V COMME VIE DOC #5.

Vie doc, une fois par semaine, l’actu du doc, les festivals, les événements, les sorties, les surprises…

14 AVRIL 2019

Festival

Palmarès Vision du réel 2019

Sesterce d’or la Mobilière
Meilleur long métrage de la Compétition Internationale
Heimat Is a Space in Time, Thomas Heise

Prix du Jury Région de Nyon
Long métrage le plus innovant de la Compétition Internationale
That Which Does Not Kill , Alexe Poukine

Mention spéciale :When the Persimmons Grew, Hilal Baydarov

Sesterce d’or Canton de Vaud
Meilleur film de la Compétition Internationale Burning Lights
The House, Mali Arun

Prix du Jury Société des Hôteliers de La Côte
Film le plus innovant de la Compétition Internationale Burning Lights

Seven Years in May
Affonso Uchôa

Sesterce d’or SRG SSR
Meilleur film suisse
Looking for the Man With the Camera, Boutheyna Bouslama

Prix du Jury SSA/SUISSIMAGE
Long métrage suisse le plus innovant
Taste of Hope
Laura Coppens

Mention spéciale : Lucky Hours, Martine Deyres

Sesterce d’argent George Reinhart
Meilleur moyen métrage, Jury CIMC
Compañía,  Miguel Hilari

Prix du Jury des Jeunes George Reinhart
Moyen métrage le plus innovant, Jury des Jeunes
God, Christopher Murray, Israel Pimentel et Josefina Buschmann

Mention spéciale Jury CIMC : Camp on the Wind’s Road , Natasha Kharlamova

Sesterce d’argent Fondation Goblet
Meilleur court métrage, Jury CIMC
Akaboum , Manon Vila

Prix du Jury des Jeunes Mémoire Vive
Court métrage le plus innovant, Jury des Jeunes
Akaboum, Manon Vila

Mention spéciale, Jury CIMC, The Outer Space Forest, Victor Missud

Sesterce d’argent Prix du Public Ville de Nyon
Meilleur film de la section Grand Angle
Midnight Traveler , Hassan Fazili, Emelie Mahdavian

Prix IDFA Talent
Invitation à la prochaine édition d’IDFA pour participer à un programme sur mesure au sein de IDFA Industry et à participer à des activités de formation (frais de voyage & de logement couverts)

Mars, Oman Vanessa Del Campo Gatell

Prix Tënk
Achat des droits de diffusion pour un film & résidence de montage

Dead Sea Dying, Katharina Rabl et Rebecca Zehr

Prix Interreligieux
Long métrage de la Compétition Internationale qui met en lumière des questions de sens et d’orientation de la vie
When the Persimmons Grew, Hilal Baydarov

Mention spéciale, Norie, Yuki Kawamura

Prix ZONTA
Une réalisatrice dont l’œuvre révèle une maîtrise et un talent qui appellent un soutien à des créations futures Taste of Hope, Laura Coppens.

