S COMME SORTIE EN SALLES (deuxième partie)

Les documentaires qu’on aimerait bien pouvoir voir en salles de cinéma en 2017. Suite

PRESENTING PRINCESS SHAW de Ido Haar, Israël, 80 minutes.

La rencontre improbable entre une jeune femme, Samantha, qui vit dans un quartier défavorisé de La Nouvelle-Orléans et Kutiman, un musicien connu de la scène underground israélienne qui vit lui dans un kibboutz près de Tel Aviv. Une rencontre musicale, rendu possible grâce à YouTube. Car Samantha poste ses chants a capella et Kutiman les mixe avec tout ce qu’il découvre sur Internet. Résultat : une musique faite de bric et de broc et qui pourtant possède une unité dans laquelle la voix de Samantha s’intègre parfaitement. Et la rencontre virtuelle va devenir bien réelle, pour un concert à Tel Aviv qui est un triomphe pour Samantha. Mais tout rêve a une fin. Samantha retrouve son quartier de la Nouvelle-Orléans où elle ne pourra redevenir Princess Shaw que sur YouTube.

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GULISTAN, TERRE DE ROSES de Zaynê Akyol? Canada, Allemagne, 86 minutes.

Un bataillon de jeunes filles, jeunes et belles, prennent les armes pour combattre l’Etat Islamique dans les montagnes du Kurdistan. Une lutte pour la liberté, pour la libération des femmes, leur libération. Le film se fait donc l’avocat de la lutte des Kurdes, mais  il est beaucoup plus engagé au côté de la lutte de ces femmes, dans un contexte qui leur est on ne peut plus hostile. Et il réussit parfaitement à préserver leur féminité, jusque dans la dimension militaire de leur combat. Seule une cinéaste pouvait sans doute réussir cela aussi bien.

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BELLE DE NUIT – GRISELIDIS REAL, AUTOPORTRAITS de Marie-Eve de Grave, Belgique, 74 minutes.

Un film où le noir est une couleur, une couleur qui peut avoir l’intensité du feu, comme le personnage dont il dresse le portrait –ou plutôt dont il entremêle de multiples autoportraits. Ecrivaine, peintre, prostituée, Grisélidis Réal est un personnage à multiple facettes, toutes aussi provocantes les unes que les autres. « La prostitution est un acte révolutionnaire » disait-elle, Et elle est très vite devenue une figure en vue de la « révolution des prostituées » qui se développa à Paris dans les années 70, dans le prolongement de Mai 68. Un engagement qui la fit détester par tout un pays, la Suisse bien-pensante et puritaine et la conduisit en prison. Des autoportraits où c’est Grisélidis elle-même qui va s’exprimer, venir à notre rencontre, se dévoiler peu à peu dans toutes les péripéties de sa vie d’artiste, mais aussi dans les contradictions de sa vie personnelle.

griselidis

PAS COMME DES LOUPS de Vincent Pouplard, France, 59 minutes.

Deux hommes jeunes, dont on apprendra qu’ils sont jumeaux – ce qui donne déjà du sens à leur présence dans le film. Nous serons aussi informés – par leur propre parole – qu’ils vivent en dehors de la société, en dehors de leur famille, en rupture quasi-totale avec le monde des hommes, et les modes de vie les plus courants, même chez ceux qui sont qualifiés de marginaux. Quittant la société des hommes – qui ne leur a offert que des galères – ils essaient de survivre à leur façon, dans une école abandonnée, ou dans les bois, au milieu de la nature0 Ils ne sont pas pour autant assimilables à des animaux. Car ils pensent, ils raisonnent, ils parlent. Et ils nous émeuvent justement par leur langage.

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Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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