Lucky Love

Devenir Lucky Love, Loren Denis, Anthony Vibert, 2025, 68 minutes.

Vous connaissez les qui l’ont ? Certainement si vous ne venez pas de passer des vacances sur Mars. Tout le monde le connaît, c’est une star, surtout depuis sa performance. Lors de la céder cérémonie d’ouverture des Jeux, paroles Olympiques de Paris 10091242024. La consécration ? Il a débuté sa carrière dans le cabaret de Madame Arthur. Dans le personnage de la Vénus des 1000 hommes, un chaud fait de danse et de chansons où il est exhibe en tenue sexy et provocante. Sa carrière est lancée. Il abandonne pourtant à sa visite le personnage de la Vénus. Et quitte Madame Arthur pour se lancer à la conquête de la planète. Un premier tube, Masculinity, le portera au sommet. La chanson deviendra une sorte d’hymne LGBT+. Son spectacle enflamme les foules, surtout jeunes, et pas seulement dans la sphère du handicap.

Car Lucky a une différence manifeste, il n’a qu’un bras. Et cela de naissance. Mais pour lui, ce n’est pas un handicap. Non seulement il l’accepte, mais il joue avec lui. Il en fait un atout, une marque personnelle qu’il met en avant. C’est le récit de cette démarche, de cette conquête qui fait tout l’intérêt du film.

Ce film n’est pas seulement un portrait, c’est bien plutôt un autoportrait. Lucky est de tous les plans. Présent sous toutes les coutures, il parle à la caméra comme s’il parlait à lui-même. Il se raconte le plus souvent en gros plan, les cadrages serrés dominent. Il se présente tel qu’il se vit. Avec le souci de ne rien laisser dans l’ombre. Il parle de sa différence bien sûr, comment il a pu se construire. Malgré l’exclusion et la discrimination. Dès l’école et la cour de récréation qui le met sur la touche. Il parle de ses parents, de sa mère surtout. Il évoque la façon dont elle a vécu sa naissance et la découverte de la différence. Il parle de son homosexuel et de sa séropositivité, jamais sur le ton de la plainte. Il se présente au spectateur pour qu’on l’accepte tel qu’il est. Une grande leçon de tolérance.

 Mais aussi une grande réussite artistique dans le domaine de la musique électro qu’on qualifie souvent dans son cas de POP alternatif. C’est surtout sur scène qu’il exprime toute sa force, sa sensibilité, son engagement. C’est peu dire qu’il suscite l’émotion. Les spectateurs participent effectivement, chantant avec lui. Le personnage qu’il a su construire devient, au-delà du monde queer, véritablement universel.

Parmi les films traitant des problèmes du handicap, ce parcours de réussite, non seulement au niveau musical, mais surtout au niveau personnel, restera comme un exemple de résilience. L’engagement esthétique et social est présenté comme le moyen de triompher de toutes les différences physiques et psychologiques. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas la musique électro, on ne peut rester insensible au sens de ses chansons, et de leur portée.

Fipadoc, Biarritz 2026

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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