V COMME VARDA Agnès Eternelle.

Agnès de ci de là Varda, Série documentaire d’Agnès Varda, France, 2011, 5X45 minutes.

         En cinq épisodes, Agnès Varda chronique sa vie de cinéaste. Une vie d’artiste faite de voyages, de rencontres, avec d’autres artistes, d’autres cinéastes, ses amis. Partout elle est reçue avec les honneurs que mérite son œuvre cinématographique, reconnue dans le monde entier. Et L’on sent la grande sympathie qu’elle suscite chez tous ceux qu’elle rencontre, avec qui elle a pu faire un bout de chemin dans sa vie, la chaleur des contacts qu’elle a dans tous ces pays avec des cinéastes, des plasticiens, des acteurs, des peintres, célèbres ou moins connus, avec qui elle entretient des liens d’amitiés. Le style de Varda, c’est cette simplicité de la vie, cette sincérité et cette chaleur qui se dégagent de chacun de ses plans.

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         La liste des points de chute de Varda dans ses voyages est impressionnante. Berlin, Lisbonne, Porto, Rio de Janeiro, Bruxelles, Stockholm, Venise, Bâle, Cologne, Saint-Pétersbourg, Los Angeles, Frankfort, Mexico. Sans oublier, en France, Paris, Nantes, Lyon, Sète, Avignon. Un itinéraire sans ordre apparent, sans intention explicite, si ce n’est cet appétit de découvertes, de rencontres, qui anime une cinéaste déjà âgée, dont l’œuvre pourrait paraître achevée, mais qui filme toujours, pour son propre plaisir, un plaisir qu’elle sait si bien faire partager. Un itinéraire qui la ramène toujours chez elle, dans la maison de la rue Daguerre à Paris, cette maison qu’elle a déjà filmée il y a longtemps dans Daguerréotypes, Cette maison où elle retrouve ses enfants, qui sont aussi engagés dans le monde du cinéma, et où elle évoque avec pudeur le souvenir de Jacques Demy, son compagnon. Le premier épisode débute alors qu’elle surveille l’élagage de l’arbre qui, décidemment, prend trop de place dans la petite cour de la maison. À chacun de ses retours de voyage, elle filme les branches qui repoussent. L’arbre, plein de vitalité, retrouve une nouvelle jeunesse. Comme la cinéaste !

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         Agnès de ci de là Varda constitue une évocation du cinéma qu’aime son auteure, mais aussi une anthologie de l’art contemporain. Côté cinéastes, elle rencontre Manuel de Oliveira au Portugal, Glauber Rocha au Brésil, Sokourov en Russie et Carlos Reygadas au Mexique. Des rencontres émouvantes, mais aussi pleines d’enthousiasme, comme avec Oliveira, le doyen de ces portraits, rencontré avec sa femme. « À nous trois, on totalisait 276 ans… », dit Varda. Une sorte d’exploit ! L’évocation du temps qui passe, c’est aussi l’objet de la rencontre avec Jean-Louis Trintignant, une rencontre dont se dégage une grande émotion.

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         Cinéaste, photographe, auteure d’installations, artiste aux multiples facettes donc, Varda peut explorer les hauts lieux de la création contemporaine en connaissance de cause. Le musée des Beaux-Arts à Nantes, la terrasse de la Cité radieuse à Lisbonne, le musée Niteroi à Rio, la Biennale de Venise, la foire de Bâle, l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, la Biennale de Lyon, les Arts modestes à Sète, ou le mural Jim Morrison en Californie, tels sont les principaux lieux de l’art qu’elle nous fait visiter. Côté rencontre d’artistes, le bilan de ces 3 heures 45 de plongée dans le monde de l’art est tout aussi hétéroclite, mais toujours stimulant : Joseph Beuys, Pierrick Sorin, Pierre Alechinsky, Christian Boltanski, Annette Messager, Pierre Soulages, Frida Kahlo, et cette liste des artistes que Varda rencontre, ou dont elle nous présente les œuvres, est loin d’être complète.

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Dernier clin d’œil malicieux de Varda, sa rencontre dans le premier épisode avec le chat Guillaume-en-Egypte qui nous reçoit dans l’atelier de son maître Chris Marker. Celui-ci est-il absent ? Non, mais pour préserver sa légendaire modestie et sa volonté de ne pas laisser de lui des images, Varda ne filme que ses mains. Par contre sa caméra s’attarde sur la multitude d’écrans et de machines à images qui encombrent les lieux. Un bien bel hommage au génie créatif du cinéaste.

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Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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