Kurde d’Irak.

Le goût du sucre. Charlie DUPLAN, Thomas LOUBIÈRE, France, 2025, 92 minutes.

Khassro est un Kurde d’Irak. Le portrait que dessinent de lui Charlie Duplan et Thomas Loubert nous fait appréhender la réalité vécue de ce peuple qui a combattu et a vaincu Daesh. Mais dont l’avenir reste particulièrement incertain. Un portrait à forte valeur historique et politique.

Que savons-nous de Khassro ?

D’abord qu’il a été un Peshmerga. C’est à dire un de ces combattants kurdes engagé dans la guerre contre Daesh.

En second lieu, il nous révèle très vite dans le film que son frère est mort dans cette guerre. Un fait qui est pour lui un drame insupportable.

Ensuite, nous le suivons dans son travail. Dans une décharge. Parmi les montagnes de déchets, il essaie de récupérer ce qui peut être réutilisable, donc monnayable. Le plastique par exemple, ou des canettes. Un travail où il est accompagné par son fils. Et qui lui permet de gagner de quoi vivre et de nourrir sa famille, mais sans illusion. Il perçoit son avenir comme bouché. Il n’attend plus rien des autorités, il n’attend plus rien de la vie. Il ne cherche même pas changer de travail. Saad, le frère mort dans cette guerre contre Daesh est-il mort pour rien ? Khassro finit par le croire. Contre l’avis de son père qui fait de son fils cadet un martyr. Une opposition insoluble ?

Le grand mérite du film est de nous donner une vision précise de la vie dans ce Kurdistan, pays sans terre qui s’étale sur trois pays, l’Irak, la Syrie et la Turquie. Khassro, son personnage central est-il représentatif de l’ensemble de la population kurde ? Le film ne le proclame pas ouvertement, mais on a bien des raisons de le croire tant le portrait qui nous est proposé et concret et précis. Un portrait qui a nécessairement un sens politique.

Le titre, le Goût du sucre est quelques plus énigmatique. Renvoie-t- il à la douceur de la vie en contraste frappant avec une réalité de la région longtemps dominer par la violence et cette forme de désespoir, ou du moins d’absence de de perspective réelle, en dehors de l’émigration qui tente tant les plus jeunes. Ce semble être partagé par tous. Le film ne finit pas alors par nous dire que pour le peuple kurde, la vie au fond n’a plus de goût.

Fipadoc, Biarritz 2026

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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