J’ai pas les codes. Pedro Brito de Franseca, France, 2025, 57 minutes.
Un boulanger à l’Assemblée nationale. Ce serait bien, mais ce n’est pas pour tout de suite.
Stéphane passe beaucoup de temps dans son fournil, plus de douze heures par jour, à pétrir la pâte, à façonner les baguettes, à rouler les croissants. Un travail qu’il accomplit avec amour. Et puis un jour, sans qu’il s’y attende, c’est la catastrophe. Son apprenti, Laye, d’origine guinéenne, reçoit une OQTF, Obligation de quitter le territoire français. Il vient d’avoir des 8 ans. Il n’est plus mineur isolé, il n’est plus pris en charge par l’assistance à l’enfance. Il devient du jour au lendemain, un immigré sans papier. Indésirable, malgré le fait qu’il ait un travail et qu’il effectue consciencieusement. Et il est apprécié par son patron. Sans compter que celui-ci a besoin de lui, qu’il ne pourra pas le remplacer rapidement. Alors il n’hésite pas. Il se lance dans une grève de la faim qui durera 11 jours, que le film ne nous montre pas, et qui sera victorieuse. Laye aura une carte de séjour, ce qui lui permettra de travailler.
Stéphane ne va pas en rester là, le succès lui montre que l’action est payante. Qu’il est possible de faire bouger les choses. La Russie vient d’envahir l’Ukraine. Les Ukrainiens ont besoin d’aide. Stéphane lance une collecte, de médicaments et de vivre de première nécessité. Il prévoit de partir avec un fourgon rempli. C’est en fait un convoi d’une douzaine de fourgons qui fera le voyage. Stéphane est aux anges.
Lui qui n’a jamais fait de politique, lui qui ne s’était jamais intéressé à la vie politique. Lui qui n’est jamais sorti de son fournil se met à rêver. Les élections législatives approchent. Et s’il était candidat ?
Dès lors, le film va prendre une autre tournure et devient un film d’élection, il nous plonge dans la campagne électorale, suivant partout Stéphane et ses deux conseillers, sur les marchés pour distribuer des tracts et essayer de dialoguer avec les électeurs. Et sur les plateaux de radio local pour débattre avec le député sortant qui se représente.
Les résultats du premier tour dépassent toutes les prévisions les plus optimistes. Stéphane se met à croire à la victoire. Pourtant, la réalité ne laisse pas la place au compte de fée.
Il y a une morale de l’histoire, que le film ne formule pas explicitement. La politique reste la chose gardée des politiciens.
Fipadoc, Biarritz 2026
