Ecole maternelle.

Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Salma Cheddadi-Karelle Fitoussi, 2025, 52 minutes.

Une école maternelle dans Paris. Sans que l’on sache précisément dans quel arrondissement. Disons qu’on est plutôt dans le centre, ou du moins on n’est pas dans un quartier périphérique. Ici, on a une majorité d’enfants visiblement bien français. Avec juste deux ou trois petits qui peuvent être considérés comme issus de l’immigration. Pour la mixité sociale.

 En tout cas des enfants bien vivants. Pleins de dynamisme. Des enfants souvent bruyants, surtout dans la cour de récréation. Les réalisatrices filment donc ces enfants de grande section, ils ont donc 5 ou 6 ans tout au long de la journée. Dans une grande variété d’activités et de situations. Dans la cour, on pense immédiatement à l’inoubliable Récréation de Claire Simon. On suit leurs jeux, leurs courses dans tous les sens, leurs bousculades et les petites bagarres des garçons. Le tout filmé au plus près, à hauteur d’enfant comme il se doit. La caméra participe aux courses, perdue au milieu de ce désordre organisé.

 Dans la classe on suit peu d’activités collectives dirigées par la maîtresse. D’ailleurs, celle-ci est presque toujours invisible. On ne la voit jamais en gros plan. Dans une séquence d’écriture seulement sa main entre dans le champ pour aider une enfant à écrire le m. Pour le reste, il y a beaucoup d’activités de dessins libres Les enfants dessinent leur famille, et la présente : papa, maman, frères et sœurs sans autre commentaire.

À l’évidence, le film n’a pas une perspective pédagogique. Ici, on vise surtout la parole des enfants. Certes, le langage est bien un objectif prioritaire en maternel, mais ici, ils partent souvent comme pour plaire aux adultes. Ou du moins, c’est ce qui est retenu au montage. Les formules « cultes » se succèdent. Et ça fonctionne. On se prend souvent à sourire ou à rire aux bons mots de ces chers petits qui souvent savent si bien reprendre la parole familiale en la présentant à leur façon. Les cinéastes ont recueilli tout cela lors de séances particulières, hors classe, faites pour le film. On n’est plus dans la pédagogie. On fait du cinéma.

« Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? » Un bien mauvais titre qui ne correspond en rien au contenu du film.

Fipadoc, Biarritz, 2026

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

1 commentaire

  1. Bonjour Jean-Pierre,

    Vous dites « on n’est pas dans un quartier périphérique. Ici, on a une majorité d’enfants visiblement bien français. Avec juste deux ou trois petits qui peuvent être considérés comme issus de l’immigration. » saviez-vous qu’en périphérie de Paris les écoles sont remplies d’une immense majorité d’enfants français ?

    Cordialement,

    Rémi Jennequin.

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