A COMME AMOUR Cinéastes.

Une histoire d’amour. Astrid Adverbe et Boris Lehman. Belgique, 2020, 27 minutes.

L’amour, c’est faire un film ensemble. Pour des cinéastes du moins.

Astrid et Boris font un film ensemble. Un film sur eux, sur leur amour, sur leur histoire.

Une histoire d’amour donc.

Mais l’amour n’a pas vraiment d’histoire. Tout amour est éternel. Ou du moins se vit comme tel.

Où se sont-ils rencontrés ? Dans une salle de cinéma sans doute. Peu importe au fond. Le cinéma c’est toute leur vie.

Astrid et Boris se filment l’un l’autre. Aux plans cadrant Boris, presque en gros plan, succèdent les plans cadrant Astrid, en gros plan aussi. Et inévitablement ils sont ensuite ensemble dans le même plan.

Cet amour, est-ce un amour de cinéma, n’est-ce qu’un amour de cinéma ? Un amour pour le film, un film sur l’amour, comme on ferait un film sur la mort ?

Non.

Ce film est un film d’amour. Un film dont chaque plan est une déclaration, d’amour. Où tous les regards sont amoureux. Mais des regards simples, quotidiens, naturels, spontanés. Pas des regards pour la caméra.

Et le film lui-même est simple. Un couple qui fait un film sur ce couple qu’ils sont. Qui ne filme que le couple lui-même.

Quoi dire d’autre ?

Un mot peut-être. Un mot qui n’est pas prononcé dans le film, mais qui vient inévitablement à l’esprit : BONHEUR.

G COMME GITAÏ Amos par Roth Laurent

Amos Gitaï, la violence et l’histoire. Laurent Roth, France, 2020, 75 minutes.

Le dispositif utilisé par Laurent Roth dans le film qu’il consacre à Amos Gitaï est en apparence tout simple : les deux protagonistes sont installés devant un écran pour visionner ensemble, et commenter, des extraits de films. C’est minimaliste mais particulièrement efficace.

C’est Roth qui mène le jeu. Il a choisi les extraits. Il pose des questions, mais il ne s’agit pas d’une interview. Nous sommes plutôt du côté entretien, ou même plus exactement encore dans un dialogue. Roth a pour objectif de faire parler Gitaï et propose ses propres idées et commentaires. Il se positionne en cinéaste, puisqu’il réalise le film que nous voyons (sans faire référence ou appel à ses films précédents). Mais il est aussi critique et cela se ressent dans ses interventions.

Le dispositif est simple et le filmage aussi. En principe il n’y a que trois cadrages possibles. Le premier cadre Gitaï, en plan plus ou moins rapproché. Le second cadre Roth de la même façon. Enfin un plan nécessairement plus large cadre à la fois Roth et Gitaï. Il pourrait y avoir des plans de coupes, mais ce n’est pas le cas. Ou alors ce sont les extraits visionnés sur l’écran devant les deux personnages – et qui peuvent être présentés plein écran dans le film de Roth – qui en tiennent lieu. Mais en dehors des ces brefs extraits, nous ne sortons pas de l’espace de ce lieu qui fonctionne comme un studio. Et le film pousse la coquetterie d’habiller les deux cinéastes avec le même costume, sans cravate.

Puisqu’il y a trois cadrages de bases, nous ne serons pas en présence de champ contre-champ. Des variations d’échelle souvent peu perceptibles et quelques mouvements infimes de caméra suffisent à donner vie aux images. Et comme le fond est uniformément noir, rien ne distrait le spectateur des deux locuteurs et donc de l’écoute de leurs propos.

Roth n’aborde pas les multiples facettes de l’œuvre de Gitaï, il en reste au cinéma, et encore, pas tout son cinéma. Il se concentre sur deux directions, la trilogie dite de la Maison en premier lieu, et ensuite l’ensemble des films concernant l’assassinat d’Yitzakh Rabin.

Le film la Maison (1980) marque les débuts de la carrière cinématographique du réalisateur israélien. Le film date et Gitaï l’entreprend aussitôt après la fin de ses études d’architecture. Ce n’est pas vraiment un hasard s’il filme alors la construction, ou plutôt la rénovation d’une maison. Mais nous sommes en Palestine et la maison en question a une histoire. Elle a appartenu à un Palestinien et elle est maintenant aux mains d’un riche Israélien qui entreprend de la transformer de fond en comble. Elle devient par là la métaphore même de l’histoire de la Palestine.

Le thème de la maison sera repris plus tard par Gitaï qui réalise en 1998 Une maison à Jérusalem et Des nouvelles de la maison en 2005 Tout au long de la série, ce sont les rapports entre Palestiniens et Israéliens qui sont au cœur de la réflexion de Gitaï.

Quant à l’assassinat d’Yitzakh Rabin, Gitaï fut de toute évidence particulièrement marqué par cet événement au point de lui consacrer plusieurs films dont l’Arène du meurtre (1996) et Le dernier jour d’Yitzakh Rabin (fiction 2015). Avec Roth il s’arrête longuement sur les images du meurtre lui-même et celle de la reconstitution de l’acte du meurtrier. Le cinéaste définit sa posture comme celle du témoin. Un témoin toujours au plus près des événements.

Laurent Roth a réalisé un autre film avec Amos Gitaï, un court métrage de 16 minutes intitulé Haïfa la rouge, où Gitaï trace sur des cartes de Haïfa les trajets qu’il a pu parcourir depuis sa naissance et tout au long de sa vie.

A lire La Maison

H COMME HOMMAGE au Saint André des arts

Pour les 50 ans du célèbre cinéma parisien LE SAINT-ANDRÉ DES ARTS, Le cinéaste François Zabaleta, qui a sorti trois de ses films dans ce haut lieu légendaire de la cinéphilie, rend hommage au courage, à la détermination et à l’ambition jamais démentie de la programmation de Roger et Dobrila Diamantis.

Je m’appelle François

Mon nom ne vous dira rien

Je ne suis pas connu

Je suis cinéaste

Enfin j’essaie de l’être

J’ai dû réaliser maintenant plus d’une quarantaine de films

Enfin vous me direz ce n’est pas au kilo

bref

Je suis donc cinéaste mais je ne le dis pas

jamais

Je ne réponds pas cinéaste quand on me demande ce que je fais dans la vie

Et pour une bonne raison

Cinéaste pour les gens c’est quelqu’un qui connaît Catherine Deneuve et qui tourne avec Isabelle Huppert

Manque de chance

Je ne connais pas Catherine Deneuve

et je n’ai jamais tourné avec Isabelle Huppert

et je n’ai jamais appelé aucune comédienne ma chérie

Je fais des films d’auteur

C’est comme ça qu’on dit

Auteur

Art et essai

arty

Expérimentaux

underground

Personne ne sait trop comment les appeler

Ces films les producteurs n’en veulent pas

pour eux je n’existe pas

Je suis une sorte de poète

C’est à dire quelqu’un de non signifiant

Qui ne rapporte rien

Qui n’a aucune visibilité

Bref quelqu’un qui n’existe pas

Je ne suis membre de rien

Je ne suis pas invité dans les dîners

Les cocktails

Les inaugurations

Les premières

Les journalistes ne parlent pas de mes films

Même pas pour les éreinter

Et pour une bonne raison

Ils ne les regardent pas

Je n’ai pas d’attaché de presse

Je n’ai pas de réseau

Je n’ai personne

Presque personne

je ne peux compter que sur moi

Ce qui n’est pas grand-chose

Je n’ai pas de carte professionnelle du cinéma

Je n’ai jamais eu l’avance sur recette

Je ne suis membre de rien

Je ne rapporte pas d’argent

Je n’en ai jamais gagné

Je ne n’exagère pas

Mais vous me direz

Et vous avez raison

Que je suis loin d’être unique

Des comme moi

On est des dizaines

Des centaines

Voilà c’est dit

Mais ne croyez pas que je hurle

Ne croyez pas que je me plaigne

C’est le contraire

Il y a je trouve

De la noblesse

De la beauté

A arpenter sa vie durant

Les uns après les autres

Tous les chemins qui ne mènent nulle part

La beauté des chemins qui ne mènent nulle part

C’est en lettres de vent que j’aimerais voir écrite cette épitaphe

Sur la porte de ma dernière chambre terrestre

Je n’appartiens pas au système

Je n’ai pas la carte

L’establishment connais pas

Je n’existe pas

C’est ce que je dis

Mais j’existe quand même un peu

Je ne suis pas dans le système

Mais quand même parfois je le suis un peu

Grâce à ces miracles de lundi de Pâques qu’on appelle des festivals de cinémas

Je ne vais pas les citer

Vous les connaissez

Et puis comme autres miracles aussi il y a les spectateurs

Pas beaucoup bien sûr

Evidemment

francs-tireurs devant l’éternel

jamais on ne passera par la case Chti ou grande vadrouille

n’empêche ces spectateurs

tous précieux comme des apparitions de Fatima

ils ne viennent pas par l’opération du Saint Esprit

Ou plutôt si

Pas le Saint Esprit en personne

Il y a longtemps que son répondeur ne prend plus de message

Non

Pas le Saint Esprit

Mais le saint André

Le Saint André

C’est le saint des saints

Il nous découvre

Il nous défend

Il nous protège les jours de cafard poisseux

Des fées sparadraps on en a tous

Notre fée sparadrap à nous c’est le Saint André

Ce Saint là croyez-moi il fait des miracles

Ça ne veut peut-être rien dire pour vous

Mais pour nous c’est beaucoup

C’est inespéré

parce que ce Saint là voyez-vous il nous permet d’avoir les mêmes spectateurs que Jean Eustache ou Alain Cavalier

Et j’en passe et des meilleurs

Alors que dire

Du coup les mots m’en tombent

Tous les mots

Sauf un

Un mot qui revient de loin

Un mot de rien du tout

Qui ne paie pas de mine

Mais qui vous vidange le cœur de son trop plein de gratitude hébétée

Merci

Merci Saint André

Merci Saint Roger

Merci Sainte Dobrila

Voilà c’est dit

Maintenant je peux passer mon chemin

Et retourner enfin de là où je viens

C’est-à-dire de l’oubli.

François Zabaleta, mars 2021

Le film est en accès libre : https://vimeo.com/531164508

B COMME BIOFILMOGRAPHIE Thomas Grand

THOMAS GRAND / Gérant de ZIDEOPROD
BP13A NGUEKHOKH, SENEGAL
(+221) 77 458 65 13
zideoprod@yahoo.fr
https://www.zideoprod.com
Né le 14 avril 1976 à PARIS, Titulaire du Permis B, Nationalité Française
Gérant de Zideoprod, Producteur, Réalisateur, Cadreur, Monteur
Anglais et Wolof lus et parlés
Notions d’Allemand
DIPLOMES
1994 Bac B
1997 Deug de Gestion-Economie Appliquée à l’Université Paris 9 Dauphine
2000 Diplôme de réalisation audiovisuelle à l’ESRA PARIS
(Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle)


