A COMME ABECEDAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE 2

Partie 2  C-E

Les mots clefs les plus représentatifs du cinéma documentaire, les plus fréquents, les plus originaux, ceux qui renvoient à des films phares ou à des œuvres méconnues. Une façon de montrer la diversité de la création documentaire et son impact culturel, social et politique.

Une contrainte librement consentie ici sera de limiter chaque entrée à une seule phrase et de ne donner en exemple (ou en référence) qu’un seul film. Un choix souvent impossible…Donc entièrement subjectif. Mais surtout pas un palmarès.

Pour de plus nombreuses références, voir les filmographies.

C

 Camp de concentration

Pas seulement ceux de l’Allemagne nazie mais aussi en France, comme à Rivesaltes, où furent rassemblés les Républicains espagnols fuyant le franquisme, les harkis ou plus récemment, les déboutés du droit d’asile.

Film : Images du monde et inscription de la guerre de Harun Farocki

Chine

De la Révolution culturelle à l’ouverture à l’économie de marché, les chantiers battant tous les records du monde.

Film : Sud Eau Nord Déplacer de Antoine Boutet

Cinéma

Le documentaire peut-il parler du cinéma, l’analyser, le critiquer, par des moyens cinématographiques.

Film : Le Sommeil d’or de Davy Chou

Colonialisme

En Afrique, en Algérie, la face sombre du colonialisme français, et les guerres de libération.

Film : Afrique 50 de René Vautier.

afrique 50

Communisme

Des films croyant sincèrement au progrès représenté par le communisme, mais aussi les films de propagande jusqu’aux désillusions des ex pays du bloc soviétique après la chute du mur de Berlin.

Film : Je vois rouge de Bojina Panayotova

Crime

Filmer des criminels n’est-ce pas le comble du voyeurisme ? Mais si c’est pour comprendre leur acte, n’est-ce pas continuer à les considérer comme des êtres humains.

Film : Caniba de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor

D

Danse

Les spectacles, les répétitions, la vie des chorégraphes et des commentaires sur leurs œuvres et aussi leur propre vision de la danse

Film : Maguy Marin, l’urgence d’agir de David Mambouch

Délinquance

La petite délinquance surtout, celle des jeunes dans les banlieues et ailleurs, et les institutions répressives à défaut d’être éducatives.

Film : Le Saint des voyous de Maïlys Audouze

Démocratie

Le moins mauvais des régimes politiques diront certain, mais un régime de plus en plus contesté de l’intérieur. Existe-t-il des alternatives ?

Film : L’Assemblée de Mariana Otero

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Dictature

Du Chili à la Grèce, du nazisme au communisme, une liste longue, trop longue…

Film : Général Idi Amin Dada, autoportrait de Barbet Schroeder

Direct

Une référence indispensable, tant le « cinéma direct », au Québec ou en France, a eu une influence décisive sur le cinéma documentaire.

Film : Pour la suite du monde de Pierre Perrault et Michel Brault

Drogue

Les paradis artificiels ou la descente aux enfers…

Film : Bonne nouvelle de Vincent Dieutre.

E

Ecole

La vie de la classe, de la maternelle au lycée, au plus près des élèves et de leurs apprentissages, dans une pédagogie traditionnelle, mais aussi, le plus souvent, dans des pratiques nouvelles, innovantes, et des méthodes actives.

Film : A kind of Magic de Naesa Ni Chianain et David Rane.

Ecologie

Des films engagés, dénonciateurs, mais proposant aussi des solutions d’avenir.

Film : Tous cobayes? De Jean-Paul Jaud.

Economie

Peut-on expliquer la marche du monde par les lois du marché ?

Film : Le Bonheur économique de Patric Jean.

Education

Pas seulement dans l’institution scolaire, mais aussi dans la famille, ou toutes sortes d’association, sans oublier les groupes de pairs.

Film : Mélinda de Marie Dumora.

Elections

Les campagnes électorales sur les pas des candidats, les discours, les poignées de main et les bains de foule, les réunions avec les conseillers et l’incertitude des résultats (pas toujours en fait).

Film : Primary de Robert Drew.

Enfant

Un être innocent, insouciant, peut-être, mais surtout un être à protéger et dont il faut sans cesse affirmer les droits.

Film : Los Herederos, les enfants héritiers de Eugenio Polgovsky

Engagement

Défendre une cause, prendre parti, entrer dans un parti, devenir militant ; mais aussi prendre position, refuser l’inacceptable, proposer des solutions.

Film : Le fond de l’air est rouge de Chris Marker.

fond de l'air est rouge2

Enseignement

Un métier difficile, un peu délaissé d’ailleurs tant il paraît de plus en plus comme usant, nerveusement et physiquement.

Film : Tempête sous un crâne de Clara Bouffartigue.

Etats-Unis

Au pays de la fiction cinématographique triomphante, le documentaire a-t-il du mal à faire sa place au soleil ? Pas vraiment, tant les documentaristes ont su rendre compte de la complexité de cet immense pays, mettant l’accent sur des aspects souvent contradictoire entre eux.

Film : Route one, USA de Robert Kramer

A COMME AFRIQUE – Soleil

Mille soleils, Mati Diop, France-Sénégal. 2013, 45 minutes

Mille soleils est un film sur un film, un film qui prend prétexte, ou plutôt qui rend hommage à un autre film, et à son auteur, qui n’est autre que l’oncle de la cinéaste. La réalisatrice utilise des extraits du film de cet oncle dans son propre film,  et réactive ainsi l’intrigue de cette fiction tournée quelques 40 années plus tôt.

Cet autre film, le film de l’oncle, c’est Toubi Bouki tourné en 1973 par Djibril Diop Manbety. Il peut être résumé simplement de la façon suivante : deux jeunes habitants de Dakar, Mory et Anta, rêvent de partir en France, en Europe ou aux États-Unis, peu importe au fond. L’essentiel c’est de partir, de quitter cette Afrique qui ne leur offre plus vraiment de perspective d’avenir. Nous ne sommes pas encore à l’époque où l’immigration sera devenue une nécessité absolue pour les jeunes, la seule possibilité de survie. Pour notre couple d’amoureux, l’Europe, l’Amérique, le nord, c’est le rêve, l’illusion peut-être, d’une autre vie, autrement plus fascinante que celle qu’ils vivent. Ils s’organisent pour réunir l’argent nécessaire pour payer le bateau. Et le jour du départ, la jeune fille embarque, mais le garçon lui, reste à terre, incapable de quitter son pays, sa vie africaine.

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40 ans après, Mati Diop, réalisatrice de Mille soleils, retrouve Magaye Niang, le Mory de Toubi Bouki. Il vit toujours à Dakar, alors que l’actrice qui interprétait Anta est effectivement aux États-Unis. Une projection en plein air de Toubi Bouki est organisée à Dakar et Magaye en est l’invité vedette. C’est lui que la réalisatrice va suivre pendant tout son film. Vedette de Toubi Bouki, il l’est aussi de Mille soleils. Dans le premier film, il était l’acteur d’une fiction. Ici, il devient l’acteur de son propre personnage, dans un documentaire qui fait de la fiction un élément constitutif de sa démarche.