vision du réel 2

Sesterce d’or Prix Raiffeisen Maître du Réel
Prix à la carrière décerné à

WERNER HERZOG 

Filmographie

  • Meeting Gorbachev (co-réalisé avec André Singer), 2018
    •Into the Inferno, 2017
    • Salt and Fire, 2016
    • Lo and Behold, 2016
    • Queen of the Desert, 2014
    • From One Second to the Next, 2013 On Death Row I + II, 2012/13
    • Into the Abyss – A Tale of Death, a Tale of Life, 2011
    • Die Höhle der vergessenen Träume (La Grotte des rêves perdus), 2010
    • Ode auf den Morgen der Menschheit (Ode to the Dawn of Man), 2010
    • My Son My Son What Have Ye Done (Dans l’œil d’un tueur), 2009
    • La Bohème, 2009
    • Bad Lieutenant – Port Of Call: New Orleans (Bad Lieutenant – Escale à la Nouvelle-Orléans), 2008
    • Encounters at the End of the World, 2007
    • Rescue Dawn, 2006
    • The Wild Blue Yonder, 2005
    • Grizzly Man, 2005
    • The White Diamond, 2004
    • Rad der Zeit (Wheel of Time), 2003
    • Christ and Demons in New Spain, 2002
    • Ten Thousand Years Older, 2001
    • Pilgrimage, 2001
    • Invincible, 2000
    • Gott und die Beladenen (The Lord and the Laden), 1999
    • My Best Fiend, 1999
    • Wings of Hope, 1999
    • Little Dieter Needs to Fly, 1997
    • Tod für fünf Stimmen (Death for Five Voices), 1995
    • Die Verwandlung der Welt in Musik (The Transformation of the World into Music), 1994
    • Glocken aus der Tiefe (Les Cloches des profondeurs), 1993
    Lessons of Darkness, 1992
    • Film Lektionen (Film Lesson), 1991
    • Schrei aus Stein (Scream of Stone), 1991
    • Jag Mandir: Das exzentrische Privattheater des Maharadscha von Udaipur (Jag Mandir), 1991
    • Echos aus einem düsteren Reich (Echos d’un sombre empire), 1990
    • Wodaabe – Die Hirten der Sonne (Wodaabe, les bergers du soleil), 1989
    • Les Gauloises, 1988
    • Cobra Verde, 1987
    • Wo die grünen Ameisen träumen (Le Pays où rêvent les fourmis vertes), 1984
     Gasherbrum – The Dark Glow of the Mountains, 1984
    • Die Ballade vom kleinen Soldaten (La Ballade du petit soldat), 1984
    • Fitzcarraldo, 1982
    • Glaube und Währung – Dr. Gene Scott, Fernsehprediger (God’s Angry Man), 1980
    • Huie’s Sermon, 1980
    • Woyzeck, 1979
    • Nosferatu: Phantom der Nacht (Nosferatu, fantôme de la nuit), 1978
    • La Soufrière, 1977
    • Herz aus Glas (Cœur de verre), 1976
    • Stroszek (La Ballade de Bruno), 1976
    • How Much Wood Would a Woodchuck Chuck, 1976
    • Mit mir will niemand spielen (Personne ne veut jouer avec moi), 1976
    • Jeder für sich und Gott gegen alle (L’Énigme de Kaspar Hauser), 1974
    • The Great Ecstasy of Woodcarver Steiner, 1973
    • Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre, la colère de Dieu), 1972
    • Behinderte Zukunft (Handicapped Future), 1971
    • Land des Schweigens und der Dunkelheit (Pays du silence et de l’obscurité), 1971
    • Auch Zwerge haben klein angefangen (Les Nains aussi ont commencé petit), 1970
    • Fata Morgana, 1970
    • Die fliegenden Ärzte von Ostafrika (The Flying Doctors of East Africa), 1969
    • Maßnahmen gegen Fanatiker (Precautions Against Fanatics), 1969
    • Lebenszeichen (Signes de vie), 1968
    • Letzte Worte (Last Words), 1967
    • Die beispiellose Verteidigung der Festung Deutschkreutz (The Unprecedented Defence of the Fortress Deutschkreutz), 1966
    • Spiel im Sand (Game in the Sand), 1964
    • Herakles, 1962

 

Sorties

Le Grain et l’ivraie , Fernando E. Solanas

Pour Ernestine, Rodolphe Viémont

Godard / Sollers : L’entretien, Jean-Paul Fargier

Love, Cecil (Beaton), Lisa Immordino Vreeland

Upon The Shadow, Nada Mezni Hafaiedh

 

Evenement :

19 Avril

Les Rencontres d’Images documentaires : Andrei Ujica

Organisé par la revue Images documentaires

Centre Pompidou Paris.

Projection
• « L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu », réalisation Andrei Ujica, 2010, 180 min

« Trois heures de cinéma condensant les 24 années de pouvoir (1965 à 1989) du Conducator à partir des archives publiques et privées dont le dirigeant roumain a été le commanditaire et le metteur en scène, ou comment l’imagerie officielle finit par se retourner contre son investigateur. Ujica réalise ici un documentaire historique en forme de superproduction romanesque. »

Livre

Varda livre

Agnès Varda : le cinéma et au-delà

Antony Fiant, Roxane Hamary et Eric Thouvenel.

Presses Universitaires de Rennes.

Présentation de l’éditeur :

« Littéraire, fictionnel, documentaire, poétique, politique, court, long, en couleurs, en noir et blanc, le cinéma d’Agnès Varda est de ceux qui incitent aux adjectifs, aux qualificatifs, par amour du mot ou du jeu mais surtout en raison de sa multiplicité et de sa complexité. Depuis 1954, avec près de quarante films, la cinéaste manifeste une liberté créatrice témoignant d’une démarche toujours innovante, d’une volonté d’explorer le cinéma dans toute sa richesse et de lui donner un prolongement par ses récentes installations. Ainsi, dès le début, si La Pointe Courte fut une tentative pré-Nouvelle Vague d’aller à la rencontre de la vie telle qu’elle est, cette intrusion dans le monde réel n’a jamais constitué une fin en soi pour Varda. L’originalité et l’imagination de la cinéaste l’inciteront toujours à dépasser les apparences pour leur préférer sa vérité. Ses films et installations font alors la part belle aux sentiments des protagonistes à travers lesquels elle nous convie à appréhender des univers divers et variés, quels qu’en soient les difficultés ou les drames : celui de Cléo comme en suspens durant une heure et demie d’une attente douloureuse dans Cléo de 5 à 7, celui, utopique et finalement tragique, de François dans Le Bonheur, celui de Mona si réfractaire aux autres dans Sans toit ni loi, celui, forcément cloisonnant, de Quelques veuves de Noirmoutier, celui, ludique et autobiographique, de L’Île et Elle ou bien celui de la France occupée dans son Hommage aux Justes de France. Ce volume est issu d’un colloque international organisé à l’université Rennes 2 en novembre 2007. Il réunit une vingtaine de textes qui mettent en évidence la richesse et la cohérence du cinéma d’Agnès Varda ainsi que ses prolongements et saluent ce parcours unique, d’une liberté jamais démentie. »