FILMOGRAPHIE
2018-2020
Production et Réalisation d’un film documentaire de 60’ « Poisson d’or, poisson africain » sur les
problématiques de pêche artisanale et de transformation, de sécurité alimentaire et de migrations en
Casamance
Partenaires : MUNDUS MARIS, Fondation ROSA LUXEMBURG
Sélectionné dans 190 festivals internationaux, primé à 62 reprises.
Diffusions TV5 Monde, TV5 Afrique, Canal+ Afrique
2020
Réalisation d’un film d’anthropologie visuelle « L’enfant au cœur des soins » sur la prise en charge de
la douleur des enfants dans les services de maladies chroniques au Sénégal
Clients : Ambassade de France, Principauté de Monaco
2019
Réalisation d’un film sur le portrait de Khoudia Sow, Prix de Recherche de la Fondation Croix-Rouge
Client : Fondation Croix-Rouge
Réalisation de 5 films sur les 50 ans de l’UNFPA
(Films sur la santé de la reproduction, l’accompagnement des adolescents, les violences basées sur le
genre, dividende démographique)
Client : UNFPA
2018
Réalisation d’une fiction-documentaire « L’impatience de vivre » sur les grossesses adolescentes au
Bénin, programme CORARE.
Clients : AFD, CNRS
2017
Réalisation d’un film sur le programme ENSPEDIA
(Enfance et soins en pédiatrie en Afrique de l’Ouest)
Client : CNRS, UNICEF, Principauté de Monaco
2016
Réalisation d’un spot promotionnel du secteur artisanal au Sénégal
Client : La KORA-PRD / Frères des Hommes / AFD
Réalisation de 3 films programme COMFISH (Gestion concertée pour une pêche durable au Sénégal)
Client : USAID (Agence Américaine de Coopération Internationale)
Premier Prix d’Excellence au Concours Women in the SeaFood Industry (WSI) 2019
Tournage dans des écoles maternelles et des maternités – régions de Kaolack et de Thiès –
Client : Racines d’Enfance (France)
2015
Production déléguée et régie d’un court-métrage tourné au Sénégal « L’histoire de Saré Bafé »
Client : LECODE (France)
Production et Réalisation d’un film documentaire de 26’ « Diogué, une île de pêche menacée » sur les
problématiques d’érosion côtière et ses conséquences sur la pêche artisanale
Partenaires : MUNDUS MARIS, Fondation ROSA LUXEMBURG
Diffusions RTBF/ TV5 Monde (Reflets Sud) 2018
2014
Tournage d’un reportage sur un projet d’électrification en zone rurale ENERDYNAMIC –Fondation
Servir le Sénégal (région de Matam, Sénégal)
Client: Bloomberg TV-21th Century Business-MMP (USA)
Réalisation d’un film bilan de format 13’ sur un séminaire
« Transition Humanitaire et réflexions éthiques au Sénégal »
Client : Fonds Croix Rouge Française
Co-Production et réalisation d’un film de format 20’ sur les innovations paysannes (Thiès, Sénégal)
Clients : CTA-ONG Agrécol Afrique
2013
Réalisation d’un film de format 26’ autour du projet COGEPAS (Cogestion des pêcheries artisanales du
Sénégal)
Client : JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale)
2012
Réalisation d’un film de format 26’ « Des Aires Marines pour protéger la pêche : Réflexions en Afrique
de l’Ouest »
Client : CSRP (Commission Sous Régionale des Pêches)
2011
Réalisation d’un film de vulgarisation de format 26’ autour du programme P.D.R.D (Programme de
Développement Rural Durable)
Client : JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale)
2010
Réalisation d’un reportage de format 20’ sur une visite d’échange à Joal entre les représentants des
différentes Aires Marines Protégées du Sénégal
Client : UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature)
Réalisation d’un film de sensibilisation de format 26’ « Le défi de la cogestion des pêcheries artisanales
au Sénégal » Programme COGEPAS
Client : JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale)
2008/2009
Production et réalisation d’un film documentaire de format 52’
« Kayar, l’enfance prise aux filets »
Film subventionné par le Ministère des Affaires Etrangères du Royaume d’Espagne et par l’AECID
(Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement)
Diffusions TV5 et CFI
Prix du Meilleur Documentaire Festival Image et Vie 2010 (Dakar, Sénégal)
Sélectionné au Festival Pêcheurs du Monde 2010 (Lorient, France)
Mission de conseil et de formation en audiovisuel au Niger et au Sénégal autour du projet « Réflexivité
et Créativité dans l’éducation au développement »,
Client : Plan International
2006
Mission de Conseil pour le Ministère de la Présidence du Royaume d’Espagne et le Bureau Technique
de Coopération de l’Ambassade d’Espagne à Dakar dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au
Sénégal sur le thème de l’immigration clandestine
Client : AECID (Agence Espagnole de Coopération Espagnole pour le Développement)
Production et Réalisation d’un film documentaire « Benn Lannu » sur une résidence d’artistes
danseurs à l’Espace Sobo Badé, Toubab Dialaw (UNESCO-ASCHBERG « Bourses pour Artistes »)
2005
Réalisation d’un reportage de 60’ « Les Aires Marines Protégées du Sénégal, un pari pour l’avenir »
Client: WWF (World Wide Fund For Nature)
2004
Réalisation de films de danse pour la compagnie Jant-Bi, Germaine Acogny
2002/2003
Technicien d’exploitation, responsable post-production et assistant monteur
Big Mama Post-Production (Paris), Tetra Media (Paris)

POISSON D’OR, POISSON AFRICAIN – Sélections festivals, nominations et prix –
Thomas Grand & Moussa Diop, Sénégal, 2018
Production : ZideoProd
Avec le soutien de : Fondation Rosa Luxemburg et Mundus Maris
10ème Festival Pêcheurs du Monde
(Lorient, France, mars 2018)
Prix du Public
Mention Spéciale Jury Professionnel
Mention Spéciale Jury Jeunes
22ème Festival Ecrans Noirs (Yaoundé, Cameroun, juillet 2018)
Ecran du Documentaire International
Prix TV5 Monde
3ème Toukountchi Festival de Cinéma du Niger (Niamey, Niger, octobre 2018)
Prix du Meilleur Documentaire Moyen & Long Métrage
5ème Festival International de Films sur les Droits de l’Homme FIFIDHO (Niger, novembre 2018)
Prix de la Meilleure Réalisation (Prix Djingarey Maïga)
6ème Festival du Film de Masuku Nature & Environnement (Masuku, Gabon, décembre 2018)
Prix Etudiant du Festival de Film de Masuku
10ème Festival International du Film Documentaire de Khouribga (Khouribga, Maroc, décembre 2018)
Grand Prix
Prix de la Critique
6ème Green Image Film Festival (Tokyo, Japon, février 2019)
Grand Prix
Prix Green Image
30ème Festival des Rencontres Cinéma-Nature (Dompierre sur Besbre, France, avril 2019)
Grand Prix
Prix du Public
16ème Festival de Films pour l’Environnement – FFPE (St Casimir de Portneuf, Canada, avril 2019)
Prix du Meilleur Film Etranger
1er Festival International du Film de Mer « Les Ecrans de la Mer » (Sables d’Olonne, France, mai 2019)
Prix de l’Ecriture
8ème Deauville Green Awards (Deauville, France, juin 2019)
Trophée d’or
8ème Festival International du Documentaire des Droits de l’Homme (Rabat, Maroc, juin 2019)
Prix du Jury
3ème Migranti Film Festival (Bra/Turin, Italie, juin 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
4ème The African Film Festival-TAFF (Dallas, Texas, USA, juin 2019)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
1er Festival de Cinéma Euro-Africain Cinéma de Souss Massa (Tiznit, Maroc, juin 2019)
Mention Spéciale avec Félicitations du Jury
1er Tulum World Environment Film Festival (Tulum, Mexique, juillet 2019)
Prix du Meilleur Film Long Métrage
1er Indo-Global International Film Festival (Mumbai, Maharashtra, Inde, juillet 2019)
Prix du Meilleur Réalisateur
1er Sea & Beach Film Festival (Alicante, Espagne, juillet 2019)
Prix du Meilleur Film Long Métrage
5ème Green Montenegro International Film Fest (Podgorica, Monténégro, août 2019)
Grand Prix
6ème Food Film Fest (Bergame, Italie, août 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
5ème Festival Corti di Mare (Modica, Italie, septembre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
6ème Festival des à côtés (Lyons la Forêt, France, octobre 2019)
Prix du Jury
10ème Cabo Verde International Film Festival (Sal, Cap Vert, octobre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
13ème Festival International du Cinéma des Peuples Ânûû-rû Âboro
(Pwêêdi Wiimîâ, Nouvelle Calédonie, octobre 2019)
Prix Ânûû-rû Âboro du Meilleur Moyen Métrage de la Compétition Internationale
19ème Festival Lumières d’Afrique (Besançon, France, novembre 2019)
Prix du Public (Documentaires Long Format)
8ème Festival International du Film des Lacs et Lagunes FESTILAG
(Abidjan, Grand-Bassam, Côté d’Ivoire, novembre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Festival International Sahélien du Film FISFI (Maroua, Cameroun, novembre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Festival CinémaTerre (Metz, France, novembre 2019)
Prix Spécial du Jury
38ème Grand Prix International URTI du Documentaire d’Auteur (Paris, France, mars 2020)
Grand Prix
32ème Fête Européenne de l’Image Sous-Marine et de l’Environnement (Strasbourg, France, mars 2020)
Prix de l’Environnement
1er Retro Avant Garde Film Festival NYC (New York, USA, mai 2020)
Prix des Droits Humains
2ème Kiarostami Film Festival (Istambul, Turquie, mai 2020)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Retro Avant Garde Film Festival Cairo (Le Caire, Egypte, mai 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
3ème Mena Film Festival (La Haye, Pays Bas, juin 2020)
Prix du Meilleur Réalisateur Documentaire Long Métrage
12ème SiciliAmbiente Film Festival (San Vito La Capo, Italie, août 2020)
Prix Greenpeace Italia
2ème Prix du Concours Documentaire
10ème Festival de Cine Verde de Barichara FESTIVER (Barichara, Santander, Colombie, septembre 2020)
Mention d’Honneur de la Compétition Internationale Long Métrage
2ème Festival des Mémoires de la Mer (Rochefort, France, septembre 2020)
Prix du Film « Les Mémoires de la Mer 2020 »
11ème Silicon Valley African Film Festival (San José, Californie, USA, octobre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
14ème Terra di Tutti Film Festival (Bologne, Italie, octobre 2020)
Mention Spéciale du Jury Benedetto Senni
5ème Lake International Panfafrican Film Festival (Nairobi, Kenya, novembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Festival « Les Rimbaud du Cinéma » (Charleville-Mézières, France, novembre 2020)
Rimbaud du Film Documentaire
15ème Festival de Peliculas Nativas Arica Nativa (Arica, Chili, novembre 2020)
Prix du Meilleur Film Catégorie Afrique Long métrage
3ème GeoFilm Festival (Cittadella, Italie, novembre 2020)
Prix International du Film « The Golden Earth »
4ème Fiorenzo Serra Film Festival (Sassari, Italie, novembre 2020)
1er Prix Fiorenzo Serra (Catégorie Principale Long Métrages)
1er Festival TarapacaFic – Festival International de Cine de Tarapaca – (Iquique, Chili, novembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
9ème Festival Lagunimages (Cotonou, Bénin, décembre 2020)
Nokoué d’or – Grand Prix –
1er Kukastream Online African Film Festival (Festival en ligne, Afrique du Sud, décembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
1er Village Arts & Film Festival VILLAFEST (Owerri, Imo, Nigéria, décembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
2ème Festival Natourale (Wiesbaden, Allemagne, décembre 2020)
Lion Rouge de Hesse – Prix du Développement Durable –
12ème Festival International du Film Court et du Documentaire de Casablanca (Casablanca, Maroc, décembre 2020)
Prix de la Meilleure Réalisation (Concours Documentaire)
Impact DOC Awards 2021 (La Jolla, Californie, USA, janvier 2021)
Prix de Reconnaissance
1er Festival Internacional de Cine Documental de Santa Teresa – Pampa DocFest –
(La Pampa, Patagonie, Argentine, mars 2021)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage International
Prix du Secrétariat à la Culture de La Pampa

