B COMME BLACK – Power.

What You Gonna Do When The World’s On Fire ? Roberto Minervini, Italie, États-Unis, France, 2018, 123 minutes.

Un titre énigmatique, atypique. Qui ne dit pas grand-chose du film qu’il annonce. Du moins pas ouvertement. Un titre long. Trop long. Et qui plus est, sous forme interrogative. A qui s’adresse la question posée ? Qui peut y répondre ? Les protagonistes du film ? Les spectateurs ? Ou le film dans sa totalité. Après visionnage. Parce que ce film veut nous interroger. Nous mettre mal à l’aise. En nous adressant une mise en garde. Presque un ultimatum. Lorsque le monde brulera, il sera trop tard. De toute façon, il est peut-être déjà trop tard.

Nous sommes dans le sud des États-Unis. Quelque part en Louisiane ou au Texas. Peu importe la localisation exacte. Ce qui compte c’est que nous sommes dans une région habitée par des noirs et où la loi est du côté des blancs.

Le film nous présente plusieurs portraits, développés successivement, s’enchainant sans transition. Une façon de plonger dans des vies qui ne se croisent pas vraiment, mais qui qui révèlent les mêmes difficultés, les mêmes incertitudes, les mêmes oppressions.

Une femme, Judy, qui chante et danse remarquablement. Elle possède un bar, mais elle a de plus en plus de mal à payer un loyer en constante augmentation. Elle se sent contrainte à s’en séparer. Son avenir est des plus incertainS.

Deux gamins. Deux frères, Ronaldo et Titus. Ils sont souvent laissés à eux-mêmes et tuent le temps comme ils peuvent. Ronaldo, l’ainé, subit plusieurs fois les leçons de morale de sa mère, inquiète qu’il ne suive le mauvais exemple de son père qui est en prison.

Un chef indien qui prépare le costume tout en plumes et en perles qu’il portera pour la fête du mardi-gras.

Et puis un groupe de militants du New Black Panther Party, qui demande justice pour les meurtres de noirs commis par des blancs. Leurs slogans proclament le Black Power. Une séquence les montre distribuant de l’eau et des sandwichs à des SDF. Lors de la dernière manifestation, plusieurs d’entre eux sont arrêtés sans ménagement par la police.

Au total, on peut dire qu’il s’agit d’un film noir, et pas seulement parce qu’il a renoncé à la couleur. Un film sur la vie des noirs au royaume des blancs. Les images sont noires. La musique est noire. Les danses sont noires. L’avenir est noir. Le cinéaste ne propose pas la moindre lueur d’espoir. Il montre tout au plus comment ses personnages peuvent supporter le présent.

O COMME OTHER SIDE

The other side. Roberto Minervini, Italie, France, 2015 92 mn

La Louisiane. La Louisiane profonde. Celle qu’on ne voit pas dans les guides touristiques. Celle qu’on ne peut découvrir qu’en étant parfaitement intégrer dans cette région du sud des États-Unis, qu’en en connaissant parfaitement les recoins cachés, qu’en se sentant proche de son tissu social le plus décomposé. Sans jugement.

Pas de critique et encore moins de rejet. Mais pas d’admiration non plus. Ce qui veut dire n’être pas qu’un simple observateur. Ne pas être dans une extériorité factice. Un cinéma qui se fond dans une situation vécue.

 C’est ce que réussi parfaitement un cinéaste italien ! Immigré en Louisiane pour faire du cinéma. Parce que fasciné par ce qu’il en découvre, il nous y donne accès sans voile, sans fard, sans pudeur, sans faux-semblants.

La Louisiane de la drogue, du sexe, de la déchéance sociale. Et des armes à feu. Pas le bon côté de la société américaine.

Des individus en marge. En marge des lois et de tout confort de vie. Le cliché habituel les qualifie de losers. Mais qu’ont-ils à perdre ? En fait ils ne jouent pas. Ils ne participent pas de la compétition de la vie. S’ils vivent de l’autre côté, c’est parce que le bon côté, pour eux, n’existe pas. N’a jamais existé.

