Cinéma salvateur

Des bas-fonds à la lumière. Bipuljit Basu. Inde, Finlande, Lettonie, 2025, 100 minutes.

Les bas-fonds, ce sont les quartiers chauds, ou rouges comme on peut aussi les appeler, D’une ville en Inde, Calcutta. Quartiers particulièrement animés avec leurs rues étroites et surpeuplées. Tout un monde qui vit ici, sans qu’on sache très bien comment il gagne quelque argent pour vivre, en dehors de la prostitution.

La lumière, c’est celle du cinéma. Tourner un film, c’est le projet de Nupur, fils d’une prostituée. Dans cet atelier vidéo dont on va suivre l’activité de bout en bout. Il faut trouver des acteurs, les convaincre de jouer, surtout les femmes qui sont plus réticentes. Il faut constituer l’équipe technique et avoir une histoire à raconter. Une histoire plutôt réaliste. Proche des réalités vécues par les uns et les autres. On assiste alors au tournage de quelques scènes. Ce qui n’est pas toujours simple en fait, mais Nupur, en tant que metteur en scène, réussit à mettre en boîte l’essentiel de son film. Au bout du compte, il peut être visionné. Aidé par tous ceux qui ont participé au tournage, il organise une projection, une soirée cinéma en plein air qui sera un véritable succès. Tous ses efforts sont récompensés.

Le film nous plonge dans la réalité indienne, sans chercher à l’expliquer, sans forcer volontairement le trait non plus. Mais on ne peut pas ne pas ressentir une certaine gêne devant tant de misère et de violence. Pas étonnant alors que les scènes du film que réalise l’atelier soient plutôt sombres, marquées par cette violence qui semble omniprésente.

Le film est en quelque sorte un hommage au cinéma. Les jeunes et les femmes qui participent au tournage s’engagent avec beaucoup d’entrain et de volonté, et de plaisir. Ils se prennent visiblement au jeu. L’atelier peut les aider à échapper à la noirceur de leurs conditions. Et ils trouvent là une chaleur humaine, dans la nécessité du collectif qu’impose le cinéma. Un véritable miracle.

Lumineux.

Grand Prix documentaire international Fipadoc, Biarritz, 2026.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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