Quelle est l’origine du film ?
Au tout départ, c’est la découverte d’une vidéo en ligne sur l’anatomie du clitoris, en 2013. Elle montrait que notre plaisir venait de là et que cette histoire de femme vaginale, c’était un mythe. Ça a été une illumination ! Je me suis mise à en parler à qui voulait l’entendre. Non seulement personne de mon entourage n’était au courant, mais ça déclenchait des discussions avec mes amies, où on remettait en question ce qui se passait dans nos vies sexuelles. À chaque fois je me disais « il faut absolument filmer ça, que d’autres gens entendent ce qu’on dit, là »

Comment a-t-il été produit ?
PRODUCTION FRANÇAISE
C-P Productions
Annie Gonzalez
cp-productions@orange.fr
PRODUCTION BELGE
Playtime Films
Isabel de la Serna
isabel@playtimefilms.com
Parlez-nous de la réalisation.
Nous avons fait un gros travail de préparation en amont. Durant la phase de repérage, les groupes de parole n’étaient pas filmés ou servaient uniquement pour le processus d’écriture du film. Au début, à l’idée d’être filmées, certaines participantes demandaient si les visages seraient floutés, ou les voix transformées. Nous voulions arriver à faire un film où l’on parle sans se cacher, où on affirme notre point de vue ! Petit à petit, nous avons bâti la confiance, d’abord dans nos cercles proches, en participant nous-mêmes à la discussion, en nous exposant dans le film et en expliquant l’enjeu d’assumer publiquement nos histoires pour qu’elles sortent du silence et que d’autres puissent s’y reconnaître. Pour ne pas avoir à tout reprendre à zéro à chaque génération.
C’est un cinéma direct qui ne peut se faire qu’avec du temps. On prend soin, étape par étape, de vérifier que les personnes sont en accord avec ce qu’on fait, on est attentives aux gens et aux relations. Nous n’avions pas beaucoup de moyens pour faire ce film, ça a été difficile de le financer. Mais grâce aux liens de confiance qu’on a tissés entre nous, sur des années, tout le monde a été très généreux et c’est grâce à cela qu’on a pu y arriver.
Trouver du plaisir dans la lutte féministe, ça déjoue un récit dominant où l’on n’a jamais la possibilité d’être heureux·ses ensemble ; au quotidien, nous sommes isolé·es, ou divisé·es dans des foyers, beaucoup de nous croulent sous le travail (salarié et domestique). Alors c’est un vrai bonheur d’arriver à se réunir, c’est une première façon de partir à la recherche de notre autonomie.
Ce film, c’est une chorale de personnes, situées à plein d’endroits de la société, qui sont en train de bâtir quelque chose. Ça a commencé petit à petit, et ça n’a fait que prendre de l’ampleur. Avec Yéléna, on était un peu comme Minus et Cortex, les souris de dessin animé qui sont dans leur cage à monter chaque soir un nouveau plan. On a fini par établir notre programme secret. Si tout se passe comme prévu, on assistera très bientôt à une grève générale féministe qui paralysera le système et nous permettra d’éviter la catastrophe climatique.

Quel a été son parcours en festival ?
2025 • Images en bibliothèques • Paris (France) • Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques
2024 • Scam • Paris (France) • Étoile de la Scam
2024 • Les Rencontres du réel • Cadouin (France) • Sélection 2023 • Rencontres Terra Nostra • Sainte-Croix-Vallée-Française (France) • Sélection
2023 • Elles Tournent ! • Bruxelles (Belgique) • Sélection
2023 • DOC-Cévennes – Festival International du Documentaire en Cévennes • Lasalle (France) • Sélection
2022 • Échos d’ici, échos d’ailleurs, sur les pas de Christophe de Ponfilly • Labastide-Rouairoux (France) • Sélection officielle
2022 • Cinemed – Festival International du Cinéma Méditérranéen de Montpellier • Montpellier (France) • Sélection officielle
2022 • Résistances • Foix (France) • Sélection officielle – Avant-première
2022 • Chéries-Chéris – Festival LGBT de Paris • Paris (France) • Sélection Parcours en festival