2èmes Teranga Movies Awards (Dakar, Sénégal, juillet 2021)
Prix du Meilleur Long-métrage Documentaire
3ème L’œil du Kwatt – Festival International du Film de Quartier (Atok, Cameroun, août 2021)
Le Kwatt d’Or – Prix du Meilleur Film –
15ème GREEN SCREEN – Internationales Naturfilmfestival Eckernfôrde –
(Eckernförde, Allemagne, septembre 2021)
Prix de la Meilleure Production Indépendante
Finaliste aux Etoiles de la Scam 2019 (France, juin 2019)
Nominé aux Green Film Network Awards 2019 (Seia, Portugal, octobre 2019)
Nominé aux African Movie Academy Awards 2019 (Lagos, Nigeria, octobre 2019)
Nominé aux 8èmes Kisima Music & Film Awards (Nairobi, Kenya, décembre 2020)
Nominé aux 7 èmes WAMMA Awards « West African Music & Movie Awards » (Niamey, Niger, juin 2021)
Finaliste au 4ème Roma Cinema Doc 2020 (Doc International) (Rome, Italie, mai 2020)
Finaliste au 11ème Fist Up Film festival (Oakland, Californie, USA, mai 2020)
Sélectionné au 1er Festival International Sahélien du Film FISFI
(Maroua, Cameroun, septembre 2018)
Sélectionné au 18ème Festival de Cinéma Image & Vie
(Dakar, Sénégal, octobre 2018)
Sélectionné au 10ème Festival Alimenterre Belgique
(Bruxelles, Belgique, octobre 2018)
Sélectionné au 5ème Festival International de Cinéma de Kinshasa FICKIN
(Kinshasa, RDC, octobre 2018)
Sélectionné au 16ème Festival des Cinémas d’Afrique du pays d’Apt FCAPA
(Apt, France, novembre 2018)
Sélectionné au 1er Festival des Identités Culturelles FESTIC
(Ouagadougou, Burkina Faso, novembre 2018)
Sélectionné au 32ème Festival International du Cinéma Francophone en Acadie FICFA
(Nouveau Brunswick, Canada, novembre 2018)
Sélectionné au 3ème Festival International du Film sur la Migration-OIM GMFF2018
(Genève, Suisse, novembre/décembre 2018, projections dans le monde entier)
Sélectionné au 5ème Festival Afrikabok
(Sine Saloum, Sénégal, novembre 2018)
Sélectionné au 5ème Out of Africa International Festival OAIFF
(Nairobi, Kenya, novembre 2018)
Sélectionné aux Rencontres Cinématographiques Internationales de Dakar RECIDAK 2018
(Dakar, Sénégal, novembre 2018)
Sélectionné au Festival Ciné Droit Libre de Dakar
(Dakar, Sénégal, novembre 2018)
Sélectionné au Festival des Solidarités FESTISOL
(Bretagne, France, novembre 2018)
Sélectionné au 5ème Festival International du Cinéma Numérique de Cotonou FICNC
(Cotonou, Bénin, décembre 2018)
Sélectionné au 16ème Festival International du Film des Droits Humains de Paris FIFDH
(Paris, France, décembre 2018)
Sélectionné au 20ème Black Movie-Geneva International Independant Film Festival
(Genève, Suisse, janvier 2019)
Sélectionné au 6ème West African Film Festival
(Houston, Texas, USA, février 2019)
Sélectionné au 9ème Festival Ecran d’Afrique
(Mordelles, France, mars 2019)
Sélectionné au 4ème Rapid Lion – The South African Film Festival
(Johannesburg, Afrique du Sud, mars 2019)
Sélectionné au 11ème Festival Pêcheurs du Monde (Escales du Festival)
(Lorient, France, mars 2019)
Sélectionné au 15ème Festival L’ici et L’ailleurs
(St Martin en Bresse, France, mars 2019)
Sélectionné au 40ème Festival Curieux Voyageurs
(Saint-Etienne, France, mars 2019)
Sélectionné au 8ème Luxor African Film Festival
(Luxor, Egypte, mars 2019)
Sélectionné au 9ème Eko – International Film Festival
(Lagos, Nigéria, avril 2019)
Sélectionné au 16ème Festival International du Film Panafricain de Cannes
(Cannes, France, avril 2019)
Sélectionné au 6ème Festival Koudougou Doc
(Koudougou, Burkina Faso, avril 2019)
Sélectionné au 24ème Afrika Film Festival
(Leuven, Belgique, avril-mai 2019)
Sélectionné au 12ème African World Documentary Film Festival
(San Diego, Californie, USA, avril/août 2019)
Sélectionné à la Semaine Africaine de l’UNESCO
(Paris, France, mai 2019)
Programmé dans le cadre des Ciné-Rencontres sur les Droits Humains de l’Association Pierre Chaussin
(Sainte-Savine, France, mai 2019)
Sélectionné au 18ème Festival de Lasalle-DOC Cévennes
(Lasalle, France, mai-juin 2019)
Sélectionné au 4ème Festival Résonances
(Bruxelles, Belgique, mai-juin 2019)
Sélectionné au 1er Festival Espelhos d’Africa
(Salvador de Bahia, Brésil, mai-juin 2019)
Sélectionné au 3ème Festival CinemAmbulante
(Calabre, Italie, juin 2019)
Sélectionné au 3ème African Diaspora Cinema Festival
(Florence, Italie, juin 2019)
Sélectionné au 5ème Festival Eurafriclap
(Paris, France, juin 2019)
Sélectionné au 10ème Festival International des Films d’Environnement de Chefchaouen
(Chefchaouen, Maroc, juin 2019)
Sélectionné au 3ème The Buddha International Film Festival
(Pune, Maharashtra, Inde, juin 2019)
Sélectionné au 3ème Festival International de Cinéma Environnemental de Gabès -FICEG-
(Gabès, Tunisie, juillet 2019)
Programmé à l’Exposition Mer XXL
(Nantes, France, juillet 2019)
Sélectionné au 6ème Festival Africlap
(Toulouse, France, août 2019)
Sélectionné au 2ème Kracow International Green Film Festival
(Cracovie, Pologne, août 2019)
Sélectionné au 2ème Motion Pictures International Film Festival
(Salt Lake City, Utah, USA, août 2019)
Sélectionné au 17ème Afrika Film Festival Köln
(Cologne, Allemagne, septembre 2019)
Sélectionné au 9ème San Francisco Green Film Festival
(San Francisco, Californie, USA, septembre 2019)
Sélectionné au 6ème Festival Cinéma et la Mer
(Sidi Ifni, Maroc, septembre 2019)
Sélectionné au 10ème Silicon Valley African Film Festival
(San Jose, Californie, USA, octobre 2019)
Sélectionné au 6ème BIFED- Bozcaada International Festival of Ecological Documentary (Section Panorama)
(Bozcaada, Turquie, octobre 2019)
Sélectionné au 8ème Jozi Film Festival
(Johannesburg, Soweto, Afrique du Sud, octobre 2019)
Sélectionné au Festival Alimenterre 2019
(Projections en France, au Canada et en Afrique, octobre/novembre 2019)
Sélectionné au 8ème SunChild International Environmental Festival
(Yerevan, Arménie, octobre 2019)
Sélectionné au 8ème Festival Augen Blicke Afrika
(Hambourg, Allemagne, novembre 2019)
Sélectionné au 2ème Online African Film Festival (OAFF)
(Festival en ligne, novembre 2019)
Programmé au Colloque International « Vulnérabilité des sociétés et des milieux côtiers et estuariens d’Afrique de
l’Ouest » PATEO
(Université Assane Seck de Ziguinchor, Sénégal, novembre 2019)
Sélectionné au 20ème Festival « Aux Ecrans du Réel »
(Le Mans, France, décembre 2019)
Sélectionné au 10ème Festival du Film Documentaire de St Louis
(St Louis, Sénégal, décembre 2019)
Sélectionné au International Film Festival on Organic Farming
(Université de Musashi, Japon, décembre 2019)
Sélectionné au 17ème Festival International du Film des Droits Humains de Paris FIFDH
(Paris, France, décembre 2019)
Sélectionné au 9ème IntimaLente Film Festival
(Caserta, Italie, décembre 2019)
Programmé au 6ème Rendez-vous du Cinéma Africain
(La Flèche, France, janvier 2020)
Programmé au Café Kultu / Cinécyclub /Cinécyclo
(Dijon, France, février 2020)
Sélectionné au 3ème Nepal International Film Festival-NIFF
(Kathmandou, Népal, février 2020)
Sélectionné au 7ème Darbhanga International Film Festival
(Darbhanga, Bihar, Inde, février 2020)
Programmé au 4ème Festival Film Femme Afrique (Focus Sénégal)
(Dakar, Sénégal, février 2020)
Sélectionné au 7ème Festival Amnesty International « Au Cinéma pour les Droits Humains »
(France, mars 2020)
Sélectionné au 8ème Festival International du Film Indépendant de Bafoussam
(Bafoussam, Cameroun, mars 2020)
Programmé au Printemps Africlap
(Toulouse, France, mars 2020)
Sélectionné au 2ème Malabo International Music & Film Festival
(Malabo, Guinée Equatoriale, avril 2020)
Programmé au 31ème Festival des Rencontres Cinéma-Nature
(Dompierre sur Besbre, France, avril 2020)
Sélectionné au 2ème Festival AfroCine
(Popayán, Colombie, mai 2020)
Programmé au Festival Africadelic
(Amsterdam, Pays Bas, mai 2020)
Sélectionné au 1er Lockdown Film Festival
(Festival en ligne, Royaume Uni, juin 2020)
Sélectionné au 13ème Smaragdni Eco Film Festival – SEFF
(Zagreb, Croatie, juin 2020)
Sélectionné au 11ème Liberation Docfest Bangladesh
(Agargaon, Bangladesh, juin 2020)
Sélectionné au 6ème International Nature Film Festival Gödöllő
(Gödöllő, Hongrie, septembre 2020)
Sélectionné au 17ème Water Sea Oceans Internatonal Film Festival
(Hluboka Nad Vtlavou, République Tchèque, septembre 2020)
Sélectionné au 14ème Jahorina Film Festival
(Pale, Bosnie Herzégovine, septembre 2020)
Sélectionné au 10ème Wildlife Conservation Film Festival
(New York, Miami, Los Angeles, USA, octobre 2020)
Sélectionné au 1er International Environmental Documentary Film Festival
(Kerala, Inde, octobre 2020)
Sélectionné au 5ème Working Title Film Festival
(Vicence, Italie, octobre 2020)
Sélectionné au 1er Ontario International Film Festival
(Toronto, Canada, octobre 2020)
Sélectionné au 6ème Another Way Film Festival
(Madrid, Espagne, octobre 2020)
Sélectionné au 21ème Bergen International Film Festival
(Bergen, Norvège, octobre 2020)
Sélectionné au 13ème Zózimo Bulbul Black Film Festival – Brazil, Africa, Caribbean and Other Diasporas
(Rio de Janeiro, Brésil, octobre 2020)
Sélectionné au 6ème Festival des Sciences de Noirmoutier
(Noirmoutier, France, octobre 2020)
Sélectionné au 24ème International Ecological Festival « TO SAVE AND PRESERVE « 
(Ugra, Fédération de Russie, octobre 2020)
Sélectionné au 4ème Festival Nouvelles Vues Haïti
(Port-au Prince, Haïti, novembre 2020)
Sélectionné au 1er Festival « Bangui fait son Cinéma »
(Bangui, République centrafricaine, novembre 2020)
Sélectionné au 7ème Festival Mente Locale – Visioni sul Territorio
(Vignola, Italie, novembre 2020)
Sélectionné au 4ème Singapore Eco Film Festival
(Singapour, novembre 2020)
Sélectionné au 1er Rising Sun International Film Festival
(Kitakyushu City, Fukuoka, Japon, novembre 2020)
Programmé au 8ème Festival du Film de Masuku -Edition Spéciale-
(Masuku, Gabon, décembre 2020)
Sélectionné au 2ème Festival « L’Afrique fait son Cinéma »
(Paris, France, décembre 2020)
Sélectionné aux 1ères Rencontres Cinématographiques des Techniciens -Panorama-
(Kpalime, Togo, décembre 2020)
Sélectionné au 27ème New York African Film Festival
(New York, USA, mars 2021)
Sélectionné au 1er Biophilic Film Festival
(Nairobi, Kenya, mars-avril 2021)
Sélectionné au 9ème Nepal Africa Film Festival Guaporé
(Kathmandou, Népal, avril 2021)
Sélectionné au 1er Guaporé Festival Internacional de Cinema Ambiental
(Porto Velho, Brésil, avril 2021)
Programmé au Festival Afrikabok -Edition Spéciale –
(Festival en ligne, Sénégal, avril 2021)
Sélectionné au 7ème Festival Internacional de Cine en La Isla
(Isla Fuerte, Certagena de Indias, Colombie, mai 2021)
Sélectionné au 7ème Zambia Short Film Festival
(Lusaka, Zambie, mai 2021)
Programmé au Festival Africadelic
(Amsterdam, Pays Bas, mai 2021)
Sélectionné au 8ème Construir Cine – Festival Internacional de Cine Sobre El Trabajo
(Buenos Aires, Argentine, mai 2021)
Sélectionné au 12ème FESTICAB -Festival International du Cinéma et de l’Audiovisuel du Burundi
(Bujumbura, Burundi, mai-juin 2021)
Sélectionné au 5ème BCT – Festival Nazionale del Cinema e della Television di Benevento
(Benevento, Italie, juin 2021)
Sélectionné au 2ème Festival International des Courts Métrages La Pointe Noire (FICOMP) -Panorama Spécial –
(Pointe-Noire, République du Congo, juin 2021)
Sélectionné au 1er Festival Téélméri Bop Kon
(Bargny, Sénégal, juin 2021)
Sélectionné au 10ème Festival Globale Mittelhessen
(Mittelhessen, Allemagne, juillet 2021)
Sélectionné au 1er KAMERAT – Festival selavskega filma –
(Hrastnik, Slovénie, juillet 2021)
Sélectionné au 3ème FESCILOM
(Lomé, Togo, juillet 2021)
Programmé au Festival EducAmbiente – Film de clôture –
(Baghiera, Italie, août 2021)
Sélectionné au 1er Festival Internacioanl de Cine – El Cine suma paz –
(Bogota, Colombie, septembre 2021)
Sélectionné au 3ème Quibdo Africa Film Festival
(Pointe-Noire, République du Congo, septembre 2021)
Sélectionné au 2ème Annual Social and Economic Justice Film Festival
(San Francisco, Californie, USA, septembre 2021)
Sélectionné au 4ème Paraná International Films Festival
(Paraná, Argentine, septembre 2021)
Sélectionné au 4ème LAN – Festival audiovisual obrero
(Bilbao, Espagne, septembre 2021)
Sélectionné au 8ème Festival Internacional de Cine De Puerto Madryn – MAFICI –
(Puerto Madryn, Argentine, septembre 2021)
Programmé à la 9ème RIAC – Rencontre Internationale d’Art Contemporain de Brazzaville –
(Brazzaville, République du Congo, septembre 2021)
Sélectionné aux 2èmes Job Film Days – Il Cinema Per I Dritti Di Chi Lavora –
(Turin, Italie, septembre 2021)
Sélectionné au 6ème Out of Africa International Film Festival
(Nairobi, Kenya, septembre 2021)
Sélectionné au 11ème Filmambiente Festival
(Rio de Janeiro, Brésil, octobre 2021)
Sélectionné au 13ème Festival Internacional de Cine Invisible “Film Sozialak”
(Bilbao, Espagne, octobre 2021)
Sélectionné au 17ème Globalisierungskritishes Filmfestival
(Leipzig, Allemagne, novembre 2021)
Sélectionné au 14ème Festival Internacional de Cinema Africano de Argentina
(Buenos Aires, Argentine, novembre 2021)
Sélectionné au 10ème Festival Cinematographico Internacional « El Ojo Cojo »
(Madrid, Espagne, novembre 2021)
Sélectionné au 8ème Festival Yarha – Semaine Internationale du 1er Film –
(Yaounde, Cameroun, novembre 2021)
Sélectionné au 14ème Festival Ciné Regards Africains
(Paris, France, novembre-décembre 2021)
Sélectionné aux 7èmes Trophées Francophones du Cinéma
(Kigali, Rwanda, décembre 2021)
Sélectionné au 3ème Festival International du Documentaire Maritime – FIDOM –
(Bordeaux, France, janvier 2022)
Sélectionné au 1er Social Impact Film & Arts Festival – SIFA Festival Awards
(Sainte-Geneviève, Canada, juin 2022)