V COMME VARDA (Agnès)

Des mots clé, pour se repérer dans son œuvre  cinématographique.

Amérique

         Elle y a vécu. Elle y a travaillé. C’est-à-dire qu’elle y a réalisé des films. Pourtant, elle n’est pas devenue américaine pour autant. Surtout pas dans son cinéma. Qui ne rentre pas vraiment dans les cadres hollywoodiens.

Amis

         Elle sait parler d’eux. Les évoquer simplement, mais toujours avec pertinence. Des cinéastes bien sûr, de Marker et Godard à Manoel de Oliveira en passant pas Alain Resnais. Des peintres et des plasticiens aussi, en France ou dans le monde entier. Et quand elle leur rend visite elle n’hésite pas à les filmer. Des portraits empathiques comme celui consacré à Soulage.

Art

         Elle est une artiste éclectique, qui touche à tout, qui s’intéresse à tout, à tout ce qui est création. De la photographie au cinéma bien sûr. Mais aussi aux arts plastiques, dans leurs formes les plus contemporaines. Aucune forme d’expression artistique ne lui est étrangère.

Autobiographie

         Sa vie est très présente dans son cinéma. On peut même dire que sa vie inspire ou alimente une grande partie de son cinéma. De toute façon elle a fait de sa vie un film, Les Plages d’Agnès, une véritable autobiographie filmée, qui ne concerne donc pas que la cinéaste, mais surtout la femme, une femme qui est aussi une épouse et une mère. Un film où elle remonte le temps jusqu’à sa naissance à Bruxelles, qui séjourne longuement à Sète où elle a tourné son premier film et qui revient toujours à Paris, dans la maison de la rue Daguerre où elle vit encore. Et la présence, constante dans tant de ses films, de Jacques Demy.

Californie

         La rencontre avec les hippies, une époque, une façon de vivre. Beaucoup de rêves.

Cinéma

         Le cinéma est pour elle bien plus qu’une affaire de famille : le sens de toute une vie, une vie de cinéma dont elle a su faire des films. Outre 20 longs métrages et seize courts, elle est auteur d’une multitude de « boni », mot qu’elle n’a pas inventé, car chaque latiniste sait bien qu’un pluriel n’a pas la même terminaison qu’un singulier, mais qu’elle est la seule à employer. Ils figurent sur les DVD de ses films édités par sa propre société, Ciné-Tamaris

Courts

         Non pas des courts-métrages, mais des films courts, c’est-à-dire des films à part entière. Des fictions, des documentaires. Comme toujours, Varda n’a pas d’exclusive. « Touristiques », « contestataires », « cinévardaphoto », « parisiens », Agnès Varda a elle-même proposé, dans leur édition DVD, une classification de ses films courts Une aide bien venue pour se retrouver dans la profusion de cette production abondante et particulièrement diverse. Tous ces films courts ne sont pas des documentaires au sens traditionnel du terme. Traditionnel, aucun ne l’est d’ailleurs vraiment.

Demy Jacques

         En 1991, Jacquot de Nantes, une reconstitution, cette autre forme de documentaire, de l’enfance de Demy. 1993, L’Univers de Jacques Demy, une présentation, par ordre chronologique, de l’ensemble de l’œuvre du cinéaste. Elle raconte des anecdotes familiales mais aussi professionnelles, évoque parfois leur vie intime (sa grossesse), mais surtout elle nous donne à voir des images de Jacques Demy. Toutes sortes d’images, des photos, des archives des tournages de ses films, dirigeant les acteurs ou réglant un détail du décor (son légendaire perfectionnisme), des extraits d’entretiens où il évoque les conditions de mise en œuvre de ses projets (commandes ou point de départ plus personnels). Un dernier hommage posthume au cinéaste et au père de ses enfants.

