A COMME ARCHITECTURE

 

            Architecture est une série documentaire de 42 films de 26 minutes proposée par Richard Copans et Stan Newmann. Elle a été diffusée et co-produite par Arte et éditée en DVD par les Films d’Ici. Les réalisateurs des films sont Richard Copans et Stan Neumann eux-mêmes, soit isolément soit en collaboration, ainsi que Frédéric Compain. Sont présentées des œuvres architecturales du monde entier et de toutes les époques. De l’Espagne au Japon, en passant par la Finlande ou l’Italie ; des bâtiments classiques comme L’Abbatiale Sainte Foy de Conques datant de 1050, l’Alhambra de Grenade, La pyramide du roi Djoser à Saqqarah en Egypte ou La gare Saint Pancras de Londres jusqu’au Couvent de la Tourette ou Les gymnases olympiques de Yoyogi à Tokyo. Les architectes, parmi les plus connus, sont bien sûr mis à l’honneur : Le Corbusier, Gaudi, Zaha Hadid, Kenzo Palladio et bien d’autres. Paris occupe une place importante, avec l’Opéra Garnier, Le Centre Pompidou, la Bibliothèque Sainte Geneviève et l’École des Beaux Arts. Au total une somme riche et variée, s’adressant tout autant au grand public qu’à l’amateur éclairé.

            La facture des films est plutôt classique, correspondant à ce que l’on a l’habitude de voir à la télévision dans ce qu’elle propose de plus intéressant, en particulier sur Arte, avec des contenus culturels de haut niveau et une utilisation diversifié des ressources filmiques tant au niveau des images que de la bande son.

            Visiter un bâtiment, même à la télévision, a toujours une dimension plus ou moins touristique. D’ailleurs dans beaucoup de films de la série les réalisateurs n’hésitent pas à montrer le public. D’un autre côté les images sont souvent spectaculaires, jouant sur des angles de vue surprenants, plongées et contre-plongées, donnant à voir successivement le paysage global dans lequel s’inscrit l’architecture ou focalisant en gros plan sur un détail décoratif passant souvent inaperçu au visiteur sans guide.

Le montage fait alterner des images de natures différentes : photographies qui peuvent être en noir et blanc lorsque le document est ancien, maquettes ou plans, sur lesquels peuvent intervenir quelques animations sobres, flèches ou éclairages sélectifs en lien avec le commentaire. Le recours à des déclarations d’architectes pour les bâtiments contemporains complète cet arsenal de procédés pédagogiques.

            Le commentaire est très présent, de nature historique souvent, mais restant majoritairement descriptif. Il s’agit alors d’attirer l’attention du spectateur sur un élément architectural. Sa facture très spécialisée, notamment au niveau du vocabulaire employé, situe la visée culturelle de la série. Perspective qui pourrait sembler contradictoire avec la dimension grand public et touristique que renforce les poses musicales dans le commentaire et une bande son qui ne renonce pas à un certain réalisme par l’ajout de bruitage in situ, des chants d’oiseaux par exemple. En fait l’équilibre entre ces deux tendances est assez harmonieux et la série peut être considérée comme un bon exemple de visite guidée satisfaisant à la fois l’exigence de dépaysement du regard et d’apport de connaissances.

 

            Comme dans tant d’autres domaines, les documentaires sur l’architecture peuvent prendre la forme d’un portrait d’une des stars de la discipline dont il s’agit de présenter l’œuvre tout en entrant autant que possible dans la personnalité et même l’intimité du personnage. Un bon exemple de ce mélange du public et du privé se trouve dans le Jean Nouvel. Les traits de l’architecte, de Odile Fillion (2008, France 5, Dokumenta, factoïd, DVD collection Empreintes France Télévisions distribution). D’un côté on nous montre les réalisations de l’architecte, de l’autre le petit mur en pierres qu’il a construit avec son père dans la propriété familiale ; les entretiens réalisés en gros plan portent généralement sur ses positions concernant les grands problèmes actuels de l’architecture (le logement social par exemple), à quoi s’opposent les photos familiales de son enfance ou ses confidences sur ses études et sa vie familiale ; le film utilise des images d’archives de l’homme public (inauguration de l’Institut du Monde Arabe en présence du Président Mitterrand) mais aussi des films amateurs de familles montrant plus particulièrement ses enfants. Comme quoi le portrait d’un architecte connu et reconnu internationalement, peut être aussi celui d’un homme capable de chantonner en voie off C’est extra de Léo ferré

 

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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