E COMME ELECTION – filmographie

1974. Une partie de campagne. Raymond Depardon. Election présidentielle de 1974.

Les Ames dormantes. Alexander Abuturov. Election présidentielle russe à Atchinsk en Sibérie

Atalaku. Dieudo Hamadi. Election présidentielle et élections législatives de 2011 en république Démocratique du Congo.

Au nom du Duce. Amos Gitaï. Election municipale de 1993 à Rome et naples.

La Bataille du Chili. Patricio Guzman Elections législative de mars 73 gagnées par l’Unité populaire.

Un berger et deux perchés à l’Élysée ? Pierre Carles et Philippe Espinasse. Election présidentielle 2017.

La Cause et l’usage. Dorine Brun et Julien Meunier. Election municipale à Corbeil-Essonnes de 2009.

Le Choix de Donzi.  Bénédicte Loubère et Pierre Chassagnieux. Election présidentielle de 2017.

Les Clés de Marseille. Jean-Louis Comolli, Michel Samson. Elections municipales. 2008

Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon. Avi Mograbi. Elections générales 1996. Israël.

Contre pouvoirs. Malek Bensmaïl. Election présidentielle algérienne de 2014

Depuis Médiapart. Naruna Kaplan de Macedo. Election présidentielle de 2017.

Les deux Marseillaises. André S. Labarthe et Jean-Louis Comolli. Elections législatives de juin 1968 à Asnières.

L’Expérience Blocher. JeanStéphane Bron. Elections fédérales 2011. Suisse

De grands événements et des gens ordinaires. Raoul Ruiz, Elections législatives de 1978 dans le 11° arrondissement de Paris

Grano amaro. Cyril Berard et Samuel Picas. Election municipale de Predappio (Italie) en 2019.

Hollande, DSK, etc. Pierre Carles, Nina Faure, Aurore Van Opstal. Election présidentielle 2012

L’Irrésistible Ascension de Moise Katumbi. Thierry Michel.Elections provinciales, République Démocratique du Congo. 2006

Kinshasa Makambo. Dieudo Hamadi. Election présidentielle, République Démocratique du Congo, 2017.

Mare Madnum. Ester Sparatore et Letizia Gullo. Election municipale sur l’ïle de Lampedusa en 2012

Marseille contre Marseille. Jean Louis Comolli et Michel Samson

  • Marseille de père en fils. Elections municipales, 1989.
  • La campagne de Provence. Elections régionales, 1992.
  • Marseille en mars. Elections législatives, 1993.
  • Marseille contre Marseille. Elections municipales, 1995
  • La question des alliances. Elections législatives, 1997.
  • Nos deux marseillaises. Elections municipales et cantonales, 2001.
  • Rêves de France à Marseille. Elections municipales, 2001.

Marseille entre deux tours. Jean-Louis Comolli, Jean-Louis Porte, Michel Samson. Elections municipales, 2014.

Paris à tout prix. Yves Jeuland. Election municipale, Paris. 2001.

Poutine pour toujours. Jean-Michel Carré. Election présidentielle, Russie. 2012

Le Président. Yves Jeuland. Elections régionales 2010

Primary. Robert Drew. Elections primaires, Etat-Unis. 1960.

Seekers. Aurore Vullierme. Elections tribales dans la réserve des Apaches Jicarillas, Dulce, Nouveau-Mexique, Etats-Unis.

Sucre amer. Yann le Masson. Elections législatives, La Réunion, 1963

Vote off. Fayçal Hammoum. Election présidentielle algérienne de 2014.

B COMME BERGER.

Un berger (et deux perchés) à l’Élysée ? Pierre Carles et Philippe Lespinasse, 2018, 101 minutes.