C’est du moins le cas du couple, Mark et Lisa, qui sont les protagonistes centraux du film. Dont la vie constitue la partie centrale du film. La partie essentielle ? Ce qui n’a rien d’évident, au premier abord.

Car il y a un autre côté de cette marginalité-là, un groupe d’anciens soldats, revenus du front encore jeunes, armés jusqu’aux dents et qui s’entrainent systématiquement en vue de faire face à la guerre intérieure qui ne manquera pas d’exploser. Leur tête de turc, c’est Obama. Simplement parce que c’est un « nègre ».

Il n’y a aucun point commun entre ces deux marginalités. D’ailleurs le film ne les fait pas se rencontrer. La vie de Mark et Lisa est encadrée par deux séquences consacrées aux manifestations de force du groupe des anciens soldats. Un contraste fort, bien sûr. Les fusils versus les seringues pour se piquer.  Mais des deux côtés, la même référence à la famille. La famille qu’il faut défendre pour les uns. La famille sans laquelle on ne peut vivre pour les autres. Mais on n’est pas sûr, lorsqu’ils en parlent, qu’ils renvoient à la même réalité.

Le film qui ne ménage nullement la sensibilité du spectateur. Il entre dans l’intimité la plus secrète de deux individus, et pas seulement parce qu’ils sont filmés faisant l’amour. Pas seulement non plus parce qu’il multiplie les gros plans, dans la consommation de drogues en particulier. C’est plutôt à cause de cette atmosphère bien particulière que crée la lumière froide des images. Et la profondeur de la nuit.

Par contre, la séquence finale du film est réalisée en pleine lumière. Mais cette fusillade d’une épave de voiture où est inscrit le nom d’Obama et qu’ils finissent par faire exploser ne propose pas pour autant une vision optimiste de l’avenir.

A COMME AMERINDIENS – Etats-Unis.

Seekers. Aurore Vullierme, France, 2019, 77 minutes.

Qu’une cinéaste française se penche sur les problèmes des amérindiens aux Etats-Unis, voila qui est significatif de la volonté des cinéastes de l’hexagonal, et en particulier des femmes documentaristes, de prendre position en faveur, et de défendre les droits des minorités partout dans le monde. Un souci qui n’est peut-être pas si présent dans le cinéma outre-Atlantique…

Dans Seekers, Aurore Vullierme fait le portrait d’un amérindien, Léon K. Reval, vivant dans la réserve des Apaches Jicarillas au Nouveau Mexique. Un portrait très intimiste, qui sonde les profondeurs de l’âme de Léon, et qui pénètre dans l’intimité de sa vie, familiale et public. Un portrait plein de sympathie. Mais avec un ton quelque peu désabusé, teinté de tristesse et de regret.

C’est que le film commence à un moment particulier de la vie de Léon : le soir des résultats des élections tribales. Léon n’est pas réélu. Il ne siègera plus au Conseil, auquel il avait consacré tant d’années de sa vie. Il se sent comme dépouillé de son être, de ce qui constituait le sens de sa vie. 

« La vie continue » dira-t-il plusieurs fois à ses amis. Mais on sent bien que ce sera difficile. D’autant plus qu’il n’a plus d’emploi et sa vie de famille ne l’occupera certainement pas à plein temps. Même si en bon père il donne beaucoup de soin – et d’amour – à ses trois enfants, dont un est handicapé – qu’il élève seul. Une longue séance le montre discuter au petit déjeuné avec sa fille ainée et lui donner des conseils pour pouvoir affronter l’avenir. Comme pour tous les membres de la communauté Jicarillas, rien ne semble assuré pour elle. L’intégration, quasiment forcée, dont ces enfants ont fait l’objet, est-elle une réussite ?