E COMME ENTRETIEN Alphonse Ntep

1 Quelle est la genèse de votre film, Le Grand Ecran ? D’où vient l’idée première ? Quelles ont été les étapes de sa mise en œuvre ?

Alphonse Ntep : Il faut dire que l’idée de faire ce film date de trois ans.  Je m’en souviens comme si c’était hier. Les chiffres, je les connais par cœur parce qu’il s’agit de mon pays. En 2018, le Compte d’Affectation Spéciale pour le Soutien de la Politique Culturelle attribuait à la « CATEGORIE CINEMA ET AUDIOVISUEL » une enveloppe de 26.850.000XAF soit 40.000€ sur un total général de 221.900.000XAF soit 338.000€ destinée au secteur artistique et culturel de tout le triangle national. 32 projets avaient bénéficié de cette enveloppe. Des projets, qui, pour la plupart n’ont pas vu le jour ou du moins, ne verront « jamais » le jour.

 Dès lors, je me suis posé mille et une questions… : Quelle est la place de la culture en général et du cinéma en particulier dans un pays comme le nôtre ? Pourquoi ne pas produire avec cette enveloppe un film de qualité qui pourrait valablement représenter les couleurs de la nation de par le monde ?

Il est peut-être vrai que plusieurs pays d’Afrique francophone connaissent le même sort… Mais, des efforts sont faits. On peut voir avec le cas du Sénégal qui investit à l’heure actuelle 2 Milliards XOF par an dans ce secteur, soit 3 Millions €, le Burkina Faso et la Cote d’Ivoire ne sont pas en reste (1 Milliard XOF soit 1.5 Million € par an).

Dans ce désarroi, j’ai eu le plaisir de faire la rencontre d’une jeune compatriote, Carole Djoukam, qui, avait partagé avec moi l’idée de faire un film sur le Festival Ecrans Noirs. Ce n’est qu’à partir de là que je me suis formellement engagé à réaliser et produire ce film, qui, est une conjugaison d’idées.

Il faut dire que le titre a connu beaucoup de mutation de : « BLACK SCREENS, THE REVERSE », en passant par « L’ECRAN, AU CŒUR DU DEVELOPPEMENT… » pour aboutir à « LE GRAND ECRAN », ce fameux court métrage documentaire de 23’.

Cette autoproduction est un véritable plaidoyer qui devrait ouvrir des perspectives aux cinéastes camerounais (surtout les jeunes) mais aussi ceux d’autres pays d’Afrique francophone. Il devrait inciter les autorités publiques, les organismes à créer un véritable fonds non seulement pour la formation des métiers du cinéma mais aussi de « prendre en compte le cofinancement de la diffusion avec le secteur privé ».

Vous comprendrez donc que c’est un documentaire propagandiste qui vante les mérites du cinéma. C’est tout aussi un film d’information car il conserve toute sa valeur informative même si pour certain, il présenterait l’inconvénient de travestir l’information sur la réalité montrée en l’arrangeant selon mes convenances. 

Les étapes de sa mise en œuvre ont été très simples quoique cela nous ait pris trois années de notre vie, mon équipe et moi. Mais, il a été avant tout important :

  • De bien définir le sujet… au regard des multiples intentions ;
  • De faire une investigation et une recherche de documents relatifs au sujet ;
  • Ensuite, un inventaire des documents trouvés a été fait, repérages ;
  • Après, le tri, organisation et classification des documents trouvés par catégories et nature ;
  •  Ensuite, il a été question de faire le choix du contenu à aborder et de l’angle d’attaque (car on ne pouvait pas tout montrer. Il fallait choisir ce qui allait être montré ou dit sur le sujet). Elaboration de la trame et du canevas.
  • Place au développement (écriture du sujet). Il était question de rédiger la narration off qui devait accompagner les images. Cette narration faisait office de « scénario » ou plus exactement du conducteur (texte emplacement des interviews plus les prévisions images et sons de chaque segment). Une tâche qui a été effectué par Loris Clet Adiang et Carole Djoukam qui signent le scénario du film.
  • Nous avons par la suite enchainé avec les tournages sur les sites (prises de vues et sons, interviews…) pendant deux ans années successives 2019, 2020 sur une période de 7 jours par an car il fallait attendre chaque édition du festival Ecrans Noirs et avoir les accords de certains intervenants. Tous ne vivent pas au Cameroun. Les tournages ont donc été faits au Cameroun et en Belgique.
  • Ce n’est qu’en Juin 2021 que mon équipe et moi avons entamé les montages. Il est important de dire que ça nous a pris du temps avant de commencer à le monter car je recherchais une véritable aide à la post-production pour ce film que je n’ai malheureusement pas pu obtenir. Il m’a fallu tendre la main du côté de la société civile qui m’a été d’un très grand soutien pour la finition de ce projet.

Cette étape a connu : le tri et maquettage (montage brut), la fabrication des éléments d’habillage (graphiques, affiches,..),  post-production image et mixage son (Montage final, étalonnage et habillage). La version PAD est donc disponible depuis août 2021.

Par ailleurs, je ne dirais jamais assez merci aux membres de mon équipe, qui, pour la plupart ont travaillé sans « véritable salaire ».

Actuellement, nous en sommes à la phase de vente et de diffusion… Nous y travaillons et espérons qu’il soit largement diffusé dans le monde.

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2 Quelle est la place du documentaire dans le cinéma africain en général et celui du Cameroun en particulier ?

Alphonse Ntep : Je vais éviter de parler d’un « cinéma » dit africain car pour moi le cinéma est universel et nous partageons nos cultures, nos valeurs et nos connaissances à travers son langage.  Je dirais dès lors que le documentaire occupe une place importante dans le cinéma en Afrique comme partout ailleurs bien sûr. On peut le reconnaitre non seulement sur le plan quantitatif mais aussi qualitatif des productions du cinéma documentaire qui font la fierté du continent Africain de par le monde. Les exemples sont légion : « EN ROUTE POUR LE MILLIARD » de Dieudo Hamadi (RDC), « POISSON D’OR, POISSON AFRICAIN » de Thomas Grand et Moussa Diop (Sénégal) ou même « NUIT DEBOUT » de Nelson Makengo (RDC)… pour ne citer que ces films-là.

En ce qui concerne le Cameroun en particulier, autant dire avec franchise que c’est l’un des pays africains qui produit le moins de film documentaire sur une année… A quelques rares exceptions près avec les cinématographies des réalisateurs qui ont toujours fait bouger les lignes à savoir Jean Marie Teno, Mary-Noël Niba, Rosine Mbakam, François Woukoache… la liste est exhaustive.

Mais, il faut noter que depuis un certain temps, avec la nouvelle vague de cinéastes au Cameroun, on observe de plus en plus un grand intérêt pour le genre documentaire. D’ailleurs, au Cameroun, des initiatives collectives sous formes de programmes tels que Patrimoine-Héritage ou Yaoundé Lab Film accompagnent des jeunes auteurs et autrices dans l’écriture, le développement, la production et la coproduction des projets de films documentaires.

3 Quel type de public le cinéma a-t-il au Cameroun ?

Alphonse Ntep : Je pense qu’à l’heure actuelle, au Cameroun, le cinéma produit localement est en phase de réconciliation avec le grand public. Même s’il faut reconnaitre que le public jeune répond le plus présent. Mais, ce qui manque à la production locale, c’est la communication autour du produit (film) pour pouvoir atteindre la cible préétablie. Le grand public consomme davantage ce qui est vulgarisé. Mais, je pense que pour une industrialisation effective du secteur du cinéma au Cameroun l’on devrait concilier ces trois piliers : les films (qui se font de plus en plus rares, moins de 10 films produits par an), les salles (pratiquement toutes inexistantes et/ou fermées) et le public (de plus en plus exigeant et averti). 

4 Le festival Ecrans noirs occupe une grande place dans votre film. Pouvez-vous évoquer pour nous son histoire. Quel est son retentissement en Afrique ?

Alphonse Ntep : Tout à fait… Quoiqu’on dise, on ne saurait parler d’un rayonnement du cinéma en Afrique centrale sans évoquer le groupe nominal « ECRANS NOIRS ».

Le festival Ecrans Noirs a été créé par la société Les Films Terre Africaine  (du réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio)qui a financé ses premières  années d’existence avec le soutien de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique(ACCT), etc… Sa première édition s’est ténue en 1997… Son but étant de valoriser « les cinémas d’Afrique et Monde Noir ». Il devient en 2008 un festival compétitif mettant en exergue de nombreux prix et talents… Près de 10 ans après sa première édition, l’Association Ecrans Noirs verra le jour pour la bonne gestion du festival. De plus en plus, le festival écrans noirs a cessé d’être une affaire unipersonnelle pour devenir une affaire collective. C’est ainsi que s’est développé le festival et l’association Ecrans Noirs…

En décembre 2019, il est classé 7e parmi le TOP 10 des festivals de cinéma en Afrique par l’Association Royale de la Presse Nord Sud. Il devient donc l’évènement cinématographique le plus important d’Afrique Centrale.

5 Comment êtes-vous devenu cinéaste ? Quel est votre itinéraire personnel dans le cinéma ?

Alphonse Ntep : Il faut dire que je n’étais pas prédestiné à être cinéaste. Dès l’âge de 10 ans, je rêvais d’être écrivain. Des circonstances m’ont conduit à étudier les sciences humaines. Ce n’est qu’en 2015, lorsque j’entrais en 3e année géographie physique que j’ai véritablement commencé à m’intéresser aux métiers du cinéma. Passionné d’actorat, mais piètre comédien, je tournais dans les rues de Yaoundé quelques vidéos amateurs que l’on visionnait entre potes croyant faire du cinéma.

Ce n’est qu’en 2017 que j’ai la chance de participer à deux ateliers de formations notamment en scénario et réalisation cinéma… Sous l’encadrement de Mohamed Arious (Scénariste Marocain) et Serge Alain Noa (Scénariste et Réalisateur Camerounais).