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Mille soleils est un documentaire sur l’Afrique d’aujourd’hui. Mati Diop filme Dakar. Elle nous propose des vues saisissantes de la ville, dès le pré-générique, où ce troupeau de bœufs traverse l’autoroute, interrompant la circulation sans que cela pose le moindre problème. Nous retrouvons les animaux à l’abattoir, dans des plans particulièrement sanglants, où ceux qui travaillent là semblent surtout satisfaits d’avoir un emploi quel que soit sa pénibilité. L’Afrique d’aujourd’hui a-t-elle encore des points communs avec celle qu’a connue Magate dans sa jeunesse ?

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La fin du film pousse à l’extrême le mélange documentaire-fiction implicite depuis le début du film. Magaye retrouve le numéro de téléphone de Mareme, l’actrice de Toubi Bouki. Elle vit en Alaska où elle travaille sur une plateforme pétrolière. Si loin de l’Afrique. Mati Diop nous propose alors des vues de glaciers s’avançant dans la mer et une formidable séquence onirique où Magaye, habillé comme on l’a toujours vu à Dakar, marche silencieusement dans un immense champ de neige. Il n’a pas froid. Il reste Africain.

I COMME IMAGE MANQUANTE.

L’Image manquante, Rithy Panh, France-Cambodge, 2013, 92 minutes.

L’image manquante, c’est l’image d’une enfance, une enfance volée, détruite par un régime totalitaire. Le film de Rithy Panh, c’est d’abord un réquisitoire implacable contre le régime khmer rouge qui s’acharna à anéantir, pendant quatre ans à partir de 1975, tout un peuple, tout un pays. C’est aussi le récit autobiographique, dit en voix off à la première personne, de la traversée par un enfant de 13 ans de ces années de terreur dans un camp de travail forcé, des années de souffrances, de faim continue, des années à côtoyer quotidiennement la mort. A 50 ans, le cinéaste retourne dans ce passé, fidèle à son engagement de lutter contre l’oubli, de ne pas accepter l’effacement des souvenirs par le temps ou une volonté suspecte de vouloir tourner la page.

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Le film mêle, de façon parfaitement maîtrisée, les images d’archives disponibles sur la période du pouvoir khmer rouge et un petit théâtre de figurines peintes, en terre cuite, faisant revivre à la mesure de l’enfance, l’horreur de ces années.

Les images d’archives, ce sont d’abord celles de Pol Pot et des autres dignitaires du régime, toujours souriant, se faisant acclamer par ses troupes, ou recevant les amis chinois. Mais ce sont aussi celles des rues désertes de Phnom Penh, une ville entière vidée de ses habitants envoyés en camp de rééducation à la campagne, une ville où un lycée est transformé en centre d’extermination, ce S 21 auquel Panh a consacré un de ses films les plus importants. Il y a aussi des images des camps, du travail d’une foule immense portant des paniers de pierres et de terre et dans laquelle on identifie facilement les enfants. Des plans, repris plusieurs fois dans le film, où la file de ces nouveaux esclaves semble interminable. Dans l’image, elle est véritablement interminable.

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Il y aurait, nous dit Panh, parmi ces images tournées par les Khmers rouges, l’image d’une exécution. Il ne l’a pas retrouvée, ou ne veut pas, ne peut pas, la montrer. La vie quotidienne dans les camps, les repas ou ce qui en tient lieu, la nuit où il faut essayer de dormir seront mis en scène par les figurines peintes, de petites statuettes rappelant les jouets d’enfants, mais sombres, aux visages défigurés par la souffrance, par la faim, par la présence de la mort Ici, c’est la faim qui est utilisée comme une arme et la volonté de détruire toute trace d’humanité chez ceux qui doivent devenir les hommes nouveaux d’un pays nouveaux, le Kampuchéa démocratique. Pant fait le récit de la mort de sa mère, celle de son père qui a pour seul moyen de se révolter de cesser de s’alimenter. Il évoque aussi des scènes dont il est témoin, comme cet enfant de  9ans qui dénonce sa mère d’avoir volé des mangues, la mort d’une petite fille à côté de lui. Il survit en mangeant des insectes quand il en trouve, ou des racines. Son travail est d’enterrer les morts, quotidiennement.

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         Il y a, au milieu de ces images si sombres, une scène colorée, vivante : la reconstitution d’un studio de cinéma. A Phnom Penh, Panh vivait dans une maison voisine d’un réalisateur. Le cinéma, comme tous les arts et toute la culture, a été détruit par les Khmers rouges. Mais ils n’en ont pas détruit le souvenir. « On peut voler une image », dit le commentaire, « mais pas une pensée. »

L COMME LUSSAS.

Le Village, Claire Simon, 2019, 4 épisodes.

La série comporte 20 épisodes d’environ 30 MINUTES et une version de 10 FOIS 52 MINUTES

Lussas, le village du documentaire. On devrait dire plutôt la capitale du documentaire. Un ensemble d’activités qui toutes concernent le documentaire, qui toutes œuvrent au développement et au rayonnement du documentaire – du festival Les États généraux du documentaire à la plateforme de VOD Tënk, en passant par Ardèche Image et son master 2 sans oublier Doc Monde et Doc film dépôt… en fait on en oublie sûrement. Un ensemble unique, non seulement en France mais il ne faut pas avoir peur de le dire, dans le monde entier. Et les innovations et initiatives originales y voient le jour presque sans arrêt. De quoi faire tourner la tête aux historiens et autres critiques qui voudraient retracer l’ensemble de cette aventure – et aux cinéastes qui se proposeraient de documenter ce monde complexe, en perpétuel mouvement et qui n’en finit pas de nous étonner. Comment ce petit village de l’Ardèche a-t-il pu s’imposer dans une configuration mondiale du cinéma dominée par Hollywood – l’opposé exact de Lussas ? Cela ne tient-il pas du miracle ? A moins que ce soit simplement le génie – et la patience – du petit groupe de passionnés qui y œuvre quotidiennement.

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Il fallait bien que le cinéma documentaire s’attaque à rendre compte de cette sorte de monstre bicéphale « à gauche l’imaginaire, à droite les agriculteurs » comme il est dit dès le générique de cette série réalisée par Claire Simon et diffusée  pour ses quatre premiers épisodes sur la plateforme  Tënk.

Le Village ne néglige nullement la réalité rurale de Lussas. On y voit les vendanges, la récolte des pommes, l’alambic qui distille l’eau de vie, la vente des fruits au marché. Et nous suivons le maire tout autant sur son tracteur dans son exploitation que dans son discours d’ouverture des Etats généraux. Car ici le monde culturel le plus pointu – le documentaire de création –  a toujours fait bon ménage avec le monde rural des petites exploitations agricoles. Et si l’on construit une « télévision » de trois étages, c’est en dehors du village lui-même qui garde ce cachet ancien dont la cinéaste nous fait admirer l’authenticité des vieilles pierres.

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La série de Claire Simon  prétend  retracer l’historique de Lussas et montrer l’ensemble des activités qui s’y déroulent. Les quatre premiers épisodes se concentrent eux sur l’élaboration du projet de plateforme Tënk,

Le premier épisode ne pouvait faire moins que de consacrer une séquence aux États généraux. En fait ce festival unique par sa forme –il est non compétitif, même si le fait d’être présenté à Lussas est une reconnaissance importante pour un documentariste – est supposé connu de tous. Il suffit alors à Claire Simon de montrer la foule des spectateurs se dirigeant à travers champ sur le lieu de projection en plein air, de filmer une discussion entre une festivalière et un agriculteur dans une plantation de pommiers sur le meilleur endroit où planter sa tente, et de capter la conclusion de la présentation d’un film par son auteur, suivie de quelques plan du film lui-même (il s’agit de Irak, année zéro d’Abbas Fahdel).

