Parole de cinéaste : Justine Herbonnier

A propos de Caiti Blues.

Le désir de ce film est né au moment de l’élection de Trump, et au début d’une période de désenchantement vécue par Caiti, mon personnage, amie de longue date. Désenchantement qui faisait écho au mien. Nos rêves d’enfant et une certaine idée de la vie s’érodaient, tandis que le paysage politique prenait autour de nous une couleur sombre. Nos idéaux prenaient racine, en partie, dans la culture américaine et son réservoir de récits qui avaient rythmé notre enfance. Aujourd’hui, à bientôt 30 ans, il fallait nous réinventer. Et, surtout, remettre en question notre idée d’une vie réussie telle que la société nous l’avait vendue. Filmer Caiti, petite fille archétype de ce rêve américain, me permettait d’interroger de manière plus vaste la façon dont notre génération s’était construite. De constater la mélancolie qui nous fait face et de réfléchir à un moyen, non pas de la combattre, mais de la mettre en récit pour qu’elle nous aide à construire d’autres histoires. Une histoire faite de corps différents, de rêves autres et dont l’échec et la tristesse peuvent être des données acceptables. « La jeune fille triste, c’est peut-être celle qui dit stop à cet optimisme cruel, et qui devient clairvoyante » (Julie Delporte).

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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