Pour moi c’était déjà un bon départ… Jusqu’à ce que je fasse également la connaissance de Robert Lombaerts (Journaliste et Cinéaste Belge) qui décide de partager avec moi à distance son expérience. Je ne prétendrais donc pas avoir fait des études supérieures en cinéma ou autres… Je me considère avant tout comme un autodidacte.

La même année, je participe au projet de film court métrage « NYANGONO » de Marc Anda en qualité de premier assistant réalisateur.

L’an qui suivait, 2018, j’ai été pendant six mois, assistant réalisateur stagiaire à la société de production Les Films Terre Africaine.

Je réalise la même année mon premier court métrage « SURPRISE » qui a reçu un excellent accueil au Cameroun et en Europe ce qui m’a valu la reconnaissance de l’Etat du Cameroun en qualité d’artiste cinéaste.

Par la suite, je m’essaie à une pratique : la critique cinématographique. Essai qui s’est soldé par la parution de plusieurs articles sur le cinéma en Afrique lorsque j’étais Correspondant de l’Association Royale de la Presse Nord Sud pôle Afrique (Bureau de liaison Bruxelles), rubrique cinéma.

En 2020, durant sa 24e édition, je suis convoqué par l’Association Ecrans Noirs pour siéger au plus haut niveau dans le comité de visionnage et de sélection des films pour l’évènement cinématographique voire artistique le plus important d’Afrique Centrale, le festival Ecrans Noirs.

6 Quels sont vos projets actuels ? Avez-vous un film en préparation ou en cours de réalisation ?

Alphonse Ntep : J’ai un projet en développement sur lequel je consacre une partie de mon temps. La réécriture du scénario de mon projet de premier long métrage de fiction intitulé « KENGBA », une adaptation de mon ouvrage. En espérant trouver, les moyens et les bons collaborateurs pour sa réalisation… Mais bon, ça c’est pour plus tard…

Le court métrage, indispensable école dans le parcours des longs… J’ambitionne réaliser encore un ou deux courts en dehors des deux déjà réalisés.

Des scénarii existent déjà et pour certain avec une carrière à l’instar de mon projet de court métrage « CLAP » sélectionné à la résidence d’écriture scénaristique durant festival international des films de femmes de Salé au Maroc en 2017.

Donc, il serait possible que dans les prochains mois, je réalise un prochain court métrage de fiction.

7 Quels sont les cinéastes africains qui vous ont influencé ? Et dans le cinéma mondial, quels sont ceux que vous admirez ?

Alphonse Ntep : En parlant des cinéastes en Afrique qui m’ont d’une manière ou d’une autre influencé, il y’a le très célèbre écrivain et cinéaste sénégalais ; j’ai nommé Sembène Ousmane. Je n’ai peut-être pas eu la chance de le connaitre personnellement ou même de le rencontrer car il décède alors que je n’étais qu’un gamin en 2007 (je devais être en classe de 6e cette année-là). Mais, je m’intéressais fortement à la littérature… C’est comme ça je me suis frotté à la lecture de certains ouvrages tel que « O PAYS, DE MON BEAU PEUPLE », l’un de ses ouvrages(le vadémécum de mon feu grand père).

Naïvement, je ne savais pas qu’on pouvait être écrivain et faire autre chose, en occurrence le cinéma. Plus tard j’ai eu le privilège de découvrir pour la toute première fois un film en salle. C’était « MOOLAADE » de Sembene Ousmane… J’avais été captivé par l’une des thématiques qu’abordait le film (l’excision) car on en parlait déjà dans nos programmes scolaires à cette époque-là.

En dehors du grand Sembène, j’ai beaucoup été marqué par Fadil Chouika, réalisateur marocain pour son film « LA MAIN GAUCHE » et son excellent travail de direction photo. En toute honnêteté, c’est un court métrage que je peux visionner n fois sans me fatiguer pour l’originalité du sujet, l’accroche, sa technique mais également pour son excellente création musicale…

Pour ce qui est du cinéma mondial, j’ai beaucoup d’admiration pour James Cameron avec ses films tels que « TITANIC » et « ALITA : BATTLE ANGEL » pour lequel il est producteur et coscénariste. Mais aussi Luc Besson, waouh… pour son film « ANNA ».

8 Comment voyez-vous l’avenir du cinéma en Afrique ? Etes-vous optimiste ?

Alphonse Ntep : L’Afrique c’est l’avenir !!! Et le cinéma en Afrique a de beaux jours devant lui. Ce qui manque, c’est vraiment la professionnalisation dont-on a besoin pour assurer véritablement une production internationalement reconnue. Même si certains efforts sont faits, cela se voit à travers des films comme « LA NUIT DES ROIS » de Philippe Lacôte (Côte d’Ivoire), « BENDSKINS » de Narcisse Wandji (Cameroun)… Mais, il faut penser à pérenniser une telle mouvance… A travers la coproduction Sud-Sud, pas seulement pour la qualité des films mais aussi pour faire plus de films parce qu’il y a de moins en moins de guichets mais aussi la formation.

Des écoles existent, mais parlant des écoles professionnelles, pas beaucoup. On connait celles de l’Afrique du Sud, du Maroc, du Ghana, du Burkina Faso, du Bénin… Mais, des écoles un peu partout.

Au Cameroun en particulier, nous travaillons sur Création d’une Fédération des cinéastes. Au niveau de l’enseignement supérieur, on note la création des cycles licence et master professionnels en cinéma dans certains instituts privés sous la tutelle des universités d’Etat… En plus, depuis trois années, on a annoncé l’introduction de l’enseignement du cinéma dans les programmes du secondaire. On espère que cela sera effectif très bientôt.

A travers de telles initiatives, on peut se dire que les autorités s’engagent désormais dans la lutte pour le développement durable d’une culture cinématographique dans la sous-région Afrique Centrale. Il y a donc en réalité une compréhension des acteurs de l’image et des autorités sur la question essentielle : l’Afrique a besoin de ses propres images.

B COMME BIOFILMOGRAPHIE – Alphonse Ntep

Noms : NTEP  NTEP

Prénoms : Alphonse Magloire          

Date et lieu de naissance : 13-03-1996  à  Douala

Adresse : 2e arrondissement Douala

Téléphones : +237 696269890 / +237 656010003

Email : magloirelantepance@yahoo.com

        Connu sous le pseudonyme de Alphonse Ntep, Alphonse Magloire Ntep Ntep est un réalisateur camerounais de moins de trente ans. Titulaire d’une Maîtrise en Economie de Développement obtenue à l’Université d’Etat de Yaoundé 1, il fait ses classes de cinéma à l’Institut Spécialisé de formations aux métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel d’Afrique Centrale (Scénario)… Et suit un atelier de formation en Réalisation Cinéma notamment à Yarha. Son premier court métrage de fiction « Surprise » le révèle au grand public en 2018… La même année, le jeune auteur verra son premier ouvrage « KENGBA » publié aux éditions de la Douzième Vague en France. Deux ans après, il siège en tant que membre du comité de visionnage et de sélection des films lors de la 24e édition du festival Ecrans Noirs. Sa collaboration avec l’Association Belge francophone ARPNS (Association Royale de Presse Nord Sud) lui a valu plusieurs articles sur le Cinéma Africain dont il est l’auteur… 

  • 2021, Réalisateur du film « LE GRAND ECRAN », genre Documentaire, format court métrage, 24’.
  • 2018,  Réalisateur du film « SURPRISE », genre Fiction, format court métrage, 06’. Palmarès du film :
  • 2018, 5e édition du Festival Panafricain du Film d’Ecole de Yaoundé,  catégorie Espoir (Cameroun).
  • 2018, 4e édition du Festival du Cinéma de Taverny, catégorie Ado/Adultes Professionnels : Prix du « Coup de cœur des internautes » (France).
  • 2018, 15e édition du Festival International du Film Ecole « FESTIMAJ  2018», catégorie Jeunes Réalisateurs (France).
  • 2018, 1ère édition de la journée du jeune cinéaste Camerounais (Cameroun)
  • 2018, 6ème édition du festival  International du court métrage Brèves d’Images, catégorie Initiés (France).
  • 2018, 3e édition du festival  International  du film du Quartier (Cameroun).
  • 2018, 1ère édition Festival International Sahélien du Film (Cameroun).
  • 2018, 15ème édition du Festival International du Cinéma et Migration d’Agadir (Maroc).
  • 2018, 5ème édition du Festival International du premier film dénommé YARHA (Cameroun).
  • 2018, 5ème édition du Festival International du Film des droits de l’homme de Niamey (Niger).
  • 2019, 5e édition du Festival Educatif Komane (Cameroun).
  • 2019, 5e édition du Festival Melong Movies Show (Cameroun).
  • 2019, 18e édition du Festival International du Cinéma et de l’Education de Fès (Maroc)
  • 2019, 7e édition du Festival International du Cinéma Indépendant de Bafoussam (Cameroun

C COMME CINEMA AFRICAIN – Cameroun

Le grand écran, Alphonse Ntep, Cameroun, 2021, 23 minutes.

Le cinéma africain existe. On peut le rencontrer – et l’admirer- en Afrique centrale, et plus particulièrement au Cameroun, où il est en passe de devenir un des premiers de tout le continent africain.

Cela bien sûr grâce aux cinéastes qui travaille là, mais aussi grâce à un festival annuel, Ecrans noirs, qui en vient, peu à peu, à concurrencer le célèbre Fespaco de Ouagadougou.

Le film que consacre Alphonse Ntep à cette cinématographie vise bien sûr à en faire la promotion, mais c’est aussi – et surtout- un vibrant hommage au cinéma dans son ensemble et un acte de foi dans sa capacité à jouer un rôle fondamental dans le développement du pays. Au niveau culturel bien sûr, mais aussi au niveau économique et social.

Ntep donne donc la parole aux principaux acteurs du domaine, le délégué général de l’association Ecrans noirs, Bassek Ba Kobhio , une historienne du cinéma, Marie Nadège Tsogo Momo, ou un réalisateur, Jean marc Anda. Tous insistent sur la portée que peut avoir le cinéma en Afrique. Au Cameroun, le cinéma demande qu’à se développer.

Pour cela, il est indispensable de ne pas douter de son pouvoir de transformation sociale et de ne pas en rester à une conception qui le réduit à n’être qu’un divertissement et donc un luxe réservé à une élite.

L’atout principal que le Cameroun peut offrir à l’avenir du cinéma, c’est l’existence d’un centre de formation permettant aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires à une carrière professionnelle.

Appuyé sur des extraits de films existants ou des images de leur tournage, ce Grand Ecran, devrait fortement contribuer à la connaissance du cinéma africain, et à la reconnaissance de son importance grandissante. Espérons qu’il puisse être diffusé largement en Europe.

P COMME PORTRAIT – Jane Birkin

Jane B par Agnès V. Agnès Varda, 1988, 94 minutes

Varda et tout l’art du portrait. Avec ses références picturales, Goya entre autres, que Varda s’amuse à détourner en surimposant une nuée de mouches sur le corps de la Maya et dans l’ensemble du tableau. Car c’est bien à du cinéma que nous avons affaire.

Qu’il s’agisse d’un portrait, le titre du film – bien dans le style de la cinéaste – nous le dit déjà. Nous pouvons nous attendre à entrer dans l’intimité de l’actrice, à apprendre quelques-uns de ses secrets de vie, à percer au jour quelque peu sa personnalité. Et effectivement Jane joue le jeu proposé par Agnès. Elle parle de ses maris, de ses filles, elle nous accueille dans sa maison et répond, semble-t-il en toute franchise, aux questions de la cinéaste qui insiste pour qu’elle n’hésite pas à regarder en face l’œil de la caméra. Une certaine connivence s’établit entre les deux femmes, comme il se doit dans la meilleure pratique de l’entretien cinématographique. Jane est un peu crispée au début du film, mais de plus en plus à l’aise au fur et à mesure du temps qui passe. Car ce portrait n’est visiblement pas réalisé en une seule prise ni en un seul jour. Il s’agit bien de montrer les multiples facettes de Birkin, ce que souligne la multitude de tenues et de coiffures qui nous sont proposées. Plus qu’une tranche de vie, c’est une véritable biographie – pourtant inachevée – que réalise Varda. Un portrait qui pourtant ne prétend nullement à énoncer une vérité définitive. Dans une des premières séquences du film, Jane est filmée devant un miroir déformant. Et cette caméra qui apparaît tout au long du film finit par avoir un petit air inquisiteur.