Engagement

         Auprès des femmes et des luttes féministes ; auprès des noirs américains et des luttes pour les droits civiques. Varda n’est pas la militante d’un parti. Mais elle prend position. Des convictions, qu’elle s’efforce de faire partager. Et elle y réussit, sans insistance, sans lourdeur. Simplement par sa sincérité.

Féminisme

          Elle signe en 1971 le manifeste des 343 salopes. En 1975, « année de la femme », elle répond à la demande d’Antenne 2 qui pose, à sept femmes, la question : « Qu’est-ce qu’une femme ? ». La réponse devait être traitée en 7 minutes. Toujours impertinente, Varda le fera en 8 minutes (Réponses de femmes, 1975). A cette occasion, elle invente le « cinétract », genre qui aurait pu avoir une descendance plus importante. Varda filme donc des femmes. jeunes ou vieilles, nues ou habillées, des bébés, des enfants, seules ou en groupe, enceintes ou portant un enfant dans les bras, de face, de profil, en gros plan ou en pied…S’adressant directement à la caméra, elles parlent de maternité, de désir, de sexe, de leur place dans la société, la société des hommes, dominée par les hommes. Elles évoquent aussi l’image, exemples à l’appui, que renvoie d’elles la publicité. « Ca va changer » dit plusieurs fois une adolescente

Fiction

         Dès son premier film, Agnès Varda affirme sa volonté de ne pas rester enfermée dans les clivages et oppositions habituelles du cinéma. Il n’y a pas d’un côté le documentaire et de l’autre la fiction. Documentaire et fiction sont pour elle deux moyens de faire du cinéma, deux moyens qui ont tout à gagner à se rencontrer, chacun pouvant s’enrichir des apports de l’autre. Ainsi la fiction peut trouver dans des pratiques habituellement réservées au documentaire l’occasion de renouveler, de diversifier, ses modalités de présentation et de construction du récit, ce que mettra en application de façon particulièrement efficace Sans toit ni loi.

Glaner

         Agnès Varda, se définit elle-même comme une « glaneuse d’images ». C’est dans ce sens qu’elle nous invite à comprendre le sens profond de son travail de documentariste. Ce qui ne veut pas dire que les images qu’elle nous propose soient ce que d’autres ont rejeté, mis à la poubelle ou laissé en friche. Le glanage d’Agnès Varda n’est pas de l’ordre de la récupération de déchets. Il faut le comprendre dans un sens plus positif. Ce qu’elle glane, ce sont les images que les autres, tous les autres ou du moins la majorité des cinéastes, négligent. Ce à quoi ils ne portent pas attention, ce qui ne les intéresse pas parce qu’ils croient que cela n’intéressera pas le public. Ce que filme Varda, c’est ce qui n’est pas cinématographiquement correct. Et elle le fait d’une manière toute personnelle. Au fil de ses déplacements et de ses rencontres. Presque par hasard. Au fil de sa vie en tout cas.

Noirs

Blacks Panthers (1968), réalisé en 1968 A Oakland, en Californie, lors du procès d’un des leaders du parti, Huey Newton. Sur la pelouse, devant le palais de justice, Varda va et vient. Elle filme les enfants, les femmes, les musiciens sur l’estrade où prendront la parole les orateurs. Elle filme aussi les groupes de Black Panthers dans leurs défilés militaires. Elle interroge ceux qui sont venus. Pourquoi sont-ils là ? Dans sa prison elle interroge le leader noir. Dehors ses porte-parole développent leurs positions politiques. Un engagement en faveur de la liberté et de l’égalité.

Paris, rue Daguerre

         Partir de la rue Daguerre pour aller explorer le monde (de Cuba à l’île de Noirmoutier en passant pas Los Angeles). Revenir à la rue Daguerre pour, de là, comprendre le monde. Revenir toujours à la maison de la rue Daguerre. Cette maison est le lieu où tous les voyages dans tous les coins du monde finissent toujours par aboutir, le lieu où il faut revenir, pour se poser, se reposer, se ressourcer. Mais un lieu où il faut continuer à faire du cinéma car pour Agnès, il n’est pas possible de vivre sans filmer.

Photographie

Elle a commencé sa carrière artistique par la photographie, une activité professionnelle, au TNP de Jean Villard. Ses portraits de Gérard Philippe à Avignon sont justement célèbres. Devenue cinéaste, elle n’abandonne pas pour autant la photographie. Plusieurs de ses films en sont la preuve. Celui sur Cuba en particulier, réalisé entièrement à partir des photos prises lors de son voyage dans le pays (Salut les Cubains, 1962-1963). Mais aussi Ulysse (1982) où elle commente de façon très précise une de ses propres photos prises quelques 28 ans auparavant.