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La suite est donc entièrement consacrée au projet Tënk. En contre-point de l’immersion dans le village, nous suivons le groupe de pilotage du projet au sein duquel Jean-Marie Barbe – cet authentique ardéchois sans qui Lussas ne serait pas Lussas – occupe la place prépondérante. Nous le suivons à Paris présenter le projet au CNC ou rencontrer le premier mécène. Les objectifs de Tënk sont clairs. Il s’agit de proposer à l’abonnement (6 euros par mois) un ensemble de documentaires qui sont peu ou pas visibles en salle, même s’ils ont eu du succès en festival. Le choix, nécessairement varié, est alimenté toutes les semaines et reste accessible pour deux mois. A terme, Tënk doit devenir aussi une structure de production et le groupe se penche avec attention sur les plans du bâtiment en projet ‘appelé la « télévision ») où nous trouverons studio, salles de montages, de post-production, etc., bref tout ce qu’il faut pour réaliser des films. Bien sûr les considérations financières sont importantes, mais il faut aussi « tudier les moyens d’augmenter le nombre d’abonnés et de faire de la promotion. Faut-il pour cela réaliser une bande annonce. Le sujet divise l’équipe. Le quatrième épisode de la série de Claire Simon s’achève sur ce désaccord. Une note pessimiste, contredite –heureusement- par le succès actuel de la plateforme.

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Longue vie à Tënk donc. Et l’on peut aussi souhaiter voir les nouveaux épisodes du Village de Claire Simon. La saga de Lussas est loin d’être achevée.

R COMME RÉALISATRICES – filmographie

Les femmes réalisatrices de films documentaires sont nombreuses. Les esprits chagrins diront que c’est parce que les hommes se réservent le domaine de la fiction…Nous répondrons simplement que nombre de documentaires d’origine féminine sont parmi les plus créatifs de tout le cinéma !

Voici un inventaire, bien incomplet bien sûr,  une sélection personnelle mais qui montre la diversité et la richesse du cinéma documentaire des réalisatrices.

La filmographie de chaque réalisatrice ne cherche pas à être exhaustive. Elle sera complétée au fil du temps.

Photo : Carole Roussopoulos.

 

Abitbot Judith :

Vivere (2016)

Abramovich Fabienne :

Dieu sait quoi (2004) ; Liens de sang (2006) ; Un peu, beaucoup, passionnément (2016)

Adi Yasmina :

Ici on noie les algériens (2010)

Aellig- Régnier Raphaëlle :

Alexandre Tharaud, le temps dérobé (2013) ; Ostinato (2018)

Aghion Sabrina :

Mon voisin, mon tueur (2009)

Akerman Chantal :

News from home (1977) ; D’Est (1993) ; Sud (1999) ; De l’autre côté (2002) ; Là-bas (2006) ; No movie home (2015)

Albert Fleur :

Ecchymoses (2008) ; Vincent Dieutre, la chambre et le monde (2013)

Aldighieri Marion :

Le serment de Malicounda (2002) ; Emmanuelle Laborit, le chant des signes (2011) ;  Avec nos yeux ( 2013)

Allegra Cécile :

Haïti, la blessure de l’âme (2010) ; La Brigade (2011) ; Une enfance au travail (2013) ; Voyage en barbarie (2014) ; Black-out (2015) ; Etat-mafia : un pacte sanglant (2016) ; Anatomie d’un crime (2017)

Ancelin Clémence :

Habiter / Construire (2011)

André Yael :

Bureau des Inventaires systématiques de la mémoire résiduelle (2002) : Chats errants (2007) ; Quand je serai dictateur (2013)

Andriamonta-Paes Marie-Clémence :

Fahavalo, Madagascar 1947 (2018)

Angelini Claire :

Le retour au pays de l’enfance (2009) ;  La guerre est proche (2011) ; Et tu es dehors (2012) ; Ce gigantesque retournement de la terre (2015) ; Chronique du tiers-exclu (2017) ;

Arbid Danielle :

Seule avec la guerre (1999)

Aubry Noémi :

Et nous jetterons la mer derrière vous ( 2015) ; Une Autre Montagne (2017)

Audier Sophie :

Les chèvres de ma mère (2013)

Audouze Maïlys :

Le saint des voyous

Aviv Nurith :

D’une langue à l’autre (2004) ; Langue sacrée, langue parlée (2008) ; Traduire (2011) ; Annonces (2013) ; Poétique du cerveau (2015) ; Signer (2018)

Avouac Anne-Marie :

Agnès à tout prix (1999) ; Le mari de la femme du banquier ( 2000) ; Les caprices du Chef  (2001) ; Miami Vice  (2002) ; Le petit Charles (2003) ; America America (2004) ; A la poursuite de Madame Li (2005) ; Tiens–toi droite tu es une reine (2006) ; Evelyn, reine d’Afrique (2008) ; La salle à Marek (2009) ; Alors, ça baigne ! (2010) ; America America,  La suite (2012) ; Ma mère, mon poison (2017) ; Pornographie : un jeu d’enfant (2019)

Baichwal Jennifer :

Paysages manufacturés (2006)

Barbé Anne :

Ceux de Primo Lévy (2010)

Baus Emma :

Culture animale (2005), A la recherche des cendrillons russes (2006), Il était une fois l’instinct maternel (2007), La route de la non-violence (2009), Voler par-dessus les nuages (2010), Dimanche à la ferme (2011), Là-haut sur la montagne (2014), Trois petits chats (2015), Là-bas sur nos rivages (2015), A côté dans nos forêts (2016), Le mystère des dragons à plumes (2016), L’aube des mammifères (2016), Qui a tué les insectes géants ? (2016), Cinq petits cochons (2017), Malin comme une chèvre (2019).

Beckermann Ruth :

Retour à Vienne (1983) ; Homemad(e) (2000) ; American Passages (2011) ; Those Who Go Those Who Stay (2013) ; Rêveurs rêvés (2016) ; La valse de Waldheim (2018)

Benguigui Yamina :

Femmes d’Islam (1994) ; Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin (1997) ; Le jardin parfumé (2000) ; 9-3, mémoire d’un territoire (2008)

Berda Virginie :

Les colombes du Bengale ; Père François Laborde : une vie au cœur des bidonvilles indiens.