Varda et l’art du mélange. Car si le film ne renonce nullement à sa dimension documentaire, Varda a sans cesse recours à la fiction. On sent bien qu’elle ne peut résister à la tentation d’utiliser les talents d’actrice de Birkin. Le portrait, même lorsqu’il est présenté comme « classique » par la cinéaste, est parsemé de mini fictions, plus mystérieuse les unes que les autres, comme ce duo entre Birkin et Philippe Léotard où l’amour le dispute à la haine à propos d’une sombre histoire d’argent. Visiblement Varda a un grand plaisir à raconter des histoires, tout en prenant bien soin de souligner la dimension cinématographique de ce qu’elle raconte, les deux personnages assassinent à tour de rôle leur comparse. On s’attend presque qu’ils viennent saluer le public à la fin de la pièce.

Jane B par Agnès V n’est pas souvent cité parmi les films les plus marquant de l’œuvre d’Agnès Varda. C’est une erreur. On y trouve cette façon inimitable d’apparaître dans le cadre en énonçant, dans des formules simples et lumineuses, la sens même de son travail. Mettre au service de l’image un travail sur les mots, il n’y a peut-être que Godard qui sache le faire avec autant de précision et de justesse.

Clin d’œil pour clin d’œil, Varda n’a pas hésité à nous faire le coup de Jane…d’Arc.

M COMME MOTS CLÉS 1

Trois mots clés pour caractériser l’œuvre d’un.e cinéaste documentariste.

Ce qui nous a frappé dans leurs films. Ce dont nous nous souviendrons.

La difficulté est souvent de se limiter à trois.

Pour commencer, les cinéastes disparus.

A suivre.

Akerman Chantal : Mère, Racisme, Frontière

Brault Michel : Québec, Caméra à l’épaule, Direct.

Debord Guy : Situationnisme, Avant-garde, Contestation.

Drew Robert : Direct, Politique, Etat-Unis.

Flaherty Robert : Héroïsme, Dramatisation, Nature

Harocky Harun : Image, Industrie, Didactique.

Imamura Shôhei : Guerre, Enquête, Mémoire.

Ivens Joris : Chine, Révolution, Guerre.

Kiarostami Abbas : Iran, Simplicité, Paysages

Kramer Robert : Engagement, Gauche radicale, Collectif Newsreel.

Lanzmann Claude : Génocide, Israël, Juifs.

Leacock Richard : Direct, Directeur de la photographie, Technique.

Le Masson Yann : Japon, Enfance, Militantisme.

Le Roux Hervé : Enquête, Grève, Peinture.

Malle Louis : Inde, religion, Ouvriers.

Marker Chris : Japon, Révolution, Commentaire.

Maysles Albert et David : Direct, Art, Directeur de la photographie.

Pannebaker Dom Alan : Musique, Concert, Direct.

Perrault Pierre : Ile-aux-Coudre, Direct, Amitié.

Resnais Alain : Peinture, Colonialisme, Déportation.

Rossif Frédéric : Archives, Guerre, Nazisme.

Rouch Jean : Afrique, Transe, Cinéma vérité.

Rouquier Georges : Ruralité, Famille, Paysans.

Ruspoli Mario : Direct, Folie, Baleine.

Solanas Fernando : Argentine, Peuple, Dictature.

Van Der Keuken Johan : Pays-Bas, Voyage, Poésie.

Varda Agnès : Autobiographie, Californie, Glanage.

Vautier René. Afrique, Anticolonialisme, Ouvriers.

Vertov Dziga : URSS, Montage, Ville.

Vigo Jean : Côte d’Azur, Vacances, Travail.

Dziga Vertov at the shooting of the documentary ‘World Without Game’. Année de l’oeuvre:1925

L COMME LEÇONS DE CINEMA

10 on Ten. Abbas Kiarostami.  Iran, 2004, 83 minutes.

Comment un.e cinéaste peut-il (elle) rendre compte de son œuvre, l’évoquer, la décrire, l’analyser. Lui consacrer tout un film, lorsque la liste de ses films est devenue impressionnante ? Ou se contenter de répondre à une interview façon magazine de télévision. Sera-t-il.elle présent.e à l’écran ? Convoquera-t-il.elle des spécialistes, critiques, historiens ou simples témoins (des amis sans doute). Fera-t-il une place -furtive ou omniprésente – à des extraits de ses films, qui peuvent alors être commentés, en racontant aussi les conditions de la réalisation, des anecdotes, ou révéler un sens caché ou des intentions secrètes ?

Pour parler de son cinéma, Abbas Kiarostami a fait des choix simples, mais radicaux. Il nous propose dix leçons (comme le titre l’annonce), dans un film long métrage où il sera à l’image d’un bout à l’autre. Il se filme au volant de sa voiture, parcourant des sentiers de montagne, à travers un paysage que l’on peut voir par la fenêtre du véhicule, avec un seul et même cadrage, la caméra étant posée une fois pour toute à côté du conducteur. Son discours (pas vraiment un cours magistral façon université, une adresse au spectateur plutôt, presque un dialogue) se s’interrompt qu’à de rares moments, pour laisser place à des extraits de films (pas seulement Ten, contrairement à ce que donne à penser le titre). Le goût de la cerise d’abord, pour la longue errance de la voiture sur les sentiers de montagne ; puis ABC Africa, pour l’exubérance des enfants devant la caméra ; et enfin Ten, pour les échanges entre deux femmes dans une voiture, la conductrice et sa passagère.

Ce dispositif du film correspond parfaitement à l’idée que Kiarostami se fait du cinéma, un cinéma simple, sans déploiement de moyens techniques, sans acteur professionnel. A écouter Kiarostami on pense immanquablement au cinéma direct d’un Perrault ou d’un Ruspoli, ou même au cinéma vérité du duo Rouch-Morin, un cinéma qui a triomphé dans le documentaire dans les années 1960 et qui est resté depuis une référence de tant de documentaristes. Ici, Kiarostami. en revendique avec force les principes pour ses films, au point de vanter les mérites des petites caméras numériques qui remplacent avantageusement pour lui les lourdes caméras 35 mm, et surtout  qui permettent d’échapper au modèle hollywoodien, c’est-à-dire au cinéma capitaliste américain.

Avec 10 on Ten, Kiarostami veut démontrer qu’un cinéaste peut réaliser un film seul. Il n’est plus besoin d’apprendre le cinéma. D’ailleurs il revendique haut et fort sa qualité d’autodidacte – ce qui est quelque peu contradictoire avec le projet de proposer des « leçons » de cinéma !

Toutes les autres caractéristiques de son cinéma, qu’il décrit successivement, découlent directement de cette vision d’un cinéma libre, libéré des contraintes techniques et du pouvoir de l’argent. Ainsi du rejet des acteurs professionnels, le choix des décors naturels, la non-nécessité de rédiger un scénario détaillé que de toutes façons il ne suivra pas, et ainsi de suite. Faire des films dans ces conditions serait vraiment à la portée de tout un chacun.

Si 10 on Ten se passe entièrement dans une voiture, c’est que pour le cinéaste, il s’agit là de l’espace idéal du cinéma. Une voiture qui se déplace dans un paysage visible derrière le conducteur. Une situation où il n’est plus besoin de mouvements de caméra – la caméra numérique enregistrant directement l’image et le son – ni même de montage (si ce n’est pour inclure les extraits de films comme des citations). Finalement, le cinéaste n’est plus metteur et scène ou réalisateur. Il est simplement l’auteur de son film.

La dixième leçon terminée, Kiarostami stoppe sa voiture, descend du véhicule dont il fait le tour pour venir arrêter la caméra. Pourtant, il lui reste quelque chose à filmer. Il prend la caméra et cadre le sol derrière la voiture. Un zoom avant nous révèle une colonie de fourmis transportant de la nourriture dans un trou. Le cinéma, c’est bien la vie.

J COMME JEU – mots clés

Trois mots clés pour caractériser un cinéaste documentariste. Savez-vous le découvrir ?

1 Japon – Révolution – commentaire

 2 Vérité – Afrique – Transe

3 Noir et blanc – Enfance – Homosexualité

4 Photographie – Désert – Paysan

5 Californie – Femme – Plage

6 Racisme – Mère – Israël

7 Institution – Culture – Durée

8 Train – Révolution culturelle – Mort

9 Froid – Poisson – Chasse

10 Ville – Train – Femme

A COMME ABECEDAIRE -Pier Paolo Pasolini

Écrivain, dramaturge, poète, essayiste politique, cinéaste à scandales, Pasolini est aussi l’auteur de documentaires dont plusieurs se penchent sur son travail de cinéaste sous la forme de carnets de notes, ou de repérages, pour des films futurs dont certains ne virent jamais le jour.

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P COMME PASOLINI Pier Paolo

Notes pour un film sur l’Inde, Italie,1968, 36 minutes

Repérages en Palestine pour le film : « L’Évangile selon Saint-Matthieu ». Italie, 1965, 55 minutes

Deux films de Pasolini au travail. Avant tout tournage, l’affinement du projet, le développement de l’idée de départ. Et des repérages sur le terrain. Pasolini se rend donc en Inde avec un projet de film qui ne verra jamais le jour. En Palestine il parcourt les lieux où le Christ a vécu et prêché. Un travail d’observation indispensable dans le long processus qui aboutira au film L’Evangile selon Saint Matthieu.

En Inde, Pasolini se concentre sur deux thèmes, la religion et la faim. Il filme donc la misère, et les souffrances, les pieds et les mains déformé.e.s par la lèpre par exemple. Il pose la question de la surpopulation. Pour résoudre le problème, faut-il en arriver à une solution radicale, un vaste plan de stérilisation ? Pasolini semble ne pas prendre position.

Le fil qu’il suit tout au long de son film réside dans une légende selon laquelle un Maharadjah aurait offert son corps pour nourrir un tigre affamé. Il pose la question à plusieurs hommes religieux. Feraient-ils de même ou existe-t-il des hommes qui le feraient. La plupart des interrogés ne se prononcent pas, Ou bien quand ils donnent une réponse, elle est négative.

Le film se termine par une cérémonie funéraire, le cortège qui défile en portant le corps et la mise en feu du bûcher. Pasolini ne fait pas de commentaire. Les images parlent d’elles-mêmes.

En Palestine, sur les pas du Christ, de Nazareth à Jérusalem, en passant par le lac de Tibériade et la Mer Morte, Pasolini – très présent à l’image – observe, interroge, recueille des impressions et met à l’épreuve de la réalité les idées qu’il se faisait a priori du pays et de ses habitants. Pourra-t-il trouver des figurants ? Et sur le terrain pourra-t-il filmer des paysages qui ne soit pas déformés par la modernité et l’industrie ? Et surtout, faudra-t-il vraiment venir filmer ici, alors qu’il est possible de trouver des paysages identiques en Italie. Des paysages désertiques, désolés, qui doivent être essentiels pour le film qu’il a en tête.

Le film a un côté road movie, avec ses vues de paysages filmés depuis l’intérieur d’une voiture. Aux arrêts, Pasolini dialogue avec un prêtre à propos de la vie du Christ. En Israël, il interroge les membres d’un kibboutz. Une femme donne son point de vue sur l’éducation des enfants et un homme explique le fonctionnement socialiste et le type de vie communautaire mis en œuvre. Nous sommes bien loin de la réalité actuelle du pays.

Ces deux films ne peuvent pas être considérés comme de simple making off, puisqu’ils ne sont pas réalisés. Celui sur l’Inde ne le sera d’ailleurs jamais. Il s’agit bien plutôt de véritables documentaires où un cinéaste s’interroge, in situ, sur son cinéma. Une introspection en images à laquelle peu de réalisateurs se sont livrés avec autant de pertinence et de sincérité.

Deux films proposés dans le cycle (accessible en ligne) de la Cinémathèque du documentaire de la BPI intitulé Pasolini, Pasoliniennes, Pasoliniens ! Un cycle qui se propose de redécouvrir les documentaires de Pasolini et de mettre en évidence l’influence que le cinéaste-écrivain-poète peut avoir sur des cinéastes contemporains. A suivre donc.

D COMME DEVINETTE

De quel film s’agit-il ? Identifiez-les à partir de deux indices.

1 Une minute de silence et un désert.

2 Une femme libre et la côte d’Azur

3 des parapluies et deux enterrements.