Au-delà de la situation de Léon et de sa famille, le film est une plongée au cœur de cette communauté Apache. Le rodéo, la chasse, la course de chevaux, le carnaval, la fête locale, des moments de vie traditionnels où la politique semble mise de côté. Pourtant, le discours de la « Miss Jicarillas » est un vibrant appel à la solidarité et à la mobilisation. Et ce n’est pas un hasard bien sûr si le film commence et finit par des images d’archives résumant parfaitement la situation des amérindiens. Au début, des enfants en blouse d’écoliers chantent une comptine en anglais. A la fin, une manifestation tourne à l’affrontement violent avec la police. Face à l’incertitude de l’avenir, le recours aux valeurs de la culture ancestrale n’est-il pas la seule possibilité de survie ?

J COMME JEU.

Game girls. Alina Skrzeszewska , 2018, 88 minutes.

Des filles qui jouent avec le feu.

Et pourtant, Game girls est un film noir. Un film tourné essentiellement la nuit. Dans un quartier qui est un bas-fond : Skid Row à Los Angeles.

Des filles qui jouent avec l’amour.

Teri et Tiahna sont inséparables, mais leurs disputes sont d’une rare violence. Comme lors de leur mariage, qu’elles ont préparé avec minutie mais qui se terminera en catastrophe.

Des filles qui jouent avec la violence.

Une violence qui tend à se généraliser, à tout contaminer, à tout emporter, tous les repères, toutes les relations, toutes les valeurs. Les cris de révolte de Teri dans la rue lors de l’incipit du film. Et les insultes dont elle agresse les passants. Les bagarres filmées de loin car il est dangereux de trop s’approcher, surtout avec une caméra.

Des filles qui jouent avec la drogue.

Elles fument beaucoup, mais pas que. Et surtout elles trempent dans le trafic.

Des filles qui jouent avec la prison.

Au début du film Teri attend la libération se Tiahna. A la fin du film c’est l’inverse. Peut-il y avoir une fin à cette spirale infernale ?

Des filles qui jouent à jouer.

Dans un atelier d’expression artistique. Un atelier à fonction thérapeutique. Qui devrait ouvrir des perspectives d’un avenir meilleur.

Des filles qui jouent avec l’argent.

 Surtout celui qu’elles n’ont pas. Qu’elles voudraient avoir. Qu’elles n’auront jamais.

Un film qui joue avec les contrastes.

A la nuit s’oppose des jeux d’eau lumineux. Signe d’espoir ?

R COMME RACISME.

Sud. Chantal Akerman. Belgique – France, 1999, 70 minutes.

         Voyageant dans le sud des Etats Unis, Chantal Akerman va consacrer le film qu’elle tourne au Texas au crime raciste particulièrement odieux qui vient d’être commis à Jasper. James Byrd jr, un noir connu de tous, a été battu par trois blancs qui l’on ensuite attaché derrière leur camionnette et trainé sur la route pendant plusieurs kilomètres. La cinéaste se situe clairement du côté de ceux qui condamnent sans appel de tels actes. Mais son film, s’il dénonce le racisme, n’est pas un réquisitoire en bonne et due forme. Il ne cherche pas non plus à expliquer. Il rend simplement compte des faits. Ils sont suffisamment parlants en eux-mêmes.

         Akerman plante d’abord le décor. Des plans fixes, lents comme ce train de marchandises interminable vu depuis le passage à niveau avec un lac en arrière-plan .Ou ses travellings le long des maisons en bois, ou des arbres et de la végétation environnante. Tout semble calme, paisible. On n’entend que des bruits d’insectes et quelques véhicules hors-champ.

         La première rencontre, c’est une femme noire, assise chez elle, avec un bébé dans les bras, entourée d’un garçon et de deux fillettes. Elle parle du rapport entre les blancs et les noirs, du temps de l’esclavage où ils n’avaient rien. Maintenant les choses ont bien changées, répète-t-elle à plusieurs reprises. « On a des maisons à nous ». Ce sont ces quartiers où vivent les noirs que la cinéaste filme, avec cette succession de travellings le long des rues et de plans fixes, sur un homme assis devant sa maison par exemple. Elle pose quelques indices qui anticipent peu à peu sur la suite du film, la sortie du temple, le récit d’un homme qui, alerté par le bruit, a vu dans la nuit un camion qui zigzaguait sur la route. Le lendemain, il y avait des policiers partout.

