Le cycle de l’amour. Orlando von Einsledel, Royaume Uni, Suède, 2025, 94 minutes.
Un amour fou, dont on pourrait dire qu’il déplace la montagne. Ici, concrètement, il pousse l’amoureux à parcourir plus de 10000 km à vélo pour retrouver son amoureuse. Un périple qui va de l’Inde jusqu’en Suède. Un périple totalement inédit.
Cet amoureux fou, c’est un jeune intouchable, dénommé PK, qui fait des dessins dans les rues de Delhi – des dessins très ressemblant d’ailleurs – pour gagner quelques roupies lui permettant de survivre. Ses clients sont surtout des touristes. Il est vrai que ses portraits sont très expressifs, de quoi constituer de merveilleux et authentiques souvenirs.
Sa vie bascule lorsque Lotta, une belle touriste suédoise, pose pour lui. C’est le coup de foudre. Rencontre tout à fait improbable, mais son thème astral lui avait prédit une telle passion. Face à cette jeune femme pas de doute, c’est elle qui a fait l’objet de la prophétie. Alors il achète un vélo plutôt passablement déglingué et dont on se demande comment il réussira à faire plus de dix kilomètres. Mais sans réfléchir, ils se lancent dans l’aventure. Il lui faut la retrouver chez elle, en Suède.
Le film est donc un road movie, mais sans voiture et presque sans route. Le voyage se fait surtout à travers les déserts. Le plus dur restant de franchir les frontières. Les péripéties vécues sont plus incroyables les unes que les autres et la résolution des problèmes relève presque toute du miracle. Bref. On est à la limite du documentaire, mais l’intérêt du film ne réside pas dans la véracité des situations qu’il met en scène. En fait, il s’agit plutôt d’une fable sur la puissance de l’amour.
Cet incroyable périple est raconté non par le jeune PK mais par PK devenu beaucoup plus âgé, sans être un vieillard pour autant. Il est arrivé à son but, la Suède. Il file, donc, le parfait amour avec sa suédoise, devenue sa femme et la mère de ses enfants.
Ne pourrait-on pas voir dans ce destin irréel une critique du système des castes qui enferme les individus dans un destin immuable ? Ici, l’amour permet de franchir de telles limites et les contraintes sociales en même temps que les frontières.
Fipadoc, Biarritz, 2026.