Bernstein Catherine :

Assassinat d’une modiste (2005) ; T4 Un médecin sous le nazisme (2014)

Bertuccelli Julie :

La fabrique des juges (1998) ; La cour de Babel (2013) ; Dernières nouvelles du cosmos (2016)

Beugnies Pauline :

Rester vivants (2017)

Bitton Simone :

Palestine, histoire d’une terre (1993) ; Mur (2004) ; Rachel (2015)

Blanc Manuelle :

Persona, le film qui a sauvé Bergman (2018)

Bodet Pascale :

L’Abondance (2013)

Boni-Claverie Isabelle :

Trop noire pour être française (2016)

Bonnaire Sandrine :

Elle s’appelle Sabine (2007) ; Ce que le temps a donné à l’homme (2015)

Bookchin Natalie :

Long Story short (2016) ; Now he’s out in public (2017)

Borgmann Monika :

Tadmor (2017)

Bories Claudine :

Monsieur contre Madame (2008) ; Les arrivants (2008) ; Les règles du jeu (2014)

Boudalika Litsa :

Photo de classe (1992) ;  Ma cousine lointaine (1999) ; Les Iles se rejoignent sous la mer (2009)

Bouffartigue Clara  :

 Tempête sous un crane (2011)

Bouley Barbara :

Et maintenant la quatrième partie de la trilogie commence (2009)

Bredier Sophie :

Nos traces silencieuses (1998) ; Séparées (2000) ; Corps étranger (2004) ; Femmes asiatiques, femmes fantasmes (2007) ; Elie et nous (2009) ; La Tête de mes parents (2011) ; Mon beau miroir (2012) ; Orphelins de la patrie (2014) ; Maternité secrète (2017)

Briet Chantal :

Hassina et Kamel (1992) ; Parlez-moi d’amour (1998) ;  Un enfant tout de suite (2001) ; Printemps à la source (2001) ; Alimentation générale (2005) ; J’ai quelque chose à vous dire (2007) ; J’habite le français (2008) ; L’année des lucioles (2013) ; Des huitres et du champagne (2018)

Brisavoine Emilie :

Pauline s’arrache (2015)

Broué Isabelle :

Lutine (2016)

Brun Dorine :

La cause et l’usage (2012) ; Projections (2017)

Brun Mélanie :

Il n’y aura pas de révolution sans chanson (2013)

Bruneau Sophie :

Par devant notaire (2004) ; Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (2006) ; Terre d’usage (2010) ; Le prince Miiaou (2013) ; Rêver sous le capitalisme (2018) ;

Bruni Tedeschi Valérie :

Une jeune fille de 90 ans (2017)

Cabrera Dominique :

Chronique d’une banlieue ordinaire (1992) ; Une poste à La Courneuve (1994) ; Demain et encore demain (1997) ; Grandir (2013)

 Calle Sylvia

Ma vie dans une valise (2004) ; Entre deux (2010)

Capelle Caroline :

Dans la terrible jungle (2018)

Carton Lætitia :

La pieuvre (2009), Edmond un portait de Baudouin (2014) ; J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd (2015) ; La visite (2015) Le grand bal (2018)

Catella Catherine :

Un paese di Calabria (2016)

Castillo Carmen :

La Flanca Alejandra (1994) ; Rue Santa Fe (2007) ; On est vivant (2015)

Celesia Alessandra :

Le libraire de Belfast (2011) ; Mirage à l’italienne (2013)

Chardak Henriette

Jean Huss, désobéir pour la vérité.

Chaufour Lucile :

Violent Days (2009) ; East Punk Memories (2012) ; Léone, mère & fils (2014)

Chevalier-Beaumel Aude :

Rio, année zéro (2011) ; Sexe, prêche et politique (2016)

Chevet Brigitte :

Mourir d’amiante (2005) ; Jupe ou pantalon (2007) ; Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre (2008) ; Au fil de l’eau (2010) ; Docteur Yoyo (2010) ; Le menhir et la rose (2013) ; L’espionne aux tableaux (2015) ; Les voleurs de feu (2016) ; Les rumeurs de Babel (2017)

Choukri Dalila :

L’horizon ne s’arrête pas à la Courneuve (2016)

Chouraqui Margaux :

Exilés (2018)

Chupin Suzanne :

De l’encre sous la peau (2016)

Clarke Shirley :

Portrait of Jason (1967)

Colonna-Cesari Constance :

Les Diplomates du pape (2018)

Compan Inès :

La vie devant toi (1999) ; A ciel ouvert (2009)

Coulon Jill :

Tu seras sumo (2013) ; Voyage en occident (2015) ; Grandir (2018)

Courtès Marie-Christine :

Mille jours à Saïgon (2013)

Crepel Marion :

Ecrire le mouvement (2013)

Crouzillat Hélène :

Les messagers (2015)

Dampierre Sylvaine :

Pouvons-nous vivre ici (2002) ; D’un jardin l’autre (2005) ; Le pays à l’envers ( 2009) ; Piazza mora (2013).

Deak Marina :

Si on te donne un château, tu le prends? (2015)

De Felice Daniela :

(G)rève général(e) (2007 ; Casa (2013)

 De Latour Eliane :

Little go girls (2015)

Deleule Sylvie :

La mort lente de l’amiante (2004) La vieillesse de Bruno, Annette, Jean-Loïc (2010) Hubert Nyssen, A livre ouvert (2010) Luis Sepúlveda, l’écrivain du bout du monde (2011) De la drogue dans nos assiettes (avec Rémy Burkel, 2012) L’Islande de Audur Ava Olafsdottir, Jon Kalman Stefansson, Arni Thorarinsson (2013) L’affaire Toutankhamon (2015) Au théâtre des aînés (2017) Le monde merveilleux des Youtubeuses (2018)

Deloget Delphine :

No London today (2008) ; Voyage en barbarie (2014)

Delumeau Martine :

Dassler contre Dassler (2013)

Demoris Emmanuelle :

Mafrouza (2007-2011)

Denis Claire :

Vers Mathilde (2005)

Détrie Delphine :

Jeune Bergère (2018)

De Sousa Dias Susana :

48 (2009)

Deyres Martine :

Le sous-bois des insensés, une traversée avec Jean Oury (2016)

Diaman Anca :

Le voyage de monsieur Crulic (2011)

Diaz Elvira :

Y Volveré (2013) ; Victor Jara N°2547 (2013) ; El patio (2016)

Diop Alice :

Clichy pour l’exemple (2006) ; Les Sénégalaises et la Sénégauloise (2007) ; La mort de Danton (2001) ; Vers la tendresse (2015) ; La permanence (2016)

Dols Alexandra :

Moudjahidate (2007) ; Derrière les fronts: résistances et résiliences en Palestine (2017) ;

Dorr Anne :

Fest Napuan (2015) ; Osons le bonheur (2018) ; Fraternité, les pistes en outre-mer (2018)

Doublet Ariane :

Les terriens (1999) ; Les bêtes (2001) ; Les sucriers de Colleville (2003) ; La maison neuve (2005) : Fièvres (2009) ; La pluie et le beau temps (2013) : Les réfugiés de Saint Jouin (2017)

Dréan Céline :

Le Veilleur (2010), Pascaline et Klara (2013), L’Hippodrome (206)

Driver Sara :

Basquiat, un adolescent à New York(2018)

Duchemin Eve :

En bataille, portrait d’une directrice de prison (2016)

Dumitrescu Ana :

Khaos, les visages humains de la crise grecque (2012) ; Même pas peur (2015) ; Licu, une histoire roumaine (2017)

Dumora Marie :

Le square Burq est impec (1997) ; Avec ou sans toi (2002) ; Emmenez-moi (2004) ; Je voudrais aimer personne (2008) ; La place (2011) ; Belinda (2016)

Echard Aminatou :

Djamilia (2018)

El Fani Nadia :

Laïcité Inch’Allah ! (2011) ; Même pas mal (2012) ; Nos seins, nos armes (2013)

El-Tahri Jihan :

L’Afrique en morceaux (2000) ; The House of Saud (2004) ; Cuba! Africa! Revolution! (2007) Behind the Rainbow (2009) ; Egypt’s Modern Pharaohs (2015)

