Bruxelles-Paris en vélo

L’extraordinaire voyage de Mister Jack. Sarah Moon Howe, Belgique, France, 2025, 58 minutes.

Un périple hors du commun d’une mère avec son fils, Jack. D’autant plus que le fils est porteur d’un handicap et souffre de crises d’épilepsie. Ce n’est pourtant pas un exploit sportif. Ni une excursion touristique. Simplement la réalisation d’un désir.

Un désir fou, certes. Aller à Paris, en soi ce n’a rien d’extraordinaire. Sauf qu’avec Jack, rien n’est commun. S’il veut aller à Paris, c’est pour passer une nuit à l’hôtel Georges V. Une folie des grandeurs, vu le prix. Mais après tout, pourquoi pas.

La mère de Jack s’occupe de lui jour et nuit, pourrait-on dire. Son père est absent du film, sans explication. A leur côté, il n’y a qu’un seul autre personnage, la grand-mère, qui assure l’assistance technique. Si Jack est montré comme le personnage principal, c’est bien plutôt la mère qui a une dimension héroïque. Sans elle, pas de voyage, pas de film. Sa relation à Jack est toute sa vie. Et si elle accepte de satisfaire le désir de son fils – après réflexion quand même – c’est parce elle anticipe tout le bénéfice qu’il peut en tirer.

Le voyage sera long, 21 jours. Semé d’embûches et de rebondissements. Lorsque la mère apprend qu’il y a des manifestations et des bagarres à Nanterre et jusque dans les rues de Paris, elle est à deux doigts de faire demi-tour. Mais. Elle ne peut pas renoncer, ce serait se trahir soi-même. De quoi augmenter la portée dramatique du récit.

Les étapes sont l’occasion de belles rencontres, sur une péniche, dans une abbaye. Partout les voyageurs sont reçus avec admiration. Les encouragements sont les bienvenus.

Le film propose deux portraits croisés. La mère dont le dévouement et le courage sont admirables ; Jack est bien sûr complètement dépendant d’elle, mais elle lui laisse suffisamment de liberté, qu’il saisit pour construire son autonomie.

À l’arrivée, le couple est fêté comme il se doit par tout le personnel de l’hôtel George V. Et l’émerveillement de Jack devant le luxe de la chambre est une belle récompense.

Une victoire sur le handicap.

Fipadoc, Biarritz 2026, prix du public.

Avatar de jean pierre Carrier

Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

Laisser un commentaire