Itinéraire de Au Clémenceau de Xavier Gayan

Origine du film :

C’est Georges, le patron qui m’a proposé de faire un film sur son bar. C’était en 2018. Nous nous étions rencontrés, 7 ans auparavant, alors que nous faisions tous les 2 le chemin de Compostelle. Une amitié est née et tous les ans je venais lui rendre visite à Saint-Raphaël. Ce bar, il l’avait acheté pour sa fille Neige lorsqu’elle avait 21 ans. Alors quand je venais à Saint-Raphaël, nous rendions parfois visite à Neige au Clémenceau mais nous ne nous attardions pas.

Fatiguée par 13 années de bar, Neige a décidé d’arrêter et Georges s’est retrouvé contraint de reprendre le bar. C’est à ce moment là qu’il m’a fait sa proposition. J’y ai réfléchi, le sujet était délicat. Mais je me suis dit qu’on n’était pas invité à filmer dans un tel lieu tous les jours. Et le sujet m’intéressait vraiment.

Production

J’ai parlé du projet à une productrice dont j’étais proche, Laurène Belrose de Bear Team Production. Elle a décidé de m’accompagner sur ce film.  Nous devions filmer rapidement car le bar devait fermer quelques mois plus tard et nous n’avions pas le temps de chercher des financements. Alors avec mon association Iracoubo Films, j’ai avancé les salaires des techniciens, Georges nous a logé et a pris en charge les repas puis Laurène a financé le salaire de la monteuse.

Réalisation

Une chose essentielle pour ce film était de trouver un chef opérateur image capable de tenir la caméra toute la journée à l’épaule, très réactif et j’ai eu la chance qu’Aurélien Py, que je connaissais bien accepte de faire le film. Le tournage a duré moins d’une semaine, du lundi après-midi au samedi 13 h au mois de janvier 2019. Nous ne pouvions pas rémunérer plus longtemps une équipe constituée d’une personne pour l’image, une pour le son et une personne chargée de faire signer les droits à l’image. Je n’ai fait aucun repérage, je connaissais le bar et je désirais comme j’aime habituellement le faire conserver une certaine fraîcheur de la découverte des protagonistes. Georges avait toutefois préparé les clients à notre venue, en insistant sur le fait qu’ils pouvaient avoir confiance.

Après le tournage, face à l’enthousiasme de l’équipe. La productrice a engagé une monteuse et nous nous sommes mis au travail très rapidement. Nous avions comme objectif de monter quatre semaines, le budget ne permettait pas plus, en vue de proposer le film à un festival qui n’a finalement pas sélectionné le film. Nous avions travaillé dans un tunnel et je n’étais pas satisfait du résultat du film. J’ai demandé conseil à une grande monteuse du cinéma documentaire qui m’avait déjà donné de super conseil sur un autre de mes films. Nous avons passé 3 heures ensemble, et elle m’a encouragé à continuer, estimant que les séquences étaient super mais pas dans le bon sens. Malheureusement, il n’y avait plus d’argent et je pense qu’il fallait trouver un monteur avec un regard neuf pour terminer le film. J’ai mis un an à trouver un peu de financement et un monteur en qui j’avais confiance. Et nous sommes parvenu à la version finale en une semaine.

Distribution et parcours en festival

En octobre 2020 j’ai eu la réponse enthousiaste d’un distributeur, Philippe Elusse de DHR. Mais les cinémas ont fermé à nouveau suite au couvre-feu. J’ai envoyé le film dans de nombreux festivals et je n’avais que des réponses négatives jusqu’au jour en 2022 où j’ai enfin été sélectionné au festival des à côté où le film a reçu le prix du meilleur long métrage, puis au festival psy de Lorquin 2023 (festival des films traitant de la santé mentale) où le film a reçu la Clé d’or. En 2024 il a été sélectionné dans un autre festival sur les films traitant de la santé mentale, Images mentales à Bruxelles.

Le film est enfin sorti au cinéma en septembre 2023 et a été diffusé dans une soixantaine de salles, la plupart du temps je l’ai accompagné, soutenu par des gens du monde de la santé mentale et les rencontres ont entrainés de très beaux échanges.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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