retrouver pour un week end prolongé de musique dans une grande maison, une chartreuse campagnarde, et s’adonner à leur passion. Un groupe d’ami.e.s, où tous se connaissent parfaitement, et qui savent célébrer leur retrouvaille comme il se doit. Leur retrouvaille et leur amitié. Car c’est surtout de cela qu’il s’agit, passer ensemble des moments de grande convivialité où la musique tisse entre eux des liens que l’on sent indestructibles.

Car l’accordéon, c’est leur passion commune et ils font tout pour nous entrainer avec eux. Plutôt que de s’arrêter sur des prouesses en solo, la cinéaste multiplie les moments collectifs, ceux où l’on sent que le groupe procure à chacun des sensations inédites. Où chacun vibre à l’unisson avec tous les autres et le spectateur que nous sommes finit par vibrer avec eux, surtout si devant l’écran nous avons la possibilité, comme eux, de siroter quelques verres de bon vin.

Car ces élans musicaux sont aussi des moments de festivités culinaires bien arrosés. Dans ces conditions, la nuit n’a pas de fin, et s’il faut dormir un peu, c’est le moins possible, surtout si dans les chambres des dames il faut profiter du peu de répit laissé par la musique pour se livrer à quelques confidences sur sa vie.

Le film de Margot Dupuis mérite parfaitement d’être placé par son titre sous l’autorité de Baudelaire. La poésie de la musique y est visiblement partagée par la cinéaste, qui doit bien elle aussi, quand elle pose sa caméra, jouer avec tous les autres de l’accordéon.

A COMME ABECEDAIRE – Fabienne Le Houérou.

De l’Inde à l’Egypte…

Castes

Princes et Vagabonds

Coptes

4 et demi

Egypte

4 et demi

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour

Nomades et Pharaons

Exil

Les Sabots roses du bouddha – Femmes tibétaines de la diaspora en Inde

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour

Nomades et Pharaons

Femme

Les Sabots roses du bouddha – Femmes tibétaines de la diaspora en Inde

Immigration

Nomades et Pharaons

Inde

Princes et Vagabonds

Les Sabots roses du bouddha – Femmes tibétaines de la diaspora en Inde

Musique

Princes et Vagabonds

Mysticisme

Princes et Vagabonds

Nil

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour

Pauvreté

Princes et Vagabonds

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour

Réfugiés

4 et demi

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour

Nomades et Pharaons

Religion

4 et demi

Les Sabots roses du bouddha – Femmes tibétaines de la diaspora en Inde

Soudan

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour

Tibet

Les Sabots roses du bouddha – Femmes tibétaines de la diaspora en Inde

Travail

Hôtel du Nil – Les Voix du Darfour