Le lendemain, c’était le 7 juin, et le journal local titre sur le crime. Un homme blanc donne les détails. Il n’y a aucun doute sur sa nature raciste. Un des suspects appréhendé déclare seulement qu’ils voulaient faire peur aux noirs. Le film va alterner les plans fixes sur la nature comme figée (un long plan cadre un arbre mort dans un pré), les travellings sur les maisons et les récits des violences faites aux noirs, les lynchages et les assassinats. Les arbres portent encore la trace des pendaisons. Lors d’un concert de Nat King Cole, à Buckingham en 1956, des blancs sont montés sur la scène et l’ont frappé avec des chaînes. Le chanteur a nettoyé le sang en coulisse et est revenu sur scène terminer son concert. Cette affirmation sereine de la dignité humaine, nous la retrouvons tout au long de la séquence consacrée à l’hommage rendu par la communauté noire à la victime, dans le temple, en présence de sa famille. Nulle haine ne marque les prises de parole affirmant toutes que James Byrd jr restera à jamais vivant dans les cœurs et que c’est pour cela que sa mort ne sera pas inutile. Les prières collectives et les chants sont filmés avec une grande simplicité pour laisser s’exprimer l’émotion.

La fin du film apporte deux éclairages opposés sur l’existence du racisme dans la région. Le shérif d’abord, dans une sorte de discours officiel (il est assis à son bureau devant le drapeau américain), minimise les problèmes raciaux. Pour lui, s’il y a des problèmes dans le comté, ils sont de nature économique, comme partout. Par contre un autre homme, blanc lui aussi, constate l’augmentation du nombre d’organisations style Ku Klux Klan qui développent des thèses sur la suprématie de la race blanche et demandent l’expulsion du pays de tous les hommes de couleur. C’est de manière cinématographique que Chantal Akerman prend position. Elle termine son film par un long travelling sur la route où a été assassiné James Byrd jr, la caméra faisant défiler sous nos yeux le bitume sur lequel il est mort.

A COMME ABECEDAIRE – Chantal Akerman

Même si elle est surtout connue pour ses films de fiction, son œuvre documentaire est loin d’être négligeable.

Autobiographie

La vie, une source d’inspiration.

Attentat

Au tournant de la rue, des morts, des blessés, lors du voyage en Israël. L’actualité restera pourtant hors-champ.

 Concert

Un solo de violoncelle

Conflit israélo-palestinien

La toile de fond d’un voyage en Israël.

Désert.

Un arbre secoué par un vent violent avec, en fond, un désert rocailleux où l’on distingue une route sinueuse dans la profondeur de champ. Un désert où il n’y a rien, rien d’important, rien de remarquable, simplement de la terre et quelques herbes éparses.

Émotion

Des films où domine la recherche formelle, mais dont l’émotion n’est jamais absente.

États-Unis

De New York à la Californie, des séjours, des voyages.

Europe de l’Est

En Russie, en Pologne, des rues et des routes enneigées, des façades d’immeubles ou de magasins, des passants plus ou moins pressés et des files d’attente.

Fenêtre

« Je regarde par la fenêtre et je me replie sur moi. »

Frontières.

De plus en plus infranchissables. Pour dissuader les clandestins.

Gare

Le va-et-vient des voyageurs et les salles d’attente.

 Immigration.

L’immigration clandestine vue des deux côté de la frontière entre la Californie et le Mexique.

Israël

Un bref séjour, dans une ville au bord de la mer, Tel Aviv.

Jardin

 Le gazon verdoyant avec la chaise longue bleue qui semble abandonnée.