Escriva Amalia :

Il naît de sources (1999) ; Le chant perdu de Grégoire (2005) ; 1,2,3…sommeil (2007) ; Le miroir aux alouettes (2010) ; Vierge et la cité (2014) ; Colonie (2016)

Feillou Anna :

Un exil espagnol (2007) ; Jacques, Jean-Bernard et Jean (2011) ; Effacée (2013) ; Aux Capucins (2015) ; Encore un été (208)

Férault-Lévy Leila :

Bon papa (2007) ; Gao Xingjian, celui qui marche seul (2012) ; Les ombres, un conte familial (2013) ; Luce, à propos de Jean Vigo (2016)

Feltin Mariette :

Raconte-moi ta langue (2008) ; Les enfants du dehors (2017)

Frésil Manuela :

Pour de vrai (2003) ; Entrée du personnel (2011) ; Le bon grain et l’ivraie (2018)

Gambart Marie-Christine :

Daria Marx, la vie en gros (2019) ; Emmanuelle Haïm, la femme-orchestre (2019) ; Drôles pour toujours, Maillan – Poiret – Serrault (2018) ; La Maison des Hommes Violents (2017) ; Michèle Bernier, l’Irrésistible (2017) ;  Charles le Catholique, 1958-1969 (2017)  ; Dietrich/Garbo – L’Ange et la Divine (2016)

Gay Amandine :

Ouvrir la voie (2017)

Gervais Marion :

Anaïs s’en va en guerre (2014) ; La belle vie (2016)

Georget Anne :

Cholestérol, le grand bluff (2016) ; Adoption, le choix des nations, (2015) ; Festins imaginaires (2015) ; Quand un homme demande à mourir (2013) ; Maladies à vendre (2012) ; Questions d’éthique (2011) ; Une télé dans le biberon (2010) ; Maudit gène (2007) ; Les recettes de Mina, Terezin 1944 (2007) ; Éclats de fugue (2005) ; Louise, Amandine et les autres (2004) ; En quête d’asile (2003) ; Formules magique (2001); Histoires d’autisme (2000)

Gilbert Eléonore :

Hôtel Echo (2018)

Gillard Stéphanie :

The ride (2017)

Glanddier Sophie :

Le canapé de Mohamed (2014) ; Jess, vent de face (2018)

De Grave Marie-Eve :

Belle de nuit. Grisélidis Real. Autoportraits (2016)

Grando Coline :

La place de l’homme (2017)

Guzman Urzua Camila :

Le rideau de sucre (2006)

Guzzanti Sabina :

Draquila : l’Italie qui tremble (2010)

Gueoguiva Elitza :

Chaque mur est une porte (2017)

Hahn Clarisse :

Ovidie (2000) ; Karima (2003) ; Les protestants (2005) ; Kurdish lover (2010)

Hannon Mireille :

Vers un retour des paysans (2000) ; Parlez-moi d’amour (2000) ; Dernier hommage (2004) ; L’écrire pour le dire (2005) ; L’affaire Montcharmont (2007) ; 43 tirailleurs (2011) ; Décrochage(s) (2012)  ; Le village métamorphosé (2016)

Hebert Clémence

Le bateau du père (2010) ; La porte ouverte (2014) ; Drôle de pays (2014) ; Kev (2018)

Hirte Anca :

Au nom du maire (2013) ; Ancasa (2015) ; Il respire encore (2016)

 Hoffenberg Esther :

Comme si c’était hier (1980) ; Les deux vies d’Eva (2005) ; Discorama, Signé Glaser (2007) ; Au pays du nucléaire (2009) ; Récits de Sam (2009)

Horovitz Pauline :

Pleure ma fille, tu pisseras moins (2011) ; Des Châteaux en Espagne (2013) ; Freaks ou Nouvelles Histoires comme ça (2016)

Ingold Isabelle :

Au nom du maire (2004) ; Une petite maison dans la cité (2009) ; Des jours et des nuits sur l’aire (2016) ; le monde indivisible (2018)

Issartel Fabienne :

Chacun cherche son train (2016)

Jaeggi Danielle :

L’homme que nous aimions le plus (2018)

Jäger Sabrina :

Mise à prix (2014)

Jannelle Bérangère :

Les Lucioles(2018)

Julliand Anne-dauphine :

Et les mistrals gagnants (2016)

Ka Marie :

La plume du peintre (2017)

Kamerlin Ingrid :

Vivian Vivian (2017)

Kaplan de Macedo Naruna :

Depuis Tel-Aviv (2009) ; Cité hôpital ( 2011) ; Depuis Médiapart (2018)

Kapnist Elisabeth :

La vie en vrac, le quotidien d’un hôpital psychiatrique de jour (2011) ; Solovki, la bibliothèque disparue (2013) ; Orson Welles, autopsie d’une légende (2014) ;

Kawase Naomi :

Genpin (2010) ; Trace (2012)

Kemff Frida :

Un refuge pour l’hiver (2014)

Kendall-Yatzkan Anna-Célia :

Les Yatzkan

De Kermadec Liliane :

La Route de la soie chinoise (2000) ;  La Très chère indépendance du Haut Karabakh (2005) ; L’histoire naturelle d’Armand David (2006) ; He Film (2011)

Kilani Leila :

Nos lieux interdits (2008)

Klaman Alison :

Ai Wei Wei : never sorry (2012)

Kolmel Anja :

Chris the Swiss (2018)

Kourkouta Maria :

Des spectres hantent l’Europe (2016)

Kronlund Sonia :

Nothingwood (2017)

Kunvari Anne :

Bénéfice humain (2001) ; Consultations (2003) ; Nos jours à venir (2004) ; Le moment et la manière (2014)

 Lafay-Delhautal Anelyse :

Consule à Katmandou (2014) ; Lyon ville de lumière (2014) ; Insulare ((2015) ; Merci Marie (2016) ; Prostitution le prix des larmes (2016) ; Pasta Cultura a Bologna (2017) ; Quand le patrimoine monte en station (2018) ; Mes parents sont homophobes (2018) ;   Arletty et Coco Chanel, la liberté absolue (2017) ; La table, le chef et le designer (2019).

Lamour Mariane :

La ruée vers l’art (2012)

Lapiower  Hélène :

Petite conversation familiale (1999)

Lazar Florence :

Les Bosquets (2010) ; Kamen les pierres (2014)

Leibovitz Barbara :

Annie Leibovitz : life through a lens (2007)

Lefevre Quennell Carine :

Alzheimer mon amour (1998) ; Corps et Âme (2002) ; Pas de repos pour Granny (2003) ; Nuits blanches à l’hôpital (2003) ; Dans la peau d’un éducateur (2007) ; Mère Térésa, la folie de Dieu (2010) ; La boucherie est à vendre (2012) ; Green school, l’école sans murs (2017).