Une campagne électorale présidentielle sans intervention du cinéaste-trublion Pierre Carles, impensable ! En 2017, c’est le candidat berger béarnais Jean Lassalle qui va mobiliser son énergie et devenir le sujet de son film, co-réalisé avec Philippe Lespinasse, journaliste.

berger à l'Elysée 3

Les deux compères vont-ils réaliser une enquête sur le candidat (sa vie, sa carrière politique, son programme) ; suivre sa campagne pas à pas (sans oublier les faux-pas) façon reportage télé ; et en prenant de la hauteur de vue, faire un grand film politique sur les élections et le nombre grandissant d’abstentionnistes ? Rien de tout ça, quoi qu’on puisse retrouver par moment dans le film quelques-unes de ces modalités somme toute bien classiques. Mais justement Carles ne veut pas faire un film classique. Donc pas de portrait (il montrera quand même la personnalité de Lassalle et ira jusqu’à rencontrer sa mère). Pas de reportage de campagne (il suivra quand même les difficultés rencontrées par l’équipe de Lassalle pour réunir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature). Pas d’analyse style sciences po (de toute façon son candidat n’a pas vraiment de programme et il se réclame plutôt du bon sens que d’une pensée politique originale). Non, rien de tout ça. Carles prétend être actif et s’auto-proclame « directeur de campagne », en même temps que conseiller à la communication de Lassalle. Après tout, il est un homme de médias et le film qu’il s’engage à faire pour le premier tour de l’élection sera une pièce maîtresse déterminante dans le succès du candidat. Mais de film il n’y en aura point avant l’élection et le candidat béarnais retournera dans sa montagne avec 1,20% des voix au premier tour de l’élection.

berger à l'Elysée 5

Le film prend par moment l’aspect d’une fable, ce que d’ailleurs le titre tend à suggérer. Le bon sens terrien, ancré dans son terroir régional, à la conquête du pouvoir, voilà qui sent bon la France profonde et peut facilement déboucher sur une critique de la politique politicienne parisienne et de ses représentants dont les « affaires » de la pré-campagne montreraient la corruption. Mais Lassalle ne va pas dans ce sens. Après tout il est député centriste (inscrit au Modem de son « ami » Bayrou – quoique ce dernier soit totalement ignoré dans le film) et cela depuis deux législatures et il sera à nouveau élu aux élections législatives qui suivront la présidentielle. Quant à Carles il se prend réellement au jeu et donne l’impression de croire sincèrement (du moins pendant une bonne moitié du film) aux chances de son candidat de passer le premier tour de l’élection et même d’être le gagnant du second. Sincèrement ? Ou bien n’est-ce qu’un effet de style, une posture cinématographique de façade. En tout cas il ne se départ pas de son sérieux de départ (qui va jusqu’à faire de Lassalle l’équivalent du président révolutionnaire de l’Équateur Rafael Correa) et semble réellement affecté des faux-pas de son candidat (son voyage en Syrie et sa rencontre avec Bachar el-Assad) et de son mauvais score final. On aurait pu attendre plus d’humour de sa part. Ou alors il joue le deuxième ou troisième degré…

berger à l'Elysée 6

Reste que le film fait de Lassalle un personnage plutôt sympathique (du moins avant l’épisode de la Syrie). N’a-t-il pas fait une grève de la faim pour défendre une usine dans sa circonscription et ne s’est-il pas permis d’entonner un chant béarnais à l’assemblée nationale pour interrompre un discours de Sarkozy. Mais en dehors de ces hauts faits du passé, le film n’a quand même pas grand-chose à mettre à son actif. Et ce ne sont pas Carles et Lespinasse qui vont en faire comme par enchantement une « pointure » politique internationale – ni même nationale. Au fond, ne peut-on pas tirer comme leçon de l’aventure – et du film – que l’élection présidentielle reste en France une chose trop importante – et sérieuse – pour que tout un chacun puisse un jour se déclarer candidat. A moins qu’il s’agisse là d’une remise en cause de l’institution. Mais Lassalle ne va guère dans ce sens. Et Carles non plus.

berger à l'Elysée 7