Judaïté

Ses racines. Un passé ineffaçable. Auschwitz. « L’étoile jaune, je la porte en moi. »

Lettres

D’une mère à sa fille, partie loin, dans le Nouveau Monde.

Mer

Filmée en plans fixes, depuis la plage. Quelques promeneurs, quelques enfants.

Mère.

Un lien, indestructible. Malgré la séparation.

Mexique.

La frontière avec les États-Unis. Une barrière. Un mur. Des barbelés.

New York

Les rues et les avenues, avec les voitures. Au début du film il y a peu de personnes dans le cadre, en dehors des voitures. Plus tard, nous aurons des plans avec une foule dense sur les trottoirs, ou qui traverse la rue. Et puis il y a des plans de métro. Pas dans une station, dans une rame. Enfin sur une embarcation qui s’éloigne lentement de la rive. Nous pouvons alors voir la ligne des gratte-ciel du sud de Manhattan, reconnaissable en particulier aux tours jumelles du World Trade Center.

Plan fixe

Nombreux. Longs. Presque toujours vides. Il ne s’y passe rien. Le plus souvent ils sont mis en opposition avec des travellings.

Racisme

Dénonciation du crime raciste commis à Jasper dans le sud des États-Unis : James Byrd Jr. a été battu par trois blancs qui l’ont attaché derrière leur camionnette et trainé sur la route pendant plusieurs kilomètres.

Solitude

Même dans la foule. L’absence de communication.

Ville

Bruxelles, New York, Tel Aviv. Le triangle géographique.

Voyage

Partir. Aux États-Unis. En Israël. Vers l’est. Dans le sud. Mais toujours revenir à Bruxelles.

A COMME Amérique – États-Unis.

American Passages, Ruth Beckermann, Autriche, 2011, 121 minutes.

Un voyage à travers les Etats-Unis, sans itinéraire décidé à l’avance, sans but particulier non plus, si ce n’est que de recueillir des images, de faire des rencontres et d’écouter ceux qui veulent bien parler d’eux, de leur vie, de ce pays qu’ils peuvent adorer ou haïr, des américains qui n’ont pas grand-chose de commun en dehors de cette identité nationale. Une Amérique particulièrement diversifiée donc.

Un film fait d’une multitude de visions, qui pourraient tout aussi bien  être multipliées à l’infini. Mais chaque fois des découvertes suffisamment surprenantes, étranges même, pour nous dire que décidément ce pays, ce continent, nous ne le connaissions pas vraiment. Et qu’il nous offrira encore longtemps des surprises, des étonnements, des émerveillements peut-être, mais aussi un sentiment d’incompréhension, de révolte aussi.

Le film débute à l’heure de l’annonce de la victoire d’Obama aux élections présidentielles et nous montre la joie, les manifestations de triomphe, des afro-américains descendus dans les rues pour suivre l’événement. Il se termine à Las Vegas, dans un casino, le royaume du jeu, de l’étalage du luxe et du clinquant, et de l’argent que l’on gagne ou perd, peu importe, ce qui compte c’est simplement d’être là.

Entre ces deux séquences nous aurons séjourné dans une banlieue noire au milieu des bâtiments HLM (un ghetto ?) où les femmes peuvent avoir eu des enfants dès 15 ans. Nous aurons rencontré un couple gay qui vient d’adopter un garçon d’une dizaine d’années. Nous aurons fréquenté les statues des signataires de la constitution. Et nous aurons écouté une magistrate noire ou un vétéran d’Irak. Et bien d’autres, parfois juste croisés, car le plus souvent le film ne nous donne pas le temps de nous arrêter. Son propos n’est pas d’approfondir. Dans cette fuite en avant qui pourrait presque donner le vertige, il nous entraine toujours plus loin. Et nous ne risquons pas d’être abandonnés en route tant nous sommes captés par le rythme du film. Une succession de portraits suffisamment contrastés pour que nous en gardions plus qu’une simple impression, un souvenir brulant.

L’Amérique du XXI ° siècle, c’est donc ça. C’est ça aussi. Indéniablement.