Coexistence, mon cul. Amber Fares, États Unis – France, 2025, 94 minutes.
Israéliens et palestiniens peuvent-ils vivre ensemble ? Sur le même territoire, en bonne entente, oui, car il y a un en exemple, un petit village inconnu par ailleurs, un cas unique, isolé. Mais, une hirondelle ne fait pas le printemps, c’est le cas de le dire.
Noam Shuster-Eliassi a grandi dans ce village. Elle parle aussi bien arabe qu’hébreu. Elle consacre sa vie à créer la possibilité de la coexistence. Pour cela elle a travaillé pour l’ONU ? Mais, elle aussi, comme bien d’autres sans doute, est déçue du peu de résultats concrets de ses actions. Alors elle décide de changer de méthode.
Sans abandonner ses Idée, bien au contraire, elle se lance dans le monde du spectacle en montant un stand-up intitulé avec une ironie désopilante Coexistence, mon cul. Un spectacle où son arme est l’humour, la satire politique. Un humour grinçant qui n’épargne personne. Elle fait rire, mais le rire doit faire réfléchir. Elle bouscule les certitudes, les idées reçues et les préjugés. Et elle a du succès, beaucoup du succès. Du moins jusqu’au 7 octobre et à la guerre qui suivit.
Le film de Amber Fares suit Noam dans ses tournées. Sur scène, seule tout près du public, sans décor, elle déborde d’énergie, de force de conviction. Inlassablement, elle répète les mêmes blagues, les mêmes jeux de mots, les mêmes histoires absurdes ou scandaleuses, provocantes, mais criantes de vérité. Et puis Noam, comme d’autres pacifistes est rattrapée par les événements. Le 7 octobre, la guerre à Gaza, ne la laissent pas indifférente. Pas mal désemparée, au fond. La fin du film change de ton. Fini l’humour ? On sent la tristesse poindre. Ou la colère rentrée ? Peut-on rire de tout devant la mort des enfants ?
Fipadoc, Biarritz 2026.
