T COMME TATI Jacques

Jacques Tati, tombé de la lune. Jean-Baptiste Péretié, 202160 minutes.

Tout le monde connait M Hulot, avec sa dégaine inoubliable, son chapeau, sa pipe, sa gabardine grise, ses pantalons trop courts, son solex – même si tous ces accessoires ne sont pas présents en même temps dans tous ses films. Et puis surtout, sa démarche inimitable, comme s’il marchait sur l’eau, ses enjambées de géant et sa maladresse légendaire. M Hulot, un personnage que l’on peut placer à côté du Charlot de Chaplin au panthéon du cinéma comique.

Le film de Péretié retrace de façon chronologique la carrière de Tati, alternant de façon toute classique, les extraits de films, les extraits d’interviews télévisés et les images d’archives, particulièrement intéressante lorsqu’elles montrent Tati au travail. Le commentaire est omniprésent, mais il sait ne pas être trop envahissant, donnant juste ce qu’il faut d’information pour pouvoir situer l’œuvre de Tati dans son époque et dans l’histoire du cinéma comique.

Nous revoyons donc avec plaisir les premiers numéros de music-hall où Tati mime quelque sportifs (le boxeur, le jouer de tennis, le gardien de but). Puis c’est ma succession des films et l’apparition de Monsieur Hulot qui éclipse le facteur de Jour de fête. Tout cela nous conduit au triomphe de Mon Oncle et son oscar à Hollywood. Tati est alors au sommet de sa gloire et de son art, ine ascension irrésistible qui sera suivie – pouvait-il en être autrement âr une chute d’autant plus dramatique.

C’est tout l’intérêt du film de s’attarder sut l’aventure de Play Time, son chantier pharaonique où c’est toute une ville moderne qui est construite pour le décor, avec ses immeubles de verre plus vrais que nature. Une aventure qui sera un gouffre financier, mais qui donnera naissance à un chef d’œuvre incontestable, malgré son échec public. Un film trop en avance sur son temps pour plaire, trop subtil dans ses gags pour être simplement grand public, trop inventif, trop nouveau, trop révolutionnaire. Trois ans de travail acharné laisseront Tati épuisé, brisé, ruiné, sans ressource. Il ne s’en relèvera pas.

Péretié décrit un Jacques Tati bourreau de travail, méticuleux au point de tout contrôler sur le plateau, faisant répéter chaque geste aux acteurs pour obtenir exactement ce qu’il veut. « Tatillon » le surnommera-t-on. Mais cette attention au détail, cette exigence de perfection, construisent un style unique qui est la marque du génie créateur.

Le film de Péretié est bienvenu pour nous rappeler tout cela. Oui, le cinéma comique français a avec Tati ses titres de noblesse.

FIPADOC 2022, Biarritz.

Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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