Précieuse(s). Fanny Guiard-Norel, France, 2024, 78 minutes
Un film aux 1000 facettes. Un film où les problématiques s’entremêlent, se correspondent, s’interpellent, font réseau. En tout cas, elle ne peuvent s’ignorer. Un écheveau dont il est tentant d’essayer de démêler les fils.
Une problématique historique.
Qui étaient au 17e siècle, ces Précieuses. Quelle place pouvaient-elle avoir dans la société ? Les a-t-on oubliées injustement ? Ont-elles besoin d’être réhabilitées ?
Une problématique littéraire.
La pièce de Molière peut-elle aujourd’hui trouver un public ? Comment les adolescents peuvent-ils la recevoir ? Quel sens peut-elle avoir pour eux ?
Une problématique pédagogique.
Quelle portée peut avoir la conduite d’un atelier au lycée où il s’agit de monter la pièce de Molière ? Est-ce un ajout, un contre-point, un adjuvant, un supplément, au cours traditionnel ?
Une problématique professionnelle.
Comment une enseignante vit elle aujourd’hui son métier ? Quelle place occupe-t- il dans sa vie ? Quels sens lui donne-t-telle ? un simple gagne pain. Existe-t-il encore des vocations ?
Une problématique féministe.
D’une façon très générale, il s’agit bien de la place de la femme dans la société et de son égalité – affirmée revendiquée – avec l’homme. Les précieuses du 17e siècle étaient-elles, les premières féministes de l’histoire.
Une problématique intimiste.
Il s’agit du portrait intime d’une enseignante, mais aussi d’une femme, et les élèves de l’atelier. Ces adolescents en terminale au lycée sont perçus dans un portrait de groupe, mais aussi chacun dans leur individualité propre.
Au total, un film dont la richesse ne peut que séduire.
Un film ancré dans notre époque, dans les problématiques de notre temps. Un film qui n’impose pas de solution. Mais qui suggère avec subtilité des possibilités de réponse à toutes ces questions.
Gageons que chaque adolescent qui verra le film, comme ceux qu’il filme, saura élaborer les siennes propres.
