B COMME BERGMAN – Biographie.

Bergman, une année dans une vie, Jane Magnusson, Suède, 2018, 1H 56.

L’année, c’est 1957, une année présentée comme l’année la plus créative dans la longue carrière d’Ingmar Bergman ; une année que la réalisatrice place au cœur de la vie du cinéaste, non un tournant à proprement parler, mais un centre à partir duquel on peut présenter et sans doute mieux comprendre, les arcanes d’une vie particulièrement remplie tant au niveau de la création cinématographique et théâtrale, que de la vie familiale, amoureuse et aussi sociale. Une année qui sert de plaque tournante au film. Nous y revenons sans cesse pour partir dans le passé – les débuts de Bergman, ses premiers films, ses premiers amours, ses premiers mariages – et pour découvrir le reste de sa vie  – sa consécration artistique, ses grands films, ses réalisations au théâtre, mais aussi sa carrière sociale et presque mondaine (de la brouille avec la Suède et son départ en Allemagne à ses oscars et autres palmes d’or) sans oublier ses aventures amoureuses, et ses tourments sentimentaux. Une vie si  bien remplie que la seule année 57 est loin de synthétiser ou de condenser. La mettre ainsi au centre du film apparait en fin de compte beaucoup plus comme un dispositif filmique ou une astuce de montage que comme une véritable interprétation de l’œuvre de Bergman.

bergman bio 2

De toute façon, le film de Jane Magnusson ne prétend pas être autre chose qu’une biographie  (le titre est explicite à ce sujet). Bien sûr on n’oublie pas qu’il est cinéaste et il y a bien tout au long de sa vie un regard sur ses films (avec extraits) et ses mises en scènes théâtrales, mais on a quand même l’impression que cela passe au second plan, pour insister davantage sur les relations du cinéaste avec les femmes.

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Cette biographie dresse le portrait d’un personnage complexe, dont elle vise à ne rien laisser dans l’ombre. On entre, autant que faire se peut à partir des images d’archives et des déclarations de ses proches, dans l’intimité même de Bergman, sa vie familiale en particulier en insistant d’ailleurs assez lourdement sur le fait qu’il délaisse bien souvent ses nombreux enfants. Ce portrait est certes un hommage admiratif du génie créateur et d’un bourreau de travail, mais il ne vise pas à nous le rendre à tout prix sympathique, nous le présentant surtout dans la deuxième partie de sa vie (celle où il est reconnu et admiré mondialement) comme un tyran colérique qui n’hésite pas à blesser ceux avec qui il travaille. Et il en est de même pour une grande partie de ses relations avec les femmes !

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La fin du film s’essaie à dresser un bilan de l’importance de Bergman dans le cinéma et le théâtre, à partir de remarques -souvent rapides – et de jugements à l’emporte-pièce  des cinéastes et acteurs suédois contemporains. Quant à savoir si Bergman supplante Strinberg dans le panthéon artistique de la Suède – ce que le film affirme comme une évidence, comme la qualification de plus grand cinéaste de tous les temps – on laissera chacun en décider…

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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