4 une thérapeute et des veuves

5 un train et des trams

6 un train et de la neige

7 Les halles de Paris et Saint Tropez

8 Une ville nouvelle et une écrivaine.

9 Le théâtre et la banlieue

10 Les cabarets et l’enseignement

11 L’Afrique et l’agriculture

12 Réfugiés et Normandie

13 Pommes de terre et cours d’alphabétisation

14 Fleuve et mort

15 Coursier et canaux

16 une caméra et Françoise

17 Prison et Soignants

18 enfants et fruits et légumes

19 Élections et Kennedy

20 La maison de Thoreau et Cap Canaveral

Q COMME QUESTIONS

Trois questions à François Zabaleta à propos de Vilain Garçon

1 Dans un contexte où l’inceste et les abus sexuels sur les enfants sont de plus en plus dénoncés et combattus, n’as-tu pas l’impression d’être à contre-courant en développant un cinéma centré sur la sexualité des plus jeunes.

R- Je crois que ce n’est pas du tout incompatible en réalité. Je condamne évidemment toute forme d’abus sexuel, toute forme d’appropriation du corps ou de la personnalité de l’enfant. Mais ma position en tant que cinéaste n’est pas celle d’un adulte qui regarde l’enfance, son enfance ou celle des autres, du haut de son grand âge. Je ne juge pas. Je regarde. Je raconte à hauteur d’enfant mon expérience triste et désastreuse de l’éveil à la sexualité. Dans ce film rien n’est qualifié. Il y a peu d’adjectif. Je raconte juste à hauteur d’enfant des faits parfois banals mais qui auront sur moi un retentissement considérable. C’est comme si j’avais avalé de force une bombe à retardement qui n’exploserait que plus tard. Mon anorexie je la dois directement à cette expérience qui dans un sens est un viol. Mais l’enfant que j’étais ignore tout du viol à commencer par le mot. Il ne qualifie pas cette expérience. Il n’a pas de mot pour la dire. Il pense que c’est naturel, que tout le monde doit en passer par là et que je dois surmonter mon dégoût si je veux devenir comme les autres, avoir des copains, être invité chez les autres, bref être un enfant comme les autres. Je m’intéresse aux émotions très primitives, animales. Des émotions qui n’ont pas encore de verbe pour s’exprimer. De plus mon travail est narratif et absolument pas psychologique. Je ne fais pas des films pour chercher à comprendre, à mettre un diagnostic sur des symptômes. Je fais des films parce que je suis un raconteur d’histoires et un explorateur de forme. Mon monde n’est pas celui de l’explication, de l’explicitation mais de la reconstitution la plus minutieuse possible des débuts, de la mise au monde.  Ou plutôt des mises au monde. Car une enfance est faite de plusieurs mises au monde… Et puis j’aime raconter des débuts qui tournent mal, des ratages. Si Henry Miller ne l’avait pas utilisé, j’aurais pu appeler tous mes films documentaires sur l’enfance, LA CRUCIFIXION EN ROSE. Ce qui est subversif dans ce film c’est qu’il s’agit d’un enfant de huit ou neuf ans victime du syndrome de Stockholm. Bien sûr à huit ans j’étais déjà homosexuel, ce n’est pas cette expérience qui m’a transformé en quelqu’un que je n’aurais pas été si cela ne s’était pas produit. Un hétérosexuel sexuel violé par un homme ne devient pas homosexuel. Ce qui m’a été imposé ce n’est pas l’identité homosexuelle c’est le sexe, l’acte sexuel dont je ne voulais pas et auquel je me suis résolu comme on se jette par la fenêtre. J’ai surmonté mon aversion pour devenir comme tout le monde, pour gagner mes galons de garçon fréquentable, normal en quelque sorte. Mais contrarier à ce point ma nature n’est pas sans conséquence grave sur la psyché…   

2 La question qui me semble centrale dans ton cinéma n’est pas « comment filmer l’enfance » mais plutôt « pourquoi filmer les enfants ».

R- C’est assez vrai. Je cherche une façon de filmer l’impossibilité même de filmer une enfance.

Ce qui m’intéressait, c’était de prendre un épisode charnière de ma propre enfance,  et de ne surtout pas chercher à l’illustrer.

Qu’est-ce qui se passe, au cinéma, quand on se sert d’une histoire vraie comme matière première, et qu’on veut faire autre chose que de le mettre en image, prendre des acteurs, leur donner des rôles, les faire parler ?

Je ne me voyais pas engager un petit garçon et lui faire dire des choses que j’étais censé avoir dites lorsque j’avais son âge.

Pendant des années j’ai renoncé à faire ce film qui me semblait impossible.

Et puis, un jour, j’ai compris que ce qui me plaisait dans ce projet, c’était, précisément, cette idée d’impossibilité.

Je me suis dit que j’allais faire un film impossible.

Qu’est-ce que c’est que l’impossibilité au cinéma ? Qu’est-ce qui se passe quand on déclare forfait ?

On peut commencer un film puis l’arrêter… jeter l’éponge.

Ou, au contraire, faire un film autour de cette impossibilité. Cette impossibilité de dire l’enfance.

C’est aussi une façon de la dire que de ne rien pouvoir en faire. C’est aussi une façon de la dire que de dire son impossibilité à en faire quelque chose.

J’ai compris que je ne voulais pas faire un film sur mon enfance. J’ai compris que je voulais faire un film autour de l’enfance. Tourner autour de l’enfance en cercles concentriques de plus en plus rapprochés, tout en sachant que jamais je n’en atteindrai le noyau dur.

J’étais obsédé par cette idée de sujet et de noyau dur. C’est contre ça que j’ai buté pendant des années.

Je voulais épuiser le sujet. Je voulais atteindre sa substantifique moelle.

J’avais peur d’être banal, allusif, superficiel. J’avais peur de passer à côté de mon sujet. J’avais peur de passer à côté de l’enfance.

Jusqu’au jour où j’ai compris que le petit garçon que j’étais était passé à côté de sa propre enfance. Qu’il n’avait jamais été un enfant. Que c’était ça, le sujet de mon film. Un enfant qui court après son enfance.

Un enfant qui cherche à comprendre ce que c’est que d’être un enfant.

Toute tentative d’appréhender l’enfance au cinéma ne peut être que l’inéluctable chronique d’un échec annoncé et vécue comme tel. Une utopie dont la beauté tient à l’illusion lyrique qui consiste à croire à la vérité argumentée, avérée, incontestée, objective, de nos propres souvenirs. L’autobiographie au fond n’est, ni plus ni moins, qu’un art du mensonge documentaire.

Ce que souvent les gens ne comprennent pas, c’est qu’on ne fait pas un film sur soi.

Ce n’est pas parce qu’on utilise des éléments de sa propre biographie qu’on fait des films autobiographiques, qu’on fait des films pour se soulager d’un vécu douloureux ou simplement obsessionnel.

Filmer n’est en rien un acte cathartique.

On utilise des éléments de sa biographie comme on utiliserait les éléments de la biographie de quelqu’un d’autre. On utilise des moments de notre vie non par hygiène mentale, non parce qu’on n’a rien d’autre à raconter, mais parce qu’on les trouve révélateurs. Porteur de vérité, d’universalité. Parce que l’anecdote cesse d’être anecdotique à partir du moment où elle témoigne d’une réalité plus vaste que soi.

Je voulais faire un film essoufflé.

Imaginez cela. Quelqu’un qui, pendant toute la durée du film, parle en courant. Quelqu’un de poursuivi qui doit se dépêcher de dire ce qu’il a sur le cœur parce qu’il sait que, lorsqu’il va s’arrêter de courir, il va tomber, et sans doute, ne jamais plus se relever.

3 Même lorsque certains de tes films ne sont pas en première personne, ta présence à l’image et surtout ta propre voix en off font que tes films ont toujours une dimension personnelle très forte. Considères-tu que tu développes de film en film un projet d’autobiographie cinématographique ?

R. Je crois finalement que oui. Tous mes films sont une sorte de puzzle qui se révèle peu à peu.

Au fond je pense à un tableau de ce peintre que j’adore, James Ensor. Il s’agit d’un autoportrait fascinant qui s’appelle ENSOR AUX MASQUES. Je me suis toujours modestement identifié à lui. Chaque film est un masque, grimaçant, terrifiant, grotesque, ou tendre, et au bout du compte tous mes films, tous ces masques, me représenteront. Claudel disait en parlant des personnages de ses pièces qu’il réunissait son conseil d’administration. Les personnages de fiction, oui, sont des avatars, des identités possibles, non vécues, ou alors vécues dans un autre espace-temps, dans un univers parallèle. Tout être humain est fait de cela, c’est la somme de toutes ses identités, rêvées, fantasmées, cauchemardées ou réelles. Quand je lis, interprète le texte d’un film de fiction, je SUIS cette histoire, ce personnage, je me projette en lui, je lui donne chair, et il me nourrit, j’aime me consumer dans l’enfer et le paradis d’une psyché autre. Je n’aime pas les voyages. Les seuls voyages que j’aime ce sont ceux-là, celle d’une déperdition de soi, d’une progressive dépossession de soi-même, Sartre appelait ça (je crois que c’est dans son livre sur Jean Genet, JEAN GENET COMÉDIEN ET MARTYR, livre dont la lecture a changé ma vie quand je l’ai lu adolescent) la dépersonnalisation. Être soi m’a toujours ennuyé. Je préfère de loin essayer modestement d’être quelques autres. Et d’ailleurs ce n’est pas contradictoire. Être l’autre pour moi c’est cela être soi….

N COMME NOUS

Nous. Alice Diop, France, 2020, 114 minutes.

Ce Nous-là est aussi un je. Un film personnel donc, presque en première personne, où la cinéaste n’hésite pas à apparaître, où elle évoque sa famille (avec des images d’archives familiales), ses parents disparus, sa relation particulière avec son père, et sa sœur, dont elle suit l’activité professionnelle (elle est infirmière). Et sa banlieue, celle où elle a grandi, celle où elle a vécu, où elle vit encore.

Le Nous de la banlieue, des habitants de la banlieue. Une communauté virtuelle certes, mais qui se reconnaît ne serait-ce que par la fréquentation du RER. Un itinéraire en banlieue donc, du nord au sud ou du sud su nord, peu importe la direction des trains qui se croisent ou qui s’arrêtent en gare. Des trains qui doivent bien traverser Paris, mais la Capitale reste hors-champ, comme rayée de la carte. La banlieue est suffisamment variée, diversifiée, pour alimenter toute une vie pour ceux qui y vivent, qui y travaillent, qui n’en partent jamais, ou si peu, tout un imaginaire.

Le Nous d’un territoire, d’un itinéraire dans ce territoire. Des rencontres attendues ou surprenantes, forcément contrastées, l’immigré sans papier, ceux qui pleurent la mort de Louis XVI lors d’une cérémonie dans la basilique de Saint Denis ou ceux qui pratiquent la chasse à courre, L’évocation de la shoah, et les jeux tout simples des enfants dans la nature avec un simple carton servant de luge sur l’herbe. Les grands ensembles, on ne les voit que de loin. Alice Diop les avait déjà filmés en 2006, à Clichy (Clichy pour l’exemple).

Le Nous de la littérature, de François Maspero et Pierre Bergounioux. Maspero, c’est le point de départ du film, son origine. Le film aurait pu n’être qu’une adaptation de son livre. Mais ne serait-il pas alors devenu trop sociologique ? Quant à Bergounioux, qui lit des passages de son journal, il définit en quelques mots simples, le sens profond de son écriture, le sens de toute la littérature, faire exister ceux qui ne sont jamais présents dans les systèmes de représentation, comme les paysans de Corrèze. Ce en quoi Alice Diop reconnaît le sens de son cinéma.

Le Nous enfin du cinéma. Avec des références explicites ou implicites, mais inévitables. Renoir et La règle du jeu pour le regard narquois porté sur la chasse à courre ; Robert Kramer et son itinéraire américain le long de la route numéro 1 (Route one / USA), et Gianfranco Rosi, pour ses rencontres tout aussi banales ou surprenantes faites le long du périphérique romain (Sacro GRA). On pourrait aussi évoquer bien des films sur la banlieue, et bien sûr tous ceux d’Alice Diop elle-même ; elle qui n’a jamais filmé rien d’autre, de La Mort de Danton à Vers la tendresse, en passant par La Permanence.

Le Nous du film, c’est aussi le Nous des spectateurs du film. Quel que soit leur lieu de résidence. Devant l’écran, nous partageons le même imaginaire.

A lire D COMME DIOP ALICE (La mort de Danton ; Vers la tendresse)

P COMME PERMANENCE (La Permanence)

B COMME BANLIEUE – Clichy (Clichy pour l’exemple)

Et l’Abécédaire d’Alice Diop

A COMME ABECEDAIRE – Eric Pauwels.