Lemoine Lisette

Amnesthésie (2014) ; La voie de l’hospitalité (2015)

Leonil Chloé :

La femme couchée (2016) ; Plaza de la independacia (2018)

Leuvrey Elisabeth :

La traversée (2012) ; At(h)ome (2013) ; Oh, tu tires ou tu pointes ? (2013)

Lévy-Morelle Anne :

Casus belli, sur les sentiers de la paix (2014)

Ley Ombline :

Dans la terrible jungle (2018)

Linhart Virginie :

Simone de Beauvoir, On ne naît pas femme… (2007) ; 68, mes parents et moi (2008) ; Après les camps, la vie (2009) ; Juin 1940 : le piège du Massilia (2010) ; Ce qu’ils savaient . Les Alliés face à la Shoah (2012);  Jacques Derrida : le courage de la pensée (2014) ; Sarajevo, des enfants dans la guerre (2014) ; Vincennes, l’université perdue (2016) ; Jeanne Moreau l’affranchie (2017) ; Brigitte Macron, un roman français (2018)

 Loehr Ellénore :

Miel et magnésie (2012) ; Il était une fois Hamlet et Ophélie à Shanghai…(2016) ; Léo, Loulou, Jeanne et les autres (2018)

Loizeau Manon :

La Malédiction de naître fille (2006) ; Carnets de route en Géorgie (2008) ; Meurtres en série au pays de Poutine (2009) ; Chronique d’un Iran interdit (2010) ; L’immigration, aux frontières du droit (2011) ;Tchétchénie, une guerre sans traces (2014) ;Syrie : le cri étouffé (2017)

Loridan-Ivens Marceline :

Le 17° parallèle (1968) ; Comment Yukong déplaça les montagnes (1976)

Losier Marie :

The ballad of Genesis et lady Jaye (2011) ; Alan Vega, Just a Million Dreams (2013) Cassandro el exotico (2018)

Loubeyre Nathalie :

No Comment (2009) ; A contre-courant (2013) ; La petite dette qui monte qui monte (2014) ;  La mécanique des flux (2016)

Lynch Shola :

Free Angela Davis and all political prisoners (2011)

Maffre Marie :

Ainsi squattent-ils (2013)

Malek-Madani Fery :

Les filles (2017)

Mangeat Anouck :

Et nous jetterons la mer derrière vous ( 2015) ; Une Autre Montagne (2017)

Marcos Norma :

Freud, Lacan : comment écrire leurs biographies ? (2011) ; Un long été brulant en Palestine (2018)

Marlin Lydie :

Barbès batailles (2019)

Mathieu Séverine :

Filles de nos mères (2001); L’écume des mères (2008) ; Les Rêveurs (2013)

Mèawaï Florence.

Les carpes remontent le fleuve avec patience et persévérance (2011)

Mercurio Stéphane :

Le bout du bout du monde (2000) ; Hôpital au bord de la crise de nerf (2003) ; A côté (2007) ; Mourir ? Plutôt crever ! (2010) ; A l’ombre de la République (2011), Après l’ombre (2017)

Mesa Catalina :

Jerico, l’envol infini des jours (2018)

Mikles Laetitia :

Kijima stories (2014)

Milano Hélène :

Nos amours de vieillesse (2005) ; Les roses noires (2012)

Minder Véronika :

My generation (2012)

Mitteaux Valérie :

Caravane 55 (2003) ; Kings of the world (2007) ; Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre (2011) ; Des poules et des grosses voitures (2013) ; 8 Avenue Lénine (2018)

Moreau Lætitia :

Histoire d’une désinformation toxique (2016) ; Djihad, les contre-feux (2016)

Moreau Marie :

Une partie de nous s’est endormie (2014) ; Soleil sombre (2017)

Mréjen Valérie :

Valvert (2008)

Négroni Magali :

Adelita, sevilla y flamenco (1995) ; L’enfant torero (1996) ; Federico García Lorca (1998) ;

Osouf Valérie :

L’Identité Nationale (2012) ; Par delà les territoires (2017) ; Colonial remix (2018)

Otero Mariana :

La loi du collège (1994) ; Histoire d’un secret (2013), Entre nos mains (2010) ; A ciel ouvert (2013) ; L’assemblée (2017)

Ott Manon :

Narmada (2012) ; De cendres et de braises (2018)

Özdemir Tulin :

Au-delà de l’Ararat (2013)

Pagnot Bénédicte :

Islam pour mémoire, un voyage avec Abdelwahab Meddeb (2015)

 Panayotova Bojina

Je vois rouge (2018) ; L’immeuble des braves (2019)

Perceval  Elisabeth :

L’héroïque lande, la frontière brule (2018)

Perelmuter Viviane :

Ours (2005) ; Le vertige des possibles (2011)

Pernoud Fanny :

Appellation d’origine immigrée (2012) ; Les vies dansent (2017)

Philippe Nora :

Les Ensortilèges de James Ensor (2010) ; Samtavro (2011) ; Pôle emploi, ne quittez pas (2013) ; Like dolls, I’ll Rise (2018).

Pinatel Flavie :

Ramallah Tirana (2013) ; Les chants de la Maladrerie (2017)

Pitoun Anna :

Caravane 55 (2003) ; Kings of the world (2007) ; Smaïn, cité Picasso (2011) ; Des poules et des grosses voitures (2013) ;  8 avenue Lénine (2018)

Plumet Béatrice :

Routes Perdues (2007) ;  Capture Mode (2010) ; Les Immobiles (2014) ; Les Images Parfaites (2016) ; Chroniques Impatientes (2016)

Porte Isabelle :

 Smoking no Smoking, le smoking au féminin (2013) ; Qu’importe le flacon, l’autrement du parfum (2013) ; MP 2013, un héritage pour Marseille (2014) ; Quand l’habit fait le moine (2016) ; Guerriers du silence  (2017) ; Filippo Sorcinelli, croire et voir (2017) ; Frédéric Poggi, una manera d’esse un omu (2018)

Pouch Charlotte :

Des bobines et des hommes (2017)

Pradal Laure :

Deux Saisons pour grandir (2000) ; Chemin de femmes (2004) ; Le Miroir (2006) ; Grandir (2006) ; À ton tour Mireille (2008) ; Le Village vertical (2009) ; 1968 : journal d’une inconnue (2010) ; Parasols et Crustacés (2011) ; Âmes vagabondes (2012) ; En quête de justice (2014) ; La Vie sur l’eau (2015) ; Hors les murs (2016) ; Mimi, à fond la vie !(2017) ; Avoir 20 ans à Lunel (2018)

Prenant Franssou :

Paris, mon petit corps est bien las de ce grand monde (2000) ; Sous le ciel lumineux de son pays natal (2001) ; Le Jeu de l’oie du professeur Poilibus (2007) ; Bienvenue à Madagascar (2017)

 Pressman Frédérique :

Le monde en un jardin (2014)

Rad Mina :

Pour moi le soleil ne se couche jamais (2012) ; Jean Rouch Regards Persan (2017) ; Contes Persan, Jean Rouch en Iran (2018) ; L’avenir du passé, Pierre et yolande Perrault (2019)

Rainer Yvonne :

Privilège (1990)

Régnier Isabelle :

La rue est à eux (2010)  ; Pièce montée (2012)

Régnier Stéphanie :

La loutre et le mobil home (2011) ; Kelly (2013) ; Eaux noires (2018)

Richard Chantal :

La vie en chantier (1996) ; Un jour je repaerirai (2002) ; Au nom des trois couleurs (2009) ; Mes parents n’avaient pas d’appareil photo  (2013) ; Ce dont mon coeur a besoin (2014)

Rios Palma Ketty :

Itinéraire d’un enfant placé (2017)

Robin Marie-Monique :

Le monde selon Monsanto (2008) ; Torture made in USA (2009) ; Notre poison quotidien (2011) ; Les moissons du futur (2012) ; Sacrée croissance !(2014)

