K COMME KLEIN William

Cinéaste américain (né en 1928)

Né à New York, William Klein s’installe en France en 1948 et travaillera dès lors à Paris. Il est d’abord connu comme photographe. Il est aussi graphiste et peintre. Ses livres de photographie les plus marquants sont consacrés aux grandes villes, Rome, Moscou, Tokyo et Paris. Des photos bien souvent très éloignées des codes de la perfection. Il n’hésite pas à bousculer les cadres. Il ne supprime pas les flous. Ses images de nuit ont beaucoup de grain. Toutes sont marquées par la violence. Klein est un photographe qui bouscule le spectateur. Il a aussi beaucoup travaillé dans la mode, notamment pour le magazine Vogue. Il est un des premiers à sortir des studios et à photographier les mannequins dans les rues des villes.

Au cinéma, son œuvre de fiction est peu fournie en titres, mais il a réalisé des œuvres qui sont devenus des films culte, en particulier Qui êtes-vous Polly Maggoo ? (1966), une satire caustique du monde de la mode qui obtiendra le prix Jean Vigo. Dans Mister Freedom (1969), il dénonce l’impérialisme américain. Son engagement politique est aussi perceptible dans ses documentaires. Il participe en 1967 au film collectif Loin du Viêtnam coordonné par Chris Marker. En 1969, il filme le Festival panafricain d’Alger. Il s’intéresse aussi aux mouvements de contestation et de revendication des Noirs aux Etats-Unis (Eldrigde Cleaver, 1970, film consacré au leader des Black Panthers). Son film sur le chanteur Little Richard (The Little Richard Story, 1980) est aussi un hommage à un artiste noir. Il a donné une vision originale du monde dusport avec Muhammad Ali, the Greatest en 1969 ou The French (1982) consacré au tournoi de tennis de Roland-Garros. Dans les années 1980-90, il réalise deux documentaires sur le monde de la mode, Made in mode (1984) et In and out of Fashion (1994).

Dans le cinéma documentaire, son œuvre la plus marquante reste sans doute Grands soirs et petits matins consacrée au mouvement de mai 1968 à Paris. Klein filme caméra à l’épaule les manifestations du Quartier latin, les assemblées générales à la Sorbonne, l’édification des barricades la nuit, les charges de CRS. Le film peut sembler n’être qu’une accumulation de rushes, mais il correspond en fait parfaitement à l’esprit de la contestation généralisée de 68, surtout dans le monde étudiant. Il nous montre le foisonnement des débats, le jaillissement des idées les plus inattendues, les plus utopiques. On entend beaucoup dans le film l’Internationale et les sirènes des pompiers ou des ambulances. Au matin, dans le calme retrouvé, la caméra s’attarde sur les arbres déracinés, les voitures incendiées et les pavés partout. Mais les débats politiques continuent dans les rues.

Que ce soit au cinéma ou dans le monde de la photographie, William Klein a été un artiste souvent contesté mais toujours novateur. Il reste inclassable tant son œuvre est multiple et diversifiée.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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