Hair, Paper, Water. Truong Minh Quy, Nicolas Graux, Belgique, France, Vietnam, 2025, 71 minutes
Un film vietnamien, un fait rare. De cette qualité surtout.
Un film de mystère, de légende. De préservation du passé.
Un film de transmission, d’un dialecte en particulier, le ruc, qu’une grand-mère s’efforce d’apprendre à son petit-fils. Un dialecte destiné à disparaitre, emporté par cette modernité destructrice. Les mots s’inscrivent en rouge sur l’écran, pour qu’ils ne soient plus oubliés. Est-ce que cela sera suffisant ?
Et puis il y a une grotte, où on ne pénètre qu’en bateau, une petite barque et sa rame. La légende veut sue la grand-mère soit née dans cette grotte. Aujourd’hui, elle y conduit son petit-fils. Une sorte d’initiation.
Un film tout entier fait de poésie.
Un tel film n’est pas facile à découvrir. Il y faut plus que de l’attention. Il faut s’ouvrir entièrement à la réception de ses images. Il faudrait aussi faire effort pour retenir les mots de ruc qui apparaissent sur l’écran Effort sans doute hors de portée des spectateurs occidentaux. Ce n’est pas un reproche. Le film ne s’adresse pas à eux. Du moins dans cette dimension de transmission. Mais il est quand même possible d’être sensible à la poésie de ces mots, comme ceux du titre. Des mots du quotidien, des mots tout simples, indispensables, fondamentaux.