Romand Françoise :

Mix-Up ou Méli-Mélo (1985) ; Appelez-moi Madame (1986) ; La règle du je tu elle il (2002) ; Ciné Romand (2009) ; Thème Je (2011)

Roucaut Magali :

Derrière les pierres (2016)

Roussillon Anna :

Je suis le peuple (2014)

Roussopoulos Carole :

Jean Genet parle d’Angela Davis (1970) ; Le Fhar (1971), Y’a qu’à pas baiser (1973) ; La marche des femmes à Handaye (1975) ; Les mères espagnoles (1975) ; Lip : Monique et Christiane (1976) ; Profession agricultrice (1982)

Sara Bouzgarrou Diane :

Je ne me souviens de rien (2017)

Seghezzi Christine :

Chair de ta chair (2004) ; Minimal land (2007) ; Stéphane Hessel, une histoire d’engagement (2008) ; Avenue Rivadavia (2012) ; Histoires de la plaine (2016)

Sénéchal Rébecca :

Les filles (2016)

Serreau Coline :

Solutions locales pour un désordre global (2009) ; Tout est permis (2014) ;

Seyrig Delphine :

Maso et Miso vont en bateau (1976) ; Sois belle et tais-toi (1976)

Simard Liane :

Il était six fois (2017)

Simon Claire :

Les patients (1989) ; Récréations (1993) ; Coûte que coûte (1994) ; 800 kilomètres de différence (2001) ; Mimi (2002) ; Géographie humaine (2013) ; Le bois dont les rêves sont faits (2015) ; Le concours (2016) ; Premières solitudes (2018)

Sissani Fatima :

La langue de Zahra (2011) ; Les gracieuses (2014) ; Tes cheveux démélés cachent une guerre de sept ans (2017)

Teles Leonor :

Terra Franca (2018)

Thiaw Rama :

Boul Fallé, la voie de la lutte (2009) ; The Revolution Won’t be Televised (2016)

Tissier Catherine :

Laïla (1997)

Traore Dahlberg Thérésa :

Ouaga girls (2017)

Trebal Nadège :

Casse (2014)

Treilhou Marie-Claude :

Paroisses, paroissiens, paroissiennes (1995) ; En cours de musique (2000) ; Les Métamorphoses du chœur (2005) ; Couleurs d’orchestre (2007)

Tura Laetitia :

Les messagers (2015)

Turco Lydie :

La voix de l’écolier (2010) ; Culture en scarabée (2016)

Varda Agnès :

Ô saisons Ô châteaux (1957) – L’Opéra-Mouffe (1958) – Du côté de la côte (1958) – Salut les Cubains (1963) – Elsa la rose (1966) – Oncle Yanco (1967) –  Black Panthers (1968) – Daguerréotypes (1975) – Réponses de femmes (1977) – Mur, murs (1980) – Ulysse (1982) – Les dites Cariatides (1984) – T’as de beaux escaliers, tu sais (1986) – Jane B par Agnès V (1987) – Les demoiselles ont eu 25 ans (1992) – Les cent et une nuit de Simon Cinéma (1994) – L’univers de Jacques Demy (1995) Les glaneurs et la glaneuses (1999) – Deux ans après (2002) – Ydessa, les ours et etc. (2004) – Les plages d’Agnès (2008)Agnès de-ci de-là Varda (2011) – Visages Villages (2017)

Velissaropoulou Niki :

Nous ne vendrons pas notre avenir (2018)

Vermeersch Laure.

Alcyons (2015)

Vignal Vanina :

Après le silence (2012)

Villar Catalina :

Les parrains de la drogue (1995) ; Toto la Monposina (1998) : Cahiers de Medelin (1997-1998) ; Patricio Guzman, une histoire chilienne (2001) ; Bienvenidos a Colombia (2002) ; Invente moi un pays (2005) ; La Nueva Medellin (2016) ; Camino (2018)

Voignier Marie :

Hinterland (2008) – L’hypothèse du Mokélé M’Bembé (2011) – Tourisme international (2014)

Von Trotta Margarethe :

A la recherche d’Ingmar Bergman (2018)

Wartena Katharina :

Tenir la distance (2016)

Weira Amina :

La colère dans le vent (2016)

Wisshaupt-Claudel Lydie :

 Il y a encore de la lumière (2006) ;  Sideroads, (2012) ;  Killing Time, entre deux fronts (2015)

Zajdermann Paule  :

Mères filles pour la vie (2005)

Zauberman Yolande :

Classified people (1988) ; Caste criminelle (1990) ; Would you have sex with an Arab ? (2011) ; M (2018)

Zoutat Yamina :

Les Lessiveuses (2010) ; Retour au Palais (2017)

Zylberman Ruth :

Maurice Nadeau, le chemin de la vie (2011) ;  Une présidente pour l’amérique, mode d’emploi (2012) ; Héritiers (2015) ; Les enfants du 209 rue Saint-Maur – Paris Xème (2017)

 

A COMME ADMIRATION.

Exercice d’admiration 5, Frère Alain. Vincent Dieutre, 2017, 66 minutes.

Rendre hommage. Reconnaître une – des- influence. Payer sa dette envers elles. Un cinéaste loue donc d’autres cinéastes. Des cinéastes qui l’ont marqué. Sans qui il ne serait peut-être pas ce qu’il est, cinéaste. Ou du moins, sans eux, il ne ferait pas le même cinéma. Il s’est engagé sur le chemin – dans l’aventure – de la réalisation de films avec eux à ses côté. Admiratif, il veut dire clairement son admiration.

Un exercice qui n’est pas simplement un entrainement, une préparation ou une modalité d’apprentissage. L’exercice a toujours des contraintes, voire une forme imposée. Mais ici, même s’il devient la marque, l’expression, la reconnaissance d’une filiation, il matérialise la rencontre, l’échange, d’égal à égal. Parce que ce cinéma–là n’est pas une question de gloire.

exercice d'admiration

Depuis quelques années déjà, Vincent Dieutre rend hommage aux cinéastes faisant partie de son compagnonnage. Des cinéastes bien différents et les films qui leur sont dédiés sont eux-mêmes fort dissemblables dans leur forme, dans la façon de rendre hommage, dans le dispositif admiratif qu’ils mettent en œuvre. Du coup, s’il s’agit bien d’une série –ou plus exactement d’une collection – ils se regardent très bien individuellement. Chacun a sa propre vie.

Chronologiquement, les exercices d’admiration de Dieutre commencent par un film consacré à la cinéaste japonaise, Naomie Kawazé, la « petite sœur ». Puis vient Jean Eustache et une des plus célèbres scènes de La Maman et la putain (le monologue de fin interprété par Françoise Lebrun qui devient ici sa metteuse en scène). En trois, c’est Jean Cocteau et la Voix humaine ; en quatre Rossellini et le Voyage en Italie. Et comme terme provisoire de la série, Alain Cavalier, et l’ensemble de son œuvre.

exercice d'admiration 2

Le projet initial de ce cinquième exercice prévoyait que Vincent et Alain allaient se retrouver à Florence et réaliser un film en commun. De ce projet nous ne saurons rien de plus. Alain n’ayant pu se rendre en Italie, Vincent réalisera le film seul. Un film qui – pourrait-il en être autrement – lui sera tout à fait personnel, et bien sûr écrit à la première personne.