Cinéaste belge, il peut être considéré comme un disciple de Jean Rouch dont il a suivi les cours et avec qui il a soutenu une thèse. Il lui a consacré un de ses films.

Son implication personnelle dans ses films est une marque de son cinéma.

Ils peuvent être considérés comme des essais sur fond de références multiples, artistiques, littéraires, historiques.

Afrique

Les Films rêvés

Art

Journal de septembre

Les Films rêvés

La Fragilité des apparences

Autobiographie

Journal de septembre

La Deuxième Nuit

Les Films rêvés

Bonheur

La Fragilité des apparences

Cabane

Les Films rêvés

Cinéma

La Deuxième Nuit

Les Films rêvés

Lettre d’un cinéaste à sa fille

La Fragilité des apparences

Lettre à Jean Rouch

Danse

Face à face

Violin Phase

Diary

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Enfant

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Affiche

Famille

Journal de septembre

Lettre d’un cinéaste à sa fille

Femme

Violin Phase

Hommage

Lettre à Jean Rouch

Image

Lettre d’un cinéaste à sa fille

Jeu

La Fragilité des apparences

Mère

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Mort

La Deuxième Nuit

Naissance

La Deuxième Nuit

Objets

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Performance

Face à face

Rouch Jean

Les Films rêvés

Lettre à Jean Rouch

Tour du monde

Les Films rêvés

Voyages

Les Films rêvés

A COMME ABECEDAIRE – Yves Jeuland.

Acteur

L’Extravagant Monsieur Piccoli

Un Français nommé Gabin

Allemagne

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Antisémitisme

Comme un juif en France – 1) De l’affaire Dreyfus à Vichy – 2) De la Libération à nos jours

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Aristocratie

Les Clefs du château – Dans le monde de l’aristocratie

Berry

Les Clefs du château – Dans le monde de l’aristocratie

Cabaret

Il est minuit, Paris s’éveille

Chansons

Il est minuit, Paris s’éveille

Charlot

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

Cinéma

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

L’Extravagant Monsieur Piccoli

Un Français nommé Gabin

Cinéma muet

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

Communisme

Camarades – Il était une fois les communistes français… 1944-2004

Concours

Rêves d’énarques

Déportation

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Elections

Le Président

Un village en campagne

Paris à tout prix – Dans les coulisses d’une élection

Engagement

Charlie Chaplin, le génie de la liberté

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

Enseignement

Rêves d’énarques

Famille

Les Clefs du château – Dans le monde de l’aristocratie

Ombres de cristal – Seit 60 Jahren Judenfrei

Femme

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

Gouvernement

Un temps de président

Histoire

Comme un juif en France – 1) De l’affaire Dreyfus à Vichy – 2) De la Libération à nos jours

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Camarades – Il était une fois les communistes français… 1944-2004

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Ivens Joris

La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens

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Comme un juif en France – 1) De l’affaire Dreyfus à Vichy – 2) De la Libération à nos jours

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Un village en campagne

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Bleu Blanc Rose

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B COMME BIO-FILMOGRAPHIE François Lévy-Kuentz

François Lévy-Kuentz, né en 1960 à Paris, est un auteur-réalisateur français.

Il étudie le cinéma à la Sorbonne Nouvelle puis débute comme assistant de réalisation sur des films documentaires et de fiction. Il signe son premier

Film sur l’art en 1989 avec « Man Ray, 2bis rue Férou » puis  travaille trois ans pour le magazine Ramdam, réalisant une cinquantaine de portraits de peintres, plasticiens ou écrivains.

Il collabore à divers émissions culturelles : Le Cercle de Minuit, L’atelier 256, Rapptout, Archimède. En 1994, il conçoit et réalise Aux Arts et cætera, émission hebdo consacrée aux arts plastiques diffusée sur Paris Première.

Il réalise pour Arte plusieurs portraits de cinéastes (Jean Painlevé, Rainer W. Fassbinder ou Luis Bunuel…)

Depuis plus de 20 ans, François Lévy-Kuentz consacre essentiellement son travail de documentariste au film sur l’art et réalise de grandes monographies sur des artistes tels que Pascin, Marc Chagall, Man Ray, Yves Klein, Salvador Dali, Piet Mondrian, Alexander Calder, ainsi que des films sur des mouvements picturaux. (Le Scandale Impressionniste, Quand l’art prend le pouvoir, La face cachée de l’art américain). Ces documentaires ont  été primées dans de nombreux festivals internationaux et ont été présentes dans les Cinémathèques de Bruxelles, Mexico, Sao Paulo et Jérusalem.  

Filmographie sélective :

Un été à la Garoupe

Mélisande/ France Télévisions

Festival de Pessac (2020-Compétition officielle)

FIPADOC 2020 (Panorama)

Cocteau/Al Brown, le poète et le boxeur (2018)

Films de l’instant/ France Télévisions

La face cachée de l’art américain (2017)

Cineteve / France 3

Etoile de la SCAM 2020

Sélectionné au 20e rendez-vous de l’Histoire de Blois (2017)

Sélectionné au festival international de Pessac (2017)

Sélectionné au History Film Festival (Croatie) 2108

Télémaque, l’affranchi (2017)

Festival MIFAC

CFRT/France Télévision

Editions Doriane Films

Les enfants de la nuit (2015)

The Factory / Arte

Sélectionné au FIPA 2015 (Compétition officielle)

Dans l’œil de Luis Bunuel (2013)

Kuiv / Arte

Sélectionné au FIFA 2014

Festival Arte 2013

Festival de Tallin 2015 

Salvador Dali, génie tragi-comique  (2012)

INA/ France 5

FILAF d’argent (Perpignan 2013)

Sélectionné au FIFA (Montréal 2013)

Sélectionné au FIPA (2013)

Sélectionné au Festival de Naples 2013

Présenté à la FIAC 2013

DVD / INA EDITIONS

Dans l’atelier de Mondrian (2011)

Cinétévé / Arte / France 5

Sélectionné au FIFA 2011

Sélectionné au Festival de Lisbonne 2011

Sélectionné à ARTECINEMA (Naples 2012)

Sélectionné à Art Doc Festival (Rome 2013)

DVD/ ARTE EDITIONS

Le Scandale Impressionniste (2010)

Arte/ Musée d’Orsay

Sélectionné au FIFA 2011. Nominé au Lauriers audiovisuel de Paris (2011)

DVD/ ARTE EDITIONS

Calder sculpteur de l’air (2009)

Zadig/ France 5

Grand Prix du Festival International de Murcie 2009

FIFA Montréal 2009

Prix du meilleur Portrait au Festival Int. du film d’art d’Assolo 2009

Mention spéciale au festival de Lisbonne 2009

Sélectionné au Festival de New-York, Naples, Reus, Toronto, FIPA

DVD/ FRANCE TELEVISION EDITIONS

Quand l’art prend le pouvoir (2008)

Les Poissons Volants/ Arte 

Etoile de la SCAM 2009

FIPA 2009 (Situation de la création française)

Artecinema (Naples)

DVD/ RMN EDITIONS

Yves Klein, la révolution bleue (2006)

MK2/ France 5

Prix du meilleur portrait au XXVe FIFA Montréal (2006)

Grand Prix du Festival de Milan 2007

Etoile de la SCAM 2008

FIPA 2007 (Situation de la création Française)

ARTECINEMA (Naples 2007)

DVD/ RMN EDITIONS

Jean Painlevé, fantaisie pour biologie marine

ARTE / France 5  (2005)

Crescendo/ Les Documents Cinématographiques

Ouverture du Festival Paris/ Science 2006

Chagall, à la Russie aux ânes et aux autres (2003)

INA /France 3/ France 5

Award du film d’archives FIAT/GLS 2004,

XXIIe FIFA (Montréal)

Grand Prix au Festival International d’Art de l’Unesco 2004.

FIPA 2004 (Situation de la création française)

DVD/ FRANCE TELEVISIONS EDITIONS

Artecinéma Naples  (2015)

Pascin l’impudique (2000)

Lapsus /L’envol

XIXe FIFA (Montréal)

FIPA 2001 (Situation de la création française)

DVD/ RMN EDITIONS

Man Ray, 2bis rue Férou (1989)

ARTE/F.L.K

Editions Dilecta (2010)

Artecinema  Naples 2015

N COMME NICOLAS RAY

Nick’s movie. Wim Wenders. 1980, 75 minutes.

Nick’s movie est un des films qui rend la frontière entre fiction et documentaire la plus poreuse. On pourrait même sans doute dire qu’il abolit purement et simplement cette frontière. Film réalisé par deux réalisateurs dont l’un a fait appel à l’autre pour l’aider dans la réalisation de ce qu’il sait être son dernier projet de film ; mais aussi film sur les derniers jour de vie d’un homme ; film sur la mort d’un ami ; film testament d’un cinéaste. Nick’s movie est tout ceci à la fois. Du documentaire et de la fiction étroitement mêlés en un film inclassable qui parle avant tout de cinéma.

Un homme descend d’un taxi dans une rue de New York. Cet homme, nous l’identifions assez rapidement comme étant Wim Wenders, le réalisateur du film. Il nous informe par une voie intérieure qu’il rend visite à un de ses amis, Nicolas Ray, lui aussi cinéaste dont il est cité les films les plus célèbres, La Fureur de vivre et Johnny guitar. Ray a joué comme acteur dans un des films de Wenders et ce fut le début de leur amitié. Maintenant, Nick est malade. Atteint d’un cancer, il est très affaibli. Il sait que l’issue fatale est proche. Voilà pour les données factuelles, présentées au début du film. Des données bien réelles, qui inscrivent le film du côté du récit autobiographique. L’histoire d’une amitié mise à l’épreuve de la mort annoncée.

Affiche

Dans la vie de ces deux hommes, le point commun est le cinéma. L’histoire de leur amitié, dans Nick’s movie met donc en scène le cinéma, leur désir commun de films. Wenders vient à New York avec le vague projet, sans idée bien définie, de filmer les derniers jours de son ami. De son côté, Ray a demandé de venir l’aider à réaliser un projet de film, dont il a écrit un début de scénario, mettant en scène un peintre proche de la mort. Un dernier film, un film testament, un film autobiographique puisqu’il est évident, et Wim le fait immédiatement remarquer à Nick, que le personnage du peintre n’est qu’un double transparent du cinéaste. Dans ce tourbillon filmique, qui réalise quoi ? De combien de films est-il question ? Certaines séquences montrent une équipe de cinéma au travail. Mais que réalise-t-elle ? Le film de Wim sur les derniers jours de Nick ? Le film de Nick sur les derniers jours du peintre-cinéaste ? Ces deux films fictifs ne verront jamais le jour. A moins que Nick’s movie soit simplement leur somme et qu’ils deviennent par cela bien réel. Mais du coup, ce dernier doit être compris comme étant réalisé conjointement par Wim Wenders et Nicolas Ray.

Et comme si tout cela n’était pas assez compliqué, un personnage du film apparaît souvent à l’image utilisant une caméra vidéo dont les images viennent interférer avec les autres images. Des images vidéo immédiatement identifiables par leur grain, leur moindre définition, ce qui implique des couleurs particulièrement ternes. Elles sont en outre filmées dans un style résolument « amateur », avec des décadrages et des bouger involontaires. Que viennent-elles faire dans le film ? Servent-elles à rendre compte du film en train de se faire ? Indiquent-elles que pour les deux cinéastes, le monde n’est que cinéma ? En tout cas elles servent de contre-point aux images professionnelles, en 35 mm, souvent d’une grande beauté comme cette image récurrente d’une jonque chinoise navigant sur la mer, sorte de vaisseau fantôme qui semble pilotée par une caméra installée à son bord. Il n’y a pas d’opérateur à ses côté, mais elle est pourvue d’un magasin dont s’échappe, dans la dernière apparition de la jonque dans le film, un flot de pellicule.

Dans l’épilogue, l’équipe du film porte des toasts à Nicholas Ray qui est décédé quelques temps auparavant. Le dernier plan où Nick était vivant était un long monologue où il apparaissait seul à l’écran. Son dernier mot, à la demande d’une voie hors champ qui lui demande de le répéter deux fois était « coupez ». Pourtant le cinéma continue. Et ses films lui survivent. Nick’s movie contient d’ailleurs deux séquences dont ce retour de Robert Mitchum à sa vieille maison abandonnée dans Les Indomptables.

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