De la carrière de Cavalier, Dieutre retient essentiellement son renoncement au « cinéma de marché », un cinéma avec un gros budget, des acteurs (des stars si possible), et une équipe de techniciens importante. Bref un cinéma industriel qui triomphe dans la fiction. A partir de La Rencontre en 1996, Cavalier va filmer seul, faire des films pauvres, en première personne et qui s’attachent aux mille et une petites choses de la vie quotidienne. C’est ce modèle que Dieutre va appliquer dans son exercice d’admiration. Il va s’attacher à rendre compte de son séjour toscan à la manière de Cavalier, filmant par exemple tous les matins le ramassage des poubelles depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel.

exercice d'admiration 4

Mais Dieutre reste Dieutre. A Florence il ne pouvait pas ne pas se pencher aussi sur la peinture florentine. Il consacre donc une partie du film aux fresques de Giotto, commentant en particulier l’épisode de la vie de François d’Assise où, nu en place publique, il renonce aux biens terrestres. Un renoncement que Dieutre rapproche de celui de Cavalier…

Restent les films de Cavalier, que Dieutre cite abondamment. Soit des images fixes, comme les actrices des premiers films de Cavalier, dont Romy Schneider. Soit de courtes séquences choisies pour leur côté surprenant, par exemple la séquence « scatologique » de La Rencontre à propos du « trou de balle » de Françoise et celle, dans Pater, où le Président fait la proposition d’un « salaire maximum ». Beaucoup de ces extraits ne sont pas identifiés et leur présence fonctionne alors comme un clin-d’œil au spécialiste de l’œuvre de Cavalier qui doit s’amuser à les reconnaître.

Le film de Dieutre a en fin de compte un aspect plutôt ludique. Il ne s’agit surtout pas de proposer une exégèse de l’œuvre de Cavalier. Ni même d’en faire une critique. Un film léger qui évite, pour notre plus grand plaisir, tout esprit de sérieux.

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C COMME CINÉMA EXPÉRIMENTAL.

Free radicals. Une histoire du cinéma expérimental, Pip Chodorov, Etats-Unis, 83 minutes.

Le cinéma expérimental est-il un art essentiellement américain ? A la vision de cette « histoire », on est porté à le croire, même si un certain nombre des artistes présentés ne sont pas américains et ont pu vivre et travailler hors des Etats-Unis. Mais son auteur, Pip Chodorov est new-yorkais et sa ville fut incontestablement un des berceaux de ces manifestations cinématographiques déroutantes, toujours à la recherche de la nouveauté et échappant systématiquement aux normes esthétiques et économiques du cinéma américain et donc du cinéma « grand public ».

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Pip Chodorov est le fils de Stephan, homme de cinéma et de télévision. La présence de l’un et l’autre dans le film suffit d’ailleurs à montrer que la perspective historique adoptée a un côté personnel incontestable qui ne prétend pas contribuer à l’édification d’une somme définitive. Free Radicals n’est pas le fruit d’une recherche. C’est un film issu de la vie et du travail de son auteur. Celui-ci a toujours baigné dans un milieu concerné par le cinéma. C’est donc tout naturellement qu’il est devenu lui-même cinéaste. Mais il est aussi musicien, éditeur et distributeur, au sein de Re : Voir, la société qu’il a créée, de ces œuvres expérimentales qu’il connaît parfaitement. Pip Chodorov a trouvé une caméra dans son berceau. Une bonne fée l’a mis sur la voie d’une carrière particulièrement riche dans laquelle il a personnellement côtoyé tous ceux qui ont compté dans l’aventure du cinéma expérimental, de Stan Brakhage à Andy Warhol, pour reprendre l’ordre alphabétique du générique, en passant par Robert Breer, Ken Jacobs, Peter Kubelka, Maurice Lemaître, Len Lye, Jonas Mekas, Joh Mhiriperi, Nam June Paik, Hans Richter, MM Serra, Michael Snow ou Stan Vanderbeek. C’est à eux qu’il laisse la place dans son film. Une galerie de portraits donc qui a les qualités de ces contacts personnels où l’on abandonne les postures conventionnelles et attendues tout autant que la langue de bois.

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Le film fonctionne sur un modèle relativement classique, faisant se succéder rencontres et entretiens avec les cinéastes et les extraits de leurs œuvres. Il nous offre même quelques réalisations courtes in extenso. Et comme il est pratiquement impossible de les voir dans d’autres conditions, ce travail de sauvegarde a un prix inestimable.

Le premier film présenté dès le générique a été tourné par le père de Pip et montre celui-ci enfant. Comment un film de famille peut-il devenir du cinéma expérimental avec une prétention artistique ? Réponse, par l’intervention quasi magique du chien de la famille, « faisant pipi » sur la pellicule, celle-ci étant alors totalement transformée, les couleurs sont délavées, et la tonalité générale de « l’œuvre » n’a alors plus rien à voir avec le produit d’origine. Une anecdote pleine d’humour, comme la grande majorité du film.

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La liste des cinéastes présents dans Free Radicals est donc impressionnante. Certains ont droit, par le choix de Pip, à une place privilégiée. Outre son père, avec qui il aime visiblement dialoguer, nous retrouvons souvent Jonas Mekas, seul ou discutant avec des amis. Vanderbeek disserte sur la place des ordinateurs dans l’art, et Kubelka commente ses expositions de pellicules devenues sculpture. Le cinéma expérimental que nous présente Pip est une affaire de famille et d’amis. Le film n’a aucune prétention de constituer un manifeste.

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Côté œuvre rare que nous avons la chance de découvrir ici, citons la première œuvre cinématographique abstraire, réalisée par Hans Richter dans les années 20. Nous pouvons voir aussi les premiers travaux de Pip lui-même réalisés sans caméra grâce à des gravures directement sur la pellicule. Le résultat obtenu est quand même moins créatif que ce que réalisera plus tard Norman MacLaren. Signalons enfin la présentation à plusieurs reprises dans le film d’extraits de l’œuvre de Mekas.

Quelles sont les caractéristiques du cinéma expérimental qui se dégagent du film ? D’abord, au niveau économique, les intervenants insistent sur le fait qu’il s’est développé en dehors des circuits commerciaux traditionnels et qu’il n’a pu survivre que par l’engagement personnel de ses créateurs. Le lancement en 1970 de l’Anthology Film Archives, auquel beaucoup des cinéastes présents dans Free Radicals ont participé, a ainsi assuré la conservation et la distribution des œuvres. Mais, que le cinéma expérimental ne soit pas commercial, il n’y a rien là de bien surprenant. N’est-il pas de sa nature même de ne pas chercher à plaire au public ? Le film de Chodorov contribue cependant à le sortir un peu du ghetto auquel il risquait sans cela d’être condamné.

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Côté esthétique, les extraits de films retenus nous montrent surtout un cinéma fait d’interventions sur la pellicule, de plans courts dont la rapidité de défilement est accentuée par le montage, nombres d’effets qui rendent souvent le visionnage difficile pour les yeux. Mais le point commun semble surtout être le renoncement au figuratif. L’image expérimentale n’a plus de fonction de ressemblance. La perception naturelle n’en est plus la référence. Elle nous offre une expérience visuelle originale, unique. Et c’est bien pour cela qu’elle a une valeur artistique.